‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 36 sur 53 · S6 CHE · texte numérisé non relu

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L'épaule est composée de trois os : Fomoplate , la clavicule et un €6 ftirculaire , plus grand que les deux autres, dirigé en arriére, et correspondant, comme chez les oiseaux, à Fapophyse coracoïde. L^extréraité raehidreime de ^omoplate s*arti* eule arec la carapace , et Textrémité opposée de la ciavicule avec le plastron ; en sorte que les deux épaules forment un afineau dans lequel passent l'œsophage et la trachée-artère.

L'humérus a une forme tout-à*fait particulière ; il s'articule à la fois. avec les trois os de l'épaule , par une grosse tête ovale dont le grand diamètre est dirigé dans le sens de l'aplatissement de l'os.

2.° Orgtmeê de la iensihililé chez Us chéhniens. Comme tous les reptiles , ces animaux ont une sensibilité assez obtuse , et , par contre , une irritabîJîté étonnante : en en a vu se mouvoir sans tète pendant plusieurs semaines. Rédi , après avoir enlevé le cerveau à une tortue , l'a vue, quoique privée de la faculté d'apercevoir les obfets , marcher encore pendant six mois i «ne autre , à laquelle il avoit absolument 6té la tête , vécut durant vingi-sept pu vingt-huit jours , sans marcher , à la vérité , mais ayant conservé la facilité de retirer ses pattes sous sa ca-* rapaee. De pareilles expériences semblent indiquer que c'est moins du cerveau que des nerfs que les cbéloniens empruntent leur sensibilité.

La tête de ces animaux, excepté dans les chélydes, offre plttt6t des caractères propres à réunir les genres en une seule famille , qu'à les séparer les uns des autres. Elle est plus fottc pourtant et plus convexe dans les véritables tortues que dam| les autres genres. Chez tous , die loge les organes des sens , et donne attache aux muscles destinés à mouvoir les mâchoires et elle-même sur le cou.

Le crâne , quoique petit , n'est pas entièrement rempli patf le cerveau , et le volume de ce viscère , comparé au reste du corps , est si disproportionné qu e , dans un chélonien du poids de jN>ixante-néu f livres, l'encéphale ne pesoit que deux gros et demL

Les couches optiques sont situées derrière les hémisphères ; jdeux tubercttli3ê antérieurs correspondent aux corps cannelés , d oii naissent évidemment les nerfs olfkctifs. Les tul^ercules optiques sont très-gros, et deux autres éminences voiânes donnçat n^iissance aux autres paires de nerfs.

Comme dans les grenouilles , le névrilème est coloré , noirâtre et couvert de petits tubercules ; les nerfs sont trés^gros, relatif vement au cerveau , ce qui peut Servir à confirmer une vue phvsîologique , fort importante, émise naguère parle célèbre professeur Soëmmering ; mais , du reste , ils ne présentent aucune particularité notable.

Tous les chéloniens ont trois paupières ; Finférieure est la plus mobile : tous ont un appareil propre k la sécrétion des larmes , destinées à lubrifier la surface antérieure de l'œil.

Leur cristallin varie suivant les genres : dans les espèces aquatiques , celles des genres Chélonée et Émyde , il n'est pas lenticulaire ; mais il constitue une véritable sphère. On conçoit assez facilement, à Faide des lois de la dioptrique, la raison d'une pareille conformation ; dans les tortues terrestres , if est lenticulaire.

La circonférence de la cornée e^i garnie de lames osseuses.

Le globe de Fœil est en général peu convexe.

La vue est, généralement aussi, assez foible^ plusieurs espèces même sont lucifuges.

Comme les autres reptiles , les chéloniens ont un organe d'audition, composé d'un vestibule, de canaux semi- circulaires, etc. La paroi qui sépare le vestibule du crâne , né s'ossifie point ; elle reste en partie membraneuse. 11 n'y à qu'un osselet à tige mince, dure, à platine ovale ou: triangulaire , et implanté par son extrémité extérieui*e' dans la masse cartilagineuse qui forme les parois de la cavité ; il pénètre dans un canal étroit qui aboutit à la fenêtre ovale , au fbnd de la caisse du tympan , dont la portion interne se prolonge en arrière en nne grande cellule arrondie. La trompe d'Ëustâchr, ou le conduit guttural , estuii canal d'une longueur médiocre, dirigé en bas et en arrière , et ouvert sur le palais à la partie postérieure et interné de Fartiiculation de là mâchoire. La vaste ouverture extérieure de la caisse est fermée par une plaque cartilagineuse très-épaisse , recouverte elle-même par une peau écailleuse , toute semblable à celle du reste de la tête.

Les narines sont peu étendues ; onyremai'que quelques pficatures de la membrane pituitaire : leur organisation est intermédiaire entre celle des narines, dans les poissons et 'drtns les

maminirères; Elles sont prolongées, eu une sorte de tube dans les trionyx et les chélydes. Du reste , Todorat des chéloloniens qui vivent dans ^'eau doit être singulièrement modifié, et ne point ressembler à ce qu'est ce sens chez ceux qui respirent à la surface de la terre : dans les premiers , il doit avoir beaucoup d'analogie avec le goût, puisque c'est ua liquide qui tient en suspension les molécules odorantes.

La langue des chéloniens, non protractile, mais trois ou quatre^'fois plus longue que large, charnue, couverte £n-dessus de papilles uniforme3, coniques, longues , molles , serrées , a l'aspect du ve^urs. Elle sert plutôt à la déglutition qu'à la gustation , puisque ces animaux avalent sans mâcher; il n'y a point d'ailleurs d'appareil sécréteur de la salive.

Ils ne doivent jouir du tact qu'à un degré très-imparfait ,* leur corps est couvert d'une carapace solide , garnie d'écaillés, en sorte que le cou seul et les bras doivent être sensibles : encore n'est-ce que dans les plis que forme une peau dure , coriace , tuberculeuse ou écailleuse.

3.^ Organes de la nutrition» Les chéloniens sont très^pbres , et peuvent vivre quinze ou seize mois sans manger, ainsL qu'Aristote l'avoit remarqué le premier dans ses ouvrages , et comme le prouvent les observations plus récent|es de Gauthier et de Blasius. Il y a eu au Jardin du Roi , à Paris , une émyde à long cou , qui a îeûné pendant six ans entiers : mais il paroît qu'ils absorbent par la peau avec une grande activité ; car , lorsqu'ils sortent de leur long sommeil d'hiver, ils pèsent un peu plus qu'à l'automne. Les chélonées et les émydes se nourrissent de végétaux , les trionyx de poissons, les tortues et les ehélydes de petits animaux, et surtout de mollusques.

L'ouverture delà bouche est assez variable : les trionyx ont des lèvres charnues ; les ehélydes ont une sorte de bec tranchant, carré et plat ; dans les autres genres , les mâchoires sont garnies de lames cornées , très-fortes.

Pour ce qui est de l'articulation de la mâchoire, on observe qu'elle est tellement disposée , que les mouvemens d'abaissement et d'élévation, de protraction et d'élévation , sont seuls possibles. Quand , en effet , dans uue articulation , le mouvement s'opère simultanément par plusieurs points, il ne peut avoir lieu daçs un grand nombre de sens à la fpis j et ici i

le temporal et la mâchoire offrent des saillies et des cavités qui s'emboîtent réciproquement les unes dans les autres. Au reste , quand les animaux de cette classe ont mordu un corps^ ils ne lâchent point prise, et montrent une force prodigieuse dans les mâchoires, quoique leurs muscles masseters soient trés-peu considérables.

L'œsophage , assez étendu , peu dilatable , est garni intérieurement de papilles coniques ^ dirigées en arriére.

L'estomac, situé transversalement, est dépourvu de pylore.

Le rectum aboutit dans un cloaque arrondi sou^ la queue. • Le foie , étendu de gauche à droite, est divisé en deux lobes principaux, dans l'intervalle desquels est logé le péricarde; chacun de ces lobes est divisé en trois longues lanières, et quelquefois en quatre lobules. La vésicule du fiel est enfoncée dans le parenchyme même de l'organe.*

La rate est située dans le trajet de la ligne médiane.

La vessie a des parois musculeuses , dont l'action t%i soumise à la volonté de l'animal ; et cela devoit être ainsi , puisqtie l'existence du plastron empêche celle des muscles abdominaux.

Il y a àt% vaisseaux , mais point de ganglions lymphatiques ; on observe deux canaux thorachiques distincts.

4.** Organes de la circulation, La circulation , dans les cKéloniens, est lente et simple en réalité. Il semble qu'il y ait chez eux deux cœurs adossés l'un contre l'antre : l'un d'enx est formé par les deux oreillettes; l'autre, quoique semblant* constituer une cavité unique , renferme quatre ventricules, deux veineux et deux artériels. Ces qusCtre loges communiquent entre elles , de sorte que, continuellement , il s'opère un mélange du sang rouge et du sang noir.

J'ai trouvé sur une tortue k boîte ^ qne M. Duméril a eu la bonté de me donner à disséquer , le péricarde fibro-cartilagî* jieux , absolument comme on le voit dans les Lamproies. Voyer ce mot et Cvciostomes.

A sa naissance , l'aorte se partage en deux branches , quel* que fois en trois.

5.** Organes delà respiration. Le mécanisme de la respiration doit être ici tout différent de c^ qu'il est dans les mammifères i car les côtes, étant soudées, ne peuvent permettre l'ampliation du thorax } le sternum , quoique mobile dans certains cas, n'y

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peut PAS concourîraon plas; enfin , iln'ya point de diaphragnie. Aussi 9 dans les chéloniens 9 comme dans les batraciens , il y a une véritable déglutition de Tair, sous l'influence des muscles myio-hyoïdiens et génio-hyoïdiens.

IL n'y a, chez eux^ ni voile du palais 9 ni épiglotte» La glotte > s'ouvre en se portant en arrière au-devant de Ttesophage 9 et 8fi ferme lorsqu'elle est tirée en avant.

Ils peuvent être très-long-temps sans iaire parvenir d'air dans leurs poumons; ce qui leur donne la propriété de vivre pendant plus de deux jours dans des gaz délétères, sans pourtant les empêcher de périr rapidement sous le récipient de 1» machine pneumatique.

Le larynx manque : aussi 9 ils n'ont pas de voix; ils poussent simplement des soupirs. Cependant on a prétendu avoir entendu la tortue à cuir pousser des cris violens; Voyez Chélombe.

6.° Organes de la génération. De tous les animaux , peut-être , ce sont les chéloniens qui mettent le plus lie lenteur dans l'accjomplissement de l'acte delà génération. L'accouplement dure ordinairement quatorze à quinze jours , et souvent vingt ou' trente 9 quoique le mâle , plus petit que la femelle, constamment montre beaucoup de vivacité.

Il n'y a qu'une simple verge sillonnée et soutenue par le cloaque , dans le mâle , dont le plastron offre d'ailleurs une concavité remarquable* Linnaeus a donc eu tort d'attribuer pour caractères à ses tortues deux pénis {pênes bini).

Chez les femelles 9 les ovaires , doubles , racémiformes , laissent apercevoir les oufs plus àe dix mois avant la ponte. Les oviductes9 analogues à ceux des oiseaux 9 renferment à la fois un grand nombre d'œufs, et ont une glande particulière pour la sécrétion de la matière calcaire de la coque. Ces oeufs sont arrondis , enveloppés par une croûte non poreuse , et ont , dans plusieurs espèces , une odeur de musc ; le jaune en est orangé et fort huileux, l'albumen verdàtre et difficilement coagulable.

Il n'y a point d'incubation. L'époque de la aortie des petits e»i très-variable. ( H. C )

CHËLONION (^0^)9 un des noms grecs du cyclame9 ou pain de pourceau 9 suivant Mentzel. (J.) CH£LOMSCUS. {Matam.) Fab* Columna, décrivant une

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carapace cle tatou imparfaite, et igneraiit le bohi^ ranimai auquel elle avolt appartenu, donna à cet animal supposé par lui, le nom de chéloniscus. (I^ C.)

CHÉLONITëS. {Foss.) Les auteurs anciens ont donné ce nom à des GLOssoràTRES. Voyez ce mot*

Quelquefois aussi on a désigné ainsi ceux des oursins fossiles auxquels on trouvoit la forme d'une écaille de tortue. Voye»

SCUTELLE. (D. F.)

CHÉLONOPHAGES (ErpétoL) , nom par lequel on désigne certains peuples qui ne vivoient que dç tortues, et qui, au rapport de Pline et de Diodore de Sicile, habitoient prés de l'Ethiopie, sur les bords de la mer Kouge* Voyez CuéiofiféB^. (H.C.)

CHËLOSTOME. {^Entoni.) M. Latreille appelle ainsi un genre d'insectes hyménoptères, de notre famille des mellites ou apiaires , pour y ranger Vapis maxillosa de linnaeus , qui est la femelle , et dont nofre auteur supçonne que Linnaeus a fait du mâle Vapis florisemnis, La disposition des mandibules, qui sont, au moins dans les femelles, trés-avaneées, arquées et fourchues ,4eur a fait probablement donner le nom qu'elles portent , qui signifîeroit en grec bouche en pince. M. Latreille n'a encore rapporté à ce genre que Tespèce précédemment indiquée. (C. D.)

CHÉLYDE {Erpétol.)y Cheljs. M. Duméril a établi sous ce nom un genre de l'ordre des chéloniens, auquel il assigne les caractères suivans :

Pattes à doigts palmés y à plus de trois ongles mohiUs; carapace molle , mais couverte d'écaiUes , ne protégeant ni la tête ni les pattes ; mâchoires plates; point de bec de corne; narines avancées; tympar^ distinct»

La gueule des chély des ressemble beaucoup à celle des pipas ^ leur nez constitue une espèce de trompe; leur peau est cou* verte de tubercules verniqueux ; leur queue est fort courte*

XéXuç est un mot employé par les Grecs pour désigner les* tortues*

La Matamata : Chefys Jinibriata, Dum*; Testudo matamata^ Brugn. ; Testudojimbriataj Schn. Carapace oblongue, aplatie , à trois carènes longitudinales épineuses; front garni d'une aile de chaque côté; cou épais, frangé; treize plaques dorsales.

vingt-cinq marginales; plastron ovale, bifide postëneurenteot; tube des narines très-long -, queue verruqueuse, cylindrique, obtuse. •

La couleur de Fanîmal est d'un brun foncé uniforme en dessus, et un peu plus pâle en dessous. -

Les pattes antérieures ont cinq doigts onguiculés à peine distincts; les postérieures en ont quatre onguiculés, et un plus court, sans ongle.

Lamatamata vit dans les marais de Surinam et de Cayenne, où elle se nourrit de mollusques. Autrefois elle étoit assez commune dans cette dernière colonie, où on lui donne le nom par lequel nous la désignons. Elle y est beaucoup plus rare aujourd'hui, parce qu^on la chasse arec acharnement à cause de la bonté de sa chair : il y en a pourtant encore en abondance diins les lacs de Mayacaré, dans la crique de Houassa, etc. Le Muséum de Paris en possède deux individus. Cette ehélyde parvient à la taille de deux ou trois pieds.

La Chélyde a deux épines : Cheiys hispinosa; Testado hî" ipinosa^ Ruiz de Xelva, Daudin. Carapace oblongue, aplatie, tronquée en devant , fourchue en arrière; point d'ailerons membraneux sur le front; huit appendices frangés de chaque côté, et quatre au-dtssous du cou.

Taille d'un à deux pieds. •

Elle paroît habiter le Brésil. • Connue seulement par une lettre de l'Espagnol Ruiz de Xelva k feu Daudin.

Voyez Chéloniens. (H. C.)

CHELYS (ErpétoL)^ nom latin. Vc^ez CaàtnB. (H. C.)

CHËMAM, ScHEMMAM {Bo t.) ^ Tioms arabes. d'un concombre, tucumis sciiemmam de Forskaè'l, que M. Delile reporte au eucumis dudaïni. Son fruit, d'abord velu, devient lisse en mârissant. On le eultire à eause de son odeur farte et assez agréable ; mais on ne le mange pas. (J.)

CHEMNICIA (Bot,), nom donné parScopoIi au genre delà 6uianen«mmér6tf?iamonpar Aublet, et lasiosloma parSchreber, qui diffère du vomîquier, strychnos^ par le nombre des parties de la fntetificaticm diminué d'un cinquième , et par celmi des graines réduites à deux dans chaque fruit. Ces difîévcnces n'ont pas paru suffisantes pour séparer ces deux gienres»

* CHEMPS {Bot.)f nom arabe du cîche, etccr, selon Mentzel et Daléchamps. Celui-ci le nomme encore hamos et athamosm Il est nommé homos par Forskaèl. ( J.)

CHEN. (Omith.) Ce mot grec désigne spécialement Toie , et en grec moderne le terme ehena embrasse la famille des ca* nards. L'oiseau dont parle Varinus sous le nom de chennion^ n'appartiendroit pas, malgré l'identité apparente de la racine, au même genre, si, comme le dit Gesner, c'étoit une petite corneille qu'on sale en Egypte. (Ch« D.)

CHENALOPEX. (Ornith.) Cet oiseau , cité par Aristote, et dont le nom a été traduit en latin par celui de vulpanser ou renard, étoit vénéré en Egypte à cause de son attachement pour ses petits. On Tavoit rapporté au tadorne, anas tadoma, Linn. ; mais M. Geoffroy Saint-Hilaire prétend que c'est la bernàche armée, anas œgypliaca^ Linn. Les anciens ornithologistes ont beaucoup disserté sur le passage du livre 10, chapitre 22, de l'Histoire naturelle de Pline, où cet auteur, parlant d'oiseaux nommés chenaîopeces et chenerotes^ se borne à dire que ce sont des espèces d'oies, dont la dernière, plus petite que l'oie sauvage, est un mets recherché; et ils ne les ont pu déterminer, quoique vraisemblablement il s'agisse ici de la bernache et du cravant. D'un autre côté, Moerhing a appliqué le nom de chenalopex^ comme terme générique, au grand pingouin, alla impennis^ Linn; (Ch. D.)

CHÉNANTÇPHORES. (Bot.) M. Lagasca ( ou la Gasca), bo^. taniste espagnol, a publié, en 1811, une dissertation sur nn nouveau groupe de plantes qu'il forme dans la famille des syiianthérées, et auquel il doQne le nom de^hénantopbores {chœ^ nantophone) , formé de trois mots grecs exprimant que ces plantes portent des fleurs en gueule. Il est à remarquer que ^f.Decandolle avoit proposé ce même groupe, sous le nom de labiatiflores y dans un Mémoire, lu en janvier 1808, a la première classe de l'Institut; mais ce Mémoire n'a été publié qu'en 3 81 3; et d'ailleurs M. Lagasca dit avoir terminé son opuscule en i8o5, et avoir envoyé le manuscrit en France au commeu' cement de 1808. Il est donc fort difficile de juger à qui la priorité doit être attribuée, et il est peut-être convenable d'ac-^ corder aux deux savans botanistes des droits égaux à la décoife* verte des rapports intéressans qu'ils ont fait coniioitre»

M. Lagasôa considère ses chéaantdphôres comme uo ordre parfaitement naturel, et qui doit être place entre les chieoracéea et les Corymbifères de M. de Jussieu. Le caractère essentiel qu'il lui attribue, est d'avoir le limbe de la corolle divisé si^périeu^ rement en deux lèvres, dont l'extérieure est plus large.

Il divise cet ordre en trois sections. La première comprend les genres à calathides non radiées ^ et se sous-divise en deux parties, selon que le clinanthe est nu ou garni d'appendices: les genres à clinanthe nu sont les Pérezia, Leucheriay Lasior^i rhiza^ Dolichlasium ^ ProuUjt,a^ Panargyras , PanphaUa^ Calop^^ l^ilium, Nassauvia;le& genres à clinanthe fimbrillé ou squamellé sont les Triptilion^ Trixis , Martrasia, Jungia^ Pol^achuruSm I^aseconde section comprend lesgenres à calath ides radiées; ce sont les Mutisia^ , Chatanthera , Aph^lloeaulonj Perdiçium , Chap" talia^ Didcantha^TSktàu la troisième section, celle des chénantophores anomales, se compose des genres dont le disque est régulariflore : tels sont les Bocosia, Barnadesia^ Onoseris eï Denehia,

Le nouveau groupe proposé parMM.Laga^caetDecandolle ne nous paroît pas avoir été accueilli par les botanistes avec toute la faveur qu'il mérite. Ceux dont Tautorité est la plus respectable parmi les sectateurs dé la méthode naturelle, sont convaincus que les chénantophores ne sont réunies que par un lien artificiel, et qu'elles doivent être dispersées. Après avoir nous-mêmes long -temps hésité, nous avons définitivement adopté une opinion contraire, sans toutefois embrasser plei* nenient le système de MM. Lagascaet Decandolle. Il résulte en effet de nos observations, que les chénantophores ou labiatiflores doivent former deux tribus naturelles , immédiatement voisines Tune de Tautre, mais parfaitement distinctes, principalement par la structure du style et du stigmate. Dans la première, que nous nommons la tribu des mutisiées^ et que nous plaçons à la suite de nos tussilaginées , les deux branches du style des fleurs hermaphrodites sont courtes , non divergentes^ un peu arquées en-dedans, demi-çyiindriques, arrondies au sommet qui est un peu épaissi , muniessur la face interne, plane de deux très-petits bourrelets stigmatiques marginaux, confluens au sommet; et sur la partie supérieure de la face externe convexe , de quelques petites papilles collectrices éparses.Daus

la seconde 9 que bous nommons la tribu des yiaisaaviées , et que nous plaçons avant nos sénécionées , les deux branches du style des fleurs hermaphrodites sont longues, divergentes, arquées en dehors , demi-cylindriques , tronquées au sommet , qui est garni sur la troncature d'une tou£fe de poils collecteurs ; les bourrelets stigmatiques ne sont presque point sensibles. Notre méthode de classification étant uniquement fondée sur les affinités naturelles qui résultent de l'ensemble des caractères , et non d'un caractère unique , nous admettons , dans nos tribus des mutisiées et des nassauviées, quelques synanthérées à corolle non labiée, tandis que nous excluons de ces mêmes tribus quelques synanthérées à corolle labiée : c'est encore un point sur lequel nous différons de MM. Lagasca et Decandolle. Nos mutisiées coraiprennent, entre autres genres, les Mutisia^ Chœ^ tanthera, Cherinai H.Cass. , AphyUocaulon^ Gerheria,' H. Cass., Tri* chocline, H.Cass»; ChaptaUa^Lasiopus^ H.Cass.; Leria,0iu>5erû, etc. Nous comptons parmi nos nassauviées lesNassauvia, Caloptilium ou Sphœrocephalus ; Triachne^ H. Cass.;TripfiZion, Trixi^^ Mat" trasia ou Dumerilia, Panphalea, Lasiorrhiza ou Chabraa^ Fere-» zia ou Clarionea , Homoianthus , etc. 11 est très-remarquable que M. Lagasca, qui n'avoit fait nulle attention aux caractères différentiels offerts par le style et le stigmate, a cependant en général as^ez bien rapproché d'une part les nassauviées, de l'autre les mutisiées, sans les mélanger confusément comme a fait M. Decandolle. C'est que le botaniste françois a établi ses divisions sur des caractères d'une très-foible valeur, et qui'ne sont point en relation avec les affinités naturelles. Les muti* siées ont des rapporta si frappans avec les lactucées et les carlinées , que nous les avions d'abord placées entre ces deux tribus; mais, par cet arrangement, il devenoit impossible de placer convenablement les nassauviées ; c'est pourquoi nous BOUS sommes décidés à faire un changement dans la série que NOUS avions adoptée, et qui devra désonnais commencer ainsi : j .** vernoniées ,2.** eupatoriées ^ 3.** adénostjlées ,4*** tussilaginéesy 5.** mutisiées , 6.* nassauviées , 7.** sénécionées , etc. ( H. Cass.)

CHENCHELCOMA (Bot.), nom péruvien du salyia oppositû folia de la Flore du Pérou. (J.)

CHENDANA {Bot.)^ nom du sandal ou santal, santalumj i Sumatra, suivant Marsden. (Ji.)

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CHÊNE (Boh), Quercus, Lion. Genre de plantes dicôtylé-^ dones, apétales diclines, de la famille des amentacées, Juss. , et de la monoécie polyandrie, Linn., dont les principaux caractères sont les suivans : Fleurs monoïques ; les mâles disposées en chaton , et composées d^un pérlanthe membraneux , quîoquéfide, et de quatre à dix étamînes; fleurs femelles composées d'un pérlanthe hémisphérique , persistant, revêtu d^écaiiles extérieurement, contenant un ovaire couronné par six petites dents, et terminé par trois à cinq styles; une noix globuleuse ou ovoïde, monosperme, fixée par sa base dans une cupule formée par le pérlanthe persistant.

Le genre chêne comprend de grands arbres ou des arbrisseaux, dont les feuilles sont alternes, simples, entières, ou, le plus souvent, incisées ou lobées; dont les fleurs mâles sont disposées en chatons lâches , pendans , placés dans les aisselles des feuilles inférieures, et dont les fleurs femelles, solitaires ou réunies plusieurs ensemble , sont sessiles ou portées sur un pédoncule commun dans les aisselles des feuilles supérieures des jeunes rameaux.

La nature a rapproché dans ce genre les extrêmes de la force et de la grandeur. Quelques espèces élèvent leur cime oblongue îusqu'à près de cent pieds; d'autres, comme le chêne nain et le chêne pygmée, ne sont que de foibles arbustes qui n'acquièrent quelquefois qu'un pied de haut.

Le chêne paroît appartenir exclusivement aux climats tempérés : les chaleurs de la zone torride lui conviennent aussi peu que les froids des contrées glacées du nord ; on ne le trouve point non plus sur les montagnes élevées dont la température est analogue à celle des régions polaires. Il croît naturellement dans les pays du milieu et du midi de l'Europe, dans l'Afrique septentrionale ; en Asie, il habite la Natolie, la Chine, la Cochinchine, le Japon, et probablement le centre de cette partie de l'ancien continent; en Amérique, on n'a observé jusqu'à présent de chênes que dans les Etats-Unis , le Mexique et la Nouvelle-Espagne.

Linnseus n'a parlé que de quatorze espèces de chênes: le nombre de ceux dont les auteurs font mention maintenant , s'élève à plus de quatre-vingts, dont près de quarante appartiennent à l'ancien confinent , et le reste au nouveau ; mais il

Ven faut bien que foutes ces espèces sofent détermlQées avec certitude. Plusieurs chênes du Mexique et de la Nouvelle- Espagne ne nous sont encore qu'imparfaitement connus; et, malgré les travaux de MM. Michaux, père et fils, sur ceux des Etats-Unis, il reste encore «quelques doutes sur certaines espèces. Enfin , les chênes de TAsie, ceux de l'Europe et de la France même, auroient encore besoin d'être étudiés de nouveau, pour déterminer plus exactement les limites entre les variétés et les espèces. Nous aurions pu, en rapportant toutes les espèces , présenter ici le tableau de nos connoissances actuelles sur ce genre d'arbres qui est d*une importance majeure pour les nations de l'Europe 9 et pour la plupart de celles chez lesquelles il croît; mais, comme cela nous obligeroit à donner à cet article une trop grande étendue, nous nous bornerons a parler de celles qui sont les plus connues et la plus intéressantes par leurs usages et leurs propriétés. . Pour faciliter l'étude de ce genre difficile, les botaxâstes ont divisé ses nombreuses espèces en plusieurs sections. Les uns , n'ayant égard qu'à l'habitation , n'ont admis que deux divisions, l'une comprenant tous les chênes de l'ancien continent; la seconde, ceux du nouveau. D'autres, prenant pour considération le temps que les fruits mettent à parvenir à leur maturité , ont partagé ces arbres en deux sections , dont la-première renferme ceux dont les fruits mûrissent dans lanaéme année qui les a vus naître; et la deuxième , ceux qui ont besoin de deux ans pour les voir mûrir. D'après une troisième division, fondée sur 1^ considération des feuilles qui tombent à l'automne dans beaucoup d'espèces, ou qui persistent dans plusieurs autres , de manière qu'elles restent toujours parées d'une verdure continuelle, les. chênes étoient encore partagés en deux sections principales ; et même Tournefort et la plupart des botanistes qui Ta voient précédé , distinguoientles espèces comprises dans cette^eruière division, sous deux noms de genre différens , Ilex et Suher. Toutes ces manières d'envisager les chênes ne présentent que de.foibles moyens pour faciliter la connoissance des espèces, et elles ont toutes le grave inconvénierU de séparer et d'éloigner les unes des autres celles qui, dans l'ordre de la nature, paroissent les plus voisines. La forme très-var/able d^ feuiUeji dans la même espèce de chêne , seloa,

Tàge des arbres ,àvoit d'abord écarté des botanistes Fidée d'y trouver un mode de division convenable ; mais enfin , après avoir bien examiné les avantages et les inconvéniens de ce moyen, on est à peu près d'accord aujourd'hui qu'en n'ayant égard qu'à la forme des feuilles parfaitement développées sur des individus adultes, c'est encore celle-ci qui présente le moyen le plus facile et le plus commode pour l'étude des espèces. Ce sera donc d'après la considération des feuilles entières ou dentées, ou lobées, etc., que nous présenterons la série des chênes dont nous nous proposons de traiter.

^ Feuilles trèS'enUères*

Chêne saule : Qutreus phellos ^ Linn., Spee, , 1412 ; Mich., Arh, Amer., 2 , p. 74 9 1. lâ. Ses feuilles sont étroites, lancéolées, lisses, luisantes, mucronées, caduques; ses fleurs màlei ont quatre à cinq étamines , et les femelles sont réunies deux ensemble sur un pédoncule très-court ; les glands qui succèdent à ces dernières sont petits, arrondis, enveloppés à leur base, et presque jusqu'à moitié, dans une cupule mince. Cet arbre croît dans les lieux humides de l'Amérique septentrionale , et surtout dans la Virginie, les deux Catoiines et la Géorgie. Il s'élève à la hauteur de cinquante à soixante pieds, et son tronc acquiert cinq à six pieds de circonférence : on en voit un individu dans le jardin royal de Triauon, près de Versailles , qui a plus de quarante pieds de haut.

Le chêne saule , considér/é sous le rapport de ses propriétés , est d'un foible intérêt, et ne peut mériter d'être cultivé en JEurope que comme arbre d'agrément , et à cause de la singularité de ses feuilles. Son bois t%t roug^tre , avec le grain grossier et les pores très-ouverts ; ce qui ne Tém pêche pas cependant d'avoir beaucoup de force et de ténacité. On remploie peu dans les Etats-Un ts^ si ce n'est quelquefois pour faire des jantes aux roues des voitures.

Chêne verdoyant : Qttercus virens , Ait. , Hort, Kff<v. , 5 , p. 55^; Mich., Arb, Amer, , 2,^p. 67, t. 11. Ses feuilles sont persistantes, eorîaces, ovales ou ofolo)?gues, un peu obtuses, courtement pétioléçs, soyeuses dans leur je'unesse, entières dans les individus adultes, mais bordées de den^s écartées dans les îeunes arbres : sts fleurs mâles ont quatre à ciriq étôHimeS', et

les femelles sont portées sur de longs pédoncules j il succède à ces dernières des glands oblongs dont la cupule est turbinée et revêtue d'écaillés courtes. Cet arbre croît dans rAmériqae septentrionale^ depuis la Basse -Virginie jusqu'à la Floride et laBasse-^Lottisiane, dans les terrains qui sont au voisinage de la mer; il s'élève à quarante oil cinquante pieds de hauteur , sur un tronc qui a quatre à six pieds de tour par sa base.

Le bois du cbéne verdoyant a une teinte )aunàtre ; il est fort pesant et fort compacte; «on grain est très -fin et très-serré. On l'estime beaucoup , dans les Etats-Uni^y pour les constructions navales; les charrons l'emploient pour faire les jantes et les moypux des grosses voitures ; on s'en sert aussi pour faire les vis de certaines machines , et les dents d'engrenage des rouea de moulin* Son écorce seroii très*bonne pour le tannage des cuirs.

Chênb*con6£NTeiqub; Qttercus toneentrica ^ Loureîro , FU Coch*^ a, p. 57a. Ses feuilles sont elliptiques, aiguës par les deux extrémités, très-entières, courbées en faux, gUbres des deux cÀtés : sesfleurt mâles sont disposées sur des chatonsdroits , linéaires , réunis plusieurs ensemble vers le sommet éei 1^^ meaux; les fleurs femelles sont pédonculées, placées au^^dessus des mâles : les glands sont ovales-oblongs , contenus à leur base dans une cupule lâche, courte, creusée circulnirement de plusieurs lignes concentriques. Ce chêne forme un arbre trèsélevé. Il croît dans les forêts de la Cochinchîne. Son bois est employé dans ce pays pour les grandes constructions*

CnÊNe A LATTB^ ; Quereui imbricariaj Mich. , Hist, des Chênes, n.''^, t* i5 et 16. Ses feuilles sont très^rapprochées les unes des autres, lancéolées, luisantes, et d'un vert gai en-> dessus, pubescentes en^deasous ; ses glands sont wrrondis, we^ siles. Cet arbre crottdaas la Pensylvanie et le pays des Illinois , où. il s'élève à la hauteur de quarante à cinquante pieds, sur un tronc qui en a trois à quatre de tour à sa' base. 'Son bois, quoique pesant et dur, n'est ^ue d'une qualité inférieure. Les François du pays des Illinois , dans le nord de l'Amérique scp^ tentrionale , le font fendre pour ta faire des lattes et des essentes ou bardeauk.

** Feuilles dentées»

Chêne TEUSE : Quercus ilexy Lîan., Spec» ^ 1412; LoÎ5., in Nov.Duham,, 7,^ p. i56, t. 4? et 44/fig. a. Ses feuilles sont coriaces, persistantes , pétiolées, tant6tovales4ancéolées, tani5t ovales-arrondi es , parfaitement entières ou bordées de dents plus ou moins nombreuses, souvent piquantes, le plus ordinairement lisses et luisantes en-dessus, toujours cotonneuses et blanchâtres én-dessous. Les chatons de fleurs mâles sont placés, un ou plusieurs ensemble^ à Taisselle des feuilles de Tannée précédente, et vers Fextrémitédesrameaux. Les fleurs femelles, au nombre de quatre à huit, sont sessiles et écartées les unes des autres le long d'un pédoncule commun placé dans les aisselles des jeunes feuilles. Il leur succède des glands ovales ou ovales-oblongs, munis à leur base d'une cupule à écailles irèsmenues, fortement imbriquées et cotonneuses. Le plus souvent il ne mûrit qu'un ou deux de ces fruits; les autres avortent plus tôt ou plus tard.

Le chêne yeuse , qu'on nomme aussi vulgairement chêne vert , ou tout simplement yeuse , croît dans les parties méridionales de l'Europe et dans lé nord de l'Afrique ; on le trouve en France jusqu'aux environs de Nantes et d'Angers. Il forme en général un arbre tortueux , très-branchu , qui ne prend un grand accroissement que lorsqu'il a acquis de nom)[>reuses années. Il se plaît dans les terrains secs , sablonneux , aérés et exposés au nord ; le plus souvent on le trouve isolé et dispersé çà et là au milieu des autres arbres, mais rarement croissant en famille avec ceux de son espèce, et formant masse de forêt. Son bois, pesant, dur et très-compacte, est très-utile à cause de sa longue durée , pour certains ouvrages de mécanique. On s'en sert pour faire des essieux , des poulies , et on le préfère à tout autre pour le mettre en œuvre dans des endroits qui doivent éprouver beaucoup de flottement. Son écorce est employée à tanner les cuirs. Les anciens estimoient beaucoup ses glands pour la nourriture des cochons. Certains arbres produisent des grands doux, et que l'on peut manger ; d'autres n'en produisent que • d'amers : on trouve même quelquefois des uns et des autres sur le même pied , de sorte que cette différence essentielle dans la saveur ne peut

nullement se dîstinguef par le$ formeà extérieures , et serviÉ* à caractériser des vuriétés ; il est Seulement d'observation que les glands de l'yeuse ont une saveur d'autant plus agréable que cet arbre croit à une estposition plus chaude.

Chêne ballote t Qaercus ballota^ Desf. , Mém. Acad. Paris, 1750, cwm^g. Ce chêne n'est très-probablement qu^une variété du précédent, dont il ne diffère, essentiellement que par &e& glands très-alongés. Son bois a les m'êmes propriétés que celui de l'yeuse. On l'emploie en Barbarie pour plusieurs sortes d'ouvrages. Les habîtans de l'Atlas se nourrissent > pendant une partie de l'année, de ses glands ^ qui ont une saveur douce et agréable ; ils les mangent crus ou torréfiés. *

CuÊNE-uéCE : Quercus suber^ Linn., Spec, , 141 5; Lois., in Nov, Daham,^ 7? P* ^^9 » t. 46. Cet arbre a beaucoup de rapports avec le chêne yeuse; mais il en diffère sensiblement par son écorce épaisse , crevassée et spongieuse. C'est au dévelop^ pement considérable que prend le tissu cellulaire qu'est due Fépaisseur de cette" écorce, connue sous le nom de liège. At| bout d'un certain nombre d'années , lorsqu'on ne prend pas soin de l'enlever , cette éctirce se fend , se détache d'elle-même , et est remplacée par une nouvelle écorce qui se forme en^ dessous. Le chêne-liége croit spontanément dans les parties méridionales de l'Europe et en Barbarie. Use plaît daus les ter^ rainssecs, montueux, dans les sables quarte ux, et il paroft, au contraire , ne pouvoir venir dans les terres calcaires, car jamais on ne l'y rencontre. En France , on trouve une grande quan-» tité de lièges dans les pays de Condom, de Nérac, dans les landes de Bazas, qui s'étendent jusqu'à Bayonne , dans quel, ques cantons du Languedoc; En Provence , l'habitation de ces arbres est bornée à la partie qu'on appelle les Maures , et qui s*étend depuis la Napoule , prés de Grasse , jusqu'à Hyères , en suivant les bords de la mer , et en s'avançant à deux , quatre , et même jusqu^à six lieues dans les terres.

Le bois du liège est employé pour différentes sortes d'ouvrages et de constructions: mais il faut s'en servir dès qu'il est coupé, t)u le mettre à l'abri des injures de l'air; car il pourrit en très-peu de temps , quand il est exposé alternativenient à l'humidité et à la sécheresse. Lorsqu'on l'emploie dans la consti:uction des sa vires , il faut avoir soin de le mettrç 8. :iG

flans Içs parties qui doivent rester à sec ; carreau en déiacîic une liqueur acre , qui rouille et détruit les clous en très-peu $le temps. Dépouillé de son écorce , c'est un très-bon bois de chauffage, et ^ous ce rapport on le préfère, à Marseille, à tout autre. Mais la partie la plus utile du liége est , sans contredit , son écorce extérieure -. on en fait des bouchons , des talony de souliers , des bouées.pour les vaisseaux , des chapelets pour soutenir les filets des pêcheurs à la surface de Teau , de» malles , des caisses. Dans les pays où cet arbre croît naturellement , les usages éco;iomiques de son écorce sont encore plu^ multipliés : o^ en fait des ruches pour les abeilles j des baquets «pour mettre de Teau ; et les gens de la campagne , surtout le» ouvriers qui sont occupé» à la récolte de cette écorce et à sa préparation , en font des assiettes, des gobelets, des cuillers^ On emploie aussi , pour nager facilement, une sorte de casaque garnie de liége, qu'on appelle scaphandre. Pline (liv. XVI ,^ chap, 8 ) nous apprend que les femmes de Tantiquité en gar^ nissoi-ent leurs chaussures d'hiver, comme on le fait encore aujourd'hui. Dans quelque» parties de l'£$pagne , on s'en sert pour couvrir les maisons. On brûle encore cette écorce dansf des vaisseaux bien fermés, pour en obtenir une poudre noire p^ qui s'emploie dans les arts, et qui est connue sous le nom de noir d'£spagne«

C'est tous les huit , dix çt même douze a^ , selon la nature du sol et de l'exposition f qu'on détache l'écorce des lièges , et, un arbre peut donner ainsi douze à quinze récoltes. Le liége des cinq à six pren;iières levées est le meilleur ; celui qu'oa, retire dans les dernières récoltes, va toujours en diminuât de. qualité. Le liége, pour êtfe bon, doit être souple ^ ployant, sous le doigt , élastique , point ligneux , ni poreux « et de couleur rougeâtre : celui dont la coxileur tire sur le jaune est, moins bon ; le blanc est^de la plu» mauvjaise qualité*

Non-seulement il se fait une grande consommation de liége. en France , mais on en expédie beaucoup . dans les pays du Nord ; on en transporte dans un grand nombre d'autres coiv^ tfées , et cette matière est l'objet d'un commerce considérable^. . On préte;iid qu'en Espagne on mange les glands du Mége, grillés comme les châtaignes ; ce qu'il y a de certain , c'est. qu'ils ont en général une saveur douce et agréable. Ils sont.

•GÎÎE Àoi

frès-reclierché^ clés pourceaux , et la qùàlitë pat tîôùîîèré qii^îls donnent à la chair de ces animaux, fait la réputation de» fambons de Bayonne»

Chêne AU KERMÈS :Quercus coccifera^ Linn* , Spéb, , 141 3; Lois. , inNùi'* Duham.^ ? » P» 180, t. 46. Cette espèce n'est qu^un arbrisseau dont le tronc se divise en un grand nonibre de rameaux tortueux et diffus, formant un buisson de quelques pieds de hauteur. Ses feuilles àont bvaliés, côHâces, }>ersistantes » courtement pétiolées , glabres àe^ deux côtés , îuisantds exi dessus ^ rarement très-entières ^ le plus soumirent bordées' de àentA épîhetf^6; Ses- fleui^' mâles sbnt sur des chatons réunii plusieurs ensemble en petites panicules. Ses' âeurs femelles sont sessiles, au nombre de trois à sept^ le long d'un pédoncule commun de la longueur de huit à quinze' lignes. Ses glands, qui ne mûrissent que la seboiide année,- Éont ovales, enfoncés à peu près à moitié dans une cupule hé* lissée d'écaîlles cuspidées, étalées, et un peu recdurbées:

Le chêne au kermès croft dans heS lieux pierreux, arides^ et sablonneux des départtemens théndîdtiaiix: de là, Fritntie ,* en Espagne, eh Italie , daiis 1^ nord de TAfHqiié, et dâfnfs? l'Orient. C'est sW cet- at'brisBéaa qiHî' vit' le tocau^ ilicis^ infecte de Tordre des hémiptères , employé dans la médecine comme cordial et aâtUngeïit, s^us le iloik de keifnïès, et dkns lès arb pour teindre en rouge , sous le nom de graine d*écarlaté.

Le kertnès ne se tiSouVe ofdîlâaif^iiient qtie sur les" jeunes rameaux, et- c'est' aux bifbi<catio'i^é des braiiches qu'il est* le plus abondant. Pour se prôcUI«er di* meilleures récoltes dë^ kermès, on est dans rus»|fe«dê coupeir les tiges ayant qu'eliés*^ aî^nt tro^ grossi , afin de l*lr<brt?ek* k ddnfitér de jeunes pousses. ' Le kei*mè» faisoit\in Objet de ctt&iinertféfebtosidéï'ablë, et la' iiëhesse des pays 6b. croît lè'C'h^tfe ëiir" lequei il e^t produit,arvant qu'on lui eûtpréféfé la cochenille, qui ri*est autre chose qti'un insectfe dii même genre (cocèus câisH)^ qui Vît* sur le caclier nopal , et qui foraie tiné êes priiitlpales richesses du Mexique* •

CHÊpfB DÈS TEiNTrtTfltERs î QttercUs iti/eciMaf Cftîvièr ( Voy* dans' • inSmp. Ottom., 1 y p. 2 55, t* i4el i5^). Cette espèce n'est,, comme la préeédèhtej qu'un arbrisseau -tortueux, divisé eit

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rameaux nombreux ^ et s*élevant à quatre ou cinq pîeds. Sel feuilles sont oblongues, mucronées- dentées, luisantes et d'un vert cendré en dessus, plus ou moins puhescentes en dessous, portées sur des pétioles longs de six à huit lignes. Ses glands sont alongés, sessîles, courtement pédoncules;

Ce chêne, qui nous fournit la noix de galle du commerce , n'étoit pas connu des botanistes avant le voyage d'Olivier dans TEmpire Ottoman. Cest à ce naturaliste que nous devons la connoissance de cette espèce intéressante , qui est répandue dans tonte l'Asie mineure , depuis le Bosphore jusqu'en Syrie, et depuis les côtes de TArchipel jusqu'aux frontières de la Perse.

^ La galle , dit Olivier , est dure , ligneuse , pesante ; elle naît aux bourgeons des jeunes rameaux ^ et acquiert depuis quatre jusqu'à douze lignes de diamètre ; elle est ordinairement ronde et couverte de tubérosités , dont quelques-unes sont pointues. Cette gaile est beaucoup plus estimée lorsqu'elle est cueillie avant sa maturité, c^est-à-dire , avant la sortie de l'insecte qui l'a produite. Les galles qui sont percées , ou celles dont l'insecte s'est échappé , sont d'une eouîeur plus claire ; elles sont moins pesantes et moins propres que les autres à la teinture...

«c Les Orientaux ont l'^tteation é^ foire la récolte des galles au temps précis que l'expérience leur a prouvé être le plus favorable : c'est celui où cette excroissance a acquis toute sa grosseur et- tout sou p^ds;; S'ils tardoient à la cueillir, la larve qvii vit dans l'intérieur y subiroit sa métamorphose, la perceroit, et paroftroit sous la forme d'un petit insecte ailé. La galle , dès-lors, ne retirant pluscî^ l'arbre les sucs nécessaires à l'accroissement de l'insecte , se dessécheroit et perdroit une bonne partie des qualités qui la rendent propre à la teinture. Les agasj veillent k ce que les cultivateurs parcourent 9 vers le commencement de juillet , les collines et les montagnes qui sont couvertes de chênes. Ils sont intéressés à ce que les galles soient d'une bonne qualité , parce qu'ils prélèvent un droit sur leur produit. Les premières galles ramassées sontteises à part; elles sont connuçs, da^. TOrient , sous le nom deyerli , et désignées dans le commerce sous le nom de galies noires et de galles verta» Celles qui ont échappé aux premières recherches , et

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iju^on cueille un .peu plus tard, nqmmées gallei hlanehes , sont d'une qualité très-ibrérieure. Les galles les plus estimées sont celles des environs d'Alep, de Smyrne, de Kara*Hissar, de Diarbequir , et de totii Tintérieur de la Natolie.

« On néglige presque partout de ramasser les glands ; ils servent de pâture aux sangliers et aux chèvres : celles-ci contribuent beaucoup à rendre le chêne petit et rabougri, en dévorant avec ses fruits une* partie de son feuillage et de ses |eunes rameaux. »

L'insecte qui produit ces galles est un diplolèpe , qu'Olivier a nommé dipLolepis gallœ tinctoriœj et qu'il a fait figurer dans son Voyage , pi. 1 5 , tig. CC.

Chêne phinus: Quercus prinus^ Linn. , Spec.^ 14^5; Mich., Arh. Amer. , 2 , p. 5i , t. 7. Ses feuilles sont ovales, élargies en leur partie supérieure, ordinairement glabres et glauques dans leur parfait développement ; bordées de dents grossières, portées sur des pétioles assez longs : ses fleurs mâles sont corn-* posées de cinq à dix étamines ; ses glands , qui ont une saveur douce, sont portés sur des pédoncules quelquefois fort courts, et contenus dans une cupule écailleuse et peu profonde. Ce chêne se fait remarquer par son tronc parfaitement droit, conservant souvent le même diamètre jusqu^à cinquante pieds de terre , et élevant sa tête vaste et touffue Jusqu'à quatre-vingts^ et quatre-vingt-dix pieds de hauteur. Il c^oît dans les forêts humides et ombragées de la Floride, des deux Carolines, de la Géorgie, de la Virginie et de la Pensylvanie.

Le chêne prînus doit être placé au premier rang des plus beaux arbres de l'Amérique septentrionale ; mais , son bois étant inférieur en qualité à celui de beaucoup d'autres espèces, îl ne mérite d'être considéré en Europe que comme arbre d'ornement. Il ne souffre pas des froids qu'on éprouve dan^ le climat de Paris ; mais il auroit encore une végétation plus rapide et plus belle dans les départemens du Midi. Dans les Etals-Unis on l'emploie comme bois à brûler et pour les ouvrages ' de charronnagc -, comme il se fend très-facilement de droit fil , on peut le diviser en morceaux très-minces.

Chêne des montagnes : Quercus mojitorta , Willd. , 5pec., 4, p. 440 ; Mieh. , Arb» Amer, , 2 , p. 55 , t. 8« Ses feuilles sont ovales-renversées, aigutfs, blanches et cotonneuses en-dessous >

Ax>6 CHE

bordées iJe gvandes dents presque égales , dila^s à leur sobw mçt ; ses fleurs mâles sont composées de cinq à dix étamia.e5^ nés glands sont oyales-aiongés , assez gros > couteau^ jusqu'au tiers dai)s des cupules furbiiiées , dont le^ écailtes sont libres^» Ce chêne s'élève à spixante pieds de haut, sur un tronc de Jxuit à iieuf pieds de circonférence; il c^rolt dan$ diyer«e& partie^ des Etals-Ui^is d'Amérique,

Son bpis est rougeitre^ pesant , b\en supérieur en qualité k celui du chêne prinus; aussi l'emploie-t-on beaucoup dans son pay$ natal poMr les construction^ navales. Son écorce est excellente pour le tanuagp des cuirs, IL réussit très-bien dan^ le climat de Paris ^ et comme il n'est p^s^difîicilesurJLe terrain, croissant au piilieu des pierre^ et même des i^ïchers les pius escarpé? , il seroit avantageux de le propager en France j dans les endroits a^alogue^ à ceux ovk il vient de préférence en Amérique.

Chêne bicolore ; Qut;rcu$ hicQloff "WiHd,, 5pcc., 4, p. 440 i ^Iich.5 Arh,Amer., 2 , p. 46, t. 6, Ses feuilles sont cunéiforme* à leur base, élargies dan$ leurs deu^ tiers supérieurs. , et gar^ nies de dents grandes et larges j elles ont en tout six à hui^

J)ouces de longueur sur quatre de largeur à leur sommet. Dan% es arbres adultes, la surface inférieure des feuilles est d'ui^ blanc argenté , ce qui produit uq contraste remarquable avec le beau yeri; de \a surface supérieure. Les glands ovales, assez gros , d'une couleur brunâtre , ont une saveur douce qui le^ rend bons à manger j ils sont portée sur vin long pédoncule « et souvent deux ensemble; leur cupule est évasée , bordée de fiiamens courts et déliés. Ce chêne est un arbre dontla vét gétation est belle et vigoureuse ; il s'élève de soixante à spixanter dix pieds de hauteur ; il croit dans la plus grande partie des^ Etats-Unis , excepté dans les contrées basses et maritimes. Le chêne bicolore seroit un arbre qui pourroit être utile spus le rapport de ses propriétés. Son bois est ass^ez pesant; il a le grain an et assez serré j il a de la force , b.ea,ucoup d'élasticité , et se fend aisément de droit fil. « Sou^ le rapport de son introduction dans les forêts européennes, dit M. Micha^ux , je pense que cet arbre ofifre assez dHiitérêt pour y trouver place, soit en le mêlant,. soit en le substituant alternativement aux essences qui viennent ,dans les lieux très-humides, tels que les frênes ,

les aunesy et quelques espèces de peupliers. C'est d'ailleurs dii arbre d'une belle apparence, qui ne peut que contribuer à l'embellissement de nos forêts , et des possessions des personnes qui seroient tentées de le cultiver.' ^

Chêne CHATAIGNIER. : Quercus castahea^ Wild. , Spec, ^ 4, p. 441 ; Mich. , Àrb, Amer,^ 2 , p.' 61 , t. 9. Ses feuilles sont oblongues- lancéolées, acuminées, cotonneuses en-dessous, bordées de dents presque égales, aiguës et calleuses à leur som* met. Les fleurs mâles ont dix étamines, quelquefois moins ; les glands sont petits, ovales, sessiles, et ils ont une saveur plus douce que dans aucune autre espèce de chêne du nouveau monde. Cet arbre croît dans les contrées fertiles des Etats- Vnîs d'Amérique, où il s'élève à la hauteur de soixante-dix à quatre-vingts pieds ; il est principalement répandu à l'ouest de% înonts Alléghanis; maïs il est disséminé dans une grande étendue de pays, sans être commun nulle part.

Le chêne châtaignier peut être employé, à cause deson port agréable , et du ïfel effet de son feuillage, pour être planté eu Europe dans les jardins pittoresques et de grande étendue ; mais aucune qualité recommandable ne paroît devoir lui mériter d'être cultivé plus en grand. Au reste , son bois a le grain l^eu serré, avec des pores très-nombreux , ce qui paroît aunoucer qu'il a peu de force, et qu'il n'est pas de longue durée.

***"*^ Feuilles lobées au sommet,

CnâNB AQUATIQUE : Quercus aquatica , Wild. , Spec, , 4 , p, 441 ; Mich., -^rè. ^ mer. , 2, p. 89, t. 17. Ses feuilles sbui cunéiformes, glabres, obscurément divisées à leur sommet en trois lobes , dont celui du milieu plus grand que les autres, ^es glands sont petits , un peu arrondis , presque sessiles , trèsamers, et contenus dans une cupule peu profonde et peu écailleuse. Cet arbre, dont la hauteur excède rarement quarante à cinquante pieds, croît dans les États-Unis depuis le ^laryland jusqu'à la Floride.

Le bois du chêne aquatique est de peu de durée, ce qui, sous le rapport de son utilité, ne lui mérite en aucune manière de fixer l'attention des Européens , d'autant plus que cette espèce est très-sensible au froid , et qu'elle ne réussiroit J)arfaitement que dans nos départemçns les plusmérldionaux^

Cbênb koir : Quereus nïgra ^ Linn. ^ 5j»ec. , x4i3y Qùer^ eus ferruginea^ Mîch. , Arh, Amer. , 2 , p. 92 , t* 18. Ses feuilles sont cunéiformes, glabres, un peu en cœur à leur base , parlagées à. leur sommet en trois lobes écartés, mucroaés, dont celui d\i milieu plus court. Ses glands sont arrondiis, asse:^ gros , sessiles , souvent deux à côté l'un de Tautre , et renfermés jusqu'à moitié dans des cupules trés-écailleuses. II est rare que cet arbre s'élève à trente pieds de hauteur sur deux à trois pieds de circonférence : le plus souvent il ne parvient qu'à la moitié de ocs dimensions. Il croît dans les terrains secs et sablonneux de la Pensylvanie , de la Virginie, de la Caroline et de la Floride.

Si le chêne noir peut offrir quelque intérêt , c'est d'attirer ^ par son feuillage assez singulier, l'attention des amateurs d'arbres étrangers; mais, originaire d'un pays chaud, il ne peut vivre en pleine terre que dans les parties méridionales de la France. Sous le rapport de son utilité, il ne mérite pas plus d'attention que le précédent. Son bois a le grain grossier, et les pores très-ouverts. En Amérique , il n'est employé à aucune espèce d'ouvrage, parce qu'il est trop susceptible d'être attaqué dans le cœur, et qu'il se pourrit très-facilement lorsqu'il reste exposé aux différentes intempéries de l'atmosphère* Le seul avantage qu'on en retire , c'est qu'il est excellent pour le chauffage.

^^"^^^ Feuille$ sinuêes ^ à tohes muerones^

Chêne que&citron : Quercus tinctoria , Mich. , Arh. Amer. , s, p. 110, t. 22; Willd., SpeCy 4 > p» 444» Ses feuilles son6 ovales-obloogues, sinuées, pubescenles en-dessous, partagées en lobes anguleux et raucronéa. Les fleurs mâles n'ont que quatre étamines ; les glands sont arrondis., un peu déprimés à leur sommet, sessiles le long des rameaux , enveloppés à moitié dans une cupule presque en soucoupe et revêtue d'un grand jpombre d'écaillés légèrement adhérentes. Cet arbre est répandu dans tous les Etats-Unis d'Amérique , excepté dans ceux qui sont le plus' au nord; il acquiert quatre-vingts à quatre-vingt-dix pieds d'élévation^^ sur quatre à six pieds de diamètre, et même

Le ^ttercîtroa a Favantage de ]^rendre promptemeat lut

grand accroissement, de parvenir aune trés*haute élévation , et de pouvoir croître dans un mauvais sol et dans les pays les plus froids. £n Amérique , on se sert beaucoup de son écorc« pour le tannage des cuirs, parce qu'elle est trés-riche en principe tannin. Le désagrément qu'elle a dans ce cas, c^est de donner aux cuirs une couleur jaune qu'on est obligé de faire disparoitre par un procédé particulier. Son bois , de couleur rougçâfre, n'est que d'une médiocre qualité, ayant le grain grossier et les pores trés-larges ; cependant on l'estime à cause de sa force , et parce qu'il résiste assez long-temps à la pourriture. Au défaut de chêne blanc ^ on l'emploie pour la char* pente des maisons: mais c'est surtout à cause de ses qualités précieuses pour la teinture, que le quercitron est un arbre rccommandable pour l'Amérique du nord , et qu'il mériteroit d'être cultivé en grand en Europe.

« C'est la partie cellulaire de l'écorce de cette espèce , dit M. Michaux, qui fournit le quercitron, dont on fait actuellement un très-grand usage pour teindre en jaune la laine, la soie et les papiers de tenture. D'après les auteurs qui en ont parlé , entre'autres le docteur Bancroft , à qui on est redevable de cette découverte, une partie de quercitron donne autant de substance colorante que huit ou dix parties de gaude. La décoction du quercitron est d'une couleur jaune brunâtre ; les alcalis la rendent plus foncée, et les acides plus claire. La solution d'alun n'en sépare qu'une petite portion de matière colorante, qui forme un précipité d'un jaune foncé : les disssolutions d'étain y produisent un précipité plus abondant et d'un jaune vif. Four teindre la laine en jaune , il suffit de faire bouillir le quercitron avec un poids égal d'alun; on introduit ensuite l'étoffe, en donnant d'abord la nuance la plus foncée, et en finissant par la couleur paille. On peut aviver ces couleurs en faisant passer l'étofife , au sortir du bain , dans une eau blanchie par un peu de craie lavée ; on obtient une couleur plus vive par le moyen de la dissolution d'étain. Le quercitron peut être substitué à la gaude pour les différentes nuances qu'on veut donner à la soie , qui doit être d^abord alunée : la dose est d'une à deux parties de quercitron pour une de soie. *

CaÊjs'£ fiOCŒ: Quercus Tulra^^ Linn. , Spec.^ 14^^) Mich.^

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