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« Les Japonois et les Chinois regardent l’anis étoilé com- « me une plante sacrée; ils l’offrent à leurs Pagodes, en « brûlent l'écorce comme un parfum sur leurs autels, et & en placent des branches sur les tombeaux de leurs amis.
« En Chine, les gardes publics pulvérisent l'écorce de « cet arbrisseau, dont ils remplissent de petites boîtes, « allongées en forme de tuyau, lesquelles sont graduées à « l’extérieur de distance en distance. Ils mettent le feu à « cette poudre par une des extrémités du tuyau: elle se « consume trés-lentement et d’une manière uniforme ; et
« lorsque le feu est parvenu à une distance marquée, ils. « sonnent une cloche, et par le moyen de cette espèce « d'horloge pyrrhique annoncent l'heure au public. ? Rozier,
Cours d’agrie. 1, p. 565. — Thouin, Dict. d’agr.2, p. 11. BaDrANE ROUGE, Îllicium floridanum, Linn., Ellis, Act. Angl. 1770, vol. 60, t. 12. Cette espèce croît naturellement dans la Floride occidentale, sur les bords de la rivière de S. Jean et aux environs de Pensacola. Sa tige est rameuse
et haute de cing à six pieds. Ses feuilles sont ovales, lan- ‘céolées, très -entiéres, et pointues aux deux bouts. Les
fleurs sont solitaires, axillaires, d’un pourpre foncé ; elles ont environ un pouce et demi de diametre.
BaDiANE PARVIFLORE , Îllicium parviflorum, Mich., Vent.
Descr. des pl. du jard, de Cels, pl. 22. Cet arbrisseau croît ‘également dans la Floride, sur les bords du lac S. Georges, ‘où il a été découvert par Michaux. Il s'élève à douze ou ‘quinze pieds de hauteur, et se distingue de la badiane rouge
par ses feuilles moins allongées , et surtout par sesfleurs, qui sont d’un nee pâle et trés-petites.
Cetté espèce et la précédente sont cultivées dans le jardin du Muséum d'histoire naturelle, et se multiplient facilement de marcottes ; on les élève dans des pots, que l’on
rentre l'hiver dans l’orangerie. Il paroît vraisemblable que ces arbrisseaux pourroient s’acclimater dans nos dépar- ‘temens méridionaux, comme les myrtes, les orangers, etc. Leurs fruits, qui sont presque aussi aromatiques que ceux de la badiane de la Chine, deviendroïent bientôt un objet, ‘de commerce intéressant, soit pour les liquoristes , soit pour les parfumeurs. (D. P.)
: BADINAGE. (Ornith.) C'est ainsi que, dans plusieurs départemens de la France, on nomme une chasse aux canards qui est trés-amusante : elle consiste en ce que, au moyen d’un ou de plusieurs bateaux que l’on a couverts de ramées et mieux encore de roseaux verts, on s'approche le plus lentement possible des canards qui sont disséminés ça et la sur la surface des eaux des étangs ou des lacs,
en ramant sans bruit à l'arrière du bateau. Pour les .
rassembler on lèche un petit chien dressé à cet exercice : il file, en silence et à la nage, vers ces oiseaux, qu’insensiblement la crainte d’un ennemi fait fuir et se rassembler , et il les dirige ainsi, sans qu'ils s’en doutent , du côté des bateaux , dont la verdure leur fait illusion. C’est à ce moment qu’on les tue de deux manières, ou un à un et sans bruit, avec une forte sarbacane; ou bien on tire sur la
troupe, lorsqu'elle est rassemblée à une distance trop grande
pour que la sarbacane puisse les atteindre, avec un fusil à gros calibre qui, en écartant le plomb meurtrier qu'il lance, tue ou blesse un grand nombre de ces animaux : mais ce dernier moyen ne peut avoir lieu qu’une seule fois; car les canards, qui ont une sorte de mémoire, d’un danger surtout auquel ils ont échappé, reconnoissent le piége qui les a trompés, et ils ont soin d’en éviter de nouveau l’approche. | :
Dans certains pays on faisoit jadis cette chasse d’une autre manière. On fabriquoit en terre, sur le bord des grands étangs, des trous que l’on recouvreit d’une espèce
de toiture inclinée d’avant en arriere, et tellement dispo-
sée qu’elle ne laissoit au chasseur, dont la tête seule sur-
passoit le sol, que la liberté de manier son arme. En au-
tomne on Epuro la toiture de cette fosse avec des roseaux verts, et en hiver on répandoit dessus de la neige, lorsque la terre en étoit couverte. Alors le chasseur, en embuscade
dans cette loge et armé d’un fusil à deux coups, tiroit
son pronmer sur la troupe qu’un ou deux bateaux ; couverts à la maniére ci-dessus indiquée, avoient fait filer vers lui ;
il tiroit son second coup sur les canards que la premiére
explosion avoit mis en fuite dans les airs, et rarement cette chasse étoit sans succès: mais elle ne duroiït que quel-
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ques jours, parce que bientôt ces oiseaux défians reconnoissoient le piége et ne vouloient plus en approcher. En hiver la ressource des bateaux étoit ordinairement impossible , à raison des glaces qui couvroient la surface de l’eau; mais, dans ce cas, on établissoit sa loge près de la source -de quelque fontaine qui alimentoit l'étang, et on étoit sûr d’y tirer des canards qui ne manquoient jamais de s'y rabattre. (S.G.)
BADINDJAN (Bot.), nom arabe de la melongène, solanum melongena, L., selon Forskal. Sloane, dans son His- foire de la Jamaïque , indique comme synonymes de ce imot deux autres mots arabes, bendingian et bafhleschaian, dans lesquels on reconnoît en effet le même nom différemment orthographié.
D'Herbelot (Bibliothèque orientale) A rc sous Ines noms arabes de badelgian et badingian le fruit du solanum pomiferum, que nous connoissons sous les noms de verangénés et pommes d'amour. Il regarde ces mots arabes comme formés par corruption du persan badinghian, dont les Espagnols ont fait verangenas et berangenas; les Italiens, melanzana, et les botanistes anciens mala insana. Cette dernière dénomination n’a donc pas son origine dans la propriété os ce fruit de produire la folie d'amour, et c’est à tort qu’on en a tiré le nom françois de pomme d’amour. LHAHP'A)
BADOK - BANKON. ( Bot.) On nomme ainsi à Java une plante qui est le ballota disticha , Burm. Ind., p. 126. (J.)
BADULAM. ( Bot.) On nomme ainsi à Ceilan un petit arbre de la forme d’un cerisier (Burm. Zeyl.222, t.103), qui est l’ardisia humilis des botanistes, et dont les fruits sont administrés avec succès sous forme de rob as les fièvres ardentes. (J.)
BADURA. ( Bot.) Voyez Banpura.
BÆKER -KÆRÆS. (Orrith.) Corneille Lebruyn, tom. 4, p. 45 de ses Voyages, parle, sous ce nom, d'oiseaux plus grands que la perdrix grise, mais qui bide la ressemblance avec elle, quoique leur ventre et leurs ailes soient blanchätres. Ils volent de compagnie, assez haut, et se plaisent dans les terres labourées. Lebruyn, qui en à