‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 68 sur 100 · La BALEINOPTÈRE museau -POiNttr · texte numérisé non relu

La BALEINOPTÈRE museau -POiNttr

Balœnoptera acuto-rostrata , Lacép. Hist. nat. des cétac. p. i34« Balœna rostrata , Linn. édit. de Gmelin. Baleine à bec , Bon'< nat. PI. de PEncycl. méth. Balœna rostrata minima^ rostre iongissimo et acutissimo , Mtill. Zoolog. Dan. prodrom. p. 7 ^ n. 4^' Balœna ore rostrato , Balœna tripinnis edentula minor p Klein, Miss. pisc. a , p. i3. Pike headed whale, en anglois^ Audaruajia, en islandois ^ Rabbe huai, en norwégica ) J^o^ ling , chez les habitans de Fîle de Féroë.

Caract. part. Les deux mâchoires pointues; celle d'en haut plus courte et beaucoup plus étroite que celle d'en bas; des plis longitudinaux sous la gorge et sous le ventre ; une nageoire dorsale. Lacép. Tabl. des cétac.

De toutes les espèces de baleines que nous venons de passer en revue, celle-ci est la moins grande, et il y fl toute apparence qu'elle ne parvient guère à une longueur qui excède huit à neuf mètres ( vingt - quatre à vingts sept pieds ) ; sa forme est , comme dans toutes ses coDgénères, une espèce de réunion de deux cônes par leur base, dont le postérieur, très - étroit et relevé longlttidînalement en arête, s'élargit à son extrémité pour former la nageoire de la queue, tandis que le cône antérieur est interrompu vers l'endroit où sont placés les bras^ puis fie continue en avant d'une manière allongée et plus irrégulière.

Ce cétacé tire son nom de museau pointu , de la forme

de ses deux mâchoires, qui se terminent efifectivemept en

pointe : la supérieure est beaucoup moins large et moins

. avancée que l'inférieure ; elle est d'ailleurs très-àllongée ^

et se tertnine en une pointe aiguë à l'extrémité du museau*

Les fanons de cette baleine, qui sont très -courts, sont / de couleur blanchâtre .* ils soiit triangulaires et hérissés de crins blanchâtres , très - longs , qui sont placés sur le bord inférieur : le nombre de ces fanons peut aller à deux cents de chaque côté. La langue, qu'ils entourent, est épaisse, charnue, et susceptible de se soulever, de se gonfler, et même de s'étendre au point de dépasser, h la volonté de l'animal, le bout de son museau*

Le dessous de sa téfe et de la partie antérieure de son corps est revêtu d'une peau plissée, dont les plis sont longitudinaux et parallèles ; ils s'étendent dans toute la largeur du corps, d'une nageoire pectorale à l'autre. Ces plis dispa* roissent lorsque la peau est tendue, et elle se tend toutes les fois que ce cétacé gonfle une poche particulière, placée depuis l'intérieur des deux branches de la mâchoire d'en bas, jusqu'au-dessous du ventre. Cet organe, qui donne infiniment de légèreté à cette baleinoptère , se remplit d'air atmosphérique, au moyen de ses évents, quand eet animal le juge convenable.

On conçoit facilement que les nageoires pectorales , qui sont situées vers le 'milieu de la hauteur du corps de ce cétacé , paroissent plus ou moins au - dessus ou au - dessous de ce point, suivant que le réservoir dont nous venons de. parler est plus ou moins rempli d'air. Les plis qui annoncent la présence de cette vessie natatoire sont rouges, ftinsi qu'une portion de la lèvre supérieure ; tout le dessus de son corps est d'un noir profond , et le dessous , qui est lilanc, est nuancé de noirâtre par taches.

La nageoire' dorsale , qui est triangulaire et un peu échancrée par derrière , est placée à peu près au-dessus de l'anus , ' et elle est inclinée vers la nageoire caudale.

Cette dernière nageoire se divise en deux lobes, séparés l'un de l'autre par une échancrure étroite, mais profonde.

La chair du museau -pointu passe , chez les Groenlandois , pour un mets délicat , et c'est particulièrement pour cette raison qu'ils lui donnent la chasse. y

£n fUierchant les liaisons qui dans la balein^-^unissent un sens avec un autre, en comparant ces liaisons avec les rapports analogues que l'on observe dans tous les mammifères, on trouve que l'odorat et le goût sont trèsrapprochés dans ces derniers. Dans l'éléphant ces deux organes sont réunis avec le toucher et exercés par le même organe ( la trompe ) ; dans les baleines , au contraire , l'odorat est très-voisin de l'ouïe , et la réunion de ces deux . sens sert à donner à ces animaux l'impression d'objets très-* éloignés , tandis que , lorsque l'odorat est réuni avec le

goût et avec le toucher, ces deux derniers sens surtout ne peuvent être ébranlés que par les objets avec lesquels ils se trouvent en contact.

A la vérité le rapprochement de l'ouïe et de l'odorat donne à l'animal qui présente ce rapport, des sensations moins précises et des comparaisons moins sûres que la réunion de l'odorat avec le goût et le toucher; mais aussi elle en occasionne de plus nombreuses, de plus fréquentes et de plus variées : ce sont ces impressions plus diversifiées et plus souvent renouvelées qui ajoutent beaucoup au penchant qu'ont les baleines pour les évolutions rapides, les natations et les voyages lointains qu'elles réitèrent si fréquemment.

- Les organes exquis de l'odorat, de la 'vue et de l'ouïe de la baleine, offrent des proportion» et jàes dimensions dont la petitesse , comparée avec la masse énorme du corps de cet animal , frappe d'étonnement ; il semble même qu'ils ne soient que des instrumens ajoutés à ce corps , ~ et qu'ils n'en fassent pas une partie essentielle.

Mais si l'on réfléchit que leurs dimensions ne doivent avoir de rapports qu'avec la nature et le nombre des sensations imprimées à l'animal, pour les faire passer au cerveau et de suite à tout le système nerveux ;• si l'on pense que plus étendus ils ne concentreroient plus 1^ impressions qui lui parviennent, ou bien qu'ils ne^Jles trans^ mettroient qu'isolément ; si l'on calcule que dans le cas où ils seroient en proportion avec les autres parlies., ils ne seroient plus qu'un simple organe du toucher, «propre seulement à indiquer les actions du tact, et qu'jlls, jievie% droient en quelque sorte inutiles pour communiquer les odeurs , peindre des images éloignées , et enfin pour- faire entendre des sons; alors on sera forcé de convenir qu'il n'étoit pas nécessaire que ces mêmes organes eussent une analogie de grandeur avec le corps de l'animal qui en est pourvu.

La baleine a reçu de la nature l'organe de la vue le mieux adapté au jQuide aqueux et salé, à l'atmosphère humide, brumeuse et épaisse, au travers desquels elle doit apercevoir les objets; elle peut d'ailleurs, comme nom

l'avons déjà dit, intercepter la trop grande quantité de lumière qui Tincommoderoit, en interposant entre elle et ses yeux un voile qu'elle a la faculté de rendre plus ou moins opaque en ^'enfonçant plus ou moins profondément au-dessous de la surface de la mer. Elle peut exercer cet organe au gré de ses désirs : elle peut, si elle le juge convenable, en élevant sa tête au-dessus de Teau, le placer de manière à étendre sa vue sur un plan immense, formé par la surface d'une mer tranquille ; elle n'est arrêtée alors par aucune inégalité, et elle ne reçoit de limites que de la petitesse des objets ou de la courbure de la terre. >

L'œil de la baleine, considéré dans son ensemble, est conformé comme celui des poissons : son cristallin est assez convexe par devant et sphérique par derrière; sa forme géiiérale est maintenue, en très-grande partie, par l'enveloppe à laquelle on a donné le nom de sclérotique, qui, au lieu d'être simplement attachée à la cornée par une cellulosité , pénètre le plus souvent dans sa substance par des filamens assez longs et très -déliés.

On voit dans la choroïde bu secondé enveloppe de l'œil de ce cétacé , et sans le secours de la loupe , les ouvertures des vaisseaux , ainsi que la membrane interne que Ton a appelée ruyschienne ; on compte même les fibres rayonnantes qui sont disposées circulairement et qui entourent le cristallin.

. La prunelle de l'œil de la baleine est susceptible de se rétrécir au moyen de la dilatation de l'iris, et de devenir une ouverture transversale allongée. Son ensemble est mu par quatre muscles droits, et par un autre muscle auquel on a donné le nom de suspenseur, qui est divisé en quatre i il y a ^de plus deux muscles obliques , l'un supérieur et l'autre inférieur.

La baleine a de commun avec la plupart des animaux qui passent {eur vie dans l'eau, d'être privée de points lacrymaux, de glandes destinées à répandre sur le devant de l'œil une certaine liqueur qui le tient dans un état de propreté et de souplesse nécessaire ; ils sont remplacés par deux espèces de lacunes situées sous là paupière supérieure, d'où suinte une humeur épaisse et mucilagineuse. 3 ^9

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Tous les physiciens savent que plus les rayons lumineux tombent obliquement sur la surface d'un corps diaphane, et plus ils sont réfractés en le traversant ; ils savent également que la réfraction des rayons de la lumière est plut grande au travers d'une sphère que d'une lentille aplatie : or le cristallin de la baleine présente un degré de sphéricité, de densité et d'inflammabilité, occasioné par la substance huileuse dont il est imprégné ; en un mot un tel degré de force réfringente, qu'il est capable de compenser le défaut de réfraction de l'eau, produit par. sa densité. ^ .

La baleine a donc reçu de la nature un organe optique irès-adapté au fluide dans lequel elle vit ; la lame d^eau qui recouvre son œil et au travers de laquelle elle aperçoit les objets, est donc pour elle un instrument de diop trique, qui, comme une lunette , est capable de rendre sa vue nette et distincte, non en la renforçant èomme si elle étoit altérée au aflbiblie, mais en corrigeant une sorte de verre qu'elle ne peut quitter.

La baleine entend aussi à de grandes distaneea des sons HJû des bruits même assez foibles. La nature lui a donné, pour percevoir les vibrations du fluide atmosphérique, \in canal déférant très -large, une trompe d'Eustache qui a un grand diamètre. Au reste, lorsqu'elle voyage .^sur la surface de l'Océan, son oreille est presque toujours plongée .au-dessous du niveau de la mer, à deux ou trois mètres {six, au neuf pieds) de profondeur ^ c'est donc par le moyen de l'eau que les vibrations sonores parviennent à :Son organe acoustique -. or personne n'ignore que le plus excellent conducteur des vibrations sonores est , sans contredit , ce fluide- aqueux qui, au moyen des courans, transmet les sons , même les plus foibles , à des . distances souvent très- éloignées.

D^ailleurs , une raison péremptoire qui prouve en faveur de la délicatesse de l'ouïe de la baleine , cVst que ceux qui se sont occupés d'acoustique n'ont pas remarqué, sans doute , que les personnes qui ont l'organe de l'ouïe le plus sensible et le plus délicat, ne perçoivent que des impres* siioQS confuses des corps sonores, lorsqu'un bruit violent,

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tel ^ue ceîui ^ue produit une ôaisse de tî^nbour, retentit à leurs oreilles : or tous les pêcheurs assurent que 5 quand la baleine rejette par ses évents une grande quantité d'eau, qui retombe avec bruit autour d'elle , il lui est im«possible de percevoir aucune autre vibration sonore , et qu'ils profitent de cet instant de surdité passagère pour l'aborder avec leurs bàtimens, l'attaquer de plus près et la harponner ^lus sûrement.

L'organe de l'ouïe de la baleine est intérieurement composé d'un labyrinthe, de trois canaux demi - circulaires 5 d'un limaçon, d'un orifice cochléaire, d'un vestibule $ d'un orifice vestibulkire , d'une cavité nommée caisse du tympan, d'une' membrane du tympan, d'osselets articulés et placés dans cette caisse depuis cette membrane jusqu'à l'orifice vestibulaire , d'une trompe nommée d'Eustache, et d'un canal qui , de la membrane du tympan , vient aboirtir par un petit trou en dehors , et qui n'est terminé "* par aucun vestige de c6nque»Qu d'oreille externe*

Le limaçon de ce cétacé est très-grand , ainsi que l'orifice cochléaire qui le fait communiquer avec la caisse du tympan , dont la forme^ est celle d'un entonnoir allongé ; la spirale du limaçon ne fait qu'un tour et demi ; le marteau n'a pas cet appendice que l'on nomme le manche : enfin le méat auditif n'est osseux dans aucune de ses portions ; il est entièrement cartilagineux , ainsi que nous l'avons dit dans les généralités.

Avant de quitter l'organisation intérieure de l'oreille de la baleine, nous devons faire observer que Tétrier n'est qu'un corps conique , qui , au lieu des deux bran-^ ches que l'on remarque dans celui des autres mammifères, est comprimé et percé seulement d'un très-petit trou; que le rocher est d'une substance plus dure que celui d'aucun autre animal vertébré ; qu'il n'est point articulé avec lei autres parties osseuses de la téte^ mais qu'il est suspendu ' par des ligaméns sous une sorte de voûte placée à côté de la base du crâne.

Nous devons faire remarquer aussi que c'est au-dessous du labyrinthe que renferme ce rocher qu'est placée la caisse du tympan, qui est formée d'une lame x)sseuse, sur l'ouver-'

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ture extérieure de laquelle la membrane; du tympan est tendue, et enfin que c'est de l'extrémité antérieure de cette caisse que' part la trompe, qui est analogue à la trompe d'£us tache dans l'homme.

Au premier coup d'œil, en considérant les éventa delà baleine , que Ton a aussi nommés ses narines , on seroit tenté de croire que ce cétacé est absolument privé d'odorat, puisqu'on n'y trouve ni cryptes , ni follicules muqueuses , ni . lames saillantes ; qu'ils ne communiquent avec aucun sinus, ne montrent aucun appareil propre à transmettre le» sensations de l'odorat; puisque , enfin , leur intérieur n'est revétv que d'une peau sèche, peu sensible, et capable de résister, -yans.en être offensée, aux courans si souvent renouvelés et toujours violens d'une eau salée.

Quoi qu'il en soit cependant du véritable organe de l'odorat dans la baleine , il n'est pas moins certain , d'après les expériences que l'on a faites, qu'elle reçoit les corpuscnles odorans , et même qu'elle distingue de loin les nuances et les diverses qualités des odeurs.

Un seul fait, rapporté par Lacépède dans son Histoire naturelle des cétacés , et que ce savant dit tenir du sénateur Plévilie-le-Peley , suffit pour convaincre de l'existence de l'odorat dans la baleine.

« Ce vice -amiral, dit Lacépède, étant un jour en mer « avec ses pêcheurs, aperçut des baleines sur l'horizon. Il « se préparoit à leur céder la place y mais la quantité de « morue qui étoit dans le bateau , y ayant répandu beau- « coup d'eau , qui s'y étoit pourrie, Pléville-le-Peley fit jeter « à la mer cette eau qui empoisonnoit , et aussit6t les bâte leines s'éloignèrent et disparurent. 11 fit réitérer plusienn « fois cet essai à l'approche des baleines, et il eut cona- « tamment le même succès : d'où on peut conclure que les 4c baleines sont averties, même de loin, de la présence des fc corps odorans. ^

Au reste, en parlant de la trompe d'Ëustache, nous au* rions pu observer que ce tuyau foumissoit une communies^ tion intérieure de la caisse du tympan avec la bouche, et remontoit vers le haut de l'évent , dans la cavité duquel il «boutifisoit ; que la partie de ce tuyau qui est voisine de

roreille, montroît, à sa face interne, un trou assez large, qui donnoit dans un espace yide ; que ce creux se prolongeait en dififérens sinus, et, enfin, que ces sinus et cette cavité étoient tapissés d'une membrane noirâtre, muqueuse et tendre. Or les ^ émanations odorantes pénétrant facilement jusqu^à ce creux et à ces Binus par Forifice de Tévent, par l'ouverture de la bouche ou par la trompe d'Eustache , on peut présumer que c'est là que réside le siège de l'odorat.

La baleine ne paroît pas pourvue d'un organe particulier, conformé de manière à lui procurer un toucher bien délicat et bien sûr. Quoique les os de ses doigts soient divisés et qu'ils présentent plusieurs articulations, néànxnoins ils ne sont ni déliés ni flexibles ; ils sont unis de manière à ne former qu'un seul tout, dont les parties sont presque immobiles, les unes relativement aux autres. Là peau dure et épaisse qui les revêt comme une sorte de gant, les rend incapables de palper, de saisir et d'emhrassèT séparément les objets : on ne doit donc les considérer que comme l'extrémité d'une rame solide , plutôt que comme une véritable main.

Cependant cette même rame est une espèce de bras, au moyen duquel la baleine peut, comme nous l'avons déjà dit , retenir et presser en masse contre son corps les différentes substances ; et quelque épaisse que soit la peau qui recouvre ce bras , il est à présumer qu'elle est encore susceptible d'une sorte de dépression, capable de communiquer, par le tact, des sensations de plusieurs qpialités des objets extérieurs.

Le goût, qui n'est qu'une espèce de toucher qui a pour but les sucs et les liqueurs dont les corps solides sont imbus, ou bien qui en ont été extraits, est ce sens admirable par lequel nous distinguons les saveurs ; la langue en est le principal organe. Or la grandeur, la mollesse et là mobilité de la langue de là baleine , *ne permettent pas de douter que le sens du goût n'ait une sorte de finesse dans ce cétacé : d'ailleurs l'humidité presque habitueUe de cet organe le rend plus capable de percevoir les saveurà. On voit donc que la baleine, quoique moins bien traiiée ff^

la nature., du côté du goût et du touclier, que la plujpart des mammifères , a été sur ces points infiniment plus fatorisée que les poissons, qui semblent presque absolument dépourvus de ces deux: sens.

L'organe de la \oix des cétacés en général ne paroft pas conformé de manière à composer un instrument vocal bien parfait ; cependant il est à présumer que leurs cris sont devenus , par le besoin et Thabitude, des signes constSios d'un certain nombre de leurs sensations , de véritables cm d'appel ou des signes de détresse. Voyez sur ce point l'article Cachai^ots. Quant à la voix de la. baleine, elle ne f onsistQ , ditron , que dans un mugissement sourd y qu!elle ne f^it eutendre que pour exprimer ses tourmen» ou sa

rage^

Lorsque l'on considère un aussi puissant animal , on ne peut se figurer qu'il existe dans l'Océan une suffisante quantité d'alimens , unç nourriture assez abondante , pour développer un volume aussi énorme et lui con^rver , pendant des siècles, le souffle qui l'anime et les f^IsofU qui le font mouvoir : on seroit tenté de croire qu*il doit engloutir les poissons les plus monstrueux, dont il aurait dû, déjà depuis long-temps, détmire et anéantir- toutes les espèces. • .

Ou se tromperont néanmoins ; car la baleine franche se bo|*ne , pour tous alimens , à des crabes et à des mollusques, tels que dçs Actinies etdes Clios (voyez ces deux mots), Ce sont, à la vérité, des animaux bien petits; mais leur nombre compense le peu de substance que chuciih d'^X renferme : ils sont si multipliés dans les vaei^s qvLÇ la baléiiiQ fréquente, qu'il suflSt souvent à ce cétacé d'ouvrir sa gueule pour en prendre plusieurs milliers à la fois ; elle les âs^ pire , pour aipsi dire, avec l'eau de la mer qui les entr^tae, et qu'elle rejette ensuitç par ses évents, La preuve la. plus certaine que la baleine franche ne se nourrit' que de ces mollusques, est Tétât de maigreur extrême dans lequel se çopt trouvées celles que Von a prises dans le grand Océan équiuoxial, sous la zone tôrride , parcç que les crabes et les mollusques y sont en petit wombrç,

•JlQug Içs cétacés du genrç dç^ baleines cependant »ç ae

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