‹ Dictionnaire des sciences naturelles: dans lequel on traite méthodiquement des différens êtresChapitre 4 sur 41 · TOME XL · texte numérisé non relu

TOME XL

PHOR-PIM.

6 PHO

an , des pieds en pleine terre. «Cest au printemps qu*on les sépare par éclatement ; pourvu qu'ils aient trois ou quatre fibrilles de racines, ils reprennent sans difficulté.

Les naturels de la Nouvelle-Zélande emploient un moyen très-lent et fort fatigant pour isoler les fibres des feuilles du phormium : ils raclent ces feuilles des deux côtés avec une coquille de manière à enlever leur épiderme et une partie de leur tissu cellulaire; ensuite ils la divisent en lanières, qu^ils tordent et battent dans l'eau pendant long-tomps pour enlever le reste du tissu cellulaire. Ces procédés seroient trop coûteux en Europe pour y être mis en usage. M* de Faujasa cherché à les suppléer par une opération chimique, qui lui a très-bien réussie.

« Le décreusage de la soie , dit-il , dont le but est de dé^ « barrasser ce tissu précieux d'une substance gommo-rési- « neuse, qui voile son éclat et ternit sa blancheur, m'a sug« « géré l'idée très-simple et très-naturelle d'appliquer la même « opération au phormium. Voici comme je m'y suis pris : on « recueille à la fin du mois de Septembre 9 époque où la « plante est d'une belle venue, vingt -cinq livres pesant des « plus belles feuilles, qui ne soient point tachées; on en « forme une botte ou deux , qu'on laisse en tas dans un rez-* « de-chaussée à l'ombre pendant huit à dix jours, sans y toute cher. Ce terme expiré (il peut être prolongé de plusieurs 4t jours encore), on prend chaque feuille une à une, on la « coupe longitudinalement en deux, en la fendant par le « milieu , soit par le bas ou par le haut , avec la pointe d'un « couteau , et ensuite , en la déchirant avec la main , elle se « sépare facilement. On divise de la même manière chaque « feuille en quatre rubans ou lanières dans toute leur Ion- 4c gueur,.pour les arranger ensuite en petits faisceaux comte posés d'une quarantaine de lanières, disposées dans leur te sens naturel, c'est-i-d ire, les pointes du côté des pointes | te et les bases du côté des bases ; on les lie fortement vers le te haut avec de petites cordes ou ficelles. Cette ligature, qui te est faite pour les réunir et les fixer, ne doit occuper qu'un « demi-pouce de largeur au plus. ^

te Tous les faisceaux ainsi disposés seront placés avec ordre « dans une chaudière oblongue , de grandeur proportionnée

PHO 7

« i la quantité de feuilles qu'on veut expérimenter : on rem»

« plit ensuite la chaudière d'une eaù dans laquelle on a fait

« dissoudre trois livres de savon coupé en morceaux, pour

« chaque vingt-cinq livres pesant de feuilles réduites en la*

^ niéres et réunies par paquets , ainsi que nous Tavons dit. Il

« faut fixer ces feuilles, soit par un corps pesant , soit par des

« bois placés en travers dans la chaudière ,:afin que le^ plantes

« soient bien submergées, et ne fassent pas d'être mouillées.^

« On peut employer les savons de Marseille , les savons de

« Suisse , ceux de graines^ et même les savons verts en partit

« Uquides; on met seulement une demi-livre de plus de ce

« dernier. La chaudière doit être tenue en ébuUition pendant

« cinq heures ; la Hqueitr étant ensuite refroidie , de manière

« i pouvoir facilement en supporter la chaleur, on prend un

« faisceau avec la main gauche par le haut , c'est-à-dire par

«: la partie liée , et l'on serre avec la main droite , en la pro-

« menant de haut en bas , les lanières, pour en exprimer et

« en détacher la partie mucilagineu^, qui s'enlève facile«

« ment alors. On continué de même, et on achève ensuite

« de les nettoyer en les lavant dans une eau courante , avec

« l'attention de ne pas embrouiller les fils et de les conserver

« dans toute leur longueur , autant que lu chose est possible.

« La belle filasse qu'on obtient die cette manière, est séchée

« à l'ombre et peut être employée alors à faire d'excellens

m cordages. Ainsi les fibres du phormtum , à l'avantage de la

« force , joignent une éclatante blancheur et un coup d'œil

« satiné, qui les rendront d'un emploi bien moins dispen*

« dieux dans la fabrication des toiles, puisque ces toiles n'exi-

« gèrent pas l'opération du blanchissage, opération ' si coû«

c teuse , et qui afibiblit encore si considérablement les fibres

« du chanvre ou du lin qui les composent. Peut-être les

« toiles qu'on en fera seront- elles inférieures en finesse 4

« celles de chanvre, et encore plus à celles de liia, mais

« elles seront moins coûteuses et plus durables ; les plus grands

« avantages sont particulièrement pour la marine. ^^ (Poia.)

PHORULITHE. {ConchyL) Nom spécifique, donné par Denys de Montfort à la. coquille, dont il a formé son genre Pnoans. (Desm*) -.

FHORUS. (CoRchj'^)Nom latin du genre Frippier, établi

8 PHO

par Denys de Montfort avec le trochus agglutinant , vulgairelùent la frippière. (Db B.)

PHOâ, Phos, {ConchyL) Genre de coquilles établi par Denys de Mootfort (Conchyl. syst., t. 2 , page 493) pour une çyM|uille du genre Murex de Linné et de M. de Lamarck , ^lii a le tube très- court, au point que quelques auteurs en font un buccin, et qui, en outre, a une sorte de pli oblique k la fin de la columelle et la fente ombilicale ouverte : c^est le murex senlicosuSf Linné j le Rocher lime de M. de Lamarck. Denys de Montfort le nomme P. chardon , P« sentieosus* Voyez Rocher. (DeB.)

PHOSGÈNE. (Chim.) Nom donné à l'acide chloro-oxicarbor nique, parce qu^on l'obtient en exposant au soleil un mélange de volumes égaux de chlore et d'oxide de carbone. (Ch.)

PHOSPHATES. (Chim.) Combinaisons salines de Pacide phosphorique et des bases salifiables.

Composition*

Elle est assez difficile à établir; cependant on peut admettre :

i«^ D'après les expériences de M. Dulong et de M. Berze« lius, quç dans les phosphates neutres l'oxigéne de l'acide étant 5 , celui de la base est 2; et que dans les phosphures k proportions constantes préparés par le procédé de M. Dulong, si la base peut former un protoxide capable de saturer les acides , le phosphore est au métal dans la proportion nécessaire pour faire un phosphate de protoxide neutre.

2/* D'après les expériences de M. Berzelius , que le phosphate, de. chaux contient un peu plus de base que la combinaison neutre devroii en contenir, si on l'étahlissbit d'après l'analyse des phosphates neutres de baryte , de soude et de protoxide d^ plomb.

S.*" D'après les expériences de M. Berzelius , qu'il existe des sous-phosphates qui contiennent une fois et demie plus de base que les phosphates neutres (je les désignerai par l'expression de sesqui- sous -phosphate); qu'il en existe qui en contiennent deux fois plus..

4.** D'après les expériences de Berzelius, qu'il existe des surphosphates qui contiennent une fois et demie plus d'acide

PHO 9

que le^ phosphates neutres (je les désignerai par Texpression de sesqui-phosphates) j qu'il en existe d'autres qui en contiennent deux fois plus.

Action du feu.

Excepté le phosphate d'ammoniaque ,. dont la base est vo« latile , tous les phosphates neutres sont indécomposables par la chaleur j et s'il est vrai , conun^e on l'a dit y que quelques surphosphates perdent leur excès d'acide par l'action du feu, on peut dire que, pour que cet effet soit produit, il faut une température très-élevée.

Aciiàn de l'eau.

Parmi les phosphates neutres , il n'y a que les phosphates de potasse, de soude et d'ammoniaque qui soient trés-solubles : le phosphate de magnésie l'est un peu ; la plupart des phosphatés insolubles sont dissous par un excès de leur acide.

Action du charbon^

En général les phosphates neutres métalliques tendent i donner un phôsphure ou un sous-phosphure quand on les chauffe avec du charbon, et les sur- phosphates métalliques tendent en outre à donner du phosphore, lequel provient pour la plus grande partie de Tacide en excès.

' PHOSPHATE d'alumine.

Benelias.

Acide... ^ly^l

Alumine 52,43.

On le. prépare en précipitant le sulfate d'alumine par le phosphate d'ammoniaque.

Ce sel est insoluble dans l'eau ; il est dissous par l'eau de potasse.

Il se fond en verre transparent.

Sous •'PHOSPHATE d'alUMINE.

Berzelius.

Acide 5i,o6...... 40,59

Alumine... ... 48,94 38,96

Eau....« • •• • • •••, 20,46.

>o PHO

M. BeRelîus a trouvé ce sel dans la wa\^ellite , oii il est mélangé avec quelques centièmes de phthorure d*aluminiuni et d'oxides de fer , de manganèse et de calcium.

11 a exposé au feu i^uge, pendant une demi-heure, 200 p. de wawellite, i5o parties de cristal de roche et 600 parties de sons-carbonate de soude* Il a fait digérer la masse pendant vingt- quatre heures avec de l'eau.

L'eau a dissous du phosphate de soude et de la soude retenant un peu de silice.

Le résidu étoit formé d'alumine , d'oxides de fer , de manganèse et de calcium, et de la majeure partie de la silice.

Phosphate d'ammoniaque.

Beraelias.

Acide ^7970* f • . • • 67,55

Ammoniaque 27,76... ... 62,47

Eau • ..•14,55.

On le prépare en unissant l'acide phosphorique , étendu d'eau , à .Fammomaque , également étendue ; on mêle un léger excès d'ammoniaque et on fait évaporer à une trèsdouce chaleur ; ou bien encore on neutralise le phosphate acide de chaux par l'ammoniaque ou le sous-carbonate d'ammoniaque. Dans ce cas on sépare par la filtra tion un précipité de phosphate de chaux.

Il cristallise en tables hexagonales ou en prismes à quatre pans, terminés par àt^ pyramides à quatre faces. On a encore indiqué des cristaux de forme octaédrique. *

Sa saveur est fraîche , salée et piquante.

Il n'est ni déliquescent , ni efflorescent.

Il exige 4 parties d'eau à i5^,5 pour se dissoudre.

Les acides sulfurîque , nitrique et hydrochlorique paroissent le réduire en bi-phosphate.

La potasse, la soude en chassent l'ammoniaque ; la chaux, la baryte , la strontiane précipitent l'acide de sa solution aqueuse.

1 II ne teroit pat impossible que ces formes, ou quelques-unes seulement, appartinssent au sous -phosphate; car Berzelius dit que le phosphate cristallise difficilement, tandis que le sons- phosphate cristallise aisément.

Au feu, il donne de Teau et de Tammoniaque ; mais, quoi qu^on en ait dit , il n^est pas possible d^en chasser assez exactement cette dernière, pour qu^on puisse indiquer la calcination du phosphate d'anrmoniaque comme un moyen de préparer Tacide pho8phoriqu*e.

11 n'est paa- aussi facile à décomposer par le charbon que Test Tacide en excès du sur -phosphate- de chaux.

Rouelle , Lavoisier et Vauquelin sont les ehimistes qui nous ont fait connoitre ce sel.

Bl-PHOSPHATE d'ammoniaque.

Berzelius.

Acide ••• 80961 ,^7)00

Ammoniaque ^^9^3 16,11

Eau 16,89.

Ce sel ne cristallise pas ou que très- difficilement, suivant Berzelius.

Sous -PHOSPHATE o' AMMONIAQUE.

Berzelîns*

Acide âd,09i

Ammoniaque 41991*

Suivant ce chimiste, il contient 1'/, fois la quantité de base contenue dans le phosphate neutre.

Phosphate d'argent.

Berzeliut. *

Acide ••...; 23, 5i

Oxide d'argent • • . . . 76,49.

Telle est la composition tliéorique du phosphate d'argent neutre, mais il paroi t qu'on n'a point encore obtenu ce composé; car, d'après M. Berzelius, le phosphate d'argent jaune qui se produit, lorsqu'on mêle des solutions de nitrate d'argent et de phosphate de soude cristallisé, est un sous-phosphate contenant i'/^ fois autant de base que le phosphate neutre, c'est-à-dire qu'il est formé de

Acide. ••• • ;. 17,01

Oxide d'argent 82,99.

Conformément à ce résultat, on observe que la liqueur d'où il s'est séparé, est acide, quoiqu'on ait employé des solutions neutres.

» PHO

Le sous -phosphate d'argent ne contient pas d*eau; il se fond au feu en une substance semblable au chlorure d'argent fondu.

Lorsqu'on met ce phosphate encore frais avec l'acide phosphorique aqueux, une portion est dissoute. La liqueur est jaune ; elle dépose de petits grains jaunes cristallisés par l'évaporation , qui ont paru à M. Berzelius être du sous* phosphate. Quant au liquide acide , il a donné , par l'évaporation spontanée , de petits cristaux plumiformes blancs , qui, sont devenus jaunes par le contact de l'eau , qui , en leur enlevant de l'acide, les a convertis en sous-phosphate.

. FhoÎsphate de baryte.

Bicrzelias.

Acide .3i,8o

Baryte 68,20.

On le prépare en précipitant de l'hydrochlorale de baryte par le phosphate d'ammoniaque. Il ne faut pas employer le nitrate de baryte, parce qu'il se forme alors un sel double de nitrate et de phosphate de baryte.

Il est en poudre blanche insipide. Hassenfratz lui assigne i^38iS7 pour densité. .

Il se fond en émail.

Il est insoluble dans l'eau.

Il est soluble dans l'eau acidulée d'acide hydrochlorique , d'acide nitrique, d'acide phosphorique.

Il est complètement décomposé jpàr l'acide sulfurique, surtout si on a pris la précaution de le dissoudre préalablement dans l'acide nitrique.

Bl- PHOSPHATE DE BARYTE.

Berzelius.

Acide 48,3.5 • 43,02

Baryte 5i,75 46914

Eau 10,84.

On prépare ce sel, suivant M. Berzelius^ qui l'a fait connoitre, en étendant l'acide phosphorique concret ou siru* peux dans six fois son poids d'eau , saturant ce liquide de phosphate de baryte récemment précipité : filtrant et faisant évaporer lentement la liqueur : on obtient par ce moyea

PHO »5

des cristaux de bi- phosphate, qu^on fait ëgoutter dans utt entonnoir et qu^on soumet ensuite à la pression entre du papier Joseph, jusqu'à ce ou'il ne les mouille plus. Si Ton prend les eaux- mères de ces cristaux et qu'on les fasse cristalliser jusqu'à ce qu'elles ne donnent plus de cristaux , il Teste de l'acide phosphorique pur.

Ce sel crîstallise comme l'hydro chlorate de baryte ; il a vne légère saveur acide et est inaltérable à l'air.

Il rougit le papier de tournesol.

Chaufré au feu, il se boursoufle en perdant son eau , et laisse une masse blanche poreuse semblable à Falun calciné.

L'eau bouillante le décompose; l'excès d'acide le dissout avec une portion de phosphate , mais la plus grande partie de la baryte reste indissoute à l'état de phosphate neutre.

SeSQUI- PHOSPHATE DE BARYTE.

Berzelius.

Acide 38,33

Baryte . • 6 1 ,67.

M. Berzelius a obtenu ce sel , qui contient 1 % fois plus d'acide que le phosphate neutre , en précipitant la solution du bi- phosphate par l'alcool et en lavant le précipité avec ce liquide.

Comme le précédent , l'eau bouillante lui enlève son excès d'acide.

Remarque, M. Berzelius , dans son Mémoire sur les phosphates, n'admet que ces trois espèces, et dit qu'il n'a pu obtenir de sous-phosphate de baryte. Cependant, dans sa Théorie des proportions chimiques, il donne les proportions de deux sous -phosphates, dont l'un contient i/^ et l'autre i)^ plus de base que le phosphate neutre.

Phosphate de bismuth.

Berzelius.

Acide .3 1,1 3

Oxide de bismuth. ........ • 68,87.

Phosphate de chaux.

La détermination des proportions 'suivant lesquelles l'acide phosphorique s'unit à la chaux , présente de grandes diffi-

14 PHO

cultes, si ce n'est pas dans les procédés analytiques, c'est dans le mode de préparer des phosphates de chaux d'une composition constante.

Le phosphate de chaux neutre doit être formé , d'après M. Berzelius, de

Acide. •...• 55,62 •'••... 100 Chaux 44)38 79979*

Mais ce savant, ayant voulu préparer ce sel en mettant une solution de phosphate de soude cristallisé dans une solution d'hydrochlorate de chaux neutre , remarqua les faits suivans :

La liqueur séparée du précipité étoit acide.

Le précipité avoit l'aspect cristallin ; au moyen du micros- ' cope on voyoit qu'il étoit formé d'une multitude de petits cristaux fibreux , dont les extrémités étoient divisées en trois ou quatre fibres plus fines. M. Berzelius détermina la propor^ tion des principes immédiats de ce composé, de la manière suivante.

(a) En le faisant chauffer au rouge dans une cornue , il en sépara de l'eau pure.

{h) En dissolvant le résidu dans l'acide hydrochlorique , étendant d'alcool la dissolution jusqu'à ce qu'un précipité commençât à paroitre , y versant un mélange d'alcool et d'acide sulfurique aussi long-temps qu'il se formât un précipité , il obtint la chaux à l'état de sulfate , et trouva le sel formé de

Acide.. 4i,85o' .... 100

Chaux. . 35,475 .... 84,77

£au...% 22,675. L'eau contient 2 fois l'oxigène de la chaux.

100,000 D'après cela on voit que le phosphate de chaux contient un peu plus de base qu'il devroit en contenir d'après la théorie»

Sous -PHOSPHATE DE CHAUX DES OS.

Berzelius.

Acide.... 48,4^ •••• 100 Chaux •• . 5 1,55 .... 106,4

1 Cette analjse se rapproche de celle d'Eckeberg :

Acide 39

Chaai 36

Jfiau ^.. 25.

PHO i5

, La quantité de filiaux est i % plus grande que d^ns le phoa^ phate neutre*

M* Berzelius a vu que le phosphate de chaux , préparé de la manière suivante , est identique au sous-phosphate des os.

On verse de l'hydrochlorate de chaux dans un excès de phosphate de soude , afin qu'il ne se développe pas d'acidité dans la liqueur; on fait digérer le précipité avec Texcès du phosphate de soude.

Le phosphate de chaux , ainsi préparé , est gélatineux , et conséquemment non cristallisé; après avoir été séché ^ M* Ber-* lelius a trouvé qu'il est formé de

Acide •••• 48,45 •••• 100

Chaux* ... 5 1,55 •••• 106,4, et d'une quantité d'eau dont l'oxigène est la moitié de celui de la chaux.

Ce sél , dissous d^ns l'acide hydrochlorique, et précipité ensuite par l'ammoniaque en excès, présente la même composition qu'avant sa dissolution. Il en est de même quand, au lieu de laver avec de l'eau pure , le sel précipité de nouveau 9 on le lave avec de l'ammoniaque.

Propriétés.

Ce sel desséché est en poudre blanche , insipide , inodore*

Au feu , il se fond en émail sans s'ahérer.

Il est insoluble dans l'eau.

Il est dissous par les acides nitrique, hydrochlorique , et en général par les acides qui forment des sels solubles avec la chaux. L'ammoniaque, versée dans ces dissolutions, en précipite le sous-phosphate ; il ne reste dans la liqueur que des atomes de ce même sel , qu'on peut en séparer en faisant évaporer le liquide.

L'acide phosphorique dissout le phosphate de chaux et forme un sursel.

L'acide sulfurique concentré , mis avec son poids de phosphate de chaux , le décompose en totalité. La décomposition est plus facile, si l'on mêle la solution de sous- phosphate dans l'acide hydrochlorique avec une. solution alcoolique d'acide sulfurique. (Voyez plus haut.)

Si on emploie de a à 3 parties d'acide sulfurique concentré

«6 PHO

et 4 p. de phosphate , et si on lessive la nuise avec de l'eau , on sépare du sulfate de chaux et on obtient une liqueur qui, érapof ée , donne un surphosphate de chaux qui cristallise en paillettes , et qui a été décrit par MM. Fourcroy et Vau« quelin.

Le sous- phosphate de chaux, chàufifé avec deux fois son poids de charbon à une très- haute température , perd une portion de son acide , laquelle est probablement réduite", par le charbon , en oxide de carbone et en phosphore , suivant rexpérience de M. Th. de Saussure.

La potasse et la soude ne décomposent pas le sous-phosphate de chaux desséché; mais, lorsque celui-ci est gélatineux , cet alcalis dissolvent et de Tacide phosphorique et de la chaux , suivant un rapport qui n'a pas été déterminé*

Le sous -phosphate de chaux dont nous venons de parler, est la partie essentielle des os. 11 est probable qu'il se trouve dans les végétaux.

Il sert à la préparation du phosphore.

Sous -PHOSPHATE DE CHAUX FOSSILE CRlSTALLIsé*

( Apatite , pierre d^ asperge. ) Rlaproth. Berzelius. ^

Acide* .. . loo .... 4^9^^ .«•• 100 Chaux... 116, iS .... 54,48 .... 133,].

L'acide sature donc 1 y, fois plus de base que dans le phosphate neutre.

Quant aux propriétés physiques de ce sel , voyes Tarticle Chaux phosphatée, tom. VIII, pag. 334.

Sua- PHOSPHATE DE CHAUX*

MM. Fourcroy et Vauquelin ont obtenu , en traitant les os calcinés par les trois quarts de leur poids d'acide sulfurique concentré, ajoutant de l'eau à la masse, puis en la lessivant et faisant évaporer doucement le lavage , un sel acide cristallisé en paillettes nacrées , doué des propriétés suivantes.

Ce sel a une légère saveur acide.

Il s'humecte légèrement par son exposition dans une atmosphère humide.

II se fond au feu en verre transparent, sur lequel l'eau n'a

pas d^Éfition seiiftH>le> au moins pendant lin contact de plu* lîeurs heures. Selon MM. Fourcroy et Vauquelin , ce résultat est tout simple*, parce qu'ils pensent que la chaleur est ca* pable de volatiliser Pexcès d'acide du sUr-phosphate de chaux.

Suivant les mêmes chimistes , il est dissous par l'eau sans éprouver d'altération. Suivant Berthollet , au contraire , il se réduit en phosphate plus acide y soluble , et en phosphate moins acide , insoluble.

Suivant les premiers chimistes, le soUs-carbonate d'ammo-* Iliaque précipite du sous-phosphate de la solution du sur-phos^ phate , et non du sous-carbonate de chaux ^ comme fierthollet •ta. prétendu.

Le sur-phosphate de chaux peut être eutièrement décom-posé par l'acide sulfuriqUe ; et, suivaiit Mé Gay-Lussac , par l'a-» cide oxalique» Pour obtenir ce dernier résultat^ il faut mélei* au sur-phosphate épaissi de Facide oxalique ^ et traiter le mé* lange par ^alcoo^^ qui dissout l'acide phosphorique et l'acide oxalique en excès : il reste de l'oxalate de cha\ix«

Le sur -phosphate de chaux ^ chauffé avec du charbon au rouge blanc dans une cornue de grés , est réduti en sous^ phosphate 9 en phosphore qui se volatilise $ en. cadgènt qui 6e dégage à l'état d'oxide de carbone.

Le sur- phosphate de chaux a été trouvé dans des calculs urinaires par MM. Fourcroy et Vauqueb'n«

Remarquée

M4 Berzelius a cherche à dëtefminér la Cbinpo^îtidn du* sur^ phosphate de chaux^ mais il n'est arrivé à aucun résultat positif: il attribue le peu de succès de ses recherches à ce qu'il n'a point obtenu de sur-phosphate cristallisé* Il est malheureux que cet habile chimiste n'ait pas connu Iesur-phos« phate décrit par MM. Fourcroy et Vauquelin j car il l'auroit certainement obtenu ^ en suivant le procédé des chimistes françois.

M. Berzelius^ en précipitant par de l'alcool Une dissolution saline de phosphate de chaux dans l'acide phorique étendu '■ ^

«obtenu un sur-phosphate qui lui a donné une quantité d'à-»

I ProTenant jdu pliosphau cl'ainnionia(|ue clëcompo$é par ic fetf^ 4o« fl

»8 PHO

cidç non pas double de celle du phosphate neutre de chaux , mais double de celle du sous- phosphate de chaux des os^ ^est-À-dire,

Acide phosphorique . • • • loo Chaux ....• 53,2.

M. Berzelius a remarqué que Facide phosphorîque sur« taturé de phosphate de chaux , est représenté par

Acide loo

Chaux 49.

n a vu que cette solution, chauffée, se réduit en phosphate de chaux neutre, qui se précipite, et en un sur- phosphate •oluble , formé de

Acide 100

Chaux * . • 4 • 3o.

Phosphate de cobalt.

BtflMlÎQt.

Acide 4^,75

Protoxide de cobalt. ..... 5i,a5.

On prépare ce sel en versant du phosphate de soude dans du nitrate ou de T hydrochlorate de cobalt.

Ce phosphate est rose , parce qu'il contient de Teau ; mais en la perdant par Faction de la chaleur, il passe au bleu.

C'est sur cette propriété qu*est fondé la fabrication du blex de Thénard, Nous allons la décrire d'après ce célèbre chimiste.

« -On traite y dit M. Thénard, à Taide de la chaleur, la « mine de cobalt de Tunaberg grillée, par un excès d'acide « nitrique foiblc; on fait évaporer la dissolution presque « jusqu'à siccité; on fait chauffer le résidu avec de Teau; « on filtre la liqueur pour en séparer une certaine quantité « d'arseniate de fer, qui se dépose : alors on y verse une « dissolution de tous- phosphate de soude, et Ton obtient K un précipité violet de sous -phosphate de cobalt. Ce pré-' « cipité étant lavé, rassemblé sur un filtre et en«'ore en « gelée, on en prend une partie, que l'on mêle, le plus « exactement possible , avec huit parties d'hydrate d'alu- « mine ou d'alumine en gelée. On reconnottra que le mé* k lange sera bien fait, lorsqu'il sera également coloré, ou

PHO • if

« qu'on n'y apeMevra plus de petits points de phosphate ^ isolé : dans cet état, on le fera sécher à Tétuve ou sur <( un fourneau, et lorsqu^il sera assez sec pour être cassant ^ fT on le calcinera dans un creuset de terre ordinaire. A cet c effet, on remplira le creuset de matière; on le recouvrira « de son couvercle; on le chauffera peu à peu, jusqu'auc dessus du rouge-cerise , et on le tiendra exposé à ce degré t de chaleur pendant une demi-heure ; on retirera le creu- (t set, et l'on y trouvera une belle couleur bleue, qu'on ^ conservera dans un flacon. L'opération réussira conStainc ment, si on a le soin d'employer un suffisant excès d'am- « moniaque pour préparer l'alumine, de la laver à plusieum « reprises avec des eaux très -limpides, par exemple filtrées « au charbon.

« Le phosphate de cobalt peut être remplacé, dans la t préparation de cette couleur, par l'arseniate de cobalt : <r seulement , au lieu d'employer une partie d'arseniate sur « huit d'alumine, il ne faudra en employer qu'une demi- « partie. On obtiendra d'ailleurs ce sel de même que le t phosphate, c'est-à-dire, en versant dans la solution de t cobalt, préparée comme nous venons de le dire, une « dissolution d'arseniate de potasse.

« En mêlant intimement et en proportions convenables, « de Talumine en gelée on de l'alun à hsisc d'ammoniaque < avec une solution de nitrate de cobalt, desséchant et cal-* c cinant le mélange , il se produit encore une couleur bleue , t analogue à la précédente : ce qui tend à prouver que cette « couleur n'est qu'un composé d'alumine et d'oxide de co<« ti balt. Celle que donne l'alumine , est assez belle ; maif <<: celle qui provient de l'alun est pâle» *

Phosphate de oeutoxiab de guïVei*

Acide 47^37

Deutoxide de cuivre .... Saf,634

On le prépare en mêlant une solution de phosphate de soude avec du sulfate de cuivre.

Ce sel est d'uu bleu tendre cj^anû il est hydraté ; mais quand on le chanfle il détient brun, en perdant son eauv

20 PHO

11 est insoluble dans Feau , et soluble dans tous les acides qui dissolvent le deutoxide de cuivre, La potasse le décompose.

Il se trouve dans la nature.

Phosphate j>e protxoide D*éTAiN.

Berzelias.

Acide 34,82

Protoxide d'étain.... 65, 18.

On le prépare en versant du phosphate de soude dans de Phydrochlorate de protoxide d'étain. Le phosphate d^étain se précipite.

Phosphate de deutoxide d'étain.

Ber/.eliuSjt

Acide 48,82

Deutoxide.... 5 1,1 8.

On le prépare en versant de l'eau dans' de Phydrochlorate de peroxide d'étain. Ce sel est insoluble.

Phosphate de protoxide de fer.

Berzelius.

Acide 50,59

Protoxide.... 49,61.

On obtient ce sel en décomposant le sulfate de protoxide de fer, par le phosphate de soude. Ce sel se précipite en flocons gélatineux d'un blanc sale, quand on a eu le soin d'écarter l'oxigène atmosphérique des liqueurs ; autrement il est d'un blanc grisâtre ; et' s'il a le contact de l'air , il devient d'un bleu d'ardoise.

On a généralement décrit comme phosphate de protoxide de fer, le phosphate bleu de la nature, ainsi que le phosphate artificiel devenu bleu par son exposition à l'air. J'avoue que je suis assez porté à croire que le phosphate bleu résulte de l'union de l'acide phosphorique avec le protoxide et le peroxide de fer. Ce qu'il y a de certain , c'est que les sels de fer au minimum , et les sels au maximum , ne donnent pas de précipité bleu, et qu'il faut, pour obtenir celui-ci, exposer à l'air le phosphate préparé avec un sel de 4*er au miniçium, lorsqu'il est encore gélatineux. £n outre 9 il est

PHO «i

certain que l'absorption dé Poxigéne par le phosphate blanc ne porte pas le protoxide au maximum, puisque le phos> phate bleu, traité à chaud par la potasse, se réduit en acide phosphorique qui s^unit à Talcali , et en oxide de fer noir, qui est évidemment du deutoxide de l'er, ou plutôt une combinaison de protoxide et de deutoxide.

Le phosphate de fer bleu, calciné, devient rouge en absorbant de l'oxigène.

Il est sdluble dans les acides sulfurique, hydrochlorique, etc.

Il est réduit par le charbon en phosphure de fer.

Phosphate de feroxide de fer.

Berzelius.

Acide 57,77

Feroxide de fer. . . . 42,23.

On le prépare en précipitant Fhydrochlorate de peroxidc de fer par le phosphate de soude. Le phosphate récemment précipité est d'un blanc légèrement jaunâtre.

Par la calcination il devient rougeâtre en perdant son eaù.

Comme le phosphate de fer bleu , il est soluble dans les acides sulfurique, hydrochlorique; il est décomposé par la potasse et réduit par le charbon^ rouge en phosphure.

MM. Fourcroy et Vauquelin avoient avancé que le sang devoit sa belle couleur à du phosphate de peroxide de fer qui avoit été réduit en sous r phosphate de peroxide par l'alcali du sang.

Phosphate de glucine.

Berzelius.

Acide 56,84

Glucine... • 43»i6*

M. Vauquelin l'a obtenu en précipitant ,1e sulfate ou l'hydrochlorate de glucine par le phosphate d^ammoniaque.

Il est en poudre blanche.

II se fond au feu en un verre transparent.

Il est soluble dans un excès de son acide , et dans les acides qui forment des sels solubles avec sa base*

»» PHO

Phosphate de iiagnj^sib.

Berzelius.

Acide ...... 65,33

Magn/ésie . . . . 56,67.

On le prépare en mêlant des solutions de phosphate de soude et de sulfate de magnésie : si les solutions sont suffisamment étendues d'eau , le phosphate qui se dépose est sous forme cristalline.

11 cristallise en prismes hexaèdres dont les côtés sont inégaux. A la longue il imprime à la langue une saveur douceâtre et amére.

Au feu il se fond en un verre transparent^

Il est efflorescent.

Il est légèrement soluble dans l'eau bouillante : par le rer froidissenient , la liqueur dépose des cristaux, et 11 ne reste que très- peu de phosphate en dissolution.

Il est très-soluble dans un excès de son acide, et dans l'eau acidulée d'acides hydrochlorique , nitrique, etc.

L'acide sulfurique le dissout. Par l'évaporation , on obtient )e sulfate de magnésie en cristaux.

La potasse , la soude , la baryte , la stroAtiane , la chaux , le décomposent.

L'ammoniaque le décompose en partie; la portion indéeomposëe forme un sel double avec le phosphate d'ammoy Iliaque qui itn produit*

Ce sel fut découvert, en 1776 ^ par Bergman.

11 se trouve dans les os, dans les urines de plusieurs animaux et dans les plantes.

Bl-FHOSPBATE DE MAGNÉSIE.

Acide 77?^^

Magnésie. . . • 22,45.

Phosphate ABiii0NiAC0'»iiA6NtoEN^'

Fdurcrov.

Phosphate d'ammoniaque. ... 35

Phosphate de magnésie 55

Eau ; 35.

Fourcroy a découvert ce sei. 11 Ta préparé, soit en précis

PHO «3

pîtant par Fammoniaque le phosphate de magnésie dissous dans un excès de son acide, soit en mélangeant des solutions de phosphate d'ammoniaque et de sur-phosphate de magnésie.

Il cristallise en prismes téfraèdres très-petits, terminés par des pyramides irrégulières à quatre faces.

Il est insipide.

M. Vauquelin dit qu'au feu il perd son ammoniaque sans que le résidu soit acide. L'acide du phosphate d'ammoniaque se voiatilise-t-ilP ou bien le phosphate de magnésie, qui est uni au phosphate d'ammoniaque, est-il un bi-sous-phosphate? et dans ce cas la proportion de ce sel seroit-elle convenable pour que l'acide uni à l'ammoniaque égalât l'acide de la aiagnésiep c'est ce qui n'a pas encore été examiné.

Il est presque insoluble dans l'eau.

Le phosphate ammoniaco • magnésien se dépose de l'urine, qui s'ahère spontanément par son exposition à Tair ; il se dépose d'un grand nombre de sucs végétaux qui contiennent du phosphate de magnésie et une matière azotée putréfiable. Je peux citer pour exemple le suc de pastel qui a été coagulé par la chaleur.

Le phosphate ammoniaco -magnésien existe dans les con* crétions animales.

Phosphate de manganèse.

Berzelius.

Acide 49947

Frotoxide de manganèse.... 5o,53.

On le prépare en mêlant des soli^tions de sulfate de manganèse et de phosphate de soude.

Il est blanc.

Il est décomposé par la potasse et la soude bouillantes.

Phosphate de protoxide de mercuae.

Beraclius*

Acide....... i4,5o

Frotoxide .... 85, 5o.

On l'obtient en mêlant le nitrate de protoxide de mtercurt avec le phosphate de soude.

Il est blanc grenu*

a4 PHO

Phosphate de feroxide de mercurb,

Berzelius.

Acide ••.... 34)6a Feroxide.... 76, 58,

Il se pr<^pare eo mêlant des solution^ de phosphate de soude et de peroxide de mercure, n çst.d^Mo jaune léger.

Phosphate de potasse.

Acide... •.,. 45,06 Potasse..,.,. $6,94,

Ce sel s'obtient en neutralisant la potasse par l'acide pho9< phorique.

Il verdit légèrement la couleur de violette.

Il ne cristallise pas. Il est presque insipide. • Au feu, il se fond d'abord dans son eau de cristallisation; ensuite il éprouve la fusion igpéç.

Il est déliquescent , et par conséquent trés-soluble dant Peau.

Les eaux de baryte, de strontiane et de chaux, précipitent son acide.

Il est décomposé quand on le chauffe très-fortement, avec le double de son poids de charbon, dans upe cornue de por^ celaine lutée,

Bl-FHOSFHATE DE POTASSE,

I^erzclius.

Acide..., ^.. 60,20 Potasse .,.., • 39,80,

En ajoutant à la potasse deux fois plus d'acide phosphorique qu'il n'en faut pour la neutraliser, on obtient un sel qui cris* tallise en prismes quadrangùlaires terminés par des pyramides à quatre faces.

Le même sel paroit se former quand on traite le phosphate neutre par les acides nitrique , hydrochlorique et même acétique.

Il a une saveur très^aigre. Il rougit fof temçnt le toumeloK

PHO «8

Il se fond au feu en un verre transparent , qui devient opaque en refroidissant.

Il est assez soluble dans Teau.

Sous -PHOSPHATE DÉ POTASSE.

Lorsqu'on fait chaufiTer, dans un creuset de platine, deux parties de phosphate de potasse mêlées à une partie de potasse à Talcool, et qu'on lave la noasse fondue avec de Feau, il reste une poudre blanche , qui est un sous^phosphate de potasse , suivant Darracq.

Ce sel n'a presque pas de saveur. Il se fond au feu en un verre qui devient opaque par le refroidissement.

Il est presque insoluble dans l'eau froide.

L'eau bouillante en dissout une quantité notable : aussi précipite-t-elle l'eau de chaux et le nitrate d'argent.

Il est dissous dans les acides nitrique , hydrochlorique. Ces dissolutions sont épaisses comme de l'empoi concentré.

Elles donnent par les alcalis im précipité qui est soluble dans un excès d'eau.

C'est surtout cette préparation qui avoit fait croire à Guyton et à Desormes, que quand on calcine le chlorate de potasse ^vec Tacide phosphorique , on changeoit la potasse en chaux; mais la description que Darracq a donnée des propriétés du. sous-phosphate de potasse , explique l'erreur de Guyton et de Pesormes.

Phosphate de nickel. «

Berzelius.

Acide 48,7 1

Oxide de nickel. .. . 51,29.

On le prépare en mêlant du phosphate de soude avec du sulfate de nickel.

Il est insoluble j d'une couleur verdàtre.

Phosphate de plomb,

Berzelius,

Acide 24,24

Protoxide. . . . 76,76,

On le prépare en décomposant une solution de chlorure

36 PHO

de plomb par le phosphate de soude. Si Von employoit le nitrate de plomb, on obtiendroit un sel double de nitrate et de phosphate de plomb.

Le phosphate de plomb est blanc ; on le trouve dans la nature cristallisé en prismes hexaèdres. Exposé à la flamme 4u charbon , il se fond en un verre transparent qui cristallise en polyèdres par le refroidissement.

Il est insoluble dans l'eau.

Il faut une assez grande quantité de son acide pour le dissoudre.

L'acide sulfurique le décompose complètement.

L'acide hydrochlorique bouillant le dissout. Far le refroi^ dissement il se dépose des cristaux de chlorure de plomb; mais la décomposition du phosphate n'est pas complète. '

L'acide nitrique le dissout. La potasse, la soude, l'ammoniaque , précipitent de cette solution un phosphate qui con* tient probablement un exfièB de base.

Quand on chaufife le phosphate de plomb avec du charbon, on obtient un phosphure métallique.

Phosphate et nitrate de plomb.

Ce sel se produit lorsqu'on verse du phosphate d'ammoniaque dans du nitrate de plomb. Il se dépose quelques heures après le mélange en petits grains cristallins.

Ces cristaux sont presque inattaquables par l'eau froide; mais l'eau bouillante en sépare du nitrate de plomb.

Au feu iU perdent leur acide nitrique et il reste du sousphosphate de plomb , dans lequel la quantité de base est 3 y, celle du phosphate neutre , d'où M. Berzelius conclut que dans le sel double deux proportions de protoxide sont unies à l'acide phosphorique , tandis qu'une seule Test à l'acide nitrique.

Sesqui- sous -phosphate de plomb.

M. Berzelius a obtenu ce sel en faisant digérer le phosphate neutre de plomb dans Fammoniaque; lavant le résidu et le faisant rougir : il Ta trouvé formé de i '/, fois autant de l)ase que le phosphate neutre , c'est-à-dire ,

Acide 17,58

Protoxide de plomb*. •• 9s, 42.

PHO «7

Sbsqoi sur -phosphate de plomb.

M. Berzelius a obtenu ce sel en versant du bi-phosphate de soude dans une solution bouillante de chlorure de plomb ^ lavant le précipité à Teau froide , puis à Teau bouillante. Le p^récipité rougissoit le tournesol , et étoit formé de

Acide . « 2999Ô

Protoxide de plomb .... 70, 1 o 9

c'est-à-dire, que ce sel contient 1 % plus d'acide que le phos* phate neutre.

Phosphate de silice.

Lorsqu'on fond l'acide phosphoriquè avec une proportion su£5sante de silice, on obtient un verre qui n'est pas déli^quescent comme l'est le verre d'acide phosphoriquè pur, et qui est une vraie combinaison des deux corps. Mais, si Toi) considère l'acidité de la silice, on ne peut comparer ce composé aux sels proprement dits } car la disparition plus ou moins grande de l'acidité de l'acide phosphoriquè tiçnt uniquement a l'insolubilité de la silice dans l'eau.

Phosphate de soude, Thënard. Berzelius.

Acide ••• . i5 ••.. 53,3 ...•• ao,4i Soude ... . 19 .... 46,7 .... 17^88

Eau 06 6 1 97 1 9 dont l'oxigéne est

double de celui de la base.

On obtient ce sel en grand , en neutralisant , par le sous- Carbonate de soude, l'excès d'acide de sur-phosphate de chaux provenant du traitement des os par Tacide sulfurique^ ou en neutralisant l'acide phosphoriquè par la soude. Si l'on ne met pas un excès d'alcali bien sensible , on obtient des cristaux de phosphate alcalins au sirop de violette et une eaumère acide au tournesol , ainsi que M. Thénard l'a remarqué il y a long- temps.

Ce sel cristallise en prismes rhomboidaux ; quelquefois en prismes hexaèdres.

Il n'a qu'une légère saveur; il verdit le sirop de violette et rougit l'héms^tine comme le fpnt les alcalis foibles.

Au feu il se fond dans son eau de cristallisation, puis il se vitrifie. Ce verre cristallise en ^e refroidissant , et finit par devenir opaque.

II s'effleurit à l'air avec une grande facilité.

Il demande 4 parties d'eau à 1 5*^ et 2 parties d'eau bouillante pour se dissoudre.

Comme le phosphate de potasse , il est en partie décomposé par le charbon rouge de feu.

Les acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique , le réduisent en sur-phosphate de soude.

Les alcalis solubles en précipitent l'acide , si ce n'est en totalité, du moins en partie.

Ce sel existe dans l'urine, mais en combinaison avec le phosphate d'ammoniaque.

Il est employé en médecine comme purgatif. Outre l'avantage qu'il a de n'avoir pas de saveur amère, il a celui de purger sans occasioner des nausées. Il peut être substitué au borax dans la soudure : il sert de flux dans les essais au chalumeau.

Soa-PHOSPHATE DE SOUDE.

Le sur- phosphate de soude, qu'on obtient en traitant le phosphate neutre par les acides, a été appelé se/ per/^ de Haupt^ parce que c'est Haupt qui l'a découvert. Le nom de sel perlé lui a été donné à cause de sa ressemblance avec les perles lorsqu'on l'a fondu. Proust pensa qu'il contenoit un acide particulier, qu'il appela acide du sel perlé; mais Klaproth en fit connoitre la vraie nature.

Le sur-phos[Uiate de soude cristallise en petites paillettes semblables à l'acide borique.

Il est vraisemblable qu'en ajoutant à du phosphate de soude de l'acide phosphorique, puis de l'alcool, le précipité qu'on obtient alors est semblable au précédent. M. Berzelius , qui a recueilli ce précipité , n'eu a pas fait une analyse assez rigoureuse pour en établir la composition ; mais il pense qu'il est très -probable qu'il contient deux fois plus d'acide que le phosphate neutre ; qu'il est par conséquent un bi-phosphate*

PHO 99

Phosphate ammoniaco de soude.

• Sel microcosmique, = Sel fusible de VarinCé

FoUrcroy.

Acîde 32

Ammoniaque. ... 19

Soude 24

Eau . .é .^ 25»

Margraff reconnut dans ce sel, qu'on obtint d*abord dé Turine , l'ammoniaque et le phosphore ; Fourcroy ensuite en 6t connoiire la nature. On peut l'obtenir en mêlant des dissolutions de phosphates de soude et d'ammoniaque.

Ce sel est efflorescent ; en perdant de l'eau , il perd une petite quantité d^ammoniaque.

Au feu il se convertit en sur- phosphate de soude.

On dit qu'il ne dégage pas d'ammoniaque quand on le tri* ture avec de la soude.

Phosphate de strontiane.

Berzelîus.

Acide. ...... . 40,8

Strontiane. • • • 59,2.

On le prépare en précipitant une solution d'un sel de strontiane par le phosphate d'ammoniaque. ' Il est en poudre blanche.

11 se fond en émail.

Il est soluble dans les acides nitrique et hydrochlorique. Il est complètement décomposé par Pacide sulfurique. Il a été découvert par Hope en 1797.

Phosphate de zinc.

Berzelius.

Acide. 46999

Oxide de zinc.,.. 53, ci.

On le prépare en mêlant le phosphate de soude avec le sulfate de zinc.

Ce sel , insoluble dans l'eau ^ le devient dans un excès de ion acide.

3o PHO

Phosphate de zircone*

On ignore la proportion des principes immédiats de ce sel: on sait seulement qu'ils forment un composé insoluble ; car Tacide phosphorique précipite les sels solubles de zircone.

Phosphate d'yttria.

On sait que ce sel est insoluble ; car les phosphates de soude, d'ammoniaque, précipitent les solutions salines d^ttria. (Cn.)

PHOSPHATIQUE [Acide]. {Chim.) M. Dulong a proposé ce nom pour désigner Pacide qui se produit lorsque le phosphore brûle lentement dans Pair atmosphérique. Sage avoit bien vu qu'il diffère de Pacide phosphorique; mais ce ne fut qu'en 1777 que Lavoisier démontra que cette différence tient à ce qu'il contient moins d'oxigène que ce dernier : en consé-* quence on Pàppela acide phosphoreux dans la nouvelle nomenclature chimique. M. Davy reconnut, en 1800, qu'il contenoit constamment de Pacide phosphorique, et en même temps il fit connoître le véritable acide phosphoreux : il considéra Pacide phosphatique comme un mélange d'acides phosphoreux et phosphorique. M. Dulong , au contraire, en 1816 , ayant repris Pexamen de cet acide , le regarda comme un composé de ces deux acides ; et c'est d'après cette manière de voir qu'il proposa le nom d'acide phosphatique, M. Dulong s'appuya principalement sur ce que cet acide contient une proportion constante d'oxigène et de phosphore, et sur ce qu'il ne donne pas, quand on Punit aux bases salifiables , des sels particuliers , mais bien des phosphates et des phosphites. Si Pon vouloit suivre le principe de nomenclature qu'on a établi dans ces derniers temps , il faudroit l'appeler acide hypophosphorique. '

Composition.

Thenard* Dulong.

Oxigène .... 110,4 •••• 109 .... 112,4, parle calcul. Phosphore .. 100 .... 100 .... 100

Propriétés.

Toutes les propriétés de cet acide sont celles qui doivent résulter d'un mélange d'acides phosphorique et phosphoreux*.

PHO 5i

Préparation.

Pour préparer cet acide , il faut introduire dans de petits tubes de verre , effilés à un bout, des bâtons de phosphore; placer ces tubes dans un entonnoir qui repose sur un flacon , mettre l'appareil dans une assiette couverte d'eau , puis recouvrir le tout d'une cloche de verre portant deux ouvert turcs, Tune à son sommet et l'autre latérale. Par ce moyen la combustion du phosphore est toujours lente, et à mesure qu*elle a lieu , la vapeur d'eau dissout l'acide produit et l'entraîne dans le flacûn. ( Ch, )

PHOSPHITES. ( Chim. ) Combinaisons salines de l'acide phosphoreux avec les bases sali6ables.

Composition.

Dans les phosphites neutres à base d'oxides , le phosphore est au métal dans le même rapport que dans les phosphures neutres; et comme il en est de même des phosphates , on conçoit que, si l'acide d'un phosphite passe à l'état d'acide phosphorique , la neutralité de la combinaison restera constante : tel e^X aussi le résultat des observations de M. Gay- Lussac , qui ont été confirmées par celles de M. Dulong ei de M. Berzelius.

Dans les phosphites , l'oxigène de l'acide est à celui de la base :: 3:2.

Il existe, outre les phosphites neutres , des sous-phosphites et des sur-phosphites.

Préparation.

On prépare les phosphites en unissant directement Facide phosphoreux avec les bases sali fiables.

Les oxides métalliques faciles à réduire ne forment pas de phosphites, parce qu'ils sont réduits, non-seulement par l'acide phosphoreux, mais ils le sont encore, au moins pour la plupart, par les phosphites.

Remarque.

Les phosphites n'ont été que peu examinés , et encore ne peut-on compter jusqu'ici que sur les observations de M. Dulong; car avant ce chimiste, qui a étudié quelques espèces

3i PHO

de phosphites prépares avec Tacide phosphoreux de Davyj Ton avoit toujours décrit comme des phosphites les matières salines obtenues en unissant avec les bases Tacide que donne le phosphore en brûlant spontanément dans Pair: or, il est bien prouvé maintenant que par ce moyen on ne peut obtenir que des phosphates , ou un mélange de phosphites et de phoS' phates ; c^est pour cette raison que nous ne pouvons citer ici le travail de MM. Fourcroy et Vauquelin.

Phosphite d^ammoniaqus*

Il cristallise, mais si confusément, que M. Dulong n^a pu en déterminer la forme.

Il est déliquescent^ conséquemment très-soluble dans l'eau } mais il est insoluble dans Talcool.

Par la chaleur il laisse dégager de Tammohiaque; et, à un certain degré de concentration , de l'hydrogène proto-phos« phuré qui s'enflamme à Pair , si la température du sel est suffisamment élevée. *

Phosphite de baryte.

Le phosphite neutre est soluble et susceptible de cristalliser « quand la solution est évaporée spontanément; maîs^ si Ton chauffe la liqueur lorsqu'elle a atteint de 5o à 60 , il se dépose de petits cristaux nacrés de sous-phosphite , absolu* ment insolubles dans l'eau , et il reste en dissolution un sur* phosphite plus difficilement cristallisable.

Le phosphite neutre de baryte, mis sur un charbon ardent ^ produit une flamme jaune; le sous'-phosphite en prod]iit une moins intense, et le sur-phosphite une plus intense.

Le sous-phosphite de baryte distillé donne de l'hydrogène proto-phosphuré, un peu de phosphore, et un. phosphate coloré en jaune fauve ; et ce qui est remarquable , c'est que ce phosphate ne perd point sa couleur lorsqu'on le calcine avec Toxigène : cependant elle est due à la matière rouge qu'on a appelée oxide de phosphore^ et qui est combustible* Pour s'en convaincre, il suffit de traiter ce résidu par de l'acide hydrochlorique ou nitrique , qui dissout le phosphate 9 à l'exclusion de lamatière rouge*

PHO 35

Fhosphite de potasse.

n est déliquescent. M. Dulong n'a pu faire cristalliser sa dissolution.

Il est insoluble dans l'alcool.

Le phosphite de potasse se comporte à la distillation comme le sous-phosphite de baryte. Le résidu de phosphate est rouge; en le traitant par Teau , la matière rouge n'est pas dissoute ; celle-ci, traitée parles acides, donne lieu à un foible dégagement d'hydrogène phosphore.

Phosphite de soude.

II est très-soluble dans l'eau. La solution cristallise en rhomboïdes qui s'approchent beaucoup du cube. Il est insoluble dans l'alcool.

Il se comporte à la manière du phosphite de potasse.

Phosphite de strontiane.

Il présente des/ propriétés tout-à-fait analogues à celles du phosphite de baryte. (Ch.)

PHOSPHITES [Hypo-]. (Chim,) Combinaisons salines de l'acide hypophosphoreux avec les bases salifîables.

Ces sels n'ont été étudiés que par M. Dulong, qui les a découverts : voici les propriétés qu'il leur a reconnues.

Action de Veau»

Tous les hypophosphites sqnt solubles dans l'eau. L'hypophosphite de potasse est beaucoup plus déliquescent que le chlorure de calcium. Les hypophosphites de baryte et de strontiane ne peuvent être obtenus cristallisés régulièrement, à cause de leur extrême solubilité.

Action de ValcooL Les hypophosphites de potasse et de soude sont solubles dans Talcool en toutes proportions.

Action de la chaleur.

Ils donnent à la distillation du gaz hydrogène perphosphuré, du phosphore, et un phosphate mêlé d'oxide rouge de phosphore, qu'on peut en séparer au moyen de tout acide susceptible de dissoudre le phosphate.

Ce résultat explique pourquoi les hypophosphites projetés sur un charbon ardent , produisent une belle flamme jaune. i4o. . 3

H PHO

Action de roxigène.

Les hypophosphites neutres absorbent lentement Voidgine de Tair et deviennent acides. C^est par une suite de cette propriété qu'ils précipitent Vot à Tétat métallique de la solu^ tion du chlorure d'or; l'argent, de ses dissolutions, etc. (Ch«) PHOSPHOLITHË. {Min.) Kirwan a donné ce nom à la combinaison de l'argile ou alumine avec l'acide phosphorique, que M* Proust attribue à une pierre vitreuse qu'il désigne sous le nom de grenats de Valence , qui se boursoufle au chalumeau et qui est ensuite très-difficile à fondre (Ann. de ch., t. i,p. i^S)* Il soupçonne , mais sans motifs suffisans , que ces grenats pourroient bien être ceux qui sont mentionnés par de Born sous la désignation de grenats couleur d'hyacinthe y transparensf dodécaèdres y à plans rhomheSy venant d'Espagne. Cat. de Raab«, tom. i", pag. i55. (B.)

PHOSPHORE. (Chim.) Corps simple, non métallique, doué des propriétés suivantes :

Le phosphore, parfaitement purifié, est transparent et inco^ lore. Il a un tissu lamelleux ; il peut cristalliser en octaèdres alongés; il est insipide : dans l'air il répand une odeur d'ail* A quelques degrés au-dessus de lo^ il jouit d'une ductilité trèssensible; aussi peut'on le couper au couteau : au-dessous de zéro il est cassant.

Il a une pe$anteur spécifique de 1,77.

Le phosphore se fond à 45 ^ ; il ressemble , quand il est fondu , à une huile grasse. M. Thénard a observé des échantillons de phosphore qui lui ont présenté la propriété de de* venir noirs quand , après les avoir fondus de 60 à 70^, on les plongeoit dans l'eau froide. Ces mêmes phosphores , fondus à 45 ^ et refroidis lentement dans l'air , redevenoient transparens et incolores. M. Thénard avoit cru que ce phénomène étoit général ; mais il a reconnu qu^on ne l'observe que sur les échantillons de phosphore qui ont été distillés trois ou quatre fois et même neuf ou dix fois. Il n'est pas éloigné de penser que ces distillations ont pour objet de séparer l'hydrogène du phosphore , et que le phénomène quUi a observé est essentiel au phosphore pur.

Le phosphore bout à 271*, suivant Davy; à 290*, suivant Pelletier i et au-dessous de 300^, suivant Thénard. Il parolt

PHO 3$

qu'on peut en volatiliser une petite quantité en le distillant avec de Teaiu

Le phosphore exposé à la lumière devient rouge ; et s'il est cassant , il devient flexible. Ce phénomène se produit dans le vide de Toricelli, dans les gaz hydrogène et azote , l'eau bouillie , etc. M. Vogel pense qu'il se produit un oxide rouge de phosphore; mais point d'acide phosphoreux.

Le phosphore fondu , exposé à une décharge voltaïque , donne un peu d'hydrogène phosphuré ; mais cet hydrogène, suivant Davy^ n'est point essentiel à sa nature.

Le phosphore forme quatre acides avec l'oxigène , et , diton , deux oxides.

Sous la pression barométrique de o^^^Go et à la température oi*dinaire) le phosphore plongé dans le gaz oxigène n'y brûle pas : si on lejébaufife à 38*^ environ^ il brûle en dégageant beaucoup dcmanière et de chaleur» Le résultât de la combustion est dejRfelde phosphorique. (Pour opérer la corn*' bustion du phosphore dans le gaz oxigène^ yoyez Oxigène.)

Sous la pression barométrique de o,"i à o,"o5 et à des températures comprisses entre 27 et 5 , le phosphore brûle spon* tanément dans le gaz oxigène.humide: mais ce n'est plus dt l'acide phosphorique qui se forme , c'est de l'acide phospha* tique ou hypophosphorique. M. Bellani , à qui nous devons cette observation curieuse, obserye que la température, à laquelle le phosphore brûle dans l'oxigène est d'autant plus élevée , que la tension de ce gaz est plus forte.

On doit ajouter que si au gaz oxigène on mêle de l'hydrogène , de l'acide carbonique , de l'azote provenant de l'analyse de l'air par le phosphore ' , de manière à diminuer la tension de l'oxigène, celui-ci devient susceptible de brûler le phosphore au-dessous de 27 *^ : c'est ainsi que ce combustible brûle dans l'air et produit de l'acide phosphatique.

A la température ordinaire il se forme assez de vapeur de phosphore dans une atmosphère d'acide carbonique, d'hydroféne , etc., pour que ces gaz deviennent lumineux dans l'obscurité , quand on y mêle de l'oxigène. La vaporisation a

1 Suivant M. Thénard, rexpérience ne réussit pas avec l'azote provenant de ranaljae de Tair faite par un mélange de fer et de soufre.^

36 PHO

lieu dans Toxigène sous la pression ordinaire ; mais , pour que la vapeur devienne lumineuse, il faut mêler le gaz avec Tazote.

Le phosphore n^est pas dissous par Teau. Quand on le conserva dans ce liquide , qui a bouilli pendant long-temps, il se recouvre d^une croûte blanche , il devient rouge dans l'intérieur, et Teau acquiert une odeur alliacée : elle contient de Tacide phosphoreux et de Thydrogène phosphuré en dissolution. On n'est pas encore certain que Feau soit décomposée.

Le phosphore s'unit au chlore en deux proportions à la température ordinaire. 11 y a dégagement de chaleur , fusian du phosphore , émission de lumière. 11 peut se former un chlorure liquide ou de Tacide chloro-phosphorique*.

Le phosphore s'unit à l'iode et au soufre à l'aide de la chaleur en toutes proportions.

Il s'unit également à l'arsenic, quand la tentpérature est sufiîsamment élevée.

Suivant Proust , il s'unit au carbone.

Enfin , la plupart des métaux sont susceptibles de former des phosphures.

Le phosphore enlève l'oxigène à un grand nombre d'acides et d'oxides métalliques. Avec ces derniers il se forme presque toujours un phosphate et un phosphuré.

Le phosphore est considéré comme un excitant très-éner* gique. On l'a administré à la dose d'un grain par jour, en dissolution dans l'alcool, l'éther, et sous la forme de pilules, avec les huiles , la mie de pain.

Si le phosphore peut être considéré comme un excitant général , on doit dire qu'il excite les organes de la génération d'une manière toute spéciale.

Le phosphore ne se trouve pas libre dans la nature. M« Vauquelin dit qu'il est à l'état de combustible dans la matière cérébrale , les nerfs , la laitance des carpes; mais il ne seroit pas impossible qu'il y fût à l'état d'acide phosphorique uni à une matière grasse.

L'acide phosphorique, combiné avec diverses bases, est, si non très-abondant, au moins très- répandu dans la nature. Le phosphate de chaux est la base inorganique des os.

PHO '7

Préparation..

Avant que Gahn eût découvert l'acide phosphorique dans les os, on retiroit le phosphore de Turine : on la faisoît éva« porer et on en distilloit l'extrait à une température très-élevée. Dans cette opération, le phosphate d'ammoniaque de J'urine donnoit du phosphore. Margraff conseilla de mêler l'extrait d'urine avec du chlorure de plomb contenant de Toxide : par ce moyen, on obtient du phosphore non-seulement du phosphate d'ammoniaque , mais encore du phosphate de soude.

Aujourd'hui on suit communément le procédé que nous allons décrire.

On prend des os calcinés au blanc, on les réduit en poudre dans un mortier de fer et on les tamise. On met la poudre dans des terrines de grés; ensuite on verse sur loo p. de poudre 75 p. d'acide suif urique à GG^ ^ étendues dans 3oo p. d'eau. On laisse agir les matières pendant plusieurs jours, en ayant soin de les agiter avec une spatule de verre ou de bois. On met la masse sur un filtre de toile ou dans des tonneaux. On la lave avec de l'eau à plusieurs reprises , et on la soumet ensuite à la presse. Toutes les liqueurs réunies sont évaporées dans une capsule ou dans une chaudière. Lorsque la liqueur est concentrée, on la laisse refroidir; elle dépose du sulfate de chaux' ; on la décante, on lave le dépôt et on réunit le lavage avec la liqueur, qui tient du sur-phosphate de chaux en dissolution ; on fait évaporer le tout à siccité , et on ajoute environ un quart de charbon au résidu : on peut faire ceiie opération dans un bassine de plomb ou de fonte. On introduit ce mélange dans une cornue de grès éprouvée, qui a été enduite d'un lut composé de terre et de fiente . de cheval. On place la cornue dans un fourneau à réverbère construit d'une telle manière, que la flamme du bois qui sert à chauffer la cornue descend dessous , et se relève ensuite pour la chauffer dans toutes ses parties. 11 faut que Pair qui doit alimenter la combustion ne pénètre dans le fourneau que par les petits interstices qui existent entre les portes du foyer et du cendrier, et les parois du four-

i On peut faire évaporer en consistance de sirop, et traiter le résidu par 4 fois son volume d'eau froide. Le sulfate de chaux ne se dissout pas; on le sépare par le filtre.

38 PHO

neau. On adapte à la cornue un récipient de cuivre qui a la forme d'une cornue renversée, dont le bec iroit s'engager avec celui de la cornue de grés ; on remplit d'eau à moitié le récipient : de cette manière Tair n'a point d'accès dans l'intérieur de la cornue. Après avoir luté le récipient à la cornue, et le col de celle-ci'au fourneau , on chauffe graduellement. Au rouge cerise il se dégage du gaz oxide de carbone et du gaz hydrogène , qui proviennent de la décomiposition de l'eau contenue dans les matières. Quatre heures environ après qu'on a mis le feu sous la cornue, lorsque la température est au rouge blanc, le phosphore commence à se dégager avec du gaz oxide de carbone et de l'hydrogène carboné: le premier provient de l'oxigène de l'acide phosphorique , et le second de l'hydrogène du charbon. Quand il ne se dégage . plus de gaz , l'opération est terminée.

Le phosphore obtenu par le procédé précédent n^est pas pur. Pour l'avoir dans cet état, on le met sur une peau de chamois dont on relève les bords, qu'on- attache ensuite avec une ficelle : on plonge dans l'eau chaude à 5o^ le phosphore ainsi enfermé; on presse la peau avec la main ou avec des pinces : le phosphore fondu se filtre et se sépare ainsi d'une matière rouge. Si l'on veut l'obtenir le plus pur possible, on le distille dans une cornue de verre. Pour le mouler en bâtons, on le fond dans l'eau chaude à 45^; on y plonge l'extrémité d'un tube de verre ; on aspire par l'autre extrémité avec la bouche. Quand le phosphore occupe les deux tiers de la capacité du tube, on soulève ce dernier, on met le doigt sous l'extrémité ouverte, et on le porte dans l'eau froide. Le phosphore se solidifie; on le fait sortir du tube au moyen d'une tige de fer.

On conserve le phosphore dans de l'eau bouillie , qui est contenue dans des flacons opaques.

Usages,

Le phosphore sert à faire des briquets , à préparer l'acide phosphorique , etc.

Histoire.

Le phosphore fut découvert, par hasard, en 1669, par un alchimiste de Hambourg nommé Brandt. Kunckel, ignorant

PHO '9

le procédé de Brandi, le retira de Turine en 1674. Boyle, en 1679, ^^ ^^ même découverte. Mais ce ne fut qu'en 3735 que la préparation du phosphore cessa d'être un secret, parce que Hellot publia le procédé qu'un étranger avoit vendu au gouvernement François* Margraff, Lavoisier, Gahn, Schéele et Pelletier, MM.Thénard, Davy, Dulong, Berzelius, examinèrent ensuite les propriétés de ce corps*

Des combinaisons du phosphore avec plusieurs corps.

De l'oxipe de phosphore.

Les chimistes ont décrit sous ce nom deux corps dififérenS) au moins sous le rapport de leurs propriétés physiques*

De l'oxide rouge.

Suivant M. Vogel , on l'obtient de la manière suivante :

On étend du phosphore , coupé en petits morceaux , sur une assiette blanche ; on y met le feu ; on lave le résidu rouge de la combustion à l'eau distillée jusqu'à ce que ce liquide ne rougisse plus la teinture de tournesol. On fait sécher le résidu.

On obtient ainsi une matière d'un rouge foncé qui n'est point acide ; qui exige , pour se fondre , une chaleur plus élevée que celle de l'eau bouillante, et qui est moins dense quele phosphore.

Quand on la chauffe dans une capsule de platine, elle brûle avec une flamme jaunâtre > qui s'éteint lorsqu'on retire la capsule du feu.

Par la combustion opérée, soit par Fair, soit par l'acide nitrique, on ne peut en retirer d'acide carbonique.

M. Davy dit qu'en chauffant le phosphore dans l'air non raréfié , on obtient deux acides et un résidu rouge d'oxide.

De l'oxide blanc

Il est solide, insipide; il a l'odeur du phosphore.

n est moins fusible que le phosphore ; il brûle rapidement quand on le chauffe dans l'eau et le gaz oxigène.

11 est décomposé par le charbon.

On le prépare en mettant du phosphore en petits cylindres dans un flacon presque plein d'eau aérée; on renouvelle Fair du flacon de temps en temps : il faut laver l'oxide avec de l'eau pour en séparer l'acide phosphoreux.

Suivant Steinacher , on obtient un oxide blanc moins oxidé que celui «ci ^ en chauffant le phosphore à 100 dans

UB tube de verre étroit et alongé; Foxide se condense en flocons blancs dans la partie supérieure du tube.

On ne sait point encore positivement le rapport qu'il y a entre cesoxidesetla matière rouge spontanémentinflammable, qu'on obtient quand on a fait brûler vivement du phosphore en excès sous une cloche d*air reposant sur le mercure.

Quant aux oxides de phosphore , voyez Phosphoreux [Acide], Phosphoreux (Hypo-) [Acide], Phosphorique [Acide], Pho«phati(2UE ou Hypophosphorique [Acidb].

Du chlorure de «phosphore.

Composition.

Davy. DuIoDg.

Chlore 335 327

Phosphore ... loo loo.

SuivcintM. Davy, l'acide chlorophosphorique contiendroit, pour 100 (ie phosphore, 666 de chlore; et suivant M. Dulong, 549 : conséquemment le phosphore se combineroit à des quantités de chlore qui seroient entre elles :: 1 : 2, suivant M. Davy ; et comme 3:5, suivant M. Dulong. C'est ce rapport que nous adopterons.

Propriétés*

Il est liquide , incolore comme l*eau.

11 a une pesanteur spécifique de i,45.

Il ne rougit pas le papier de tournesol parfaitement desséehé.

Il est volatil; une chaleur rouge ne le décompose pas.

Lorsqu'on le fait passer dans un tube de porcelaine rouge 'de feu avec du gaz oxigéne, le phosphore est brûlé et le chlore séparé.

Il est entièrement soluble dans l'eau; mais il éprouve une décomposition. L'oxigène d'une portion d'eau s'unit au phosphore , et l'hydrogène au chlore. Il en résulte de l'acide phosphoreux pur et de l'acide hydrochlorique.

Le chlorure de phosphore ne s'enflamme point à l'air; il y répand des fumées blanches , dues à ce que sa vapeur produit de l'acide phosphorique et de l'acide hydrochlorique parle contact de l'humidité. Le gaz ammoniaque en sépaie du phosphore et forme du chloro-phosphate ?

Le chlorure de phosphore peut dissoudre du phosphore.

PHO 41

Dans cet état , exposé à l'air sur un papier Joseph , il y en a une portion qui se volatilise , et celle qui reste sur le papier produit assez de chaleur, en se décomposant par l'humidité , pour enflammer le phosphore qui étoit en simple dissolution dans la liqueur.

Le chlorure de phosphore, exposé a un courant de chlore, Tabsorbe, devient solide, et passe ainsi à Tétat d'acide chlorophosphorique.

Préparation*

1.*'' Procédé. On prépare le chlorure de phosphore en mettant 26 grammes de phosphore bien sec au fond d'un tube fermé à une de ses extrémités; on ajoute i5o grammes de sublimé corrosif. On place le tube dans un fourneau de manière à ce que la partie qui contient le phosphore ne soit pas chauffée. On adapte à l'extrémité ouverte du tube un petit tube courbé qui va jrtonger au fond d'une éprouvette bien sèche, et fermée avec un bouchon auquel on a pratiqué une légère ouverture. On .chauffe le sublimé à 200^ environ, puis on fait passer dessus le phosphore réduit en vapeur -. celui-ci enlève le chlore au mercure et la nouvelle combinaison se condense dans l'éprouvette.

2.^ Procédé. On met du phosphore desséché dans une cornue; ce vaisseau communique par une tubulure à un appareil propre à préparer du chlore sec , et par son bec à un petit récipient , dont la tubulure est garnie d'un tube qui plonge dans une couche légère de mercure. On fait arriver du chlore dans la cornue jusqu'à ce que tout le phosphore, après s'étrtf complètement liquéfîé , commence à déposer deTacide chloro*, phosphorique. A cette époque on supprime l'appareil d'où le chlore se dégage. On bouche la tubulure de la cornue; on volatilise doucement le chlorure de phosphore dans le récipient.

3.* Procédé. M. Davy fait le chlorure de phosphore en mêlant 7 p. d'acide chlorophosphorique avec 1 p. de phosphore.

Histoire.

lAM, Gay-Lussac et Thénard l'obtinrent, en 1808, en faisant passer du phosphore sur du mercure doux ; mais celui qu'ils ont décrit contenoit du phosphore en dissolution. C'est M. Davy qui l'a préparé le premier à l'état de pureté avec le sublimé corrosif.

4» PHO

Iode et phosphore.

L'iode se combine au phosphore en un grand nombre de proportions. L*unioii a lieu à froid avec dégagement de cha<* leur; mais sans lumière. Si les corps ne sont pas desséchés, on obtient de Tacide phosphoreux, du gaz hydriodique et même de rhydrogéne proto^phosphuré. On peut opérer la combinaison des corps dans un petit tube de verre fermé à un bout.

1 p, de phosphore et 8p. d'iode donnent une combinaison d'un rouge orangé, brun , fusible à loo**, volatile. Lorsqu'on la met dans Feau, il y a dégagement de gaz hydrogène phosphuré, formation d'acides phosphoreux et hydriodique , et un dépôt de phosphore : l-eau reste incolore.

1 p. de phosphore et i6p, d'iode, Matière d'un gris noir^fu** sible à 29 . Lorsqu'on la met dans l'eau, il ne se dégage pas de gaz hydrogène phosphuré } il se produit des acides phos« phoreux et hydriodique : l'eau ne se colore pas.

i p. de phosphore et '2l^p. d'iode. Matière fusible en partie à 46 ; Teau la dissout et se colore en brun. Elle contient dea acides phosphorique et phosphoreux , de l'iode et de l'acide hydriodique.

1 p, de phosphore et 4p. d'iode, 11 en résulte deux matières différentes : Tune est analogue à la combinaison de 1 partie de phosphore et de 8 p. d'iode ; l'autre , qui est rouge , paroît dépourvue d'iode et analogue à ce qu'on appelle l'oxide rouge de phosphore.

Phosphore et arsenic.

Pelletier dit avoir opéré la combinaison de ces deux corps soit en les distillant à parties égales , 6oit en les chauffant dans la même proportion au milieu de l'eau. Le composé est noir et brillant. Pelletier dit qu'il faut le conserver sous l'eau.

Soufre et phosphore,

Leioufre paroît s*unir au phosphore en toutes proportions ^ mais il est vraisemblable que, si Ton pouvoit obtenir des cristaux (le ces compos.és, ou n'auroit qu'un certain nombre de combinaisons déterminées ; car il est vraisemblable que les différens composés qu'on obtient en unissant i p. de phos* phore avec toutes sortes de proportions de soufre , sont des combinaisons déterminées , dissoutes dans un excès d'un dea élémens.

PHO 45

Pour faire ces composés , on prend un tube de huit à dix centimètres de longueur et d'un à deux centimètres de dia« mètre , qui est fermé à un bout et ouvert à l'autre ; on y introduit a ou 3 grammes de phosphore, on les fait fondre, puis on y jette peu à peu le soufre qu'on veut y combiner: ou n'ajoute de nouvelles portions de soufre que quand celles qu'on }[ a mises précédemment sont entrées en combinaison. L'action des deux corps est assez vive pour que la combi* naison se fasse spontanément, lorsqu'on met dans une petite cloche 2 gr. de phosphore et i de soufre.

Lorsque le soufre s'unit au phosphore qui est fondu, il se produit une détonation , qui seroît très-forte , si l'on mettoit d'une seule fois tout le soufre qu'on veut y combiner. Cette détonation est due au grand dégagement de chaleur qui se fait et à la production d'une certaine quantité d'hy* drogène sulfuré. La chaleur réduit en vapeur une partie de la combinaison. La production de l'hydrogène sulfuré étant ac« compagnée de celle de l'acide phosphoreux , il paroît s^n suivre qu'elle est due à un peu d'eau contenue dans le phos* phore , et aussi à l'hydrogène qui peut exister dans le soufre. £n opérant la combinaison du phosphore, et du soufre sous l'eau y on obtient dans ce liquide l'hydrogène sulfuré et l'acide phosphoreux.

Le soufre , uni au phosphore dans la proportion de i à 2 , donne un composé fusible à iS*^, qui est jaune, très-combustible , susceptible de se volatiliser. 11 paroît que les premières portions qui se volatilisent contiennent plus de phosphore que les dernières.

Le soufre , uni au phosphore dans la proportion de 2 il, donne un composé fluide à environ 3o , qui est jauae quand il est fondu , et qui donne à la distillation un premier produit beaucoup plus phosphore que le second.

Combinaison du phosphore avec le carbone.

Le phosphure de carbone est solide , pulvérulent , d'un jaune orangé vif.

H n'a ni odeur ni saveur.

A une chaleur rouge le phosphore s'en sépare, et il reste du charbon.

44 PHO

Chauffé avec le contact de Fair , il brûle et laisse du charbon.

Ce composé a été découvert par M. Proust dans la matière reuge qui reste dans la peau de chamois après la iiltration du phosphore brut. Mais comme le carbure est mêlé à un excès de phosphore , il faut mettre la matière ronge dans une cornue, et Vy chauffer au-dessous du rouge, afin de dégager le phosphore en e^cès.

On avoit pensé que la matière rouge qui colore le phosphore qu'on a exposé dans plusieurs gaz à la lumière, et que le résidu couge que laisse le phosphore après sa combustion rapide dans Tair atmosphérique, étoient du phosphure de carbone contenu dans le phosphore employé; mais Nf. Vogel, ayant rassemblé une assez grande quantité de résidus rouges de la combustion du phosphore , s* est assuré qu'ils ne contenoient pas sensiblement de carbone ; car, chauffés avec de Facide nitrique , ils ne produisoient point de gaz acide carbonique. Il les a en conséquence regardé comme un oxide^ ainsi qu'on F^voit fait avant lui. Suivant le même chimiste , le phosphore distillé deux fois ne contient plus de carbone ; cependant il fournit toujours de la matière rouge par la combustion.

Depuis M. Vogel , M. J. P. Boudet a examiné la matière à laquelle M. Proust a donné le nom de carbure, et il lui a paru que ce n'étoit que de Foxide rouge de phosphorei

Quant aux combinaisons binaires du phosphore qui ne sont pas acides, on en trouvera Fhistoire aux articles des corps qui sont unis au phosphore. (Ch.)

PHOSPHORE D'ANGLETERRE. (C/i/m.) C'est le corps simple que nous avons décrit sous le nom de Phosphore. (Ch.)

PHOSPHORE DE BAUDOUIN. (Chim.) Les anciens appeloient phosphore de Baudouin ou de Balduinus, le nitrate de chaux qui avoit été exposé à la chaleur; c'étoit du nitrate de chaux anhydre , qui étoit souvent mêlé d'un peu de chaux. (Ch.)

PHOSPHORE DE BOLOGNE. (Chim.) C'est le sulfate de baryte qu'on a pulvérisé , réduit en pâte avec de la gomme adraganthe , moulé en gâteaux de l'épaisseur d'une lame de couteau au plus , calciné au milieu du charbon , dans un fournean à réverbère, laissé refroidir et enGn exposé pendant quelques minutes au soleil. Après cette préparation, la matière portée dans un Ueu obscur répand une vive lumière.

PHO 45

11 est clair que le phosphore dç Bologne est un sulfure, (Ch,)

PHOSPHORE DE BOLOGNE. (Afin,) C'est cette baryte sulfatée dans laquelle on a remarqué, il y a déjà assez long*temps et d'une manière très-distincte , la phosphorescence par insolation. Voyez Baryte sulfatée radiée , tom. IV , pag. 94 > et Phosphorescence de minéraux à l'article Minéraux, tom* XXXI, pag. 223. (B.)

PHOSPHORE DE HOMBERG. {Chim.) C'étoît de l'hydrochlorate de chaux calciné, ou plutôt, du chlorure de calcium, retenant de la chaux. (Ch.)

PHOSPHORE DE KUNCKEL. {Chim.) C'est le corps simple que nous avons décrit sous le nom de Phosphore. ( Ch. )

PHOSPHORE D'URINE. {Chim.) C'est le corps simple que DOU8 ayons décrit sous le nom de Phosphore. (Ch.)

PHOSPHORES PIERREUX. {Chim.) On donnoît autrefois ce nom à des substances inorganiques, en général de nature saline, qui étoient susceptibles de briller dans l'obscurité, après qu'on les avoit exposées au feu suivant un procédé convenable. Ces substances, étant regardées par les anciens comme des pierres, furent appelées phosphores pierreux; tel est le phosphore de Bologne. On regardoit encore comme phosphores pierreux, le nitrate de chaux et l'hydrochlorate de chaux calcinés : le premier étoit connu sous la dénomination de phosphore de Baudouin , et le second sous celle de phosphore de Homherg. (Ch.)

PHOSPHORESCENCE DE LA MER. (Zoolog.) On a donné ce nom à la propriété qu'offrent les eaux de la mer de devenir lumineuses. Les causes auxquelles on a attribué ce phénomèlae, ont long-temps partagé le jugement des savans, et même aujourd'hui on n'est point fixé d'une manière positive sur ce sujet. Les anciens navigateurs, frappés de la vive lumière dont brilloit l'Océan entre les tropiques , en firent une peinture pompeuse et peut-être exagérée. Ce ne fut qu'après qu'on eût étudié avec plus de soin la phosphorescence, qu'on la rangea au nombre des faits physiques les plus singuliers et les plus remarquables.

Peu de sujets dans les sciences ont autant occupé les naturalistes et les physiciens que la phosphorescence, nommée aussi , mais à tort , météore des mers. Les titres seuls des Mé-

moires pubtiës sur ce sujets formeroient une liste volumineuse , et il seroit assez fastidieux de reproduire la plupart des hypothèses quHls renfermenté

La première idée qu'on trouve émise sur la phosphoreseence est celle qui là considère comme une modification des divers phénomènes électriques, et c'étoit Topinionde Robert Boyle, de Nollet et de Leroy. Bajon {Hist. Cay,) l'attribuoit au frottement des courans opposés entre eux ou heurtés par la proue du navire, d'où naissoit une sorte d'électricité. Enfin , d'autres pensoient qu^elle étoit due à l'inflammation du gaz hydrogène ou à des feux phosphoriques.

Rejetant ces opinions, quelques- auteurs modernes ont adopté la manière de voir des missionnaires Bourzes et Canton, qui, avant 1^69, l'attribuèrent à la putréfaction des poissons et autres animaux morts dans la mer. Ce tni aussi celle de Commerson , qui consigna dans ses manuscrits cette théorie : « La phosphorescence est due à une cause générale, « celle de la décomposition des substances animales, et sur- <c tout des cétacés, des phoques, riches en matières hui- «t leuses, * M. Bory de Saint-Vincent {Anim* microseop.j 1 826) y ajoute ses propres observations, et dit formellement : «Nous « n'avons trouvé que par hazard des microscopiques dans « les eaux scintillantes, et ils n'y scintilloient pas : il nous ft est démontré que les animalcules marins ne sont pour rien « dans le phénomène qu'on leur attribue généralement. ^ Cette opinion est défendue par MM. Oken^ Lehelvig. M. Kéraudren {Ann, marit,, 1817), d'après Forster, l'attribue a trois causes, à des mollusques et crustacés, à l'électricité et à la formation du phosphore. Dans ce dernier cas, on s'étaie de la propriété dont jouissent certaines substances animale* de briller avec plus ou moins de vivacité, suivant le degré de leur putréfaction.

.A ces opinions nous ferons succéder les observations de divers naturalistes et voyageurs : il en résultera que , dans les neuf dixièmes des cas, la phosphorescence est due à des animaux marins, appartenant à des classes différentes, suivant les lieux, et le plus communément à des crustacés microscopiques.

Rigaud, dès 1768, avoit vu la phosphorescence produite

PHO 4f

par ce qu^il nommoit des polypes sphéroïdes diaphanes ; mais, dé) 17499 Vian çlli la considéroit comme le résultat d'une néréide. Newland , en 1772, pensoit qu'elle étoit produite par des animalcules provenant du frai de poisson, et Tern-« stein , Dagelet, ne sont point éloignés de cette manière de voir. Un grand nombre d'observateurs signalèrent bientôt cette propriété phosphorescente à un haut degrés dans les méduses (Spallanzani, Forskal, Macartney, Banics); dans la nereis noctiluca (Vivianî) *, dans des polypiers flexibles (Shaw) j daos la noctiluque miliaire (Snriray, de Biainville, I)esma<» rest); dans des animaux de forme ronde (Dicquemare) ; dans le heroë fulgens (Mitchill); dans des animaux d'une ténuité extrême ( Quoy et Qaim. , Artaud ) : enfin , nul être organisé peut-être ne présente la phosphorescence la plus éclatante et la plus magique que le pyrosome (Pérou et Lesueur, de Humboldt ) , qui semble convertir l'espace qu'il occupe dan» la mer, en coulées incandescentes de métal fondu.

Plusieurs écrivains attribuent la phosphorescence k des crustacés marins d'une grande ténuité ^ et c'est ce que nousespérons démontrer ailleurs* Forster l'avoit en efTet observé ^ sur des crustacés, de même que Banks, et ensuite de Langs^^ dorff* Anderson décrivit, sous le nom d* /oniscu s fulgens , un crustacé phosphorifère ; Pallas le cancer pulex ; Riville croyoit qu'elle étoit due à l'huile d'un monocle, etc«

D'après nos propres observations, et obéissant à notre con** viction, nous ne regardons nullement la phosphorescence comme susceptible d'être produite par une action purement physique ou chimique. Nous dirons qu'elle est due à des animaux marins , appartenant le plus souvent à des crustacés de genres très-différens : qu'elle est propre à toutes les latitudes, dans toutes leè saisons; mais qu'elle est plus habituelle et plus remarquable sous la zone torride : que le foyer de cette lumière, émise par irritation ou à l'époque delà procréation, inconnu pour le plus grand nombre, réside dans des glandes placées en nombre variable sur les côtés du thorax de certains crustacés, à la manière des foyers lucifuges de quelques insectes ; qu'eiifin, on doit la regarder, jusqu'à ce que des recherches complètes et suivies viennent fixer l'opinion , comme une modification des lois de la vie , dif-

48 PHO

férente de la simple lumière scintillante, qui résulte de la décomposition des substances animales. (R. P. Lesson..)^

PHOSPHORESCENCE DES MINÉRAUX- {Min,) Nous avons traité de cette propriété dans les minéraux avec le développement suffisant à Particle Minjéralogie > §• 7 9 tom* XXI, pag. 218. (B.)

PHOSPHOREUX [Acide]. {Chim.)

Composition»

Thomson. Davy. Berz. Dulong.

Oxigène... 66,67* •• 76,5. .. 76,92..» 74»^^ Phosphore. 100 ioo.«... 100.... .. ipo.

Préparation.

On verse le chlorure de phosphore dans l'eau ; îl s'y dissout. Le phosphore absorbe Toxigène d'une portion d'eau, et le chlore l'hydrogène de cette même portion ; il en résulte de l'acide phosphoreux et de l'acide hydrochlorique : en faisant évaporer le liquide doucement, on chasse l'acide hydrochlorique , et on obtient un sirop qui se prend en masse cristalline par le refroidissement* C'est l'acide phosphoreux hydraté.

On prouve l'existence de l'eau dans cet acide en le chauffant dans un tube contenant du gaz ammoniac ; celui-ci est absorbé , et la combinaison , n'ayant pas la^ même affinité pour l'eau que l'acide, l'abandonne.

Propriétés.

L'acide phosphoreux est toujours combiné à l'eau ou k une base salifiable. Dans le premier cas il est sous la forme sirupeuse quand il est un peu échauffé., ou sous la forme de petits cristaux prismatiques alongés quand il est refroidi.

L'acide phosphoreux hydraté , dissous dans l'eau , exposé à l'air, en absorbe peu à peu l'oxigène et se convertit en acide phosphorîque.

. Lorsqu'on Texpose à la chaleur dans une petite cornue dont le bec s'engage sous une cloche pleine de mercure 9 OQ obtient le gaz hydrogène phosphore, dans lequel , suivant M. Davy, l'hydrogène est condensé de la moitié de son volume; il reste dans la cornue de l'acide phosphorique solide.

PHO 49

Vùxigène de Teau s'est porté sur. l'acide phosphoreux,' et Thydrogéne du lûéme liquide a enlevé une portion dei phosphore à Tacide, de soi*te que celui-ci s'oxigéne dans cette opération en perdant de son radical et en recevant de Foxi* gène.

Si on chauffe Tacide phosphoreux avec le contact de l'air^ le gaz hydrogène phosphuréVenflamme dans Tair^il se dépose un peu de matière, qu'on regarde comme un oxide rouge de' phosphore (qui provient du gàz hydrogène phosphuré), et il se forme de Tacide phosphorique.

L'acide phosphoreux est décomposé à une température élevée par 1^ charbon.

Il est converti en acide phosphorique par l'acide nitrique, Peau de chlore , plusieurs oxides métalliques , tels que ceux de mercure , d'argent.

Usage,

Il n'est pas employé dans les arts.

Histoiris.

L'acide phosphoreux, décrit par Sage , par Pelletier, e^c, étoit un mélange ou une combinaison d'acides phosphoreux et phosphorique.' Voyez Phosphatiqub (Acide). C'est M. Davy qui a fait connoitre l'acide phosphoreux hydraté pur. (Ch.)

PHOSPHOREUX (HYPO-) [Acide]. (Cfiim.) Nous devons la découverte de cet acide à M* Dulong.

Composition*

Oxîgène 37,44

Phosphore 100.

Préparation.

On met du phosphure de baryte dans Peaa ; il se dégage d'abord de l'hydrogène perphosphuré , ensuite de Phydrogène protophosphuré. Quand le dégagement se ralentit, on élève la température du liquide; enfin, qtiand il ne se dégage plus rien, on versé le tout sur un filtre. Il reste sur le papier du phosphate de baryte, mêlé d'une trè»-petite quantité 4o» 4v

Sa PHO

de pbospliure avec excès de base, et Ton obtient une sqIu^ tion d'bypppbç^pbite de bary,te. Pour en précipiter la ba«e ^ il faut 9jpérer de. la mapiére i^uivante. On partage la liqueur çn d^ux quai;iUtés iaë^^ales; dans la plus forte, on verse de. Tacide sulfurique en léger excès, pour que le sulfate de baryte , q^i se Çpjppç j puis&f être séparé facilement paç la fîltration ; puis on précipltç Texçèa^ d*2^çide svlfurique p.ar laporticMi ci'bypp.pbosphite qu'op a ^ï^isç de ç^^é.

L'acide byppphpsphoreux , ^iQsi prépi^içé, es^ étendu d'eau; si on le distille de mapière k l'amener dpuçement à ^a deneiié de i,^ e^viçon, on n'en dégage que de l'e^u j^nre*

Propriétés.

M. Duloi^g n'a, pu l'obtenir cristallisé -, il est spus la foxme d'un sirop.

11 a une «avenr très -acide.

Il est trés-soluble dans l'eau.

L'iode s'y dissout; l'eau est décompose: son oxi§ène se porte sur l'acide phosphoreux et son hydrogène forme de l'acide hydriodique.

Il décolore le sulfate rouge de manganèse, en s'emparant de l'excès d'oxîgène de l'oxide.

L'eau de chlore le convertit en acide phosphorique.

Exposé à l'air , il n'en absorbe pas l'oxigène. ( Ch.)

PHOSPHORIQUE [Acide]. (Chim.)

Composition*

Lar. Dayj. Rose. Berth. Berzelius. Dalong. Berzeliul.

Oxigène.. 164 53,5 53,8 54,42 119,39 124,8 128,17. Phosphore 100 46,5 46,2 45, 5& 100 100 iqo.

Préparation*

1. On peut faire l'acide phosphorique sec en brûlant du phospibore da^ du gaa; oxigène ou de l'air sçp* PpM? çcla on met du phosphojre dans une p.eti(e capsule 4'p4 4^ apioutpi^ ou coupelle ; on place ceUe<rcisup le mercure \ 00 la jc^çouy]?^ d'une cloche de vewje pleine d'air (pour d«fl^écheT le ga^, pA y laisse séjourner quelques morceaux de chlpryre dç ctUcium}* On élève Ict mercure aou9 le récipient \ m f#i^ rpvy iy m^ f<^

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recourbé , puis on plonge le crochet dans la coupelle où se trouve le phosphore. Celui-ci prend feu et donne naissance à une fun^ée blanche d'acide phosphorique qui se condense eo flocons sur les parois de la cloche.

Cet aeide est exempt d'humidité, mais il contient toujours un peu de silice et de potasse ou.de soude, par la raison, qu'il se trouve avoir le contact du verre à une température très -élevée. Lorsqu'on verse de l'eau dessus, il fai( entendre un petit bruit, et une portion reste sous la forme d'une gelée opaque.

2. Le meilleur procédé qu'on puisse suivre, est celui de Lavoisier. Il consiste à mettre dans une cornue tubulée à l'émeril , qui communique avec un ballon , 8 parties d'acidç nitrique à 32^, de f^ire chauffer, puis de projeter dans la cornue une partie de phosphore qu'on a divisée en plusieurs portions. On en ajoute de nouvelles, aussitôt qUe celles qu'on y a mises sont brûlées. Après que tout le phosphore est dis^ sous , on distille pour chasser la plus grande partie de l'ei^cès d'acide nitrique, puis on met la liqueur concentrée dans uii vaisseau de platine , où on la fait évaporer jusqu'à ce qu'elle soit en fonte vitre v^e.

Dans cette opération le phosphore s'empare de l'oxigène de l'acide nitrique , c'est ce qui est prouvé par le dégagement des ga^ a;iQte , nitreux et aeide nitreux , qui a lieu tant qu'il reste du phosphore à l'état combustible.

3. Un procédé économique pour faire l'acide phosphorique, c'est de traiter par l'acide nitrique l'su^ide phosphatiquç préparé pv le procédé de Pelletier. Il est plus économique que le précédent, parce qu'il faut employer beaucoup moins d'acide nitrique.

Propriétés de V acide hydraté.

L'acide phosphorique sec est vitreux ou sous la forme de

flocons blancs. Il n'a pas d'odeur; il a une saveur très-aigre ,

mais qui n'est pas caustique.

Sa pçsanteur spécifique est plus grande que celle de l'eau* Exposé au feu dans un creuset de platine , il se fond et

présente un liquide vitreux transparent. On peut le couler

4aju une capsule de platine.

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M. Davy prëtefid que Facide phosphorique anhydre est aussi fixe que Test Facide borique. M. Vauquelin prétend au contraire qu^il est volatil. Quand on fond cet acide dans des creusets de terre , il s'unit à la matière du creuset.

Il se décompose par la pile en oxigène, qui se dégage au pôle positif, et en phosfThore qui se dépose sur la surface électrisée négativement: comme il est non conducteur quand il est isolé, il faut Fbumecter légèrement à sa surface.

L'acide phosphorique n'éprouve pas d'altération de la part de Fair sec , mais il attire puissamment Feau de celui qui est humide*

L'acide phosphorique est très-soluble dans Feau; il forme un liquide oléagineux qui a une saveur très-aigre : et qui est susceptible de cristalliser. Quand on met de l'acide jpbosphorique bien sec dans un verre d'eau , il se brise en faisaht entendre de petites, détonations, dues vraisemblablement à la séparation subite de ses particules.

Il est probable que le bore et l'hydrogène décomposent l'acide phosphorique vitreux à une température roiïge.

Le charbon le décompose , et c'est sur ce procédé qu'est fondé l'extraction du phosphore des os. On pent s'en convaincre, au reste, en mettant i partie d'acide phosphorique vitreux et 5 p. de charbon calciné daiis une cornue de grès à laquelle on adapte unrécipient à moitié rempli, d'eau. Si l'on Teut recueillir les gaz , on adapte un tube au récipient. A une chaleur rouge -blanche l'acide est décomposé, le phosphore se sublime et l'on obtient du gaz oxide de carbone , un peu d'acide carbonique et du gaz hydrogène carburé { mais il faut observer que dans cette opération il y a beaucoup d'acide qui échappe à la décomposition par la volatilité , c'est pourquoi, lorsqu'on veut se procurer le phosphore, il est bien préférable de décomposer l'excès de Facide diï sur-phosphate de chaux au lieu d'agir sur l'acide pur.

Si le carbone enlève Foxigène à Facide phosphorique , le phosphore peut à son tour enlever Foxigène au carbone, qui est à l'état d'acide carbonique et engagé avec une base alcaline, de laquelle la cbaleur ne peut l'en d'égager, ou si elle l'en sépare, il faut qu'elle ait un certain degré d'intensité. Cela est dû à ce que le phosphore , Foxigène et la base sa«

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iîfiable du carbonate peuvent former une combinaison beaucoup plus fixe à une température très- élevée, que le carbone » Foxigéne et la même base. Pour faire Texpérience, on met du phosphore bien sec daps ua tube de verre vert luté; on a soin de fondre le phosphore dans le tube, afin d'en dégager Thuinidité. On y passe ensuite un papier Joseph | puis on remplit presque la totalité du tube de sous -carbonate de soude ou de chaux bieii desséchée On chauffe le tube de manière à ne faire. rougir, que le carbonate, ensuite on approche des charbons de Textrémité qui contient le phosphore, celui se vaporise et décompose Tacide carbonique ; il se produit du phosphate de. soude ou de chaux* On peut séparer le phosphate de spude du charbon au moyen dje l'eau bouillante , et le phosphate de chaux au moyen de Tacide nitrique ou hydrochlorique.

. Éla^y \ ' ' '

L'acide phosphorique ne se rencontre dans la nature qu'i l'état salin. (Ch.)

PHOSPHORITE. {Min.) C'estlenomnnîvoquequeKirwan a donné à la chaux phosphatée , et que nous avons adopté dans le tableau niiînélralôgique -inséré dans le tome XXXI, article Minéralogib , pag. 277. Voyez ce tableau et Chaux PHOSPHATÉE, tom. VIII, pag. 32^. (B. ).

PHOSPHURES- ( Chim. ) Combinaisons du phosphore avec les corps simples ou les oxides t{ui sont electro-positîfs , rela* tivement au phosphore.

Compasition.

D'après M. Dulong, il existe des phosphures métalliques a proportions fixes, qu'on peut obtenir, lorsque les métaux qui les forment ne se fondent pas au-dessous de 5oo à' 600**, en faiianC passer le phosphore en vapeur sur ces métaux chauffés ao rouge dans un tube de verre.

Ces phosphures correspondent aux protoxides, qui ont la propriété de neutraliser les acides, et leur composition es£ lelLe que , si le phosphore passe à l'état d'acide phosphorique , et le métal à celui de protoxide basique , l'oxigène absorbé

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par le premier est h l'oxigéne absorbé par le second , comme 5 : 2. '

' Noos traitons des phosphures à Pàrticle du corps qui est sùsêeptible de constituer un composé de et, genre en s'nnissant an phosphore , excepté cependant pour le phospbiire de carbone, qui est décrit au naot pBDSPBOne. Quant aux com«' binhisdnÀ du phosphore,

1.** Avec Ife chlore , il en tsi traité aux moto Ciiloro^ rnosPHOAiQUE (acide). Phosphore (vo3rèz Chliorurb de fhoïfrore);

•2.* Avec l'iode ,' au mol Pfaô'spHÔRE ; ,

' 3.* Avec le s6ufï*e, au ifaot Phosphore.

' Les phosphnrés métalliques sont solides; ceux qui t6nt fôN loféà de métaux peu fusibles , sont p]n^ fusibles que ces métàul ; tandis que les phosphures formés dé métaux fuisibDes soht moins fusibles que les métaux qui les constituent.

En général , ils ont Téclàt métallique et la propriété de cristalliser.

Ils sont cassans.

Une température élevée les décompose | sinon complètement , du moins en partie.

Excepté les phosphures des métaux^ de la 2.^ section ^ ils sont peu altérables à l'air aux températures ordinaires , et ils sont insolubles dans l'eau.

L'acide nitrique les convertit en phosphates. ,. Le meilleur procédé po^r phosphurer les métaux qui ne se fondent pas à 5oo^ , est le procédé de M. Dulong^ dont nous avons déjà parlé. Il faut que la température à laquelle on expose le métal, soit sufiSsante pour le faire rougir; mais non pour le fondre : il faut en outre que le métal soit en fils ou trés-divisé.

Le meilleur procédé pour phosphtirier les métaux qui tiennent peu à l'oxigéne , comme l'or , etc. , consiste à faire passer un courant d'hydrogène phùsphuré dans leur dissolution.

On peut encore se procurer des phosphures qui tiennent beaucoup de phosphore^ en faisant roùgîr les phiosphates au milieu du charbon ; mais Ib charbon et la chaleur expultsent presque toujours une portfon de phosphore» ( Ch. )

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PHOTIZITE. {Min.) C'est un màtigané^ fithoïdè , Brn^ faâtre^Tougeâirè, ^osàtre, ^assàïit tniêtii'è au fiàûiiàtre où au HanCy côMi^'àtetè', ayàiitt Tàpparefrce â*nn |d^ , uà p'éVi plue dur qù* le féfep^th; d'ùbe pteîjàh^éup spécifique de 2,6 à 5^ dîifficildàdîeht TusiBlé bt ^enteih'ént sur le^ atiglèà : à pè!u% transl'dcidè dAtis fe^ pàVties âiiûces.

Le jaune rosàtre est compbiié, d'après rànàly&ède Brandés*, de mtLnpLhëhe okidé 4^,i3 , àt silice 59, d'atièe carbonique 11, et d^eau 5. Il se h*6uVe à Schebi^h'oh , dâhs l^k ^envi'rons d'Elbingerode , au Harz^ avec Taliagite verdàtre, autre manganèse silicate et carbonate sans eau , suivant M. Duménxl y qui , d'ailleurs , n'en indique pas ndH plus dêM le photizite. Toutes ces espèces demandent à être étudiées plus exactement et k être déterminées avec plus de précision. Voyez Manganèse uthoïde. (B.)

PHOTOPHYGES ou LU€IFUGES -, Coleoptera lucifuga. (Ent.) Nous avons ainsi nommé une famille d'insectes coléoptères liétëroméréS) qui ont les élytres très-durs , soudés et sans ailes.

Leur nom emprunté du grec, Sndîqtie l'un^ dés principales particularités de lueurs ttœnrii, qui est dé é}iei*'cher les lieux peu édairéhy et de ïnàl>chet*, pour subvenir à leur nourriture, dans le mincis et l'obscurité des nuits. Le mot ^uyetç, signifie fiifarâ'y tï ^fi?c\ , "dh la ïutnière. La j[iïûpart dfe ces ihsectes IraMIèAt c^^èndant l^s {làys chlaudi ; ôfi tes trouve dâtts M lieux éridtt : ilà Hè pcuvWit ipTaS vol», pirté que l^ûY^ éïytres durs, soudés le long de la suture, ne sont propres qu-à prbtëgér leur àbdonfien ; ils sotit priver d'ailèé theiùbratiéuses.

Nous avotas (aie tepré^ènttsr utte espèce de chiacun des huil JSmrt^ qui coinpt»»knt cttte¥kmîlle> dans VtAlà^ qui fait partie' a* tfe ïM'ctïdnttaite , kur ftt piancbie 14. Ce sont : les Wap^j lès fhùélilÈb, to Eurychères , tes Akid'ei, lies Stâl^ireS, lëk St ^Wiès , les Érttdi'ès , l^ Zn^ho'ses et le» Tagëùies , qui s6nt ftcitès & distikipier tiàtt eux , ainsi que nious It verrons par le iftblèail ^optique qui tertnint cet àtiidié, th comidèrâiit lit IlôMié génétalie de léut- côrjps, celle dé leurs patteà où tûtikt dé leùti {atnbès.

Il est d'ailleurs âisè de dîstin^elr céitle famille de toute» celles qui sont coâipriseis datas le mèiiiie sous-ordre (voyei HÈrûKOwtnÉs) , en remarquant que dans les épispatiques seule-

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ment, comme les cantharides, les. ëlytres sont mous et flexihles; que dans. les ornéphiles et les ^sténoptères , comme les cistèles et les mordelles, les élytres sont durs et les antennes en fil, tandis que ces derniers organes sont en chapelet ou grenus , le plus souvent en masse , et les élytres non soudés entre eux dans les lygophiles, comme les ténébrions,etdans les mycétobies , comme les diapéres.

Voici le tableau des genres compris dans cette famille , tel que nous Tarons rédigé pour la Zoologie analytique^ n*** i35.

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