‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 146 sur 160 · I. De celte force considérée d’une manière absolue · texte numérisé non relu

I. De celte force considérée d’une manière absolue

a. De l'affinité relativement à la distance.

L’affinité, comme la cohésion, n’a lieu qu’au contact apparent. Quand vous mettez un cristal d’aluñ dans l'eau, le cristal s'y dissout, mais non pas instantanément, la dissolution se fait de prache en proche de l'extérieur au centre. Une autre expé-

88 | ÀATT rience , trés-prôpre à prouver cette proposition, consiste à méler une infusion de tournesol avec une solution de sel marin, à introduire le mélange dans une petite cloche, et à verser dessus, le plus doucement possible, de l'acide acétique étendu de quatre fois son volume d’alcool. Le sel et l’alcoolne servent qu'a augmenter la différence de densité du liquide coloré et du liquide acide, et à empêcher qu'ils ne se mêlent ensemble. Si l’on a opéré avec dextérité, on verra que la liqueur bleue est devenue rouge dans les parties seulement qui sont en contact avec l'acide, et que toutes les parties de ce dernier qui sont hors du contact de la liqueur bleue sont incolores. Si on agite les liquides, ils n’en présenteront plus qu'un seul d’un trés-beau rouge. Cette expérience prouve donc que des corps qui ont la propriété de développer une couleur rouge par ieur mélange, ne la développent qu'au contact. - 4

Les deux exemples précédens font voir la nécessité de multiplier les surfaces des corps pour en faciliter l’action mutuelle, et la raison pour laquelle on favorise cette action en les divisant mécaniquement au moyen du pilon, du porphyre, de - la lime, de la râpe, etc.

b. De l’universalité* ge l'affinité.

L'affinité est universelle en ce sens qu'il n'existe pas un seul corps qui ne soit susceptible de se combiner avec quelques autres ; mais elle ne l’est pas en ce sens que tous les corps peuvent indistinctement s'unir les uns avec les autres. Le mercure, par exemple, ne s'allie point avec le fer, et ne contracte pas la moindre union avec l’acide su uni hs » tant qu’il cosserve l’état métallique.

c. De Pafinité relativement à l’état des corps. L’'affinité s’exerce : ; 1°. Entre des corps solides, ainsi qu’on s’en assure en mélangeant de l’hydrochlorate d'ammoniaque avec de la chaux. L'odeur d’ammoniaque qui se fait sentir dénote évidemment une action entre des corps qui sont naturellement inodores.

2°. Entre des corps liquides. On peut citer pour exemple la baryte et l’acide sulfurique dissous dans l’eau, qui forment

ANR à x, 89 un précipité solide dès l’instant qu'ils sont réunis ; le mercure qui s'amalgame au plomb, à l’étain, au bismuth aa

3°. Entre des corps gazeux. Une des expériences les plus curieuses qui le prouvent, consiste à faire arriver sur le mercure, dans une même cloche, des volumes égaux de gaz ammoniaque et de gaz hydrochiunane ces gaz ne sont pas plus tôt en contact, qu'ils se précipitent en totalité en une

matiere blanche dé qui est l’hydrochlorate d’ammoniaque. . 4. Entre des corps solides et des corps liquides. C'est ce qui arrive à l’alun, au sucre , etc. que l’on met dans l’eau.

5°. Entre des corps solides et des corps gazeux. On observe cette affinité dans la combustion du carbone, du fer, etc. La ‘combustion de ces corps n’est que leur combinaison avec l’oxigène.

6°. Entre des corps liquides et des corps gazeur. Lorsqu'on chauffe du mercure dans un matras contenant de l’air ou de l’oxigène, les deux corps s'unissent et produisent de l’oxide rouge de mercure.

On voit, d’après les exemples que nous venons de citer, que l’affinité est plus générale que la cohésion; car celle-ci ne s'exerce que sur les molécules des corps solides ou liquides.

Nous ferons observer que l’état qui paroît le plus propre à l'action chimique est celui où les corps sont liquides; en effet, la cohésion des solides, comme la force répulsive à laquelle obéissent les molécules des gaz, sont des obstacles qui ne peuvent être surmontés que par une affinité très-forte, tandis qu’à l’état liquide, les molécules, ayant peu de cohésion, et nulle force répulsive, peuvent facilement se prêter à l’arrangement que sollicite l’affinité, lors même que cette force est peu considérable. :

L'état naissant, c’est-à-dire le ie où des corps von£ cesser d’être solides ou liquides pour devenir gazeux, est encore une des circonstances les plus favorables à Vaffinité. C’est ainsi que l'hydrogène à l’état de gaz ne se combine point avec l'azote, l’arsenic, et qu’il s’unit avec ces corps quand il les rencontre à l'instant où il se‘ sépare de l’oxigène par la décomposition de l’eau, opérée au moyen d'un métal et d'un acide.

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.d. De l'affinité relativement au nombre des corps entre lesquels elle s'exerce.

Le nombre des élémens qui peuvent entrer dans une même combinaison est trés-limité; car, on ne connoît guère que des composés binaires, ternaires et quafernaires; c’est-à-dire, des composés de deux, trois et quatre corps. Mais nous ferons une observation relativement à l'emploi des mots fernaire et quaternaire. Il nous semble utile de les appliquer exclusivement aux seuls corps dans lesquels il y a trois ou quatre élémens qui. sont immédiatement combinés ensemble. Des exemples vont éclaircir ce que nous voulons dire. L’acide nitrique est formé d’oxigène et d'azote, l'ammoniaque est formée d’azote et d’hydrogène ; unissez l'acide nitrique à l’ammoniaque, vous aurez . du nitrate d’'ammoniaque dans lequel il n’y a réellement que trois élémens; mais je dis que ces élémens, l'oxigène, l’azote et l'hydrogène, ne sont pas en combinaison immédiate, car tout loxigène est uni à une portion d’azcte, et tout l’hydrogène à l'autre portion d'azote; le nitrate d'ammoniaque est donc véritablement formé de deux composés binaires qui ont chacun un élément commun, et ne doit pas être appelé composé fernaire; au contraire, le sucre, l’alhage de Darcet, sont pour nous des composés ternaires, parce que l’oxigène, le carbone et l’hydrogère du premier, et le plomb, l’étain et le bismuth qui constituent le second, sont, dans l'opinion géréralement admise, immédiatement combinés. De même le sulfate d'ammoniaque, qui contient quatre élémens unis deux a deux, savoir, le soufre à l’oxigène d’une part, et l'azote à l'hydrogène d’une autre part, résulte de l’union de deux composés binaires; par conséquent nous ne le qualifierons point de composé quaternaire, tandis que nous donnerons ce nom à la fbrine, à l'albumine, etc. Cependant, nous devons avouer que le nombre des composés que nous regardons aujourd'hui comme ternaires ou quaternaires, ira vraisemblablement en diminuant à mesure qu'on en étudiera davantage la nature; il est probable que plusieurs résultent de l’union de deux composés binaires ou de celle d’un composé binaire avec un corps simpie.

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