ATT 5 S
•aveururineuse ou alcaline. Et ce qu'il y a de trés-rremarquable, f c'est que les mêmes combinaisons qui sont appelées acidet ou '^ alcalis^ perdent la saveur qui leur est propre et piusieurf s autres propriétés caractéristiques , par leur combinaison luuî" tuelle. Ce résultat, un dos plus curieux de la chimie, constitue la neutralité^ parce qu'en etfet une propriété en neutralise f une autre.
i^"". Changement de couleur. Le cuivre est rouge, l'antimoine est blanc-bleuàtre, ellorsqu'on les allie à parties égales, ils forment un composé d'un beau violet.
L'oxigène en «'unissant à la plupart des métaux, donne naissance à des composés dont les couleurs sont extrêmement variées, quoique l'oxigène soit incolore, et que la plupart de» métaux le soient aussi.
Presque tous les principes colorans organiques sont suscepf tîbles de changer la couleur qu*ils ont à l'état de pureté, lors- ; qu'ils se combinent avec plusieurs corps; et comme un même - principe colorant éprouvele même changement de couleur en ..; «e combinant avec un grand nombre d'autfes corps qui pré- "} sentent des propriétés communes, tels sont d'une part les acides, y et d'une autre part les alcalis , etc. , et qu'il y a des circonstances ^ où ces dernières propriétés sont difficiles à reconnoître, tandis que les actions sur les couleurs végétales sont extrêmement sensibles, les chimistes se sont servis depuis long-temps de quelques^ unes de ces couleurs, pour reconnoître à quel genre de subs^ tances appartiennent les corps qui agissent sur elles : de là est venu l'emploi du tournesol, de la teinture de violettes et de l'hématine. Voyez Acide et Alcalis.
g. Des composai considérés relativement a la proportion de leurs
élétnens.
Dans l'état actuel de la science, on doit distinguer deux classes de combinaisons ; les combinaisons qui se font en des /0 proportions définies ^ et celles qui se font en proportion in^ ^ définie.
,; 1**. Des combinaisons définies.
Elles ont lieu, en général, entre les corps dont-Taffinîté a un certain degré d'énergie 3 telle est Tuffinité des corps com-
burens pour les corps combustibles, telle est celle des acîdc* pour les alcalis. De ces deux sortes de combinaisons, la première a lieu le plus souvent avec dégagement de chaleur et de lumière ; le résultat est un acide ou une base salifiable , et quelquefois un composé qui n'exerce aucune action sur les couleurs végétales ; la seconde se fait aussi avec dégagement de chaleur, mais il y a rarement production de lumière. Lorsque les acides et les alcalis ont une très-grande affinité , et qu'ils s'unissent en certaines proportions , lesr composés qui en résultent n'ont plus d'action ou n'en ont qu'une très-foible sur les couleurs végétales. Delà la dénomination de srls neutres, que l'on donne à ces composés. On observe encore qu'uw augmentation de densité ou un changement d'état accompagnent ordinairement la formation des combinaisons définies. Parmi les corps qui forment des combinaisons binaires définies , il y en a qui ne s'unissent que dans une seule proportion, tandis que d'autres peuvent s'unir en deux, en trois, en quatre, et même en cinq proportions, et donner naissance à autant de combinaisons distinctes dont les propriétés sontsouvent fort différentes. L'hydrogène, par exemple, ne peut former qu'une seule combinaison , soit avec l'oxigène^ soit avec l'azote-: l'oxigène en forme deux avec le carbone , trois avec le cobalt, quatre avec le plomb, cinq avec l'azote. Peut-être faut-il distinguer parmi ces dernières combinaisons celles où les deux élémens sont simplement unis, et celles qui résultent de l'union de deux combinaisons différentes des mêmes élémens; qu'ainsi , comme le pense M. Proust , l'oxide de cobalt est un composé de protoxide et de peroxide de ce métal , Toxide rouge de plomb un composé d'oxide jaune et d'oxide puce, l'oxide noir de fer un composé de protoxide et de peroxide, etc.
Mais ce qu'il y a de plus remarquable à l'égard des combinaisons qui résultent bien évidemment de la simple réunion de deux élémens, c'est la loi suivant laquelle se forment ces conbinaisons. Cette loi , dont M. Berzellus a fait voir toute It généralité par une multitude d'expériences, peut s'exprima ainsi : Lorsque deux corps peuifent se combiner en plusieurs prit ' portions , ces proportions sont toujours le produit de la multiptiear tion par 1^,2,5,49 ^J^^* ^^ ^^ P^^^ petite quantité d'un des earpSj la quantité de l'autre corps restant la même; c'est-à-dire, si de«f
ATT î)^
corps sont susceptibles de s'unir en plusieurs proportions, et que Ton prenne cent parties de Tun d'eux, on observera y eu nommant a la plus petite quantité de l'autre corps, qui se combine aux cent parties du premier, que les diverses proportions dans lesquelles ces deux corps pourront s'unir, seront
les suivantes :
loo : a,
loo : a 4" î a,
loo : 3 a,
loo : 4 a, etc.
Mais il ne faut pas en conclure que quand il ne se forme que quelques-unes de ces combinaisons, celles qui ont lieu se succèdent toujours dans l'ordre que nous venons d'énoncer. La potasse, par exemple, s'unit à l'acide oxalique en trois pro* portions, qui sont loo : a, loo : 2 a, loo : 4 a, et les cobibinaisons loo: a -j- { a, loo : 3 aine peuvent être obtenues. Le même alcali ne s'unit à l'acide tartarique que dans deux proportions; savoir, loorfl, loo: 2 a.
Certaines combinaisons semblent faire exception à cette loi; mais on les y fait rentrer facilement en les considérant, ainsi que nous l'avons déjà dit, comme produites par la réunion de deux autres combinaisons qui sont conformes à cette même loi. Ainsi, le protoxide de fer étant dans la proportion 100 : a, et le peroxide dans la proportion 100 : a + - a, il existe une combinaison de ces deux oxides, dans laquelle le rapport du fer à l'oxigène est 100 : a 4- j ^ à cause qu'elle est' formée par la réunion d'une particule de protoxide et de deux particule» de peroxide, ce qui donne le rapport 3oo : 4 a ou 100 ^ a +
Nous ferons observer que s'il existe des rapports entre les poids des proportions d'un corps E qui peuvent s'unir à une méAie quantité d'un corpsF, il n'en existe aucune entre lespoids de E et de F; mais lorsqu'on prend les corps à l'état gazeux , et qu'au lieu d'estimer en poids la quantité des corps qui se combinent, on les mesure en volume, on observe des, rapports simples non-seulement entre les divers volumes du même corps £ qui se combinent avec une même quantité du corps F, mais encore entre les volumes respe'ctifs de E et de F. Cette
observation , une des plus belles que l'on ait faîtes en physique , appartient à M. Gay-Lussac. Elle peut être ainsi généralisée. En telles proportions que les corps gazeux s'unissent , ils donnent toujours lieu à des composés dont les élémens en volume sont des multiples ' les uns des autres ; et quand les gaz éprouvent une contraction de volume par la combinaison , celte contraction a un rapport simple avec les volumes des gaz , ou plutôt avec celui de l'un d'eux; ainsi
loo vol. oxig. s'unissent à 200 vol.hydrog., la contraction est égale à 100 vol.
azote '
3oo
azote
oxigène , fio
azote
oxigène^ sans contraction apparente
azote
azote
azote
La loi de M. Gay-Lussac est susceptible d'un grand nombre d'applications , dont les suivantes sont très-importantes : 1**. quand on connoît exactement la densité des gaz qui constituent un composé, et la proportion dans laquelle ils s' unissent, on peut calculer les rapports en poids des élémens du composé; c'est un moyen de s'assurer de l'exactitude des expériences que l'on a faites pour déterminer ces rapports .- ainsi sachant que la densité de Tazote est 0,9691, celle de l'hydrogène 0,0732 , que ces gaz s'unissent dans le rapport de 1 à 5 pour former l'ammoniaque ; on a la composition de cet alcali en poids en prenant 1 fois la densité de l'azote, et 5 fois la densité de l'hydrogène , ce qui donne azote 0,9691 , hydrogène 0,2196; 2°. lorsque le composé est à l'état gazeux, et qu'avec les données précédentes, on a aussi le volume de ce composé, on en détermine aisément la densité ; par exemple , sachant que le volume d'azote et les trois volumes d'hydrogène dont nous venons de donner les poids, produisent deux volumes de gaz ammoniaque ; on a la densité de ce gaz en divisant par 2 la somme de ces poids, savoir 1,1887, ^^ ^^^ donne o,5g43 pour la densité cherchée; 3**. quand un gaz s'unit à un corps solide pour former une combinaison gazeuse, que la densité du gaz élémentaire et celle du gaz coknposé sont connues, il est facile de déterminer les poids des élémens de la combinaison , en tenant compte de la contraction que ce gaz peut avoir
ëptouvëe; le gàzhydroàulfuriquc, par exemple, â une densité de I51912 , la densité de l'hydrogène est de 0,0732 , ainsi que nous venons de le dire; l'hydrogène en s'unissant au soufre ne change pas de volume , conséquemineut l'acide hydrosulfurique contient soufre 1,11 80 j et hydrogène 0,0732; 4\ on peut^ par hypothèse, à la vérité, calculer la densité de la vapeur des solides qui s'unissent à des gaz. L'acide hydrosulfurique contenant , comme la vapeur d'eau , un volume d'hydrogène égal au sien, si l'on Suppose qu'il s'y trouve nu demi-volume de vapeur de soufre, comme il y a dans la vapeur d'eau un , demi volume d'oxigène , la densité de la vapeur du soufre seroit 2,236; si l'on admettoit, au contraire, que l'acide hydrosulfurique est composé de volumes égaux de vapeur de soufre et d'hydrogène avec une contraction égale à la moitié du volume total, la densité de la vapeur de soufre ne seroit que 1,1 iÔ«
Des combinaisons indéfinieSé
Elles sont produites par les corps qui n'exercent qu'une foible action réciproque : ainsi un sel, un hydrate solide d'aï- Cali ou d'acide dissous dans i'eau , peuvent être mêlés ensuite à une quantité d'eau indéterminée, sans que Ton cesse d'avoir Une combinaison entre le liquide et le corps qui s'y trouve ^n dissolution. Dans la plupart de ces dissolutions, il y a un abaissement de température; ce n'est que dans un petit nombre de cas que l'on observe une production de chaleur; les corps qui sont dissous par l'eau, et en général, par des liquides qUl ne sont ni acides ni alcalins, ne perdent que leur cohésion^ sans éprouver de changement dans leur saveur et les pro« priétés alcalines ou acides qu'ils peuvent avoir. C'est pour cette jtaîson que Ton étudie souvent les dissolutions des acides ou alcalis dans l'eau pour connoitre plusieurs de leurs propriétés.
Les combinaisons indéfinies s'observent non-seùlement entre les liquides et les solides qu'ils dissolvent, mais encore entre deux liquides ou entre deux solides; ainsi reati dissout Talcool, les acides sulfurique, nitrique, etc., en toutes proportions j ainsi plusieurs sulfures métalliques, le sulfure d'antimoine et l'oxide de la poudre d'algaroth , un .métal avec un autre métal ^ jpeuvent s'unir pax la fusiouen toutes proportions* Il en est dç
même, en général, de tous les corps qui ont des propriétés analogues et non antagonistes.
Mais nous ferons remarquer que tous les jours , des combinaisons que Ton avoit regardées jusque-là comme étant indéfinies, rentrent dans la classe des combinaisons définies; ainsi les nombreux oxides de fer, de plomb, etc., que Ton avoit cru devoir admettre à cause de la variété de leurs couleurs, se sont trouvés être des mélanges de deux oxides définis, ou une combinaison déterminée de ces deux oxides, ou bien encore des mélanges d'une pareille combinaison et d'un oxide libre. On a fait Timportante observation qne quand il étoifi possible d'obtenir un alliage cristallisé, les métaux s'y trou* voient en proportions déterminées , ce qui a conduit naturellement à considérer un grand nombre de ces alliages comme des composés définis , fondus ou dissous dans un métal pur.
h. De l'affinité considérée relativement à l'intensité de son action^
Si Ton prend une série de corps susceptibles de s'unir chacun séparément à un corps A , on trouvera que celui-ci est attiré avec des forces diverses par les différens corps delà série ; par conséquent tous les corps qui exercent une action mu' iuelU ne s^attirent point avec la mèmeforcem Si l'on prend de l'acide sulfurique , on pourra le neutraliser avec de la magnésie, de la chaux , de la potasse et de la baryte ; si l'oa prend le sulfate de magnésie, et qu'on y verse assez de chaux pour neutraliser l'acide , on séparera la magnésie ; si l'on verse ensuite dans le sulfate de chaux, de la potasse, on en prédpitera la chaux ; enfin , si l'on mêle le sulfate de potasse à la baryte , celle-ci s'unira à l'acide et se précipiter^, avec lui. Cette différence d'action entre des corps d'une même série , explique comment nous pouvons faire des analyses, comment il est possible de faire passer un corps d'une combinaison dans une autre. C'est à cette affin^ité qui a lieu , lorsque de trois substances qui s'attirent mutuellement ^ deux se combinent; à l'exclusion de la troisième , qu^on a donné le nom d' affinité éLKCTFVE, parce qu'en effet les deux corps qui se combinent, sengiblent le faire en vertu d'une sorte de choix.
Dans la proposition que nou^ venons d'ënoHcer, nous n'avons £onsi4éréle9 dicffiérfslesinergieiLaYec Ics^u^lie^ c)iacv#[
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fies corps d'une série tend à se cotobiner avec jiji certain' corps , que dans la seule intention d'exposer un des faits lea plus remarquables de l'action chimique; Faisons voir maintenant que le résultat ^es expériences que nous avons rapportées^, ne doit point être présenté isolément des circonstances dans lesquelles ces expériences ont été faites , c'est-à-dire , isolé* ment de la nature idu liquide dissolvant , de la proportion dé ce liquide des bases et de l'acide sulfurique , de la température à laquelle les corps ont réagi ; car les résultats qu'on obtient , sont une suite et de la nature des corps et des circonstances dans lesquelles ils se trouvent pendant leur union; piar conséquent V lorsque nous disons que la harjyte d une affinité supérieure à celle dé la potasse pour l'acide sulfurique^ nx^ns sous-ehtéhdons dkns des circonstances déterminées , car hors de ces circonstances , léi résultats pourroient être différens. Mais existe-t-îl un moyen de connoître d'une manière absolue les' divers degrés d'ajffinité des corps, de façon que ces degrés une fois déterminés, on diroit, dans le cas où lés corps ne suivent pas l'ordre de leurs divers degrés d'affinité , cela tient à telle ou telle cip^ constance qui en modifie l'ordre naturel ? Nous pensons que sî" ce moyen existe réellement ^ il n'a point encore été suffisam-» ment motivé pour que nous soyons Obligés' de l'admettre ; ztous^ nous arrêterons donc à ces faits. '
1**. Il existe des affinités électives entfé les corps, mais ces oj^t-: wiités changent ayèe les circonstances ;
2^,' Nous ne pouvons point , dans le moment actuel j Vts-^éparef de ces circonstances pour les considérée d*ùné rHdiiière absolue; -
3**, Le mot attraction élective n'exprime que la force en v£rtu> de laquelle un corps en expuUé un autre d*uHé comhinxLisùn pour en prendre la place»
II. De l'affinité considérée relativement aux circonstances dans .
lesquelles elle s'exercém
Donnons maintenant une idée des circonstances principales: qui ontle plus d'influence survies résultats de l'action chimiquè,^^ et ne perdons pas de vue que c'est surtout de l'étude de ce»' circonstances que l'on peut tirer lès inductions les plus vraisemblables sur la nature des' produits que l'on obtiendra en* mettant en contact des corps dont Impropriétés sont connuçi^
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^Malheureusement U s'en faut beaucoup que la science soit asse^ avancée pour que nous puissions prévoir tous les résultats pos-' Bibles de l'action chimique. Mais en exposant plusieurs cas dans lesquels on est parvenu à le faire avec quelques succès , nous aurons l'avantage d'offrir sur l'affinité de nouvelles observa^ lions qui seront propres à démontrer combien il importe de déterminer avec soin les circpnstances où agit cette force ; ce sont plutôt des exemples détachés que nous allons présenter^ qu'un système sur tous les élémens de l'action chimiique*
a. De la cohésion et de laforoe expansive du calorique j considérées
relativement aux molécules des corps»
Les molécules des corps sont sans cesse sollicitées par de«x forces antagonisiës, dont l'une tend à les rapprocher et l'autre a les écarter. La première est la cohésion , la seconde est le calorique. Les états solide, liquide et gazeux des corps dépendent au rapport qui-existe entre ces deux forces ; de sorte que si la cohésion est supérieure les corps sont solidies; si les deux forces se balancent ils sont liquides ; enfin, si la cohésion est 2out-à-fait surmontée ils sont gazeux. Dans cet état, les molécules sont trop éloignées pour que la force qui produit la cohésion exerce sur elles aucune action appréciable ; car, tous les gaz se dilatent également par des élévations égales de température, et comme la cohésion des solides et des liquides varie dans chaque espèce de ces corps, si elle conservent encoi^ quelque influence sur les molécules des gaz, ceux*ci ne noursoient se dilater uniformément par les mêmes degrés de chaleur.
L'on admet généralement que tous les corps peuvent exister dans ces trois états, et que s'il en est qui restent constamment solides et d'autres constamme^tgazeux, c'est que les premiers n'ont point été exposés à une température assez élevée , et que les seconds ne l'ont point été àunefempérature assez basse pour changer d'état. D'après cela, on pense que s'il étoit possible de chauffer suffisamment tous les solides, on les feroit passer successivement à l'état liquide , puis à l'état gazeux ; de même qu'en refroidissant suffisamment les gaz, ils deviendroient successivement liquides et solides. Mais il nous semble qu'on ne peut admçttTQ ce lé-
iiiltat 8aQ3 faire plusieurs réflexions.
i*.Ilexîsledcs corpssolides qui se volatilisent sansse fondre, quand on les expose à la chaleur sous la pression ordinaire de l'atmosphère ; tel est , par exemple , l'arsenic ; mais il est bien vraisemblable que ce métal se Uquéfieroitsi on le chaufToit suffisamment dans un appareil fermé, dont les parois a croient assez résistantes pour empêcher la vapeur de se former.
a°. Il est des solides composés d'un corps fixe et d'un corps volatil, dont la cohésion est Iclle que la chaleur qui seroit capable de les liquéfier, suffit pour porter les molécules hors de la sphère d'affinité des molécules fixes; par conséquent, de jiareilacorps ne peuvent être fondus dans les circonstances ordijiaires; maïs enajoutantla pression àl'actionde la chaleur, oa peut en liquéfier plusieurs, tel est le carbonate de chaux.
3°. Il peut exister d'autres composés solides qui ne soient paa susceptibles d'être fondus dans aucune circonstance, par la raison quelalempérulure nécessaire pourlesliquéfierameneroit un nouvel arrangement de leurs molécules, d'où résulleroient de nouveaux composés, dès-lors on ne pourroit pas dire que la matière liquéfiée seroit la mfime que celle soumise à l'expërience.
Nous ignorons l'effet que la cohésion produiroît si les solides étoient soumis à celte seule force ; car nous ne pouvons ea soustraire aucun à l'action du calorique. Tout ce que nous savonsàcesujetseborneà ceci: Que plus on refroidit un corps Bolide , et plus ses molécules se rapprochent -, et comme cette condensation se fait dans tous tes sens lorsque les molécules n'éprouvent aucun obstacle dans leurs mouvemcns, on en conclut qu'elles ne sont point eu contact immédiat.
On admet assez généralement que la cause principale de la diEférencedel'état solide et de l'étalliquide, est que dam celuici les molécnlessont placées à une dislance telle que leur figure n'a aucune influence sur leur action mutuelle, en sorte que l'attraction est égale, quelles que soient les faces que les moléculesse présentent l'une à l'autre; tandis que dans l'^lat solide , les molécules sont disposées dans l'ordre où elles exercenlla plus grande cohésion, en supposant toutefois qu'elles ont obéi librement à la force qui détermine cet ordre. La figure dei molécules a donc, dans cette manière devoir, une grande influence sur la cobésian des sgUdea.
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Il sembleroît que tous les corps devroîent avoir plus de densité à Tétat solide qu'à Tétat liquide, c'est cependant ce qui n'arrive pas toujours ; car il est des corps qui , à une température de quelques dégrés au-dessus de leur congélation, ont plus de densité qu'à Fétat solide, telle est Teau. Pour s'en convaincre on prend un petit matras de verre, dont le col est long et étroit; on le remplit d'eau à 1 5 d. , jusqu'à ce que ce liquide s'élève dans le col à un ou deux pouces : puis on le plonge dans un mélange frigorifique de trois parties de glace et une de sd marin: l'eau se condense jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à 4d.; mais ensuite à mesure qu'elle se refroidit davantage , à partir de c.ette même température 4 d. , elle augmente déplus en plus de volume; et lorsqu'elle se congèle, Taugmentation est à son maximum. Cette expérience nous apprend que les moléculei d'eau commencent à prendre l'arrangement qu'elles auront ii l'état solide à 4 d. au-dessus de sa congélation.
La diminution de densité que l'eau éprouve par sa solidification est un résultat analogue aux combinaisons dont le volume est plus grand que celui de leurs élémens ; car il nous semble que la diminution de la force expansive dans un corps, doit produire le même rapprochement entre les particules du premier ordre, que celui que nous avons supposé avoir lieu entre •des molécules hétérogènes qui s*unissent en vertu de raffînité.
b. De Z(^ cohésion et de la force expansive de la chaleur relative'
ment à l^affinite»
Lorsqu'on veut combiner des corps solides , ou dissoudre un corps solide dans un liquide, il est évident que la cohësioa s'oppose à ce que la combinaison ait lieu, puisque cette force tient les molécules homogènes unies entre elles , et qu'il faut pour que la combinaison s'effectue, que les molécules se J^ parent les unes des autres , afin qu'elles puissent s'unir avec lc5 molécules hétérogènes. C'est poiir cela, dans le cas où la ■cohésion « quelque intensité, qu'il est rare ♦ à la température ordinaire, que deux corps solides puissent se combiner, et que la dissolution des corps solides dans les liquides se fasse rapidement; il y a cependant des corps dont l'affinité mutuelle estasses énergique , pour qu'à cette même température elle remporte sur la cohésion; c'est ain^i que le fer et Tiode,
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tous deux à l'état solide, se combinent dés quHls sont en contact, et que l'hydrochlorate de chaux cristallisé se dissout très-rapidement dans l'eau.
£n considérant ainsi la cohésion comme un obstacle à la ■ combinaison , on conçoit très-bien comment l'élévation de la tempéi*ature favorise la combinaison des corps solides, et la dissolution de ces corps dans les liquides ; pourquoi en résulte une répulsion entre les molécules homogènes , qui diminue d'autant la cohésion. Par exemple, pourquoi tous les métaux solides qui sont susceptibles de s'allier et de se combiner aii soufre , au phosphore, etc. , ne le font qu'à une température assez élevée. Non-seulement la dissolution des sels dans l'eau est accélérée par l'élévation de la température , mais encore une même quantité de liquide acquiert en général la propriété de dissoudre une plus grande quantité de sel , et on observe , quand la température s'abaisse , que le liquide laisse alors déposer une partie du sel qu'il avoit dissous. Il est visible que c'est la cohésion qui réunit les molécules de cette portion de sel , et les sépare ainsi de l'eau.
On doit attribuer à la même cause la nécessité d'employer^ pour combiner l'oxigène avec le carbonée , des températures d'autant plus élevées, que celui-ci est dans un état où la cohésion de ses molécules est plus grande ; ainsi lé diamant et la plombagine ne brûlent qu'à des degrés de température .beaucoup plus élevés que les différens charbons, et ceux-ci exigent d'autaiit plus de chaleur qu'ils sont plus denses.
Il ne faut pas conclure de ce que nous venons dd dire, que le calorique n^agit pour favoriser l'action de l'affinité , qu'en sfurmontant la cohésion ; nous verrons plus bas qu'il y a des cas où l'on est forcé d'admettre qu'il la favorise d'une autre manière ; mais avant d'en parler , nous devons d'abord ,examiner ceux où le calorique s'oppose aux combinaisons , ou en sépare les élémens lorsqu'elles sont formées ; c'est ce qui ar-. rive en général lorsqu'il y a une grande différence d'expansibilité entre les élémens d'un composé. Ainsi :
i". A une température suffisante, les combinaisons ga-f zeuses de l'hydrogène avec le carboné , le phosphore , le soufre et l'azote, et les amalgames sont réduits à leurs élémens ; \sL plupart des oxides métalliques sont décomposés en tout ou en partie*
2^. Les gaz susceptibles d'être absorbés par Feau, et qui ont peu d'affinîté pour elle, ne s'y dissolvent pas à la température de loo; ce liquide eu absorbe d'autant plus que la température est plus basse, autant du moins qu^elle n'approche pas des degrés de la congélation , oit la cohésion des particules de l'eau suffît pour vaincre l'affinité du gaz. Quant aux gaz qui ont une grande affinité pour l'eau y ils s'y dissolvent à toutes températures , mais en bien moindre quantité, à la température de loo, qu'aux températures inférieures; et l'on observe que ces dissolutions peuvent souvent être congelées SMJS dégagement de gaz.
5**. Lorsque deux liquides inégalement volatils , sont unis, il suffît souvent pour les séparer, du moins en partie, de les exposer à une température convenable dans un appareil dis* tillatoire.
4**. Lorsque plusieurs combinaisons formées de deux composés binaires . sont exposées à l'action de la chaleur, ces deux composés se détruisent en tout ou en partie; par exemple, le ■carbonate de chaux exposé à une chaleur rouge cerise, est réduit en chaux et en acide carbonique, le carbonate de potasse est réduit en sous-carbonate et en gaz acide carbonique.
Mais on ne doit pas croire d'après ces exemples, que le$ composés qu'on retire d'une matière soumise à l'action de la chaleur , existoient toujours tout formés dans cette matièrç. Ainsi :
1**. Lorsqu'on distille le nitrate d'ammoniaque , tout l'hydrogène de l'ammoniaque se convertit en eau, et l'oxigène qui excède la composition de cette eau, forme, avec tout IV xote de l'ammoniaque et de l'acide nitriquç, du ga^ protoxide d'azote ;
2**. Les principes immédiats organiques fbrmés de trois ou de quatre élemens se réduisent par l'action du feu, ceux qui ne contiennent que de Toxigène, du carbone et de Phydrogène, en eau, en un ou deux acides liquides, en huile, en acide carbonique, en oxide de carbone, en hydrogène carboné et en charbon; ceux qui contiennent, en outre, de IV zote, donnent les mêmes produits , et de Taininoniaque. Rien de plus facile à expliquer que la production de ces différer corps y qui sont tous de nouvelle formation j la chaleur 9^
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sant inégalement sur les ëléinens des principes immédiats organiques, il arrive qu'à la température où l'équilibre des élémensde ces principes est détruit^ ils se réunissent dans d'autres proportions pour former des composés moins compliqués, et en général plus expansibles que le principe immédiat distillé;
3^ Si l'on distille deux parties de carbonate de chaux, et une partie d'hydrochlora te d'ammoniaque , on recueillera, dans le récipient du sous -carbonate d'ammoniaque, de l'eau, et il restera dans la cornue , du chlorure de calcium. Dans cette opération ^ la chaleur, exerçant d'une part sur l'ammoniaque et l'acide carbonique, et d'une autre part, sur l'hydrogène de l'acide hydrochlorique et l'oxigène du calcium, une force expansive plus grande que sur le chlore et le calcium , qui forment un composé fixe ; elle tend à volatiliser les premiers ; et comme ils ont, à la température où ils se séparent, de l'af^ finité réciproque , ils se combinent de manière à former du sous-carbonate d'ammoniaque et de l'eau. <..-
Si, dans les cas que nous venons d'examiner, la chaleur est suffisante pour opérer une décomposition, il est un grand n ombre d'autres cas où elle est insuffisante, mais où Ton peut cependant parvenir à l'opérer en aidant, par l'action delà chaleur, une affi-, jiité qui seroit elle-même insuffisante si elle agissoit seule. Ainsi:
1**. Le sulfate de baryte n'est décomposé ni par la chaleur, ni par l'acide borique à la température ordinaire ; mais si l'on réunit ces deux actions, l'acide borique se combine à la bar3rte , et l'acide sulfurique se dégage en gaz oxigène et ^n acide sulfureux ;
2**. Le carbonate de baryte n'est pas décomposé par la chaleur rouge blanche } il ne l'est point par l'eau bouillante; mais si on fait passer un courant de vapeur d'eau sur ce carl>onate après l'avoir porté au rouge dans un tube de porcelaine , il se dégage de l'acide carbonique , et la baryte s'unit à l'eau. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'hydrate de Isaryte qui est produit dans cette opération étant exposé , à la température ordinaire , au contact du gaz acide carbonique, se transforme en carbonate eten eau; cesdeux résultats, inverses l'un de l'autre, prouvent combien Tordre des affiiu« tés est susceptible de varier suivant les circonstances.
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Nous avons dît plus haut que le calorique détermine la formation de plusieurs composés, sans qu'on puisse attribuer cet effet à la diminutipn de la cohésion; un des exemples les plus frappans de ce mode d'actien du calorique , est celui que présente un mélange de i volume d'oxigéne et de a d'hydrogène que Ton chauffe graduellement dans une petite cloche où ces gaz peuvent se dilater librement, et où ils se combinent quand la température est suffisamment élevée ; un mélange à volume égal de chlore et d'hydrogène présente le même phénomène; et comme il est évident que le calorique n'agît point alors en surmontant la cohésion des corps qui entrent en combinaison, puisque ces corps sont à l'état gazeux, il est permis de croire que, dans beaucoup d'autres cas où le calorique détermine l'union de corps solides ou liquides, soit entre eux, soit avec du gaz, il n'agit pas seulement en surmontant la cohésion, mais qu'il agit encore de même manière que lorsqu'il opère l'union de deux gaz. On voit en effet des corps dont la cohésion est telle , qu'aucun degré de chaleur connu ne peut la liquéfier, et qui cependant se combinent , rapidement avec l'oxigène par l'action du calorique à une simple température rouge; tels sont le carbone, le bore, etc. Peut-être en est-il de même de la combustion de la plupart des corps susceptibles de s'unir à l'oxigène , et qui ne s'y combinent qu'à une température élevée. Il est vrai que la plupart de ces corps étant solides, on pourroit n'attribuer l'effet dont nous parlons qu'à la diminution de la cohésion ; mais il nous paroît peu probable que cette diminution en soit la seule cause.
c. De Vaginite qui s'exerce entre des corps dissous dans un liquide.
On a dû voir, parce que nous avons dit dans les deux articles précédens, combien étoit grande l'influence de la température sur les actions moléculaires des corps ; examinons maintenant rinfliience que la présence d'un liquide exerce sur ces mêmes actions moléculaires.
Des corps solides qui, à letat sec, n'exercent aucune action sensible , deviennent susceptibles d'en exercer une trèsgrande lorsqu'ils sont dissous dans un liquide neutre , c'est-à-
dire, qui n'est ni acide ni alcalin. Alors ce liquide surmontée en partie la cohésion de leurs molécules , et en exerçant ainsi un mode d^action analogue, jusqu'à un certain point, à celui du calorique j il les met dans le cas d'entrer en combinaison; mais il y a cette différence essentielle entre ces deux modes d'action, que le liquide ne communique pas de force répulsive aux molécules du corps qu'il dissout.
Nous avons vu que quand la cohésion d'un solide étoit assez hsHancée par le calorique , ce corps devenoit liquide , et qu'il reprenoit l'état solide dès que la force expansive venoit à diminuer. Il en est à peu près de même lorsqu'un liquide a surmonté la cohésion d'un solide en le dissolvant; tant que la quantité du liquide ne diminue pas, et que les autres circonstances restent les mêmes, le solide reste uni au liquide; mais lorsque la quantité de celui-ci vient à diminuer par l'évaporation, ou que la température s'abaissant , la cohésion cesse d'être diminuée par la chaleur , le corps dissous se sépare en partie; et si la séparation se fait lentement, on obtient des cristaux , de même qu'on peut en obtenir lorsqu'aprés avoir fondu un corps, on en laisse passer, par un refroidisseihent graduel, une partie à l'état solide, et qu'on sépare celle-ci de la portion qui est encore liquide.
Nous avons dit plus haut que les sulfates étoient décomposé* par l'acide borique à une température élevée. Il n'en est pas de même lorsque cet acide, dissous dans Teau , agit sur les sulr fates ; non-seulement il ne les décompose pas , mais si l'oii' traite un borate par l'acide sulfurique liquide , on obtient un sulfate , et l'acide borique est mis en liberté.
Nous avons vu qu'en chauffant du carbonate de chaux avec ■ l'hydrochlorate' d'ammoniaque , on obtient du sous-carbonatÇ d'ammoniaque , de l'eau et du chlorure de calcium. Si l'on met ce dernier en contact avec du sous-carbonate d'ammor niaque dissous dans l'eau, les corps réagirent peu à peu, et se transforment en carbonate de chaux et en hydrochlorate d'ammoniaque.
Les deux dernières expériences, que nous venons de rapporter, présentent donc des, résultats inverses de ceux qu'on observe dans le cas où les corps réagissent à chaud sans l'intermède d'aucun liquide. Pour plus de détails^ voyez l'article ^SçLS [action réciproque)^
îo8 ATT
d. Influence de la quantité sur l'affinité,
S^îl est faux de dire que Taffiaité croît indéfiniment comme la quantité, au moins est-il certain qu^une quantité d^un corps A est plus fortelnent attirée par 2,3, etc. , quantités d*ua corps B , que par une seule , lorsque A peut s'unir à i , 2 , 3, etc. , parties du corps B. Nous allons citer plusieurs expériences pour prouver cette proposition ^ qui n'a été bien appréciée que depuis les beaux travaux de l'illustre auteur de la statique chimique.
1**. Lorsqu'on expose au feu des cHstaux de carbonate de potasse , on en chasse la moitié de l'acide carbonique , et quelle que soit la durée de l'opération, on ne peut ea chasser davantage ; la moitié de l'acide qui reste , unie à la potasse , est donc beaucoup plus fortement attirée que la moitié qui s'en est séparée.
2**. Le manganèse est susceptible de se combiner en plusieurs proportions àl'oxigène; lorsqu'on distille le peroxidc, Y)n en chasse une portion d'oxigène , et l'on obtient un oxide inférieur qui n'éprouve plus d'action de la part de la chaleur; que l'on fasse passer sur cet oxide du gaz hydrogène , il se forûiera de l'eau , et l'on obtiendra un nouvel oxide inférieur 'd'une belle couleur verte ^ sur lequel le. gaz hydrogène n'a pas d'action. On voit donc que la première quantité d'oxigène qu'elle sépare par l'action seule delà chaleur, est moins fortement retenue que celle qui Test par l'hydrogène , et que cette dernière est moins attirée que celle qui reste unie au métal dans l'oxide vert.
3**. L'acide sulfurique est susceptible de se combiner avec la potasse, en deux proportions qui sont entre elles comme 1 : 2 ; la première constitue le sulfate neutre; la seconde, le sursulfate; que l'on traite le sulfate neutre par l'acide nitrique, celui-ci s'unira à de fff potasse , mais la décomposition s'arrêtera au, terme où le sulfate- aura cédé la moitié de sa base , c'est-à-dire lorsqu'il sera converti en sursulfate; alors l'acide nitrique ne pourra plus enlever d'alcali à l'acide sulfurique; par conséquent la potasse est plus fortement retenue par deux parties d'acide sulfurique que par une seule.
Dans les expériences précédentes^ l'influence de la guAni
ïité n exerce une i
portions définies par exemple, que s aveu a de B, qu'a pose que 1
i les seules e coinliiDer: de
iction intense que i:
1 les corps peuvent
1 de A se combine seulement avec i ou Q mette g de A avec i5 de B, et qu'où sup- ;es ces parties s'unissent, il est certain qu'en ■ choses en général, A devra être plus fortement attiré par Bque dans le cas où A et B sont unis à parties égales ; mais il ne faut pas regarder les rj parties de A comme étant également attirées par les i S de B, car les résultats dff l'union de ces parties sont 3 de A unies avec 3 de B , et 6 de A tiaïes avec 12 de B ; par conséquent il y a 3 de A qui ne sont pas plus attirés que dans le cas où les corps étoient combinés à parties égales. Cette explication fait voir comment l'influence de la quantité ne s'étend qu'aux seules proportions définies, quand les combinaisons ne sont possibles que dans ces proportions.
Examinons l'innuence de la quantité dans les combïnaîsous indéfinies.
1°. Si l'on réunit 6 parties d'acide sulfurique à 66 deg. avec 5 parties d'eau, on a 8 parties d'un liquide composé de 4. parties d'acide sulfurique et de 4 parties d'eau , par la raison que l'acide sulfurique a 66 deg. contient environ un cinquième de son poids d'eau. Si l'on expose à l'action du feu Je liquide dans un ballon de verre dans lequel on a suspendu vn thermomètre, on observe que l'ébullilion commence entre i35et i/|0 degrés, à cause de l'action de l'acide sur l'eau (que le thermomètre s'élève à mesure que l'eau se vaporise, et cela jusqu'à un certain degré, où il reste statiunnaire. Si l'on arrête alors l'opération, on trouve que le résidu est de l'acide sulfurique à 66 deg., et que son poids est environ de 5 parties; si l'onreprendropération, l'on distille l'acidesulfurïque en entier à une température qui n'augmente plus, et il est impossible d'en séparer de nouvelle eau par l'action de la chaleur; d'oùil suitque la température nécessaire pour volaliliserles3 parties d'eau que l'on a unies aux S d'acide sulfurique à 66 deg. , ne «'accroît quepnrcequel'aHinité de l'acide sulfurique augmente X mesure que la quantité d'eau diminue, ou à mesure que sa quantité augmente relativement à celle de l'eau.
2'. La diuoluUon det igla dans les liquides étant des combi-
1 1 o , ATT
saisons indéfinies, l'action d'un liquide sur un sel doit augmenter progressivement avec la quantité de ce liquide ; c'est ce que les considérations suivantes mettent en évidence. Lorsqu'on prend des poids égapx d'un même sel, et qu'on les fait dissoudre, k diverses températures, dans les quantités d'eau strictement nécessaires pour en opérer la dissolution, on observe qu'en général, les quantités sont d'autant plus grandes que les températures sont moins élevées. Or, la dissolution s'arrête lorsque la cohésion du sel est en équilibre avec l'affinité de l'eau pour ce même sel; mais la cohésion est d'autant plus grande, que la température est plus basse ; et comme il faut alors plus d'eau pour dissoudre la même quantité de sel, il est évident que cette plus grande quantité d'eau exerce sur le sel, à raison de sa masse, une action plus forte que celle de la moindre quantité d'eau' nécessaire pour le dissoudre à une température plus élevée.
L'influence de la quantité s'exerce encore d'une manière bien remarquable dans l'action de l'eau sur plusieurs combinaisons salines, et en particulier sur celles dont l'un des principes est insoluble dans l'eau, tandis que l'autre y est soluble, et que ces principes n'ont pas d'ailleurs une grande affinité mutuelle.
1**. Le margarate neutre de potasse, qui est formé d'un corps très-soluble dans l'eau , la potasse, et d'un autre, l'acide margarique qui y est absolument insoluble, peut, sans se décomposer, absorber une petite quantité d'eau, et prendre alors l'état mucilagineux; mais si on délaye ce mucilage dans une l^ande masse d'eau, le margarate cédera à ce liquide la moitié de son alcali, et passera à l'état de surmagarate de potasse. 11 est' certain, d'après cela, qu'une grande quantité d'eau opère une décomposition que ne peut produire une petite quantité de ce liquide.
2**. Le nitrate de bismuth présente le même résultat, avec cette différence cependant que ce n'est pas sa base qui se dissout, mais bien l'acide. Le nitrate de bismuth peut être obtenu en dissolution dans une petite quantité d'eau ; mais comme l'action de l'acide sur la base eut peu considérable , et que l'acide à besoin de toute son énergie pour la tenir dissoute, il arrive qu'en ajoutant de l'eau k la dissolution, il se fait un précipité de sous-nitrate , et il reste , dans la'liqueur, dé l'acide
retenant un peu d'oxîde. Cela prouve donc que dans le cas où le nitrate est dissous dans un peu d'eau , la masse de ce liquide est trop foible pour diminuer sensiblement l'énergie de Tacide ; que dans le cas où la masse d'eau est augmentée , celle-ci entre en concurrence avec l'oxide pour balancer Faction de l'acide. Mais ce que nous ne devons point passer sous silence, c'est qu'une nouvelle quantité d'eau ajoutée dans le nitrate décomposé, redissout le précipité. Suivant nous, ce seroit une grande erreur de considérer cette solution comme du nitrate de bisinuth dissous dans l'eau ; car elle est bien réellement formée d'une combinaison d'eau et d'acide nitrique, tenant en dis* solution du sous-nitrate de bismuth.
Nous voyons , d'après ces phénomènes que le nitrate de bismuth présente lorsqu'on le mêle à des quantités diverses d'eau, combien les proportions de ce liquide peuvent avoir d'influence sur l'état de combinaison des principes d'un sel qui s'y trouve en dissolution j les deux exemples que nous allons rapporter achèveront de le prouver.
3"*. Si on met dans une solution de potasse concentrée et chaude assez d'acide borique pour que la solution rougisse for^ tem^ent le tournesol, et qu'ensuite on ajoute à cette solution une grande quantité d'eau , on aura un liquide qui , au lieu de rougir le tournesol , ramènera au bleu celui qui aura été probablement rougi par un acide. M.Meyrac a observé ce fsit^ ^i me papoît devoir être expliqué ainsi : L'acide borique n'a qu'une très-foible énergie acide; car j'ai observé depuis longr lemps^ 1*. que les solutions de potasse et de soude sursaturées d'acide borique verdissent fortement la teinture de violette j ja*. que l'acide borique se comporte avec l'hématine comme un alcali foible; d'après cette considération, je pense qu'ea ajoutant de l'eau à une solution de potasse saturée d'acide borique, l'action de l'acide pour neutraliser la potasse s'aifoibliC assez pour que l'action de cet alcali J'emporte sur celle de l'acide.
4®. Ayant uni à de la potasse dissoute dans un peu d'eau environi une fois et demie plus d'acide butirique qu'il n'en falloit po.ur la neutraliser, j'ai obtenu un liquide dont l'action sur un papier de-tournesol sebornoif à Jç faire passer au potirpre. J'ai conclu dç là que la potasse, ou lebutirate de potasse neutre ^ attixoit
lia ATT
plus fortement la quantité d'acide en excès que cette quantité n'étoit attirée par l'alcali du tournesol ; et ce qui m'a confirmé dans cette opinion , c'est que la solution de butifate avec sda excès d'acide ne décomposoit pas à la température ordinaire des cristaux de carbonate de potasse qu'on jetoit dedans. Mais ce qui prouve maintenant l'influence de la masse de l'eau sur ce résultat, c'est qu'en ajoutant suffisamment de ce liquide aU butirate, la liqueur acquéroit la propriété de rougir fortement le tournesol, parce qu'alors l'action de la potasse ou dubuti^ rate neutre sur l'excès d'acide, affoiblie par l'action de l'eau, ne s'exerçoit plus avec une intensité suffisante pour s'opposer à ce que l'acide butirique s'emparât de tout l'alcali du tournesol; je dois ajouter que la liqueur étendue décomposoit avec effervescence le carbonate de potasse cristallisé.
c. Influence de la lumière du soleil sur l'attraction moléculaire.
Tous les corps qui sont susceptibles d'absorber la lumière s'échauffent et se dilatent lorsqu'ils sont exposés aux rayons du soleil. A la vérité, la lumière directe n'a, pour échauffer, qu'une action très* bornée; mais tout le monde sait l'énergie qu'elle acquiert lorsqu'elle est concentrée par la réflexion d'un miroir concave , ou la réfraction d'une lentille ; elle est capable alors de fondre, de volatiliser l'argent, l'or, etc., et de produire sur les corps des effets semblables à ceux qu'ils nous présentent lorsque nous les exposons au feu de nos fourneaux; mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'an rayon du soleil détermine sur la plupart des matières privées de la vie, soit qu'elles aient appartenu ou non à des corps organisés , les mêmes effets qu'une chaleur de iSo k 600 , ainsi que MM. de Rumford , Gay-Lussac et Thenard l'ont prouré dans de belles suites d'expériences.
Voici des exemples de combinaisons et de décompositions que produit l'action de la lumière du soleil , et qui , toutes la autres circonstances restant les mêmes , n'ont pas lieu dans l'obscurité.
l^ Les oxides d'or et d'argent sont décomposés en métal et en gaz oxigène ;
2\ Le protoxîde de mercure est réduit en mercure et en peroxidc; *
ï\ Le chlore 9 âissou^ dans l'eau, décompose ee liquide; il ke produit de l'acide hydrochlorique , et un peu d'acide chlorique , qui restent tous les deux: en dissolution dans de l'eau non décomposée, et en même temps lise dégage du gaz oxigénei 4**. Le chlorure d'argent, récemment précipité et submergé dans l'eau, de blanc qu'il est, passe au violet, par son exposition au soleil. Voyez Supplément, Argent, chlorure d'argenU Comme il n'y a que la partie éclairée qui éprouve ce changement, on peut se servir de ce chlorure pour démontrer, en" général , l'influence que la lumière peut exercer sur l'action chimique. En eflfet, si l'on met le chlorure et l'eau dans un vase cylindrique de verre , et qu'on recouvre la moitié de ce vase ^ dans le sens parallèle à l'axe, d'un papier noir, il arrivera que la lumière ne fera passer au violet que les seules parties du chlorure qui seront exposées à son action, tandis que celles qui en seront préservées par le papier noir conserveront leue jblancheur ;
5°. L'action de la lumière est encore bien sensible sur un grand nombre de couleurs végétales; presque toutes, lorsqu'elle» y sont exposées, se décolorent en se décomposant; mais alors l'oxigène dé l'air paroît, dans plusieurs cas au moins, agir concurremment avec la lumière.
Ces exemples, choisis parmi beaucoup d'autres que noua • Aurions pu citer , suffisent pour mettre en évidence l'influence de la lumière sur l'action chimique ; et il est aisé de voir, en comparant les résultats que nous venons de déonre, avec ceux que l'on obtient lorsqu'on en expose les mêmes substances à une chaleur de i5o à 6oo deg., combien il y a d'analogie entre les effets produits dans l'un et l'autre cas. Oa remarque cependant qu'il y a quelques phénomènes prdouits par l'action de la lumière, qui n'ont pu l'être encore parcelle de la chaleur.
Tels sont, entre autres exemples , ce qui arrive : i**. à un mélange de volumes égaux de chlore et d'oxide de carbone qui se combinent par l'action de la lumière, en se condensant de la moitié du volume total ; 2**. au gaz acide carbonique qui , dans les parties vertes des végétaux exposées aux rayons du soleil, est décomposé en carbone qui reste dans la plante, et en gaz oxigène qui s'en dégage. Ce dernier phénomène 5. 8
explique le changement de couleur , le dépérissement, les maladies , et même la mort des êtres organisés pour vivre à U lumière, lorsquHls sont long-temps plongés dans une obscurité profonde.
Relativement à 1 action des dififérentes sortes de rayons que l'on trouve dans un trait de lunûère solaire, Voyez LuMiÈa£«
f. Influence de l'électricité sur l'attraction moléculaire,
XiOrsque nous ^vons considéré Tinfluençe de la force expaosive de la chaleur sur la cohésion et sur l'affînité , nous n'avons pas parlé des différences qui existent entre les corps relativeinent a la faculté qu'ils ont de transmettre la chaleur plus ou Vioins rapidement, parce qu'aucun n'est privé de cette faculté, et qu'ils exigent tous un temps appréciable pour la conduire ; dés-lors, la plus ou moins grande facilité avec laquelle les corps conduisent la chaleur ne peut avoir d'influence sur la manière dont celle-ci agit à l'égard de la cohésion et de l'affinité, que relativement au temps nécessaire pour que cette action n'exeroe. Il n'en est pas de même de l'électricité ; il est des corps qui la^ conduisent avec tant de rapidité , que le temps qu^elIe met à les traverser est inappréciable 3, dans d'autres, elle se transmet si lentement, que beaucoup de physiciens les ont considérés comme imperméables à cet agent. Dans ces deux cas, on conçoit aisément que l'électricité ne peuit avoir aucune influence sensible sur la cohésion ou l'affinité ; dans le pre- :çiier , parce qu'elle se répand à l'instant dans toute la masse ; dans le second , parce qu'elle ne peut agir suf les corps qu'elle me pénètre pas. Il semble résulter de. cette considération , que les corps qui conduisent l'électricité, mais qui ne la conduisent qu'imparfaitement, sont les. seuls sur lesquels elle fuisse produire des effets sensibles. Cependant il ne faudroit pas croire qu'il n'est aucunes circonstances dans lesquelles les bons conducteurs , les métaux , par exemple , ne puissent éprouver aucune action de l'électricité. Pour donner lieu à cette action, il suffit de les réduire en fils assez déliés pour que la transmission d'une quantité donnée d'électricité y soit gênée. C'est ce qui arrive lorsqu'on décharge une batterie électrique ou une pile de Volta avec des fils métalliques ; à longueur égale, ces fijs s'échauffent d'^^ut^t plus q[u'ils sont plus
ATÏ ii5
Ûn& ; nOn-^èulettxient leur température peut être portée à Tin-' candescence, mais encore lorsqu'ils soQt suffisamment déliés, la cohésion de leurs particules est surmontée, et ils sont fou" dus ou volatilisés. Dans ce dernier cas, si l'expérience est faitç dans une atmosphère qui contient du gaz oxigéne, le métal a'oxide en même temps , lors même qu'il a peu d'affinité pour l'oxigène ; c'^t ce qu'on observe en particulier en faisant cette expérience sur l'or, qui ne s'oxide que très-difficilement. Le charbon, qui est moins bon conducteur que les métaux, et dont la cohésion résiste aux températures les plus élevées que lipus connpissions, placé dans 'le vide, et traversé par un cou* rant d'électricité voltaïque , répand une lumière très-écla tante.
Quelques physiciens pensent que les effets dont nous venons de parler n'ont lieu que parce que l'électricité produit de là phaleur par une action mécanique de frottement ou de com«pressipn ; d'autres, qui attribuent l'électricité positive etrélectricité négative à deux fluides différens, pensent que la chaleuj^ et la lumière sont produites par la réunion de ces deux £luide& dans le corps conducteur avec lequel on décharge la batterie ou la pile voltaïque. Quoi qu'il en soit de ces opinions, et en nous bornant à la simple exposition des faits, nous conclurons de ceux que nous venons de décrire, que l'électricité ^ en quantité suJfisanLe , et gênée dans son passage au trai^ers des corps , diminue et surmonte même la cohésion de leurs particules.
L'influence de l'électricité sur l'affinité présente des faits beaucoup plus multipliés et plus remarquables ; c^est une des causes qui foût le plus varier le phénomène de l'affinité. Nous distinguerons deux classes de ces phénomènes; ceux qui sont produits par l'étincelle électrique, et ceux qui le sont par Faction continue de la pile.
Combinaisons et décompositions produites par l'étincelle électrique* Il y a des corps que Vétincetle électrique tend à combiner; d'autres j qu^elle temtà séparer lorsqu'ils sont unis; et il y en a qu'elle tend^ suivant les circonstances^ tantôt à combiner ^ et tantôt^ à séparer. Donnons des exemples de ces différens cas.
Si , après avoir introduit dans une cloche pleine de mer^ cure un mélange de loo de gaz azote et de 260 d'oxigènt et une certaine quantité de chaux ou de potasse humide, oâ feit passer au milieu de^ gaz 9 et, au moyen d'un excitateur^
fi.
«lis ATT
un grand nombre d'ëtîncelles , l'oxigène et Tazote forment it l'acide nitrique, qui sature la chaux ou la potasse.
Une seule étincelle électrique que l'on fait passer dans le mélange He 1 volume d'oxigène et 2 d'hydrogène, dans celui de volumes égaux de chlore et d'hydrogène, dans celui de i volume d'oxigène et 2 volumes d'oxide de carbone, détermine la combinaison des gaz de chaque mélange; il y a détonation et dégagement d'une vive lumière.
Si l'on tire un grand nombre d'étincelles au milieu du gaz ammoniaque, des gaz hydrogène carboné, phosphore, sulfuré, on réduit le premier çn gaz hydrogène et gaz azote, et les autres en gaz hydrogène pur et en précipité de phosphore de carbone ou de soufre.
Des étincelles électriques qui éclatent dans l'eau entre des fils d'or excessivement déliés, faisant l'office d'excitateur , décomposent ce liquide, suivant l'observation de M. Wollaston. L'oxigène et l'hydrogène présentent donc un exemple de corps que l'on peut, au moyen de l'étincelle électrique, combiner lorsqu'ils sont séparés , ou séparer lorsqu'ils sont unis*
Combinaisons et décompositions produites par la pile voltaïque.
Tous les phénomènes de combinaisons et de décompositions que présente la pile, peuvent être ramenés à cette loi géaaérale : VoTÎgene^ les acides et les corps qui leur sont analogues y êon^ attirés par le pôle positif de la pile^ et l*hjrdrogène ^ les alcalis et les corps qui leur sont analogues , sont attirés par le pôle négatif.
Décomposition de Veau par la pile. De toutes les décompositions que Ton peut produire au moyen de la pile, celle de l'eau est une des plus importantes à bien connoitre, parce qu'on en déduit une théorie propre à expliquer en général l'action de l'électricité sur les composés dont elle peut séparer les élémens* Pour observer toutes les circonstances de cette décomposition, il faut employer l'appareil que nou5 allons décrire.
On introduit dans le bec d'un entonnoir un bouchon de liège; on y pratique deux trous, afin d'y faire passer deux £ls. de platine, lesquels doivent s'élever dans l'intérieur de l'eiflonnoir, à la moitié de sa hauteur environ ; ces fils doivent être assez écartés pour qu'on puisse les placer chacun sous une petite cloche de verrct Le bouchon doit être recouvert à l'ex-
lérîenr et à Tintérieur de l'appareil , d'une couche de mastic résineux. On remplit i* entonnoir d'eau distillée, ensuite on y enfonce les deux petites cloches pleines d'eau, et lenverséc» de manière que chacune recouvre un des fils. Les choses ainsi disposées , on met en communication avec les pôles de la pile, les extrémités libres des fils de platine; bientôt oa aperçoit, sur la partie de ces fils submergés dans l'eau de l'entonnoir, de petites bulles de gaz qui s'en détachent dés qu'elles ont une élasticité suffisante pour vaincre la pression du liquide , et qui vont se rassembler au haut des cloches. Il faut bien observer qu'il ne se dégage point de gaz entre les fils.
La décomposition de l'eau est singulièrement accélérée, si l'on en augmente le pouvoir conducteur en y ajoutant un acide , un alcali ou un sel ; si Ton arrête l'opération lorsqu'il y a des quantités suffisantes de gaz rassemblées dans les cloches , on trouve que celle qui recouvroit le fil positif, contient de l'oxigène , tandis que celle qui recouvroit le fil négatii contient de l'hydrogène.
Essayons de donner l'explication de cette décomposition , d'après l'ingénieuse théorie de M. Grotthuss.
C'est un fait connu que tous les corps qui s'électrisent par contact, pat le frotteuient, la coinpress'ou , se coustitui-nt dans deux états opposés d'électricité, et qu'alors ils attirent tous les corps qui ont une électricité différente de la leur, et qu'ils repoussent ceux qui ont une électricité seuibiable ; j ar conséquent , l'oxigène qui est attiré par le fil positif, ^,st électro-négatif; l'hydrogène qui se porte vers le fil négati» , vst éiectr(^-positif. Maintenant la décomposition d'une partioiilo d'eau, supposée placée entre les deux pôles de la pile, ne prouve-t-elle pas que l'énergie du pôle positif pour attirer l'oxygène, et l'énergie du pôle négatif pour attirer Vhyi'.iogène, l'emporte sur l'affinité mutuelle des élcmens de rciiP Mais l'action que nous venons de considérer comme siniplr , doit plutôt être considérée comn;ie double, c'est-a-dire une ie transport de l'oxigène vers le pôle positif est détenu i.ié cl par l'attraction de ce pôle et par la répu'siondu pôle négatî , comme le transport de l'hydrogène est dû a l'attraction du pôle négatif et à là répul&iou du pôle positif. JPaus ce cas , il
id nombre d'ël
f ^liiicrile Ôlc«i
gar. hyHr ou lie Si
ifre.
^lincelles électriques qui r pxcessivemenl délits, l;i îent ce liquide, suivant I" :ne el l'Ijjdi'ogétie pri-n-, |iie l'on peut, mi moyen dtoi'stju'ils HDiit aéparés, ou >
'naisoni et di'.iyomposilions p;.
les phënooiènes tlc coiiiliin
•éscQie ia piie, peuvent <n : l'uTigine, Ici aclitei el If r irés par Lepôttpoaîli/de la pilr '1 qui leur sont anoloffiitr . .s'm •mposiliondf l'eau par la pil'. U Il peut produire BU iiiiiyeti il.
;s plus iuiportiinti-a à bii'n (<i.
une théorie propre à explicju icitésiiT tes eoni posés iloni elle bBtPvep loiiteo les eircimstaiii' Tout employer rnppareil qiie ■ B le bi-v d'un en' •ux Irous. ail IXitlDiveol sVli a bauleui' u'aa piiiMe let
pile Bigiiie. «.^
etôei'oàline Une solution
positif. Vmte
K»m- L'aramoi «'est pas conce Dicomposiii»
d'une base et ci famés, soumu l éam l'eau, pp^^
fait cesespérLei celle de sulfate plaçant à c^lé ' Veau, etétabliss 1,1 moyen de «' met chaque ç6' des cloches-, et deux liqupul-î 1 on voit que le et que clIuî dn M. Davy a fa ,1,'i iieidesoiid rtuusclautvuv (,vi VulcaUnvil
cuiumunlqiK çolasseiAan'
communiiï
çtnistl'uei in tomb'
ne au p61e positif de la pile, et l'autre au se et l'eau se <Iécompo9eat simultanément, hydrogène apparoiftent au disque négatif, tqne positif.
d'ammoniaque est également décomposée^ igage au p61e négatif et son arote au p6le itt être dans rammoniaque relativement à eat , dans la potasse , l'oxigène au potosji'rat pas décomposée quand sa solution
dpar la plie. Timslcsseliqui sontrormés (rfe dont le» ék^mew» sont fortement comla pile lorsqu'il» sont en dissolution mplétemcnt réduits en acide qui v»
■base qui se rnssemble au pôle négatif. On lulion de sel, parexemple, - [te petite cloche de verre, onde cloche contenant de lion entre ies deux liqnide»
c tout est ainsi préparé, un m mu ni cation avec chacune lut de quelques heures, les :^ tournesol rouge et bien, l pôle positif rougit le papier bleu, lllif bleuit te papier rouge.
rvations très^urieuses sur le passage
LÎ proviennent de la décompositiou
Je susceptible de neutraliser l'acide
é d'un pôle à l'autre. Ainsi, ayant
dans une petite clochedc verre qui
de l'ammoniaque , ou delà
nimuniquant à la première
I! l'eau dans une troisième
avec le pôle positif, il a vu
uembioit à ce dernier pôle, que
1 l'anunoniaque ou là potasse sans
n'a lieu qu'autant que le liquidÉ!
is susceptible de précipiter à l'état
, quand on remplace l'amiito-
k mettant last
I communie bile. lorsque
it» ATT
est évident qu'une force répulsive agissant dans le même sens que la force attractive, doit augmenter l'effet de celle-ci. Telles sont les idées les plus simples qu'on peut se faire de la décomposition d'une particule d'eau. Mais dans l'expérience que nous nous proposons d'expliquer, Télectricité n'agit pas sur une seule particule, mais bien sur une série de particules qui commence à l'un des pôles et finit à Tautre, Nommons O l'oxigène, et HTliydrogène de la particule d'eau qui est en contact avec le fil positif; O' et H', l'oxigène et Thydrogène de la particule suivante; O" et H" l'oxigène et l'hydrogène d'une troisième particule , et ainsi de suite. L'oxigène de toutes les particules tendant à se porter vers le pôle positif, et l'hydrogèue de ces mêmes particules du côté du pôle négatif, elles se disposeront de manière à ce que l'ensemble de \S série soit représenté par O H, O' H', O" H", etc. , et dès-lors, à mesure que chaque O tendra à se rapprocher du fil positif, et chaque H du fil négatif, on voit que H quittera O pour se combiner avec 0\ que H' quittera O' pour s'unir avec O", et ainsi de suite, de manière qu'il n'y aura que l'oxigène de la première particule d'eau et l'hydrogène de la dernière, qui se dégageront à l'état de gaz, les autres molécules d'hydrogène et d'oxigène se réunissant , ainsi que nous venons de le dire, pour former de nouvelles particules d'eau. ^
Décomposition des acides par la pile^ Si l'on fait plonger les deux fils de la pile dans une solution aqueuse concentrée d'acide sulfurique ou d'acide phosphorique , du soufre ou du phosphore se rassemblera au fil négatif, et de l'oxygène se dégagera au pôle positif; mais il faut remarquer qu'une portioa d'eau se décomposera en même temps que l'acide. Si les acides ëtoient très-étendus d'eau , ce liquide éproiiveroit seul la décomposition.
Les acides hydrochlorique et hydriodique sont également décomposés; le chlore et l'iode vont au pôle positif, et l'hydrogène au pôle négatif. Le chlore et l'iode se conduisent donc comme l'oxygène.
Décomposition des bases salijiahtes par la pile. Nous citerons pour exemple la décomposition de la potasse et de l'ammoniaque. Lorsqu'on place un morceau d'hydrate de potasse, dont la surface est légèrement humide, entre deux dis^ue3'<tepla4inei
dont Fun communique au pôle positif de la pile, et l'autre au pôle négatif, la potasse et Feau se décomposent simultanément^ du potassium et de Phydrogène apparoissent au disque négatif , et de Toxigéne au disque f^ositif.
Une solution forte d'ammoniaque est également décomposée^ son hydrogène se dégage au pôle négatif et son afcotc au pèle positif. L'azote paroît être dans l'ammoniaque relativement i l'hydrogène , ce qu'est , dans la potasse , l'oxigène au potassium. L'ammoniaque n'est pas décomposée quand sa solution n'est pas concentrée.
Décomposition des sels par la pile. Tous les sels qui sont formés d'une base et d'un acide dont les élémens sont fortement combinés, soumis à l'action de la pile lorsqu'ils sont en dissolution dans l'eau , peuvent être complètement réduits en acide qui va au pôle positif, et en base qui se rassemble aii pôle négatif. On fait ces expériences en mettant la solution de sel, par exemple^ celle de sulfate de potasse, dans une petite cloche de verre, plaçant à côté de celle-ci une seconde cloche contenant de l'eau , et établissant une communication entre les deux liquides au moyen de fils d'amiante. Lorsque tout est ainsi préparé, on met chaque pôle de la pile en communication avec chacune des cloches; et en essayant, au bout de quelques heures, les deux liqueurs avec des papiers de tournesol rouge et bleu y on voit que le liquide du pôle positif rougit le papier bleu , et que celui du pôle négatif bleuit le papier rouge.
M. Davy a fait des observations très-curieuses sur le passage des acides ou des alcalis, qui proviennent de la décomposition, d'un sel au travers d'un liquide susceptible de neutraliser l'acide ou l'alcali qui est transporté d'un pôle à l'autre. Ainsi , ayant mis , 1*. du sulfate d'argent dans une petite cloche de verre qui communiquoit au pôle négatif; 2**. de l'ammoniaque, ou de la potasse, dans une seconde cloche communiquant à la premièr^^ au moyen de fils d'amiante; 3**. de l'eau dans une troisîèrtie communiquant avec la seconde et avec le pôle positif, il a vu que l'acide sulfurîque se rassembloit à ce dernier pôle, que conséquemment il traversoit l'ammoniaque ou là potasse saiis s'y combiner. Mais ce résultat n'a Heu qu'autant que le liquide du vase interméjcKaire n'est pas susceptible de précipiter à l'état solide le corps transporté. Ainsi ^ quand on remplace rammc-
nîaque ou la potasse par l'eau de baryte , celle-ci forme d« sulfate de baryte avec tout l'acide sulfurique qui s'est séparé de l'oxide d'argent en vertu de l'action électrique , et ce sulfate, qui est insoluble, reste dans la cloche intermédiaire où il s'eit produit.
Lorsque les sels ont pour base un oxide dont le métal n'a pas pour roxigèirf une affinité très-énergique, non-seulement le sel se décomposé, mais encore la base; alors on obtient le métal de cette base au pôle négatif. C'est ce qu'on peut démontrer facilement de la manière suivaAte : on verse une solution d'acétate de plomb ou d'hydrochlorate de protoxide d'étain dans un siphon de verre; on met les branches du siphon en communication avec les pôles de la pile ; le fil négatif se recouvre d'une végétation métallique qui s'accroît progressivement en allant de ce pôle vers le pôle positif, et en même temps on observe que l'acide et l'oxigène vont à ce même pôle. Il paroît que l'eau est décomposée en même temps que le sel, et que c'est son oxigène qui se dégage, tandis que son hydrogène réduit l'oxide métallique au pôle négatif.
Lfs état$ opposés d'électricité dans lesquels des corps ss trouvent^ peuvent favoriser leur combinaison* Ainsi , quand les fils qui communiquent avec les pôles d'une pile sont de nature à pouvoir s'unir avec les corps, qui seront transportés vers cet fils, en raison de la polarité électrique, les combinaisons pourront s'effectuer, quoiqu'elles ne fussent pas possibles dans le cas où la matière du fil ne seroit pas électrisée. Ainsi , l'argent ne s'oxide point dans l'eau ni dans l'air; mais il s'oxide si on le met en communication avec de l'eau et le pôle positif d'une pile en activité. Le tellure, mis dans l'eau, ne la décompose pas, quoique susceptible de s'unir aux deux élémens de ce liquide; mais si on le met en contact avec l'eau et le pôle négatif d'une pile, il se convertira en un hydnirc brun. C'est encore à la même cause que nous devons rapporter la facilité avec laquelle un fil d'or électrisé, qui communique, d'une part, au, pôle positif d'une pile, et qui est plongé de l'autre part dans une dissolution de chlorure ou d'hydrochlorate, est dissous par le chlore qui se porte vers ce même pôle , en raison de sa nature électro-négative. Les phénomènes dont nous venons de parler feront conce-
voir rapplication que Ton peut faire de la pile pour oxigéner ou hydrogéner des corps dont Taffînité pour l'oxigène et rhydrogène n^est pas considérable.
Dans toutes les expériences de décomposition et de combî« naison dont nous venons de parler, nous avons considéré les corps comme étant soumis à l'action d'une électricité déve* loppée par un appareil électrique : faisons connoître un phénomène qui commence par l'action d'une affinité élective , et qui-se continue par une actioh électrique.
L'on fait dissoudre i partie d'acétate de plomb dans 9 parties d'eau ; on remplit , avec cette solution , une cloche de verre étroite de o™, 1 de longueur? on fixe une des extrémités d'un cylindre de zinc, de o^, oo5, ou 0°», 006 de diapiètre, dans un bouchon ou une petite planche, de manière que ce bouchon ou cette petite planche étant assujetti à la partie supérieure de la cloche de verre, l'extrémité libre du. cylindre puisse plonger de cm, o3 environ dans l'acétate 4e plomb. Le zinc ne sera pas plus tôt immergé, qu'il se recouvrira de plomb, et ce plomb sera bientôt recouvert lui-même de nouvelles molécules qui formeront des ramifications brillantes^ ou, comme on le dit, une végétation ou un arbre de Saturne. Il faut hien remarquer que l'arbre croit de haut en bas; que l'addition des nouvelles molécules à celles qui se sont d'abord précipitées se fait toujours à l'extrémité des ramifications la plus éloignée du zinc; et que , pendant toute la durée de la précipitation, il n'y a aucun déga^ gementde gaz. Si l'on examine la liqueur après que Farbre aura tout-à-fait cessé de croître, c'est-à-dire, après plusieurs jours, on y trouvera de l'acétate de zinc en dissolution. La théorie de cette opération a été donnée par M. Grotthuss. Suivant lui , il faut distinguer deux époques dans la précipitation du plomb ; pendant la première, ce métal se précipite, à raison de ce que le zinc a plus d'affinité que lui pour l'oxigène et l'acide. acétique : le zinc enlève donc ces deux corps au plomb par affinité élective. Mais lorsque le cylindre de zinc est recouvert en grande partie de plomb , on ne peut plus attribuer à l'affinité la précipitation des nouvelles molécules de plomb , puisque celles-ci se superposent su les premières hors du contact du zinc, c'està-dire hors de la sphère de son affinité ; alors commence la seconde époque de la précipitation* Dès que le zinc est en
1» ATU
partie reconrert, il êe produit on élément de la pile, dont le aine est positif, et le plomb est négatif. Cet élément agit sar Teau, ainsi que nous Tavons dit plus haut, en parlant de la décomposition de ce liquide par Télectricité Tollaique ; alors «>n oxigène, attiré par le xinc , en même temps que l'acide d« jcl, forme de Tacétate de zinc qui se dissout; et d'un autre €6té, Fhydrogéne de Teau et Toxide de ploml> sont attirés par le plomb, qui est électro-négatif; mais il arrive que Thydrogène s'unit à Foxigène de Toxide plomb, et que ce métal réduit 8*ajoute à Télément de la pile en vertu de la cohésion.
La tb^rie de M. Grotthuss s'applique à fous les cas aoa^ logues où un métal en précipite un autre de ses dissolutions; le métal précipitant est toujours électro- positif, et le métal précipité électro-négatif. Les précipitations métalliques les plus remarquables, avec celle dont nous venons de parier , sont la précipitation de Fargent , opérée par le mercure ou par le cuivre, celle de Fctain opérée par le zinc, enfin celle du cuivre opérée par le fer ou par le zinc.
L'on voit, d'après tout ce qui a été exposé dans la seconde section de ce paragraphe, que l'électricité peut produire, ' dans beaucoup de circonstances, les mêmes effets que la lumière et la chaleur; son action est si étendue, et souvent si énergique, soit qu'elle surmonte la cohésion des corps, soit quelle détermine des combinaisons , ou qu'elle sépare les élé* mens qui sont le plus fortement unis, que plusieurs savansont cherché , dans cet agent « et les causes de l'affinité , et celles de la chaleur et de la lumière; mais tout en reconnoissant l'importance des belles découvertes qui ont immortalisé le génie des physiciens de notre âge, tout en applaudissant aux heureux rapprochemens qu'ils ont faits entre l'action chimique et l'action électrique, on ne peut se dissimuler que les théories électro-chimiques qu'on a imaginées pour expliquer ces grauds phénomènes , ne sont pas encore complètement démontrées; c'est ce qui nous a engagé à traiter séparément de Finfluence de la chaleur, de la lumière et de l'électricité sur Fattrnctioa moléculaire , et à ne présenter que des séries de faits propres é donner une idée de cette influence, indépendamment de toute hypothèse sur la nature de ces agens. (Ch.)
«ATUN. ( Ichiji'QL } Nom d'une espèce de scombre ou de
ATY. n3
maquereau des environs du Cap de Bonne-Espérance et des eaux de' Vile de Java. Voyez Scombre. ( H. C. )
ATYA, [CrusL) Genre établi par M. le docteur Leach, pour une espèce de crevette dont les pattes sont disposées d'un» manière particulière, (C. D.)
ATYCHIE. (Entom.) C'est le nom donné par M. Latreiïle k une sorte de sphinx ou de zygcne de Tordre des Léf idoptères, (C. D.)
ATYLUS. (Crust,) Genre établi par M. Leach, et qui com* prend, entre autres espèces de crustacés, le gammarus cari^ natus, (C. IX)
ATYPE. {Entom.) On trouve sous ce nom, dans le vingtquatrième volume du Dictionnaire d'Histoire 'Naturelle de Déterville, page i33, l'indication d'un genre de la famille des araignées , auquel on rapporte l'araignée souterraine de Roèmer. (C, D.)
ATYRION. (Bol,) Dioscoride donne ce nom aucéiéradij d'après ses commentateurs. (Lem.)
ATYS. {Conch,) C'est le nom d'une espèce de patelUu PaK Astrolepas, (DeB,)
ATYS. ( Conch, ) Ce genre de coquilles est établi par M. Denys de Mon fort , avec quelques espèces que l'on rangeoit précédemjnent parmi les bulles , et qui paroissent n'en différer réellement que par de très-légers caractères ; ceux qu'on peut lui assigner sont : Coquille univalve, ovalaire, ventrue, enroulée, la spire non visible, le sommet rentrant ; ouverture semicirculaire, Irès-évasée, plus longue que la coquille, presque égale aux deux extrémités; lèvre externe ou droite arrondie»
La principale espèce de ce genre est la bulie d'eau ou gondole papyracée deDargenville, figurée dans Gualticri , tab. B« g. g., et que M. Denys de Monfort nomme A^ cjmhulvsj l'atys gondole. C'est une coquille d'un peu plus d'un pouce de long, extrêmement mince, transparente, très-finement striée transversalement, de couleur blancke ou légèrement grise, assez rare dans les collections, et qui paroît venir des mers d^ -Sicile et de l'Inde. (De B.)
ATYS. (Manu) Nom donné par Audebert à une guenon entièrement blanche, que Seba avoit vraisemblablement déjà décrite sous le nom de grand single blanc, et qui n'est peut*
tn AUC
être autre chose qu'une guenon devenue blanche par Teffct ^e la maladie alblne.
La longueur de l'atys est de dix-huit pouces environ; son pelage est entièrement blanc, et sa face, l'intérieur de ses mains et la plante de ses pieds sont nus et couleur de chair.
ATZEL. (Ornith.) Nom allemand de la pie, cori^us picap Linn. (Ch. D.)
AUBFRÏIA. Bor.S.-Vinc. Voyage en Afr, i , p. 356,tab. 18. (Bot.) Arbre de Tile de Bourbon, dont les feuilles sont pétiolées, opposf^es, ovales, entières, savonneuses lorsqu'on le» frotte entre les doigts, répandant une odeur assez semblable à celles du béteL Les fleurs sont fort peVtes, jaunâtres, peu apjparentes, axiilaires, disposées en petites grappes; des capsules verdàtres qui, en s'onvrant, offrent l'apparence de fleurs. Ce genre appartient à la tétrandrie tétragynie de Linnœus. Il se rapproche beaucoup de la famille des térébinthacées, et offre des rapports avec Xtsfagara. Chaque fleur est pourvue d'ua calice à quatre divisions fort petites, une corolle à quatre pétales, quatre styles auxquels succèdent des capsules oblongues> eu carène, dont une, deux ou trois avortent : elles sont uni* loculairrs, s'ouvrent longitudinalement, et renferment une à trois semences. Les deux ampacus de Rumphe pourroient entrer dans ce genre, s'^ils étoient pourvus de quatre styles et d'autant de capsules. Voyez Ampac et Fagarier. (Poir. )
AtJBREAU. {Ornith,) Nom vulgaire du hobereau , /a/co suhbuteo^ Linn., dans les environs de Parlhenay, Deux-Sèvres. (Ch. D.)
AUBUSSEAÛ. (Ichtyol.) A la Rochelle et le long de la tbte de Saintonge, on appelle de ce nom un petit poisson dont la chair est estimée, mais que nous ne connoissons point assez pour le classer. (H. C.)
AUCHElNIA. {Mamm.) M. Illiger, dans un ouvrage publié à Beilin en 1 *^ 1 1 , sous le nom de Prodomus systematis animalium et a\>ium^ a eu le projet de réformer la nomenclature dans ces deux branches de l'Histoire ' Naturelle , et de l'établir sur des principes uniformes. Cette entreprise n'aura malheureusement guère d'autre effet que d'augmenter les diflicultés, déjà si grandes^ de la synonymie. Un langage ne
Famille des Auchénoptères ou JugutairéSé
e sur la ntique ; tête pla^ grosse que le corps . . CALLioxtiiti
I / très- (oblique ITnAiioscorE.
allonge; i I vertic; | horiz.; i large, aplatie . Batrachoïde.
trou<ides ( Ibouche ( tête i étroite Trichiohotk«
branchies 1 ■ ? . ] latéraux; / un seul; i nu , gluant. MurésoïdE'
te i I ' < rayons I corps I ccailleux. . Omgopode.
S- 1 \ "veux 11 »
V J 1 ^^^ catop. ) deux ou quat.au plus. Blenmie.
(3 I l^u nomb. I , Cdépr.Terslaq. Calliomork.
I de I ' J conip. | sim. Vive.
\ ^ P [nag.an. l «lou. Gade.
ovale , comprimé : mâcb. f longue que la supérieure . . . Chrysostrohk.
inférieure plus i courte que la supérieure . . . Korte.
Dans ces derniers temps , M. Cuvîer a isolé quelques batrachoïdes pour en faire le genre Ravùcefs* Il a également -adopté le genre Fhycis d'Artédi et de Schneider, Il a partagé le genre Gode en plusieurs sous-genres qui sont les moruti^ les merlans j les merluches , les lottes , les mustèles , les hrosma* Le genre LépidoUpre de Risso apparti^ndroit aussi à cette même famille si ses catopes n^étoient point un peu thora' ciques. Voyez ces différens mots. ( H. C. )
AUCHÉNORHINQUES. (En^om.) Dans l'article inséré pag. 5o4 et 3o5, il s'est glissé deux fautes typographiques pour le nom de genre Flate , que Ton . a imprimé plate et Blatk dans le tableau. (C. D.)
AUGITE LAMINAIRE ( Min. ) , Blatteriger Augit. des minéralogistes allemands.
M. Haiiy a prouvé par l'observation des caractères pris do clivage , de la dureté, de la pesanteur spécifique , et même de la couleur, que ce minéral , placé par MM. Wemer «t Karsteo parmi les pyroxènes {^ Augit. JVbrn.), étoit une variété laminaire d'amphibole.
Cette variété est composée, suivant M. Klaproth, de silice, a5,5 ; de chaux, 9; de magnésie, 12, 5; d'alumine, 7,26^ de fer oxidé, 16,26, et Ae potasse, 0,6; c'est probablemeat la ressemblance de cette composition avec celle des différentes variétés de pyroxéne, qui a engagé le» minéralogistes de récoie de Freyberg à regarder ce minéral comme une va* riéfé d'augite ou pyroxéne.
AUL j 27
Cette vaTÎétë d^amphibole est d'un neîr verdâtre et a ua ëclat très-vif. On la trouve dans le Sau Alpc en Carinthie -, elle fait partie d'une roche composée de disthéne, de quarz ^ de grenat et d'épidote vitreux, ( B. )
AUKOH. {Ornith,) Nom persan du héron,' ardea cinerea^ Linn. (Ch.D.)
AULuEUM. (Bot,) Nom poéiiqu^ sous lequel LinnaSus désigne quelquefois la corolle, considérée comme lit nuptial» (Mass.)
AULAGA. (Bot.) Nom castillan d'une espèce de genêt épiineux , spartium scorpius , ou d'une de ses variétés. (J.)
AULAQU£. {Entom,) M. Jurine a désigné sous cç nom de ^enre un insecte hymen optère , dont il n'a vu qu'un seul individu femelle. 11 est analogue aux fœnes et aux stéphanes^ par }a manière dont son abdomen pétiole est implanté sur le corselet à sa partie supérieure, et par les stries transversales qu'on rebiarque sur cette partie. (G. D.)
AULAUD. {OrnitK) Nom de l'alouette commune, alauda mrvensiê^ Linn. en celtique. (Gh. D.)
. AULAX. {Bot,) Genre de la famiUe des protéacéeSy de 1» diœcie tétrandrie de Linnaeus, établi par Rob. Brown pour quelques espèces de protea qui s'en distingué par ses fleurs dioïques; les mâles disposées en grappes , la corolle (périanthe simple , M. ) à quatre pétales staminifères ; quatre étamines ; dans les fleurs femelles un stigmate oblique , . en massue , éçhancré , un peu hispide. Même fruit que dans les protées.
Ce genre renferme des arbrisseaux très-glabres , à feuilles entières, les feuilles terminales à une seule bractée, les mâles réunies en grappes nues , fasciculées ; ïes femelles forment une tête solitaire , entourée de folioles , et munie intérieurement d'un appendice à plusieurs découpures acérées , qui paroissent être une tête de grappes avortées, analogues à cellesk des ûeurs mâles que Salîsbury dit avoir vu fleurir. On rapporte à ce genre le protea pinifolia et le bracteata, faussement distingués comme espèces , lé premier étant l'individu niâle , le second, l'individu femelle. Il en est de même du protea au-^ lacecL et umhellata, (Poia.)
AULLPIO. {Zooph.) Nom de genre sous lequel Donati réuidi les espèces de polypiers articulés composés de deux par*