‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 69 sur 100 · BAL 4S · texte numérisé non relu

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contentent pas de semblables alimens ; il leur en faut qui aient plus de consistance. La baleinoptère gibbar, par exemple , se nourrit de poissons assez grands et surtout de ceux qui vivent en troupes nombreuses, tels que les Gades , les ScoMBREs, les Salmonbs, les Clufées , les. Maqvb* REAux, les Salmones ARCTIQUES ct Ics Haïiengs ( voycz ces mots ) ; elle les atteint et les engloutit avec d'autant plus de facilité qu'étant beaucoup plus mince et plus déliée que la baleine franche, elle est aussi plus agile et nage avec une rapidité plus grande.

La baleinoptère jubarte ne se nourrit pas seulement du festacé nommé Planob.be boréal , mais encore de l'Aac- MODYTE AFFAT, du Salmone ARCTIQUE ( voycz ces mots ) et de plusieurs autres poissons^

. Les qualités des 'alimens de la baleine franche donnent à ses excrémens un peu de solidité, et une couleur' qui ap« proche de ceUe du safran. Cette couleur néanmoins n'est pas toujours constamment uniforme, elle est souvent nuancée de rougeàtre ; et si on s'en rapporte à l'opinion de certains auteurs , cette couleur fournit une teinture asseas belle et assez durable. '

On n'a pas de certitude sur la longévité des baleines^ cependant il est à présumer que les grandes espèces ont vécu plus de mille ans. On ne doit donc pas être étonné si le génie de l'allégorie les a considérées comnie les emblèmes de la durée.

Mais voyons agir ces animaux, dont tous les attributs sont des sujets si dignes d'admiration et d^étude^ Examinons-les dans leurs amours , leur accouplement , leur gestation, et surtout dans les soins affectueux qu'ils prodiguent à leurs petits. Jetons un coup d'oeil attentif surljE'ur vie, leurs mœurs, leurs habitudes, et suivons -les jusques dans leurs combats.

: Le printemps, qui ranime tous les êtres, donne aux baleines une force toute no^uvelle ; . il pénètre tous leurs organes d'une chaleur secrète et y ranime la vie. Ces animaux agitent alors leur masse énorme par des mouvemens nouveaux ; puis , cédant enfin au besoin impérieux qui les consume , le mâle se rapproche plus que jamais de sa fe«

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melle ; et bientôt, de concert, ils se disposent à chercher un asile, une sorte de retraite, dans une baie, dans le fond d un golfe ou dans quelque grande rivière. Là , brûlant Tun pour Tautre d*une ardeur que ni Teau qui les arrose , ni le souiOe des vents , ni même les glaces qui flottent encore autour d'eux, ne peuvent éteindre ni apaiser, ils se livrent à cette union intime qui seule peat les calmer.

Pour opérer leur accouplement, le mâle et la femelle se dressent Fun contre Tautre , enfoncent leur queue dans le sable, portent leur tête au-dessus de Teau, afin de respirer Tair atmosphérique , qui dans ce moment leur est si nécessaire pour tempérer Tardeur qui les anime ; et ils se maintiennent, probablement peu de temps, si nous en jugeons par les rapports qui les lient atfx autres mammifères, dans cette situation verticale , ^n s'embrassant et se serrant étroitement avec leurs nageoires pectorales.

De cette réunion intime il résulte, dit- on, un attachement réciproque, une constance telle qu'on a cru reconnoltre, durant plusieurs années, le même mâle, touionrs assidu auprès de sa femelle , partager son repos et ses jeux, la suivre avec fidélité dans ses voyages , la défendre avec courage et ne l'abandonner qu'à la mort.

On dit que la mère porte son fœtus pendant dix mois environ, et que, durant tout le temps de sa gestation, elle est d'une graisse étonnante. £lle ne donne ordinairement le jour qu'à un baleineau à la fois ; et il est très-rare qu'elle en produise deux. Son enfant, en naissant, a presque toujours plus de sept ou huit mètres (21 à 24 pieds) de longueur, et la manière dont la mère Fallaîte est admirable. Lorsqu'elle veut lui donner à téter , elle s'approche de ia surface de la mer et se retourne à demi; elle nage alors de côté, et par de fréquentes et légères oscillations, elle ae pince tantôt au-dessus et tantôt au-dessous de son baleineau, afin qu'ils puissent l^un et l'autre rejeter par leurs évents l'eau qu'ils ont avalée , et respirer alternativement l'air atmosphérique.

Le baleineau tette au moins pendant un an , et alors les Anglois l'appellent ihortead ; au bout de deux ans, il reçoîl

le nom de stant^ et paroît comme hébété ; on le nomme ensuite sculfish, et on ne connolt plus son âge que par la longueur des barbes des fanons qui bordent ses mâchoires.

Au premier moment de sa naissance surtout, le baleineau est tellement l'objet de la tendresse et de la sollicitude de sa mère , que rien ne semble la lasser et qu'aucun dan-' jger ne paroît l'intimider. Cette tendresse et cette affection delà mère pour son enfant durent quelquefois trois ou quatre ans : elle ne le perd pas de vue un instant; s'il ne nage encore qu'avec peine , elle le précède , lui ouvre la' route au milieu des flots agités , l'instruit par son exemple , l'encourage , le soulage dans sa fatigue , le soutient lorsque ses forces paroissent épuisées , le prend entre ses bras ou le place sur son dos , et l'emporte avec elle , en modérant ses mouvemens , dans la crainte de laisse^ échapper ce doux fardeau. s

Si quelque ennemi l'attaque pour le lui ravir, cette , tendre mère , loin de chercher son salut dans la fuite , brave tous les dangers, combat avec acharnement 5 et, insensible alors aux douleurs des blessures même les plus profondes , elle renverse et anéantit tout ce qui paroft vouloir attenter aux jours de l'être qu'elle chérit plus que sa vie ; elle répand tout son sang et meurt plutôt que de l'abandonner.

Touchant exemple de l'affection mutuelle , emblème du bonheur parfait qui est la source de la félicité pour toute ame sensible, pourquoi donc la surface entière du globe ne peut-elle vous offrir un asile assuré ? Pourquoi ces immenses mers ne peuvent*elles vous donner une retraite inviolable P En vain vous étes-vous confiés à la grandeur de la distance , à la rigueur des frimas , à la violence dés tempêtes : le besoin impérieux des jouissances sans cesse renouvelées que l'espèce humaine est si ingénieuse à se créer chaque jour et dont elle se fait une nécessité, vous poursuit au travers de l'espace , des orages et des glaces ; il vous trouble au bout du monde , comme s'il étoit au sein des cités qu'il a élevées, et, en fils ingrat de la nature, il ne se conduit à votre égard que d'une manière i l'attrister.

Il y a plus de deux ou trois siècles que les baleines franches étoient encore sans méfiance ; une fatale expérience ne leur avoit pas encore appris à connoître la cruauté de r^iomme, à se méfier de ses pièges et à redouter ses flottes : loin de fuir à Ion aspect , elles nageoient arec assurance le long des côtes ; elles couroient en foule audevant des navires et jouoient avec sécurité autour de ces bàtimens. Mais bientôt l'avidité des pécheurs, qui les harponnoientau moment même où elles sembloient se présenter à eux avec une sorte de confiance, les rendit si farouches qu'elles s'éloignèrent des bords trop fréquentés par l'espèce humaine.

L'homme cependant n'est pas le seul ennemi que b| baleine doive redouter ; le Squalk-scie, le Dauphin gladiateur et le Squale-Requin (voyez ces mots), en sont' d'autres qu'elle a souvent à combattre.

Lorsque le squale-scie rencontre une jeune baleine^ dont la vigueur n'est point encore suffisamment, développée f s'il est surtout dévoré par la faim, il ose l'attaquer et la combattre. La jeune baleine alors, pour le repousser,, enfonce sa tête dans l'eau , relève sa queue , et , en l'agitant avec toute la force dont elle est susceptible , frappe à droite et à gauche. Si le hasard lui fait atteindre son ennemi , elle l'accable , le tue et l'écrase d'un seul coup : mais le squale , à qui la justesse de sa vue fait discerner le cpup , sait l'éviter par un bond , et change aussitôt son attaque ; il tourne son adversaire et, saisissant un moment favorable, il s'élance sur lui, et enfonce dans son l&tfe dos la défense longue , dentée et osseuse , dont son museau est armé. Il la retire avec violence et blesse profondément le jeune cétacé , qu'il déchire ; puis, en le suivant jusques dans les profondeurs de TOcéan , il le force à re* monter vers la surface de la mer, reconimence un combat terrible, et s'il ne peut lui donner la mort, il expire en frémissant.

Les dauphins gladiateurs (voyez au mot Cachalot) se réu-> fissent en troupes nombreuses,, s'avancent tous ensemble vers la baleine, qu'ils attaquent de^concert ; ils la mordent, la harcellent, la fatiguent, et, en la contraignant ain^i A

«uvrir sa gueule , ils se jettent sur sa langue , la mettent en pièces et Tarrachent par lambeaux : alors ce cétaçé ^ vaincu par le nombre, ensanglanté par des blessures mortelles, expire dans les douleurs les plus aiguès et dans les tourmens les plus insupportables.

Les énormes requins du Nord (voyez au mot Requin), auxquels leur voracité a justement mérité le nom d^ours de mer, attaquent la baleine en dessous et parviennent à lui enfoncer dans le ventre les quintuples rangs de leurs dénis pointues et acérées, et lui enlèvent par ce moyen 4'énormes morceaux de tégumens et de muscles. La baleine , ainsi blessée , privée de presque tout son sang , harcelée , excédée , accablée par ses propres efforts , n'a plus qu'un foible reste de sa vigueur et de sa puissance. L'ours maritime, ce redoutable et vorace animal, toujours en vedette, sur les bancs de glace . ou sur les rivages gelés des pôles , profitant alors de l'état de foiblesse apparente de ce cétacé , "se jette à la nage, arrive jusqu'à lui et ose l'attaquer; mais , à la vue de cet animal , la baleine , quoique expirante, ranime ses forces défaillantes, çt d'un seul coup de sa queue immole à sa juste vengeance un nouvel ennemi trop audacieux , qui a cru ne trouver en elle qu'une victime sans défense. Elle expire' enfin; et son cadavre flottant, sur l'onde, est bientôt dévoré par les ours n^arjtiipes , les squales et les oiseaux de mer, qui se précipitent si^r .cette proie facile: -

On se tromperoit, sans doute, si on imaginoit q^e cet Qurs osât ainsi insulter aux derniers momens dé la jeuîie l>ale^ne expirante, dans. toutes les mers : il ne se permet cet acte audacieux que dans les seuls parages polaires qu'il habite exclusivement, et on sait que la baleine franche appartient aux deux hémisphères ; car le Spitzberg, le nouveau Groenland, l'Islande, le vieux. Groenland, le détroit de Davis, le Canada, Terre- neuve, la Caroline, l'île Mocha , Guatimala, le golfe de Panama, les ilçs Gallapago, le Mexique occidental. , le Japon , la Corée, le? Philippines, le cap de Galles à la pointe de l'île de Ceilan, les environs du golfe Persiqiie, l'île de Socotora près de ï'Arabiç Heureuse, la côte orientale d'Afrique, Madagas^

car, la baie de Sainte-Hélène, la Guinée ; la Corse, dans la Méditerranée; le golfe de Gascogne; la Baltique et la Norwége , sont les rivages , les continens et les îles auprès desquels on a vu cet énorme cétacé, ou bien les mers dans lesqueiles on Ta rencontré.

Nous venons , pftr la pensée , de faire le tour du inonde , ' et nous voyons que la baleine franche 5*èst montrée dans tous les climats , dans toutes les zones et dans toutes les parties de l'Océan. On en a même harponné dans le nord de TËurope , qui se sont retrouvées dans le nord de l'Asie ; elles avoïent donc dû passer au nord de la Nouvell9-2Iemble et s'approcher de très-près du pôle.

On pourroit objecter ici la température de l'air comme un obstacle aux migrations de la baleine , et supposer que Tardeur du soleil sous la zone torride peut et doit dessécher sa peau d'une manière funeste : mais ne sait-on pas qu'elle trouve aisément au fond des eaux un abri ou un soula* gement contre les effets , de la chaleur de l'atmosphère, comme la couche épaisse de graisse qui recouvre son corps la garantît des effets nuisibles du froid, lorsqu'elle 8'ap-> proche du pôle ?

Mais quel est le motif qui détermine la baleine à ces émigrations périodiques ? Il est facile de le deviner. Lorsque , pendant Thiver , les baleines disparoissent d'auprès des rivages envahis par les glaces, et qu'elles quittent le voisinage du pôle pour s'avancer dans la zone tempérée jusqu'au retour du printemps , ce n'est pas pour fuir un froid qu'elles peuven-t supporter, mais c'est seulement parce que les croûtes de glace de ces contrées rigoureuses, «es masses congelées, durcies, immobiles et profondes, ne leur permettent ni de chercher leur nourriture sur les bas-fonds, ni de venir à la surface de l'Océan respirer l'air atmosphé^ rique , sans lequel elles ne peuvent exister*

Lorsqu'on réfléchit aux troupes nombreuses de baleine^ franches qui , dans des temps très-reculés , habitoient toutes les mers , on ne doit plus être surpris dts fragmens de leur squelette que l'on rencontre dans les différentes contrées du globe , sous des couches plus ou moins épaisses , et qui font de nouveaux témoins muets qui attestent le séjou?

de l'Océan au-dessus de toutes les portions de la terre qui, aujourd'hui, se trouvent plus élevées que le niveau des mers.

Comment néanmoins le nombre des baleines ne seroit-il pas aujourd'hui très - diminué ? Il y a plus de trois siècles que les Basques, ces marins intrépides, osèrent affronter les dangers de l'Océan glacial, et, en développant toute l'énergie d'un peuple entreprenant et laborieux , équipèrent des Hottes de cinquante ou soixante navires, et qu'ils trouvèrent toujours, dans une pèche abondante, le dédommagement de leurs peines et la récompense de leurs efforts.

Bientôt les Anglois , les Hollanduis , les Danois , les Suédois , les Hambourgeois , les Prussiens , et les François eux-mêmes, stimulés par les succès des Basques, dépêchèrent, de suite et à l'envi les uns des autres, des flottes, et dirigèrent leurs tentatives vers les côtes du Spitzberg , ^u Groenland et du détroit de Davis.

Pendant près d'un siècle on n'eut pas besoin , pour trouver de grandes troupes de baleines , de toucher aux plages de glace ; il suffisoit de faire voile vers le Spitzberg et les autres îles du Nord : mais bientôt ces cëtacés, harcelés par les pêcheurs, devinrent si farouches q^on ne put plus ni les approcher, ni les surprendre, et encore moins les tromper par des ~appàts. Ils quittèrent donc une patrie trop fréquemment troublée, et voulant jouir du repos par- dessus tout, ils abandonnèrent pour toujours les côtes, les baies ou les bancs qui avoient servi de berceau à .leur enfance, et ils allèrent au loin se réfugier sur les bords des glaces , où bientôt ils virent arriver encore un ennemi d'autant plus acharné qu'il avoit bravé , pour les atteindre , la tempête et la mort.

Les baleines , fatiguées enfin d'une guerre 'si longue et si opiniâtre, disparurent de nouveau et s'enfoncèrent sous ces glaces immobiles ; elles choisirent particulièrement cet asile parce qu'il leur parut à jamais inviolable.

Mais, que l'homme est quelquefois témérairement industrieux 9 lorsqu'il s'agit surtout de ses intérêts personnels I Des pêcheurs, stimulés par l'appât du gain , franchirent des espaces que l'on croyoit inaccessibles; et, pour pénétrer au travers des glaçons mouvans; au milieu de ces montagnett

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flottantes, coururent tous les périls, et paryinrent enfin à les investir.

Là , épiant avec attention et surtout avec une constance

merveilleuse, les momens où les haleines , contraintes de

venir respirer Tair atmosphérique, étoient obligées de sortir de leur retraite gelée et protectrice, ils profitèrent de cet instant pour les harponner encore.

Les navires que l'on emploie à cette pêche ont ordinaire*' ment de trente -cinq à quarante mètres (70 à 120 pieds) de longueur. On les double d'un bordagé de chêne assez épais et assez fort pour résister au choc des glaces ; ils sont accompagnés chacun de six à neuf chaloupes d'un péa plus de huit mètres (24 pieds) de longueur, de deux mètres (six pieds) environ de largeur, et' d'un mètre (3 pieds) de profondeur du plat- borda la quille.

Chacune de ces chaloupes, pêcheuses est montée par deux harponneurs assez adroits pour percer une baleine, encore. éloignée , dans l'endroit le plus convenable ; assez habiles pour diriger leur chaloupe suivanf. la route de ce cétacé» lors même qu'il nage entre deux eaux ; et assez expérimentés pour juger de l'endroit où il élèvera sa tête afin de respirer l'air par ses évents , et pour le harponner a cet instant même.*

Le harpon consiste en un dard pesant et triangulaire 9 dont le fer, de près d'un mètre (3 pieds) de longueur, doit être doux, bien corroyé, tranchant des deux Côtés,, denté en scie sur ses bords et très -effilé à sa pointe: ce fer se termine par une douille de près d'un mètre (5 pieds) de longueur, dans laquelle on introduit un gros manche de bois, qui est long de deux ou trois mètres (6 ou 9 pieds}.: on adapte à ce dard ou à sa douille une ligne fabriquée du ifleilleur chanvre possible, et sans goudron, afin de lui conserver sa flexibilité.

Indépendamment du harpon, chaque chaloupe est encore munie d'une ou de plusieurs lances, de cinq mètres ( i5 pieds ) de longueur , armées chacune d'un fer qui est à pea près du tiers de leur longueur; ce fer, qui est sans ailes, se retire facilement du corps de la baleine , et on peut de suite en frapper plusieurs coups avec forcé et ra.pidité.

Le printemps est la saison la plus convenable pour la pêche des baleines franches , parce qu'elles trouvent, en avant des champs immobiles des glaces polaires , . une nourriture abondante et qui leur convient. Les pêcheurs cherchent donc un de ces bancs glacés qui ait au moins trois bu quatre brasses de profondeur au-dessous de l'eau, et dont le volume soit assez fort et la masse assez stable pour retenir leur navire , qu'ils y amarrent.

Dès que le matelot guetteur , qui est placé sur le point le plus élevé du bâtiment, d'où sa vue peut s'étendre au loin, aperçoit une baleine, il donne le signal convenu; les chaloupes partent , et a force de rames elles s'avancent en silence vers l'endroit où on l'a aperç'ue.

Dès que la première chaloupe est parvenue à dix mètres ( 3o pieds ) de l'animal , le pêcheur le plus hardi et le plus vigoureux, debout sur l'avant de sa chaloupe, tenant de la main droite le harpon, le lance avec force contre le dos, le dessous du ventre, ou contre. les deux masses de chair mollasse situées à côté des évents et qui sont les endroits les plus sensibles de la baleine ; la pointe de fer étant la partie la plus pesante du harpon, tombe toujours la première et traverse ces parties.

A l'instant où elle se sent blessée , elle s'échappe avec une vitesse extrême. Sa fuite est si rapide que si la corde du harpon, qui est formée de toutes les lignes qu'elle entrp/ne , lui résistoit un instant , la chaloupe chavirèroit et couleroit à fond : aussi a-t on le plus grand soin d^empêcher que cette corde ne s'accroche dans quelque point de sa longueur , et on ne cesse pas de la mouiller, dans la crainte que son frottement rapide contre le bord de la chaloupe ne l'enflamme.

Fendant le temps que dure cette première manœuvre, l'équipage resté à bord du vaisseau observe de loin , et lorsqu'il soupçonne que la baleine s'est suffisamment éloignée pour avoir obligé à filer la plus grande partie des cordages, il détache et dépêche une seconde chaloupe, qui, à force de rames , se joint à la première et attache ses lignes successivement à celles que ce cétacé emporte.

Il arrive quelquefois que cette corde , extrêmement longue

et violemment tendue , se cafse ; ou bien que le harpon se détache du corps de la baleine en déchirant ses chairs; d'autres fois les pécheurs , pour éviter d'être précipités sous les glaces , sont forcés aussi de couper eux - mêmes la corde et d'abandoiuicr leur proie avec les lignes et le harpon qui y est attaché.

Mais lorsque le service se fait avec exactitude 9 la seconde chaloupe, arrivée au moment convenable, vogue vers la baleine harponnée ; et le harponneur de ce second bâtiment la harponne de nouveau ou bien l'attaque avec la lance. L'animal plonge une seconde fois et fuit avec vitesse ; on le poursuit avec courage et on le suit avec précaution.

Après cette seconde attaque la baleine ne tarde guêres à répare ître à la surface de l'Océan , surtout si quelque coup de lance a pénétré jusqu'à ses poumons ; ce que Toa reconnoît par la quantité de sang qu'elle rejette par ses deux évents : on ose alors l'approcher de plus près et la frapper à coups redoublés..

Bientôt elle s'arrête, et, réduite aux abois, elle ne peut plus que soulever son énorme masse et parer , autant qnll lui est possible, avec ses nageoires, les coups qu'on lui porte encore. C'est à ce moment surtout, où elle combat contre la mort, qu'on a soin d'éviter avec précaution sa terrible queue, dont un seul coup feroit voler les chaloupes en éclats.

Les habitans de ' quelques iles voisines du Kamtschstks vont, pendant l'automne, à la recherche des baleines franches, et lorsqu'ils en aperçoivent d'endormies, ils s'ch approchent en silence et les percent avec des dards empoisonnés, dont la blessure cruelle fait épraiiyer les toormens les plus insupportables à cet animal, qui s'enfle et qui périt en poussant des mugissemens horribles.

Duhamel dit que dans l'Amérique septentrionale, près des rivages de la Floride , des sauvages aussi audacieux et adroits qu'exercés à nager et à plonger, se sont rendus maîtres de baleines franches en se jetant sur leur tête et en enfonçant dans un de leurs évents un premier cône de boisj qu'en se cramponnant à ce cône, ils se sont laissé

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entraîner sous Teau 9 et que, revenant ensuite à la surface; avec ranimai , ils ont fait entrer un autre cône dans le second évent ; qu41s ont forcé par ce moyen ces ba-' leines à venir s'échouer sur des bas-foiids, afin d'y tenir la bouche ouverte , ne pouvant plus respirer que par cet organe sans courir les risques de périr en avalant un £uide qu'elles ne peuvent plus rejeter par leurs évents entièrement bouchés.

Lorsqu'on s'est assuré que la baleine harponnée est m^orte et qu'on n'a plus à redouter les funestes effets de sa fureuD expirante 9 on passe un n<;eud coulant par -dessus la nageoire de la queue, ou bien on perpe les nageoires pectorales et la queue , afin d'y attacher des cordes , pour remorquer l'animal que les chaloupes entraînent vers le navire Ou vers le rivage où on doit le dépecer. On hâte le plus vite possible cette opération , dans la crainte que la baleine ne soit entraînée par quelque courant, ou ne s'enfonce, pour ne plus reparoître à la surface de l'eau qu'après la putréfaction de ses organes intérieurs.

Quand son cadavre est ainsi amarré au navire , on le tourne de manière que sa gueule, que l'on a soin d'élever au - dessus de l'eau , ne puisse pas s'en remplir, pes dépeceurS) en bottes armées de crampons de fer, afin de se tenir fermes sur ce corps glissant , commencent alors l'opération du dépècement. Deux d'entre eux se . placent 6ur la tête et sur le cou de l'animal, et deux harponneurs sur son dos ; en avant et en arrière sont rangées des cha^ loupes montées par des aides, qui ont soin d'éloigner du cadavre les oiseaux d'eau qui seroient assez oêésj malgré la présence des dépeceurs,poùr se précipiter hardiment et en grand nombre sur le lard et sur la chair de ce cétacé. Cette occupation a valu aux aides le nom de cormorans .: ils ne se bornent cependant pas à cette seule fopction ; ils sont aussi destinés à fournir aux travailleurs les instrumens dont ils peuvent avoir besoin.

- On commence le dépècement très-près de l'œil , derrière

la tête. La première pièce de lard qu'on enlève depuis là,

dans toute la longueur du corps , jusqu'à la queue , et que

l'on nomme pièce de revirement, a deux tiers de mètre

agg. -bal

(deux pieds) de largeur sur une longueur ordinairement de dix mètres (3o pieds), lorsque Tanimal ne fournit que deux cent cinquante myriagramm es (5ooo livres) d'huile et cent myriagrammes ( 2000 livres ) de fanons. Toutes les autres pièces que Ton coupe ensuite, toujours dans la même direction que la première , ont communément un demi-mètre (18 pouces) de large sur toute l'épaisseur du lard. On tire ces diverses bandes de dessus le navire , au moyen de crochets ; on les jette dans la calle par lé tiUac, et là on les arrange.

• Lorsque le premier côté est ainsi dépouillé de tout son lard , après avoir retourné ce cétàcé sur soj^ axe longitudinal, on passe au côté correspondant de la tête, que. l'on dépèce de ^a même manière : mais aupaJravant on coupe la iangue le plus profondément possible, et avec d'au^nt plus de soin que celle d'une baleine franche ordinaire donne communément six tonneaux d'une huile que Von^dit plus sèche que celle que l'on extrait des autres parties du corps : on ouvre, pour cette opération, avec des Qpjdet ou avec d'autres instrumens convenables, sa gulfrule au point que les dépeceurs peuvent couper facilement .^cet organe, ainsi que les fanons jusques dans leurs racines^ . ■ Ces- opérations étant finies, et le corps de la baleine étant ainsi dépouillé de tout ce qu'il offre de lucratif, on en repousse la carcasse , qu'on laisse aller à la dérivé, et sur laquelle les oiseaux d*eau , ainsi que les ours marins, tombent avec une extrême voracité pour faire curée 4es parties charnues ou graisseuses, ainsi que 6 es intestins..

Si l'on- veut arranger le lard dans des tonneaux , après en avoir séparé la couenne, on le coupe par morceavx carrés et on Tentonne. Si au coittraire on veut le fondre à l'instant, soit à bord du vaisseau, soit dans un. atelier établi à terre, on se sert de chaudières de cuivre roiige ou de fer fondu, suffisamment grandes pour contenir chacune cinquante tonneaux à peu près de graisse huileuse.* On pose ces chaudières sur un fourneau de cuivre, sur lequel onf les maçonne, dans la crainte que, vemant k se renverser, elles n'occasionnent u« incendie dangereux; on remue avec soin ce lard tandis qu'il commence à se. fondre;

trois heures après , on puise l'huile ' avec de grandes cuillers de cuivre , et on la verse sur une grille qui recouvre, un grand baquet de bois , afin de la purifier en retenant les morceaux qui ne sont pas susceptibles de se fondre et que l'on a nommés lardons.

De ce premier baquet de bois l'huile j, encore bouillante 9 tombe en coulant^dans un second, de celui-ci dans un troisième, et enfin dans un quatrième , tous ren^plis , jusqu'aux deux tiers de leur hauteur , d'eau froide , sur laqu^le , en se figeant , cette huile se purifie par le départ des ma^ tiéres étrangères , qui se précipitent au fond de ces baquets , d'où on l'introduit, par un long couloir, danslçs tonneaux destinés à la porter au loin et à la renfermer dans son trajet.

.Le profit que l'on retire de la dépouille de la baleine franche ne consiste pas seulement dans l'huile qu'elle fournit; on livre encore 'au commerce et aux^arts^^es fanons que Ton a extraits de sa mâchoire supérieure : m^is au préalable on doit leur faire subir une préparation qui consiste. à les séparer les uns des autres et à les fendre ensuite , dans le sens de leur longueur, avec des couperets bien aiguisés. On les met dans de l'eau froide et quelquefois dans de l'eau chaude; souvent même on les attendrit dans Thuile v^xti^aiie de ce cétacé : au bout de quelques heures on les. retire, oh les ratisse , op les brosse, et on les place un à un cfntre deux planqhes bien polies et e.xt .compresse, afin > de les. redresser ; on les* racle .de . nouveau i puis , après avoir coupé leurs es^trémités , on les expose .à l'air, àH'abrirdes rayons du soleil, afin q&'ils;: sç s^qheAt. sans, se cor^ompore ou s'altérer. ...

C'est après ces procédé^. que l'on emploie les fa^onf,,4lP l^baleine à plusieurs usages dans le .con^mexç^ social ; on en met dans les corselçts des fempieâ pour liçs /ortifiçr ; on en /orme . des côtes ou branch^^ de parapluies,, .j)|i en monte.de^ verres de lunettes; on en j^arnit des. éventails y.. lyu on en fait des baguettes de fusil, ainsi que des ç/annes /flexibles. .et l^èr«s.

Les intestins de la baleine servent, dans cçftains pays,, à remplacer les verres des fenêtres; ses tendons fournissent des fibres propres à faire des filets;, on fabrique de ttrès-

bonnes ligaes avec les crins qui terminent ses fanons; et 9 dans plusieurs pays, on emploie ses Côtes ^ ainsi que les grands os de ses mâchoires, pour composer la charpente des cabanes , Ou bien pour enclore des jardins et des champs , comme certains particuliers , autour et hors de Paris , closent leurs héritages avec les noyaux des cornes de boeufs et le crâne de ce» animaux , qu'ils lient ensemble avec de la boue ramassée dans la rue.

Les Groenlandois , ainsi que plusieurs peuples des coU'-' trées du Nord , trouvent la peau et surtout les nageoires de la baleine très-agréables au goût. Sa chair, fraîche ou salée, a souvent servi de nourriture aux équipages . basques. Colnett rapporte que le cœur d'une jeune baleiùe, qui n'avoit encore que cinq mètres ( 1 5 pieds } de longueur , et que l'on avoit prise dans le grand Océan équinoxial, parut un mets exquis à tout son équipage. Si nous consultons Duha» mel , il nous assure que la langue de la baleine franche, lorsqu'elle a été salée , est un manger délicat et qui est même fort recherché.

Puisque l'on retire des avantages aussi nombreux de la baleine , doit -on être étonné si aujourd'hui tant de peu-^ pies entreprenans , familiarisés déjà avec les navigations lointaines , s'exposent à tous les dangers pour aller chercher cet animal partout où ils ont l'espoir de le ren** contrer ? On le poursuit maintenant dans l'hémisphère austral comme dans l'hémisphère arctique, dans le grand Océan boréal comme dans l'Océan atlantique septentrional ; on l'y pêche même avec plus de facilité , moins de peines et de dangers. On l'atteint' à une assez grande distance du cercle polaire , sans avoir besoin de braver les rigueurs du ft*oid ou les écueils redoutables des glaces. (S. G.)

BALEINE AMERICAINE. (Mamnu) On donne aouvent ce nom à la baleinoptère gibbar. Voyez ^ au mot Balsine, là cinquième espèce de ce genre. ( S. G. )

BALEINE A BEC. (Mamm.) C'est le nom que Bonnsterre donne à la baleinoptère museau pointu. Voyez au mot Baleine. (S. G.)

BALEINE'A BOSSE, Baleine a six bosses. Voyci A^ leinehosmej au mot -Baleine. (S. G.)

BALEINE DE GRANDE BAIE. ( Mamm, ) Dans certaines eoiitrées on désigne quelquefois sous ce nom la baleine franche. Voyez au mot Baleine. (S. G*)

BALEINE DE SARDE. ( Mamm. ) C'est la baleine nordcaper. Voyez le n.** 2 au mot Baleine. (S. G. )

BALEINOPTÈRE. ( Mamm. ) C'est un nom composé de deux mçts grecs , dont le premier, halaina^ veut dire baleine, et le second, pteron, signifie nageoire; cette déno» mination est donc très-propre pour désigner les cétacés qui forment la seconde famille^ du genre des baleines, toutes pourvues d'une nageoire dorsale, tandis que ceux de la première famille en manquent absolument. Voyez au mot Baleine. (S. G. ) *

BALENAS. {Mamm, ) C'est ainsi que l'on appelle l'organe de la génération du mâle de la haleine. (S. G.)

BALÉNEAU ou Baleinon. {Mamm,) On donne l'un ou l'autre de ces deux noms au jeun^ ou à l'enfant de la Baleine. Voyez ce mot. (S. G.)

BALGONERA. {Ornith,) Leshabitans de la nouvelle Galle du sud donnent ce nom à une espèce de grimpereau , qui se trouve décrite page 161 du second supplément du Synopsis of birds de Latham. (Ch. D.)

BALI. {Rept.) C'est le nom par lequel Daubenton a désigné la couleuvre plicatile de Ternate , qu'on nomme dans le pays hali^salan'hoëhit. "Elle est figurée dans Séba, t. I, pi. 67, n.® 3. Voyez Couleuvre plicatile. (C. D.)

BALICASSE ( Ornith, } , oiseau à queue fourchye , de la grosseur d'un merle , que Linnsus a placé , d'après ses caractères extérieurs, parmi les corbeaux, corvus balicassius^ quoique sous le * rapport du chant doux et très - agréable qu'il fait entendre , il ne semble point devoir appartenir à ce genre. C'est le choucas des Philippines de Brisson. (Ch. D.)

BALIGARAB ou Buyong {Bot.), arbrisseau des Philippines , ayant le port du saule 1 que les Maures nomment gara^. Ses jeunes rameaux, longs et plians comme ceux de l'osier, se chargent de feuilles opposées-, très -grandes; les fleurs, disposées en bouquets terminaux, sont |aunâtres, monopétales, divisées par Je haut en cinq lobes épanouis en

étoile. Entre ces fleurs on trouve , dit Camelli , de qui nous empruntons cette description, d'autres feuilles différentes de celles des rameaux, plus courtes, plus minces, marquées de cinq nervures, et faisant par leur couleur blanche uu crutraste agréable avec celle des fleurs et des feuilles inférieures. Les fruits sont de petites baies eouronnées, verdùtres, remplies de g;raines menues, ef auxquelles les feuilles florales restent attachées. Il est Facile de reconuoître ici que le baligarab est une espèce de mussoenii^j genre de la famille dés rubiacées , bien caractérisé par une des divisions de son calice, qui prend une extenaîon trésconsidérable et subsiste sous la forme d'une feuille. C'est peut-être la même planté que le belilla du Malabar, mentionné par Rhèede. Voyez Mussaenda, Belilla. (J>)

BALIMBA, BoLiMBA. {Bot.) Chez les Malais. on nomme ainsi le carambolier, appelé ailleurs bilimbL (J. )

BALIMBAGO {BoL ), petit arbre des Moluqueft, que C>^ melli dit être le même que le hupariti des Malabares oa hibiscus populneus des botanistes. 11 dit que sa fleur est comme celle de l'abelmosch , autre espèce d'hibiscus , et qoé • son fruit est rempli d'un suc semblable à celui de la goniroe gutte. Sa racine, regardée comme émétique, est employée dans les di^rhées anciennes, les fièvres quotidiennes, les coliques et les indigestions. Cette propriété dans une planfe de la famille des malvacées est assez particulière et peut être révoquée en doute. (J.)

BALIL^GASAN ou Putad {Bol.)^ noms d'un petit arbre des Philippines , qui appartient au genre Stravadium j dam la famille des myrtées. Camelli en parle dans son Recueil des plantes de ce pays, publié par Rai. (J. )

BALISIER {Bot.)j Canna ^ Linn., Juss., Lam. 111. pi. i, genre de plantes.de la famille des amomées, composé de quatre ou cinq espèces d'herbes vivaces originaires des Indes et cultivées en Europe comme plantes d'agrément i cause de leurs belles feuilles très-lisses , satinées , dont la côte moyenne laisse échapper de chaque côté des "nervures fines, serrées , obliques et parallèles. Ces plantes sont hautes de quatre- pieds où moins ; leur racine, qui est tubéreuse et rampante, produit une tige simple et droite, grolsse comme

le doîgt, enveloppée par les hases des feuilles, et terminée par un épi de fleurs rouges, jaunes ou panachées, do^itcha* cune est accompagnée d'une bractée : l'ovaire porte un double calice; l'extérieur a trois petites divisions; l'intérieur en a six plus longues et à peu près droites , à l'exception d'une seule qui se roule en dehors. Le style , qui surmonte l'ovaire , et l'étamine. unique de. la fleur, sont élargis et colorés comme les divisions du calice, et ressemblent comme elles à des pétales. Là capsule est hérissée de pointes , et cou« Tonnée par le calice extérieur. Elle est divisée en trois loges remplies de graines globuleuses.

On distingue les espèces à la forme et à la couleur des feuilles. Celles du balisier d'Inde ou canne d'Inde, canna indica, L., son£ ovales, lancéolées et pointues par les deux bouts ; celles du canna angustifolia , L., sont lancéolées et pétiolées ; et celles du canna glauca^ semblables pour la forme à celles de la précédente , ont une teinte bleuâtre, ta quatrième espèce, le balisier de la Chine, canna juncea^ récemment découverte par Retziiis , est remarquable par ses feuilles étroites,' relevées de cinq côtes.

Les feuilles des balisiers , ainsi que celles des amomécs , sont roulées en -oornet avant leur développement. On dit qu'en Amérique on étend sur elles le cacao, qu'on en enveloppé la gomme-élémi et qu'on en couvre les cases ; mais il est à remarquer que dans les Colonies françoises on donne aussi le nom de balisier à des plantes de la famille des bananiers ( voyez Bi haï ) , qui ont les feuilles beaucoup plus grandes , quoique de même forme que celles des végétaux de ce genre , et par conséquent plus prapres à l'usage dont il s'agit. 11 est vraisemblable que la similitude de nom ^ a induit en erreur sur l'emploi des feuilles des vrais ba«> lisiers.

Dans les provinces méridionales de la France , ces plantes peuvent subsister en pleine terre et résister aux froids de nos hivers ; mais à Paris, on est obligé de les planter dans des pots afin de pouvoir. }es rentrer. On les multiplie au printemps par leurs . graines* ou par des tubercules qui* naissent sur leurs racines. 11 faut leur donner une bonne terre et beaucoup d'eau à l'épuque de la végétation, Oa

tire des graines une belle conleor pourpre; mais ^'on n'est pas encore panrenu k ûxer, Voja AcHAaA, Albaka^

GlNGEXBKE BATARD. (MaS.)

BALISIER {Bot.) y nom donné, au cap François et dans ses environs , à l'aniomui» ztrumihet de linnanis , que Ton appHle aussi gingembre bâtard. On donne encore ce nom à ïal^nia racemosa dans certains quartiers de S. ]>omingue , où croit cette dernière plante.

Poupée Desportes parle d'un autre balisier de S. DomÎB' gue» dans le nombre des plantes propres pour la teinture; c'est le costus arahicus de Linnaeus , le foeœaadnga de Maregrave. (P.B.)

BALISIERS, Balisoïdes. (BoL) On avoit d*aboid ain nommé la famille de plantes connue maintenant et décrite sous celui d'AMOx:6Es. Voyex ce mot. (J.)

BAUSTA. ( lehtyoL ) On nomme ainsi dans diverses parties de lltalie le squale marteau, selon Belon. V. Squalb* (F. M. D.)

BAUSTE. (léktyoU) Les poissons réunis dans c:e genre sont des cartilagineux thoracins , dépourvus d'opercule branchial^ et munis d'une membrane branchiale. Les suciens donnoient le nom de baliste à une machine de guerre propre k lancer au loin des flèches par le moyen d'un ressort tendu fortement et qui se redressoit ensuite avec rapidité ; c'est à cause de cela que les naturalistes moderne» ont ainsi appelé ce genre de poissons , dont les espèces ont un long rayon à leur première nageoire dorsale, qui se couche sur le dos dans une fossette et se relève avec vltesie, au gré de l'animaL

Les balistes sont des poissons d'une forme très-singulière. Leur corps , très-comprimé sur les côtes , a le dos et le ventre ordinairement carénés ; sa surface est revêtue , ainsi que la ^te, de petits tubercules ou de compartimens très-dnn, plus ou moins réguliers , écailleux et disposés sur un cuir épais : ce qui fait que l'animal est entièrement garni d'wc sorte de cuirasse difficile à perc^.

Si les balistes n'ont ni l'habitude ni les moyens d'attaquer d'autres poissons , ils peuvent vivre et voyager avec une parfaite sécurité dans le sein des eaux ; car la natare

leur a donné^ pour armes offensives des aiguillons trèsacérés, disposés sur diverses parties du corps et de la tête : aussi les poissons voracet n'osent-ils les avaler.

On remarque une conformation particulière dans les nageoires thoraciques de ces poissons : car elles sont très-rapprochées , comme au squale roussette mâle ; ou réunies, comme aux cycloptères et aux gobies ; ou réunies en une seule , et même •composées quelquefois d'un seul rayon. L^ouverture branchiale étroite , placée au-dessus et près des nageoires pectorales» est revêtue d'une membrane soutenue par deux rayons. Chaque mâchoire est munie de huit dents au moins , dont les deux antérieures, plus longues, peuvent être comparées à deis incisives ; ces dents servent aux ba^ listes pour, briser l'enveloppe des crustacés et des testacés,- parce qulls se nourrissent principalement de mollusques et de vers marins.

On a prétendu que les balistes sont d'un mauvais goût, et que leur chair est quelquefois vénéneuse et malfaisante: mais je crois au contraire que, si les balistes sont doués de quelque qualité nuisible, on ne doit la trouver que .dans les piquans que la nature leur a donnés pour leur défense; car ces piquans sont enduits d'une liqueur visqueuse qui peut être vénéneuse et propre à produire de l'inflammation dans les plaies qu'ils causent

Outre leur vessie à air, les balistes ont encore la faculté d'accroître leur volume et de se rendre beaucoup plus légers dans l'eau, en se remplissant d'une grande qi^antité d'air ; ce qui doit suppléer à la foiblesse de leurs nageoires -et contribuer à les faire mouvoir avec plus de vitesse dans le sein des eaux. Lorsque ces poissons singuliers veulent ensuite descendre dans les profondeurs de la mer, ils chassent l'air au dehors par l'ouverture de leur bouche et de leurs branchies , en se comprimant presque subitement; et c'est par ce moyen qu'ils produisent vers la surface de Teau un sifflement plus ou moins prolongé. Le noir, le cendré, le bleu, le jaune et le rouge, sont les couleurs qui servent à orner et à embellir ces poissons , qui vivent dans les mers les plus chaudes de l'Inde et de l'Amérique ; deux seulement babitent dans la Méditerranée.

ê Caraci. génér. La léte et le corps eomprÙBés latéfalement; il y a hait dents aa moins k chaqœ nûchoire ; Fouverture des branchies est très-étroite , et les écailles on fnbercules qui revêtent la pean , sont rénnis par nne Corle membrane.

PMEMlÊmE SECTIOir.

Caraet. Plus d'an rayon à la nageoire thoraciqne et à la

première dorsale.

1.* Baliste vieille, Batistes cetnlA, Linn. Il a doue rayons au moins à la nageoire dite - ventrale ; et il n^ a point d'aiguillons sur les côtés de la qneoe, qui est en fanne de croissant B. — 2. i.'^'D.'— 3. 2.*D. — 39. P.— 18. Th. — 12. A. — 2^

Variété. i."*D. — 3. a/D.— 27. P. — 14. Th. — 14. A.-r2S.

On trouve ce baliste dans les mers de llnde, et ses yariétcs dans celles d'Amérique. 11 parvient îusqu'à trois pied&i Bloch , pi. i5o.

2."* Baliste étoile , BaHsta sttUatus, Il a de très-otites •taches presque blanches, semées sur la partie supérieure du corps ; huit ou dix rayons contenus par une membrane épaisse, à la nageoire dite ventrale : il n'y a point d'aiguillons sur les côtés de la queue. ,^ i."*D. — 3. 2.^l>,--26. A. — 24. P. — i5. V. — Sonia

Il habite près de l'Isle - de - France , selon CommersoiL Cest sans doute le baliste pointillé de Nieuhof et de Gmelin. Lacép. tom. I , pi. 1 5 , fig. 1 .

3.° Ba LisTE-ÉcH ASPE, Ba/ûtes cingulttia. Une lalrge bande noire s'étend obliquement depuis les yeux jusqu'à la nageoire anale ; il y a huit ou dix rayons contenus par nne membrane épaisse , à la nageoire dite ventrale , et quatre rangs d'aiguillons sur les côtés de la queue, a.*" D. — 3. 2.* D. — 23. P. — i5. Th. — 9 ou 1 1. A. —20.

Cette jolie espèce a été découverte par Commerson prés de risle-de-France. Lacép. t I ^^ pi. 16 , fig. 1 .

4.*^ Baliste buniva 9 Balista huniva. Il a trois rayons aiguillonnés à la première nageoire dorsale , sept rayons à ^chaque ventrale ; la caudale est rectiligne et sans échan<* cmre.

i/"D. — 5. 2.*D. — 27. P. -ri4. V. — 7. A.— 1.4. C — 12.

On a péché ce baliste dans la Méditerranée, près de Nice. Lacép. tora. I, pL 21 , fig. 1. ^

5.*^ Sal;st£ double-aiguillon, Batistes biacuteatus y Linn, On voit quatre rayons à la première dorsale , et deux grands rayons à la thorachique.

Il vit dans la mer de Tlnde. Bloch, pi. 148, ôg. 2.

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