‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 51 sur 100 · J AUT · texte numérisé non relu

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ce quotquot^icihœ degunl^ ova sita in eodàm loeo dépoitUn^. * Il ne faudroit pas sVtonner d'après ce fait, qui peut étee commun' à Tautruche proprepient dite 9 ,que le/ auteurs eussent tant vapié 9ur le nombre d'œufs dont les pontes de celle-ci sont composées ^ et que ce nombre fût de vingt-cinq selon AristQte , de oinquanf^ selon Wiilugbby> et même de quatre-vingts selon J^ien* '

. Levai] lant cite d'aîUeurs un fait qui a pu oecaaioner âei erreurs. Quand, les sauvages 9 qn^ sont friands de» ceuù d'autruche , en trouvent un nid , ils les enlèvent successi* veinent avec une- espèce de râteau, pour que la mère ne s'aperçoive pas qu'on y a touché ; et s'ils renouvellent avee précaution cet escamotage, ils peuvent faire pondre jusqu'à cinquante œufs à l'oiseau^ qui ne commence pas i couver avant d'avoir complété le nombre ordinaire. De ce qu'un sauvage aur£^ dit à un voyageur qu'il avoit rétiré quarante et cinquante œufs d'un nid d'autruche, celui-ci n'a. donc pu en conclure avec fondement une variation naturelle dans la ponte, qui ne/paroît être en général que de dix à quiniQ ceufs. Ces œufs, aopt le fond/ est d'uji blanc saie, marbré de J4une clair, sont très «gros et peuvent contenir une pinte de liqueur. Un de ceux que l'autruche femelle de la ménagerie dç Paris a pondus , et qui étoit parfait et aussi grand que les œufs rapportés d'Afrique, s'est trouVé du poid3 de deux livres quatorze onces, Sparrmann dit qu'une <ies plus grandes coquilles conservées dans le cabinet de l'académie de Suède pesoit onze onces ; elle avoit six pouces et demi de profondeur , contenoit cinq chopines et un quart de liqueur , mesure de France , et sa forme étoit celle d'un qeuf ordinaire,

Les autruches ne font pas de nid; elles déposent leurs œufs, sans aucun apprêt, sur le sable 9 dans lequel elles se bornent à creuser un enfoncement, Sous la zone torrîde Ja chaleur du soleil les dispense méme^ pendant le jour, des soins de l'incnbation , qui n'a lieu que pendant la nuit~^ mais çn^-deça et au-delà du tropique les. autruches couvent fÂns intermittence. Jannequin, quia fait en 1669 iin voyage au Sénégal, raconte qu'ayant mis dans un coffre deux œufs d'fiHtruçb^ eavcloppés d'^tcupes^ et' les ayant long «temps

apré« visités , il en a vu un cassé , et qu^il en a fait sortir ua petit qui a vécu d'herbes hachées pendant huit jours; maîs^ malgré le ton de^iaïveté de cet auteur, on ne peut guéres ajouter foi à ce récit, dans lequel se trouvent d'ailleurs des circonstances peu vraisemblables, puisque Jannequin déclare avoir vidé, pour le rapporter en France, le second ceuf 9 qui auroit dû se trouver dans le même ca9 que le premier, et doilt l'autruchon n'auroit pu sortir sans que Ton rompit la coque. On a essayé de faire éclore artificieileiuenit des (sufs pondus par Tautruche de 1^ >^lénagerie ; mais /Comme cette ponte :n'avoit eu lieu qu'après la mort du mâle, peut-étire les œufs n'étoient-ils pas fécondés, et la tentative a été sans succès.

. On n'a pas de données certaines sur la durée de l'incubatidn, qui paroît néanmoins être d'environ six semaines. Les petits marchent aussitôt après leur naissance. Comme ils trouvent sous la zone torride le degré de chaleur qui leur convient et la nourriture qui leur est propre, leur mère les abandonne aussitôt; mais au cap de Bonne-Espérance et dans les pay^moins chauds , elle les aide à trouver leur subsistance , les surveille tant que ses secours lui sont nécessaires, et les défend avec courage. -

Le professeur Cuvier, qui a exau^iné un fœtus. prêt a sortir dé" l'œuf. Ta trouvé partout recouvert de plumes d'ua gris^ roussàtre tacheté de noir. Il avoit triiis lignes longitu-* dinales noires sur la tête et sur le derrière du cou. Ce plu-f mage se maintient pendant la première année ; mais il totnbe ensuite , pour ne plus revenir, sur les parties qui (doivent être nues, telles que la tête, le haut du cou, les cuisses, les flancs et le dessous des ailes.

L'autruche a une vigueur si étonnante que, montée par deux hommes, elle court encore plus vite qu'un excellent flieval anglois. Adanson en a fait l'expérience au Sénégal^ ^ il a été plusieurs fois témoin de ce spectacle. 11 faut même avoir pris petit à petit l'habitude d'un pareil exercice pour n'en être pas suffoqué. L'autruche tient toujours les ailes relevées en courant, quoique la con texture des plu<-« mes^ qui les rend impropres au vol, semble devpir également les empêcher de servir à accélérer la course. M^i&.

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si les ailes, en frappaïit Tair, ne sont que d'un foibleac^cours, ne peut -on pas du moins les considérer comme un balancier qui maintient le corps en équilibre et le rend plus léger ?" ' .

Avec ces avantages il sembleroit fort facile à r^utroche de se soustraire aux dangers; cependant les pièges ne sont pas les seuls, moyens par lesquels on parvient à sVn rendre maître. Les habitans d'une des contrées de l'Abyssinie , qui se nourrissoient plus particulièrement de ces oiseaux et qui portoient ancienncgnent le n,om de Strutophages , ne se bop- •noient. pas à les chasser avec l'arc; suivant Strabon , ils. se couvroient aussi de leur peau en passant la main droite dans le cou , et, lui donnant les mêmes mouvemens que fait ordinairement l'autruche, ils répandoient du grain avec l'autre , afin d'attirer les oiseaux dans les pièges qu'ils leur avoient préparés. Oppien rapporte, dans le ch^nt troi» sième de son poèfme sur la Chasse, qu'on elnployoit aussi des filets , dans lesquels ou parvenoit k les enfermer en les poursuivant avec des coursiers ou les lançant avec des chiens. Mais depuis long- temps les Arabes ne se servent plus que de chevaux pour chasser l'autruche. Cet oiseau, ^ui échapperoit aisément s'il marcHoit toujours en ligne droite , décrit au contraire un cercle plus ou moins étendu, que l'Arabe, qui feint de l'observer seulement et non de le poursuivre, sait couper dans le moment le plus opportun. Cette chasse se fait surtout à l'époque où les autruches se réunissent en grandes troupes pour traverser les déserts : inquiétées sans cesse, il ne leur est pas possible de manger ; et quand elles sont extrêmement fatiguées , les chasseurs fondent sur elles et les assomment à coups de bâtons. Cette issue a lieu plus promptement lorsqu'outre les chevaux on a des chiens lévriers instruits à leur bar-* Ter le chemin. Souvent même on parvient à les prendre vivantes.

Quand les Arabes ont tué une autruche , ils lui ouvrent la gorge, font une '^ligature au-dessous'du trou, et plusieurs d'entre eux , la prenant ensuite par la tête et les pieds, la secouent et la ressassent en divers sens ; ils lui font ensuite dégorger par le même trou jusqu'à vingt livres d'une

substance mêlée de sang et de graisse, de la consistance de l'huile figée, qui s'appellç mantéque, et qu'on emploie dans le pays pour la préparation des mets et la guérison de différentes maladies.

Malgré Textréme penchant que les autruches ont pour la liberté, celles que l'on prend vivantes s'apprivoisent aisément , et se laissent parquer et mettre en troupeaux ; elles soufiûrent même que les hommes les montent : mais on n'e^t pas encore parvenu à les diriger k volonté comme le chevaL Néa^imoins celles -que l'on prend jeunes, et qu*on^léve aii cap de Bonne-Espérance en les nourrissant de feuilles dt laitue hachée et de mie de pain , ont une certaine docilîléi Elles se laissent monter, elles grimpent même sur les . épaules de ceux qui veulent en faire l'essai , et peut - êti^ réussiroit-on à leur faire porter des fardeaux, ou à 1^ rendre de quelque autre manière utiles aux hommes. De/s fermiers du Cap en ont apprivoisé au point qu'ils les laissoient en liberté sortir de la ferme, y rentrer et chercher à leur gré leur nourriture; mais ils se plaîgnoient de là voracité de ces animaux , qui ayaloient des poulets tout entiers, et fouloient aux pieds les poules.

Moïse avoit interdit aux juifs la chair de l'autruche^ comme une nourriture immonde. Celle des vieilles est dure et de mauvais goût; mais celle des jeunes, lorsqu'elles sont grasses , est mangeable. Lès Romains en mangeoient assez communément sous les empereurs, et HéHogabale eut la fantaisie de se faire servir la cervelle de six cents de ces animaux dans un seul repas.

Les çBufs d'autruche sont d'une qualité plus grossière et plus compacte que ceux de poule : ils ont un goût douce^ yeux et rassasient davantage. Les habitans du Cap^ font avec ces cerufs des espèces de pâtés chauds ou de puddiugs-, et des omelettes. Comme leur coquille est fort épaisse , on les conserve très -bien à bord des vaisseaux, où ceux de poule ne tardent pas à se corrompre , et l'on fait avec cette coquille des coupes qui durcissent avec le temps et res«semblent assez à de l'ivoire.

Quand les Nasamones , habitans de la Lybie , alloient* à la guerre» leurs armes défensives étoient deà peaux d'au^

^mmt le CBxr cft fort épsit, et qai seirent encore m^omidTkmi êe cnnacs â certaûci tfîbas arabes. Les Éthiopiens Tcarfeat ces pcasx amm. aarduads d'Alexandrie, oà Behm cm a t« sne gnade fsaatitéy toatempliiiiiées, dans les bo«tz^«c9^ Les Ima^paet pisMcs IdaBchcs de la queue et des ailes oat été recàcitWes daas toas les temps ; les soldats ruKaias en partnkat sar levn casqaesy et on les yoit eaeoie actaclicscBt — bsi^r la. tile des gocniers. En TanpM f WB îaûfsaiie qu s est âgmaM par quelques faits d'armes a le diuit des dcceccr son tariisB. Ab rojraame de Comf&. ces phiaes milétT avec celles da paon sont en»> plovécs povr Caire des cbsc^bcs de gmtne. On sait quelle prodigieuse cousoKBatîeu s*cb fait eu Europe pour les chapeaux, les habîHemeus de tkéâtie, les aaieublenieiis , les dais . les céfëutu&ics fiuèbrcSy etc. Leur moureaient doux et ondo3raut les fait surtout recfcetefcer pour la parure des fenmcs. Ou fait lieaucoup plus de cas des plumes qui ont été arrachées à Tanîmal liraut que de celles qu'*on lui enlère après sa mort. Les premictes se recouBoisseut au suc sanguinolent qui sort de leur tuj^au preiié entre les doigts ; les secondes sont icgères, sccàcs et sujettes à être attaquées par les rers^ (Ch. D.)

AUTRICHE DE >IAGELLAX. {Ormàût.) Sonnim a sabstitué ce nom à celui de toujou , qui lui aroit été appliqué par Brisson et ensuite par Guenau de Moutbeillard. Le touyou ou touyouTou partit en efiet être une espèce de jabiru ; et 9 1 erreur reconnue > il falloit remplacer par un antre nom celui qui étoit derenu impropre et pouroit donner lieu k des méprises : mais malgré les rapports qui existent entre Toiseau d'Amérique dont il s*agit, et celui d'Afrique qui est la véritable autruche, les caractères particuliers qu'offre le premier ne permettent pas de le placer dans le mêone genre > d*aprè& les bases adoptées à cet égard par les méthodistes. En relerant très-fudicieusement rerreur de Brisson et de Buffon, Sonuini n^auroit donc peut-être pa^ dû se borner à lui donner ai françois unc^ simple dénomination spécifique « et présenter Toiseau comme appartenant au genre Autruche , dont il s'écarte dans des points essentiels* Si, pour ne point propager de Causses applications

ides feits historlquesv H étoit convenable de suppriniier le nom de touyou, ne sufSsoit-il pas qiie Brisson etMœhring eussent déjà établi le genre Rhea sur des fondemens solides ^ pour appliquer aussi à l'oiseau un nom générique dans notre langue P A Timitation des deux auteurs qu'on vient de citer, Xatbam a aussi adopté, dans le deuxième supplément de sa Synopsis^ le genre Rhea; et Molina assurant que l'autruche de Magellan est connue au Cbili-iuuis le nom de chenque^ qui déjà est indiqué dans plusieurs synonymies, nous n'a* vons pas trouvé d'inconvénient à l'employer comme terme générique; Cet oiseau est aussi connu sous les dénominations d'autruche bâtarde, autruche de la Guiane et autruche d'Occident; mais Fimproj^riété de la première est sensible , et la deuxième esf également étrange , puisqu'elle désigne l'oiseau comme particulier à un pays où il ne se trouve point (Ch. D.)

AUTRUCHE ENCAPUCHONNÉE ou a capuchon. {Orhith.) li'espèce de capuchon dont la tête de l'oiseau, décrit sous le nom de dronte , a paru enveloppée , Ta fait ainsi appeler par des voyageurs qui se sont avisés de comparer le [luf 'lourd des être ailtfs à celui dont la course est la plus rapide. (Ch.D.)

AUTRUCHE VOLANTE. (Ornith,) L'outarde d'Afrique a ^^té ainsi nommée par quelqfues voyageurs. (Ch. I>. )

AUTRUSSIER (Ornith,), mot synonyme d'autoursier. Voyez AuTOu&sËAiE. (Ch. D.}

AUZUEA. {BoL) Plumier, dans ses manuscrits et ses dessins non publiés, vol. 5, t. 124, cite sous ce nom ungrahd arbre de S. Domingue, qui est, selon lui, l'acomat du pays, et qu'il croit être le même que l'auzuba dont parle Oviédo dans son Histoire des Indes occidentales. On ne peut, d'après la figure et la description incomplète de Plumier, indi- ^er le vrai genre de cet arbre , qui a les feuilles alternes , les fruits de forme ovale,' jaunes, charnus, remplis d'une humeur visqueuse , au milieu de laquelle est un noyau dur semblable à celui d'une olive. ( J.)

AVACARL (Bot.) Jean Bauhin décrit sous ce nom ub mjrte de l'Inde. (J.)

AVAGMON.^Mo(^)C'eIileIUll4vvlgaire9 dans quelques

contréef de la Fraiicet d'une erpèdt de Camb. VejCM, ce moi. (Duv. )

AVALANCHES. ( P^s.) On nomme aralanclies dans les Alpes 9 etLAVANCHBs dans les I^rrénéés , des masses considé* râbles de neige, qui se détachent des sommets des mon* tagnes, et qui glissent ou roulent arec impétuosité et fracas dans les rallées, entraînant arec elles des pierres et des fragmens de rochers. Les aralanches renrersent sou« ¥ent des arbres et des habitations, et enserelissent qucL* quefois des villages entiers sous la neige. Vojes au mot Glacier tout ce qui est relatif à Thistoire des neiges act cumulées sur les hautes montagnes. (B.)

AVALEUR D'OS. (OmUh.) La gloutonnerie du héron gigantesque, ardea or gala, Gmel., lui a fait dlinner ce nom par les Anglois établis dans llnde. (Ch. D.)

AVANACU DES MALABARES. {Bot,) Cest le ricin ordinaire. (J.)

AYANCARÉ ( Bot, ) , espèce de haricot des Antilles , qui s'élève le long des arbres comme les lianes : elle est dans l'herbier de Surian sous le nom de liane avanearé, (J.)

AVAOUSSÈS. ( Bot,) Voyez Avaux.

AVARA PALU (Bot,) y espèce de haricot de Ceilan. (J.)

AVARAMO (Bot.), petit arbre du Brésil, cité et figuré par Fison, p. 168, dont les gousses contournées en brace* lets font présumer qu'il doit être rapporté au genre Acacia^ et peut-être à l'espèce nommée ndmoia unguis eatij L., dont il diffère pourtant par ses folioles aiguës , et qui ne sont pas tout- à- fait disposées de même. Son écorce, amére et dessiccative , est employée en poudre et en décoction pour panser les ulcères anciens : Fison ajoute que son usage a quelquefois opéré la guérison des cancers. ( J. ) ' AVARU (Bot.) y nom donné dans l'Ile de Ceilan i l'indigo cultivé, indigofera tinctoria, L. (J.)

AVAUX {Bot,) y nom provençal du chêne kermès, quer-» eus coccifera, L. : les Languedociens le nomment avaoussès.{J,)

AVAZ {Ornith.)^ nom que les Arabes donnent à l'oie commune, anser domestiousy L. (Ch. D. )

AVEKONG {Ornith.), nom groenlandois de la tadorne» anoi tadorna^ L. (Ch. D.)

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