‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 84 sur 100 · ATH · texte numérisé non relu

ATH

\ âeax fleufs, l'une hermaphrodite, l'autre stérile : dans la pretniélTjune corolle à deux valves, l'extérieure surmontée de trois arêtes, l'intérieure bifide; trois étamines, deux styles : dans la fleur neutre ou stérile, la valve extérieure est membraneuse , bifide , munie d'une arête un peu au-dessous de son sommet; la valve intérieure surmontée de deux arêtes : le» anthères d'un rouge de cinabre.

Mr .de Beauvoîs , dans son Agrostographie, p. 40, tab.' 9 ^ fig. 6, a mentionné le même genre sous le nom de houteloua^ employé par Harnemann, mais avec quelques modifications dans le caractère générique, avouant d'ailleurs qu'il n'est pas très-certain que sa plante soit celle de Willdenow. (Poir.)

ATHÉROSPERME , Atherosperma. (Bot.) Genre à fleurs monoïques, qui paroît appartenir, à la famille des renonculœcées , et se rapprocher des clématites ; il doit être placé dans la tnonoécie monadelphie de Linnaeus, 11 offre pour caractère essentiel : un involncre caduc, à deux folioles, un calice campanule, à huit découpures, point de corolle; dix à vingt étamines et plus,, réunies et placées dans le centre du calice^ des filamens stériles en forme d'écaillés ; dans les fleurs femelles des ovaires nombreux , les styles simples , pileux ^ un grand nombre de capsules pileuses, surmontées du style persistant etplumeux, renfermées dans un réceptacle en forme de capsule, formé par le calice.

Ce genre, établi par Labillardière , ne renferme qu'une seule espèce, atherosperma moschata , haLbUl. ^ Nov. Holl. , 2, tab. 224, arbre de vingt à vingt-cinq pieds, dont les plus jeunes raaneaux sont opposés , tétragones ; les feuilles pétialées , opposées , elliptiques , entières , luisantes , pileuses en dessous, , parsemées de points transparens, longues de quati^e pouces, larges d'un pouce et plu^ : les fleurs sont solitaires^ axillaires, soutenues par des pédoncules simples, uniflores, inclinés, tétragones. Cet arbre croît au cap Van-Diemen. (Poir.)

ATHYRIUM. (Bot.) Genre de fougère établi 'par Roth , adopté par M. Decandolle, et qui se distingue des polypon dium et des aspidium ( Voyez ces mots ) par ses groupes de fructification épars et recouverts chacun d'un tégument (^indusium) en forme de croissant , fixé latéralement à l'une des petites nervures de la fronde, ets'ouvrant de dedans en dehors»

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Les espèces qui appartiennent à ce genre sont peu nombreuses ; elles étoient des polypodium pour Linnœus. Swarti et Willdenow les ont comprises dans leur genre oêfidium,

L'Athyricm filuc femina, Roth, {polypodium Jilix femina y Linn,, Blackw., t. 32 5) est l'espèce la plus remarquable. C*est une fougère commune dans les bois humides. Ses frondes forment des toufifes d'un pied et demi de haut ; elles sont lancéolées, vertes, lisses, très -découpées, et presque trois fois ailées. Cette plante offre beaucoup de variétés parmi lesquelles il en est que Hoffmann a regardées conune autant d'espèces. Cette fougère est le filix mas non ramosa des anciens botanistes. On lui attribuoit autrefois beaucoup de propriétés qui la rend oient recommandable ; elle portoit aussi , comme le pteris aquilinaj le nom de Fougère femelle. Maintenant elle n'est plus employée en médecine.

Le Polypodium fontanum, L., et Vathyrium HatUri sont deux autres espèces de ce genre que M. DecandoUe renvoie au genre nspUnium, d'avec lequel il est diflicile de distinguer l'othyrium , qui paroît être le filix d'Adanson. Il est aussi trèspeu distingué du nephrodium,

Athyrium , du mot grec athyrion , employé par les ancieni pour désigner le cétérach. (Lem.)

ATOMARIA. {Bot.) Stackh. Nerei. Brit, ta^j. i5, c, ce, d, d. Fronde membraneuse, très-mince, rameuse; rameaux alternes -, toutes les découpures courtes , dentées à l'extrémité. Fructification en grappes de diverses formes. Tels sont les caractères donnés, par Stackhouse à un genre qu'il établit sur deux espèces de plantes du genre fucus. Ce sont les fucus dmlotus j Turn., et angustifolius y Stackh. que M. Lamouroux rapporte à la première section de ses délesseries, en prévenant qu'ils peuvent constituer des genres particuliers. Cet deux plantes se trouvent sur les côtes de Normandie et de Bretagne, oii elles sont jetées par l'Océan.

Atomaria , atome, en grec; nom donné à ce genre à cause de la petitesse de ses fruits. (Lem.)

ATOMON. (Bot.) Voyez Adamanta. (J.) ATORGA. {Bot.) Nom portugais d'une bruyère, erica ciliaris, 5elon Clusius. Ce nom a quelque rapport avec celui d'o/oca»

ATR ^9

donne dans le Canada à une espèce d'airelle, faisant partie de la même famille. (J.),

ATOUMA. (Ornith.) Les Kamtschadales donnent ce nom^ et celui d'artaoun^ aux cormorans. (Ch. D.)

ATRACTOCERE. (Entom,) Meigen, dans son Histoire des diptères^ a aussi indiqué- sous ce nom un diptène d'Allemagne, qui est le scatopse tacheté de Fabricius, Voyez Scatopse.

M. de Beauvois a aussi décrit sous ce nomr un insecte voisin des lynîexylons, dont.les antennes sont en fuseau, ainsi que leur nom l'indique, et dont les élytres très^courtesne couvrent pas les ailes. (C. D.)

ATRACTOSOMES. (^Ichtyol.) Nom d'une famille de poissons, de Tordre des holobranches, do sous-ordre des thoraciques, et dont les caractères sont d'avoir les branchies complètes, le corps épais, arrondi , fusiforme ou plus gros au milieu. Elle correspond en grande partie aux genres scomher et gasterosteus de Linnœus, et à la famille des scombéroïdes de M. Cuvier.

Le mot atractosome est grec, et signifie corps en fuseau . ( oL]pat,itloç, fuseau , ffZfJiA , corps, )

La plupart des poissons atractosomes sont trés-voraces; leur, peau est lisse ^ brillante, souvent s^ns écailles, et quelquefois» garnie de boucliers osseux ,♦ leiar tête est presque nue ; ils vivent en société dans les mers ou à l'embouchure des fleuves. On les a partagés en un grand nombre de genres différens^ dont plusieurs renferment beaucoup d'espèces. Tous se rassemblent en deux groupes ou sous-familles, caractérisées par la présence ou par l'absence des fausses nageoires, c'est-àdire de quelques petites membranes isolées, soutenues par des rayons osseux, et placées derrière les nageoires du dos et de l'anus. Dans le tableau suivant , nous mettons en opposition les uns avec les autres , par leurs caractères essentiels , tous les genres de cette famille»

rt

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Fausses nageoires

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ATR 8i

ATRACTYLIS. (Bot.) Ce genre, delà famille des synanthérées, fait partie de notre tribu naturelle des carlinées. (H. Cass.)

ATRATROCÈHE. (E/i(om.) Genre de diptères établi par Meigen , pour y ranger une espèce de scatopse , que Fabricius a nommée Tachetée, Voyez Scatopse» (C. D. )

ATRICAPILLA. {Ornith,) Ce nom a été donné par Belon, au bouvreuil; par Gaza, à la mésange de marais; par Pline, à la petite charbonnière; par Jonston, au gobe -mouche; et ce dernier oiseau est celui que les anciens ont connu sous les noms à^alricapilla ou melanchorjnchos , dans son beau plumage, et de sjycalis ou Jicedulaj dans son plumage ordinaire. Le becfigue de Buffon n'est ainsi, comme le remarque M. Cuvier, qu'une espèce imaginaire , formée des dijBTérens états que présente, suivant les saisons, le muscicapa atricapilla, pi. enliim. S65,fig. 2 et 3. (Ch. D.)

ATRICHIUM (Bo^ ), Atrkhie. Dictîonn», vol. III, pag. 286 f ajoutez : Ehrhart avoit présenté ce genre de mousse avec le nom de Catharinea ; il ne fut pas adopté par Hedwig. M. Decandolle pensant, comme M. deBeauvois, que ces mousses doivent être distinguées, appelle ce genre, oligotrichum , nom qui signifie cheveux peu nombreux ^ la coiffe qui recouvre l'urne n'étant garnie que d'un très-petit nombre de poiJs dirigés de bas en haut. Vatrichium est intermédiaire entre les poljtri^ chum et les ortholrichum, (LeiM.)

ATRIPLICÉES. {Bol) Cette famille de plantes, déjà décrite «ous ce nom dans ce Dictionnaire , a été nommée plus récemment chénopodées , chenopodea , par M. Rob. Brown , botaniste anglais, qui, aux genres qu'elle renferme déjà, en ajoute dé nouveaux, établis par lui, sur des plantes observées dans la Nouvelle - Hollande , savoir , ïenchylœna , le rhagodia , le sclerokenaj le threlkeldia, et avec doute le dysphania. On ajoutera que le ceratoïdes de Tournefort , nommé eurotia par Adanson, et plus récemment krascheninnilcovia^ diotis, g"^^denstctdtia, caratospermum par d'autres auteurs, paroît devoir conserver le nom donné par Adanson, soit parce que les autres sont plus récens, soit parce que deut sont déjà appliqués à . d'autres genres, et ^eux autres d'une construction trop difficile, quoique rappelant la mémoire d'hommes qui ont bien mérité de la scieace. (J.) '^

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ATRIVOLO. {BoL) Nom que porte dans le Levant la hersc, tribulus terrestris, suivant Belon. (J.)

ATROPUS. {IchtyoL) M. Cuvier a ainsi appelé un genre de poissons de la famille des atractosomes , dont les caractères sont les suivans ; corps comprimé, front très-ipdiné, museau très-court , dépassé de beaucoup par la mâchoire inférieure ; dorsale unique à deux ou trois épines et- à plusieurs rayons mous prolongés en fils ; ligne latérale carénée vers le bout ; deux épines libres avant la nageoire anale. On n^en connoit encore qu'une espèce ; c'est

1°. L'Atropos, Atropus ciliaris.

{Brama Atropus , Schneïd. pi. 23 , pag« 98. )

Caract, Catopes noires, rayons moyens delà dorsale prolongés en soies noires ; écailles petites.

Le corps de ce poisson est comprimé , large , argenté ; sa tête est élargie, son dos est bleu, son ventre est nacré; ses dents sont disposées sur un seul rang à chaque mâchoire; Touverture des branchies est gralide; les opercules en sont oblongues , lisses; l'anus est voisin des catopes ; la nageoire de Fanas a la même étendue que la dorsale , à laquelle elle est opposée ; les pectorales sont allongées, falciformes; le premier rayon des catopes est blanc ; la queue est rétrécie ; sa nageoire est bifurquée.

On trouve ce poisson à Tranquebar. Sa longueur est de neuf à dix pouces, sa largeur de quatre. (H. C.)

ATTAGENE. {Entom,) M. Latreille a désigné sous ce nom àe genre quelques espèces de dermestes, qui ont le deraier article^ des antennes fort allongé, et dont les mâchoires sont «ans ongles en dedans. (C. D.)

ATTALE, AUalea, {Bot,) Genre de la famille des palmiers, de la monoécie polyandrie de Linnseus , rapproché du caroxylum «t de Vêlais^ séparé du premier par %es étamines nombreuses; du second, par %es fleurs monoïques, par la forme du style et des fruits. Ses fleurs sont monoïques , renfermées dans le même 6padice ; leur calice ( périanthe , M. ) est presque double . les trois divisions extérieures très-petites, ovales, obtuses; les trois intérieures (quelquefois quatre) charnues, ovales-lan- •çolées, aiguës ; dix-huit à vingt-deux étamines libres, les

anthères linéaires ; dans les fleurs femelles , un ovaire à trois loges, un style trifide, un drupe ovale, fibreux, à trois loges inonospermcs , entouré à sa base par le calice persistant; une noix ovale, ligneuse, percée de trois trous à sa base.

Ce palmier, découvert par MM. Humbolt et Bonpland dans la province de Choco, proche Zitara, dans TAmérique méridionale, décrit par M. Kunth, Nov. gen. 1 9 pag, SoS^sousl^ nom à^attalea amygdalina^ est le seul de ce genre. Les naturels du pays le nomment almendron. Il est sans épines, presque sans tige, et sVlève à la hauteur de six à douze pieds. Ses feuilles sont ailées, ses folioles plissées, leur pétiole presque ti-igone : le spadice sort immédiatement des racines, et se divise en rameaux citernes, comprimés, flexueux, la spathe d'une seule pièce, longue de quatre pieds; les fleurs sessites^ unilatérales, deux à deux, l'une "mâle, l'autre femelle; le drupe ovale , long de deux ou trois pouces , les semences blanches. (Poir. )

ATTE. (Entom.) Genre d'insectes hyménoptères , que Fabricius a séparé de celui des fourmis, à cause de la forme parti* culière des mandibules, qui sont très- fortes, dentelées et courbées en dedans, supportées par une tête très-grosse à deux lobes en arrière. Toutes sont étrangères et des pays chauds, de rinde , de la Nouvelle-Hollande et d'Amérique. Voyez la famille des MYRMéoEs. (C. D.)

ATTE. (Entom.) M. Walckenaer, dans son Tahleau des Arornéïdes , a aussi désigné sous ce nom des espèces d'araignées voyageuses, qui se tapissent dans un sac de toile fine et blanche, entre des feuilles qu'elles rapprochentou dans l'intérieur de coquilles vides , et qui saisissent leur proie à la course ou en sautant. Il rapporte à ce genre, qu'il divise en races et en tribus, plus de quarante espèces. (C. D.)

ATTHIS. ( Omith. ) Aux détails de synonymie qui se trouvent pag. 192 du 111*. vol., il faut ajouter que ce terme, par lequel les poètes désignent l'hirondelle, est appliqué par Aldrovande au rossignol, qu'il nomme aussi attichora; et enfin que, suivant M. Savigny, l'atthis estlemartin-pécheur; tUcedo ispida^ Linn. (Ch. D.) ,

ATTÏCA ALES. {Ornilh.) Les poc'tes se servent de cette expression pour désigner le rossignol , motacilla lusciniaf Linn.

Ch. D.) 6.

ATTICUS. {IchtjyoL) Suivant M. Bosc, c'est un des noms de Testurgeon. Voyez cemot. (H. C.)

ATTRACTION DES MONTAGNES. (Phys.) Le Mémoire

de Cavendish, cité page 295 , se trouve dans les Transactions

philosophiques y vol. de 1798, et il a été traduit en français

par M. Chompré, dans le 17*^. cahier du Journal de lŒcole

polytechnique,

M. de Zach a fait, en 1810, auprès de Marseille, de nouvelles observations sur l'attraction des montagnes ; mais les circonstances locales n'étant pas très-favorables à la production de l'effet désiré, sa quantité s'est trouvée si petite, qu'elle pourroit aussi bien être attribuée à l'erreur inévitable des observations qu'à toute autre cause. (Voyez la Connoissance des temps pour 1819 , pag. 36o.)

Quoiqu'on soit fondé à regarder l'attraction considérée dans cet article et dans le précédent, comme inhérente à toutes les molécules de- la matière , on ne peut cependant expliquer immédiatement par son moyen, plusieurs phénomènes purement physiques, qui paroissent dus à des forces attractives; tels sont, par exemple, l'ascension des liquide^ dans les tubes capillaires et la réfraction de la lumière dans les milieux diaphanes : car l'attraction céleste, ne décroissant qu'en raison inverse du carré de la distance , auroit une sphère d'activité beaucoup plus grande que ne semble l'être celle des forces qui produisent les phénomènes que je viens d'indiquer. (Voyez Réfraction et Tubes capillaires.) Aussi Clairaut avoit déjà eu recours à la supposition d'une loi « telle qu'à de très-petites distances, l'attraction fût très- « forte et presque insensible à de grandes. *^ (Mémoires de r Académie des Sciences^ 17^9, pag. 270.) Dans ces derniers temps, M. Laplace a soumis complètement au calcul les mêmes phénomènes, en supposant seulement que la force attractive qui les produit devient insensible dès que la distance est sensible , sans rien statuer de plus sur la loi de son décroissement.

Toute attraction qui agit suivant la raison inverse d'une puissance quelconque de la distance, deviendroit infinie au contact des molécules entre lesquelles elle a lieu : il faudroit donc une force infinie pour les séparer, ce qui est bien éloigné de l'observation,- et par cette raison les physiciens pensent

que les molécules des cor^s ne se touchent pas, maïs «ont maintenues à des distances très-petites, au moyen d*une répulsion due au calorique, et qui s'anéantit aussitôt que la distance devient sensible. Voyez Calorique,

Il est k remarquer que la loi inverse du carré des distances qui ne satisfait pas aux phénomènes que je viens de citer, se retrouve dans les attractions produites par V Electricité et le Magnétisme, Voyez ces articles. (L.)

ATTRACTION MOLÉCULAIRE. Après que Newton eut donné le nom d'attraction aux forces par lesquelles les corps tendent réciproquement les uns vers les autres ; qu'il eut distingué des attractions de gravité, de magnétisme et d'électricité qui s'exercent à des distances sensibles, il pensa qu'il pou-* voit y avoir d'autres forces attractives dont l'existence avoit échappé jusque-là aux observations , parce qu'elles n'agissoient qu'à des distances trop petites pour être saisies par nos sens; et il attribua à des forces de ce genre la cause des phénomènes que présentent les molécules des corps, lorsque, étant mises en contact, elles s'unissent ensemble, et forment, soit un agi*égat, soit une matière différente de celles qui se sont unies. Les physiciens qui vinrent après Newton, et qui adoptèrent ces vues, appelèrent la force qui produit ces unions attractioiy moléculaire , attraction prochaine, afin qu'on ne la confondit point avec les attractions qui s'exercent à des distances sensibles, et ils la distinguèrent en attraction moléculaire d'agrégation ou de cohésion y et en atb'action moléculaire de composition^ suivant que les molécules qui agissent les unes sur les autres sont homogènes ou hétérogènes. Ils firent observer que, dans le premier cas, l'attraction ne change point la nature des molécules qu'elle réunit, que toute son action se borne k une simple augmentation de masse, tandis que, dans le second cas, les molécules qui se sont unies forment une substance dont les propriétés sont plus ou moins dijBférentes de celles que manifestoient les molécules avant leur réunion. Les mêmes physiciens ont encore appelé attraction chimique l'attraction de composition , parce que le résultat matériel de cette attraction est appelé lui-même composé ou combinaison chimique.

L'expression affinité, qui, suivant Guyton, a été employée dans le langage chimique , en 1 698 , pour la première fois, par

Barchusen, et qui sîgliifioît, dans Torigine, que les corps ne s^unissoient entre eux qu'en raison d'une certaine analogie de nature , ou plutôt d'une certaine parenté , est communément employée aujourd'hui comme le synonyme d'attraction de composition; cependant quelques personnes l'ont absolu men^reietée, comme étant trop métaphorique, et n'ayant été introduite dans la science que d'après une idée fausse , ou tout au moins, d'après une supposition gratuite. Quant à nous, loin de partager cette opinion , nous nous servirons du npiot affinité, à l'exclusion de tout autre , parce que nous sentons la nécessité d'adopter des expressions courtes pour représenter des idées qui reviennent continuellement dans l'exposé des faits chimiques, et que nous préférons des mots consacrés par l'usage, à des mots nouveaux, toutes les fois que le sens attribué originairement aux premiers n'est pas en opposition directe avec le sens dans lequel nous voulons les employer; en consé- ^ence, nous distinguerons V attraction moléculaire en cohésion ^ lorsqu'elle réunit des molécules homogènes , et en affinité^ lorsqu'elle en réunit d'hétérogènes.

§. r^ De la Cohésion.

Si l'on fait glisser Tun sur l'autre deux plateaux de glace usés4 l'émeri , ils adhéreront ensemble , de manière que , si l'un d'eux est garni d'un petit crochet de cuivre sur sa surface opposée à celle qui touche l'autre plateau, on pourra, en prenant le crochet entre les doigts, soulever les deux plateaux sans qu'ils cessent d'adhérer; il y a donc une force qui surmonte la pesanteur du plateau inférieur; or, c'est cette force qui est la cohésion» Ce seroit une grande erreur d'attribuer à la pression dç l'air la cause de ce phénomème , car Newton a prouvé, il y a long-temps, que les plateaux ne se séparoient point lors même qu'ils étoient suspendus dans le vide.

Pour que la cohésion s'exerce , il faut que les surfaces soient en contact apparent; car, toutes les fois qu'elles sont séparées^ par une distance appréciable , on n'observe aucun ejffet sensible ; et s'il n'en étoit pas ainsi , on devroit diminuer la force d'adhésion en amincissant de plus en plus l'épaisseur des deux disques; mais c'est ce qui n'arrive point, car la nature des disques et les surfaces étant les mêmes, leur adhésion reste Ja même , quelle qu'en soit l'épaisseur.

ATT 8r

La forme sphérique qu'affectent les petites masses des liquides lorsqu'elles sont placées sur un plan qui n'exerce aucune action sur leurs molécules , est déterminée par la cohésion ; autrement , ces molécules se répandroient sur le plan en une couche extrêmement mince. On peut rendre sensible l'effet de la cohésion des corps liquides, en approchant deux globules du même liquide l'un de l'autre; dés l'instant qu'ils se' touchent, ils se confondent eu un seul. Enfin , lorsqu'on plonge verticalement une baguette de verre dans l'eau , et qu'on l'eu retire, une goutte d'eau se rassemble à l'extrémité inférieure, et ne s'en sépare point; il est évident qu'en faisant abstractioa de l'action de la surface du verre sur les molécules d'eau qui touchent cette surface , toutes les autres molécules qui sont hors de son contact, et qui ne doivent par conséquent en éprouver aucun effet, sont soutenues parles premières de la même façon que dans l'expérience des plateaux de glace ; l'un est soutenu par l'autre, lorsqueceluî-ci est suspendu à un point fixe.

La propriété que paroissent avoir tous les corps à prendre une forme plus ou moins régulière, lorsque leurs molc'cules passent de l'état fluide à l'état solide, est un effet de la cohésion. C'est à cette force que nous devons attribuer la solidité des corps ; sans elle, leurs particules se sépareroient ka unes des autres au moindre effort suffisant pour vaincre l'inertie de chacune des particules que l'on toucheroit ; dès-lors il seroit impossible de remuer un corps solide sans qu'on ne le réduisit en poudre. C'est encore à cette force qu'il faut attri* buer la production des masses compactes qui se forment à la longue dans des poudres homogènes extrêmement ténues, ainsi que je Tai observé d'une manière bien frappante dans du soufre qui a voit été divisé au moyen d'un ventilateur.

La cohésion est absolument nulle dans le gaz.

§. II. De l'Affinité.

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