‹ Dictionnaire des sciences naturelles: dans lequel on traite méthodiquement des différens êtresChapitre 33 sur 41 · PIG S · texte numérisé non relu

PIG S

rence/ d'une santé florissante- avec accumulatHin de graisse dans le tissu cellulaire. On rencontre aussi des oiseaux qui ont des plumes molles ,« impropres au vol, comme cotonneuses, sans aucun lustre; ces oiseaux là, sont dans un état qui rappelle la Condition organique des albinos.

Si on examine sur un oiseau sain , le pigeon par exemple , la manière dont les plumes sont ûxées chacune dans la cavité oblongue de la peau qui les reçoit; 1.** on observa que les unes sont arrêtées simplement par le collet de cette cavité, qui presse plus ou moins le tuyau de la plume ; et dans ce cas, que ce même tuyau resserré vers son extrémité , est fermé par une cloison membraneuse, alors la plume est devenue véritablement un corps étranger à l'animal. 2.** D'autres plumes sont retenues par l'adhésion d'une, membrane mince qui récouvre le tuyau , avec les parois de la cavité du derme, et déjà le -cylindre creux de ces plumes, diminué de calibre à son extrémité, y est clos encore par une cloison membraneuse. 3.*^ Toutes les autres plumes sont attachées par le pourtour du cylindre de leur tuyau à une portion de la surface de la cavité du derme, disposition comparable à l'union d'un placenta avec un ombilic. C'est alors que Ton rencontre les parois du cylindre plumacé plus ou moins flexible , et l'intérieur de ce même cylindre renfermant une pulpe moUe^ des liquides et des vaisseaux sanguins. Lorsqu'un jour je décrirai 4e8 phénomènes de la mue des pigeons, j'essaierai de 'donner une idée de la production des plumes.

Sous la peau, à la région pectorale, sur le sternum, d'ailleurs profondément et doublement échancré, sont étendus de chaque côté de la crête de ce même os, deux couches épaisses de chair musbnlaire, ou deux muscles puissans, agens principaux du mouvement en général de chacune des ailes. L'un et l'autre muscle s'attachent par un tendon à rbuméms, mais d'une manière diffiérentè; et ils sont composés de faisceaux musculaires assez distincts, même par la couleur. Il y a une disproportion très-grande de volume, entre les muscles qui servent aux mouvemens des ailes, et ceux qui sont destinés à mouvoir YsLp^^reiL osseux des membres pelviens. Aussi, les pigeons sont -ils peu aptes à marcher, à courir avec une certaine vitesse 1 et ce n'est qu'avec le se-

eours de ll^urs ailes qfu'ils peuvent accélérer ce ^enre de prô^ gression. Chez ceux d'entre ces oiseaux qui sont privés de la faculté de voler par Tune ou l'autre altération des plumes . itont j'ai parlé précédemment, on ne voit pas que les muscles des cuisses et des jambes aient sensiblemient un volume aug« mente; cej^endant ces pigeons courent très -bien, mais il m'a paru que les muscles pectoraux pouvoient avoir une épaisseur moindre. Le colombi-^galline goura, oiseau marcheur et a tarses longs, a l'appareil musculaire des membres pelviens probablement dans un état de développement plus parfait. - L'appareil osseux du pigeon ne présente l^s attributs d'une certaine force (pie dans les parties qui concourent au vol, surtout le sternum , les humérus, lesacrum« Les pigeons, couverts* de. plumes impuissantes pour le vol, ont les os de la cuisse et des jambes à peine plus forts que les individus doués de lai faculté de voler. Le goura , toutes choses égales d'ailleurs, à. sans doute les mêmes os plus volumineux ; il les a, proportion gardée, certainement plus longs.

Les os qui composent la cavité de la poitrine, ont de si étroites relations d'organisation avec les poumons , que je rappellerai maintenant la situation fixe de ces derniers sur la colonne vertébrale, et sur les deux rangées des côtes. Ces viscères sont d'ailleurs peu épais, mais larges, longs, et fort étendus ; ils ne sont pas enveloppés d'une membrane séreuse.

C'est a l'appareil' osseux du crâne qu'il fkut attribuer ^eu"^ lement la tête assez grosse, ronde, et présentant asslez dis^ tinotement trois bosses, des pigeons à bec court et gros, du polonois, du nonnain et du cravate. Les deux cavités orbir culaires, très -grand es, et ayant leur partie supérieure relevée et arrondie., forment deux de ces bosses; la troisième est due aux os de la partie postérieure du crâne, surtout i l'occipital, qui ont une épaisseur remarquable. On ne peut pas dire que ces oiseaux à tête grosse et ronde^ aient un enjoéphale plus volumineux que les autres pigeons, proportion gardée, pour le taille des individus. Néanmoins, les .grandes variétés du pigeon domestique, telles qu0 le pigeoa romain, le'batave, etc., n'ont pas, selon .toute apparence ,^ un encéphale aussi développé que les petites variétés, en ayant égard aux tailles respectives de ces divers oi^eaiiKt

De tous les organes des sens, ceux qui sont charges de là vue, offrent dans leur organisation les proportions d'étendue les plus considérables et probablement les plus en rapport avec la plus grande puissance possible d'action. Les cavités nasales viennent ensuite, puis celle des oreilles. La portioncornée du bec, et les plumes, transmettent peut-être des sensations par un tact beaucoup plus' susceptible qu'on ne l'imagine. La langue est entière, pointue, molle, médiocrement charnue, et néanmoins reçoit des vaisseaux sanguins et des cordons nerveux d'un certain calibre.

Avant de passer aux organes de l'appareil . digestif , - je dirai que le larynx inférieur est muni d'un seul muscle propre.

L'oesophage est long, fort dilatable; sa portioh musculairea peu d'épaisseur, et sa membrane muqueuse, mince eimolle, est parsemée ça et là de cryptes muqueux et blanchâtres. Il se continue avec le jabot, et à proprement parler ne feroit qu'un avec lui, si ce dernier ne présentoit quelques différences. Eu effet, le jabot a des parois un peu plus épaisses, et sa membrane muqueuse un aspect pulpeux et blanchâtre; elle renferme des cryptes muqueux en grand nombre, et d'autant plus apparens qu'ils sont situés plus prés de Festomac; la cavité du jabot offre aussi plusieurs sinus.. L'estomac ou le gésier, cbmposé principalement d'un muscle puissant^ tapissé d'une membrane robuste , blanchâtre , s'unit dans deux points très-rapprochés avec le jabot, qui se resserre en ce lieu et avec la première portion de l'intestin ; celui-ci a une longueur et une capacité médiocre; à la fin de l'iléon et sur un de ses cotés, est situé le premier appendice du cœcum ; l'autre se rencontre un peu plus loin et sur un autre côté. Ces appendices paroissent d'ailleurs varier d'étendue : en général, très «- courts , ils n'excèdent pas en longueur le quart du doigt. Galien est le premier qui ait annoncé que U vésicule du fiel manque chez les pigeons. La rate toujours très -petite, et de forme ronde, a son siège entre l'estomac et le foie. ( Aaistote. )

Quant aux organes de la reproduction, je rappellerai seulement que les testicules, toujours assez petits, sont attachés k la colonne vertébrale , de chaque côté , à Tendroit oà

finisseilt les poumons. Il en est de même ]pour les ovaires dans les femelles.

Peu de mots suffiront également pour exposer ce qu^il est utile d^avoir présent à la mémoire , touchant les vésicules aériennes, ordinairement au nombre de trois : la première existe sous Tos sternum, reçoit Tair des poumons par des ouvertures, et s^étend jusqu'à Testomac; en ce lieu, la seconde commence et c'est la plus petite; puis vient la troisième qui est la plus grande de toutes, et située à la partie antérieure du ventre; c'est également des poumons, m^ par un canal membraneux, qu'elle tient l'air qu'elle renferme.

§. III. Les pigeons et les tourterelles sont granivores ( A»istote). IlsmaAgent nos diverses graines céréales, le' sarrazin, le maïs, les pois, les lentilles, lés féveroles, les graines des baies de raisin, le chenevis^ l'alpiste, le millet, etc.; mais en domesticité , dans les volières , surtout la vesce. Cette dernière est k la fois leur nourriture la plus économique et la plus saine. Ils la digèrent très-bien ; si elle les incônunode quelquefois, c'est seulement dans certaines dispositions maladives. Au contraire, on a remarqué, i.^ que le blé, lorsque ces oiseaux sont enfermés dans une volière , les relâche beaucoup , peut leur donner un dévoiement dangereux , retarder la ponte des femelles, et rendre inféconds les œufs; d.° que les grains de raisin, dont ils sont friands, relèvent leurs forces et leur sont très-utiles en hiver; 3.^ que les- semences de l'alpiste et lé ckenevis sont un stimulant énergique pour eux; et même un échauffenient maladif, ou une irritation inflammatoire du tube digestif peuvent naître de l'usage un peu prolongé d'une pareille nourriture.

iTaprès les effets différens de chaque espèce de graines sur l'organisme des pigeons , on sera à même de juger quand on devra préférer celle-ci à celle-là, et corriger le» inconvéniens des unes par l'action opposée des autres. 11 n'est pas super- ;flu d'ajouter ici, que la vesce la meilleure est pesante, dure, d'un noir luisant et foncé, et qu'elle doit avoir au moins us an, et mieux deux ans. Lorsqu'elle est très-nouvelle et qu'elle est récoltée depuis moins d'un an , çUe peut troubler la santé dés pigeons, et surtout des jeunes pigeons, et amener un

déVoiement dangereux, mortel même, si Ton n'y apporté un vemèée prompt et presque sûr, le sel marin.

Mais les goûts , les appétits divers que montrent pour chaque espèce de substance alimentaire, les pigeons que Ton retient enfermés dans les volières, doivent engager à varier de temps en temps leur nourriture. La seule précaution à prendre est de leur laisser habituellement celle qui, d'après Texpérience, leur est le plus ordinairement salutaire ; on peut aussi les accoutumer, et cela est facile, à manger dé la mie de pain , de la pâtée préparée avec le pain , le son , et diverses matières végétales.

Plusieurs espèces de pigeons sauvages, soit par un goût naturel, soit par nécessité, mangent des insectes, divers petits coquillages. On ne voit pas le pigeon domestique les imiter dans Tusage de pareils alimens, s'il n'y est poussé par le besoin } mais on a pu en accoutumer k prendre habituellement de la viande hachée. Leur tube digestif ne paroit pas au rette diposé pour agir sur une semblable matière alimentaire; tout dans ce tube et dans se$ annexes annonce qu'il doit spécialement agir sur des substances végétales , sur des graines le plus ordinairement*

La laitue cultivée et très-tendre, et l'oseille son^ apeï recherchées par les pigeons; surtout les feuilles d'oseill^pasoissent leur être très-agréables. Ce sont pour eux moins un ali-> ment qu'une sorte d'assaisonnement. Il en est de même du seV marin.

Cette dernière substance ne sauroit être nutritive, mais elle est salutaire aux pigeons. Elle facilite leurs digestions, et devient souvent un véritable remède pour plusieurs de leurs maladies. Aussi a-t-elle pour eux un puissant attrait. Ces oiseaux eatreprennent de véritables voyages pour satisfaire leur goût le plus vif. On les voit prendre leur vol pour aller, quelquefois jusqu'à six lieues de leur demeure, gagner les b^ords de la mer; là, ils cherchent du sel dans les falaises, et pendant des heures entières ils sont uniquement occupés à becqueter les détritus des matières nombreuses et variées qui ;> eu vent en offrir des efflorescences. Lçs fontaines d'eau salée qui existent dans plusieurs pays, sont également visi<» téeS) comme les rivages de la mer, par les pigeons des contrée»

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