II. Description des Champignons
Il y a. des champignons de toute grandeur : beaucoup sont fort petits; la taille des plus grands n'excède pas un pied de hauteur ; mais il y en a qui ont plusieurs pieds (d'étendue.
Ces végétaux sont * de formes très-variées : les uns sont filamenteux, membraneux ou semblables à de l'écume, à des tubérosités; d'autres imitent des^ parasols, des sabots de cheyal, des barbes, etc. Ils sont pour l'ordinaire d'un blanc grisâtre ou jaunâtre, ou rouge-brun ; du reste , ils offrent presque toutes les couleurs , excepté le véritable vert d'herbe.
Leur consistance est non moins variable ; elle est gélatineuse, spongieuse,' pulpeuse, cotonneuse, charnue, coriace, subéreuse , ligneuse ou compacte.
On peut distinguer dans les ehampignoiis deux parties dis4 tinctes.
La première est celle, qui constitue la presque totalité du champignon, et ne produit pas les séminules ; on peut la nommer)la partie fongueuse.
La deuxième est celle qui contient ou sur laquelle sont immédiatement fixés les corpuscules microscopiques que l'on croit être, avec beaucoup de vraisemblance, les organes reproducteurs, et qui ont reçu divers noms, suivant les fonctions qu'on leur attribue, tels que ceux de spores, sporules, sporidies , capsules ,.sphérules, graines , séminules, théca , gongyles^ vésicules, et boyrgeonst On peut nommer cette partie
le placentaire, et les corpuscules, sëminules, sans rien pré« juger sur leurs fonctions réelles.
Un champignon composé de ces deux parties est souvent comparable tout entier à un fruit avec ses graines ; aussi l'application-des termes en usage pour décrire les champignons, devient-elle souvent très-difficile. Cest ce dont on pourra juger par ce qui va suivre.
La partie fongueuse des champignons détermine leur forme t elle est quelquefois membraneuse ou pulvérulente ; alors elle sert de base à des fîlamens ou à des pëdiceiles fructifères, ou même à des séminules sessiles: d'autres fois c'est un corps charnu , ou semblable à de la peau , évasé en forme de godet ou de bourse ; on le nomme indifféremment peridium , spo^ rangium, conceptacle, réceptacle, et même capsule, parce que dans l'intérieur se trouvent logées les séminules avec leur placentaire. On peut citer pour exemple les vesse-loups et les pt^zizes.
11 est des champignons beaucoup plus compliqués , tels que les agarics, les bolets, les morilles^ etc.; chez ceux-ci on distingue :
i.^La Tige, communément nommée Stipe, Pédicule, Pied $ c'est la partie du champignon qui le fixe k la terre ou sur le corps qui le soutient. La tige offre d'exceliens caractères pour distinguer les espèces : elle n'existe pas toujours ; les espèces sont alors sessiles.
2.* Le Chapeau, PiUus , ou Chapiteau, n'est pour ainsi dire que le développement de la tige à sa partie supérieure. Quelle que soit l'espèce, le chapeau e^ très-bombé dans la jeunesse; il se développe en rond comme un parasol: quelquefois il est porté par le stipe sur son centre ; d'autres fois il est latéral. Dans plusieurs espèces il prend la forme d'un entonnoir en vieillissant; il y en a de ronds, de semi-ronds, d'entiers et de divisés.
Le dessus An chapeau est lisse ou hérissé de papilles, de pustules, etc. C'est constamment au-dessous que sont les organes fructifères ; et si quelques espèces les présentent en-dessus, c'est qu'elles doivent cette apparence , car c'en est réellemeot une , à leur position renversée par l'effet de leur ma-^ nière particulière de se développer. Ces organes fructifères
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ressemblent à des lames ou feuillets ^ à des tubes, à des pores , à des pointes, etc.
3.^ Le VoiLS, Vélum ^ Cortina^ membrane très-mince, qui Hnissoit, dans la|eunesse du champignon , les bords du chapeau avec le stipe f il se déchire dans la croissance , et il en reste quelquefois des lambeaux ou franges qui pendent, soit aux bords du chapeau , soit sur le stipe , où il forme la collerette ou Tanneau , annulas.
4.^ La YoLVA ou Bourse, membrane en forme de bourse , qui nVxiste pas toujours, mais qui, lorsqu'elle existe, est lapartie la plus extérieure du champignon , celle qui le contient en entier dans son tré»->eune âge. Elle est déchirée par le gon* fiement produit par la croissance du champignon, qui, du moment qu'il a Taincn cet obstacle „ croît arec une rapidité surprenante. La volva reste au bas , et lorsqu'elle persiste on la nomme par fois involucre* Elle est simple ou double , comme dans quelques geastrum et quelques-uns des genres voisins.
Dans certains autres champignons, la partie fongueuse est tout-à-fait intérieure. La naembrane qui la couvre ,. nommée alors membrane fructifère au hymenium, est celle, qui contient les séminules. On appelle aussi quelquefois hymenium la partie séminifère des champignons gymnocarpes.
Enfin, dans d'autres espèces, Iça deux parties forment ensem|>le un tout similaire, ou un mélange difficile à définir^ et qui quelquefois est désigné par stroma^ sporidium, etc..
Les séminuljçs sont de» corps sphériques impalpables, de vraies petites boîtes, disposées , irrégulièrement ou régulière^ ment , soit à la surface des champigi^ons, soit dans leur intérieur } soit fixées sur des placentaires , soit libres , et flottants , dans une matière laucilagineuse. Elles sont pleines d'une matière aqueuse, ou quelquefois ^remplies ell^-mémes d'autres corpuscules sim^aires: alors ellies font 1m fonctions de capsules ou d'élytres.
Lorsque les séminules ne sont point enveloppées d'une matière mucilagineuse , et qu'elles ne sont point intérieures,, elles se détachent avec beaucoup d'éjasticîté j dans le cas contraire, elles ne sont dégagées que par la destruction des champignons.
Les séminules crèvent avec explosion r leur abondaucé est
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Incalculable, s'il est permis de croire que la poussière des vetee-loups , par exemple , ne soit composée que de séminules. Elles sont solitaires ou groupées ; elles adhérent à des placentas diversement configurés , ainsi qu'il a été dit plui }iaut. Dans beaucoup de genres, elles tiennent à des filathens qui forment ce que l'on a nommé réseau, eapihtie^paraphyse; ou elles sont agglomérées contre les parois du champignon , ou bien autour d'un axe ou columelle. -
Les observations nombreuses et très - intéressantes , que JA» Link a faites sur les-champignons, ont découvert que les espèces filamenteuses étoient assez souvent cloisonnées dans leur intérieur, et qu'elles contiennent une substance sans doute sémiuifère 5 elles uniroient parfaitement la famille de* champignons à celle des algues.
Les champignons tiennent au sol et aux corps sur lesquels ils végètent, par des fibrilles ou des prolongemens de même pâture, qui ne sont pas de véritables racines, qui ne sont pas tubulaires comme les racines des mousses ou d'autres familles déplantes cryptogames, et (fui lie sont pas organisée^ comme les champignons filamenteux , avec lesquels on veut les confondre. Voyez Link , BerL Magaz,
"Les champignons exhalent une odeur particulière et humide^ qui leur est commune à tous sans exception, avec des^nuances dans les espèces : on la nomme odeur de champignon. Elle est tantôt musquée, approchant de celle du savon ou de^l'Àmande amère; tantôt c'est l'odeur de la térébenthine, ou ceUe'du çoufre, etc.
*La saveur des champignons est non moîn» variable : elïfe est ordinairement fade ou sapide^ quelquefois acre, caustique,^ brûlante, stiptique, acide, nauséabonde', et dépendant du suc aqueux ou laiteux dont ces végétaux sont gorgés^ Lorsqu'on brise ceirtains agarics , leur chair, d'abord blafiche, l)leiJiit, rQUgit, verdit, ou jaunit ensuite^