‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 29 sur 53 · Les dodécaèdres pyramides a triangles scalènes · texte numérisé non relu

Les dodécaèdres pyramides a triangles scalènes

Cesdodécaédres considérés dans leur plus grande simplicité, et abstraction faite des autres variétés de formes avec lesquelles on les trouve ordinairement combinés, sont produits par trois sortes de lois de décroissement.

La première , exprimée par le signe D , . donne; Le calcaire spqihique métoftatique , variété remarquable par éa forme , le volume que présentent quelquefois ses cristaux^ et

par «es nombreuses propriétés géométriques. L'angle obtus de chaque triangle t%i égal à celui du noyau ; Tincideace de deux de ces triangles est aussi sensiblement égale à celle des faces du rhomboïde. C'est ce transport de mesure qui lui a fait donner, par M. Haiiy, le nom de métastatique : on Tappeloil autrefois du nom ridicule de àtnt de cochon,

Combiné avec le prismatique y il donne le hisaltemeD^ e-, avec

le prismatique et l'equiaxe, il donne Vanalogiqu^^ D e B, etc.

La seconde sorte de loi donne ^ par un décroissement mixte,

Dj sur les mêmes arêtes, un dodécaèdre semblab^ au métastatique , mais beaucoup plus alongé. On ne le connoît paa simple. Combiné avec l'inverjse, il donne

Le calcaire spathique sexduodécimal ^ D '^'.

Avec le prismatique , il donne

Le calcaire spathiqiie octoduodécimal , D e A*

La troisième sorte de loi qiii donne la forme du dodécaèdre à triangle scalène, appartient à celle que M. JFIaliy nomme intermédiaire, et est exprimée par le signe (È' 'E B' D* ); combinée avec le métastatique et l'inverse i elle donné

Le calcaire spàthique paradoxal {¥.^ *EK' D* ), D E' 'E, variété intéressante -pat les considérations dé structure donteile est susceptible. * ' *^

Le de^o^i^i/c n'est que la variété précédente avec des facettas hexagonales parallèles aux faces du rhoinbôïde primitif. * '^

I|^ousrnous bornerons â ces exertfiples : là plupart des autres formes régulières dû calcaire spathîque peuvent se rapporter à ces trois formes principales et à leurs subdivisions.

Le calcaire spathîque , quoique cristallisé , n'offre pas toujours des formes régulières et détermihables par des caractères géométriques. Des circonstances particulières ont dérangé la symétrie de la cristallisation , l'ont troublée , et ont produit des cristaux irréguliers, des groupemens particuliers ou des hémitropies. Parmi ces variétés , les plus remarquables sont :

Le calcaire apathique convexe. Les faces du rbomboltde priini'» tif sont bombées.

Le calcaire spathiqae Unlieulaire. Cest Véquiaxe, dont les arêtes supérieures sont émoussées, et quelquefois entièrement effacées.

Le calcaire spa^iqtie spictdaire. C'est le contrastant eonsidérablement aloufé, dont les cristaux, souvent xéunis en faisceaux composés de rayons divergens, n'offrent à l'extérieur des groupes que lésinais fa6cis4'un .dosaoïajmels 4» ^oq^J^de. Quelquefois chacune de ces faces est creusée d'un sillon ou gouttière asscE profonde.

Le calcaire spaihique bacillaire. Cette variété a été décrite particulièrement, et comme espèce distincte, sous les noms de madréporite et d^arethraconite {Hausmann), à cause delà structure bacillaire de ses masses, an^ogue à celle de quelques madrépores. Elle est généralement noire, et contient, d'après Klaproth , o,5o de carbone.

On Ta trouvée en morceaux iaslés davs'^la maUée de Aussbach, dans le pays de Salzbpurg.

Les couleurs du calcaire spathique sont peu variées et peu vives ; elles sout répandues uniforaiémen^,, et n'affectent en^ général aucune dispositipn particulière. Il y en a de tout-à-fait limpide; celui d'Jslan^e est dans .ce >cas : de blanc de lait, d^ns le Hartz et à Andreasberg : de violâtre , de roujgeàtre , de jattnâtre; les cristaux métastatiques du Derbyshire, les inverses .des enFvirpna de -f anris présentent cette ^^uJie^ir.; M depepiàtre

Le calcaire spathique ne se trouve guère qu'isifplanté p^cîpalement aurlespaiK>isd,es filons ou ^ur celles des cavitésrqui se rencontrant spuy^nteptre Jes a^^ses de certaines roches calcaires et. schisteuses. On le trouve ^j]^x quelquefois tapissant les cavité qui se voient dans ces couches; mais ce cas est plus rare.n e»t mêlé avec toutes sortes de cristaux, et se pr^ente dans^presque toutes les époques de formatiou. Cependant, il est beaucoup plus rare dans les roches ^gca^itoXdes et micacées .des.terraina primordiaux , que partoift .ailleurs. Il tapisse aus$i trés-souveut les cavités des coquilles fossiles, de certaines l^odes calcaires , etc. On ne le trouve pas disséminé dans les couches e;n .cristaux isolés.

a.^Fàrt^. Caicahiewacwê. (Aphrit.Kunten*) Cette vmété % la texture feuilletée comme un schiste ; ses feuîUets me sont ni très- étendus ni trés*paralièles : $eM couleun rarieut du blanc •de perle au jaunâtre , au irerdàtre et au rougeàtre ; mais elles conservent toujours un aspect naeré. Cette pierre a d'ailleurs tous les caractères chisiiques et physiques de la chaux car-bonatée ; elle ae dissout eu entier dans Tacide 'nitrî^e , et sa forme primitive est exactement semblable à celle de ce sel pierreux' ( llatty)^ Nous la séparerons en deux variétés*

1 . Calcaire lutcré argeiUine, {Sehiefer spatk.) Il est aigre , facile à casser^ ses feuillets , très^ininces , sont courbes et ondulés.

Or le trouve dans les moirtagnes primitives. Il est la base d^une roche iftèlée de chlorite , de plomb sulfuré et de sine sulâiré* Les lieux où on le cite particulièvement sont : les Vosges, près Sainte-Marie-aux-mines ; BermsgrUit, près dé Schnrartsenberg ai Saice ; Kongsberg, en Norwége -, ia mine ^d'JglessaS) en Sardaîgne, etc;

* a . Calcaire naeré talqueux. (Sehaum erde. J II est ordinaireinieni .d*uni>]anc de nacre 4rès^clataat ; lia une consistance friable, une structure écailleuse ou soj^euse; il esf doux au toucher., et sepr^ente sous la farme ée band^etles courtes^ iippli- «[uëes sur une roche ordinairement calcaire.

On l'a trouvé à Géra en Misnie^ et surtout à Eîslebeu, en Thuriage , dans des montagnes de calcaire str«tifovme^ ^noiumé dans ce pays raueçpack^

S.* Variété, Calcmiib nssai^x. (Salin^spat , Jamesok.) Iliest ea petites masses composées d^une multitude d'aiguilles déMéesqiti lui donnent une texture comme 'fibreuse et un aspedt soycKtx* •On cite un bel exemple de cette variété à Alston ^ Moore , dans le Gumberland. Elle forme dans un calscliiste desillnm ou petites veines de trois à 'quatre cènttmètrtfs ideipuissanoe* On en^lit des écfaantîlhms qu'on peut employer comame oocne*. meffit; mais leur peu de dureté leur fait bieutèt perdre leut éclat. * *

4.* Variété* Caloairs lamselairg. II -se -préaente eu masse, offrant dans sa stru^^ture une multitude de petites facettes dues Âdes lamelles qui tombent U'une sur l'autre dûns tous les sens. Plusieurs marbres statuaires antitqfu^s, appartiennent à cett^ variété, et notamment le marbre de^acos.^Slaa9:ce cas, ee (^

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Caire est trés-dur, et sa masse entière résulte évidemment d*une cristallisation confuse de chaux carbonatée pure , c'est-à-dire , non mélangée de matières tenreuses; mais quelquefois les fa* cettes nombreuses qu'on voit dans certaines roches de calcaire lamellaire, ont été produites par l'infiltration de la chaux carbonatée au travers d'une pierf e calcaire poreuse. Dans ce cas, cç calcaire lamellaire est. moins dur, moins homogène, et on le distingué de Ik sous-variété dont nous avons parlé en ce que, dans cette dernière, les facettes sont séparées par du calcaire grenu et grossier, ou entrem-êlées de cette subs" tance. Ces facettes appartiennent fréquemment à de la chaux carbonatée qui a cristallisé dans les cavités des coquilles fossiles qui composoîent la pierre calcaire dans laquelle s'est infiltrée la matière calcaire^ La forme de ces coquilles est souvent re* connoissable.

Ces considérations sont nécessaires pour apprendre à distinguer le véritable calcaire primitif de celui qui n'en a que l'apparence.

S. ^Variété. Calcaire SACCHAftOÏDE; la pierre calcaire grenue. { Kcehiiger Kalkslein^ Wernek.)

Cette variété^ souvent très^voisine de la précédente, a la texture grenue ,. mais brillante : elle a l'aspect du sucre. Elle faitiacilement efifervescence avec les acides , et c'est ce qui la distingue du calcaire dolomie, qui d'ailleurs lui ressemble beaucoup. Le calcaire saccharoïde partage souvent avec la •dolomielapropriété d'être flexible, ce qui lui donne en même temps celle d'être assez friable, et cependant difficile à casser. Ce calcaire variie un peu de couleur : il passe du blanc pur .au gris et au bleu d'ardoise ( le marbre dit hteu lurquin ). Il renferme quelqijiefois des matières étrangères cnstaliisées Tégulièrement ou confusément, telles que du quarz, des gre- •nats, damica, des] amphiboles , hornblende, grammatitc et lactinote, du talc, de l'asbeste, et quelques substances métalliques lelles que du fer, du plomb et du zinc sulfurés, du fer ,oxidulé.' Ce calcaire est assez dur, couvent très- homogène et susceptible . d'un poli brillant. 11 se présente, ainsi que ,1e précédent, en grandes masses, et forme des bancs cou* ^idérables très-épais , quelquefois même des montagnes en- •ti&res» Les joiiKs qui séparent ces bancs sont quelquefois à peine

CHA fl?5

IlenitibleB. La plufiart des géologistes regardent le calcaire comme appartenant exclusivement aux terrains primordiaux , iet comme étant d'une formation contemporaine^ à celle des gneiss, des porphyres, etc. En effets les bancs de cette pierre calcaire alternent avec ceux des ï'ochcs que nous venons de nommer: ils sont inclinés comme eux, et se trouvent dans des circonstances semblables»

On a donné i^ ce calcaire et à la variété lamellaire , le nom de marbre salin ^ marbre blanc, marbre statuaire^ Ces marbres sont en effet employés plus spécialement par les sculpteurs, et les anciens ont donné à leurs diverses qualités des noms particuliers. ^ ^

Les plus célèbres sont i le m.arbre de Paros, appelé par les anciens lychniles , qui appartient plutôt au calcaire lamellaire qu^au calcaire sacchàroide ; c'étoit celui de première qualité ; il a beaucoup de translucidité. Ses carrières sont situées dans les îles de Paros, de Naxos et de Tinos% On dit quelles n'en fournissent plus. Les célèbres statues de la Vénus de Médiçis , de la Vénus du Capitole , de la Pallas de Velletri , etc. , sont de ce marbre.

Le marbre appelé pentéli'quej dont les carrières étoient près d'Athènes , sur le mont Pentelès : il e&t traversé de quelques couches ou veines verdàtres, on plutôt grises, et communément micacées. Il prend vulgaii^ement le nom de cipolin statuaire. La tête d'Alexandre , le Bacchus indien , le Torse , la statue d'Ësculape , la tête d^Hippocrate, etc. , sont de ce marbre»

Celui de Carrare ou de Luni, à l'est du golfe de Gênes, est encore plus blanc que le marbre de Faros, et est maintenant he plus employé par les statuaires. On cite aussi beaucpup de figures antiques de ce marbre : telles sont l'AntinoUs du Capitôle, un buste colossal de Jupiter, etc. Dolomieu assure que l'Apollon du Belvédère est de ce marbre ; mais plusieurs antiquaires et les marbriers de Rome , pensent qu'il est d'un. oiarbre grec antique, différent de ceux qui sont, connus.

On cite eneore parmi les marbres statuaires grecs : le marbre grec du mont Hymète : il est à grandes facettes, et souvent d'un gris cendré approchant de la couletir du bleu turquîn.

Le marbre thasien, de l'île de Thaso, dans la mer Egée.

Celui de Procon^se^ dans la mer de Marmara.

Le marbfé Arabique, qui étoit ei^coi^ j^ut Uatic l^uc céM. de Paros.

Celui de Chio , que Ton tiroît eu très-gros blocs du maot Pelleno.

On lunome en général marbres antiques ceux qui «ni été em^ ployés par les statuaives ^de Pantiquifté^ là plupart des carrières de ces marbres sont maintenant inconnues.

Il y a peu de pays qui ne renferment dans leurs montagnes primordiales du calcaire sacebaroïde : on en troitre en France dans Ws Pyrénées; en Piémont, à Ponté, près de Tuôn; en Ssne , en Bohème , çn Norwège , en Suède , en Angleterre , etc* Mais les marbres statuaires, susceptibles d*étre employés, sont rares, parce qu'ily doivent avoir plusieurs qusHtés qui se rencon tren t diiBcilemenl réunies. •

Le calcaire saoeharoïde renferme aussi quelques marbres colorée : tel est celui qu'on nomme hle» lurqain^ qui est d'un bleu sale d'ardoise ; il rient d« Sitifi, en Mauritanie.

Le marbre cipolin , marqué de larges bandes ondulées blanclies et vertes, micacées. 11 venoit d'Egypte : ses carrières ne sont plus connues.

Le marbre blanc , veiné de gris , de Carrare } il y en a méaie de presque noir qui vient du même Heu.

Le marbre faune, de Sienne.

On emploie aussi ces marbres dans la décoration des édi* fiees; des appartemens; on en fait des vases, des chambranles de èheminées. Cette dernière manière de les (employer a donné occasion de remarquer que plusieurs sortes de ces marbres aequéroient, au bou^ d'un certain temps, une sorte de ftexi-^ bilité non élastique qu'ils doivent à Une dessiccation complète,, et à l'influence d'une dilatation et d'une contraction souvent renouvelées. Les marbres saccharoides des sommités de mum" tagne possèdent q»elque£ms naturellement cette propriété': tel est celui que M. Fleurian de Bellevne a trouvé^ à 3000 mètres d'élévation , dans la montagne de Caiàpo-Longo , à sept heuresde marche de l'hospice du Saint -Gethard. Quelques-uns acquièrent aussi cette propriété par une longue exposition 4 l'air, et surtout au soleil ; en sorte que les bras et toutes tes* jparties saillantes d'es statues qui en sont faites, se détachent et tombent d'eux-mêmes au bout d'un certain temps. Dolo-

CHA syS

IBiiCtt ^ tàiï cette obsefvàtîon sur le marbré dltalie nommé hftuUio. On reviendra sur celte flexibilité propre à pln^eitfti pierres ^ à l'article Fibrac flbxi»ib*

6/ Variéléy, Calcaire coaALLOiDE, YalgsâTemtnt Jios férri\ Cette variété se présente en petits cjHnilres très-lilancs, coftiiae «oyeu^ à leur ^surface ; mais ee qui les distingue du calcaire coBcrëtionné proprement dit, c'est lamahière dont Ils sont contournés et dirigés dans toutesaortes de sens, cmnne des rameautk de certains madrépores ou de coraux. Le grain du ealea»re coralloïde est très*- fin ^ et sa texture est fibreuse et rajiimiëe.

On ,a rangé pendant long-temps cette variété de calcaire parmi les stalactites ; on Ta ensuite regmrdée comme app«»*te* liant à Tarragonite , parce qu'en efiet el£e a phis de dureté que les autres stalactites, et que sa cassure est plutôt ritreuse que lamelleuse: mais, comme sa compositiDn n'est point diffé* rente de celle du calcaire rbomboïdal, qu'elle ne renferma même pas la petite quantité de strontiane qu'on a trouvée dans pliisiieurs afra^nites^ et que , n'étant ni transparente ni'cristallisée^ elle ne peut présenter aucun des ear*ctères tirés de ces propriétés essentieUes pour reconnoîfre rarrâgonite, on à dÛ la laisser av^c le calcaire rhomboidal.

On a appelé cette variété improprement ^os /crrt , parce qu'#n la trduve communément dans les filons des mines de fev apathique et de fer hématite , dwit eMe semble des efilore»* eences ; sa base est presque toui^^urs impy^g;née d'okide de £et hydraté.

Cette substaoei^ doit avoir été produite k la macère des efflorescences salines^ ou d«s dendrites qxte l'on voit monter le long des parois des vases où Ton conierve certasnes dissolutions salines» La direction de ses rameaux dans toutes sortes de sena ne permet pas de croire qu'elle ait été produite par stiliation de haut en bas , à la manière des aftalactites.

; On en trouve à Schemnitz , à Sainte-^Marfe<*aux-mines dans les Vosges ) en Styrie> etc. Les plus beaux groupes de calcaire coralloide que Ton connoisse,. se voient dans les mines de fer de Styrie, dans celles de Baygorrî et dans celles de Vic-^ Desocs dans les Pyrénées : ceux-ci s#nt moins blancs, plus trans^ ]^arens, plusbrillans, et cèmposés de cristaux en aiguilles cou-* cfaés les uns qpntre les autres parallèlement i l'axe^

7*. Variété» Calcaire concrétionké. La structure gënërale/l6 cette variété est ce qui la caractérise : on y reconnoît toujoiirs des zones plus ou moins ondoyantes et à peu prés paraUètek Ces zones ont une structure fibreuse ; cette structure générale est toujours sensible lorsque les masses qu'on observe ont un volume suffisant pour faire voir les différens dépôts de calcaire cristallisé qui les composent. On distingue dans cette variété un assez grand nombre de modifications ou sous* variétés.

Le Calcaire concrétionné fistulaire ^ vulgairement nommé sta^ lactite (la pierre calcaire fibreuse, Werner). Cette sous-variété de calcaire se présente ordinairement sous une forme à peu près cylindrique. Les cylindres sont rarement d'un diamètre égal; ils font voir, au contraire, des renflemens et des bour« relets qui rendent leur surface irrégulière : ils sont presque toujours percés dans leur axe d'un canal qui finit par s'obs* truer dans les stalactites un peu volumineuses.

Ces cylindres n'ont quelquefois que le diamètre d'une plume sur la longueur d'un ou deux décimètres : leur cassure est alors laminaire. D'autres Tois il sont plus volumineux; et alors leur structure est fibreuse , et les fibres convergent vers l'axe ; mais ces fibres ou rayons présentent tous le clivage rhomboïdal. Les cylindres de calcaire concrétionné sont quelquefois terminés par une sorte de rondelle ou de chapeau semblable à celui des champignons , et qui est couvert de cri$taux.

Calcaire concrétionné tuberculeux. Cette sous-variété est composée de tubercules irréguliers pleins, souvent hérissés de petits cristaux , et réunis de manière à représenter quelquefois l'aspect des choux-fleurs : leur texture est rayonnée ou lamellaire , et à couches concentriques.

Calcaire concrétionné stratiforme , vulgairement stalagmite , albâtre calcaire. Le caractère de cette variété est de représenter des zones non concentriques, mais étendues; ondoyantes, mais parallèles : leur texture est quelquefois lamellaire^, et quelque- ^is fibreuse. Ces couches ondoyantes se distinguent lesunesdes autres par leur diverse densité, et par leur translucidité plus ou moins grande , enfin pai^leurs couleurs souvent très-^fifézentes. Lorsque la chaux carbonatée, ainsi disposée, est en plaques peu épaiAes, ordinairement appliquées sut le sol ^iv

tur les parois des cavernes, elle porte le nom de stalagmite; lorsqu'elle est en ^ande masse, susceptible (^'étre taillée et polie, elle prend dans les arts le n^mà^ albâtre.

U ne faut point confondre cet albâtre avec une variété de chaux sulfatée qui porte le même nom , et dont il sera question ailleurs.

L'albâtre calcaire porte le nom d*oriental lorsqu'il est)auneroussâtre, ou même rougeâtre, à zones distinctes, et surtout lorsque, par suite de sa dureté et de sa compacité, il devient susceptible d'un poli brillant.

L'albâtre est quelquefois d'un blanc laiteux éclatant : cett* variété est fort rare.

Gisement et formation. Les stalactites se forment dans les grandes cavités nommées cavernes, qui se rencontrent fréquemment dans les terrains calcaires. L'eau qui transsude à travers les masses calcaires, et qui distille de la voûte de ces cavernes, est ordinairement chargée d'une certaine quantité de chaux carbonatée, qu'elle tient probablement en dissolution à Faide d'un excès d'acide carbonique* Le contact de l'air, le mouvement , la diminution de pression , plut6t que l'évaporation , déterminent la précipitation de la chaux carbonatée cristallisée. Chaque goutte d'eau, en tombant de la voûte ^ abandonne un petit anneau calcaire qui s'accroit peu à peu , et se change en un tube à parois minces. A mesure que la cavité de ce tube diminue par l'addition des molécules de chaux carbonatée qui se déposent dans son intérieuri l'eau coule plus abondamment à l'extérieur; le tube prend alors de l'accroissement, et se change bientôt en un cylindre irrégulier, à surface ondulée et rude , qui, examiné à la loupe, présente les. angles d'une multitude de petits cristaux.

La même eau qui form« ces stalactites , dépose sur le sol et sur les parois de la caverne des couches de chaux i^rbonatée qui, augmentant indéfiniment, finissent par remplir la caverae d'une masse de chaux carbonatée : c'est alors qu'elle prend le nom d'albâtre. L'albâtre diffère du marbre par les couches parallèles et ondoyantes qu'on remarque dans son intérieur.

Les stalactites et les albâtres ne se trouvent guère que dan les terrains calcaires, parce que c'est dans ces terrains. Seule-

ment qu'on vdît le plus commufiénent les carêmes d^uoê grande ditn<eci«0'oii : ces cavernes ont qucl<joefi>îs plusîetir» mètres d^étendue. Les stalactites qui les garnisfient, dont les formes «ont très-variées et l'aspect très-brillant, présentent m» spectacle ouriettx , jet «léme koposant^ qui a rendu plusieurs de ces grottes célèbres r telles sont celles d'Antipams dans l'Archipel; d'AuxeUe, en Franche<]omté; de PooiVhele tn Derbyshire , etc. Voyee Caveilne.

. AnnQtatipm,, L'aiMtre «ert dans la décoration des édifices , et entre dans la composition de quelques meubles : on en fait des ▼ases p-rédieux; c!^est une Aes pierres le plus communément employées par les anciens. Il ne paroît pas que son nont vienne du mot latin alh^s , comme Tanalegie porte à le croire. On doit se rappeler que Talbàtre blanc est très-rare. Celui que les an-^ ciens estimotent le plus , n'ét^t pas de cette couleur , mais ysMine de n»iel. Or croit que ce nom est dérivé du mot alahas^ intr, qui rient du grec a/a^o^froFt , qui veut dire insaisissahle^ C:tPt ie nom que les anciens donnoieni aux rases fahs de cette matière , parce qu*étant ordinairement sans anses et très^polis ^ on ne pou voit les prendre aisément.

Ahêkastrite n^^t pas non plus le nom particulier de l'albâtre f ypseux , comme quelques minéralogistes font pensé. Ën'fîn , les anciens appeloîent aussi cette substance marbre owychite^ et même çrtymtxmt court , k cause de ses couches concentriques^ aemblabies aux sones des ongles; ils ne le confondoient pas eepefrdafit «ree te«ilex du même -nom*

Le bel albàt«« n'est pas commun : celuî d*Egypte se tîroît des montagne;» de la Tàébaide , qui sont entre le Nil et la mer Rouge , prè^ d'ugie Ville ^ pelée Alabastron.

L'albâtre , nommée» ItaMe liniato , qui est marqué de veines fines ondulées et d^u«e couleur iraffciiéc , se trouve près de Mon tien. •

En France , on a trouvé de 'Falbétre roux , très-beau et fart dur, d^ns les carrières de Montmartre : la masse en a été proitip-^ tement épuisée. On en connoît encore :

• A ©er£é4a»Vîlle,'près Mâco^n ;

Auprès de Poligny , département du Jura ;

yilès de Marseille et d'Aix ;

Dans l'île de Malte : celui<i est d'un beau j^unc de mict^

CaleaireeonenétionnépisQlithe (Erbsen^Uiny lapisolithe^fiftocH. ; ckaux carbonatée eancrétionBée, globuliforme , testacée, Haut; Tuifairement , divgée de Tivoii , ovolMte*, bézoard minerai) • Les pisolitbcs ne ûmUreai pas aeuIeiKent des ooiîtfaes par leur grosseur, ainsi, qu'on ie ctoit communément, mais elles s'en distinguent par leur atractnre. Les ooiithes sont compactes , comme on Ta >«. Les pisoli thés sont des concriétions sphëroïdales formées de couches concèntri^es très-<listinctes » qui oot presque touiours pour noyau un grain de sable , ou fout autre corps étranger i leur grosseur inoyenne égale celle d'un pois; leur couleur ordinaire est le blanc saie. Ces cencrétîona sont moins abondantes et êp présentent en masses moins volumineuses que les ooliih es ; eHes forment cependant des couches cpntinues ^ telles sont les pisoiithes qu'on a trouvées en bancs au milieu des sources d'eau chaude de Carisbad en ^ohème9 et qui Mit chacnne un grain de sable pour centre*

Les pisolithes les plus connues sont celles des bains de Saint-Fbiiippe en Toscane : eiles portent le nom de dragées ou caliculs de Tivoli^ et sont formées dans les parties de ce ruisseau où l'eau est agitée par une sorte de tournoiement. On en trouve aussi en Hongrie et à Ferschesberg , eji Silésil?.

Calcaire concrétionnéinerusianl. La dî0iépence qui existe entre cette soua-variété et1et;alcaire concrétionné stratiforme, est trés*iégère et presque arbitraire. Le ealcaire concrétionné incruataut ^t également composé de «ouches parallèles ; mais dans ce cas-ci la chaux carbonatée s'est moulée sirr un corps étrange^ qu'elle a recouvert, ou même enveic^pé.

Les corps qae la chaux carbonatée ûpcruste ordinairement dans la nature, sont ies v^étaux plongés dans les fontaines dont â'eau tient ce sel en dissolution. Ces végétaux , recouverts d*une couche souvent épaisse deehaux carbonatée , conservent cependant leur forme.

Ces dépôts ae font •également sur des corps Inorganisés, sur des pierres, deâ métaux, dans i^s enduits de terre culte, de bois ou de pipmb. Oo a un exempte remarquable de ces dépôts dans les «aux d'Arcueil, et 4ana presque toutes celles qui sont au midi de Paris. Les tuyaux^eugorgent promptement , tant ce ^dimient est abondant.

Lorsque ces dépôts se sont faîtssur deê végétaux à tige cylin«

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drique et crun volume sensible, ils rejprëseritent souvent de» os longs d'animaux. La plante, détruite parle temps , laisse une cavité semblable à celle que Ton voit dans les os, ou au. moins une ligne noire. Ces sortes d'incrustatians portent le nom trèsimpropre d'osteooolle y et on a prétendu que, prises intérieurement , elles facilitoient la formation du cal dans les fractures. On ne les rencontre ordinairement que dans les terrains sablonneux. On cite les ostéocolles de Brandebourg, de Thuringe, des environs de Francfort sur l'Oder; celles qui se trouvent auprès d'Ëtampes, et d'Albert , près d'Amiens.

Toutes les incrustations dont on vient de parler sont grises ,' leur grain est grossier. Il paroît que les fontaines qui les for-* mei>t doivent la faculté de dissoudre là chaux earbonatée à un excès d'acide carbonique qu'elles contiennent, mais qui se dégage dès que ces eaux ont le contact de l'air.

D'autres fontaines donnent des sédimens d'un beau blano y dont on a fait quelquefois un usage assez curieux*

Une des sources les plus célèbres d^ns ce^enre, est celle des bains de Saint-Philit^pe, en Toscane. Cette source, presque bouillante , coule sur une masse énorme d'albâtre qu'elle a formée. Il paroît que la chaux earbonatée y est tenue en dissolution par du gaz hydrogène sulfuré, qui se dégage dès que* l'eau a le contact de Tair. Le D/ Ve|ny a tiré parti de la propriété incrustante de cette eau pour lui faire mouler de& has-reliefs qui sont d'un très-beau blanc et d'uoe assez grande dureté. *

Il se sert de moules de soufre, qu'il place très-obliquement contre les parois de plusieurs cuves de bois ouvertes par leurs doux fonds. Ces cuves sont surmontées , à leur ouverture supérieure, d'une croix en bois assez large. L'^au delasaurce, après avoir déposé hors de llatelier du mo.ulag« le sédiment le plus grossier , est amenée au-dessus de ces croix de bois. ElUc s'y divise en tombant, et dépoae dans les moules un sédiment calcaire d'autant plus fîn , queceuxrci sont placés, plus perpendiculairement. Il f^ut d'un à quatre mois pour terminer ces bas-reliefs , selon l'épaisseur qu'on leur danne* Le D.'^ Vigny est parvenu à le$ colorer, en mettant à la source un vase rempli de couleur végétale que l'eau délaie. (Latapie, J. de PK.)

M. Gillet de Laumont a découvert à trois lieues, au sud-ojacsl

CHA a8i

de Tours, danâle lieu dit les cÊves de sauonniire ^ une source qui a une propriété incrustante semblable à la précédente, et qui se couvre d'une pellicule par le contact de Tair, eoaiiae Feau de chaux.

La fontaine de Saint-AHyre , près de Clcrmont en Auvergne ^ a une puissance d'incrustation telle, qu'elle a jeté une espèce* de pont calcaire sur le ruisseau auquel elle se réunit.

Lorsque ces incrustations sont faites par des rî\^ères ou des ruisseaux, elles enveloppent de la vase, du sable, des débtis de végétaux, des feuilles, etc. Elles sont alors tirès-porenses , même cellulaires, peu dures, impures, et d'un gris sale : c'est le iuf calcaire^ dont la surface naturelle est toujours ondoyante, et qui présente souvent des couches ondulées dans son intérieur. Le tuf, fait plus en grand que les incrustations précédentes, se trouve aussi en plus grandes masses. On le rencontre dans toutes sortes de'terrains, mais il est* toujours presque superficiel.

Les incrustations ou dépôts sont quelquefois si àbondans , et les pierres qu'ils forment si dures, qu'on peut en construire des édifices. La pierre dont est bâtie la ville de Pasti , en Italie , est nommée par les Italiens pierre tuhulaire , parce qu'elle semble devoir son origine à des ineruétatSons formées sur des roseaux. (Guettard.)

Le travertin qui a servi à construire tous les monumens de Rome , paroît avoir été formé par les dépôts de l'Anioet de la solfatare de Tivoli. Les temples de Pestum, qui sont d'une trèshaute antiquité, ont été bâtis ave^n travertin forn^é par le dépôt des eaux qui coulent enc-ore dans ce canton. (Breisiak.)

On retrouve des exemples de cjette dure^ des pierres formées par sédiment, en Amérique , dans la contrée de Guancavellca. UnefontainedVau chaude forme très-rapidement, dans ce lieu, des dépôts àbondans dont on retire des pierres de construction. (Ulloa.)

Toutes ces pierres acquièrent une grande dureté à l'air, et M. de Breislak croit que c'est à L'heureuse réunion du travertin et de la pouzzolane dans le même lieu, que les monumens de Rome doivent leur grande solidité*

8.' Variété. Calcaire spongieux , vulgairement , agaric minéral, moelle de pierre, etc.

Cette variété, qui est d'un beau blanc ^ a le grain très-fin -,

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elle eai douce au teiieàery^féft-teiidpe, H aiiec légère -poiA

£U^ fe trouve ea CQuches peu épaîases dans les fentes des rochers calcaires qu'elle tapisse. Elle est atses coBmune ^ eu Suisse j 4A 0i^ remploie pour èUacUr les oiaisout : ou en trouve aussi auicenyMH>usde WaiLefiried, près Ratishenne.

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