H AVE
conséffltenGe appelé ave de verano, oîseAii d'été. C'est Vani* felis vàriégata de Gmelin. ( Ch. D. ) -
AVERNO ( BoL ) , nom provençal dé Faune ^ connu sous ^ celui de verne dans quelques autres proyinces méridionales de la France. (J. )
AVER ON, AvéNBEON. (Bot.) On a donné ce nom à quelques graminées du genre Brome ; mais il est plus çom« "^ «nunément appliqué à l'avoine folle 9 avena fatua, JL (J.)
AVET (Bot,)^ A VÊTE, Abètb, noms dérivés du mot latin abies^ et employés dans quelques pays /pour désigner l'espèce ordinaire du Sapin. Voyez ce mot. (J.^
AVETTE ou Apette (Entom.)^ nom vulgaire de l'abeille imiel. (G. D.)
AVEUGLE. (Ichtyol) Cette épithéte appartient sans eon<» tredit aux poissons dont Bloch et Lacépède ont, 'formé leur genre Gastrobranche , et qui avoit été placé k tort par les naturalistes dan# la classe des mollusques , soûs le nom de myxine. Voyez Gastrobranche. -( F. M. D. ) (^ »
AVEUGLE ou Serpent aveugle. (Rept.) On donneGee nom aux orvets , parce qu'ils ont des yeux très-petits. 'Voy. Orvet. (C.)
AVICENNIA (Bot.), genre de plantes de la famille des verbénacées , section des fleurs opposées formant le eo* rymbe. Son calice a cinq divisions 9 et trois écailles exté-» rieures i la corolle, campanulée à tube court, n'a que quatre •divisions irrégulières, dont une échan crée , formant enquelque sorte deux lèvres, et elle porte 'quatre étamines didynames ; Adanson dit en avoir vu quelquefois cinq j le stigmate est bifide. Le fruit est une -.capsule coriace à deux valves , ne contenant qu'une seule graine ; et cette graine semble composée de quatre lames charnues , réunies .par le côté, qui sont probablement lesvdeux cotylédons profondément refendus en deux : on observe que communément la riadicule germe dans la ca.psule même.
On en cite trois espèces, naturelles aux contrées éq«a* toriales. 1.^ La plus anciennement connue est l'avicennia cotonneux ^ . avicennia tomentosa y décrite et figurée dans le Hort. Malab. 4^ p., 9Ô, t 45, sous le nom malais œpata; le h^ndolu deà Bracmanes,^a/giieira des Portugais, zouthoon
des Hollandois; enfin, l'un des arbres nommés teangles par Sloane et par Rai : c'est Linnxus qui, changeant son nom A sans motif apparent, lui a donné celui d*Ayicenne , médejcin arabe. Depuis, sur un avis dé Jacquin mal compris, .il en avoit fait une espèce de bontia^jcfi^i a été suivi par plusieurs auteurs ; mais le genre Avicennia s'est trouvé réta* bli depuis par Linnœus lui-même.
Cet arbre croit aux rives des eaux salées, dans les environs de Cochin, et se retrouve en Amérique, ndtammeni dans les Antilles. 11 est haut, d'un beau port : son tronc acquiert cinq mètres ( 1 5 pieds 5 pouces ) et j^lus de pour* tour, et soutient une cime étalée et orbiculaire; son boi» est blanchâtre et son écorce cendrée ; seft feuilles apnt oppo«^ •ées, oblongues, entières, vertes et très glabres en dessus | cotonneuses et blpiichàtres en dessous. Ses fleurs, petites , blanchâtres ou jaunâtres, et en grappes courtes, à rameaux opposés, ont une odeur agréable. Son fruit est mûr en Sep-*, tembre ; il est du nombre des mets nommés carils dans le l^alabar, lorsqu'il a perdu son amertume par une longue* macération ei parla cuisson dans l'eau. De ces mêmes fruits verts, cuits avec les feuilles de l'adamboe, ipomœa campanU" lata , pilées et mêlées de beurre , on . forme des cataplasmes ëmolliens pour faire aboutir les tumeurs. La ^lessive de sa cendre sert à blanchir les étoffes de coton, et à fixer les couleurs lorsqu'on l'emploie dans la peinture. Ce fruit a été confondu primordialement par Linnaeus avec l'anacarde des boutiques : l'erreur ,^ong- temps. répétée, fut rectrfiée par Linnœus£l5^ qui établit pour l'anacarde le genre^«Seinecarpi^^9 4ès 1781; cependant elle se reproduit encore c^ans des quvrages modernes. ^ ' -■' ;
^.^ L'AviCENNiA LUISANT, Avîctnnia nitida^ Jacq. Amer* 177, tab. ii3, fig. 1 , ne croît qu'en Amérique; c'est le palétuvier gris de la Martinique, arbre ramenx, qui s'é* lève environ à treize mètres, et trace comme toii« les pa» létuviers des bords de la mer. Ses fleurs naissent en grappes terminales sur des pédoncules rameux; elles sont blanchâtres : mais la divi^on moyenne de la lèvre inférieure de la. corolle porte communément une- empreinte d'étamine qui est roussàtre.
3.^ L*AviCENNiA RESINEUX, Avioennîa resimfera, Fonter cite cette espèce parmi ses plantes esculentes , N.^ 44 : il présume que le suc concret qui sort de sa tige est la gomme de couleur verte 9 que les habitans de la nourelle Zélande mangent avec plaisir ^ au rapport de Crozet , voyageur François. (li. deK.)
AVICÉPTOLOGIE. (Or»î/fc.) On donne ce nom à l'art qui enseigne les ruses dont on peut se servir pour prendre les divers oiseaux , et qui fait connottre les pièges et les filets , avec la nianière de les emjployer. ( Ch. D.)
AVICULE < MoZ/. ) , esp. Voyez Hironde, genf. (Duv. )
AVICULE ( Ornith, ) , terme simple qui pourroit être substitué au nom composé d'oiseau- mouche, pour désigner le plus petit des êtres ailés; on en a fait une application moins convenable à un genre de testacées.
/AVI -HI- AVI {Bot,)j nom que porte à Madagascar uh arbre du genre Dillenia, suivant Commerson. ( J. }
AVILA ( Bot. ) , nom caraïbe du nhandiroba , fevilUa seandensy L. (J.)
AVILLONS { Ornîth, ) , doigts de derrière dNun oiseau de proie. Quand il s'en sert vigoureusement, on dit en fauconnerie qu'il avillonne, ( Ch. D. )
AVINGURSAK. (Ornith.) Othon Fabricius croit que ce nom groenlandois désigne le parus hicolor de Linnaeus , ou la mésange huppée de la Caroline 9 de BufiTon. (Ch. D. )
AVIRONS. ( Entom, ) On appelle ainsi les pattes de certains insectes aquatiques, quand elles sont aplaties, ciliées, et qu'elles servent comme de rames. Elles ont cette forme dans^ les dytiques , les hydraphiles , les sigares , les naucores , les notonectes : c'est même à cause de cette configuration particulière des tarses, dans ce dernier genre, qu'on a désigné les insectes qui le forment sous le nom de punaises à avirons. (C. D. )
AVIVER. ( Chim, ) On entend par ce mot l'art de donner aux couleurs un brillant , un lustre , un éclat qu'elles n'avoient pas. Il est appliqpié tantôt aux teintures dans lesquelles on avive les couleurs au moyen des sels, des acides , etc. ; tantôt aux métaux dont on avive le brillant métallique par le frottement , le tripoli, quelques acides , quelques sels , etc. (F.)
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AVOCATIER, (BoL) Voyez Laurier.
AVOCETTE {Ornîth.)y As;octtta. Le caractère générique Ae Tavocette, recwrvirostra de Linnaeus , Gmelin et Latham , est dWoir un bec long, gi'êle, sans dentelures, aplati hoiizontalement , doiit la courbure est dirigée vers le ciel, et ^i se termine en une pointe très-effilée; les jambes hautes, placées vers le milieu du corps ; les cuisses à demi-nues ; Quatre doigts aux pieds , dont les trois de devant unis par des membranes profondément échancrées , sans dentelures , et celui de derrière 4rès-court, placé fort haut et ne touchant point la terre.
' Ctt oiseau , qui , à rexcéption des membranes dozit ses pieds sont garnis, semble, par sa forme générale et son otganisation, appartenir plutôt à Tordre àei échassiers qu^à celui des palmipèdes, a plusieurs traits de ressemblaùcé avec le flammant; mais Tare Recourbé en. haut ^ue présenté son bec est une particularité qfûi suffit pdui* le dî$tingueib de tous les autres volatiles, quoique ctite sdtie de coùrr bure se rencontre, jusqu'à un certain point, dans une es^ pèce de barge , et que le bec , bien plus fort , du jabirS ait aussi la pointe plus élevée que sa base. Cette construction, jugée peu favorable à la préhension des alimens, a fait naître des doutes sur la manière dont l'instrument étoit «mployé par l'animal , et sur les substances dont il tiroit s^ nourriture. Comme l'avocette est très-sauvage, on n'a d'ail-, leurs pas été à portée de l'observer de près , et la dissection étoit presque le ^eûl moyen d'obtenir sur ce point de^ ëclaircisseniens , toujoûr^ assez vagues, puisqu'en ouvrant le corps on ne trouvoit que des alimens en partie digérés '^ mais la ihatière glutinense et grasse au toùôher, les débrià , d'insectes , les petites pierres blanches et cristallines , et le sédiment limoneux qlie contenoien{ ordinairement leurs viscères, ont fait présumer qiie leur nourriture consistoilt ^n fVai de poisson , en vermisseaux et insectes aquatiques, avec lesquels l'oiseau avâloit parfois de petites pierres et du limon. Cette conjecture devient très-probable quand on Fait attention aux habitudes de l'oiseau. Son bec, dont la forme paroît si bizarre , a en effet des avantages pour les explorations dans le sable ^ où son extrémité , presque meni^ 5 sa
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branetise, lui fait sentir la qualité des matières quHl toucliey «t lui donne le moyen de saisir les petits animaux , qu'il reconnolt à leur inollesse» L^aplatissement horivontal des mandiMiles, qui est un avantage poiir les mouvemeas de c6té> «eroit un obstacle a ce que» sans reculer, Toiseau relevât perpendiculairement une lame dont la Miriace ai^ t^it recouverte de sable : mais il parolt que cette action •'opéré av«c facilité su moyen du tranchant, et -que Foiseau retire toujours son bec à d[roite ou à gauche sans être obligé de changer de place; sa marche est en tffet tracée «ur le sable par une suite de demi-cercles qu'il laisse après lui Comme le fond qu'il sonde «ans cesse a toujours peu de ténacité, son bec, 4'une cons^tance à peu' près pareille à celle de la baleine, est plus propre a sa destination que s'il étoit osseux; et la flexibilité) la souplesse, remplacent utilement une force encore bien moins nécessaire lorsque l'àvocette court > A la faveur de ses hautes jambes, sur des fonds limoneux . que recouvrent cinq à six pouces d'eaii* La nature 9 qui semble d'abofd l'avoir traitée si mal , lui « «ncore fourni le moyen de chercher sa subsistance dans un plus grand espace, en munissant ses pieds de membranes à l'aid€ desquelles elle «e met à la nage lorsqu'elle Teut parcourir des endroits plus profbnds , - ou saisir le Arai de poisson dans l'écume des flots. Si son bec «st tout-à fait inutile à sa défense , combien d'autres oiseaux chez lesquels cet oi'gane a des proportions en apparence plus naturelles t et qui néanmoins sont hors d^état de l'employer pour se soustraire aux dangers , sans avoir comme elle la faculté de s'enfuir à la moindre alerte. L'avocette possède même sur ce point une finesse bien supérieure à celle qu'on remarque dans la plupart deS autres oiseaux ; non -seulement on l'approche avec une extrême difliculté, mais elle sait éviter les pièges qu'on lui tend) et, trouvant une subsistance assurée dans les lieux qu^elle fréquente habituellement, il s'en faut de beaucoup que son sort soit aussi à plaindre qu'on le suppose.
Quelques chas5e)irs ont prétendu que le cri de l'avocette pouvoit s'exprimer par les sylkibes crieXf crex; mais, suivant Jbewiuy celui qu^elles font entendre en s'envolant est
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mieux rendu par Mt^ twit^ et son nom hollandois Ûuik donne lieu de penser qu^on Ta ainsi appelée d'après lé son de sa voix.
, Bufifon observe qu^dn trouve à la plupart des aVOdetteà de la boue sur le oroupion , dont les pluiûes paroîsàent us^es par le frottement; il est vraisemblable que cela provient de l'usage dans lequel elles sont d'y essuyer leur bee ou dé l*y loger pour dormir.
On ne connoit encore que deux espèces d^aVoceties^ dont l^une appartient à l^ancien, et l'autre au nouveau continents Partout elles préfèrent les pays froids et tempérés âùx cli* mats chauds, et les plages de la met aux embouchures ded rivières et des fleuves. L'abondance ou la pénurie des subsis-* tances dont elles se nourrissent les déterminé à changer de contl^éeeii différentes saisons ; mais quoiqu'elles soient hatu-* Tellement voyageuses , il y a des pays ^ tels que les environs de Feversham en Angleterre ^ oi l'on en trouve toute l*ârinée*
1.* L'AvocETtE D^EuROPE, ^voiJtf^toeuroporaj Recurvitostrà as^oûetla^ Linn. , est de la grosseur d^un pigeon ordinaire $ son bbc a environ trois pouces et demi de longueur, et ses ^mbes , avec la partie des cuisses dégarnies de plumes , cin^; pouces. Toute là partie des jambes dénuée dé pluinest^ le^ pieds et leurs membranes, sont d'un bleu plombé ; les on-* gles et le bec sont noirs ; l'iris est de douleur de noi^ette^ JLe plumage vCst varié de blanc et de noir. Cette dei*nière couleur est celle de la partie supérieure de la iHe et du cou, jusqu'à la moitié de sa longueur. De chaque épaule^ partent deujt bandes également noires^ dont l'une se pro-« longe obliquement sur l'aile, et l'autre s^éténd jusqiies Vei^ le milieu du dos^ où les deux branches lie se rejoigiient ^as i mais vont en ligne droite vers le croupioii. Les grandes pennes des ailes, blanches à leur origine ^ sont noiresi dans le surplus de leur longueur; ce& ailes &^étendent jusqu'à l'extrémité de la queue , qui tst fort éotirte et d^ûn blano de neige, comme tout le reste dii eorpi. Il est difficile de distinguer extéirietirement le mâle de la femelle } tnaia Bâillon pense que le gris est la èôuletU^ primitive de cet .oiseau ^ dont les teintes deviennent plù^ forcées av^d l'âge.
Un trouve les avoceties en Sibéfie^ énKtissie^ en Suède,
Cette plante se plaît dans un terrain substantiel qui CCMisePve un peu d'humidité. Lorsqu'on défriche du sainfoin 9 du trèfle et de la luzerne , on l'ensemence, ajprès une seule façon , en avoine, qui y vient en abondance. La Beauce est dans l'usage de semer de l'avoine dans les champs qui , l'an- ' née précédente , ont produit du froment : on profite du fu^ mier qui a été mis en terre pour le from^pt, et qui n*a pas éjé consommé en entier. .^ •'
L'avoine que l'on veut semer doit être bien mûre, bien nettoyée , et par consé^u^nt très-pure et composée de grains tous propres à germer : il n'est pas nécessaire qu'ils soient gros et bien renflés, La quantité de semence qu'on doit répandre varie selon la saison et le terrain. On sème -pfus dru l'avoine d'hivier, parce que la gelée en fait toujours périr une partie : celle qu'on sème au printemps doit être semée clair dans les bonjies terres oà elle peut taller. ^ '
On sème assea généralement l'avoine à la volée sur le guéret , et on recouvre la semence à la herse. Oh assure que dans 'quelques cantons des environs de Compiègne , ion plante l'avoine au lieu de ]a semer : abstraction faite des avantagés qui peuvent être attachés à cette métiîode , on peut dire qu'elle est impraticable en grand , surtout dans les pays où les bras sont rares.
Si le temps est doux après que l'avoine est semée, elle ne farde pas à lever. Dès qu'elle, a acquis trois oii quatre pouces de hauteur , on passe dessus un gros rouleau de bois , ou le dos de la herse ; cette pratique rechausse le pied des grains et écrase les mottes , ce qui rend le terrain uni et commode pour les faucheurs .- l'avoine alors n'a plus besoin que de sarclages , qui se font à la main dans les champs où on l'a cernée à la volée. Des femmes les parcourent et, sans demander de salaire , arrachent les mauvaises herbes pour les donner à leurs vaches : on doit cesser de leur accorder cette permission quand l'ayoine a pris de la foroe et immédiatement après . la pluie , parce qu'en arrachant ces her^b^s elles passent ou font c^Qurbe?» de$ tiges d'^yqin^ , qui pe peuvent plus se relever,
L'avoine sepiée en Février ou en Mars, époque la plus ^Hinairo ^ans les proyinoç» 4e France» montra Mf épi»
^tt mois de Juin : alors elle n'a que huit ou dix fonceé de hauteur ; si le temps devient favorable , elle en acquiert bientôt autant 9 et monte à proportion de la bouté du tev^* rain. De serrés. quVtoient les éjpis dans leur fourreau- ou enveloppe 9 ils deviennent libres et s'épanouissent Quand le grain est formé , l'avoi&e n'a presque plus à croître. II fiut » pour que cette plante donne une bonne récolte 9 qu'il pleuve peu de temps après qu'elle a été semée, et dans le courant de Tété, surtout au mois de Juin eu au commencement de Juillet On a remarqué qu'elle ne réiissi^soilt jamais mieux que quand les mois d* Avril et de Mai étoieni froids, Juin et une partie de Juillet pluvieux, la un itt Juillet très-chaude, et Août sansgrandea chaleurs*.
Maturité €t récolte de taMokie*
L'avoine seméis en automne est la première mère ; elle l'est toujours de quinze (ours plus tôt ^ue celle du printemps : par la même raison ^ l'avoine semée en Février ou en Mars mûrit avant celle qui ne l'est qu'en AvriL D^ns le climat de Paris, on coupe vers le i5 Juillet le9 avoines d'automne : à la fin de ce mois et au commencement d'Août, on coupe les premières semées au printemps, et à la fin d'Août, ou m^me au commencement de Septembre^ les tardives. Le moment de couper Tavoine est indiqué par le changement de couleur de la paille et des balles'^ qui >aunissent : on la coupe avant sa maturité' parfaite } san^ cela» elle s'égraineroit aux champs et dans le transport.
On coupe l'avoine ou à la ûiux ou à la faucille : quand*, elle est haute de trois pieds on ne peut la couper qu'à 1» faucille; il seroit trop fatigant d'employer la faux, et les , coups de cet instrument pesant et dirigé avec force, ét^nt: |rès«rudes, le grain mûr sortlroit de ses balles. Lçs,mpuver< sAens de la main armée d'une faucille qui a peu^dîe^ portée ^ 0Otit phis doux. L'art du faucheur consiste à disposer l'a« Toine qu'il coupe en bandes doubles si elle est épaisse^ et en bandes simples si el}e est ^aire. Le matia et le ipir sont les momens les plus favorables pour eeiie apéF^tion,' parce que les pailles de Ta^oine, humectées parla rosée, ne ae cassent pas et se coupent mieux : cela s'accorde foH bieu
avec ]a santé- du faucheur qui, ne travaillant presque pas an milieu du jour, n'éprouve pas les effets de la grande chaleur. Selon que l'avoine est coupée à la faucille ou à la faux, on la ramasse différemment^ Si c'est à la faucille , on la met par tas ou par javelles ; on en réunît plusieurs pour les lier ensemble et en former des gerbes : les épis alors se trouvent dans le même sens. Mais si on s'est servi de la faux , les épis ne sont dans le m«me sens qu'autant qu^pn a formé des sangles. On doit rentrer les avoines avant de les laisser mouiller : cependant il est bon qu'elles resteitt un jour ou deux, ou trois au plus, parterre, afin qu'elles sèchent et que les herbes qui seroient parmi elles se fanent
L'avoine portée dans les granges , ou placée en dehors dans des gerbiers , n'exige aucun soin ; on doit seulement avoir l'attention de rendre les granges inaccessibles aux rats et 9UX souris , et d'éloigner les gerbiers des habitations , lorsqu'on n'a pas le projet de battre pron^ptement. Aussitôt que les gerbiers sont faits, il faut les couvrir de paille en forme de toit, 'pour les garantir des pluies.
On bat l'avoine au fléau, ou on la fait fouler par les pieds des animaux; on la vanne, on la crible pour la purifier de ses balles , des grains légers , de la* poussière et des graines étrangères. De la grange ou de l'aire extérieure , elle^ passe dans les greniers , où on doit la remuer de temps çn temps si elle n'est pas bien sèche, et si les greniers sont enduits de plâtre qui attire l'humidité , et la conserve, surtout dans les pays où il pleut souvent. La paille longue d'avoine , et les balles appelées menue paille, sont misfss en réserve pour la nourriture des bestiaux. > r, , . , .
Ennemis de -Yavoincm
. Fendant sa végétation , cette plante peut être attaquée par le gibier, qui la mange en herbe, par les oiseaux, qui çn dévorent le grain, et d'une manière plus fâcheuse par une chenille connue sous le nom de chenille d'avoine v enfin il s'y mêle des plantes qui s'opposent à sa multiplication, l'étouffent, et, ajoutant leurs graines aux siennes^ en diminuent la valeur et en altèrent la qualité. Le papillon qui produit la chenille d'avoine dépose ses œufs principale-
ment sur le chaume des fromens que Ton vient de couper , sur les branches des plantes qui bordent les champs ; et ce qui est resté de chaume de blé dans les champs ayant été enterré légèrement lorsqu^on a labouré la terre pour y 9emer les avoines , et la plupart des brins ayant été tirés dehors et couchés sur le terrain par la herse 9 les petite^ chenilles qui sortent des grains se trouvent à portée des avoines. Le grain commençant à se hausser et à se nouer , ces insectes percent la maîtresse tige dans' le' pied, et s'y nourrissent des sucs destii^és à son accroissement. Plus 1^ chenille ainsi logée grossit, plus sa tige se fane ; elle jaunit ensuite 9 tombe et périt. Quand la tige est tombée, la chenille attaque peu les feuilles : elle s'enfonce en terre après la mi-Juin , ou se place sous Thérbe des tiges qui restent $ Jà elle se métamorphose en chrysalide.
On conçoit qu'un champ dépouillé de ses tiges principales et réduit à ses tigeç secondaires , d'autant, plus foibles que le pied a souffert plus d'altération , rapporte peu de chose. S'il se fonne des drageons , à cause des sucs destinés à la |:ige principale qui n'existe plus , ils ne mûrissent que quand le grain des tiges secondaires est déjà tombé ou prêt k tomber.
Les champs qui rapportent de l'avoine après avoir rap« porté du seigle , sont moins mangés de chenilles que ceux qui viennent de produire du^ froment. 11 n'y a pas de ces insectes dans les champs d'avoine qui succèdent à un défrichement de sainfoin , de luzerne , de trèfle. Quand on brûle les chaumes de froment, quand on les arrache, ou qu'on les coupe bas et très - exactement , les avoines alors sont exemptes de chenilles. Toutes ces observations (doivent nécessairement conduire aux moyens de remédier à un fléau aussi destinicteur : ces moyens sont de deux sprtes ; les uns ont pour objet de s^opposer aux effets du mal 9 les autres de le prévenir.
Four tirer quelque parti des champs dévastés par les chenilles , beaucoup de fermiers , dès que ces insectes ont disr paru , font lirouter les avoines par leurs moutons ^ s'il survient des pluies après cette opération, les pieds reproduisent de pouvelles tiges ^ qui peuvent foujrnir quelquefois i|ne
demi^réeelte : mais il faut être assuré qu'il n'y a plus, ou qu'il reste tris-peu de chenilles , parce que le mouton , qui pince de pris , en avaleroit et en seroit incommodé. DVutrès y pour ne pas courir ce risque, font faucher leurs avoines ; mais la faux, ne pouvant raser d'assez près, ne touche pas à des tiges secondaires qui, en croissant, ne lais« sent gu ères 'de ressourees à de nouvelles tiges à la place de celles que la faux a coupées.
Les moyens préservatifs se réduisent à brûler, à arraeher, ou à couper le chaume du froment.
Les plantes qui nuisent à l'avoine, soit en l'étPuffiint, soit en s'opposant à sa production , sont l'ivraie , le caucalis, le chardon hémorroïdal , Tavron, la mille - fbttiUe , le coquelicot, etc : il est important de les extirper quand cela est possible. L'ivraie ne se distingue pas de l'avoine avant d^éfre épiée ; comme ces deux plantes épient en même temps et qu'elles acquièrent la même fbrce , on ne peut arracher Tivraie sans fouler l'avoine aux pieds : il n'y a d'autre moyen de s'en débarrasser que le criblage; la différence de conformation des grains d'ivraie et d'à* voine permet de les séparer dans cette opération.
Pour détruire le chardon hémorroïdal, la plus incommode des plantes nuisibles , parce qu'elle empêche de fkire les gerbes et de les manier, on paie des ouvriers qui, armes d'un petit instrument, 16 coupent dans la saison convenable.
Rien ne nuit plus- à la récolte des avoine» et autres graminées que l'avron ou folle avoine, avena sterilisj L. Le premier inconvénient qu'elle présente est d*étottff^r les grains utiles au milieu desquels elle croit, sa précocité lui donnant de l'avance sur eux. Quand elle s^est emparée d'un terrain , elle s'y perpétue et ay raultipHe aux dépens de tout ce qu'on y sème ; ce' qui a Atit dire que les blés se changeoient en avron. Le second inconvénient coi^sistc en ce que sa graine, mêlée avec de la bonne avoine, est désagréable aux chevaux, parce qu'elle est dure et que les poils qui environnent sa base leur causent de l'irritation au fond de la bouche.
On détruit l'avron par plusieurs moyens : voici les piin*
<îîpaux' et ceux qu'on doit préférer.' On laisse reposer les terres qui en produisenrt beaucoup : on leur donne pen* dant ce temps, à des intervalles égaux,, quatre ou cinq labours et autant de hersages. Cest ainsi qu'en tourmen* tant une partie des racines de Tavron et qu'en arraehant Fautre, on en est préservé pour plusieurs années. Il est également avantageux de semer dans ces terres de la veSce ou des pois, ou d'autres plantes annuelles ou vivaces, pour les couper en vert; l'avron ne produisant pas encore de graine à cette époque, ne se reséme plus de long-temps.
Pour purger d'avron les grains qu'on veut semer , on les fait passer dans des cribles dont les trous soient capables de laisser échapper le bon grain et de retenir l'avron. Cette réparation peut se faire facilement s'il s'agit du sei* gle et du froment , qui sont plus petits; mais l'orge et V^f voine ' ordinaire étant presque aussi gros , il faut plus d'attention. On ôte l'avron de l'oi^e en donnant au crible un mouvement léger et de côté ; les poils de l'avron Tempéchent' de passer. Mais l'avron et l'avoine mêlés ensemble sont plus difliciles à séparer : je crois quVin y parviendroit si le batteur enleyoit soigneusement l'avron , qui vient à la surface quand il donne des coups de genou au van, on quand il fait tourner le crible dans ses deux mains.
A l'égard des autres plantes nuisibles aux récoltes de l'a?* voine , c'est par des sarclages à la main qu'on peut les détruire dans les pays où l'avoine est semée dru .* dans ceux; où elle est semée clair, il est possible d'y employer des instrumens. y ,
L'avoine est sujette à une maladie connue sous le nomdç Charbon. Voyez ce mot. (ï. )
AVOINE {Bot,) , Avena , Linn., genre de plantes de la fa-> mille des graminées , dont le caractère générique consiste en ûneglume à deux valves renfermant plus de deux fleurs. La valve extérieure des fleurs est munie sur le dos d'une barbe tortillée. I) y a trois étamines et deux styles simples et velus. Le plus grand nombre de ces fleurs est disposé en iine paniculè plus ou moins étalée. Les semences sont ob^ longues, pointues à leurs deux extrémités, renfermées la pl^p^rt 4a Qs la baUç florale. Ce |^nre contient environ
trente espèces ^ dont quelques-unes sont intëressaxitès par leurs us^iges économiques. Les principales sont :
1.° L'Avoine cultivée, Avena sativa ^ Linn. , Blackw» Herb. t. 422. Ses tiges sont garnies de feuilles laides, ua peu rudes ; ses fleurs sont disposées en une panicule étalée j quelquefois un peu unilatérale, composée d'épillets pendans sur leur pédoncule. Les semences restent adhérentes à la balle florale ; elles sont oblongues , aiguës d-ans ravoine blanche , noires dans Tavoine noire , qui ne sont que des variétés de la même espèce , ainsi que Tavoine unilatérale. Cette plante est regardée comme originaire de l'île de Jean- F^rnandez près du Chili, dans la mer du Sud. .2.° Avoine nue, Avena nuda, Lion., Moris. Hist. 5, §. 8, t. 7, s. 4. Cette espèce ne dijBere 4^ la précédente mie par ses semences , qui ne restent point adhérentes aux valves florales. Le calice ne contient que trois fleurs , deux fertiles et une troisième intermédiaire , très-petite et stérile. Cette plante s'élève moips que la précédente -, elle perd ses barbes p^r la culture.
Ces deux espèces. sont employées assez indifféremment aux mêmes usages. Leur farine est nourrissante et mucilagir neuse : on en fait dans plusieurs contrées du pain dhine médiocre qualité , un peu amer. Dans le département diç l'Ille-et- Vilaine et ailleurs, on dépouille l'avoine de son écorce , et on la moud grossièrement j elle porte; en cet état le nom de gruau : on la fait cuire dans de l'eau, du bouilloii pu du lait. Cette ^décoction est très-bonne pour la poitrine e^ pour la toux ; les Anglois ne donnent pas d'autres bouil^ Ions à leurs malades : ils passent facilement et foiiri)is8ent une nourriture douce et légère. On fait encore avçc «j même gruau une excellente bouillie, beaucoup plus saine que celle de farine de froment, et que. l'on préfère au ri^ et à l'orge mondé. Les Polonois et les Anglois en font df la bière : on en retire aussi de l'eau - de - vie.
Les semences de l'avoine forment la principale et I9 meilleure nourriture des chevaux : elles servent 'aussi k nourrir toutes sortes de volailles , et plusieurs autres animaux auxquels cependant on ne doit la donner qu'avec prudence , en discernant le cas où il convient d'en augr
menter ou d'en diminuer la quantité. C*est pour les inou« tons une très-bonne nourriture pendant l'hiver j une petite poignée donnée chaque jour leur est très-utile, surtout lors* qu'ils sont réduits à manger des fourrages secs. La gerbée d'avoine, ou atutrement U botte battue dans laquelle on a laissé du grain, leur convient mieux que toute autre, parce que la paille en estplus tendre. On assure que ces grains èxeitent le^ poules à pondre.
Les semences de l'avoine conviennent dans les maladies aiguës, dans les fièvres et le trachêment de sang : elles sont Aussi résolutives. On fait frire de l'avoine avec du vinaigre j elle devient un très-bon topique pour la colique et les douleurs de côté. Les balles calicinales forment die érés-beénes fiaillasses pour coueher les enfans.
On ptêfète souvent l'avoine nue à l'avoine cultivée^ qiiôiqûë son grdîn soit plus petit , parce que l'on prétend qu'il vaut mieux pour faire du gruau, et que d'ailleurs vdTfàit cas de l^avahtage qu'il a d'être dépouillé de sa balle. 3.^'L'AvôiNE FOLLE, Ai^ena fatua, Linn. , Lèers , Herb. l-i-i'^ f • 4 ? Vii^rfîrement»Avron. Quoique les chevaux, les fadoufèils %l lèè ehèvres s'accommodent ëssez bien de' cette graminée, eÙé est cependant/ très-tiuisible dans les champs où elle crbit y parce qu'elle étduffe des plantes plus précieuseiB. On là détruit en y mettant le feu, en laissant Imposer la terre, et en donnant un laboui^ dès que cette plàrnfe a germé.
4-* AvdïNié'^TéRiLE, Avena sterilis , Linn., Pèt Gaz. t. 38-, f. 7. Cette espètee ne diffère de la précédente que par le iïéinbte de ses fleurs qui sont au nombre de quatre à cinq. Ellfr ëràît d^ns les pi'ovinceis méridionales et n'est pas moin Innsiblë qtié IsL pi^éédente.
6.* Avoine ÉtÈ^éE, Fromental, Avena elatior ^ Linn. , {iéè>9, Herb. i. 10, f 4. Cette platnte est très -commune Û&ns les jpi^és ; elle s'élève fort haut. On en distingue une Variété sous le nom d'avoine noueuse , dont les racines forment des espèces de biilbes arrondies , tin* peu comprimées latéralement.
6.* Avoine jaunâtre , Avena fiavescens^ Linn. , Leers , Herb. t: 10, f. 5. Ses tiges sont droites, meAues, garnies
de feuilles , dont les inférieures sont velues ^ particulièrement 8ur leur gaine. La panicule est oblongue y jaunâtre 9 bril'lante ; les pédoncules filiformes^ verticillés, à ramifications courtes ^ portant des fleurs petites et droites. On trouve cette plante dans les prés secs) c'est un très -bon fourrage pour les bestiaux.
7.** Avoine des pitis ^ AvénA pràUnsisf Liiln. 9 Leert 9 Herb. t. 9 , f. 1. Ses tiges sont droites ^ glabrev» {presque mues dans leur. partie supérieure, garnies de feoilies courtes ) s^a panicule forme un épi médioc/e, compcMé. d'épil^ lets de quatre à cinq fleurs teintes de pourpre et de violet, surtout à la base, membraneuses à leur sommet : on. la rei^* contre dans les prés secs*
8.° Avoine FRAaiLE , Avena fragitîs^ Linn. 9 fian^ 1 905 , f. 1 , a ,. 3. Cette plante a des tiges rameuses & leur base et un peu genouillées aux premières articulations » gar* nies de feuilles molles et velues ) ies fleurs sont disposées en un épi long, étroit, Comprimé , composé d'épillets, ses* siles, porté sur un rachis articulé, dont chaque nœud se. détache de sa base après la maturité,, et reste, attaché à Tépillet , qu^il fait paroitre pédicules Elle croît en Barbarie et dans les départemens méridionaux* (Poir. )
AVOINE DES-CHIENS* ( Bot, ) Les créoles de la Ouiane nomment ainsi le pharus lappulaceus 9 Aubl. S$^* ( J* )
AVOIRA DE GUINÉE {Boti)^ Elms Guineènsis, J^acq.Stirp. Americ. p. 280 , tab. 172 , palmier très-élevé et très-épineux, cultivé , en Afrique et en Amérique , à cause de l'huUje qiiW retire de ses fruits. Son tronc, simple , cylindrique 9 ;épais d'environ douze pouces ,v et terminé en tout temps par un bourgeon entouré d'un faisceau de grandes feuilles ailéesî dont les folioles inférieures ressemblent A de grosses épines crochues, les intermédiaires à de Ipngues pointes acérées, et les supérieures à des lames d'épée , est 'entouré de toutes parts, dans toute sa longueur, par les bases de toutes les Veuilles qui se sont successivement desséchées, et porte 9 entre les feuilles supérieures , des régimes de petites fleurs blanchâtres qui répandent une forte odeur d'anis. Les bases des feuillet sont grosses et roides, assez courtes à la partie inférieure de l'arbre et progressivement plus longues y&rs son sommet. Les
AVO ssi
régimes, subdivisés en rainificat2,ons ceiùtes de largeà ééailles terminées en bec, ne portent que des fleurs mâles sur un in<^ -dividu et femelles sur un autre. Les fleurs mâles ont deux ealices, chacun à six divisions, et six étamines; les femelle^ ont également deux calices, chacun à trois divisions, et un ovaire surmonté d'un style terminé par trois stigmates. Chaque ovaire devient un fruits composé à l'extérieur d'une enveloppe coriace et huileuse, et à l'intérieur d'une amande contenue dans un noyau marqué de trois trous à la base. ' ÏjCB fruits, colorés de brun , de jaune et de rouge , sontsèmbrlables à des olives et varient comme elles en grosseur. Ils contiennent une si grande quantité d'huile qu'elle en découle lorsqu'on lés^ presse entre les doigts. Oi^ la prépare comme celle d'olives , et on l'emploie dans la cuisine , pour la lampe , ou comme remède. Cette huile est contenue dans l'enveloppe du fruit. On extrait des amandes une espèce de beurre d'un très -bon goût, très -adoucissant, et dont on frotte avec succès les parties attaquées de rhu- • nfatisme. Ce beurre est appelé quioquio ou thiothio par les Caraïbes,, et porte en Europe le nom de beurre deGalaam; l'huile est connue sous celui d'huile de palme ou de pal^ mier : l'un et l'autre nous sont apportés d'Afrique.
Aublet a fait mention de plusieurs palmiers d'Amérique sous le nom d'avoira , mais les descriptions qu'il en donné ne sont pas assez complètes pour décider à quel genre ces ^pèces appartiennent Le palmier qu'il nomme avoir.a^ ou aouara des Caraïbes, est celui dont il est ici question et dont Jacquin a fait le genre. £iai5. (Mas.)
. AVONG-AVONG (Bo^), nom malgache d'un arbre re- . marquable de Madagascar, qui paroît être une espèce de gasponia^ Juss. , de la famille des araliacées. Il est remarquable par son tronc presque simple à la manière des ipalmiers, et par ses feuilles qui sont très -grandes et ailées nvec impaire; mais chaque paire de folioles • es tredonblée, ' c'est-à-dire que .des deux côtés il en part deux du même point. (A. P.)
AVORTEMENT. (Phys. vég) Dani les animaux toutes les fois qu'une femelle produit ses petits avant terme , il y a avortement : mais ce n'est pas là le véritable sens de ce mot
quand il s^agît des plantes ; on dit , en ^hpiologie vëgélale^ qu^une partie est avortée lorsqu'elle n'a pas pris le dére*^ loppement qui lui est propre, et que cette altération,. résultant d'une cause quelconque, s'oppose k ce qu'elle rem-^ plisse les fonctions auxquelles la nature l'avoit destinée* Quelques exemples vont éclàircir cette définition.
Les belles roses que l'on cultive dans les jardins ont une multitude de pétales ; celles qui naissent dans les 'haies et dans les bois n'en ont que cinq : les premières n'ont qu'un petit nombre d'étamines et quelquefois n'en ont aucune ; les secondes offrent au contraire une grande. quantité d'étamines. Cette différencie entre les tosts cultivées et les roses sauvages est le résultat d'un avortemént Les soins du jardinier augmentent et dirigent les sucs qui nourrissent les plantes; de là, la multiplication des pétales des roses. Mais cette multiplication ne peut s'opérer qu'aux dépens des étamines; elles se dilatent, s'élargissent, se changent en pétales , et perdent, en embellissant la fleur, leur faculté génératrice : aussi les roses doubles sont -elles stériles. Le naturaliste qui les examine recènnoît dans leurs riches parures des étamines avortées; il découvre quelquefois au sommet des pétales' les vestiges des aiithères qui dévoient verser sur les pistils la poussière fécondante , et souvent il trouve au fond du calice les pistils transformés de' même en pétales.
Que l'on ouvre avec adresse l'ovaire d'ulie fleut* d'abricotier ou de pêcher ; oh y voit deux petits ovules qiii «pafoissent également bien cbnfonhés , et cependant il n'est pas rare de ne trouver qu'une graine dans le noyau d'une pêche ou d'un abricot mûr. S'il en est ainsi, c'est que l'un des ovules absorbe toute la substance nutritive et remplit lA cavité de la graine, tandis que l'autre ovule, privé de nourriture, et resserré contre la paroi du noyau-, se flétrit et se dessèche : le naturaliste considère cette graine arrêtée dans son développement, comme un germe avorté.
Les filets grêles et ûexibles qui naissent sur les rameaux de la vigne , 'et dont ce végétal se sert pour s'accrocher aux corps qui sont dans son voisinage, produisent quelquefois fies fleurs auxquelles succèdent des grains de raisin. Ce phé^
aoxnéne prouve Tanalogle qui existe entre ces espèces de mains et les grappes de la vigne, et semblent indiquer que «i les. premières ne sont pas chargées de fruits comme les secondes , c'est que le végétal n'est point assez vigoureux pour les développer. C'est d'après cette considération que plusieurs naturalistes ont vu dans les filets de là vigne des grappes avortées.
Nous pourrions encore citer une multitude d'exemple^ d'ftvortement dans le règne végétal ; car l'extrémé simplicité de l'organisation des plantes rend ce phénomène trèsfréquent : mais ce que nous venons de dire suffit pour qu'on entende la signification de ce mot , qui se représentera sous tini nouveau jour dans notre article sur les MoKsTR.uosiTé«
VEGETALES. ( B« M. )
AWATCHA ( Omith.)j çspèce de fauvette du Kamtschatka, dont le plumage est brun en dessus , la gorge et la poitrine hkinches, avec des taches noires, le ventre blanc, les premières pennes des ailes blanches dans leur moitié extérieure, et celles de la queue jaunes à leur base. C'est le motacilla âwaleha de Gmelin. ( Ch. D. )
AWAVU. ( Ichtyol. ) Ce nom appartient à une espèce de gobie, qui habite dans les eaux douces de File d'Otaïti» et que Broussonet a décrite le premier. Voyez Gobie. (F.M.D.)
AXERAS (Bot.)^ nom arabe de l'asphodèle, suivant Dalechâmps. (J.).
AXIA i.BoL)^ nom donné par Loureiro à un arbrisseau de la Cochinchine, haut de deux pied^ , rameux, couché» aoueux , ayant à chaque nœud deux feuilles opposées , l'une plus petite que l'autre, et portant à ses siDmtnités des grappes de petites fleurs d'un blanc rougeâtre. Chaque fleur a denit calices : l'extérieur est à trois divisions profondes et tombe promptement; l'intérieur, nommé corolle par Loureiiro , est petit, en cloche , et a.dix lobes. Les étamines sont au nombre de trois. L'ovaire, terminé par un style et un stigmate, devient une graine recouverte par la base du calice intérieur.
L4f famille de ce genre n'est point déterminée. Si le calice couvre simplement la graine fans faire corps avec elle 5 a3
354 AXl
(ce qui n'est point dit dans la description de Loureiro),* le genre est de la famille des nyetaginées et doit êtr^ placé prés des boerhaavies : dans le cas contraire, il appartient à la famille des dipsacées, selon Jussieu.
Loureiro dit que l'axia e&t un excellent sudorifique et un très -bon fortifiant : il est aussi estimé à la Cochinchine que le fameux ginseng Test par les Chinois. ( Mas. )
AXILLAIRE (Bot.)^ nom donné par Bridel au genre Ftérigynandre de la famille des mousses, parce que les fleurs de ces sortes de plantes sont toujours placées aux aisselles des feuilles.. (P. B.)
AXILLAIRE (BoL)^ Axillaris. On surnomme ainsi une fleur ou une feuille qui se trouve attachée au point intérieur de l'angle formé par le rameau et la tige, ou par la feuille et le rameau. (P. K. )
AXIN^EA (Bot.) , Ruiz et Pav. , genre de plantes observées par les auteurs de la Flore du Pérou , et qui doivent Q^V partie de la famille des melastomées. Leur calice est ^ cinq ou six dents, en coupe et persistant Elles ont une corolle à .six pétales en doloire, insérés sur les bords intérieurs du calice. Les étamines sont au nombre de douze , dont six alternes plus grandes. L'ovaire est placé supérieurement au calice, ce qui distingue ce nouveau genre des hlàckea^ L. Il est oblong, tronqué, surmonté d'un style recourbé, et de la longueur des étamines. Le stigmate est simple et obtus. Le fruit est une capsule oblongue, tronquée, couronaée , entourée du calice persistant , à six loges , à six yalves qui s'ouvrent par les angles«
On ne connoit que deux arbres' du Pérou qui. fassent partie de ce genre. Le nom d'axinœa leur a été «donné k cause de la forme des pétales. ( J. S. H. )
AXIN^A. ( Mail. ) Ce mot vijent d'un substantif grec qui veut dire hache.; il a été donné par Poli à l'animal depl»> sieurs espèces de pétoncles, arcapilosa , L. , arca ghycim^ris^Lm^ arca nummaria^ L., dont le pied est sécuriforme. Ceux de l'ar« che de Noé et de Tarche barbue , arca Noë et arca barbataiJLf composent, dans la méthodx? de cet auteur, un autre genre désigné sous le nom de Daphne , qui diffère du premier par l'absence du pied , et âlit partie de sa neuvième famille ,
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ffindîs que le genre Axînœa compose la cinquième. Ainsi^ dans rarrangement de Poli, le genre Arche dei Linnaeus, adopté par cet auteur, désigne simplement les coquilles et son les animauK qui les habitent : ceux-ci appartiennent à des £amilles et à des genres dififérens, auxquels il assigne des noms particuliers. ^
Ob sent facilement combien cette méthode de classer difTikemment les coquilles et les mollusques qui les habi* tent, est défectueuse et peu philosophique; combien elle doit embrouiller cette partie de l'histoire naturelle et rendre son étude difficile : du temps de Linnapus , qui l'avoit adoptée en partie, elle pouvoit être* tolérée à cause de y imperfection de la science ; mais les découvertes de Polî même et celles de Cuvier ne permettent plus de s^y soumettre.
• Poli appelle argus un autre genre de mollusques qui habitent les peignes , les spondyles , les limes , et qui apjpartieniien;t à sa quatrième famille, caractérisée par Tabsence du pied et pftr une ouverture abdominale. ' ' Dans la première famille, qui a pour caractère un pied et deux tubes au manteau, le genre Arthemis ne nous parolt pas différer essentiellement du genre Calista. Dans celui-ci la seule marque distinctive est la forme du pied, qui est lancéolé , suivant Poli , tandis qu'il paroît semilunaire dans l'autre. L'animal de ces deux genres appar^tient au genre Venus de Linnœus. (Duv. )
AXIJNITE. (Miner.) La forme générale des cristaux de cette pierre , lorsqu'on fait abstraction des facettes qui l'altèrent un peu, est un prisme quadrangulaire , tellement oblique et aplati que ses bords s'amincissent et deviennent tranchans comme le fer d'une hache. , C'est le premier cajraetére qui frappe lorsqu'on voit cette pierre, et c'est de lui ^'Haiiy a pris le nom qu'il lui a donné et que nous avons adopté.
' L'axinite est plus dure que le feld- spath, mais moins dure que le quartz. Cette pierre fait feu avec le briquet, et répand une odeur analogue à celle qui ejt produite pas les pierres' à fusil. Son aspect et sa cassure sont vitreux : c'est probablement diaprés cette apparence que WidéÏEN
xnann a. nommé cette pierre Glastein; cependant sa cassure est quelquefois un peu raboteuse ou même écailleuse. Uaxinite se fond au chalumeau avec bouillonnement ; elle donne un émail grisâtre: fondue avec le borax, le verre qu'elle donne est d'un beau vert d'olives. Quoique colorée ordinairement en violet sale, elle a souvent la transparence du verre. On n'y a point encore observé la double réfraction. Sa pesanteur spéci6que varie entre 3,2 et S,3.
Elle se présente plus souvent cristallisée qu'en masse. On n'arrive que difficilement à sa forme primitive. Elle a des joints naturels dans un grand nombre de sens. Hatty lui donne pour forme primitive un prisme droit à >quatre pans, dont les bases sont des parallélogrammes & angles obliques. Le grand angle est de cent un degrés trente-deux minutes.
Les formes secondaires sont d'autant plus difficiles à déterminer qu'elles ont aussi pour type un prisme quadranguiaire, mais . oblique et dijOérent de celui de la forme primitive. Les deux arêtes les plus aiguës sont ordinaire^ ment remplacées par des facettes rectangulaires : telle est
la variété équivalente dont l'expression est C B O P.
Klaproth et Vauquelin ont analysé cette pierre ; le dernier y a trouvé :
Silice • •••••44
Alumine «...iS
Chaux. ..«•• •.19
Fer • •.•14
Manganèse.*. ••• 4
L'axinite est ordinairement d'un violet foncé : -cetit couleur lui a fait donner les noms de schorl violet et d'yanolithe , qui ne conviennent guéres à une de ses variétés qui est verte et souvent opaque. Elle doit cette opacité à un mélange de talc chlorite. On a remarqué que les cristaux ainsi souillés de cette terre étoient plus réguliers et plus nets.
L'axinite est encore assez rare. Elle ne forme point de masse volumineuse 1 elle n'entre point dans la composition
des roches : elle se trouve dans les filons et dans les fentes des roches primitives, et principalement des roches à base de serpentine ; elle tapisse de ses cristaux les parois de ces fentes.
On Va. trouvée , en France, dans les environs du bourg d'Oisans, département de Flsère, au lieu nommé la Balme d^Auris ; elle est dans une roche à base de serpentine : dans les Pyrénées, avec^de la chaux carbonatée : dans les environs d'Alençon , au milieu des granits.
En Saxe , à Thum prés d'Ehrenfriedersdorf : cette localité-lui a fait donner le nom de Thumerstein par Werner, et de tumite par Napione.
En Afrique, au mont Atlas.
En Norwège , prés de Kongsberg, dans une pierre calcaire blanche, feuilletée; accompagnée de mica noir, de quartz, et rarement d'argent natif : et à Arendal, dans^la mine de Torbiorns-Busgrube, accompagnée de feld-spath, d'épidote, etc. (B.) '
AXIRIS (Bot), Axyrisj Linn., Juss. , Lam. Illust. pL j55; genre de plantes monocotylédones de la famille des ehenppodées, composé de quatre espèces d'herbes et de sousarbrisseaux, qui croissent dans le nord de l'Asie. Leur ca-^ ractérê est d'avoir les fleurs placées aux aisselles des feuilles ou à l'extrémité des rameaux, les unes mâles, les autres femelles , sur le même individu «: les fleurs mâles disposées en chaton, et ayant chacune un calice à trois divisions et trois étamihes ; les fleurs femelles éparses et composées d'un calice à cinq divisions, et d'un ovaire terminé par deux styles, qui devient une graine recouverte par les divisions du calice. Ces plantes n'offrent Hen de remarquable. (Mas.)
AXIS (ZooL)f quadrupède du genre Cerf, autrement 4iomxné cerf du Gange, cervus axis, L. Voyez Cerf. (C.)
AXIS, Assis (Bot.), noms arabes du bangue, espèce de chanvre , ou ayant avec lui beaucoup d'affinité. Les Turcs lé' nomment asarath,.' On trouve encore, dan^Fomet, le piment sous le nom d'oxî. VoyezBANGUE» Ckanv&e, Piment.
r AXNEC , UsN Ec. ( Bol.) Ce» noms arabes soat donnés- in-
distinctement à toutes les plantes comprises, dans le langage vulgaire, sous le nom de mou&ses, c'est-à-dire, aux mousses proprement dites, aux licheus, aux algues, etc.; mais ils paroissent appartenir plus spécialement aux lichens qui pendent aux arbres en longs iilets ranieux, tels que Pusnée, lichen usnea^ L:, dont on fait, avec les espèces conforméei de même, un genre particulier dans quelques ouvrages modernes sur cette partie de la cryptogamie, ( J.)
AXONGE. ( Chim. ) L'axonge est la graisse solide qu*on extrait de l'épiploon des porcs ou deTabdomen des moutons: ce dernier produit est plus souvent connu sous le nom de suif; le premier est plus particulièrement désigné par le nom d'axonge.
On prépare Taxonge , surtout pour les besoins de la pharmacie, en en séparant avec soin les membranes, les fibres charnues, vasculaires, et le sang, en la lavant danr Teau froide , et en la faisant fondre ensuite avec de Teau chaude , à la surface de laquelle on la ramasse après l'avoir laissée •e figer. Voyez les mots Graisse, SuifI (F.)
AXOQUëN. ( Ornith. ) Hernandez parle sous ce nom dhia grand oiseau aquatique du Mexique, qui se nourrit de poissons, et dont le plumage est mélangé de cendré, de Jaune et de brun. Son bec , noir et pointu , a huit pouces de loo« gueur : son cou est long d'environ un pied et demi; la peau en est lâche et forme une sorte de poche : sa queue n'a qu'environ quatre pouces et demi. Ces caractères of&ent beaucoup plus de rapport avec les hérons qu'avec les alcyons, parmi lesquels Hernandez place mal à propos l'àxoquen, appelé, suivant lui, par quelques-uns Acaçaçaboactu. Voyez ce mot. ( Ch. D. )
AXOYATOTÇTL (Orm7?i. ), oiseau du Mexique, de la taille ^u chard(#nneret, dont le plumage est, suivant Hernandez, chap. 199, brun en dessus et d'un jaune pâle en dessous; ses jambes sont rougeâtres, et sa tête est ornée d'une. huppe: il ne chante point. (Ch. D. )
AYA. (IchtjcoL) C'est une espèce de bodian du Brésil» décrit par Marcgrave, Pison, etc., sous le nom d'acara aya. Voyez BoDiAN, (F. M. D.) *
. ÂYACA ou Ayaia. {Ornith.) L'oiseau dpnt il est fait
meption sous ces noms, dans rHistoire générale des voya-. ges, tom. 4, in-4.°, p. SoS, et dans Laè't, est la spatulecouleur de rose, plataUa ajaja^ L. ( Ch. P.)
AYALLA. (Bot.) On nomme ainsi dans l'île d^Amboîne un arbre dont l'écorce , colorée de rouge , de jaune et dé vert, semble de loin réfléchir les couleurs de Tiris. La figure et la description qu'en donne Kumphius , Amboin. 3, p. 122, 1 80 , sont trop incomplètes pour que Ton puisse rapporter ce végétal à son genre ou même à sa famille. (J.)
AYALLY. (Bot) On nomme ainsi à S. Domingue une plante graminée très - commune , employée comme apéri« tive, suivant Nicholson, et dont on ne connoitpas le genre.
AYA-PANA {Bot,)j nom que les habitans du Bréslt donnent à une plante de leur pays , à laquelle ils attribuent de grandes propriétés ; ce qui engagea Augustin. Baudin , frère de celui qui a dirigé le voyage à la nouvelle Hollande , entrepris pour les progrès des sciences , ' à là porter à nsle->de-France : ce qu'il a exécuté en 1797. Ce ne fut pas sans peine qu'il parvint à se la procurer. Elle fuiconfiée aux soins de M. Géré, qui avoient déjà été éprouvés avec tant de succès dans la culture des arbres à épice-^. ries. Sur la réputation de cette plante on crut qu'on lui avoit confié un trésor encore plus précieux ; aussi appliquat-il tous ses soins à la multiplier : il y parvint heureusement avant que l'ardeur avec laquelle on cherchoit à se la procurer fût à son comble ; car il auroit eu peine à la conserver. Le récit des cures multipliées qu'elle avoit produite» étoit tel qu'on devoit la regarder comme une pamicée universelle; aussi n'y avoit-il aucun malade, de quelque nature que fût son mal, qui ne l'envisageât comme seule capable de finir ses souffrances. Elle detruisoit l'effet de toute espèce de poison , celui des minéraux , celui des végétaux ^ celui des , serpens. Quant à ces derniers , ce qui vaut mieux que tous les contrepoisons , la nature a écarté de nos Iles africaines ces terribles animaux : mais il y existe quelques fléaux que d'autres contrées ne cOnnoissent pas j c'eçt ainsi que la chair de plusieurs espèces de poissons epi «u jette h devenir un vrai poison sur certaines plages Vt
dans certaines saisons. L'aya-pana y remédioit efficacement, ce qui tiroit un grand nombre d'habitans de la position de Tantale , où la crainte les tenoit ; mais ce qui étoit «nçore plus précieux, cette plante faisoit disparoftre tous les symptômes effirayans du tétanos. EiiTun mot, chaque joui: découvroitune nouvelle propriété^à cette plante menreillense, en sorte qu^il eût été plus court de faire l'énomératiom des maladies qui lui avoient résisté, que de celles qu'elle avoif guéries. Il n>st pas étonnant, d'après cela, que Ton ait mis beaucoup d'empressement à se I4 procurer : aussi l'a-t-on vu vendre au bazar ou marché à raison de trois sous la feuille ( il est vrai que c'est la plus petite monnoie du pays). M. Géré trouvant beaucoup de facilité a- la multiplier de marcotte (ses graines ont avorté constamment jusqu'à présent) , se trouva bientôt à même de répondre k l'empressement que les habitans mettoient à s'en procurer des pieds , et par ce moyen elle se trouva au-dessus des besoin^. Il eût été cependant difficile de parvenir à ce point, si l'on ne se fût un peu refroidi sur son compte : en e£fet l'expérience ne tarda pas à faire recoonoitre que l'on avoit au moins exagéré ses vertus , en sorte que , par une sorte de réaction qui est presque toujours la suite de l'engouement, on vit successivement diminuer le nombre de ses partisans ; ce qui lui donna le temps dé se dével«ipper dans tous les jardins. 11 est même à craindre que, cotnme tant d'autres remèdes, elle ne descende au point d'être totalement oubliée. 11 est probable cependant qu^eUe peut être employée avantageusement dans plusieurs caii mais il faut que des expériences suivies et répétées -par des gens de l'art, lui assignent la place quelle doit occuper dans la matière médicale. On p.xit conjecturer d'avance qu'elle n'y sera jamais comptée parmi le petit nombre ^e remèdes héroïques qui , dans la main d'un mé* decin habile, décident réellement la cure des maladies critiques : c'est ce que dénotent ses qualités extérieures, aoa odeur et sa saveur. Son odeur est bien aromatique , mais à un degré inférieur : il en est de même de son amertume; elle est mêlée à une légère astriction , mais si foibles l'une «t l'autre qu'il est bien difficUe de penser qu'elle puisse
jamais faire beaucoup d'impression sur Téconomie animale. La botanique offre un autre moyen de conjecturer l'usage auquel on peut employer une plante quelconque : c'est par l'examen des rapports ou degrés d'affinité qu'elle peut avoir avec d'autres plantes y en un mot , sa classification naturelle. La place de l'aya-pana n'a pas été difficile à déterminer : dès qu'elle a montré sa fleur, elle a dû être placée parmi les composés , dans la syngénésie de Linnœus , et dans l'ordre des corymbiféres de Vaillant et de Jussieu. On n'a pas eu plus de peine à reconnaître qu'elle fa4soit partie du g^nre Eupatoire ; mais cette famille étant la plus nombreuse du genre végétal, il n'a pas été aussi facile que dans d'autres de circonscrire ses vertus générales , et il n'y a pas la vingtième partie des espèces qui la composent qui aient place dans la matière médicale , et par conséquent qui aient été éprouvées. Le plus grand nombre de celles qui y figurent $e font également remarquer par leur odeur forte, aromatique ou fétide , et par leur saveur plus ou moins amère| ces deux qualités réunies ou séparées. Le genre Eupatoriujn lui-même contenant une cinquantaine d'espèces, n'est pas j>lus circonscrit dans ses propriétés générales. La plus commune qui habite l'Europe , a eu , comme l'aya-pana , un moment de vogue; mais elle est laissée de côté depuis longtemps par les praticiens , quoiqu'elle paroisse mériter leur attention par son amertume et une légère odeur aromatiques IL y a d'autres espèces qui possèdent cette dernière qualité à un degré plus éminent : c'est parmi elles que doit 9e ranger cette plante, ainsi qu'on le verra- à l'article Eupa- ToiRE,o& l'on donnera ses caractères botaniques, à moins qa'elle ne fasse partie du genre Carelie que Jussieu juge convenable d'établir.
La description abrégée et les caractères botaniques de Faya-pana ont paru pour la première fois dans la gazette de Madras, du 8 Août 1801 ; ils faisoient partie d'une lettre qu'Anbert du Petit - Tbouars avoit adressée au docteur An-, derson , et. que celui-ci, après l'avoir traduite, fit insérer dans cette feuille. Ventenat , qui ne pouvoit en avoir connoissance, fit de cette plante l'objet. d'un mémoire, lu à l'Institut national; depuis ,il en a publié ttne figure dans
ic» A Y E
son superbe ourrage sur les plantes du jardin de Mil^ maison. (A. P.)
AYE - AYE ( Mamm. ) , Ckeiromysj quadrupède de Madagascar, découyerf par Sonnerai, et rangé par Gmelin dans le genre Ecureuil : c'est Geoffroy qui en a fait un genre à part-, qu'il avoit nommé daubentonia. L'usage qui a prévalu en botanique de donner aux genres des noms d'hommes n'étant point encore reçu en zoologie, nous avons préféré le nom de chciromys^ composé de ^Ùp (main) et liZç (rat), et "justifié par ce que nous allons dire.
L'aye-aye ressemble aux écureuils par le port et par la queue ; ses dents incisives sont encore plus comprimées par les côtés , et plus larges d'avant en arrière que les leun : mais son principal caractère consiste dans les doigts trèsallongés de ses pieds de devant, et dans le pouce séparé» opposable, et muni d'un ongle plat, qu'on voit à %t% pieds de derrière. Le corps et la tèie ont ensemble un pied et demi de long: la queue est de la même longueur ^ %es poils noirs et ruides »ont dirigés sur les *c6tés et la Tendent plate comme celle des écureuils : son dos et k% cuisses sont recouverts d*un duvet laineux et jaunâtre > qve dépassent beaucoup de soies brunes : ses quatre pieds sont d'un brun roussàtre; le dehors est jaunâtre : sa tête, semblable au dos pour la couleur, à celle d'un écureuil pour la forme, est surmontée de très-grandes oreilles minces et presque nues. Il n'a que deux mamelles situées sous le ventre , quatre molaires en haut et trois en bas , dont on n'a point décrit la forme. Le pouce de ses mains est court; le doigt index et le' petit doigt ont deux pouces de long; le médius en a trois, et le quatrième doigt quatre : ces doigts sont très -légèrement velus, excepté le médius, qui est nu et beaucoup plus grêle que les autres; leurs ongles sont pointus et un peu comprimés.
On ignore quel usage cet animal fait de ses mains singulières. Sonnerat pense que le doigt long et grêle lui sert à pénétrer dans les trous de l'écorce des arbres pour y chercher des larves d'insectes; des aye-aye qu'il a nourris* ^ ^nt ce doigt pour porter à la bouche le riz cuit
lonnoit. Cet animal voit mal le jour et est d'un
SiaCurel très -paresseux, donnant presque tout le jour, couché sur le côté et la tète entre les jambes ; sa démarche est lente et pénible, et il paroît très -craintif.
Aye-aye fut le cri d'étonnement ^es habitans de Madagascar lorsqu'ils virent cet animal. Il est de la partie occidentale.de cette lie, et c'est Sonnerat qui l'a fait connoitre sur la c6te orientale, comme en Europe.
C'est le ^ciurus madagaicariensisy Gmel. , Buff. Suppl. 7 , et Geoff. Dec. phil. N.^ 28. (C.) ^ .
- AYÈNE (Bot.), Aytnia,^ Linn., Juss. Ce genre de plantes , •^i fait partie de la famille des malvacées, a beaucoup de rapport avec les buttnères ; il n'est composé que de quatre espèces, remarquables par la structure très- singulière de leur corolle Ces plantes croissent dans Tile de Cumana, au Pérou et à la Jamaïque : leurs fleurs sont très -petites , ies pédoncules sont axillaires et uniflores.
Chaque fleur consiste en un calice simple, à cinq divisions ; en cinq pétales munis d'un onglet filiforme , long et courbé en arc, dilatés à leur sommet et rapprochés en étoile, surmontés dans leur partie moyenne d'une glande pédicellée. Les étamines sont réunies en un godet que .recouvre rétoile furmée par les pétales, et qui t^i^ à son bord, muni de dix dents, alternativement filiformes, portant une anthère, et obtuses sans anthères. L'ovaire est porté sur un stipe, et surmonté d'un style dont le stigmate est presque à cinq lobes. Le fruit e^\ globuleux, petit, formé de cinq capsules conniven tes, hérissées de pointes, monospermes et s'ouvrant élastiquement aux deux valves.
Ayenb délicate, Aytnia pusilla, Linn., Cav. diss. 5 9 tab. 147. C'est une petite plante annuelle dont la tige est droite, grêle, longue de cinq à huit pouces, et très- rameuse. Les feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, légèrement en cœur , dentées en leurs bords, glabres et verdàtres; les supérieures sont ovales, oblongues ou lancéolées. hes fleurs sont purpurines, et viennent plusieurs ensemble >dans les aisselles des feuilles, sur de courts pédoncules.
Cette espèce est cultivée dans le jardin du Muséum d'histoire naturelle; quoique annuelle de sa nature, elle vit né&omoius dçui^ ans , lorsqu'on la rentre Thiver dans une