‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 111 sur 160 · ON · texte numérisé non relu

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La baleïne offre donc, pour caracteres distinctifs, des fanons en place de dents, une peau nue et de diverses couleurs, des mamelles, des évents, des nageoires au lieu de bras, point d’extrémités postérieures, le sang rouge et chaud, deux ventricules et deux oreillettes au cœur, des vertébres et des. poumons.

Il n'existe sans doute sur la surface du globe aucun objet plus digne de fixer l’attention de l'homme et du naturaliste surtout, que la connoiïssance de cet être qui, par sa stature colossale, étonne et saisit d’admiration.

Nous nous garderons bien de parler ici de ces monstres hyperboréens, dont l'existence fabuleuse, enfant de la terreur et d’une imagination exaltée par l’effroi, fascina jadis les yeux de certains pêcheurs, au point qu'ils crurent voir sur l'Océan un monstre, qu’ils ont nommé kraken, qui avoit, selon eux, plusieurs milliers de-métres de longueur; qui, lorsqu'il s’étendoit comme un long banc de sable, présentoit l’image d’un amas de rochers; qui, en s’agitant, ainsi qu’un polype gigantesque, relevoit ses bras comme autant de mats démesurés; dont les pores répandoïent un liquide abondant qui attiroit sa proie; qui, enfin, en agissant comme un volcan sous-marin, entr'ouvroit son large dos pour y engloutir, ainsi que dans un gonfire profond, des légions de poissons et de mollusques.

Sans avoir recours à un merveilleux chimérique qui an’exista jamais, la baleine est plus que suffisante par ellemême pour nous étonner et nous surprendre.

En effet, lorsque le temps n’a pas manqué à son entier développement, cette reine dominatrice des ondes présente des dimensions effrayantes ; car il n’est nullement douteux qu'on n'ait vu de ces animaux, à de certaines époques et dans de certaines mers, de la longueur de prés de cent mètres (trois cents pieds), et dont le poids excédoit plus de cent cinquante mille kilogrammes (trois cent mille livres ).

Parmi les individus de ce genre que l’on rencontre à -une grande distance du pole arctique, i} s’en trouve encore aujourd’hui qui ont depuis vingt jusqu'a quarante mètres {de soixante à cent vingt pieds) de longueur, et dont la

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circonférence , dans l'endroit le plus gros de leur corps, surpasse la moitié de leur longueur totale.

: On se tromperoit néanmoins si l’on s’imaginoit que toutes les espèces du genre des baleines ont reçu de la nature des dimensions aussi considérables ; il s’en trouve parmi ellés qui n’ont que huit à neuf mètres (de vingtquatre à vingt-huit pieds) de longueur : leur forme d’ailleurs est différente, suivant les différentes espèces.

Les unes présentent l’image d’une sorte de cylindre immense et irrégulier , dont le diamètre est a peu près égal au tiers de la longueur totale ; les autres offrent une forme plus épaisse à l'endroit seulement de l'insertion de la tête avec la queue; enfin, il y en a d’autres dont le corps ne paroît être autre chose que deux cônes accolés l'un à l’autre par leurs bases ; et on peut dire que, généralement parlant, l’ensemble de la baleine est une ellipse plus ou moins parfaite.

Les deux mâchoires des différentes espèces de baleines

me sont pas conformées de même dans toutes. Dans les unes , elles sont à peu prés de même longueur; dans les autres, tantôt c’est la mâchoire supérieure qui dépasse l’inférieure, et d’autres fois c’est l'inférieure qui est la plus longue : il y en a qui se terminent en pointe, tandis que les autres ont leurs bords arrondis et comimne festonnés. L'ouverture de la bouche de certaines espèces, telles que la baleine franche, est si vaste que, suivant Duhamel - Dumonceau, un de ces individus, pris dans la baie de la Somme, en 1726, et qui n’avoit encore que vingt - quatre mètres (soixante - dix pieds) de longueur, avoit la bouche si grande que deux hommes pouvoient y entrer sans se baisser. La capacité de la bouche de plusieurs espèces du rorqual est immense; elle s'ouvre à un tel degré que quatorze hommes peuvent se tenir debout dans son intérieur, et que, au rapport de Sibbald, on a vu une chaloupe et son équipage entrer dans la gueule ouverte d’un de ces anim?ux échoué sur le rivage de l’Océan. L’une et l’autre des deux mächoires des baleines sont absolument dégarnies de dents, et, à leur place, la supérieure est occupée par des lames que l’on a désignées sous le nom de fanons,

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Chacun de ces fanons est composé de poils, ou, pour mieux dire, de crins, placés les uns à côté des autres, dans le sens de leur longueur; ils sont trés-rapprochés, réunis et comme collés ensemble par une substance glutineuse, qui, en se séchant, donne à la surface de chaque fanon une couche unie, luisante et à peu prés semblable à celle de l’écaille ou de 1a corne : ils ont presquè toutes les propriétés de cette derniére substance. ,:

Tous ces fanons, pris en particulier, sont allongés et ont la forme d’une lame de faux : ils se courbent un peu dans leur longueur comme cet instrument; ils diminuent insensiblement en hauteur et en épaisseur, de la base à la pointe. Leur bord, inférieurement tranchant, est un peu concave ;

ce même bord est garni, de bas en haut, d’espèces de crins

désunis, qui offrent à la vue une sorte de frange, d'autant plus touffue et plus longue que approche CHARS de l'extrémité du fanon.

La couleur ordinaire de ces lames cornées est d’un noir marbré par des nuances moins foncées : néanmoins il ar-

rive assez fréquemment que ces fanons étant cachés sous

un épiderme grisètre, ils en présentent extérieurement la couleur.

Dans l’intérieur de la bouche de la baleine s'étend, de-

puis le bout du museau jusqu’à l'entrée du gosier, un os qui est recouvert d’une substance blanche et ferme, à laquelle on a donné le nom de gencive : c’est le long et de chaque côté de cet os que les fanons sont situés, dans une foible inclinaison d’avant en arrière. La base de chacun d’eux entre dans cette gencive, la traverse et va péné-

trer jusque dans l’os de la mâchoire, tandis que la partie.

convexe de chaque lame s'applique contre la voûte du palais, qui semble alors comme hérissée de poils tres-

durs, et dont la longueur , en eo les lèvres, y

forme uue espèce de barbe; ce qui fait qu’ on | COAE souvent cette dénomination aux fanons.

Le palais des baleines étant ovale , on conçoit facilement que les fanons , qui sont situés dans le milieu de la longueur de cette partie de la bouche, doivent être d’autant plus longs qu’ils sont plus voisins de son plus grand

diamètre, et que les plus courts doivent nécessairement être situés à l’entrée du gosier et vers le bout du museau.

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Il y a de ces lames qui ont jusqu’à cinq mètres (vingtcinq .pieds) de longueur; leur base, qui pénètre dans la gencive jusqu'à quatre ou cinq décimètres (de deux à quatre pieds) de profondeur, a deux ou trois centimètres {un pied ou un pied et demi) d'épaisseur, et l’on compte, de chaque côié de chacun des os de la mâchoire, trois ou quatre cents de ces lames.

Outre celles dont il est ici question, on remarque encore, - au-dessous de l’extrémité de l'os du palais, d’autres lames de même nature, qui sont très-petites, et qui sont couchées en recouvrement les unes sur les autres, de la même manière à peu près que le sont les écailles qui revêtent le corps de la plupart des poissons : il parofit que l’usage auquel la nature a destiné ces dernières lames, a éié de s’opposer à ce que l'extrémité de la mâchoire, queique mince et quelque tranchante qu’on puisse la supposer, blessät la lévre inférieure. |

Chacune de ces lames élastiques est accompagnée dars son développement par d’autres lames, qu’on a nommées intermédiaires, parce qu’en effet elles sont placées entre les fanons, qu’elles séparent l’un de lautre. On juze sans peine que ces lames étant formées dans le même temps, et ne faisant qu'un seul et même corps avec les fanons, elles doivent nécessairement les renforcer et les maintenir à leur place.

Toutes les espèces de baleines cependant n’ont pas leurs fanons aussi longs que ceux de la baleine franche, dont nous venons de parler; quelques-unes les ont si courts que souvent ils n’ont pas un tiers de mètre (un pied) de hauteur : mais dans toutes, ces lames sont également bordées de .crins touffus, de diverses couleurs, inégaux et souvent tres-longs.

La langue des baleines est ordinairement épaisse, charnue, grasse, molle et spongieuse. Sa longueur surpasse quelquefois neuf metres (vingt-sept pieds), et sa largeur est de trois ou quatre (de neuf à douze pieds); elle peut

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donner plus de six tonneaux d'huile. Dans quelques espèces elle n’est recouverte que d’une peau mince et lisse, tandis que dans d’autres elle est entièrement hérissée d’aspérités ; sa couleur est presque toujours blanche , tachetée de noir sur les côtés.

Quoique adhérente à la machoire inférieure, cette langue est néanmoins susceptible de quelques mouvemens; certaines espêces peuvent même, dans plusieurs circonstances, la soulever, la gonfler, pour ainsi dire, et l’étendre jusqu'au bout de leur museau.

La base de cet organe est, dans ee nn recouverte d'une peau lèche qui se porte, vers la racine, sur l’orifice du gosier, et en rétrécit l’entrée au point que des poissons un peu gros ne pourroient pas y passer.

Le gosier de la baleine franche est beaucoup plus étroit qu'on ne seroit tenté de l’imaginer en voyant l'étendue immense de la gueule de ce monstrueux animal. Son œsophage, qui est intérieurement revêtu d'une membrane glanduleuse et plissée, a cependant plus de trois mètres (neuf pieds) de longueur. :

Le gosier de la baleinoptère à museau pointu a aussi tres-peu de largeur; on y remarque cependant un organe particulier, qui est une espèce de grande poche ou vessie aérienne, placée dans l’intérieur des deux branches de la màchoire d'en bas, et qui s’étend le long du dessous du corps. Cette poche, que l’on peut considérer comme une sorte de vessie natatoire, que ce cétacé a la faculté de gonfler quand il le veut, en la remplissant de l’air atmosphérique qu’il reçoit par ses évents, est susceptible de donner à cet animal un diamètre de près de trois mètres et demi (onze pieds); ce qui lui imprime nécessairement une légéreté extrême. Un des organes des baleines, qui mérite le plus de fixer l'attention, est , sans contredit , l’œil de ces animaux : nous examinerons les rapports de sa structüre avec la nature de l'élément liquide qu’ils habitent, en traitant, ci-apres, de leurs différens sens, et de ceux de la baleine franche en particulier; qu’il nous suffise de jeter ici un coup d'œil rapide sur le lieu seulement que cet DEN IE occupe sur leur tête,

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Dans presque toutes les espèces de baleines l’œil est également éloigné des évents et de l’extrémité du museau; il est placé sur une sorte de petite convexité qui s'élève au-dessus de la surface des lèvres, et qui permet à l'animal de diriger cet œil de manière à pouvoir considérer un objet un peu éloigné et de le voir de ses deux yeux à la fois. Cet œil, trés-écarté de celui qui lui est opposé, est situé immédiatement au-dessus de la commissure des lévres, conséquemment trés-prés de l’épaule. Son cristallin, sphérique, est absolument conformé comme celui des poissons:

il est garni de paupières semblables à celles des autres mam-

mifères, dont elles différent cependant en ce qu’elles sont

presque immobiles, à raison de la quantité de graisse hui- leuse qui en gonfle l'intérieur ; ces paupières sont d’ailleurs dénuées de cils. |

Les yeux des baleines sont généralement trés-petits, eu égard à l'énorme volume du corps et même de la tête de ces animaux; car, dans la baleine franche, qui est la plus grosse espéce de ce genre, le diamètre de cet organe n’est guère que la cent quatre-vingt-douzième partie de la longueur totale de son corps.

Le défaut d'oreilles extérieures, qui lie les baleines et tous les cétacés en général avec les phoques, les éloigne par là de tous les autres mammifères : ce caractère pourroit même être placé avantageusement parmi ceux qui distinguent d'une maniére particulière les animaux qui passent la plus grande partie de leur vie dans le sein des eaux douces ow salées. |

La disposition intérieure de cet organe présente des particularités intéressantes , que nous développerons en traitant de chacun des différens sens de ces animaux; ici nous nous bornerons seulement à l’examen de la position de son orifice extérieur, qui, dans la baleine franche comme dans toutes les autres espèces de ce genre, n’est autre chose qu'un canal cartilagineux trés-mince, qui part du tympan, serpente dans la couche de la graisse, jusqu’à la surface de la peau, et s’y ouvre à l'extérieur un petit trou presque imperceptible, qui n’est terminé par aucun vestige de conque ou d’oreille externe : ce canal perce l'os maxillaire

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424 | BAË supérieur, et vient aboutir au-dessus de l’évent par un ori-

tice qu'une valvule rend impénétrable à l’eau que cet évent lance avec la plus grande force. |

On a cru que les baleines conservoient aprés leur nais-

sance le trou ovale qui est ouvert dans les mammiferes avant qu'ils ne voient la lumière, et au moyen duquel leur sang peut passer d’une partie du cœur dans l’autre sans circuler par les poumons : cette opinion est fausse, et il est constant que les cétacés ne peuvent se tenir entierement sous l’eau que pendant un temps assez court, qu'ils sont même forcés de venir fréquemment à sa surface pour y respirer l’air atmosphérique au moyen de leurs évents.

On donne le nom d’évents à deux canaux situés vers le milieu de la grande voûte de la tête, un peu en arrière ‘de la partie où s’élève une bosse sur laquelle leur orifice

est placé; ils partent du fond de la bouche, parcourent,

obliquement et en se courbant, l’intérieur de la tête, et aboutissent vers le milieu de sa partie supérieure. Ces crganes respiratoires n’ont ni la même forme ni la même situation dans les différentes espèces de baleines : chez les unes, ils représentent deux petits croissans, un peu séparés l’un de l’autre, et dont les convexités sont opposées; dans les autres ce sont deux ouvertures absolument circulaires , quelquefois assez éloignées l’une de l’autre ; et d’autres fois si rapprochées qu’elles semblent ne former qu'un seul et même orifice, dont le diamètre extérieur est ordinairement le centième environ de la longueur totale de l'individu. i

Les évents servent à rejeter l’eau qui pénètre dans l’intérieur de la gueule de la baleine, ou à introduire jusqu’à son larynx, et par conséquent jusqu'a ses poumons, l’air nécessaire à la respiration de ce cétacé, lorsque, nageant entre deux eaux, il n’a pu aspirer l'air sans aspirer en même temps par la bouche une trop grande quantité de ce fluide.

La baleine fait sortir par ses évents un volume d’eau si cousidérable qu'il suffit pour remplir en u» instant un canot. Elle lance ce fluide avec tant de rapidité, surtout lorsqu'elle est agitée par quelques affections violentes, telle

que la douleur occasionée par quelques blessures, que lè bruit s’en répand fort au loin, et qu’il effraie ceux qui l’entendent pour la première fois : on prétend que l’eau que la baleine franche fait jaillir de ses deux évents s'élève à plus de treize mètres (trente-neuf à quarante pieds) de hauteur, et qu elle communique a la surface de la mer un mouvement que l’on aperçoit à une distance de plus de deux mille mètres (six mille pieds).

L’organe par lequel la baleine fait ainsi jaillir l’eau audessus de sa tête, par ses évents, consiste dans deux grandes poches membraneuses couchées sous la peau, au-devant de ces orifices, avec lesquels elles communiquent : des fibres charnues, très-fortes, partant de la circonférence du crane, se réunissent au-dessous de ces poches, et les com-. priment violemment à la volonté de l’animal. e

Lors donc que ce cétacé veut se débarrasser de la quantité d’eau superflue eee a dans sa bouche, il l’avale; mais, comme il ferme en même temps son pharynx, il force ce fluide à remonter dans les évents, où ilsoulève, par le mouvement qu'il lui imprime, une valvule charnue placée dans l'évent même et vers son extrémité supérieure, au-dessous des poches : l’eau pénètre donc dans ces poches; la valvule se referme alors et empêche que ce liquide ne rentre dans la bouche lorsque l’animal, én comprimant ces mêmes poches avec violence, le fait jaillir dans l’air à une hauteur proportionnée à la foree de compression de ces bourses.

Les baleines sont de véritables animaux bipédes, ou piutôt ils sont sans pieds, et n’ont que deux bras, dent ils se servent pour ramer, se battre et soigner leurs petits. Ces deux bras peuvent être comparés aux deux nageoires pectorales des poissons, dont ils différent, cependant, en ce qu’au lieu d’être composés, comme celles-ci, de rayons liés entre-eux par une membrane, ils sont formés d’os, de muscles, de chair tendineuse, et recouverts par une peau épaisse, mais dont l’ensemble présente une espèce de sac aplati, arrondi dans la presque totalité de sa circonférence, et terminé en pointe : ils sont pius,ou moins longs et plus ou moins larges suivant les différentes espèces, ayant dans toutes assez d’étendue pour faire l'office de rames tres-agi-

les et très-fortes. L'insertion de leur base avec le corps est plus ou moins près de la commissure des lévres.

Indépendamment de ces deux nageoires pectorales, la

plupart des espèces de baleines ont de commun avec les poissons une nageoire dorsale, qui affecte différentes formes: et qui est située plus ou moins près de l’orifice des évents ou bien de l’extrémité de la queue : la baleine franche en est absolument dépourvue.

. La queue des cétacés , longue, forte, flexible et rapide dans ses mouvemens, est agrandie, à son extrémité, par une large nageoire horizontale, composée de deux lobes ovales, qui par leur réunion produisent un croissant échancré, et dont chacun peut offrir un mouvement trés-rapide, un jeu fort varié et une action indépendante. Ces lobes sont si longs, dans quelques espèces de baleines, que, du bout de l’un à l'extrémité de l’autre, il y a une distance des trois septièmes environ de la longueur totale de l’animal. C’est cette queue, si puissante pour leur natation, si redoutable dans leurs’ combats, qui remplace les extrémités postérieures qui manquent absolument à ces mammifères.

Si la présence de ces trois nageoires donne à la baleine un trait de ressemblance avec les poissons, et semble l’éloigner par là des mammiféres, elle l’en rapproche par les organes qui lui servent à perpétuer son espéce.

Le mâle est pourvu d’un balenäs, long de trois metres (neuf pieds) à peu prés, et large de deux décimétres (huit pouces); il est renfermé dans une double peau, et intérieurement il est composé de branches, d’un corps caverneux, d’une substance spangieuse , d’un urètre, de muscles érecteurs et de muscles accélérateurs : cet organe est accompagné de deux testicules, placés à côté l’un de l’autre ét situés au-dessus des muscles abäominaux. Na

De chaque côté de la vulve de la femelle, qui est pourvue d’un clitoris, d’un méat urinaire et d’un vagin, on distingue, à une petite distance de l'anus, une mamelle placée dans un sillon longitudinal plissé ; dont la peau est moins dure et.moins serrée que celle qui revêt le corps de cet animal : cette mamelle est aplatie et peu apparente, si

ce n’est dans le temps où la baleine allaite; alors ce ré« servoir lacté s’étend de manière à équivaloir‘à prés du cinquantieme de la longueur totale de ce cétacé. Le lait de la baleine ressemble 57:27 a celui de la vache , mais il contient plus de crême et une ve grande quantité dé substance nutritive.

L'orifice de l'anus, qui consiste dans une ouverture ronde ou ovale, ést situé entre les parties de la génération et l'extrémité de la queue. |

La peau de la baleine, dénuée d’écailles, de tubercules et de poils, est très-forte, quoiqu’elle soit percée d'une multitude de grands pores ; elle a, dans certaines espèces, plus de deux décimètres (huit pouces ) d'épaisseur.

L’épiderme qui la recouvre est trés-lisse, trés-poreux et . composé de plusieurs couches ; il est luisant parce qu'il est enduit et pénétré d’une sorte d’huile qui, aux rayons du soleil, le fait paroître resplendissant comme un métal poli Cette huile dont il est imprégné, outre qu’elle diminue la rigidité de la peau, la préserve des altérations que le séjour alternatif de la baleine dans l’eau et à la surface des mer pourroit lui faire éprouver. |

Le tissu muqueux qui sépare l’épiderme de la peau est plus épais que dans les autres mammifères ; sa couleur, qui se communique à celle de la peau la plus extérieure, ou à l’épiderme, varie beaucoup, non -seulement dans les différentes espèces de baleines, maïs souvent aussi dans la méme, à raison de l’âge, du sexe, et peut-être de la tempéra= ture du séjour habituel de ces animaux. Dans les uns elle est quelquefois d’un noir pur et profond, d’&utres fois d’un noir nuancé de gris : plusieurs espèces sont moitié brunes et moitié blanches; il s’en trouve qui sont jaspées ou rayées de noir et de jaunâtre; souvent le dessus du corps est brun ou noir, tandis que le dessous est d’une blancheur éclatante. Presque toutes les baleines du Spitzberg sont entierement blanches ; il y a de ces cétacés qui sont marqués irrégulièrement de blanc sur un fond noir ou gris, parce que les diverses cicatrices qu'ils ont reçues produisent ordinairement sur leur peau une tache blanche.

La chair qui est au-dessous de l’épiderme et de la peau

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