‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 145 sur 160 · ISTIOPHORE · texte numérisé non relu

ISTIOPHORE

à ; ATR 8x

ATRACTYLIS. (Bot) Ce genre, de la famille des synanthérées, fait partie de noire tribu FAANEATE des carlinées. (H. Cass.)

ATRATROCÈRE. (Enfom.) Genre de diptères établi par Meigen, pour y ranger une espèce de scaiopse, que Fabricius a nommée Tachetée. Voyez Scartopse. (C. D.)

‘- ATRICAPILLA. (Ornith. ) Ce nom a été donné par Bélon, au bouvreuil ; par Gaza, à la mésange de marais; par Pline, à la petite charbonnière ; par Jonston,!au gobe-mouche ; et ce dernier oiseau est celui que les anciens ont connu sous les noms d’atricapilla ou melanchorynchos , dans son beau plumage, et de sycalis ou ficedula, dans son plumage ordinaire. Le becfigue de BuSon n’est ainsi, comme le remarque M. Cuvier, qu’une espèce imaginaire, formée des différens états que présente, suivant les saisons, le muscicapa airicapilla, pl. enlum. Éd AUS LCR. D:

ATRICHIUM (Bot.}, Arnicure. Dictionn., vol. III, pag. 286; ajoutez : Ehrhart avoit présenté ce genre de mousse avec le nom de CATHARINEA; il ne fut pas adopté par Hedwig. M. Decandolle pensant, ‘comme M. de Beauvois, que ces mousses doivent être distinguées, appelle ce genre, oligotrichum, nom qui signifie cheveux peu nombreux, la coiffe qui recouvre l’urne n'étant garnie que d’un trés-petit nombre de poils dirigés de bas en haut. L'africhium est intermédiaire entre les polytris chum et les orthotrichum. ( Le.)

ATRIPLICÉES. (Bot.) Cette famille de plantes, déja décrite sous ce nom dans ce Dictionnaire, a été nommée plus récemment chénopodées, chenopodecæ , par M. Rob. Brown, botaniste anglais, qui, aux genres qu’elle renferme déja, en ajoute de nouveaux, établis par lui, sur des plantes observées dans la Nouvelle - Hollande, savoir , l'enchylæna, le rhagodia, le sclerolæna , le threlkeldia, et avec doute le dysphania. On ajoutera que le ceratoides de Tournefort, nommé eurotia par Adanson, et plus récemment krascheninnikovia, diotis, gueldenstædfia, caratospermum par d’autres auteurs, paroît devoir conserver le nom donné par Adanson, soit parce que les autres sont plus récens, soit parce que deux sont déjà appliqués à d’autres geures, et deux autres d'une construction trop difficile, quoique rappelant la mémoire d'hommes qui ont bien mérité

de la science. (J.)

ATRIVOLO. (Boi.) Nom que porte dans le Levant la herse, tribulus terrestris, suivant Belon. (J.)

ATROPUS. (Ichtyol.) M. Cuvier a ainsi appelé un genre de poissons de la famille des atractosomes, dont les caractères sont les suivans ; corps comprimé, front trés-incliné, museau trés-court, dépassé de beaucoup par la mâchoire inférieure ; dorsale unique à deux ou trois épines et à plusieurs rayons mous prolongés en fils; ligne latérale carénée vers le bout; deux épines libres avant la nageoire anale. On n’en connoît encore qu’une espèce; c’est ;

1°. L’Arroros, Afropus ciliaris.

(Brama Atropus, Schneïd. pl. 23, pag. 968.)

Caract. Catopes noires, rayons moyens de la dorsale prolongés en soies noires ; écailles petites.

Le corps de ce poisson est comprimé, large, ârgenté ; sa tête est élargie, son dos est bleu, son ventre est nacré; ses dents sont disposées sur un seul rang 4 chaque màchoire; l’ouverture des branchies est grande; les opercules en sont oblongues, lisses; l’anus est voisin des catopes ; la nageoïre de l’anus a la même étendue que la dorsale, à laquelle elle est opposée; les pectorales sont allongées, falciformes; le premier rayon des catopes est blanc; la queue est rétrécie; sa nageoire est bifurquée.

On trouve ce poisson à Tranquebar. Sa longueur est de neuf à dix pouces, sa largeur de quatre. (H. C.) |

ATTAGENE. (Entom.) M. Latreille a désigné sous ce nom de genre quelques espèces de dermestes, qui ont le dernier article des antennes fort allongé, et dont les màchoires sont sans ongles en dedans. (C. D.)

ATTALE, Attalea. ( Bot.) Genre de la famille des palmiers, de la monoécie polyandrie de Linnæus, rapproché du ceroxylum et de l’élais, séparé du premier par ses étamines nombreuses; du second, par ses fleurs monoïques, par la forme du style et des fruits. Ses fleurs sont monoïques, renfermées dansle même spadice ; leur calice ( périanthe, M.) est presque double, les trois divisions extérieures trés-petites, ovales, obtuses; les trois intérieures ( quelquefois quatre) charnues, ovales-lancéolées, aiguës ; dix-huit à vingt-deux étamines libres, les

APE. GE änthères linéaires ; dans les fleurs femelles, un ovaire à trois loges, un style trifide, un drupe ovale, fibreux, à trois loges monospermes, entouré à sa base par le calice persistant ; une noix ovale, ligneuse, percée de trois trous à sa base. é

Ce palmier, découvert par MM. Humbolt et Bonpland dans fa province de Choco, proche Zitara, dans l'Amérique méridionale, décrit par M. Kunth, Nov. gen. 1, pag. 308, sous le F uom d’attalea -amygdalina, est le seul de ce genre. Les naturels du pays le nomment almendron. Il est sans épines, presque sans tige, et s'élève à la hauteur de six à douze pieds. Ses feuilles sont ailées, ses folioles plissées, leur pétiole presque trigone : le spadice sort immédiatement des racines, et se divise en rameaux alternes, comprimés, flexueux, la spathe d’une seule pièce, longue de quatre pieds; les fleurs sessiles, unilatérales, deux à deux, l’une mâle, l’autre femelle; le drupe ovale, long de abtee ou trois he les semences blanches. (Porr.)

ATTE. (Entom.) Genre d'insectes hyménoptères, que Fabri-

‘cius a séparé de celui des fourmis, à cause de la forme parti: culière des mandibules, qui sont trés-fortes, dentelées et courbées en dedans, supportées par une tête très-grosse à deux lobes en arrière. Toutes sont étrangères et des pays chauds, de l’Inde, de la Nouvelle-Hollañde et d'Amérique. Voyez la famille dés Myruéces. (C. D.)

ATTE, (Entom.) M. Walckenaer, dans son Tableau des Aranéides | a aussi désigné sous ce nom desespèces d'araignées voyageuses, qui se tapissent dans un sac de toile fine et blanche, entre des fedëlles qu’elles rapprochent ou dans l’intérieur de coquilles vides, et qui saisissent leur proie à la course ou en sautant. Il rapporte à ce genre, qu’il divise en races et en tribus, plus de quarante espèces, (C. D.)

AYTHIS. ( Ornith. ) Aux détails de synonymie qui se trouvent pag. 192 du IT°. vol., il faut ajouter que ce terme,

par lequel les poëtes désignent l’hirondelle, est appliqué par Aldrovande au rossignol, qu'il nomme aussi attichora; etenfin que, suivant M. Savigny, l’atthis est le Ris A RE alcedo

‘ispida, Linn. (Ch. D.)

ATTICA ALES. (Ornith.) Les poëtes se servent de cette expression pour désigner le rossignol, mofacilla luscinia, Linn.

Ch, D.) 6. |

84 Le AT |

ATTICUS. ({chtyol.) Suivant M. Bosc, c'est un des noms de. l’esturgeon. Voyez ce mot. (H. C.)

ATTRACTION DES MONTAGNES. (Phys.) Le Mémoire de Cavendish, cité page 295 , se trouve dans les Transactions philosophiques, vol. de 1798, et il a été traduit en français par M. Chompré, dans le 17°. cahier du Journal de du à polytechnique.

M. de Zach a fait,en oo , auprés de Marseille, de nouvelles observations sur action des Hiotachbe. mais les circonstances locales n’étant pas très-favorables à la production de l'effet désiré, sa quantité s’est trouvée si petite, qu’elle pourroit aussi bien être attribuée à l’erreur inévitable des observations qu’à toute autre cause. (Voyez la Connoissance des temps pour 1819 > Pag. 360.)

Quoiqu’on soit fondé à regarder l'attraction considérée dans cet article et dans le précédent, comme inhérente à toutes les molécules de la matière, on ne peut cependant expliquer immédiatement par son moyen, plusieurs phénomènes purement physiques, qui paroissent dus à des forces attractives; tels sont, par exemple, l'ascension des liquides dans les tubes capillaires et la réfraction de la lumiére dans les milieux diaphanes : car l'attraction céleste, ne décroissant qu’en raison inverse du carré de la distance, auroit une. sphère d’activité beaucoup plus grande que ne semble l'être celle des forces qui produisent les phénomènes que je viens d'indiquer. (Voyez Rérracrion et Tures cAPILLAIRES.) Aussi Clairaut avoit déjà eu recours à la supposition d’une loi. « telle qu’à de trés-petites distances, l'attraction fût très- « forte et presque insensible à de grandes. » (Mémoires de l'Académie des Sciences, 1759, pag. 270.) Dans ces derniers temps, M. Laplace a soumis complétement au caleul les mêmes phénomènes, en supposant seulement que.la force attractive qui les produit devient insensible dés que la distance est sensible , sans rien statuer de plus surla loi de son décroissement,

Toute attraction qui agit suivant la raison inverse d’une puissance quelconque de la distance, deviendroit infinie au contact des molécules entre léséélits elle a lieu : il faudrait donc une force infinie pour les séparer, ce qui est bien éloigné de l’observation; et par cette raison les physiciens pensent

ATT 85 que les molécules des corps ne se touchent pas, maïs sonf * maintenues à des distances trés-petites, au moyen d’une répulsion due au calorique, et qui s’anéantit aussitôt que la distance devient sensible. Voyez CALORIQUE.

Il est à remarquer que la loi inverse du carré des distances qui ne satisfait pas aux phénomènes que je viens de citer, se retrouve dans les attractions produites par lElectricité et le Magnétisme. Voyez ces articles. (L.)

ATTRACTION MOLÉCULAIRE. Aprés que Newton eut donné le nom d'attraction aux forces par lesquelles les corps tendent réciproquement les uns vers les autres ; qu'il eut distingué des attractions de gravité, de magnétisme et d’électricité quis’exercent à des distances sensibles, il pensa qu’il pouvoit y avoir d’autres forces attractives dont l'existence avoit échappé jusque-là aux observations, parce qu’elles n’agissoient qu’à des distances trop petites pour être saisies par n0s sens; et il attribua à des forces de ce genre la cause des phénomènes que présentent les molécules des corps, lorsque, étant misesen contact, elles s'unissent ensemble, et forment, soit un agré-

gat, soit une matière différente de celles qui se sont unies. Les physiciens qui vinrent après Newton, et qui adoptèrent ces vues, appelèrent la force qui produit ces unions attraction moléculaire , atiraclion prochaine, afin qu’on ne la corfondit point avee les attractions qui s’exercent à des distances sensibles, et ils la distinguérent en aftraction moléculaire d'agrégaion ou de cohésion, et en attraction moléculaire de composition, suivant que les molécules qui agissent les unes sur les autres sont homogènes ou hétérogènes. Ils firent observer que, dans le premier cas, l’attraction ne change point la nature des molécules qu'elle réunit, que toute son action se borre à une simple augmentation de masse, tandis que, dans lesecond cas, les molécules qui se sont unies forment une substance dont les propriétés sont plus ou moins différentes de celles que mänifestoient les molécules avant leur réunion. Les mêmes physiciens ont encore appelé attraction chimique l'attraction de composition , parce que le résultat matériel de cette attraction est appelé Iui-même composé ou combinaison chimique. L'expression affinité, qui, suivant Guyton, a été employée dans le langage chimique, en 1698, pour la premiére fois, par

86 | ATT Barchusen, et qui signifioit, dans l’origine, que les corps ne s’unissoient entre eux qu’en raison d’une certaine analogie de nature, ou plutôt d'une certaine parenté, est communément employée aujourd’hui comme le synonyme d'attraction de composition ; cependant quelques personnes l’ont absolument|reje- : tée, comme étant trop métaphorique, et n'ayant été introduite dans ia science que d’après une idée fausse, ou tout au moins, d'aprés une supposition gratuite. Quant à nous, loin de partager cetie opinion, nous nous servirons du mot affinité, à l’exclusion de tout autre, parce que nous sentons la nécessité d'adopter des expressions courtes pour représenter des idées qui reviennent continuellement dans l’exposé des faits chimiques, et que nous préférons des mots consacrés par l’usage, à des mots nouveaux, toutes les fois que le sens attribué originairement aux premiers n’est pas en opposition directe avec le sens dans lequel nous voulons les employer; en conséquence, nous distinguerons l'attraction moléculaire en cohésion, lorsqu'elle réunit des molécules homogènes, et en affinité, lorsqu’elle en réunit d’héterogènes.

$. I. Deta Conésron.

Si l’on fait glisser l'un sur l’autre deux plateaux de glace usésà lémeri, ils adhéreront ensemble, de maniere que, si l’un d'eux est garni d'un petit crochet de cuivre sur sa surface ‘opposée à celle qui touche l’autre plateau, on pourfa, en prenant le crochet entre les doigts, soulever les deux plateaux sans qu’ils cessent d’adhérer; il y a donc une force qui surmonte la pesanteur du plateau inférieur; or, c’est cette force qui est la cohésion, Ce seroit une grande erréur d'attribuer à la pression de l’air la câuse de ce phénomème, car Newion a prouvé, il y a long-temps, que les plateaux ne se séparoient point lors même qu’ils étoient suspendus dans le vide.

Pour que la ‘cohésion s’érerce , il faut que les surfaces sotené en conbact apparent; car, toutes les fois qu’elles sont séparées par une distance appréciable, on n’observe aucun effet sensible; et s’il n’en étoit pas ainsi, on devroit diminuer la force d'adhésion en amincissant de plus en plus l'épaisseur des deux disques, mais c'est ce qui n'arrive point, car la nature des disques et les surfaces étant les mêmes, leur adhésion reste !a même, quelle qu’en soit l'épaisseur.

La forme sphérique qu'affectentles petites masses des liquides lorsqu'elles sont placées sur un plan qui n’exerce aucune action sur leurs molécules, est déterminée par la cohésion; autrement, ces molécules se répandroïent sur le plan en une

couche extrêmement mince. On peut rendre sensible-l’effet

de la cohésion des corps liquides en approchant deux globules du même liquide l’un de l’autre; dès l'instant qu'ils se touchent, ils se confondent en un seul. Enfin, lorsqu'on plonge verticalement une baguette de verre dans l’eau, et qu'on l'en: rétire, une goutte d’eau se rassemble à l'extrémité inférieure,

et ne s’en sépare point; il est évident qu'en faisant abstraction

de l’action de la surface du verre sur les molécules d’eau qué touchent cette surface , toutes les autres molécules quisont hors de son contact, et qui ne doivent par conséquent en éprouver aucun effet, sont soutenues par les premières de la même façon que dans l'expérience des plateaux de glace ; l’un est

soutenu par l’autre, lorsque celui-ci est suspendu 2 un pointfixe.

La propriété que paroissent avoir tous les corps à prendre

une forme plus où moins régulière, lorsque leurs molécules passent de l’état fluide a l’état solide, est un effet de la cohésion. C’est à cette force que nous devons attribuer la soï-

dité des corps ; sans elle, leurs particules se sépareroient les unes des autres au moindre effort suffisant pour vaincre l’inertie de chacune des particules que fon toucheroit; dés-lors il seroit impossible de remuer un corps solide sans qu’on ne le réduisit en poudre. C’est encore a cette force qu'il faut attribuer la production des masses compactes qui se forment a la longue dans des poudres homogènes extrêmement ténues, ainsi que je l'ai observé d’une manière bien frappante dans du soufre qui avoit été divisé au moyen d’un ventilateur.

La cohésion est absolument nulle dans le gaz.

Page 1