‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 85 sur 100 · I. De cette force considérée d'une manière absolue · texte numérisé non relu

I. De cette force considérée d'une manière absolue

a. De l'affinité relativement à la dislance.

1/ affinité^ comme la cohésion , n'a lieu qu'au contact apparent,. Quand vous mettez un cristal d'alun dansl'eâu, le cristal s'y dissout, mais non pas instantanément, la dissolution se fait deproche en proche de l'extérieur au centre. Une autre expë^

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rience, très-propre à prouver cette proposition, consiste k xnéler une infusion de tournesol avec une solution de sel marin, à introduire le mélange dans une petite cloche , et â Yerser dessus, le plus doucement possible, de l'acide acétique étendu de quatre fois son volume d'alcool. Le sel et l'alcool ne servent qu'à augmenter la différence de densité du liquide coloré et du liquide acide, et à empêcher qu'ils ne se mêlent ensemble. Si Ton a opéré avec dextérité, on verra que la liqueur bleue est devenue rouge dans les parties seulement qui sont en contact avec l'acide, et que toutes les parties de ce dernier qui sont hors du contact de la liqueur bleue sont incclorcs. Si on agite les liquides, ils n'en présenteront plus qu'un seul d'un très-beau rouge. Cette expérience prouve donc que des corps qui ont la propriété de développer une couleur rouge par leur mélange, ne 1^ développent qu'au contact.

Les deux exemples pr^cédens font voir la nécessité démultiplier les surfaces des corps pour en faciliter l'action mutuelle, et la raison pour laquelle on favorise cette action en les divisant mécaniquement au moyen du pilon, du porphyre, de la lime, de la râpe, etc.

h. De l'universalité de Vaffînité.

L'affinité est universelle en ce sens quïl n'existe pas un seul corps qui ne soit susceptible de se combiner avec quelques autres ; mais elle ne Test pas en ce sens que tous les corps peuvent indistinctement s'unir les uns avec les autres. Le mercure, par exemple, ne s'allie point avec le fer, et ne contracte pas la moindre union avec l'acide sulfurique, etc., tani qu'il coKserve l'état métallique.

c. De V affinité relatit^ement à Vélal des corps .

L'affinité s'exerce :

1**. Entr-e des corps solides , ainsi qu'on s'en assure enmélan-' géant de l'hydrochlorate d'ammoniaque avec de la chaux. L'odeur d'ammoniaque qui se fait sentir dénote évidemment une action entre dçs corps qui sont naturellement inodores.

2°. Entre des corps liquides. On peut citer pour exemple la baryte et Fitcide sulfurique dissous dans l'eau, qui forment

un précipite solide dès Tinstant qu'ils sont réunis ; le mercure qui s^ainalgame au plomb, à Tétain, au bismuth fondus.

5°. Entre des corps gazeux. Une des expériences les plus curieuses qui le prouvent, consiste à faire arriver sur le mercure, dans une même cloche, des volumes égaux de gaz ammoniaque et de gaz hydrochloriqtie ; ces gaz ne sont pas plus tôt en contact, qu'ils se précipitent en totalité en une matière blanche solide qui est Thydrochlorate d'ammoniaque.

4**. Entre des corps solides et des corps liquides. C'est ce qui arrive à l'alun , au sucre , etc. que l'on met dans l'eau.

6^. Entre des corps solides et des corps gazeux. On observe cette affinité dans la combustion du carbone, du fer, etc. La combustion ' de ces corps n'est que leur combinaison avec l'oxigcne. (

6°. Entre des corps liquides et des corps gazeux. Lorsqu'on chauffe du mercure dans un matras contenant de l'aîr ou de l'oxigène, les deux corps s'unissent et produisent de l'oxide rouge de mercure.

On voit, d'après les exemples que nous venons de citer , que l'afïinîté est plus générale que la cohésion ; car celle-ci ne s'exerce x}ue sur les molécules des corps solides ou liquides.

Nous ferons observer que l'état qui paroft le plus propre à l'action chimique est celui où les corps sont liquides; en effet, la cohésion des solides, comme la force répulsive à laquelle obéissent les molécules des gaz , sont des obstacles qui ne peuvent être surmontés que par une affinité très-forte, tandis qu'à l'état liquide, les molécules, ayant peu de cohésion, et nulle force répulsive, peuvent facilement se prêtera l'arrangement que sollicite l'affinité, lors même que cette force est peu considérable.

L'état naissant, c'est-à-dire le moment où des corps vont cesser d'être solides ou liquides pour devenir gazeux, est encore une des circonstances les plus favorables à l'affinité. C'est ainsi que l'hydrogène à l'état de gaz ne se combine point avec l'azote, l'arsenic, et qu'il s'unit avec ces corps quand il les rencontre à l'instant où il se sépare de l'oxigène par la décomposition de l'eau , opérée au moyen d'un métal et d'un acide.

d. De Vaginite relativement au nombre des corps entre lesquels

elle s'exerce.

Le nombre des ëlémens qui peuvent entrer dans une même combinaison est très-limité; car, on ne connoît guère que des composés binaires, ternaires et quaternaires^ c'est-à-dire, des composés de deux, trois et quatre corps. Mais nous ferons une observation relativement à Temploi des mots ternaire et qua^ ternaire. Il nous semble utile de les appliquer exclusivementaux seuls corps dans lesquels il y a trois ou quatre élémens qui sont immédiatement combinés ensemble. Des exeniples vont éclaircir ce que nous voulons dire. L'acide nitrique est formé d'oxigène et d'azote , l'ammoniaque est formée d'azote et d'hydrogène ; unissez l'acide nitrique à l'ammoniaque , vous aurez du nitrate d'ammoniaque dans lequel il n'y a réellement que trois élémens ; mais je dis que ces élémens, l'oxigène, l'azote et l'hydrogène, ne sont pas en combinaison immédiate, car tout l'oxigène est uni à une portion d'azote , et tout l'hydrogène à l'autre portion d'azote; le nitrate d'ammoniaque est donc véritablement formé de deux composés binaires qui ont chacun un élément commun, et ne doit pas être appelé eom' posé ternaire; au contraire, le sucre, l'alliage de Darcet, sont pour nous des composés ternaires, parce que l'oxigène, le carbone et l'hydrogène du premier, et le plomb, l'étain et le bismuth qui constituent le second, sont, dans Topinion généralement admise, immédiatement combinés. De même le sulfate d'ammoniaque , qui contient quatre élémens unis deux k deux, savoir, le soufre à l'oxigène d'une part, et l'azote à l'hydrogène d'une autre part, résulte de l'union de deux composés binaires ; par conséquent nous ne le qualifierons point de composé quaternaire , tandis que nous donnerons ce nom à la fibrine, à l'albumine, etc. Cependant, nous devons avouer que le nombre des composés que nous regardons aujourd'hui comme ternaires ou quaternaires, ira vraisemblablement en diminuant à mesure qu'on en étudiera davantage la nature; il est probable que plusieurs résultent de l'union de deux composés binaires ou de celle d'un composé binaire avec un corps simple.

C. Dès phénomènes qu'on olser^ve pendant que les corps se comlinenf^

Lorsque les corps s'unissent, il y a presque toujours un chan^ . gement de température, et soutient un dégagement de lumière, si la combinaison s'opère avec rapidité.

Quand on met l'acide sulfurique avec Teau, Fammoniaque, ja chaux , il y a dégagement de chaleur ; quand on dissout i'hydrochlorate d'ammonfaque et la plupart des sels dans Teau; quand on mêle des solides qui se liquéfient rapidement sans exercer pourtant une affinité énergique, par exemple, trois parties d'hydrochlorate de chaux et deux parties de neige , il y a, au contraire, abaissement de température.

Le dégagement de chaleur qui a lieu lorsque les combi- "naisons s'opèrent, explique le dégagement de lumière que l'oa observe dans un grand nombre de cas. En effet, tous lés corps étant lumineux à la température de cinq cents degrés, si de» corps en se combinant dégagent assez de chaleur pour que la température s'élève à ce degré , il y aura production de lumière : dans le cas où les corps sont fixes ils deviennent incandescens; s'ils sont volatils, il se produit une flamme dont l'étendue est déterminée par l'espace dans lequel se fait la combinaison.

f. Des phénomènes qu'on observe dans les corps après

la combinaison.

Les corps qui se combinent acquièrent souvent des propriétés nouvelles, ou bien celles qu'ils av oient avant la combinaison sont singulièrement modifiées.

1®. Changement de densité. La plupart des combinaisons ont un volume moindre que celui de leurs élémens. Ainsi , lorsqu'on mêle six mesures d'eau avec deux mesures d'acide sulfurique concentré dans un tube gradué, il y a dégagement de chaleur; et quand les corps sont refroidis, on trouve qu'ils occupent moins de huit mesures : plus il est facile de concevoir comment l'affiinité en rapprochant les molécules des corps qui se combinent en diminue le volume, plus il y a de difficulté à concevoir l'existence de composés qui , comme l'alliage d or et d'argent, le sulfure de cuivre, etc., ont un volume plus grand que celui de leurs élémens. Cependant, on pourrait expliquer cet effet en partant de la maniéie dont Nesvton a considéré

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rarrangement des molécules des corps. Il a distingué divers ordres de particules, en concevant que des molécules se réunissent d'abord en petit nombre pour former une particule du premier ordre, que plusieurs particules de cet ordre se réanissent pour former des particules du second ordre , et ainsi de tfuite. Dans cette hypothèse , il est naturel de penser que l'intervalle qui se trouve entre les molécules élémentaires est infiniment plus petit que celui des particules, et dès-lors il pent y avoir condensation entre les premières, et que l'espace occupé par les particules soit cependant plus grand que celui qu'occupoientlesélémens avant la combinaison. Il est extrêmement rare que le volume d'une combinaison soit précisément égal à la. somme des volumes de ses élémens.

2**. Changement d'état. Si l'affinité tend, en général, à rapprocher les molécules des corps, etconséquemment à augmenter la densité de celles qui s'unissent, on admettra sans peine que dans les combinaisons où les élémens changent d'état, ces changemens ont le plus souvent lieu de l'état aérifbrme à l'état liquide ou solide, et de l'état liquide à l'état solide. C'est ainsi que l'oxigène et l'hydrogène, l'oxigène et l'azote, le gaz hydrochlorîqiie et le gaz ammoniaque, naturellement gazeux, forment l'eau, l'acide nitreux, et Fhydrochlora te d'ammoniaque: à la température ordinaire, les deux premières coinbinaisoci sont liquides et la dernière est solide. Mais tout en faisant remai*quer ces résultats, on ne doit point laisser ignorer qu'il existe des solides qui deviennent liquides en se combinant entre eux, comme cela arrive au soufre et au carbone , au soufre et au phosphore unis dans le rapport de un à deux, que le carbone et le soufre deviennent gazeux en s'unissant à l'oxigène et à l'hydrogène.

5'\ Changement de saweur. Parmi le changemens des propriétés dont l'affinité éit la cause, il en est peu d'aussi remarquables que ceux qui se rapportent à l'action des corps sur l'organe do goût. Il existe un assez grand nombre de corps insipides qui, en se combinant, acquièrent une saveur plus ou moins forte; ainsi l'oxigène ens'unissant à l'azote, au soufre et au phosphore, donne naissance à des composés doués de la saveur aigre ou acide ; l'oxigène en s'unissant aupotassium etau sodium, l'azote en s'unissant à l'hydrogène, forment des composés doués delà

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