‹ Dictionnaire des sciences naturelles: dans lequel on traite méthodiquement des différens êtresChapitre 32 sur 41 · Le pigeon culbutant · texte numérisé non relu

Le pigeon culbutant

12*'* Le pigeon tournant ou batteur.

Bufifon n'a pas cru, quelques nombreuses que fussent déjà les races qu'il signale, devoir passer sous silence cinq autres races, .qui peut- être ne sont que secondaires* Ce sont: i** le pigeon de Norwége , blanc comme la neige, patu^ huppé et assez gros; a."" le pigeon de Crète, qui a le bec très-court, les yeux entourés d'une large bande de peau oue^ le plumage bleuâtre, .etc.; 3** le pigeon frisé, et qui est tout blanc; 4**' le pigeon messager, assez semblable au pigeon turc; et SJ* le pigeon cavalier, qui provient du pigeon grossegorge et du pigeon messager*

. Ainsi l'illustre naturaliste françois adapte , avec peu de modification, la moitié des races de Willnghbj^ et rappelle encore cinq autres, mais en émettant des doutes à leur égard $ enfin il en propose trois nouvelles* /

Un des ornithologistes anglois avqatl la science doit le 4o« aS

plus, ne semble pas avoir avancé les connoissances acquises sur les pigeons domestiques. Latham les range dans la section de ses colombes à queue égale, immédiatement après la première espèce , le pigeon sauvage , columba asnas. II donne les deux premières places dans ses vingts variétés de l'espèce du pigeon domestique, au biset , columba livia^ et au pigeon de roche, columba rupicola. Les autres . variétés sont celles, à peu de chose près, admises par Brisson et Wil* lughby* Il rapproche aussi , dans la même variété , le pigeon paoB et le trembleur à quçue étroite ; et quoiqu'il fasse deux variétés du pigeon turc et du messager f il lui semble que celui* ci ne di>flrère pas beaucoup du précédent. {Systema omithologiœ. )

M. Temmihck ( Histoire naturelle générale des pigeons et dés gallinacés, Amsterdam, 181 3 } établit trois divisions dans la famille d'oiseaux désignés par les noms de colombes et de pigeons. Il range dans la première les colombars , parmi lesquels on ne connoît encore aucune espèce domestique.

Toutes les colombes vra.ies entrent dans la seconde division. Elles ont les caractères essentiels suivans : Bec mince et dont la pointe est plus ou moins renflée ; narines recouvertes d*une peau molle; tarse court, lisse, ou emplumé; ailes longues j queue carrée, étagée ou en forme de cône. Cette division est elle-même partagée en deux sections, diaprés la forme de la queue. Dans la première section sont réunies les colombes à queue carrée ou. légèrement étagée, et par conséquent nos pigeons d'Europe, sauvages ou domestiques.

M. Temminck pense avec Buffbn que c'est de la Colombe, Biset sauvage {Columba livia, Lath.),^ une des espèces qu'il ftdbnet, que descendent les pigeons de colombier et les races de volière, le pigeon domestique de$ naturalistes, la prétendue e^èce de pigeon romain , et le pigeon de roche ou rocherais.

Il distingue parmi tous ces oiseaux, dont Torigine ccmi* mune paroit être surtout le biset sauvage, plusieurs races. A* D*abord le Pigeon domestique, Columba domestica^ Lath.: on doit le croire le premier descendant du biset. Cet cifteau , qui offre beMcovp de variétés , sous le rapport de la couleur de 8oaplioai|p|p^ia partie inférieure du dos^blanche,

le bed brun, la membrane de la base du bec rougeàtre et comme saupoudrée de blanc; les pieds rouges, etc.

Viennent ensuite : B. le Pigeon romain , Columba hispanica , La(h», dont quelques individus sont ou patus ou buppés; C. le Pigeon Crosse- gorge j D. le Pigeon turc ou bagaoais; £• le Pigeon NONNAiN. M. Tèmminck veut que les Pigeons- co- Q0ILLE8 HOLLANDOis obtiennent place dans cette race, dont ils paroissent, selon lui, être originaires. F. Le PigeOn-cravate, Columba turbita, Lath. , lui semble constituer une race dis* tincte , et d'après les caractères de laquelle il ne peut soup« çooner qu'elle provienne du biset sauvage; car les pigeons à cravates ont le bec extrêmement court , gros , dur ; et en. outre , ils ne propagent que difficilement avec les autres pi* geons domestiques. G. Il en est de même du Pigeon^faon. L'bonorable naturaliste hollandois, en comptant les plumes de la queue de cet oiseau qui sont au nombre de trente» voit dans ce caractère de la race un trait qui Télpigne beaucoup du pigeon biset dont la queue a seulement quatorze^ pennes. Les pigeons trembleurs sont d'ailleurs de la race des pîgeon8*paons. H. Enfin , une dernière race comprend et le ï'iGEON culbutant, et le Pigeon tournant.

La troisième des divisions en lesquelles M. Tèmminck partage la grande .famille des oiseaux colombacés, est celle qu'il intitule Columbi-gallines. Il lui donne , comme essen* tiels, les caractères suivans : Bec long et menu; mandibule^ supérieure peu ou point renflée à son extrémité ; tarses longs et grêles; doigts entièrement séparés; ailes courtes, générar lement arrondies.

Un oiseau domestique est renfermé dans cette division, et c^est le motif qui me fait y arrêter un moment. Pigeon remarquable par sa grande taille, la couleur de sou plumage, l'aifgrette qu'il porte sur la tête^ le Colombi-galunb Goura, Co" lumbacoronala^ Lath., est apporté de Tile de Banda par les Hollanduis à Java, où il est très-commun, et de la en beaucoup d'autres lieuxé

M. Vieillot, dans un article du Nouveau Dictionnaire â^hi^ ioire naturelle, a placé les pigeons domestiques a la suite di^ pigeon biset ou de colombier (columè^.Uvia^ Var.) dans la première section du genre Pigeon» i»g yt j » |e»r«ctériséc par un

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bec droit, gréle, flexitle et renflé vers le boutj pai* des tarses courts f des ailes longues et pointues. Il a imité en cela Buffbn 9 et il rimite encore en adoptant ses douzes races pures. Mais il fait à'Ia plupart quelques additions, ou il expose sur plusieurs d'entre elles quelques remarques.

' Ainsi il pense que l'on doit ranger dans la race âes pigeons grosses 'gorges : i.* le pigeon lillois; 2.** le pigeon plongeur, et 3.**'le pigeon claquart.

A la race des mondains, M. Vieillot ajoute, i.* la nouvelle variété de pigeon, dite bâtarde, ou mieux hatave, parce que les premiers individus ont été apportés de Batavia; 2.* une variété , apportée de Berlin vers 1 808 , dont le plumage étoit d*un beau noir , avec un rang de poils blancs sur les ailes ; variété qui ne paroît pas avoir pu multiplier en France; 3.* le pigeon volant, qui tient beaucoup du biset, mais dont les yeux offrent un iris d'un blanc de perle; 4,^ le pigeon maurin, qui est tout noir^ avec la tête et le bout des ailes blancs^, etc.

Une variété curieuse , appelée pigeon paon de soie, est réunie à la troisième race pure de Buffbn. Les barbes des plumes de cet oiseau sont sans adhérences et retombent comme de la soie, ou pligtôt comme des fils de coton.

Enfin , une jolie variété , qui paroît avoir été produite en Angleterre, est venue augmenter la onzième race de Buffoo. Son nom anglots est TumhUr.

Mi Vieillot a fait d^s essais pour mélanger ces diverses races ou variétés. Il croit que deux caractères dominent dans ces mélanges, celui de la race et celui du mâle. On lui doit aussi quelques considérations sur les mœurs des pigeons dans lesquelles sont exposés plus' d*un motif pour ne pas adopter isans restriction le portrait séduisant que fait BuflTon de leur amour vif et constant.

§. II. Les pigeons domestiques n'offrent pas moins que les pigeons sauvages les signes caractéristiques de la tribu d'oiseaux qu^ls composent en commun.

Ils ont ie bec yoûié et comprimé latéralement ; les naiînet percées dans un large espace membraneux et couvertct d'une éeaille cartilagineuse qui forme un renflement à la base de la mandibule supérieure ; le sternum osseux , profondément tt doublement éehiaiaéi quatre doigts articulés sur !• tarse

k peu près à la même hauteur, et parfaitement, sëparésj la queue composée de douze pennes, etc. Mais il ne faut pas oublier surtout, qu'on leur attribue généralement un bec grêle, flexible, et dont la mandibi4e sup^ieure est plus ou moins renflée vers le bout.

Je dois sur ce point faire faire une remarque* Le bec du pigeon de volière est grêle , si on le compare au bec de cer* tains oiseaux carnassiers ou frugivores* 11 cessera de paroi tre tel , lorsqu'on fera attention d'une part à sa Iqngiicur, à son volume dans quelques variétés, par exemple le pigeon Mtard ou de Batavia ; et d'autre part à spn usage , car il n'est des^ tiné qu'à ramasser et saisir des graines. Il ne seroit pas non plus très- exact d'admettre avec quelques ornithologistes que ce bec est droit, car assurément deux variétés au moins ^es. pigeons de volière présentent une véritable courbure à leur bec. Cet organe est aussi fort court dans plusieurs variété^, et en mêm<e temps fbrt gros et presque conoïd^ au moins dans une race, le pigeon polonois.

Quelques détails anatomiques trouveront leur plaee ici^ et d'une manière utile. Ils rendront souvent compte, parleur simplcTapprochement, de la manière dont s'exécutent la plupart des fonctions des pigeons domestiques, de leurs moeurs, et nullement de Leur intelligence.

La peau du pigeon domestique n'a pas la même épaisseur dans toute son étendue : là, où des plumes nombreuses y sont insérées , elle est moins mince que dans les portions qui ne donnent pas naissance à des plumes, ou au moins qui ne donnent naissance qu'à un petit nombre.

Une disposition symétrique des plumes sur plusieurs parties du corps^ mérite également d'être remarquée. Implantées icomme sans ordre à la tête, à la partie supérieure du cou, au croupion, etc., on les voif ensuite affecter de former sur le corps des bandes plus ou moins larges, et, qu^ ici» s'éloignent les unes des autres, et là, se rapprochent et se confondent. Dans l'intervalle des deux bandes pectorales, la peau est lisse et privée de plumes.

C'est principaLement aux régions du corps où la peau porte des plumes en grand nombre, que s'accumule le plus de f raisse dans le tissu cellulaire sou^cutané. Il n'y a d'excep*-

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ition que pour la tête et les extrémités des itiembres. Lors- ' ue l'embonpoint commence à se développer au corps d'un oiseau y il se montre d*abord dans le tissu cellulaire situé sous les bandes de peau emplumées, et à leurs points de jonction. A la vérité , l'humeur graisseuse ne se dépose Jamais ou que très -rarement sous la peau des extrémités des ailes, et aux jambes; mais là on trouve la peau épaisse, et les tissus sous*jacfens sont pour l'ordinaire imprégnés d'une sérosité assez abondante et rosée. La graisse y est donc remplacée à quelques égards par un autre liquide et une certaine disposition organique. Ces diverses remarques np pourroientelles pas suggérer la question suivante,. L'accumulation de la graisse dans le tissu cellulaire qui correspond aux portions très^emplumées de la peau , auroit- elle une relation quelconque avec la production des plumes P Je n'ose croire qu'il fût raisonnable de ne voir dans les faits qui sont Toccasion de cette demande, qu'une simple coïncidence entre deux conditions de l'organisme.

Peut-être les considérations qui suivent, paroi Iront forti» fier ce doute. Lorsque dans la captivité, un oiseau, par exemple, une fauvette à tête noire» un tarin, etc., prennent un embonpoint considérable , leurs plumes deviennent tellement fines, 4ouces au toucher, soyeuses, que le vol est impossible, quand les grandes piennes des ailes ont elles-mêmes subi la même altération. Un tel phénomène tient-^il à la graisse sous-cutanée P Toujours il est certain que les mammifères et les oiseaux sauvages , lorsqu'ils jouissent de la santé la plus robuste , mais sans que beaucoup d'humeur grasse soit déposée dans leur tissu cellulaire, ont le pelage et les plumes dans un état qui a quelque chose de rude et de sec; des plumes et des poils soyeux ne peuvent donc pas dépendre seulement d'une bonne santé pour leur production , il fout une exubérance de graisse; mais lorsqu'elle a lieu, mammifères et oiseaux ne sont pas seulement pourvus de cet em* bonpoint si bien célébré par Boileau, chez les chanoines, la nature les enveloppe encore de la plus moelleuse hermine.

Puisque j'ai été amené à parler des plumes, et des plumes soyeuses, j'ajouterai quelques mots sur ce sujet. Les plumes joyeuses, luisantes, molles, sont l'efiet, selon toute appa-

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