‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 123 sur 160 · LL · texte numérisé non relu

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et viclemment tendue, se casse ; ou bien que le harpon $e détache du corps de la baleine en déchirant ses chairs ; d’autres fois les pêcheurs, pour éviter d’être précipités sous les glaces, sont forcés aussi de couper eux - mêmes la cordé

et d'abandonner leur proie avec les lignes et le harpon qui

y est attaché.

Mais lorsque le service se fait avec exactitude, la seconde chäaloupe, arrivée au moment convenable, vogue vers la baleine barponnée ; et le harponneur de ce second bâtiment la harponne. de nouveau ou bien l'attaque avec la lance. L'animal plonge une seconde fois et fuit avec vitesse; on le poursuit avec courage et on É suit avec précaution.

Après cette seconde attaqie la baleine ne tie gueres

à reparoître à la surface de l'Océan , surtout si quelque coup de lance a pénétré jusqu’à ses poumons; ce que l’on reconnoît par la quantité de sang qu’elle rejette par ses deux évents : on ose alors l’approcher de plus prés et la frapper à coups redoublés. | Bientôt elle s'arrête, et, réduite aux aboïs, elle ne peut plus que soulever. son énorme masse et parer, autant qu'il lui est possible, avec ses nageoires, les coups qu'on lui porte encore. C’est à ce moment surtout, où elle combat contre la mort, qu’on a soin d'éviter avec précaution sa terrible queue, dont un seul coup feroit voler les chaloupes

en éclats. - Les habitans de quelques îles voisines du Kamtschatka

vont, pendant l'automne, à la recherche des baleines fran- h

ches, et lorsqu'ils en aperçoivent d’endormies, ils s’en approchent en silence et les percent avec des dards em-

poisonnés, dont la blessure cruelle fait éprouver les tour-

mens les plus insupportables à cet animal, qui s’enfle et qui périt en poussant des mugissemens horribles.

Duhamel dit que dau: l'Amérique septentrionale, prés des rivages de la Floride, des sauvages aussi audacieux et adroits qu’exercés à nager et à plonger, se sont rendus maîtres de baleines franches en se jetant sur leur tête et en enfonçant dans un de leurs évents un premier cône de bois ; qu’en se cramponnant à ce cône, ils se sont laissé

BAL | 564, entraîner sous l’eau , et que, revenant ensuite à la surface avec l'animal, ils ont fait entrer un autre cône dans le second évent ; qu’ils ont forcé par ce moyen ces baleines à venir s’échouer sur des bas -fonds, afin d’y tenir la bouche ouverte , ne pouvant plus respirer que par cet organe sans courir les risques de périr en avalant un fluide qu’elles ne peuvent plus rejeter par leurs évents entiérement bouchés.

Lorsqu'on s’est as$uré que la baleine harponnée est morte : et qu'on n’a plus à redouter les funestes effets de sa fureur expirante, on passe un nœud coulant par-dessus la nageoire de la queue, ou bien on perce les nageoires pectorales et la queue, afin d’y attacher des cordes, pour remorquer l’animal que les chaloupes entraînent vers le navire ou vers le rivage où on doit le dépecer. On hâte le plus vîte possible cette opération, dans la crainte que la baleine ne soit entraînée par quelque courant, ou ne s’enfonce, pour ne plus reparoître a la surface de l’eau qu’aprés la putréfaction de ses organes intérieurs. |

Quand son cadavre est ainsi amarré au navire, on le tourne de maniére que sa gueule, que l’on a soin d’élever au-dessus de l’eau, ne puisse pas s’en remplir. Des dépeceurs, en bottes armées de crampons de fer, afin de se tenir fermes sur ce corps glissant ,; commencent alors l’opération du dépécement. Deux d’entre eux se placent: sur la tête et sur le cou de l’animal, et deux harponneurs sur-son dos; en avant et en arriere sont rangées des chaloupes montées par des aides, qui ont soin d’éloigner du cadavre les oiseaux d’eau qui seroient assez osés, malgré la présence des dépeceurs, pour se précipiter hardiment et en grand nombre sur le lard et sur la chair de ce cétacé. Cette. occupation a, valu aux aides le nom de cormorans : ils ne se bornent cependant pas à cette seule fonction ; ils sont aussi destinés à fournir aux travailleurs les instrumens dont ils peuvent avoir besoin.

On commence le dépécement frés-prés de l'œil, derrière la tête. La première pièce de lard qu’on enlève se là,

dans toute la longueur du corps, jusqu’à la queue, et que Von nomme pièce de reviréement, a deux tiers de mètre 3 30

{deux pieds) de largeur sur une longueur ordinairement de dix mètres (30 pieds ), lorsque l'animal ne fournit que deux cent cinquante myriagrammes (5000 livres) d'huile et cent myriagrammes (2000 livres) de fanons. Toutes les autres pièces que Fon coupe ensuite, toujours dans la même direction que la première, ont communément un demi-mètre (18 pouces) de large sur toute l'épaisseur du lard. On tire ces diverses bandes de dessus le navire , au moyen de crochets ; on les jette dans là calle par lé Eee et la on les arrange. HS ET ES

Lorsque le prémier côté est ainsi dépoiité de tout son lard , après avoir retourné ce cétacé sur son axe longitudinal, on passe au côté correspondant de la tête, que l’on dépèce de la même manière : mais auparavant on coupe la langue le plus profondément possible, et avec d'autant plus de soin que celle: d’une baleine franche érdinaire donne communément six tonneaux d’une huïle que l’on dit plus sèche que celle que Von extrait des autres parties du corps : on ouvre, pour cette opération, avec des cordes ou avec d’autres instrumens convenables, sa gueule au point que les dépeceurs peuvent couper facilement cet organe , ainsi que les fanons jusques dans leurs racines:

Ces opérations étant finies, et le corps de la baleine étant ainsi dépouillé de tout ce qu’il offre de lucratif, on en repousse la carcasse, qu’on laisse aller à la dérive, et sur laquelle les oiseaux d’eau, ainsi que les ours marins, tombent avec une extrême voracité pour faire curée des parties charnues ou graisseuses, ainsi que des intestins:

Si l’on veut arranger le lard dans des tonneaux, apres en avoir séparé la couenne, on le coupe par morceaux carrés et on l'entonne. Si au contraire on veut le fondré à l'instant , soit à bord du vaisseau, soit dans un atelier établi à terre, on se sert de chaudières de cuivre rouge ou de fer fondu, suffisamment grandès pourfcontenir chacune cinquante tonneaux à peu prés de graisse huileuse. On pose ces chaudières sur un fourneau de cuivre, sur lequel on les maçonne, dans la crainte que, venant à se renverser, elles n’occasionnent un incendie dangereux; où remue avec soin ce lard tandis qu’il commence à se fondre;

trois heures aprés, on puise l'huile avec de grandes cuillers de cuivre, et on la verse sur une grille qui recouvre un grand baquet de bois, afin de la purifier en retenant les morceaux qui ne sont pas susceptibles de .se fondre et que l’on a nommés lardons.

De ce premier baquet de boiïs l'huile, encore bouillante, tombe en coulant. dans un second, de celui-ci dans un troisième, et enfin dans un quatriéme, tous remplis , jusqu'aux deux tiers de leur hauteur , d’eau froide , sur laquelle, en se figeant , cette huile se purifie par le départ des matières étrangères, qui se précipitent au fond de ces baquets, d’où on l’introduit, par un long couloir, dans les tonneaux destinés à la porter au loin et à la renfermer dans son trajet. | x

Le profit que l’on retire de la dépouille de la baleine franche ne consiste pas seulement dans l’huile qu’elle fournit; on livre encore au commerce et aux arts les fanons que l’on a extraits de sa mâchoire supérieure: mais au préalable on doit leur faire subir une préparation qui consiste à les séparer les uns des autres et à les fendre ensuite, dans le sens de leur longueur, avec des couperets bien aiguisés. On les met dans de l’eau froide et quelquefois dans de l’eau chaude ; souvent même on les attendrit dans l'huile extraite de ce cétacé : au bout de quelques heures on les retire, on les ratisse, on les brosse, et on les place un à un entre deux planches bien polies et en compresse, afin de les redresser ; on les racle de nouveau; puis, aprés avoir coupé leurs extrémités, on les expose à l'air, à l'abri des rayons du soleil, afin qu'ils se séchent sans se corrompre ou s’altérer.

C’est après ces procédés que l’on Mive les fanons . la baleine à plusieurs usages dans le commerce social ; on en met dans Les corselets des femmes pour les fortifier ; on en forme des côtes ou branches de parapluies, on en monte des verres de lunettes ; on en garnit des éventails, ou on en fait des baguettes de fusil, ainsi que des cannes flexibles et légères.

Les intestins de la baleine servent, dans certains pays, à remplacer les verres des fenêtres ; ses tendons fournissent des fibres propres à faire des filets; on fabrique de trés-

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bonnes lignes avec les crins qui terminent ses fanons ; et, dans plusieurs pays, on emploie ses côtes, ainsi que les grands os de ses mâchoires, pour composer la charpente des cabanes ; ou bien pour enclore des jardins et des champs, comme certains particuliers, autour et hors de Paris, closent leurs héritages avec les noyaux des cornes de bœufs et le crâne de ces animaux, qu’ils lient ensemble avec de la boue ramassée dans la rue. |

Les Groenlandoïs, ainsi que plusieurs peuples des contrées du Nord, trouvent la peau et surtout les nageoires de la baleine très-agréables au goût. Sa chair, fraîche ou salée, a souvent servi de nourriture aux équipages basques. Colnett rapporte que le cœur d’une jeune baleine, qui n’avoit encore que cinq métres (15 pieds) de longueur, et que lon avoit prise dans le grand Océan équinoxial, parut un mets exquis à tout son équipage. Si nous consultons Duhamel, il nous assure que la langue de la baleine franche, lorsqu'elle à été salée, est un manger délicat et qui est même fort recherché.

Puisque l’on retire des avantages aussi nombreux de la baleine , doit-on être étonné si aujourd’hui tant de peuples entreprenans, familiarisés déjà avec les navigations lointaines , s’exposent à tous les dangers pour aller chercher cet animal partout où ils ont l'espoir de le rèncontrer ? On le poursuit maintenant dans l’hémisphère austral comme dans l'hémisphère arctique, dans le grand Océan boréal comme dans l’Océan atlantique septentrional ; on Fy pêche même avec plus de facilité, moins de peines et de dangers. On l’atteint à une assez grande distance du cercle polaire, sans avoir besoin de braver les rigueurs du froid ou les écueils redoutables des glaces. (S. G.)

BALEINE AMÉRICAINE. (Mamm.) On donne souvent ce nom à la baleinoptère gibbar. Voyez, au mot BALEINE, la cinquième espèce de ce genre. (S. G.)

BALEINE A BEC. (Mamm.) C'est le nom que’ Bonnaterre donne à la baleïinoptére museau pointu. Voyez au mot Bareine. (S.G.)

BALEINE A BOSSE, BALEINE À six BOSssrs. Voyez Baleine bossue, au -mot BAzëiNE. (S. G.)

BALEINE DE GRANDE BAIE. ( Mamm.) Dans certaines contrées on désigne quelquefois sous ce nom la baleine franche. Voyez au mot Bareiwe. (S. G.)

BALEINE DE Le (Mamm.) C’est la baleine nordcaper. Voyez le n° 2 au mot Bareine. (S. G.)

BALEINOPTÈRE. (Mamm.) C'est un nom composé de deux mots grecs, dont le premier, balaina, veut dire baleine , et le second, pteron, signifie nageoire ; cette dénomination est donc très-propre pour désigner les cétacés qui forment la seconde famille du genre des baleines, toutes pourvues d'une nageoire dorsale, tandis que ceux de la premiere famille en manquent absolument. Voyez au mot Bazeine. (S.G.)

BALENAS. (Mamm.) C’est ainsi que l’on appelle l'organe de la génération du mâle de la haleine. (S. G.)

BALÉNEAU ou Bacernon. (Mamm.) On donne l'un ou l’autre de ces deux noms au jeune ou à l’enfant de la. Barerne. Voyez ce mot. (S. G.)

BALGONERA.:(Ornith.) Les habitans de la nouvelle Galle du sud donnent ce nom à une espèce de grimpereau, qui se trouve décrite page 161 du second supplément du Synopsis of birds de Latham. (Ch. D.)

BALI. (Rept.) C’est le nom par lequel Daubenton a désigné la couleuvre plicatile de Ternate , qu’on nomme dans le pays bali-salan-boëkit. Elle est figurée dans Séba, t. I, pl. 57, n.° 3. Voyez Coureuvee rLicarire. (C. D.)

BALICASSE (Ornith.), oiseau à queue fourchue, de la grosseur d’un merle, que Linnæus a placé, d’aprés ses caractères extérieurs, parmi les corbeaux, corvus balicassius, quoique sous le rapport du chant doux et très - agréable qu'il fait entendre , il ne.semble point devoir appartenir à ce genre. Cest le choucas des Philippines de Brisson. (Ch. D.)

BALIGARAB ou Buyon«c (Bot.), arbrisseau des Philippines , ayant le port du saule , que les Maures nomment garab. Ses jeunes rameaux, longs et plians comme ceux de l’osier, se chargent de feuilles opposées, très- grandes; les fleurs, disposées en bouquets terminaux, sont jaunâtres, monopétales, divisées par le haut en cinq lobes épanouis en

étoile. Entre ces fleurs on trouve, dit Camelli, de qui nous empruntons cette description, d’autres feuilles différentes de celles des rameaux, plus courtes, plus minces, marquées de cinq nervures, et faisant par leur couleur blanche un contraste agréable avec celle des fleurs et des feuilles inférieures. Les fruits sont de petites baies couronnées, verdatres, remplies de graines menues, et aux-

quelles les feuilles florales restent attachées. Il est facile de

reconnoître ici que le baligarab est une espèce de mussaenda, genre de la famille des rubiacées, bien caractérisé par une ‘des divisions de son calice, qui prend une extension trèsconsidérable et subsiste sous la forme d’une feuille. C’est peut-être la même plante que le belilla du Malabar, mentionné par Rhéede. Voyez Mussarnna, Berrrra. (3. )

BALIMBA, BozrmeA. ( Bot.) Chez les Malais on nomme ainsi le carambolier, appelé ailleurs bilimbi. (J.) :

BALIMBAGO (Bot. ), petit arbre des Moluques, que CameHi dit être le même que le bupariti des Malabares ou Hibiscus populneus. des botanistes. Il dit que sa fleur est comme celie de l’abelmosch , autre espèce d’hibiscus, et que -son fruit est rempli d’un suc semblable à celui de la gomme gutte. Sa racine, regardée comme émétique, est employée dans les diarrhées anciennes, les fiévres quotidiennes, les coliques et les indigestions. Cette propriété dans une plante de la famille des malvacées est assez particulière et peut être révoquée en doute. (J.) | j

BALINGASAN ou Purap (Bot:), noms d’un petit arbre des Philippines, qui appartient au genre Stravadium, dans la famille des myrtées. Camelli en parle dans son Recueil des plantes de ce pays, publié par Raï. (J.)

BALISIER (Bot.), Canna, Linn., Juss., Lam. IL pl 1, genre de plantes de la famille des amomées, composé de quatre ou cinq, espèces d'herbes vivaces originaires des Indes et cultivées en Europe comme plantes d'agrément à cause de leurs belles feuilles trés-lisses , satinées , dont la côte mcyenne laisse échapper de chaque côté des nervures fines, serrées, obliques et paralléles. Ces plantes sont hautes de quatre pieds ou moins ; leur racine, qui est tubéreuse et rTampante; produit une tige simple et droite, grosse comme

bib. 47:

Le doigt, enveloppée par les bases-des feuilles, et terminée par un épi de fleurs rouges, jaunes ou panachées, dont chacune est accompagnée d’une bractée : l'ovaire porte un double calice ; l'extérieur a, trois petites divisions; l’intérieur en a six plus longues et à peu près droites, à l'exception d’une seule qui se roule en dehors. Le style, qui surmonte l'ovaire, et l’étamine unique de la fleur, sont élargis et colorés comme les divisions du calice, et ressemblent comme elles a. des pétales..La capsule est hérissée de pointes, et couronnée par le calice extérieur. Elle est divisée en trois loges remplies de nes EURE | … On distingue les espèces à la forme et à la couleur des ‘feuilles. Celles du. balisier d'Inde ou canne d’ Inde, canna indica, L., sont ovales, lancéolées et pointues par les deux bouts ; celles du canna angustifolia, L., sont lancéolées et pétiolées ; et celles du canna glauca, semblables pour ia forme à celles de la précédente, ont une teinte bleuâtre. La quatrième espèce, le balisier de la Chine, canna juncea, récemment découverte par Retzius, est remarquable par ses feuilles étroites, relevées de cinq côtes. | Les feuilles des balisiers, ainsi que celles des amomées, sont roulées en cornet avant leur développement. On dit qu'en Amérique on étend. sur elles le cacao , qu’on en enveloppe la gomme-élémi et. qu’on en couvre les cases ; inais, il est à remarquer que dans les Colonies françoises on donne aussi le nom de balisier à des plantes de la famille des bananiers (voyez Biuai), qui ont les feuilles beaucoup plus grandes, quoique de même forme que celles des végétaux de ce genre , et par conséquent plus propres à l'usage dont il s’agit. Il est vraisemblable que la similitude de nom a induit en erreur sur l’emploi des feuilles des vrais balisiers. gp Dans les provinces 2 EE NeN ER de la Benne ces plantes peuvent subsister en pleine terre et résister aux froids de nos hivers; mais à Paris on est obligé de les planter dans des pots afin de pouvoir les rentrer. On les multiphe au printemps par leurs graines ou par des tubercules qui naissent sur leurs racines. Il faut leur donner une bonne terre et beaucoup d’eau à l'époque de la végétation. On

us BAL .

tire des graines une Belle couleur pourpre; mais qu’on n’est pas encore parvenu à fixer. Voyez AcnARA, need GINGEMBRE BATARD. ( Mas.) à

BALISIER (Bot. ), nom donné, au cap François et dans ses environs , à l’'amomum 2 nhot de Linnæus, que l’on appelle aussi gingembre-bâtard. On donne encore ce nom à lalpinia racemosa dans certains quartiers de S. Domingue, où croît cette dernière plante.

Poupée Desportes parle d’un autre balisier de S. Dominaue, dans le nombre des plantes propres pour la teinture ; c’est Le costus arabicus de Linnæus , le pacocaatinga de Maregrave. (P.B.)

BALISIERS , Bazrsoïnes. ( Bot.) On avoit d’abord ainsi nommé la famille de plantes connue maintenant et décrite sous celui d'Amomées. Voyez ce mot. (J.)

BALISTA. (Ichtyol.) On nomme ainsi dans diverses parties de l'Italie le squale marteau, selon Belon. V. SQuaALE, (F. M. D.) s.

BALISTE. (Ichtyol.) Les poissons réunis dans ce genre sont des cartilagineux thoracins, dépourvus d’opercuie branchial, et munis d’une membrane branchiale. Les anciens donnoient le nom de baliste à une machine de guerre propre à lancer au loin des flèches par le moyen d’un ressort tendu fortement et qui se redressoit ensuite avec rapidité; c’est à cause de cela que les naturalistes modernes ont ainsi appelé ce genre de poissons, dont les espèces ont un long rayon à leur première nageoire dorsale, qui se couche sur le dos dans une fossette et se relève avec vîtesse, au gré de l’animal. :

. Les balistes sont des poissons d’une forme trés-singuliére. Leur corps, très-comprimé sur les côtes, a le dos et le ventre erdinairement carénés; sa surface est revêtue, ainsi que la tête, de petits tubercules ou de eompartimens tres-durs, plus ou moins réguliers, écailleux et disposés sur un cuir épais : ce qui fait que l'animal est entièrement garni d’une

sorte de cuirasse difficile à percer. =

Si les balistes n’ont ni l'habitude ni les moyens d’attaquer d’autres poissons , ils peuvent vivre et voyager avec une parfaite sécurité dans le sein des eaux; car la nature

leur a donné pour armes offensives des aiguilions trèsacérés, disposés sur diverses parties du corps et de la tête : aussi les poissons voraces n’osent-ils les avaler.

On remarque une conformation particulière dans les nageoires thoraciques dé ces poissons : car elles sont très-rapprochées, comme au squale roussette mâle ; ou réunies, comme aux cycloptères et aux gobies; ou réunies en une seule, et même composées quelquefois d’un seul rayon. L'ouverture branchiale étroite, placée au-dessus et prés des nageoires pectorales, est revêtue d’une membrane soutenue par deux rayons. Chaque mâchoire est munie de huit dents au moins, dont les deux antérieures, plus longues, peuvent être comparées à des incisives; ces dents servent aux balistes pour briser l'enveloppe des crustacés et des testacés, parce qu'ils se nourrissent a AU de mollusques et de vers marins.

On a prétendu que les balistes sont d’un mauvais goût, et que leur chair est quelquefois vénéneuse et malfaisante : mais je crois au contraire que, si les balistes sont doués de quelque qualité nuisible, on ne doit la trouver que dans les piquans que la nature leur a donnés pour leur défense; car ces piquans sont enduits d’une liqueur visqueuse qui peut être vénéneuse et propre à produire de l'inflammation dans les plaies qu’ils causent. |

Outre leur vessie à air, les balistes ont encore la faculté d'accroître leur volume et de se rendre beaucoup plus légers dans l’eau, en se remplissant d’une grande quantité d’air; ce qui doit suppléer à la foiblesse de leurs nageoires et contribuer à les faire mouvoir avec plus de vîtesse dans le sein des eaux. Lorsque ces poissons singuliers veulent ensuite descendre dans les profondeurs de la mer, ïls chassent l’air au dehors par l'ouverture de leur bouche et de leurs branchies, en se comprimant presque subitement; et c’est par ce moyen qu’ils produisent vers la surface de l’eau un sifflement plus ou moins prolongé. Le noir, le cendré, le bleu, le jaune et le rouge, sont les couleurs qui servent à orner et à embellir ces poissons, qui vivent dans les mers les plus chaudes de l’Inde et de l'Amérique; deux seulement habitent dans la Méditerranée.

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Caract. génér. La tête et le corps comprimés latéralement ; il y a huit dents au moins à chaque mâchoire ; l'ouverture des branchies est trés-étroite, et les écailles ou tubercules qui revêtent la peau, sont réunis par une forte membrane.

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