‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 35 sur 53 · CITE · texte numérisé non relu

CITE

■ Les tortues de Batavia sont peu estimées;' au rapport de €ook, celles de la rivière £ndeavour, à la Nouvelle-Hollande^ sont fort boxraes.

Elles ont une odeur musquée plus ou moins prononcée > sui* vant la saison où on les prend.

Il paroit aussi que, dans certaines circonstances, dans cer» tains parages, elles ont des qualités malfaisantes; lors du voyage du cômmodore Anson, en 1740, les £spagnt)ls et les Américains des côtes occidentales du Mexique, prés de Panama, en regardoient la chair comme venimeuse.

Mais dans les colonies européennes, aux Antilles , à rile-de»- France , on les reclierche beaucoup , et même à la Jamaïque ^ où on les conserve dans des parcs ; leur chair est mise en vente dans les boutiques à un moindre prix que celle du bœuf et fiii mouton.

C'est aussi de celte dernière île qu^on en envoie une grande quantité à Londres, où la soupe de tortue est un mets délicat, recherché des amateurs de la bonne chère , et des malades.

Tous les ans, plusieurs vaisseaux en vont prendre leur charge aux fies du Cap^Vert , et en salent pour les transporter en Amérique. Aujourd'hui rile«de-France tire les siennes des Séchelles.

La graisse de tortue peut encore faire de l'huile pour brûler. Une grosse tortue en fournit trente pintes et plus.

Selon Pline et Diodore de Sicile, certains peuples des bords de la mer Rouge employoient, en guise* de nacelles, des carapaces de grandes tortues, et d'autres en couvroient . leurs huttes. Les guerriers, dans les mêmes contrées , faisoieiit des boucliers avec les petites. Aujourd'hui, dans les colonies, ces carapaces servent à mettre l'eau pour les bestiaux , pour lavei* les enfans, etc.

Lorsque les tortues sont à terre , et qu'on veut s'en emparer , on les renverse sur le dos, soit avec les mains, soit , si elles sont trop lourdes et trop volumineuses, avec des pieux ou des leviers. On les laisse dans cette position plus ou moins de temps. Suivant le père Labat , on peut les conserver ainsi ert vie pendant quinze ou vingt jours , pourvu qu'on ait soin de les arroser d'eau de mer quatre ou cinq fois chaque jour i ce-* l^endant elles maigrissent beaucoup^

Au milieu de la mer, on péohe lei tortues en les harpon*' nant. Le lord Anson rapporte que, dans quelques parties de 1» mer du Sud , des plongeurs hardis s'enfoncent au-dessous d^eUes pendant leur sommeil, les saisissent par la partie postérieure de la carapace, et les soutiennent assez de temps sur Teau pour qu'on 'puisse les enlever dans un bateau.

Suivant Laborde , ancien médecin àCayenne, on prend les tortues avec un filet nommé foie , large de quinze à vingt pieds , et long de quarante à cinquante ; les mailles ont un pied de côté , et le fil a une ligne et demie d'épaisseur.

Enfin , une autre manière de pêcher les tortues , est de se servir d'un poisson du genre des échénéis. En 1809, lorsque M. H. SaltétoitàMozambique,révéqueluiayant fait présent d'un de ces poissons, tous les habitans l'assurèrent qu'on l'employoit en le fixant au bateau avec une corde , et qu'il s'attachoit par la tète au plastron de la première tortue qu'il rencontroit , avec tant de force qu'elle ne pouvoit s'échapper. Commerson a aussi rapporté quelque chose de seuiblable* Voyez, pour plus de détails , au mot EcuéNéis.

L'écaille des tortues franches est trop mince pour être employée avec les mêmes avantages que celle du caret.

Il est probable qu'il existe plusieurs variétés de la tortue franche ; mais les naturalistes ne les ont pa^ encore bien dis» tinguées, Daudin, par exemple, semble avoir établi sa tortue cépédienne sur un jeune individu de la tortue franche.

Le nom de mydas , par lequel Linnspus, le premier, a dé* signé en latin notre tortue franche, a été pris par lui dans Niphus. M. Schneider le croit corrompu àUfjijiiç.

La CHéLONÉB DU Japon : Cheloma japoniea ; Tesludo japoTiica , Thunberg , Schœpfif. Carapace aplatie , fortement carénée , noirâtre ; plaques vertébrales sur trois rangs ; plastron blanc ; tête triangulaire, à vertex déprimé et aplati.

Elle habite les lacs du Japon. Thunberg l'a décrite et figurée dans les Not^.AcL Suecica , VIII , pag. 178, tab. 7 , fig. lit

Le Caret : Chelonia imbricata ; Testudo imbriecUa ^ Linn. Carapace elliptique, carénée ; plaques du disque imbriquées, tachetées, au nombre de treize; ce|les du plastron au nombre de douze; le bec arqué, entier.

La carapace est foiblement sinuée en devant et plus étralte

tn arriére ; les écailles qui la recouvrent sont ëpai^es de deux ou quatre lignes, transparentes glisses et imbriquées avec leur bord postérieur, tranchant et entier dans les jeunes, ou sou* vent rongé dans les adultes. Les cinq écailles vertébrales sont: d'inégales dimensions et de fbrmes différentes ,. avec un^ saillie longitudinale un peu en dos d'àne. La première est trés»large et a quatre faces , dont Tantéiieure est plus grande et demicirculaire ; les trois suivantes sont hexagonale» , plus longues que larges; la cinquième est seulement pentagonale et prolongée postérieurement en pointe.

Les huit écailles latérales sont très-larges ; celles des extrémités sont quadrilatères , et les intermédiaires pentagonales : d'ailleurs, elles sont très4rrégulières, lisses, planes et imbri* quées postérieurement.

Les écailles marginales sont au nombre de vingt-cinq ; les postérieures seules sont imbriquées.

La couleur de toutes les écailles de la carapace est noire , avec des taches irréguliéres et transparentes plus ou moins roussâtres.

Le plastron est arrondi et un peu satHant en devant, alongé et obtus en arrière ; ses dou^ plaques sont très-larges , imbriquées , blanchâtres et coriaces.

Chacune des ailes qui joint le plastron à la carapace, est recouverte par quatre petites plaques carrées.

La tête est recouverte d'écaillés non entuilées.

L€8 mâchoires sont saillantes , et rinférieure est recourbée par en haut; ce qui a fait donner à l'animal, par les marins , le nom de hec-^^aucon.

Le cou , très-extensible , est revêtu d'une peau ridée.

Selon Bonnaterre et Schneider , il y a souvent quatre ongles véritables à chaque pied.

Le caret est assez commun près des îles etdes côtes de l'Anxérigue , sous la zone torride., Idans la mer AtUntique ; il préfère surtout les îles des Caïmans , et celles de la baie 4e Honduras , les côtes de la Yera-Crux dans le golfe du Mexique , le nord de la Jamaïque , les côtes de Guinée, et l'Océan indien.

Son volume est bien moins considérable que celui de la tortue franche ; rarement il pèse plus de deux cents livres.

Le caret se nourrit de Vherhe à tortue ^ de la mousse des ro-

chers qui crott sous Tcau , etc. Selon Catesby , il mange un lungus que les Américains appellent oreille de juif.

Sa chair est désagréable et malsaine. Suivant Dampier , entre lesSambales etPorto-Belo, elle purge violemment ceux qui en mangent. Labat dit qu'à la Martinique elle produit la fièvre , et fait naitre des clous par tout le corps. Ses œufs cependant sont excellens à manger.

Mais , si le caret ne nous offre aucun avantage sous le rap« port de sa chair , il mérite notre attention sous celui de cette écaille qui, dès les siècles les plus reculés , a servi à décorer les meubles et les palais des grands; seul , il la fournit à nos artisai^, qui savent en tirer un parti si avantageux , qui en font des boites , des étuis , des peignes , des manches de couteaux , ou d'autres instrumens tranchans, des garnitures de coffrets ou de miroirs , etc.

La dépouille d'un caret pèse ordinairement trois à quatre livres : rarement ce poids s'élève à sept ou huit livret; souvent il est au-dessous de quatre. ,

On détache les écailles de la carapace du caret en mettant du feu dessous ; elles se soulèvent d'elles-mêmes. Ces écailles varient pour la qualité. On. a remarqué que celles des carets mal nourris, étoient beaucoup moins belles. Leur teinte varie aussi : il y en a de fauves et transparentes , d'autres presque noires; le plus grand nombre est nuancé de noir, de roux et de fauve.

Cette matière est susceptible de prendre le plus beau poli : on lui donne la forme que Ton veut, en la comprimant à l'aide d'une presse sur des moules de fer dans l'eau chaude; on peut la souder. On la fond 'même de manière à en rassembler en une seule lame les fragme.ns , la ràpure , les rognures enlevées sur le tour, etc. ; mais cette écaille fondue est noire, -cassante , non transparente et moins facile à polir.

La CnéLONEE rayée; Chelonia virgata ^ puméril. (Bruce, Abyssin. j pL /^-j,) Carapace ovale, presque orbiculaire, ciirénée en dos d'àne, à plaques légèrement imbriquées, brunes, variées de jaune, au nombre de treize ; celles de la circonférence au nombre de vingt-quatre à vingt-six»

Des mers de la zone torride.

On en conserve x>lusicuis individus au Muséum de Taris.

La Caouank : Chetonîa caouana; Testado' catetta^ Lion. $ Testudo cephalô , Schneid. Carapace convexe , à quinze plaques dorsales, les vertébrales fortement carénées en arrière ; extrémité de la mâchoire supérieure en crochet ; pieds de devant plus longs et plus étroits que dans les espèces voisines , et conservant deux ongles plu» marqués. Douze plaques au plastron.

La carapace, d'un roux noirâtre, est terminée en poirite par

' derrière ; elle est tronquée au-dessus du cou j ses cinq plaques vertébrales sont toutes hexagonales et d'égale longueur; les latérales sont plus larges que longues; les deux premières sont plus petites , les intermédiaires plus grandes. Le tour de là carapace est composé de vingt-cinq plaques, presque 4outes carrées et à peu près d'égal volume.

Le plastron est ovale, alongé , plus étroit et plus saillant en

; arrière , entouré d'une carène , et un peu creusé dans son milieu. Ses. douze plaques sont coriaces et assez semblables à du parchemin épais. Il y a en outre deux petites plaques sons

• chaque bras, et' trois plaques sur chacune de ses ailes, qui

• sont larges et assez grandes. '

La tête est grosse, ovale, un peu alongée, couverte endessus d'une grande plaque bombée, entourée de douze pe- " tites écailles.

Le bec est saillant et analogue à celui du perroquet-

La queue, très-^courte , est à peine distincte.

Les pattes antérieures sont falciformes , alongées ; les pcte-

• térieures en spatule. '

Cette' chélonée avoît été confondue avec le caret par Linnœus, Daubenton et quelques autres naturalistes. M» de Lacépèdcy le premier, l'en a distinguée.

Elle est moins abondante et moins commune qite la tortue franche et que le caret. Elle vît dans plusieurs mers, et on en trouve dans la Méditerranée, sur les. côtes de Sardaignej près de Cagliari on en pêche quelquefois du poids de troist k quatre cents livres. Il y en a également dans diverses parties du golfe du Mexique , surles côtes de la Jamaïque, et même * plus au nord , vers la floride , suivant Catesby.

La caouane est très-vorace; elle montre aussi beaucoup de courage } elle se nourrit prmcîpaiement de coquaiaj^esy «mr-

tout de buccins , qu'elle peut très^facilement broyer , suivant Fauteur que nous venons de citer, à l'aide de ses robustes mâchoires.

Suivant Schœpff, on voit souvent attachées sur sa carapace des serpules, des balanes , et d'autres coquilles parasites.

La chair de la caouane est huileuse, rance, coriace et fortement musquée. Elle est peu recherchée ; ses œufs sont cependant fort bons. Elle fournit aussi une huile trés-fétide qui sert à brûler , à préparer les cuirs , et mètae à enduire les vaisseaux, parce qu'on prétend (j[ue sa mauvaise odeur en écarte les tarets.

Son écaille est trop >nince et trop irrégulière pour pouvoir

• être employée dans les arts.

Caouana est le nom quél'on donne vulgairement à l'animal

dont nous parlons , dans presque tous les pays où il se trouve.

M. de Lacépéde a fait connoître , sous le nom de na$icoriH,

une chélonée dfis mers de l'Amérique équatoriale , très-voi«

. aine; de la véritable caouane*

: Feu Daudin réunit aussi à la caouane 9 la tortue coffre de Catesby, la tortue à grosse tête deDampier, le testudo macro- - pus de Walbaum*

§"II. Carapace couverte d'une sorte de cuir; mâchoire supérieure p échancrée de chaque côté vers le bout;^ pieds sans ongles^

' Le Luth : Chdùnia ^oriacea ; Te$tudo lyr^f Shaw; Tes- ..tado coriaiieay hyotn.^ Carapace oUorigue, .creusée par de profonds sillons longitudinaux, réunis en arriére^ et couverte .. d'une sorte de cuir .brun.

• La jOarapaoe , convexe, :et arrondie dans son contour , ^st tellement prolongée postérieurement, remarque M., de Laoé-

t; ipède ^ que la pointe qu'elle forme semble constituer une se- . conde queue au»dessus de la véritable queue.

La téie et les pattes sont revêtues du même cuir que la ca- ' rapace.

M» dt Blainville vient de faire du luth Je type d'un nou- . .veau genre qu'il appelle Permocheus.' Voyez ce mot.

Cette chélonée n'habite que la mer Méditerranée ^ et peut-

' être l'Océan atlantique. Elle va po«dre d^^ le s^le «ur les

.cÀ^QB.de Barbarie, Elle acquiert deadiix»ei}siiHi« considérables.

Rondelet en a vu un individu long de cinq coudées , péché À Frontignan ; et Amoureux en a décrit un autre , long de cinq pieds cinq pouces , pris à Cette en 1779*

En 1729 , on en prit une de sept pieds un pouce vers l'embouchure de la Loire. M. de Lafont,.qui la décrivit alors, assure qu'elle fît entendre des hurlemens terribles quand on la tua; mais ce fait est bien loin de paroître vraisemblable t ou d'être assez constaté*

Les anciens Grecs connoîssoient fort bien cet animal : c'est avec sa carapace que 9 d'après les traditions conservées chez eux, l'on fit la première lyre. Aussi Tavoient- ils consacré à Mercure, inventeur de cet instrument- Cependant Pausanias (lib. VIII, chap. 23, Ô4) dit que les tortues employées à cet usage étoient celles des bois de l'Arcadie; et nous devons faire remarquer que Rondelet est le premier qui ait accordé au luth ce noble emploi ; en quoi il a été suivi par presque tousses successeurs. Voyez CaéLONiBNS. (H. C.)

CHÉLON{£NS.(£rp^to^) M. Brongniart , le premier , a donné ce nom à un ordre des reptiles qui comprend les animaux que Klein avoit désignés sous le nom collectif de Ustudinata , et Linliseussous celui de Usludo, M* de Lacépède lésa rangés parmi ses quadrupèdes ovipares à queue. MM« Duméril , Cuvier et Oppel ont adopté la classi6cation de M. Brongniart^ à peu de chose iprès , et imt employé le nom qu'il a proposé.

Le nom ehélomens est d'origine grecque : Aristote appelolt j^tXeifn la tortue de mer. . '

L'ordre des cfaélonienâ est très-naturel ; ses caractères généraux SQot les suivahs :

Corps court y ovaU^ bomhé, couvert d-tine carapace et d^uaplas^ tron; quatre pattes; point dé dents j poin^ de métamorphoses^

£n ne considérant que leurs esiractèrps extérieurs , les animaux de l'ordre des ehéloniens peuvent éire groupés en plusieurs genres que nous • aUons' faire connoître à l'aide d'un tableau synoptique.

S f mobiles, . , . ^ . «0,1 I / I ipius de trois:

, • 1 courte. . . .• EurDi.

bec tran- < , ^ .

, chant} crueac r'^'-^^"«"*- ^«*"^^"*

'9 1 postérieurs \ ua"i.,H '^ ^ l

-« \ «, «^«,u«- Jo I ipUteft, tton cornées CntLii^t,

•au nombre aef^. « ^"^ ',, 1 %. j rn

V trois att pins ^ carapace molle sur les bords. ïRioirrx.

, .. j^ j • I naecoire plate Cnrhontm.

M» Ojppel le^ a divisés d^abord simplement en âeuX gf&nAiii familles principales ; il a donné à Tune le nom de chelonii , à l'autre celui d^amidœ : la première n'est composée que du seul genre Chélonée j la seconde renferme les cinq autres^» {Die Ordnungen , Familien , «te. der Reptilien^ MUnchen , 1 8 1 1 « )

Linnsus avoit rangé tous les chéloniens dans un seul ffenre 9 celui des tortues ; Mi Bi^ongniart a indiqué la division de cet ordre en trois genres ( Bull, des Sciences , par la Société phil.) , auxquels M. Duméril a assigné des noms qui ont été adoptés depuis généralement 9 même par M. Brongniart ( Mémoire des Savans étrangers , pour l'Institut) ; ce sont ceux des Chélonécs ^ des Émydes et des ToatUES. Plus tard , d'autres genres ont encore été formés, savoir t le genre Chélyde, par M. Duméril;. celui des TaioNYX, par M. Geoffroy Saint-Hilaire $ et celui desCné- LYDRËs enfin , par M. Schweigger. Voyez ces mots ^ et Amydes.

A la vérité , on distinguera toujours , an premier coiip d'œil j tin chélonien de tout autre reptile 9 par le double -bouclier dans lequel son corps est enfermé, et qui ne laisse passer au dehors que sa tête , son cou , sa queue et ses quatre pieds. , Mais ne pourf oit'-on pas aussi , dans un premier examen peu attentif, trouver des rapports, à cause du test, qui le couvre, avec les phatagîns , les tatous , certains crustacés , etô. , et avec les oiiseaux , à cause de son espèce de bec , de la forme de son cou , de son mode de fécondation P D'un autre côté , si les ché« Ioniens se distinguent des ophidiens par la présence de mem*bres , par l'existence d'un seul pénis ; des sauriens , par leur carapace; des batraciens, parle défaut de métamorphoses, ils s'en rapprochent néanmoins dans certains points. Ainsi , Vem^'s longicollis de Shaw les lie aux premiers ; la chélydre serpen* tine aux seconds , par les crocodiles ; les chélydes et les trio^ nyx aux troisièmes , par les Crapauds à bouclier et les pipas. Il devient donc de la plus haute importance d^étudier leur organisation întérieiire , et d'établir avec celle-ci des points de comparaison propres à éclairer leur classiâc^tion.

i«** Organes de la locomotiQjt dans les chéloniens» La lenteur dès tortues est passée en proverbe. Leurs jpattes sont, en effet , si courtes et si éloignées de la ligne moyenne du corps , que , toutes les fois qu'elles marchent, leur ventre appuie à terre. Au restç , les chélonées et les émydes nagent fort bien.

Les piices principales de leur squelette , d'ailleurs, présentent des anodifications qu'on ne retrouve point dans les autres animaux vertébrés. Leurs vertèbres dorsales sont intimement soudées et réunies avec les côtes élargies; elles concourent à la formation d'un bouclier solide qui recouvre le corps en-dessus , et qu'on appelle la Carapace. (Voyez ce mot.) Leur sternum , composé assez ordinairement de neuf, pièces distinctes , est très-étendu , et forme au-dessous du corps un autre bouclier protecteur. Voyez Plastron.

. Dans le rachisdes cbéloniens^ les vertèbres du cou et de la queue sont donc les seules mobiles. Celles de la première de ces parties sont au nombre de sept t l'atlas n'est qu'-un simple tubercule, dont la portion annulaire est distincte ^ la facette articulaire , qui l'unit à l'axis , est une cavité glénoïde. L'axîa et Içs autres vertèbres cervicales ont , sur la face trachélienne de leur corps, une crête saillante et longitudinale ; leurs apo* physes articulaires sont très-prolongées en arrière : l'axis seul a une apophyse épineuse , qui se dirige en avant s dans 1» troisième vertèbre , ce n'est déjà plus qu'un simple tubercule. Constamment encore , la troisième et la quatrième vertèbre» offrent , sur les surfaces par lesquelles leur corps correspond à celui des vertèbres voisines , deux émînences arrondies, trèsfortes ; ce qui leur donne la facilité de se mouvoir eu deux sens opposés.

On compte cinq ou six vertèbres caudales ; elles sont mobiles les unes sur les autres; mais la queue, chez ces animaux , est presque inutile ; elle dirige seulement un peu les mouvemens de la natation chez les espèces qui vivent habituellement dans l'eau.

Il résulte de ce que nous venons de . dire , qu'une grande partie du squelette des ehéloaiens est tout-à-fait située à l'extérieur, de manière à être recouverte immédiatement parla peau ou par des écailles d^une nature particulière. Cette singulière disposition est cause quei'omoplate et tous les ^luscles des bras et du cou , au lieu d'être attachés sur les cf>te& et sur lerachis, comme dans les autres animaux, le s^nt au-dûssou«; il en est de même des os du bassin et de tous les nuiscles de la cuisse ; aussi une tortue peut-elle être appelée , à cet égard , un animaï retourné y comme le dit M. Cuvler.

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