‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 31 sur 53 · sECrrotr. Chaux carhonatét et sédimenL · texte numérisé non relu

sECrrotr. Chaux carhonatét et sédimenL

j;^ càftuic earboua^bée qui constitue les variétés renfermées daascetle division , n'a pas é*é dissoute , au siotns da«8 la plus grande partie de saaiasse« £lle a été suspeeudue dans un liquide 9 et déposée lors du repos ou du dégageuucnt de ce liquide. Sa teiclure oomp^ete* souveul jnéwe -grosaîère , prouve ce mode

. 4e jorwUioui. Qu rem^up^fute eepeindant » dans les nassesuleicture très- compacte et à grains fins, une hoino^néiié etd^

• lauK^lles qui indiquent qu'une partie d^e la «hsMX carbonatée I» pu ^Ire dissoute. Oaus d'autres «masses ou remarque «a lué- Jauge de parties eompactes, même terreuses, et de parties l^nellaires, qui aunou<^ qu'une portion de la chaux cdthonotée fioa^Uiement dissouie, a péuétné ks cavités, les pores ou les fissures dg la in^Re sompacte^ eit qu'elle les a reusplies eu tout ou eu partiie, '

Ceite formation, &ite principulement par aédtfnent, indique aujRsi que les variétés de cette section sont beaucoup moins pures que celles de la section précédente. Nous les coasidéroHS néanmoins comme pures , parce que nous faisons abstraoti^B de toute partie mélangée qui n'impnme pas$ par son juétouge , des caractères ou des propriétés particulières.

lo.*" Variélén Calcai&e maubse* La plupart des marbres sont des pierres uiélaugées : mais, comme quelques-uns spntjeomposés de chaux carbonatée assez pure; comme, dansles autres, cette substance est la partie dominaate par ses racactères, et

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même par ses proportioas, on les réunira ici , pour ne point séparer des pierres dont presque toutes ies propriétés isout les suéoies.

Les marbres , proprement dits, out la cassure géoér^lemeiif terne -t les lames qu'ils font voir appartiennent aux Teiues de calcaire spathique qui les pénètre souveat ; ils sont eoaipact«9|K et susceplièies d'un pôii hrîtiaut : enfiut Mspnéseotenl des cotileu9 assec vivm et toèsrranées.

Peu demaristwssont d'une seule couleur , loiuqpi'ea cm pbaerve de grandes masses ; heauoosp ^ m caantraiye , présenteoi un grand nombre de nuances.

Le nombre des smilNres est ittfini y leur ntmenelature arbitraire ; c'est un jcbâos qu'il n'est pas de notre su^et . de dé^ brouiller : on n'a pu mène établir enoare aiieuae bosuse .elaa- «iâcatîoB des nvurbres. On fera, coanoitre ici les sœtes lea plus connues et le plus communément employ^ées.

Lés 'marhrès noirs homogènes , dont an fait des toud^eaUx , des inscriptioas , des socles, des carreaux , viennent de Diàaa pf^ Liège, de Namur { ediui^ci est un peu veùné de blanc ) , de 'Theux, près de Naaiur, etc* Ces marbres noirs r^andeintsou* Tentuneodeur fétide parle frottement oula chaleur. Celui des Ecaussioes, près 4e Mons^ nommé improprement petié gr^nUé^ est remarquable par ]e grand nambre de débris d'eoertnes et de n^drépores qu'H^renfcrme.

Lémarèreàioekes noires et •fr^oneTtef , anguleuaestrès-méides , appelé commuuânentpefi^ aulique, vient des en virons deMoas.

Le marbre porter ^ dont le fond est d'un beau noir, arec des taches et des veines d'un jaune doré, satire au pied des Alpes ^ dans les environs de Gènes, près Porèo-Venese.

Le marbre de Serancolin , dans les Pyrénies , est ^elqwefois d'un rouge loacé, aaéié de gris etde jaune, avec as» parties transparentes. La partie de ia carrière qui donnait iapdus beUa qualité est épuisée.

Celui de Veyrette , prés de fiagnères , est jaune eionouçe.

Le marbre nonuné grioée est d'un rouge de sang foncé en brun, lise trouve en Italie ; à Cosne ,, dêpartemeat de l'Ardèche ; en Flandre , etc.

Dans les marbres que nous venons de pnendre pour modèles ^ lescuiddeurs sont disposées par veines -ou par taches nuaocéesi

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dans d^aufres elles sont par taches doiïtles contours sont limités et anguleux : on voit que ce sont des fragmens de marbres réunis par une pâte. On appelle ces marbres fiaÈcn^. ( Voyex ce mot.) Nous citerons pour exemples .*

La brèche d'AUt, ou de Tolonet , à une lieue d'Aix ; elle est tnélée de rouge , de noir et de gris.

La brèche coraline aEspagne, qui a de grandes taches blanches , avec de plus petites , jaunes , brunes et violettes.

La broeaUlle, C'est une brèche à petits morceaux , dont la couleur générale est le jaune doré. On la trouve à Tortose en Andalousie ; elle est rare et chère.

Un grand nombre de marbres renferment des coquilles fossiles , des madrépores , qui font corps avec eux ; mais il en est quelques sortes qui paroissent être uniquement composées de coquilles brisées. On les a appelées lumaquelle; il y en a de trois sortes assez distinctes. ^ '

La lumaquelU grise : elle est entièrement d'un gris cendré; les coquillessontplusbrunes. Elle vientdes environsde Troyes. On trouve un marbre grossier , de cette espèce , près d'Auxerre.

La lumaquelle jaune. Les coquilles sont d'un jaune pâle sur un fond jaune foncé. Cette variété est très-rare et très-belle. On ne sait point d'où elle vient. On la nomme lumaquelU d'Astracan; mais M. Patrin assure qu'on^ne la trouve pas aux environs de cette ville.

La bimaquelle opaline. Le fond en est brun; mais , ce qu'elle a de remarquable, c'est que les coquilles de nautile, ou d'ammo* nite qu'elle contient, ont conservé un nacré brillant et m agniiique, qui a quelquefqis l'éclat rouge- orange d'un charbon enflammé. On trouve cette variété précieuse en Carinthie ; elle sert de toit à la mine de plomb de Bleyberg.

Presque toutes les grandes chaînes de montagnes renferment des marbres. Les pays qui donnent les marbres les plus esti* çiés, sont l'Espagne, les Pyrénées, et l'Italie.

L'estime que l'on fait d'un marbre est fondée sur la vivacité de ses couleurs , sur le poli qu'il est susceptible de prendre ,' sur son homogénéité , et surtout sur les propriétés qu'il n de se conserver à l'air sans altération. Les marbres qui contiennent de Targile se délitent facilement à l'air ; ceux q%i renferment des sulfures de fer se salissent en se couvrant de rouille.

Les marbres servent à Fornement des édifices ; mais, dans iesiieux où ils sont communs , ils sont employés comme pierre à bâtir*

On -donne aux marbres le poli brillant qui les caractérise , parle procédé suivant : >

Après avoir aplani la surface de la pièce à polir avec la scie ou avec le ciseau , on l'unit parfaitement en la frottant avec des tessons de poterie rouge commune, qui n'a pas eu de couverte , et avec un sable rougeàtre argileux ; on y ajoute de l'eau. Cette première opération .terminée f on enlève complé* teraent le aable , et on plombe ^ c'e&t-à dire que , l'on £roiit fortement le marbre, avec un parallélipipède de plomb piqué par»dessous , de l'émeril neuf, dit quatrième , et de l'eau : la surface devient très^unie^ très-douce, mais elle n'est point encore brillante. On prend alors de la limaille.de plomb mélé« d*un tiers d'alun , et on en frotte très-fortement avec un tam-» pon de linge la surface du marbre , sans ôter l'émeril qui peut y rester. Lorsque l'opération est sur le point d'être terminée , on donne le dernier poli avec de la potée d'étain , que Ton emploie à sec, et sans changer de tampon. Oji essuie la surface du marbre avec une serge , et il est poli. On emploie ,. pour polir les marbres d'une couleur pâle , de la pierre poncç au lieu de plomb qui lesnoirciroit; et, «comme la potée d'étain jauniroît le beau marbre blanc , on lui substitue, dans ce cas, de la potée d'os : ce sont des os de mouton calcinés , broyés et mêlés avec un tiers d'alun. On se sert , pour la grlote , qui est un marbre rouge, du rouge à polir, employé dans les fabriques de glaces.

Les marbres blancs sont sujets à jaunir à l'air, ou à sy salir d'une autre manière : on peut les nettoyer complètement enles lavant avec du chlore (acide muriatique oxigéné), suffisamment étendu d'eau.

11/ Variété, Calcaiee compacté; la pierre calcaire compacte. {Dichter'kalkitein , Werner.) Cette pierre ne diffère presque point des marbres ; elle est, comme eux, solide , compacte, à grain. fin: elle est même susceptible de poli, mais ce poli est terne, et ses couleurs sont toujours obscures; sa cassure est ou terne, ou ondulée, ou écailleuse, ou quelquefois conchoide. ' Ses couleurs varient entre le blanc jaunâtre , le gris cendré ,

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le bran et m^méle l>leuAti*e. On reinarqiie soureot que tes frag* tnens .épar» de calcaire compacte sont comme enveloppés d'une ëcorce assez épaisse, qui est d'un jaune pâle sale ; le milieu •enl est resté bleuâtre. On peut, observer très* fréquemment ce phénomène sur la route d'Auxerreà Dijon, près Chablis,

On remarque quelquefois dans le calcaire compacte desarbo^ fisations ou dendrites qui sont dues à une infiltration d'oxide noir de fer ou de manganèse, qui s'est introduit tantôt entre les feuillets de la pierre ^ tantôt dans les fissures nombreuses fiont cette pierre est susceptible. Dans le premier cas^lesdendtites sdnt superficielles.; dans le deuxième, elles sont profon« des, et ne deviennent visibles que lorsqu'on scie la-pienre per« jiendiculaireinent à ces fissures.

On trouve aux environs de Florence «ne variété de calcaire compacte ^ qui, sciée dans un certain sens, offre assez bietr l'image d'une ville ruinée : on croit y voir des édifices, des tours , un ciel et une terrasse. On la connoît sous le nom de fierre de Florenee. On auppose que cette pierre calcaire argi« leuse et ferrugineuse $ en prenant du retrait par le dessèchement ^ s'est divisée en prismes irréguliers; que l'espace entre «es prismes a été rerapU par une infiltration de chaux carbona* tée, tandis que l'oxide de fer de la surface 'des prismes, en s^ôxidant davantage , teignoit cette surface d'une couleur plus foncée que ceUe du fond sur lequel ils sont placété

GisenhenU Les marbres et le calcaire compacte présentent à peu près le même gisement et les mésnes Mu géologiques^ On réunira. donc ici ce qui les concerné»

Mais nous ne considérel*ons dans leur gisement que ce qyti leur appartient particulièrement et d'une manière absolue, •ans parler de leur place dans ia succession des couches d« globe 5 m de leur rapport de position, de formation , etc. avec les autres roches. Nous examinerons ce dernier sujet , en traitant de» terrains dont ils font partie , au mot Terrain.

Les marbres et les calcaires compactes se présentent généra* lement en bancs épais, parallèles entre eux, rarement hori^ iontaux , mais souvent trèMaelinés ^ et , ce qui est plus remar* quable ^ contournés^ plissés, comme tordus dans toutes «orteé de directions , sans cependant perdre leur parallélisme.

Ils forment des chaînes de montagnes stratifiées , souvent

tr^-haute» ; en en voit dans les Pytënëes qui ont 36oo mètre» d^éléraiiotu C«« montdgBés ont toutes un aspect particulier qtti les fait reeenMltr<^ de très-loin. Leur sommet est raretAent aigiijilest, au contraire, fréquemment terminé en un platean dcriit l'étendue est quelquefois àsstt grande : leur» flancs sont eêcûTpéi et coupés presque à pic; césescarpemens sont quelque^ fois d'oifie hauteur prodigieuse ; quelquefois aussi ils se succèdent en retraite , conime les inarches d'un escalier. ' Cette douMe disposition est Ir^reniarquable êam le centre de kl chatne des Pyrénées, sur )fe» bords de la ehafnè des Alpes , près de Grenobte , sur la rire droite de Tlsère , etc.

1res bcmcs de calcaire compacte et de mai^bre varient Beatr^ cettp d'époisseu^r ^ ils sont souvent séparés par des bancs d'argile , de schiste argileux , de ps^ramitescbistolde, de Hottille m^e ; on j trouve aussi , soit en couches on en amas , du fét oxidé ronge , du n^rcure sulfuré , du plomb sulfuré et molybdaté , dn manganèse , du zinc oxidé ôii sulfuré j etc. Les nrémes substances les travorsent en filons , accompagnées de calcaire lamellaire, de chaujt flûatée , de baryte sulfkté, de fer sulfurée, de enivre carbonate , etc. Les minéraux disséminés , qu'cm volt dans ces calcaires, sont peu nômbremt ; ce sont priiicipalement des grenats, quelquefois* du fébrpath; maison y voit aussi des silest* Ceux-ci , néanmoins , y sont plus rares que dans la craie ; Us sont aussi plus petits et plus intimement liés avec la pâte , tântdt en couches continues ( aux environs de Bakexvell dans le Derbyshire) , tantôt en ntfyatix on conches interrompues (les silex blonds, des environs de Grenoble").

Enfin, ces deux variétés de calcaire renferment très-soti-» rent des coquilles et antres corps mdrins fossiles. Certains marbres paroissent entièrement composés de madrëpor^^ qui ont pris la structure lamellarre. Oes corps marins ont rarement conservé la pureté de leurs formes, et sont téllemrenf adhérens à la pierre^ quils ne peuvent pas en être séptirés entiers. Les genres de coquilles et de zoophyt^s qa^&n y trouve le plus ordinairement, sont des entroques, des bélenmi tes,' des ammonites , des térébratnles;

Les variétés -minéralogîques de calcaires compactes et de marbres renferment les rdÉhes calcaires qui ont reçu en géognone , et par rapport ii leur position , les noms de calcaire

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de Iran&ition^ calcaire des Alpes, calcaite du Jura, de i!echstètri f de Hochgebirgkalk de M. Utiinger, de Rauhtvack^ de Raahkalk^ Chacune de ces variétés gëogaostiques présente des différences minéraiogiques que nous rappellerons en traitant des époques de formation auxquelles elles appartiennent, mais qu^il est peutêtre utile de présenter ici réunies» Toutes , CQmme nous venons de le dire , sont minéralogiquément des calcaires compactes.

Le calcaire transitif e^t généralement le plus comp^acte et le plus voisin^par sa texture, du calcaire saccharoïdeou lamellaire. Il est tantôt ou blanchâtre 9 ou très-coloré , et fait partie des marbres ; c^est probablement à cette modification du calcaire transitif qu'il faut rappQrter le Ho c%e^îrgjba^fc deM. Uttinger; variété du calcaire compacte qui, selon ce géologue, est très-pure*

Tantôt il est brun, gris de fumée ^"om même tout-à-faitnoir; dans ce dernier cas , il renferme du charbon , environ un quart pour cent. Il offre , ainsi que le précédent , un grand nombre de lamelles et de veinules de calcaire spathique, et renferme plus abondamment et plus fréquemment que lui des débris de corps organisés qui appartiennent à dés espèces et même à des genres particuliers, très-différent de ceux qui vivent actuellement à la surface de la terre.

Le calcaire dit des Alpes ^ non moins compacte que le pré* cèdent, à grains très-fins, mais jaunâtre rosàtre, ou m^me coloré plutôt que noir ou brun, est néanmoins quelquefois gris roussàtre ou gris de fumée, et c'est alors le zechstein;ia9,i»îlB, toujours une structure très -dense,, une cassure quelquefois écailleuse , et n'offre point ces lamelles spathiques qui sont si abondantes dans le calcaire transitif j il renferme enfin , mais comme par paquets seulement , un grand nombre de débris des corps organisés , tels que des coquilles très-variées eiàe& encrines.

Le calcaire dit du Jura, est moins compacte, moins homogène; il est'grisâtre, plus ou moins foncé $ sa cassu re est inégale } il est quelquefois assez 4iffî<!ile à casser. Lorsqu'il présepte un grand nombre de petites cavités remplies d'argile , et qu'il est comme boursouffLé , on lui donne les noms de rauhwack , rauJikalk , hohlekalke ; il ne renferme pas moins de débris de corps organisés que les précéxlens, mais ils appartiennent généralement à d'autres espèces. Les térébratulef^ bélemnites , ammonites, ptérocènes, pectens, gryphsées, etc., y sont très -communs.

' On doH r«dlf^e que les caractères convenables ou plus grand nombre des calcaires compactes désignés isous les noms géo*- {gnostiques précédeus^ sont loin d'être absolus et constans^

Plusieurs sous-variétés de calcaires compactes renferment de la magnésie ivsqu'à 9 pour 100 ; lorsqu'elle l«ur imprime , Âeê caractères extérieurs et des propriétés suffisamment dis«tinctifs , elies doivent être placées avec les calcaires mélangé» magnésifères.

Les calcaires compactes sont particulièrement employés dans les coHStriiçtionjf, et donnent parla cuisson une cbaûx d'assce lionne qualité-, quand on a soin de les choisir exempts d^argile%

12.* VuriëtéJ CAi^ç^itiK oolithe^ (Chaux carbonatée globulîforme, -Haiiy.) Rogeusiei»^ Hersèsiemj des minéralogistes allemands.

N-^us plaçons ici une variété de pierre calcaire qui semble peu importante au premier aperçu , mais qui , par sa manière d*étre ^sset particulière, mérite d'être sépai^e des autres. L'oolithe est toujours en globules ou sphérçïdes , dont la. grosseur varie depnis celte d'un pois jusqu'à celle dTune graine de pavoti Ces sphéroïdes ne -sont point réguliers ; leur cassure est compacte et souvent éc^illeuse ;^on n'y voit ni couches eoncentriques ni stries convergentes: et c'est en cela que les <oollthes <iifir<prent des autres variétés globuleuses de chaux •carbonatée. Leur couleur, caractère d'ailleurs peu important, est le gris jaunâtre , -ou le rouge brun et sale»

Les oolithes sont presque toujours «gglutinéés par un ciment calcaire^ elles se trouvent en bancs ou en .taatssçs considérables au miiifc^u des bahcs ou terrains calcaires, probablement antérieurs à la craie, et qui paroissent d'une époque il peu près ia même que celle o{i s'çst déposé le calcaire du - Jura. On voit au nord d'Alençon^des couches entièrement «composées d'oolithes de la grosseur d'une graine de pavot. On a cru remarquer qu'elles se trouvent, plus ordinairement qu'ailleurs^ au pied- des collines ou des montagnes, et qu'on les rencontre surtout dans le passage des terrains de cristallisation aux terrains de sédiment. Daubenton , Saussure, Spallanzani, M. Gillet-Lftumont , supposent que c'est de la «baux carbonatée qui a été granulée comme de' la poudre à canon , par le mouvement des eauic.

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f^ Lorsqu'on roit In masses d'oolitfaes d'un briin - rougeâtf^ ferrugineux , des environs d'Ëisleben et d'autres lieux dti Han ou du pays de Mansfeld, composées de grains souvent très-gros, couverts e^x-Hièmes de petites aspérité» spfiéroï^ dales et comme chagrinées régulièrement ^ on seroit tenté de les prendre pour des 'corps organisés fossiles ; mats lorsque pal' la plus grande attention on ne peut parvenir À découvrir au« cune structure organique dans Tintérieur de ces grains, qu'oA les trouve de toutes les grosseurs dans.ia même masse , et qu'on voit qu'il n'y a knéme que ceux de )a surface , exposés ^e^ puis long-temps à l'infiuence des météores atmosphériques*, qui présentent cette structure , on est obligé d'abandonner cette idée, et d'attribuer leur forme à unecause mécanique, dont il est difficile de se former une idée juste.

Les oolithes sont rares dans la chaux earbonatée \;ompacte, dite des Alpes $ on ne les a Jamais vues dans la craie proprement dite } leurs bancs alternent quelquefbis avec de> couches de grès.

On trouve en Suède, en Suisse, kFiakében et AArferft len Thuringe ? àes masses d'oolithe» qui se décomposent faeriement : en ft'en sert alors pour amender leè teri«s au ifeu ût marne.

C'est l'Hom^gr^I de M. F/^islebeïi. Qu«lqtrefots Toolithe «ri tellement mêlée de sable quarceux qui lui est fortement agrégé , qu'elle passe au gt*è5 , même itn grèfr dur et au silek corné. ( Freisleben. ) Elle est alors suscepliblé de recevoir un assez beau poli.

i5.* Variété, Calgaiks craie (Chûut ^artn^i^tée erwytasej HalSy). Il est assez difficile de faire coïncider les caractères mittéralogiques de la craie, ^yec}ies caractères géognostiques ou de position. Qupique la craie soit encore tisâei mal déterminée % oy s ces deux rapports , il est cependant plus faille de bii assigner des carttetères géagnostiques qé\? des propriétés min^^ ralogiques très-trQnchées. Nous ne nous otéùperonsfiîéafinBoins , dans cet article, que de l'hîMoire natuMIe de la craie coltsi^ dérée isolément et non dans «es rapports avec les antres couches du globe. Ce siijet sera traité au nibt Terrain.

La craie est généralement blanche , tirant un -peu. sur ht jaunâtre et le grisa V*e; elle a une texture iàche , un aspect

CtîA «9*

l^ât, telrfeilx^ sans aucun indice de criitallMalion m même d'infilU^ation cristalline; son grain est cependant très -fin, touVent même presque impalpable; le peu de cohérence qu^ont ordinairement êçs parties » fait qu'elle laisse assez facilement vne trace blanche et assee-nette sur les surfaces sur lesquelles en la pas$e même avec légèreté.

Sa cassure est droite, quelquefois un peu eonchoïde, ra-*. rettent j^aboteuse j sa pesanteur spécifique varie entre 2,3 1 et 11,65.

La eraie ûst complètement opaque, très-^tetidre» et même IHable dans quelqueii cas. Elle happ« k la langue*

C'est d€ la chaux earjb^onatée pure», doniîa composition est nbsolument la mêi^e que celle du calcaire spathique ; mais elle contient dans un état de y&élai^ge probablement méca* »i4{iie 9 de la silice ^ de Talumiae et de. la magnésie da^v des proportions très^variables , comme on pouvoit s^ attendre* Ainii on trouve sur loo parties de craie, environ ^

Craie de Galicien Cï'aie de Paris,

Chaux Carbonatée 82 ...... . 70

Silice . » w 8 20

Magnésie ..é 8 10

Alumine » • » • .^. •••« 2. •••«.• o

(Haquet») (Bouillon*

Lagfange. )

îl est très*&<3ile 4e ooalbnilpe^ sur des échantillons isolés ^ W ^aie avec certains petits dépôts 4e calcaûre souvent marneux, ^^i lui resseinbieiit beaucoup par les carrières extérieurs ; mais cette incertitude ài^^aicoit presque entièrement, lt>rsqu*à ces çaraeiàres on réunit ceux 'qui sont tirés 4e I4 craie examinée en iprandes masses , et des corps étrangers qu'elle renferme, c'est-^à-dire, les caractères géogoostiques que nous allons indiquer*

La craie 1^ -présente en masses également éteiidues dans. toutes les dimensions ; elle constitue des chaînes de col-^ lûies entières^ et des terrains trés-ccmsidérables; mais ce^ celUnes atteignent ri^ement uiue grande élévation, et nouji doutons qu'elle passe 100 mètres.

Quelquefois , et c'e^t mièuie le plus $}iis graund uombre àa

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cas, on n'y voit aucune assise distincte, appartenant k 1h masse ménic, c'est-à-dire, qu'on n'y remarque pas ces couche^ séparées par des fissures de stratification continues et si distinctes dans les calcaires compactes des Alpes et du Jura, dans lé calcaire grossier, etc. Dans d'antres cas, la stratification est marquée *par des lits ou d'argile ou^de sable , ou même de grès, plus ou moins épais, et placés souvent à d'assez grandes distances les uns des autres ; nous le répétons , cette disposition est la moins ordinaire, et ne se trouve peut- être jamais aans la craie blanche, telle que nous l'avons carac* térisée minéral ogiquemeâ t.

Mais , ce qui indique le plus clairemenf la stratification de la craie , même toutes ses variétés ou états géogno&tiques , ce sont des lits de silex pyromaques trés-multipliés , trèsprès les uns des autres , très-étendus et souvent parfaitement parallèles. Le silex qui compose ces lits est rarement continu sur une grande étendue; il se présente plutôt en rognons sphéroïdaux , ou de, toutes sortes de formes, comme placés à côté les uns des autres , tantôt tout-à-fait séparés et isolés, tantôt liés ensemble et comme soudés par difîerens points; de manière que si on dégageoit ces lits de la craie sur une grande surface , ils présent croient , dans beaucoup de .cas , une grande plaque d'une épaissew moyenne a peu prés égale , à surface couverte de tubérosités inégales , et criblée d'une multitude d'ouvertures aussi différentes par leur grandeur qu'irrégulières dans leur forme et leur disposition. .

Ces rognons durs , tantôt composés de silex pjrromaques noirs ou blonds et très-purs, tantôt de silex opaque blanchâtre ou grisâtre, miélé^ de sable et de craie, sont les cajractères les plus sûrs de la craie envisagée en grand.

La stratification de la craie est, dans beaucoup de cas, sensiblement horizontale; néanmoins, dai^s quelques lieux, elle présente une stratification très -inclinée, ou même presque verticale, et quelquefois des lits contournés et fortement arqués. Cette disposition est très - distincte sur les côtes de l'Ile de Wight, comme nous l'a fait connoître M. "VC^ebster. Nous donnons dans nos planches la vue de cette disposition remarquable , mais qui parolt presque locale.

Enfin , on observe dans les masses de craie des fentes presque.

CHl =9?

Verticales, à parois bosselées et comme polies par les eaux, et dans lesquelles les silex sont restés en saillie. Les ouvriers les notamçnt filets ou filières.

Les débris de corps organisés fossile^ que renferme ce calcaire, peuvent encore le caractériser, et le distinguer surtout de ces marnes d'aspect crayeux avec lesquelles on le confond quelquefois. Mais, outre que Uénumération de ces fossiles nous feroit sortir- de notre sujet, cette partie de la géognosie est encore i^op peu avancée pour quW puisse donner cette énumération avec exactitude : nous nous contenterons donc d'indiquer les gen/es qu^on ne trouve jamais dans les marnes précitées: ce sont des bélemnites, des ananchîtes, des térébratûles,etc. Le noyau de ces coquilles, mais plus particulièrement des oursins, est souvent remplacé par du silex pyromaque.

On ne trouve dans la craie aucun gîte métallique; on n^ trouve non plus aucun combustible charbonneux , du moins eu quantité et en étendue notable. Le seul n^étal qui s'y rencontre, c'est le for à Tétat de sulfure ou de pyrites globuliformes, disséminé, ou incrustant les débris de corps organisés qui y sont également disséminés. Ces débris sont eux-mêmes répandus avec une grande inégalité ; il y a des masses de craie trés-considérables qui n'en renferment aucun , tandis que dans d'autres lieux, on les voit accumulés en grande quantité dans un. espace tres-circonscrit.

Plusieurs terrains calcaires, mais beaucoup moins homogènes que la craie blanche que nous venons de décrire, appartiennent évidemment à ce dépôt, puisqu'ils s'y lient par des nuances insensibles, semblent alterner avec lui, et même quelquefois le remplacer. Cette considération étant entièrement géognostique , sera développée au mot TeaRAiN. Nous nbus contenterons d'indiquer ici les deux variétés de craie qui se lient évidemment avec la craie blanche. L'une est la craie tuf au de M. Omalius d'Halloy , qui est grisâtre ou jaunâtre , friable, à grains plus grossiers, souvent très - sablonneux , et renfermant les silex opaques indiqués plus haut. L'autre est la craie chloritée^ que nous avons fait connoitre ailleurs, qui est également plus gro^ière, grisâtre, mêlée de beau* coup de sable très - friable , et qui ne diffère enfin de la

craie tufan qtt par ïa grande quantité de grains de chlorite qu'elle renferme. Ces deux sortes de craies, et très-oertainement la dernière , paroissent être plus anciennes que la craie blanche.

La craie, et surtout la craie blanche, n'est peut-être paà aussi abondamment répandue dans la nature que le calcaire compacte; cependant de vastes provinces en sont en- • fièrement composées. LaGalicie, la Pologne, l'Angleterre, la France, etc, , présentent des terrMns de craie très-étendHs. Dans ce dernier pays, on sait qu'elle est abondante en Cham" pagne, sur les côtes de la Manche, aux environs de Rouen y et près de Paris , à Bougival et à Meudon , etc.

La craie est employée dans les arts comme crayon ; elle sert

•aus$i à nettoyer les métaux, les verres; elle fournit le blanc

employé dans toutes les peintures en détrempe ; elle doit être

pure, c'est-à-dire, privée de la plus grande partie du sable

qu'elle eon tient.

On l'exploite ordinairement par vastes galeries. La consî&- "tance de cette pierre est telle que les pafoîs se soutiennent d'elles-mêmes. On la concasse en petits morceaux avec une masse de fer emmanchée : on la délaie alors plus facilement ^ d'abord dans un peu d'eau, ensuite dans une plus grande quantité de ce liquide. On laisse reposer environ deux heures cette bouillie claire ; lorsqu'on suppose que tout le sable s'est précipité, on décante avec dés seaux , etsansreinuer le fond, l'eau laiteuse qui surnage, et on là transporte dans des ton« neaux, où la Craie se dépose ; on décante alors Peau devenue cîaîre; on laisse prendre à la craie âssex de consistance pour qu'on puisse la manier, et en faire des masses qu'on applique contre les parois de la carrière. Elles y acquièrent prdmptement assez de fermeté pour être moulées entre les mains gn cylindre. On transporte ces «cylindres hors de la carrière ; on les couche les uns Sur les autres, et on les dépose en petites murailles à claire^ voie, dont l'épaisseur est égale à la hauteur^ du cylindre. On place ces muraille^ deux à deux, à quelque distance l'une de l'autre, et on les couvre par un petit toit de chaume, •

Ces cylindres ou pains de craie se sèchent complètement. Oti les vend à Fari^ squs le nom de blâno , ou dç blunç d^Espagne^

14/ y(vriéUn Calcaire Grossier. Vulgaîremeiit , pierre caU taire, pierre à bâtir des Parisiens, pierre de taille, et moellon* Cett^ variété a la texture lâche , le gprain ordinairement gros* i|ier; elle se laisse facilement entamer par les instrumens tran- <:h4fif f et n'est susceptible de recevoir aucun poli ; sa cassure e^t grenue et terne; ses couleurs sont sales, et varient entre lé ibianpy le gris et le jaune Isabelle.

1> graÎB, la couleur, la dureté de ces pierres, présentent^ de grandes différences, (|ui influent plus sur l'usage auquel on p^ut les employer , que sur le rôle qu'elles jouent dans \h pâture.

Les ynes ont un grain trés*fin, avec de la blancheur, mahr peu de dureté, et né peuvent être employées que pour la sculpture , telle est la pierre de Tonnerre , dans le département de l'Yonne (») ; cdîe de Nanterre , près Paris. .

D'autres ont le grain plus grossier ; leur couleur est jaunâtre ; elles soni tendres: telles sont les pierres de Conflahs- Sainte- . Honorine, prés Paris, dont les bancs ont quelquefois plus de deyx mètres d'épaisseur; celles de Saint-Leu et de Trossy dans ledépartemeut de l'Oise : ici les bancs n'oi^t guère plus d'un «uetre.

£nfiji , d'autres, ont^une texture très - lâche , un grain trèsgrossier, très^visible, et, quoique composées de sable, de fragxaens de coquilles agglutinées, elles ont une grande dureté et nue grande solidité : telle est la pierre de Saillancourt , près PoQ toise. Ses bancs paroissent d'une telle épaisseur, que la carrière semble coupée dans une seule masse de pierre : cette carrière est réservée pour les travaux des ponts et chaussées. Le calcaire grossier étant ordinairement un mélange impur de sable calcaire et siliceux , d'un peu d'argile , de fragmens de coquilles, etc., l'analyse chimique ne peut rien nous apprendre de précis siir la composition de cette pierre.

Il est d'une formation postérieure k celle de la craie , et Intérieure à celle du gypse à ossemens. 11 constitue des terrains assez circonscrits, très-étendus cependant aux environs de Paris, et fort bien caractérisés dans ce canton, mais plus

(i) Il n'est pas sûr que la pierre dite de Tonacrrc appartienne gcolo5i.. i|uemciit au calcaire grossier.

circonscrits et moios bien caractérises dans d'autre» lienx ob sm présence n'est que présumée , mais non encore preuvée : teh sont les environs de Gand , ceux de Mayence , ceux de Londres, où ce calcaire est tellement friable et sabloimeux, quH ne présente plus aucun caractère minéralogique , et qu'il ne peut être déterminé que par les caractères géognostiques.

Le calcaire grossier paroit être touiours assez éloigné de» hautes chaînes de montagnes primordiale», et appartenir aux terrains les plus nouveaux. Quoiqu'il se présente en bancs puissans et très -étendus , il ne fomte^ janiai^de très- hautes montagnes, mais des collines arrondies dont les flanc» offrevt quelquefois des escarpemens : il fait en France ta base d'assez grandes plaines : telles sont celles des environs de Paris*

Ses bancs sont très-distinct», horizontaux, rarement incliné», jamais contournés ni plissés ; ils ne sont séparés que par de l'argile, de la marne, du sable; quelquefois par des dépote et des infiltration» géodiques de quarz et de chaux carbondtél? cristallisés (Neuilly, près Paris): ces bancs, ou couches, varient beaucoup d'épaisseur. On peut remarquer qu'ils sont beaucoup plus épais daps la pierre calcaire tendre , que dans la dure. Cette dernière sous-variété est quelquefois en couches si minces, qu'on s'en sert dans quelques contrées (dans la Côted'Or, près de Diion), en place de tuiles, pour couvrir les maisons (i).

Ce calcaire renferme souvent un trcs-^grand irombre de coquilles dont les genres et les espèces sont très-multipliés : quelques-unes de ces coquilles paroissentle caractériser géognostiquement. C^est, d'une part, l'absence des ammonites , et, de l'autre, la présence presque habituelle <ie plusieurs espèces particulières de cérites.

Il ne renferme niâloni, ni matière métallique : on n*y trouve que des infiltration» de fer oxidé hydraté , et peut-être ausji quelques petits dépôts de zinc carbonate. La houille ne s'y est jamais rencontrée; mais on peut y trouver quelques dépôts peu épais de lignites. Les silex pyromaque» , si abondai)»

Cl) Le caleaire que no as citons îcî n'appartient probablement au calcaire grossier que par ses caractères minéral cxgique»; il paroft ^Mt géog- 20sii<]^uemest plus ;iucUit,

dans la craie, ne se trouvent presque jamais, ou peut-élre même jamais, dans le calcaire grossier ; mais on y voit des rognons en couches horizontales*, interrompues , de silex cornés.

On voit que, si les différences minéralogîqnes qui existent f»tre le calcaire compacte ,'la craie et le calcaire grossier, sont f^gères , il n^ea est pas de même des différences géologiques qui sont plus nombreuses et assez importantes.

Cette pierre, partout où elle se trouve, est employée pour le^ constructions. La solidité de quelques-unes de ses sortes, et la facilité delà tailler, lui donnent un grand avantage. Oii la nomme pierre de taille lorsquVlle est en gros blocs, et moellons lorsque ses masses ne passent pas 2 5 centimètres cubes.

Elle ne se trouve pas également partout : elle est commune eu France, et surtout aux environs de Paris. On la trouve prés de cette ville , principalement au midi, depuis Meudon jusqu'à Gentilly ; et on a donné aux différentes parties de ses couches des noms particuliers , selon leur qualité et les usages auxquels on les emploie. On nomme pierre de liais , celle qui est à grains tins, et dont. la texture est serrée : elle se taille à arêtes vives, et résiste très-bien aux intempéries de Pair. Son épai^eur n'est guère que de 2 5 centimètres. '

LéR pierre de roche est dure comme le liais, mais poreuse ei coquillière r ses bancs ont environ 6 décimètres d'épaisseur.

La lambourde est la pierre tendre à grain grossier; ses bands ont jusqu'à 9 décimètres d'épaisseur.

Ces trois qualités , et d'autres que nous négligeons , se trouvent souvent dans la même carrière, mais dans des positions respectives qui sont constantes j et qui seront déterminées dans un autre lieu.

Les carrières qui fournissent à Paris les pierres les plus esti- 'jnées , sont celles •

De Saint-Nom, dans le parc de Versailles;

Delà Chffussée, près Saint-Germain-en-Laye ;

De Poissy ;

DeNanterre: ces trois dernières donnent des pierres presque aussi belles que les liais ;

De Sailiancourt, près Pon toise ;

£t de Cofiflans Sainte-Honorine : cette carrière donne les plus

^j5 CHA

.1) elles pierres teadres ; elles ont quelquefois ai â^cimetrej d'épaisseur;

De Saint-Nicolas , près Sentis : c'est un liais ;

De Saint-Leu et Trossy, département de l'Oise : c'est une pierre tendre, -g

Les pierres tendres se scient à sec, avec la scie à dents. Ub pierres dures se scient avec une scîe sans dents ^ au moyen de Veau et du grés pilé. Pour que les pierires ne se détruisent pas à Tair, il faut toujours les poser sur leur lit, c'est-à-dire dans la même position qu'elles avoient dans la carrièrCt 'J'rès-peu peuvent être posées en délit*

Plusieurs pierres éclatent par la gelée : on les appelle p»crr#s gelîsses ; ce sont surtout celles qui sont p<>reuses et tendres.

La pesanteur spécifique de ces pierres est très-différente, selon les qualités : ainsi la pierre dure de Meudon est, à la pierre tendre de Saint-Leu, dans le rapport de 24 à 17.

Cette variété de pierre calcaire , étant presque toujours impure, ne donne , par la calcina tion , que de la mauvaise chaux.

i5.* Variété, CALCAïasMARNEux* Nous donnons ce nom à une varié.té de calcaire très-commune aux environs de Paris, et qui s'est trouvée encore dans d'autres lieux. Elle n'a été décrite particulièrement par aucun minéralogiste , et cependant elle présente , comme on va le voir , quelques caractères qui la distinguent de toutes les variétés connues.

Le calcaire marneux est généralement ou d'un blanc presque P^r, ou grisâtre, ou un peu jaunâtre. Quelles que soient sa dureté, .sa compacité , son impureté apparente même , son grain est toujours fin, presque indiscernable^ et cette pierre se rapproche en cela du calcaire compacte et de la craie : mais elle est loin d'avoir la couleur, laduretéet la force d'agrégation du premier, et n'est pas tendre et écrivante comme la craie> Cette variété est donc déjà assez bien distinguée, par ce» premiers caractères, des seules variétés d^ calcaire avec lesquelles o« pourroU la «confondre, le calcaire compacte, la craie et le calcaire grossier, . ^

Ce calcaire se présente en masse souvent trcs-volupiineuse , informe, ou en banc continu.

Sa cassure e&t assez géncralemeni difficile; U a donc une

ténacité partîcilîèfe : elle est ordinairement droite , «jnelqucfois raboteuse', quelquefois inparfaiteinent conchoide.

Sa texture est , «comme iiou« l'avons indiqué, tantôt serrée, tantèt plus làehe ; dans un plus grand nombre de cas , elle pré-> $ettte beaucoup de petites cavités irrégulicres, et surtout beaucoup de tubulures ou canaux à peu près parallèles, quoique sinueux: c'est un caractère qui manque rarement.

Le calcaire marneux se dissout facilement dans les acides , même foibl es , sans laisser aucun résidu sensible ; et cette propriété , en le distinguant des marnes proprement dites , qui sont des mélanges à grandes proportions de chaux carbonatée., d'argile, etc., le fait nécessairement placer daiis l'espèce de calcaire, avec plus de droit que la craie et le calcaire grossier.

Enfin , une dernière propriété particulière à ce calcaire , celle qui lui a fait imposer le nom de calcafre marneux , c'est de se désagréger avec facilité par l'influence des météores atmosphériques. Lorsque les fragmens de ce calcaire sont épars dans les champs , on n'en trouve' pas un qui ait conservé ses angles et ses arêtes -, ils sont tous émoussés , presque arrondis, et couverts d'une espèce d'écorce blauchâtre , moins dense que la partie intérieure.

Ces différences minéral ogîqu es , déjà suffisantes pour faire considérer ce Calcaire comme une variété particulière, acquièrent encore plus d'importance par les circonstances géologiques dans lesquelles on le rencontre.

Le calcaire marneux ne se présente que dans les derniers dépôts de la couche du globe : il fait partie des terrains de sédiment; mais il ne peut, dans aucun cas, être considéré comme un sol de transport,* et d'une formation très-récente^

c'est-à-dire qui seroit postérieure à l'état actuel de nos con-

tinens.

, ' tantôt il est antérieur à la formation du gypse à ossemens,' 'ou à des terrains volcaniques d'une haute antiquité , puisqu'ils appartiennent à des volcans éteints dont l'état d'ignition n'a jamais été connu • tel est , pour le premier cas , celui qu'on trouve si abondamment aux environs et à plus de trente Ikue* de distance de Paris ; et , pour le second cas , celui qu'on observe en Auvergne, dans le Cantal , etc.

Cette position donne , comme on le voit , une origine très-

ancienne à ce calcaire ; mais il entre aussi dans la compo^ sition de terrains beaucoup plus nouveaux et presque superijciels, sans cependant qu'on puisse encore regarder sa formation comme moderne , puisqu^il se présente en couches puissantes , régulières , et qu'il est souvent pénétré de masses de silex qui supposent une dissolution, complète' et abondante, de la terre siliceuse, phénomène dont nous ne coniioissons aucun exemple récent dans les terrains qui ne sont point volcaniques.

Mais c'est la nature du liquide dans lequel sVst fait le dép6t puissant et solide de ce calcaire , qui le caractérise d'une manioc encore plus tranchée. La nature de ce liquide parolt é(re indiquée, aussi bien qu'un phénomène de, ce genre puisse Tétre ^ par celle des débris organiques que ce calcaire renferme. Or , tous ces débris , généralement très-reconnoîssables, appartiennent à des genres d'animaux ou à des végétaux entièrement semblables à ceux dont les espèces vivent ou sur la terre* ou dans les eaux doulces. On ne trouve dans ce calcaire aucun débris qui appartienne à des êtres organisés vivant dans les eaux marines. On peut présumer, avec la plus grande vraisemblance , que les coucèes de calcaire marneux et les minéraux qui y sont liés, tels>queles silex, ont été déposés dans des eaux douces ; et cette origine qui est , comme on peut le voir, liée avec plusieurs caractères extérieurs , est une considération assez importante pour séparer ce calcaire des autres variétés de la deuxième division de cette espèce.

.Nous devons ajouter que,; néanmoins, tous les calcaires déposés dans l'eau douce n'appartie/inent pas au calcaire: marneux. •

Annotations, On a parlé de l'usage particulier que l'on fait de quelques-unes des variétés de la chaux carbonatée. Il reste, ft faire connoitre les usages auxquels sont employées indistinctement plusieurs variétés de c^e sel pierreux.

On i^etire la chaux vive, si communément employée dans les arts, de plusieurs sortes de pierres calcaires, qui prennent alors le nom de pierres à chaux.

Toutes les variétés ne sont point également bonnes pour cet objet. La meilleure pierre à chaux seroH le marbre blanc ;

CHà Soi

c^tet, dil^ony celle que les anciens employoient souvent: ma» on a rarement le choix de cette pierre. Celle qui est préférable après celle-là , et qui l'égale presque en qualité , c'est le calcaire compacte, et surtout celui qui renferme naturelle- 2aent une cei^taîne quantité de silice. C'est probablement pour cette raison que la meilleure pierre à chaux des environs de Paris est celle de Senlis et de Champigny , qui forme^ comme «n le verra plus bas^ une variété particulière.

On obtient aussi de la chaux en calcinant des coquilles fossiles , et même des coquilles marines.

L'objet qu'on se propose en calcinant la chaux carbonatée.,. est de la priver de l'acide carbonique et de l'eau qui lui sont unis. Il faut la chauffer au rouge pendant plusieurs heures; elle devient alors plu&légére et plus sonore, absorbe l'eau aVee> siffleqient et dégagement de calorique , et se réduit en une. poussière blanche et fine que l'on appelle chaux éteinte : dans ce dernier état , elle est pulvérulente, tendre , et privée de son acide carbonique qu'elle reprend peu à peu dans l'atmosphère.

On cuit la chaux au bols , à la houUle , ou à la tourbe , dansées fours dont les formes varient beaucoup, selon le genre de combustible , et selon les pays.

Ce sont ordinairement des cônes ou des moitiés d^ellipsoïde renversées , creusées dans un ma^if de maçonnerie cylindrique.»

Quand on veut cuire la chaux au bois, on -place cette pierfe > réduite en morceaux de diverses grosseurs, dans la eavité du cône. On dispose ces morceaux de manière qu'il y; ait du jour entre eux , qu'ils ne puissent pas s'affaisser, et que les plus gros soient au centre, oii la' chaleur est la^plus considérable. On remplit ainsi le four jusqu'en haut.'

On jette, dans le foyer qui est au-dessous, le bois ou le combustible végétal : ce sont-tant6t des fagots , tantôt des bottes de bruyère. On fait monter le feu peu à peu , en l'entrer tenant continuellement, au point de faire chauffer la chaux jusqu'au blanc. Cette cuisson dure douze à quinze heures. On laisse refroidir le fourneau pour retirer' la chaux.

Lorsqu'on* cuit la chaux avec de la houille , on se sert d'un four à peu près semblable au précédent; mais ce qui étoît le foyer dans celui-ci, devient à pr.ésent le* cendrier. Le chaufoarnier place sur la grille mobile du fourneau quelqbc^s

8o« CtiA

fagots qu'il recouvre de houille. li mti entité tift iU Aé pierres à chaux, puis un Ut dé houille, et ainsi de suite» J^rsqull a fait diK à douze lits de cette manière , il allume le four, et continue de le remplir de couiCh^s successives de houille et de pierres à chaux , jusqu^eu haut, Ldnqu^OR juge que les couches inlérieures de chaux soat cuites, on retire Nies barreaux mobiles de la grille, et en enlève la chaux que Ton fait tomber dans le ceadrier. "tant qUe le» morceaux qui tombent ne s&nt pa« assez euits , on replace les barres de la grille en les eftfbnçant à coups de masses On 2^echai^e le fourneau de noUvell.es couchos de houille et de iiierres à chaux ^ et on continue le feub

Si on veut arrêter tout-à-fait le feu , on y parvient aisémenf en fermant toutes les issues inférieures , et couvrant la masses de chaux avec du poussier de charbon et des pien-ailles. •

Cette •description* abrégée su^t pour faire v«âr l'avantage, que le second fourneau a sur le "premier.

Lord Slanhope «n a proposé ^t fait exécuter ua troisième ^ c^est un fourneau carré et fermé ^ assez aemblaMe à celui de» faïenciers» Le Combustible qu'il emploie est un mélange de houille en petits morceaux, et deeendre de koinUe» On forme avec ce mélange un talus à l'ouverture du fourneau , et Tair qui alimente le feu , est obligé de traverser le combustible* Cette disposition produit une grande économie r ce four paroit être celui de tous qui emploie le moins de combuotîMe il ne consume que 16 mètres cubes de houilJ« pour cuire 100 mètres de chaux*

Enfin , M. ûe îlumfort a fait exécuter un four à chaux qui â les mêmes avantages économiques que ceux dans lesquels la pierre à c^auxetle combustible joiit mêlés, mais qui est d'un usage plus commode, et peut-être 4^une plus grande économies c'est un cylindne assez haut qu'on remplit de pierres àekaux) ^ eombustâèle, placé sur un ^syer latéral qui est élevé un peil auHiessus>d«i soi , hrùle à flamme renversée , et , par comaéquestf sous la condi»tioo la plus propre à la production de la chaleur^ lia fiamme traverse toute la masse de pierite calcaire qui «em-* plijtle fourneau ; la chaux cuite se retire par la partie inférieure du fourneau * tandis qu'on le charge d^autant de nouvelles pierres ealoaires {lar sa{»artie supérieure. On n'est doftc poikil

fDï*cédelaîsicf i^froîdirlefburponrîeviâer, et (î'enrëchauffei' chaque fois la masse, lopsqu*oiï veut y cuire. Cette circonstatrcc diminue beaucojip l'emploi du combustible.

L'eau paroit itidispeusàble à la calcination de la chaux : des expériences directes le prouvent , et l'observation des procédés des arts le confirme. Les chaufourniers ont remarqué que la pierre à chaux humide se calcinoit p)us aisément que celle qui fc été extraite depuis long-temps j et roéme^ lorsqu'elle est trop desséchée, ils l'arrosenfd'eau avant de la mettre dans le four.

On sait que la pierre calcaire perd, par la calcination, nonseulement son acide carboniqne, mais son eau de cristallisa*' tion. Eteindre la ehaux, c'est lui, rendre cette eau : lorsqu'on éteint de la chaux avec de l'eau, ce liquide est rapidement absorbé, si la chaux est bien faite ; il y a dégagement de calorique, et, dans beaucoup de circonstances, il ic produit une lutnrère assez vive. Il faut, pour que cet effet ait lieU, que la chaux soit pure, bien vive, et éteinte avec peu d'eau.

La ehauxest la base des mortiers; c'est son principal uSage#

Le mortier est un mélange de chaujc éteinte et même délayée dans Feau, et de sable eu de ciment, qui est de l'argile cuite et broyée. -Ces corps adhèreht bientôt par une sorte de combinaison chimique; et ce mélange durcit à l'air, et même dan» î'eau.

Le mortier est d!autant meilleur, que la chaux est bonne el bien cuite, lesaWe ou le ciment fin et exempt d'argîle. Tenu ejotrtée dans de ^stes proportions , «l le tout gàchë long-temp» et fortement*

Une certaine frapdrtîoB d^^xide de fer ou d'oxîde. de man« ganése a la propriété de rendre le ny)rtier plus solide, et sus* ceptible de se durcir, quoique employé dans l'eau.

Tbus les bons mortiers sc^nt faits sur ces principes : on en a employé un grand nombre, et on en a proposé encore plu## On citera quelque.s-uns des plu» remarquables.

Higgins a observé qu'un cinquième d*oxide noir de fer aiup la masse totale d'un mortier, lui donnoit une grande soIiditj^.r

Loriot a fait un mortier très-«olide en ajoutant de la chaux vive en poudre à un mortier déjà composé d'une partie dl^ brique pilée , de deux parties de sable de rivière , et d'uiip partie de chaux éteinte.

3o4 CHA

Lafaje a ùlH un mortier également bon en employant de la chaux éteinte avec le moins d'eau possible.

La pouzzolane , produit volcanique ^ dont on parlera à sou lieu, ajoutée au tnortier, lui donne une solidité remarquable.

La brique ferrugineuse j pilée, remplit le même objet.

Le mortier des anciens, qui est actuellement si dur, doit cette dureté à remploi qu'ils faisoient de cette matière voifianique , et au soin , qu'ils apportoîent dans sa préparation ; il étoit gâché , plusieurs jours de -suite , par des esclaves.

Ces deux matériaux sont remplacés ^vec succès, en Hollande , par un tuf volcanique des environs d'Andernach , que Ton cuit , et que Ton réduit en poudre: on nomme cette matière terrasse, ou plutôt trass de Hollande.

Dans les environs de Tournai , la cendre de houille qui se ramasse sous les fours à chaux, et qu'on nomme cerhdrét de Tournai , fait un très - bon mortier , mais qui a besoin d'être fortement battu.

La chaux qui contient del'oxide de manganèse, brunit à la cuisson. On la nomme chaux maigre^ parce que le mortier qu'elle fait est moins tenace :' il emploie moins de sable; mais il a l'avantage de prendre dans l'eau, et d'y acquérir la plus grande dureté. On appelle héton le mortier qui jouit de cette qualité. On peut donner comme exemple de chaux maigre, celles deBrion , près d'Autun , que (yUyton a fait connoitre ; celles de Morex , près Genève ; de Saintraille^ , dépar* tement de Lot et Garonne; de Lena dans la paroisse d'Uplande, en Suède ; etc*

y. Section. Chd{ix carhonatée mélangée.

i6.* Variété, CalcaIre quarzifere. Cette pierre a l'appa* rence d'un grès , et il faut l'essayer avec l'acide/nitrique pour la placer dans l'espèce de la chaux carbonalée. £lle a dozic l'aspect et la cassure grenue ; elle présente cependant quelques reflets spathiques, et même des lames qui mènent au rhomboïde. Cette propriété, que tous les échantillons ne présentent pas , est cependant un motif suffisant pour la rap* porter à l'espèce à laquelle nous l'attachons. On voit que 1^ silice en sable qui a été enveloppée par la chaux carbonatée , ne s'y est point unie, et ne lui a point enlevé la faculté de

cristalliser suivant ses It)is, non-seulément coufusémeât , mais souvent même en rhomboïdes trés-nets.

Quelle que soit la forme ou la cassure de cette espèce ^ elle fait toujours efiefrescence avec l'acide nitrique. Sa pesanteur spécifique est de 2^6* £lle est quelquefois assez solide pour étinceler sous le choc du briquet»

Le calcaire quarzifére se troure ordinairement cristallisé , et offre la forme du rhomboïde inverse. On le trouve aussi en concrétion mamelonnée , ou en masse amorphe. Les cristaux et les concrétions se rencontrent au milieu de certains bancs de grés , dans des cavités remplies de sable , qui renferment souvent un grand nombre de petits rhomboïdes isolés , et fort nets. Parmi les cristaux attachés à la voûte de ces cavités , on ' en voit. quelquefois dont la moitié est de chaux carbonatée pure , tandis que l'autre moitié est quarzifére.

C'est dans les carrières de grés de la forêt de Fontainebleau 9 au lieu nommé BelUcroix , et dans celles des entrons de Nemours , qu'on a trouvé cette jolie variété de. calcaire. Ou ne ^a connoît encore que dans ces deux endroits , et l'espace de la carrière qui en renferme , est lui-même fort circonscrit. On peut observer à Belle-Croix que les bancs de grés sont recouverts d'une couche de calcaire peu épaisse et comme brisée , qui appartient à la variété marneuse*

17.* Variété, Calcaire siucbox. Nous avons cru devoir . établir cette nouvelle variété d'après les caractères suivans , qui ne paroissent convenir complètement k aucune des v£iriétés connues.

Le calcaire siliceux a la texture dense y compacte^ le graià très -fin, et tout- à -fait l'apparence du calcaire compacte , nommé zechstein par les minéralogistes allemands ; mais si on essaye de le rayer avec une pointe d'acier , on lui trouve une dureté qui le fait.reconnoître; la pointe ne l'entame qu'avec difficulté , et la trace qu'elle laisse, examinée avec attention, est composée en partie de la poussière blanchâtre du calcaire entamée , et en partie de l'empreinte du fer ou de l'acier qui y a laissé un enduit. métallique. Ce caractère se retrouve dans les échantillons du calcaire siliceux, qui paro'isseat les plus homogènes, et qui ne laissent voir aucune partie siliceuse. Ce calcaire est fnéme quelquefois assez dur pour faire feu sous 8. 20

5o6 CHA

le choc du briquet ; mis dans: Taeide nitrique, il iie s'y dissout* qu'en partie, et laisse un résidu siliceux, et quelquefois une masse siliceuse spongieuse.

Le calcaire siliceux a la cassure tantôt droite et un peu raboteuse , tantôt conchtfide et toujours un peu écailleuse ; il se casse facilement lorsqu'il est homogène , et plus difficileanent lorsqu'il est pénétré de silex visible ; enfin il est souvent un peu translucide sur les bords : mais il est rarement homogène, surtout en grande masse ; il est fréquemment pénétré et traversé dans tous les sens de veines siliceuses qui offrent presque toutes les variétés du quarz ; on y voit le quars cristallisé, rarement prisme et très-limpide , le quarz blanc translucide , les silex cornés pyromaques , couverts de mamelons ou de con« crétions caleédoineuses de presque toutes les couleurs.

Cette disposition est surtout trèis- sensible à Cbampigny, à l'JË^t de l^ris; dans la vallée de Septeuil, entre Mantes et Hondan ; dans plusieurs parties des bords de la Seine j près Fontainebleau ; et enfin dans une multitude de lieux de îtt partie mMdionale et orientale de Paris , entre la Seine et la Marne.

Ce calcaire forme des bancs pnissans ou des masses sans stratification» très*- distinctes qui sont situées, comme nous l'avons reconnu depuis peu, entre les assises supérieure»- du calcaire grossier et l^s assises inférieure» du terrain gypseux. 11 est mélangé de calcaire marneux, et passe quelquefois à ee calcaire ; qoelquelbis aussi il. est tellement' pénétré de silex, qu'il présente des masses immenses de quarz ou de siiex eomé, sans aucun mélange de calcaire.

Il ne renferme que trè»-rarement des débris de corps orga-« nisés, et on n'en voit même ordinairement que dans les parties QJL les infiltration» siliceuses sont les moins abondante»; dans ce cas, ce» corps appartiennent, comme ceux du calcaire marneux, à des êtres organisés qui vivoient ou sur la terre ou dans les eaux douces, et jamais, jusqu'à présent du moins, à des animaux ou végétaux marin».

Nous avons dît, en parlant des usages de la chaux, que ee calcaire donnoit une pierre à chaux d'une très-bonne qualité y et nous en aven» indiqué la raison.

Onasomméplàtre-eiment^une variété de chaux earbodatée^

é^un grîs jaunâtre avec des veines rougeâlres j elle se trouve en fragmens roulés sur les bords de la mer , à Boulogne , et contient, diaprés M. Drapier ^ 0,73 de chaux, 0,1 5 de silice y -0,07 de fer et 0,0 5 d'alumine environ. Cette pierre à chalux , calcinée ) réduite ènpx)ùdré, et gâchée, donne , sans addition,* un mortier qui acquiert en trés-peù de fémps une grande solidité dans Feau ; elle appartient donc , tant par sa nature que par ses propriétés , au calcaire siliceux.

18.^ Variété, Calcaire calp. Cette pierre ne se trouve qu'en ihasses compactes d'un gris bleuâtre d'ardoisé , quelquefois presque noir: elle a la texture compacte et sublaimellûîre , ei la structure tantôt entièrement massive , tantôt sChisttfîde ; elle est quelquefois traversée dfe veines dé calcaire spathîque blanc, et même de filons de cette substance qui rénfei^menit dû plomb sulfuré et du zinc sulfuré. S'a cassure est plane, quelqueibisun peûconchôïde.Le calp se divise assez facilement en larges pàrallélîpipédes; il se ra!yé en blanc ; il à Tôdéur argileuse par rinsufilation de l'haleine; sa pesantéùif spécifique est de 2,68.

C'est, d'après M. Knox, ùii mélange dé 0,6^8 dé éhâux car- Éonàtée, — 6,07 d^argîle, — 6,18 de silice, •^-^6,02' de fer,— ^ et érivirôii o,o3 de bitume-, il jaunît et se délité en feuillets minces par la calcination; mais il ne donne pas de chaux vive pure.

Cette variété passe au marbré, à la chaux càrbonatéé compacte, et a là iharniB endurcie par des nuancés insensibles,

M. Kirwan donné pour exemple de câlp , la pierre noire à Sâiir des carrières dé Dublin , qui se trouvent a l'Ouest dé cette ville, dans le voisinage de Lucan.

Ty ajouterai , comme exemple authentiqué, celui de Clontarf, près de Dublin , qui préserife les veines métalllqit s dont on a parié plus haut. Il ne fait ddns les acides qu'une foibje effervescence, et ne s'y dissout même qu'en partie ; on lé regarde en Angleterre comme appartenant au calcaire dé trajisitibn.

Le calp de Finglàs ,' qui m'a été également envoyé comme exemple du calp de Kirwan, a la structure un peu schistoidç, et paroîtroit se rapprocher dii psaihmite schistoide calcaire. Il fait une vive éfiervescence avec l'acide nitrique; niais il ne. sy dissout qu^en partie.

3o8 cha;

i^* Variété, Calcaire lsnt: Chaux carboruUée magnésijére^ Haily j Muricalcite , Kirwan ; BiUerspath , Picrite , Blumenbach ; Homspath et Kiesspath des minéralogistes allemands.

Cette variété n'a pas de caractère extérieur parfaitement tranché : sa propriété la plus ordinaire est de ne faire qu'une trés-lente effervescence avec l'acide nitrique ; et encore , toutes les variétés ne présentent-elles pas toujours ce caractère : elle est aussi plus dure que la chaux carbonatée pure; elle est souvent phosphorescente par frottement dans Tobscurité.

C'est donc dans sa composition que consiste sa véritable dif* férence : elle renferme toujours de la magnésie, en quantité néanmoins assez variable^ mais dont la proportion la plus ordinaire paroît être : de chaux carbonatée 64, ^ de magnésie carbonatée 42.

La forme primitive de cette variété est, suivant M. HaOy, absolument la même que. celle du calcaire rhomboïdal pur, c'est-à-dire, le rhomboïde de 104 d. et demi; mais, suivant M* WoUaston , de 106,1 5'.

Sa pesanteur spécifique est de 2,89.

Les variétés de formes sont aussi les mêmes que celles de ce calcaire , mais cependant beaucoup nioins nombreuses ; les principales sont le. primitif, l'unitaire , Punitemaire , le lenticulaire, etc.

Les variétés de textures et d'aspect sont les suivantes : Calcaiae lentfic&ite : c'est le ii^ferspa^/t proprement dit des minéralogistes allemands; le spath magnésien ^ Broch.^ la chaux carbonatée magnésif ère primitive ^ Haily; le dolomite spatts , ou. rhomh. spattsj Jameson.

Il se présente ordinairement cristallisé : sa forme primitive , ses formes secondaires , et par conséquent sa texture , sont celles de la chaux carbonatée spathique ; mais il a une dureté et une apparence nacrée que cette dernière n'a pas : ses couleurs varient du blanc jaunâtre au brun jaunâtre.

La picrite se trouve dans les roches talqueuses, telles que la chlorite, la serpentine, lastéatite : elle y est accompagnée de talc, d'asbeste, de grammatite, etc.

On en trouve dans les montagnes du Tyrol ; dans celles de Salzbourg , à Brienz en Suisse , dans la montagne de Taberg , dans le Wc^0^c^a^<^9 ^^ Suède, etc.; sur les bords du Loch-

Losiond en Ecosse; en Gtoenland, dans un talc endurci; et dans le Mexique , en cristaux limp.idea ou blanchâtres , recou» vrant des masses cristallisées de quarz, d'améthy^e et de fels* path.

Calcaire LENT MiEMiTE. Cette variété a une couleur verdâtre pâle, assez gaie : elle est plus souvent en grandes masses que cristallisée régulièrement ; sa texture est rayonnée.

On a quelquefois donné ce nom à des variétés de calcaire apathique verdâtres qui ne renferment pas de magnésie : mais , si l'analyse suivante de Klaproth se rapporte réellement à une variété de calcaire lent de Mîemo, comme il est difficile d'en douter, la miemite doit rester parmi les cal caîresmagaésif ères*

Chaux carbonatée 55

Magnésie carbonatée • . 42

Fer carbonate mêlé d'un peu de manganèse. • ••••••••..«.•• 5

^^ ■ ' On Ta trouvée à Mîemo, en Toscane, dans les cavités d'une' masse d'albâtre gypseux , et dans le pays de Gotha. M. Gi.e- «eke l'a trouvée en rognons avec de la wavellite , de l'arragonite et de la calcédoine, dans une wake décomposée à Kannioak, dans l'Omenaksfîord , en Groenland.

Calcaire lent lamellaire. Il a la texture lamellaire : c'est le marbre grec magnescent , décrit par M. de Cubières, et dont Texemple le plus authentique peut être pris de celui dont est construit le temple de Jupiter-Serapis, sur la côte de Baya^ près Pouzzole.

Il est d'une blancheur éclatante, et assez translucide; son grain offre de grandes et nombreuses lames brillantes, ce qui donne un aspect aventurîné aux marceaux de ce marbre qui ont été polis.

Il est assez dur pour rayer un peu le verre, et il étincelle même sous le choc du briquet; il est phosphorescent par frot-> tement ou par percussion.

Il ne fait, avec l'acide nitrique, qu'une légère effervescence^ et ne se dissout que très-lentement dans cet acide.

Ce marbre a été analysé par De&costila, qui y a reoonnu le» principes suivant I

ï»o CHA

Acîdft carbonique. . . , 47

Chaux • • • • 3o

Magnésie . • • • • ^ . . 22

Il 4i£rèrç essçp^ellement, par cptte composition , du marbre de Pa|*p$, du nj^rbre p^nthélique, etc.

Calcaire lbnt dolpmië* (Chai^x çarbonatée magnësifère gra* siulaire, HaUy.)

La dolpii^ie diffère de^ yar^étés précédjentes ^ en ce qu'elle se présente en mas3e , à structure grenue ^ elle eçt tantôt solide , tantôt friable, et rassemble beaucoup, par ces caractères , au calcaire saccbaroide ; mais elle i'aîtune très-lente effervescence dans l'acide nitrique , et quelques échantillons sont phosphorescens par percussion dans l'obscurité. La dolomie est tantôt grise et tantôt d'un blanc de neige éclatant.

On ne trouve cette variété que dans les terrains primordiaux ; elle y forme des masses , des bancs ou des filons consi* dérables , qui renferment quelquefois du fer , du zinc et de l'arsenic sulfurés, du cuivre gris , de la grammatite , du mica , etc. Cette dernière substapçe donne ordinairement à la dolpmip la texture feuilletée.

Fresque toutes les phaîn.es de montagnes priinitive^ offrent cette variété ; elle s'observe principalement dans le groupe des montagnes du Sai^t-Gptbard , pii elle se présente en lits , souyent 4'i>n^ grande épaisseur, qui renferment des cristaux de trémolite , des grains dç qiiarz et ^cs (eu^llets de mica et de talç; dans les Apennin^, oq la trouve en portions 4^sposées en couches dans un calcaire à petites écailles d'un gris de cendre foncé ; en Carinthie, il forme de^ chaînes entières de montagnes ; à Bareuth , ce calcaire se présente en liU avec 4u calcairp fçyiU^t^ granulaire ; à Sala en Suède , il est inêlé de mica , de talc et de quarz ; sur la montagne de Maladett% fn Espagne; on en trouve dans File de Ténédos une belle variété blanche, qui a été eipp] pyée par les anciens sculpteurs; on le trouve aussi en veines y traversant le granité , dan^ U vailéc dr Sésia «n Italie , et il se présente en parties isolées aur le mont Somma* Le docteur Bruce T^ reconnu avec de la trémolite dans la province de New-Yorck ; enfin , on en cite «if Bengale , et toujours avec des couches de trémoUte ^ aa

CHA • Si»

Bioiplon , dans la Vallée de Kanter : celui de ce dernier lieu a la texture fiMile , et renferme des grains de fér oxyduié , luisans comme du mica , et de la grosseur d'un pois , ce qui fait paroître cette roche comme mouchetée.

M. Patrio a remarqué , en Sil»érie , une couche de dolomie dans laquelle on a p^rcé une paierie qui mène à une mine A^ plomb. On trouve cette pierre en filon puissant dans un granité .de la montagne dii Sanctuaire , près Varallo , vallée de Sésia.

Elle est aussi asses commune en Angleterre , au sud-ouesf de Workoop 9 dans le Nottingamshire , ainsi que dans le Yorcksbire, Les murs de la cathédrale d^Yorck sont bâtis aveo cette pierre,

La dolomie a quelquefois la propriété à^ètte flexible ; «Vst^ comme on le verra au mot PiisanE flexible , une propriété communeàplusieurspierresd'unestructuregranulaireouspathique.

CAtCAïAE LEKT COMPACTE* Ccttevariété a la texture compacte et très-serrée selle est tantôt grise, tantôt Jaunâtre , et quelquefols d'un bleu presque pur, tirant néanmoins sur le jaunâtre 9U le rosàtre.

Sa dureté est asses remarquable pour qu'on Fait prise ^ adi premier aspect , pour un calcaire siliceux ; mais elle ne renferme pas une quantité appréciable 4e cette terre \ tandis qu^elle contient plus d'un tiers de son poids de magnésie.

Le calcaire nommé eonite du Meissner , examiné par M. Stromeyeri est un calcaire magnésifère composé

De magnésie ••«...•••..• 52

De chaux carbonatée. 71

De fer oxîdé 4

Celui de Combecave, près pigeac, qui renferme entre ses assises des lits de zinc carbonate et de plomb sulfuré , et qui est veiné de baryte sulfatée y contient » d'après M. Berthier , près du tiers de son ^oîds de magnésie.

Enfin f la pierre déerite par Karsten , sous le nom de gurho» ^an f est encore un calcaire lent, composé , d'après Klaproth p

De chaux carbonatée 70, 5 o

De magnésie carbonatée. • • • 29,60

Cette sous<variété est d'un blanc de neige ^ .compacte , d'un

în CHA

fAspect mat; sa cassure est çonchdïde,' plate, à bords trai^r chans , un peu translucide ; sa pesanteur spécifique n'est que de 2,76..

£Ile se présente en filons accompagnés de feuillets de talc, dans une serpentine granitique , entre Gurhof et Aggsbach , district de Gœltweich en Basse-Autriche.

. Annotation, La chaux qui résulte de la calcinaiion du caK èaire lent ou magnésifère , paroit avoir une action nuisible à la végétation: les terres sur lesquelles on la répand , sont frappées de stérilité pendant plusieurs années. Cette observation , rapportée par M. Tennant , a été faite près de Doncaster et près de Derby en Angleterre ; mais il paroît que cette action n'est ni aussi puissante , ni aussi longue quW Va cru. M, Bakewell dit qu'elle ne s'étend pas au-delà de deux ans dans les parties dm Derbyshire où ce calcaire a séjourné en grand tas pendant long-temps^ et qu'elle est nulle lorsqu'on emploie cette chaux avec réserve. Ainsi on est dans l'usage d'envoyer le calcaire magnésien de Sunderland en Ecosse , pour l'ameodement des terres; il est même préféré à tout autre ; mais on a soin de n'en faire usage qu'avec une épargne convenïible.

20.* Variété, Calcaire bitumineux. Cette pierre est notre ou brune, et cette couleur peut être regardée comme une coi>leur essentielle , puisqu'elle résulte de la présence du bitume qui caractérise cette variété. Elle répand , par le frottement ou par l'action xiu feu , une odeur bitumineuse, souvent peu agréable. £l)e perd, par l'action continue du feu, et sa couleur etson odeur.

Cette espèce est colorée par un bitume qui lui donne en même temps son odeur. Elle a tantôt la structure compacte, et est susceptible de poli comme les marbres ; tantôt elle à la structure lamellaire et presque laminaire.

II est très-difficile , dans beaucoup de caSj, de distinguer cette ▼arîété d« calcaire que nous appelons fétide, et cfui est coloré en noir par le charbon, mais qui ne renferme pas de bitume.

Ce calcaire paroît appartenir aux terrains houilliers et au3S terrains supérieurs à la houille, plutôt qu'aux terrains de transition.

Nous ne pouvonsy rapporter avec certitude que les exem^ pies suivansi /

CHA 5i5

Celui de Galway en Irlande : il contient quelquefois assez de bitume pour être employé comme combustible.

Bergm ann dit que ce calcaire se trouve en grandes masses dans la Westrogothie , et qu'on en fait de la chaux avec avantage , parce que le combustible nécessaire est fourni en partie par le bitume qu'elle renferme : on en trouve en Dalmatie une -variété tellement bitumineuse , qu'elle se laisse couper comme du savon. On construit cependant des maisons avec cette pierre? maislorsque la maçonnerie est faite , on y met le feu ; le bitume brûle, et la pierre blanchit: on pose alors la charpente et la couverture.

21.* Variété» Calcaire rériDE r vulgairement pierre de porc; stînhsteinj la pierre puante , Broch.; lucullite ^ Jameson* ' Cette variété répand, par la chaleur ou par le frottement, une odeur fétide de gaz hydrogène sulfuré, analogue à celle des œufs pourris. Sa texture est compacte, grenue ou lamellaire ; sa «ouleur est variable , mais ordinairement grise ou noirâtre.

Cette odeur est différente de celle de l'espèce précédente; on Fattribue à la présence du gaz hydrogène sulfuré qu'elle renferme. Elle contient en outre presque toujours du charbcm sans bitume , et c'est à cette substance qu'elle doit la couleur Boire qu'elle présente quelquefois. (Bouesnel.) /

C'est à cette variété qu'il faut , d'après le même auteur , rapporter les marbres noirs de Namur et de Dinant.

£11^ renferme aussi quelquefois de la magnésie, suivant Hœvel; alors elle a une texture plus grenue. . Le gisement de cette pierre est le même que celui de plir-^ sieurs variétés de calcaire compacte; mais il paroît qu'elle appartient aux formations les plus anciennes de ce calcaire , c'està-dire , au calcaire de transition. Elle se présente en masses considérables, composées de montagnes entières.

Les montaghes d'oii sortent les eaux chaudes de Bagnères> sont en grande partie composées de cette espèce de calcaire qui donne, par la calcination, une chaux d'une très-bonne qualité.

■ On en a trouvé aussi aux environs du Vésuve une sous-variété dont la texture est laminaire, et les lames alternativement noires et blanches.

Le calcaire £étide grisâtre lamellaire^ qni recx)uvre le gypM^

3i4 CHA.

du Hctzbergen, au pied méridional du HarU, appartient i cette variété*

22.* Variété. Calcai^ jaunissant» (Chaux carbonatëe ferri* fére , Haiiy.)

Ce calcaire , qu'on n'a encore trouvé qu'en trés^petits cristaux dans du gypse , à SaUbourg, est caractérisé par une composition particulière et par les propriétés qui en résultent. C'est ui)e combinaison de cbaux carbenatée et de fer «xidé ss^jfis manganèse -, il jaunit par l'action de l'acide nitrique , et rougit par ceUe du feu , m^is n'y npircit pas çon^me le fait la variété suivante ; il se dissout dans l'acide nitrique ^ mais en ne produisant qu'une lent^ efifervescence.

Il fiie présente en petits crîstaMX rhofnboïdaqx , qui appartiennent fii|x variétés de form^ nora^iées uviUrMÙrê et temohisunitaire par M. Haily : sa couleur ordinaire est le gris brunâtre ,* son ^clat est foible et point pçrlé ; il est plus dur que le calcaire rbombpïdal pur; sa pesanteur spécifique est de2,8i.

Jl fond par l'action du feu , et saos noircir » en un globule qui fs^i f^cile|]!>ent mouvoir l'aiguille aimanfée.

a?,* Vq.r\été^ CAi.GAiaE b&WISsant : Q^Hx o^rlfQn^t ferro^ manganési/ère, liany; ^rc^iiuipatk ^ U êpt^k kfurHSêi^uU ^ Srocb.; U spath ptrléj sidero ec^çite, Kinvau»

Cette variété a la texture lamellaire « et l'aspeet souvent d'un blapc ^Tg^^\ln ou perlé. Ses caractères les plus remarquables, sont de brunir par Taetî^n de Ta^^ide nitrique, parcelle du feu, ou m^e quelquefois par le seul ppntact de Tair ; elle ne fait,, avec l'acide nitrique « qu'une trèsrlente efiferveseenec.

5^ Gpuiposition varie beaucoup ^ TUais ses principes eonsti-, tuans essentiels sont la chaux carbonatée dans la proportion moyenne de 0,66; le fer, 0,08} le manganè^iey o,od; et la magnésie, o,iq.

Malgré la présence de deux métaux très^colorans , ce calcaire est ^quelquefois parfaitement limpide; quelquefois il tire sur le jaunâtre , et plus habituellement il a l'aspect comme nacré blauc s ou uaor^ j^iiuâtre ; c'est ee qui lui » fait deaner le nom de spatt^ perlé; sa pesanteur spécifique est de 2,83.

Le calcaire brunissant a exactement, suivant M. Haily, la mCme forme priuiitive avec les mêmes valeurs d'angle que le

calcaire rh^m^p'^^al ppr; mais, suivant M. WoUaston , les angles de ce rhomboïde soot de valeurs diiférenteSé

Mais, ce qu'il y a de sûr, c'est que la composition de cette variété semble influer un peu sur l'habitude de ses cristaux. Ces cristaux , qui appartiennent ordinairement à la variété in^ verse de la chaux carbonatée , ont leurs faces souvent convexes ^ sont même quelquefois presque contournés^ comme tordus. Ils soi^t ordinairement imbriqués , et comme à recouvrement les uns sur les autres, ce qui donne à leur masse un aspect ëcail^ leux assez remarquable.

Le calcaire brunissant , tel que nous ïe considérons ici , ren-^ ferme au plus lo pour loo de fer et de manganèse; mais, du. moment où la proportion du fer devient plus considérable , on doit le considérer comme une espèce de minerai de fer, et le ranger parmi les minerais les plus riches de ce métal.

Il faut observer, avec M. Hatty , que les proportions de fer varient dans cette pierre depuis 4 pour 100 jusqu'à 60, tandis que les proportions de chaux et d'acide carbonique , et la forme primitive qui lui appartient, restent toujours les mêmes. La chaux carbonatée paroît donc être ici le type de l'espèce. Comme il n'est pas possible de placer dans la pratique une mine de fer aussi riche hors de son genre, nous laisserons le fer carbonate parmi les minéraux de fer, et on ne placera ici que le calcaire brunissant, dans lequel le fer n^^ntre au plus que pour un dixième.

Cette variété se trouve le plus souvent en filons , tantôt en masse , tantôt en petits cristaux, perlés , imbriqués et groupés co stalactite , sur d'autres cristaux. Ils sont accompagnés des substances qui se trouvent ordinairement dans les filons , c'està-dire, de quarz , de chaux carbonatée pure , de chaux fluatée , etc. , de plomb , de cinc , de fer , d'argent et de cuivre sulfurés.

On la trouve presque partout à Baygorry , dans les Pyrénées , à Sainte-Marie-aux-mines , en Saxe, au HarU, en Hongrie, en Suède , etc.

Mêlée avec }a pierre à chaux ordinaire , elle peut donner , par la calcination , une bpnpe chaux maigre , utile , comme on l'a dit , dans le^ çonstructioiis sous Tean*

34.* Variété. Calcairs ross* (Chaux carbonatée mangané* siière, HaUy.)

5t6 CHA

Ce calcaire est rose j il brunît par l'action du £èu , et il a le clivage de la chaux carbonatée rhomboïdale ; il est composé

De chaux carbonatée i3

De manganèse 34

Et de silice 53

Il se rapproche considérablement , par cette composition v du manganèse lithoide rose , et n'en diffère réellement que par la présence des i3 pour loode chaux carbonatée.

11 est très-solide ; sa couleur rose est tantôt pure , tantôt mêlée de blanchâtre , tantôt tirant sur le jaunâtre ou même *ur le violâtre.

Il se présente ordinairement en masse peu volumineuse , et quelquefois, mais rarement,, en cristaux qui offrent le rhomboïde primitif de la chaux carbonatée : ce rhomboïde est comme contourné.

Il est opaque , quelquefois translucide , surtout sur les bords des fragmens ; sa cassure est ou conchoïde ou raboteuse ; il est plus dur que la chaux carbonatée pure.

On le trouve en Transilvanie , dans les filons exploités à JNfagyac , pour les minerais aurifères qu'ils contiennent.

8.^ Espèce» Chaux fluatée ou fluor, vulgairement Spath Jluor , — Spath fusible , — Spath vitreux , — Spath phosphorique , substance minérale qui résulte de la combinaison de l'acide fluorique et de la chaux.

La chaux fluatée a été confondue pendant long-temps avec les spath'pesans et les gj^pses; Marcgraff fut le premier, en 1772 , qui l'en sépara, et la même année, Schéele reconnut que le fluor étoit composé essentiellement de chaux et d'acide fluorique , dans les proportions suivantes :

Chaux 0,57

Acide fluorique .0,16

Eau 0,27

La chaux Jluatée se reconnoît facilement par plusieurs propriétés remarquables qui lui sont particulières.

Si l'on verse , sur ce sel réduit en poudre et chauffé légèrement, quelques gouttes d'acide sulfurique, l'acide fluorique se dégage sous forme de vapeur blanche , piquante , qui a la propriété de corroder le verre en lui enlevant vsa silice.

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