AUTE
Il sembleroïit que tous les corps devroient avoir plus de densité à l’état solide qu’à l’état liquide, c’est cependant ce qui n'arrive pas toujours; Car il est des corps qui, à une température de quelques dégrés au-dessus de leur congélation, ont plus de densité qu'a l’état solide, teile est l’eau, Pour s’en convaincre on prend un petit matras de verre, dont le col est long et étroit; on le remplit d'éau à 15 d., jusqu’ à ce que ce bibhide s’éléve dans le col à un ou deux pouces; puis on le plonge dans un mélange frigorifique de trois parties de glace et une de sel marin: l’eau se condense jusqu’à ce qu’elle soit arrivée à 4 d.; mais ensuite à mesure qu’ellese refroidit davantage, a partir de cette même température 4d., elle augmente de plus en plus de volume; et lorsqu'elle se congèle, l'augmentation ést à son maximum, Cette expérience nous apprend que les molécules d’éau commencent a prendre l’arrangement qu’elles auront à l’état solide à / d. au-dessus de s2 congélation.
La diminution de densité que l’eau éprouve par sa solidification est un résultat analogue aux combinaisons dont le volume est plus grand que celui de leurs élémens; car il nous semble que la diminution de la force expansive dans un corps, doit produire le même râäpprochement entre les particules du premier ordre, que celui que nous avons supposé avoir lieu entre des molécules hétérogènes qui s'unissent en vertu dé l’aflinité.
b. De La cohésion et de la force erpansive de la chaleur relafivement à l'affinité,
Lorsqu'on veut combiner des corps solides, ou dissoudre un corps solide dans un liquide, il est év dent que la cohésion s'oppose a ce que la combinaison ait lieu, puisque cette force tient les molécules homogènes unies entré elles, et qu'il faut pour que la combinaison s'effectue, que les molécules se séparent les unes des autres, afin qu’elles puissent s'unir avec les molécules hétérogènes. C’est pour cela, dans lé cas où la cohésion a quelque intensité, qu'il est rare, à la température ordinaire, que deux corps solides puissent se combiner, et que la dissolution des corps solides dans les liquides se fasse rapidement; il y a cependant des corps dont l'affinité mutuelle est assez énergique , pour qu'a cette même température €lle l'emporte sur la cohésion ; c’est ainsi que le fer et l'iode,
tous deux à l’état solide, se combinent dès qu’ils sont en contact, et que l’hydrochlorate de chaux cristallisé se dissout irés-rapidement dans l’eau.
En considérant ainsi la cohésion comme un obstacle à la combinaison , on conçoit trés-bien comment l'élévation de la température favorise la combinaison des corps solides, et la dissolution de ces corps dans les liquides ; pourquoi en résulte une répulsion entre les molécules homogènes, qui diminue d'autant la cohésion. Par exemple, pourquoi tous les métaux solides qui sont susceptibles de s’allier et de se combiner au soufre , au phosphore, etc., ne le font qu’a une température assez élevée. Non-seulement la dissolution des sels dans l’eau est accélérée par l'élévation de la température , mais encore une même quantité de liquide acquiert en général la propriété de dissoudre une plus grande quantité de sel, et on observe, quand la température s’abaisse, que le liquide laisse alors déposer une partie du sel qu'il avoit dissous. H est visible que c’est la cohésion qui réunit les molécules de cette portion de sel, et les sépare ainsi de l’eau.
On doit attribuer à la même cause la nécessité d'employer, pour combiner l’oxigène avec le carbone, des températures d'autant plus élevées, que celui-ci est dans un état où la cohésion de ses molécules est plus grande ; ainsi le diamant et la plombagine ne brülent qu'à des degrés de température beaucoup plus élevés que les différens charbons, et ceux-ci. exigent d'autant plus de chaleur qu'ils sont plus denses.
Il ne faut pas conclure de ce que nous venons de dire, que le calorique n’agit pour favoriser l’action de l’affinité, qu’en surmontant la cohésion ; nous verrons plus bas qu'il y a des cas où l’on est forcé d'admettre qu'il la favorise d'une autre manière; mais avant d’en parler, nous devons d’abord examiner ceux où le calorique s'oppose aux combinaisons, Où en sépare les élémens lorsqu'elles sont formées; c’est ce qui arrive en général lorsqu'il y a une grande différence d'expansibilité entre les élémens d’un composé. Ainsi :
1”. À une température suflisante, les combinaisons gazeuses de l’hydrogène avec le carboue, le phosphore, le soufre et l'azote, et les amalgames sont réduits à leurs élémens ; la plupart des oxides métalliques sont décomposés en tout ou en partie. L
2°. Les gaz susceptibles d’être absorbés par l’eau, et qui ont peu d’affinité pour elle, ne s’y dissolvent pas à la température de 100; ce liquide en absorbe d'autant plus que la température est plus basse, autant du moins qu’elle n’approche pas-des degrés de la congélation, où la cohésion des particules de l’eau suffit pour vainere l’affinité du gaz. Quant aux gaz qui ont une grande affinité pour l’eau, ils s’y dissolvent à toutes températures , mais en bien moindre quantité, a la température de 100, qu'aux températures inférieures; et l’on observe que ces dissolutions peuvent souvent être congelées sans dégagement de gaz.
3°. Lorsque deux liquides inégalement volatils, sont unis, il suffit souvent pour les séparer, du moins en parte, de les exposer à une température convenable dans un appareil distillatoire. ;
4. Lorsque plusieurs combinaisons formées de deux composés binaires, sont exposées à l’action de la chaleur, ces deux composés sé détruisent en tout ou en partie; par exemple, le carbonete de chaux exposé à une chaleur rouge cerise, est réduit en chaux et en acide carbonique, le carbonate de po-
tasse est réduit en sous-carbonate et en gaz acide carbonique.
Mais on ne doit pas croire d’après ces exemples, que les composés qu’on retire d’une matière soumise à l’action de la chaleur, existoient toujours tout formés dans cette matiere. Ainsi: : ;
1°. Lorsqu'on distille le nitrate d’ammoniaque, tout lhydrogèue de l’'ammoniaque se convertit en eau, et l’oxigène qui excède la composition de cette eau, forme, avec tout l’azote de l’'ammoniaque et de l’acide nitrique, du gaz protoxide d'azote ;
2°, Les principes immédiatsorganiques formés detrois ou de quatre élemens se réduisent par l’action du feu, ceux qui ne contiennent que de l’oxigène, du carbone et de l’hydrogène, en eau, en un ou deux acides liquides, en huile, en acide carbonique, en oxide de carbone, en hydrogène carboné et en charbon; ceux qui contiennent, en outre, de l’azote, donnent les mêmes produits, et de lammoniaque. Rien de plus facile à expliquer que la production de ces différens corps, qui sont tous de nouvelle formation ; la chaleur agis-
“dat dt
sant inégalement sur les élémens des principes immédiats organiques, il arrive qu’à la température où l'équilibre des élémens de ces principes est détruit, ilsse réunissent dans d’autres proportions pour former des composés moins compliqués, et en général plus expansibles que le principe immédiat distillé ; | |
3°. Si l’on distille deux parties de carbonate de chaux, et une partied’hydrochlorate d'ammoniaque, on recueillera, dans le récipient du sous-carbonate d’ammoniaque, de l’eau, et il restera dans la cornue , du chlorure de calcium. Dans cette opération , la chaleur, exerçant d’une part sur l’ammoniaque et l'acide carbonique, et d’une autre part, sur l'hydrogène de l’acide hydrochlorique et l’oxigène du calcium, une force expansive plus grande que sur le chlore et le calcium , qui forment un composé fixe; elle tend a volatiliser les premiers; et comme ils ont, à la température où üls se séparent, de l’affinité réciproque , ils se combinent de manière à former du sous-carbonate d’immoniaque et de l’eau.
Si, dans les cas que nous venons d'examiner, la chaleur est suffisante pour opérer une décomposition, ilestun grandnombre d’autres cas où elle estinsufisante, mais où l’on peutcependant parvenir à l’opérer en aidant, par l’action dela chaleur, une afinité quiseroit elle-même insuffisante si elle agissoitseule, Ainsi:
1°. Le sulfate de baryte n’est décomposé ni par la chaleur, ni par l’acide borique à la température ordinaire; maïs si l’on réunit ces deux actions, l'acide borique se combine à la baryte, et l'acide sulfurique se dégage en gaz oxigène et en acide sulfureux ;
2°, Le carbonate de baryte n’est pas décomposé par la chaleur rouge blanche; il ne l’est point par l’eau bouillante» mais si on fait passer un courant de vapeur d’eau sur ce carbonate aprés l'avoir porté au rouge daris un tube de porcelaine, il se dégage de l'acide carbonique, et la baryte s’unit à l'eau. Ce qu’il y a de remärquablé, c’est que l’hydrate de baryte qui est produit dans cette opération étant exposé, a la température ordinaire, au contact du gaz acide carbonique, se transforme en carbonate éfen eau; ces deux résultats, inverses l’un de l’autre, prouvent combien l’ordre des affinités est susceptible de varier suivant les circonstances,
Nous avons dit plus haut que le calorique détermine la formation de plusieurs composés, sans qu’on puisse attribuer cet effet à la diminution de la cohésion; un des exemples les plus frappans de ce mode d’action du png Le est celui que présente un mélange de 1 volume d’oxigène et de 2 d’hydrogène que l’on chauffe graduellement dans une petite cloche où ces gaz peuvent se dilater librement, et où ils se combinent quand la température est suflisamment élevée; un mélange à volume égal de chlore et d'hydrogène présente le même phénomène; et comme il est évident que le calorique n’agit point alors en surmontant la cohésion des corps qui entrent en combinaison, puisque ces corps sont à l’état gazeux, il est permis de croire que, dans beaucoup d’autres cas où le calorique détermine l’union de corps solides ou liquides, soit entreeux, soit avec du gaz, iln’agit pas seulementen surmontant la cohésion, maïs qu'il agit encore de même maniere que lorsqu'il opère l’umion de deux gaz. On voit en effet des corps dont la cohésion est telle, qu'aucun degré de chaleur connu ne peut la liquéñer, et qui cependant se combinent rapidement avec l’oxigène par l’action du calorique à une simple température rouge; tels sont le carbone, le bore, etc. Peut-être en est-il de même de la combustion de la plupart des corps susceptibles de s'unir à l’oxigène, et qui ne s'y combinent qu'a une température élevée. Il est vrai que la plupart de ces corps étant solides, on pourroit n’attribuer l'effet dont nous parlons qu’à la diminution de la cohésion; mais il nous paroît peu probable que cette diminution en soit la seule cause. :
ec. De l’afinité qui s’exerce entre des corps dissous dans un liquide.
On a dû voir, par ce que nous avons ditdans lés deux articles précédens, combien étoit grande l'influence de la température sur les actions moléculaires des corps; examinons maintenant l'influence que la présence d’un liquide exerce sur ces mêmes actions moléculaires. ci ï
Des corps solides qui, à l'état sec, n'exercent aucune action sensible, deviennent susceptibles d’en exercer une trésgrande lorsqu'ils sont dissous dans un:liquide neutre, ;c'est-à-
> | ACT ‘107 dire, qui n'est ni acide ni alcalin. Alors ce liquide surmonte en partie la cohésion de leurs molécules, et en exerçant ainsi un mode d'action analogue, jusqu’à un certain point, à celui du calorique , il les met dans le cas d’entrer en combinaison ; mais il y a cette différence essentielle entre ces deux modes d'action, que le liquide ne communique pas de force répulsive aux molécuies du corps qu'il dissout.
Nous avons vu que quand la cohésion d’un solide étoit assez balancée par le calorique , ce corps devenoit liquide, et qu'il reprenoit l’état solide dés que la force expansive venoit à diminuer. Îl en est à peu prés de même lorsqu'un liquide a surmonté la cohésion d’un solide en le dissolvant; tant que la quantité du Hquide ne diminue pas, et que les autres circonstances restent les mêmes, le solide reste uni au liquide; mais lorsque la quantité de celui-ci vient à diminuer par l’évaporation, ou que la température s’abaïssant, la cohésion cesse d'être diminuée par la chaleur, le corps dissous se sépare en partie; et si la séparation se fait lentement, on obtient des cristaux, de même qu'on peut en obtenir lorsqu’aprés avoir fondu un corps, on eu laisse passer, par un refroidissement graduel, une partie à l’état solide, et qu’on sépare celle-ci de la portion qui est encore liquide.
Nous avons dit plus haut que les sulfates étoient décomposés par l’acide borique à une température élevée. Il n’en est pas de même lorsque cet acide, dissous dans l'eau, agit sur les suifates ; non-seulement il ne les décompose pas, mais si l’on traite un borate par l’acide sulfurique liquide , on obtient uu
sulfate , et lacide RENTE est mis en liberté. 6
Nouk avons vu qu'en chauffant du carbonate de chaux avec l’hydrochlorate d'ammoniaque, on obtient du sous-carbonate d’ammoniaque, de l’eau et du chlorure de calcium. Si l’on met ce dernier en Contact avec du sous-carbonate d’ammoniaque dissous dans l’eau, les corps réagissent peu à peu, et se transforment en carbonate de chaux et en hydrochlorate d’ammoniaque,
Les deux dernières exvériences, que nous venons de rapporter, présentent donc des résultats inverses de ceux qu'on observe dans le cas où les corps réagissent à chaud sans l’intermède d'aucun liquide, Pour plus de détails, voyez Particle SELS (action réciproque),
105 ATT d. Influence de la quantité sur l’affinité.
S'il est faux de dire que l’affinité croît indéfiniment comme la quantité, au moins est-il certain qu’une quantité d’un corps À est plus fortement attirée par 2, 3, etc., quantités d’ue corps B, que par une seule, lorsque À peut s'unir à 1, 2, 3, etc., parties du corps B. Nous allons citer plusieurs expériences pour prouver cette proposition, qui n’a été bien appréciée que depuis les beaux travaux de l’illustre auteur de la statique chimique.
1°. Lorsqu'on-expose au feu des cristaux de carbonate de potasse, on en chasse la moitié de l’acide carbonique, et quelle que soit la durée de l’opération, on ne peut en chasser davantage; la moitié de l’acide qui reste, unie à la potasse , est
“donc beaucoup plus fortement attirée que la moitié qui s’en est séparée.
2°. Le manganése est susceptible de se combiner en plusieurs proportions à l’oxigéne ; lorsqu'on distille le peroxide, on en chasse une portion d’oxigène, et l’on obtient un oxide inférieur qui n’éprouve plus d'action de la part de la chaleur; que l’on fasse passer sur cet oxide du gaz hydrogène, il se formera de l’eau, et l’on obtiendra un nouvei oxide inférieur d’une belle couleur verte, sur lequel le gaz hydrogène n’a pas d'action. On voit donc que la premitre quantité d’oxigène qu’elle sépare par l’action seule dela chaleur, est moins fortement retenue que celle qui l’est par l'hydrogène, et que cette dernière est moins attirée que celle qui reste unie au métal dans l’oxide vert.
3°. L’acide sulfurique est susceptible de se combiner avec la potasse, en deux proportions qui sont entre elles comme 1:2; la premiére constitue le sulfate neutre; la seconde, le sursulfzte ; que l’on traite le suifate neutre par l'acide nitrique, celui-ci s’unira à de la potasse, mais la décomposition s’arrétera au terme où le sulfate aura cédé la moitié de sa base, c’est-a-dire lorsqu'il sera converti en sursulfate; alors l'acide nitrique ne pourra plus enlever d’aleali à l’acide sulfurique ; par conséquent la potasse est plus fortement retenue par deux parties d'acide sulfurique que par une seule.
Dans les expériences précédentes, l'influence de la quan-
/ ATT | Log tité n’exerce une action inteuse que dans les seules proportions définies où les corps peuvent se combiner; de sorte, par exemple, que si 1 de À se combine seulement avec 1 ou avec 2 de B, qu'on mette 9 de À avec 15 de B, et qu’on suppose que toutes ces parties s'unissent, il est certain qu’en considérant les choses en général, À devra être plus fortement attiré par B que dans le cas où Â et B sont unis à parties égales ; mais il ne faut pas regarder les 9 parties de À comme étant également attirées par les 15 de B, car les résultats de l'union de ces parties sont 3 de À unies avec 3 de B, et6 de A unies avec 12 de B; par conséquent il y a 3 de À qui ne sont pas plus attirés que dans le cas où les corps étoient combinés à parties égales. Cette explication fait voir comment l'influence de la quantité ne s'étend qu'aux seules proportions définies, quand les combinaisons ne sont possibles que dans ces proportions. :
Examinons l'influence de la quantité dans les combinaisons indéfinies.
1°. Si l’on réunit 5 parties d'acide sulfurique à 66 deg. avec 3 parties d’eau, on a 8 parties d’un liquide composé de 4 parties d'acide sulfurique et de 4 parties d’eau, par la raison que l’acide sulfurique à 66 deg. contient environ un cinquiéme de son poids d’eau. Si l’on expose à l’action du feu le liquide dans un ballon de verre dans lequel on a suspendu un thermomètre, on observe que l’ébullition commence entre 135 et 140 degrés, à cause de l’action de l’acide sur l’eau; que Le thermomètre s'élève à mesure que l’eau se vaporise, et cela jusqu’à un certain degré, où il reste stationnaire. Si l’on arrête alors l’opération, on trouve que le résidu est de l’acide sulfurique à 66 deg., et que son poids est environ de 5 parties; si l’on reprend l'opération, l’on distille l’acide sulfurique en entier à une température qui n’augmente plus, et il est impossible d’en séparer de nouvelle eau par l’action de la chaleur; d’où il suit que la température nécessaire pour volatiliser les 3 parties d’eau que l’on a unies aux 5 d'acide sulfurique à 66 deg., ne s'accroît que parce que l’affinité de l'acide sulfurique augmente à mesure que la quantité d’eau diminue, ou à mesure que sa quantité augmente relativement à celle de l’eau.
2°, La dissolution des sels dans Les liquides étant des combi-
\ 110 ATT naisons indéfinies, l'action d’un liquide sur un sel doit augmenter progressivement avec la quantité de ce liquide ; c’est ce que les considérations suivantes mettent en évidence. Lorsqu'on prend des poids égaux d’un même sel, et qu’on les fait dissoudre, à diverses températures, dans les quantités d’eau strictement nécessaires pour en opérer la dissolution, on observe qu’en général, les quantités sont d'autant plus grandes que les températures sont moins élevées. Or, la dissolution s'arrête lorsque la cohésion du sel est en équilibre avec l’ainité de l’eau pour ce même sel; mais la cohésion est d'autant plus grande, que la température est plus basse; et comme il faut alors plus d’eau pour dissoudre la même quantité desel, il est évident que cette plus grande quantité d’eau exerce sur le sel, a raison de sa masse, une action plus forte que celle de la moindre quantité d’eau nécessaire pour le dissoudre à une température plus élevée.
L'influence de la quantité s'exerce encore d’une manière bien remarquable dans l’action de l’eau sur plusieurs combinaisons salines, et en particulier sur celles dont l’un des principes est insoluble dans l’eau, tandis que l’autre y est soluble, et que ces principes n’ont pas d’ailleurs une grande affñité mutuelle.
1°, Le margarate neutre de potesse, qui est formé d’un corps trés-soluble dans l'eau, la potasse, et d’un autre, l'acide margarique qui y est absolument insoluble, peut, sans se décomposer, absorber une petite quantité d’eau, et prendre alors l’état mucilagineux; mais si on délaye ce mucilage dans une grande masse d’eau, le margarate cédera à ce liquide lamoitié de son alcali, et passera a l’état de surmagarate de potasse. Il est” certain, d’après cela, qu’une grande quantité d’eau opère une décomposition que ne peut produire une petite quantité de ce liquide.
2°. Le nitrate de bismuth présente le même résultat, avec cette différence cependant que ce n’est pas sa base qui se dissout, mais bien l'acide. Le nitrate de bismuth peut être : obtenu en dissolution .dans une petite quantité d’eau ; mais comme l’action de l'acide sur la base est peu considérable, et que l'acide a besoïn de-toute son énergie pour la tenir dissoute, il arrive qu’en ajoutant de l’eau à la dissolution, il se fait un précipité de sous-nitrate, et il reste, dans la liqueur, de l'acide
ATT a 111 retenant un peu d’oxide. Cela prouve donc que dans le cas où le nitrate est dissous dans un peu d’eau, la masse de ce liquide est trop foible pour diminuer sensiblement l'énergie de l'acide ; qué dans le cas où la masse d’eau est augmentée, celle-ci entre en concurrence avec l’oxide pour balancer l’action de l'acide. Mais ce que nous ne devons point passer sous silence, c’est qu’une nouvelle quantité d’eau ajoutée dans le nitrate décomposé, redissout le précipité. Suivant nous, ce seroiït une grande erreur de considérer cette solution comme du nitrate de bismuth dissous dans l’eau ; car elle est bien réellement formée d’une combinaison d’eau et d'acide nitrique, tenant en dissolution du sous-nitrate de bismuth.
Nous voyons, d'aprés ces phénomènes que le nitrate de bismuth présente lorsqu'on le mêle à des quantités diverses d’eau, combien les proportions de ce liquide peuvent avoir d'influence sur l’état de combinaison des principes d’un sel quë s’y trouve en dissolution; les deux exemples que nous allons rapporter acheveront de le prouver.
3°. Si on met dans une solution de potasse concentrée et chaude assez d'acide borique pour que la solution rougisse fortement le tournesol, et qu’ensuite on ajoute à cette solution une grande quantité d’eau, on aura un liquide qui, au lieu de rougir le tournesol, ramenera au bleu celui qui aura été probablement rougi par un acide. M.Meyrac a observé ce fait,
qui me paroît devoir être expliqué ainsi : L'acide borique n’a qu'une très-foible énergie acide; car j'ai observé depuis longtemps, 1°. que les solutions de potasse et de soude sürsaturées d'acide borique verdissent fortement la teinture de violette ; 2°. que l’acide borique se comporte avec l’hématine comme un alcali foible; d'aprés cette considération, je pense qu’en ajoutant de l’eau à une solution de potasse saturée d’acide borique, l’action de l'acide pour neutraliser la potasse s’affoiblit
Tassez pour que l’action de cet alçali l'emporte sur celle de l'acide. É
4°. Ayant uni à de la potasse dissoute dans un peu d’eauenviron une fois et demie plus d'acide butirique qu'il n’en falloit pour la neutraliser, j'ai obtenu un liquide dont l’action sur un papier de tournesol se bornoit a le faire passer au pourpre. J'ai conclu de la que la potasse, ou le butirate de potasse neutre, attiroit
Le]
ti ATT
plus fortement Ja quantité d’acide en excès que cette quantité n'étoit attirée par l’alcali du tournesol ; et ce qui m’a confirmé dans cette opinion, c’est que la solution de butirate avec son excès d'acide né décomposoit pas à la HEMPErTUEE ordinaire des cristaux de carbonate de potasse qu'on jetoit dedans. Mais ce qui prouve maintenant l'influence de la masse de l’eau sur ce résultat, c’est qu’en ajoutant suffisamment de ce liquide au butirate, la liqueur acquéroit la propriété de rougir fortement le tournesol, parce qu’alors l’action de la potasse ou du butirate neutre sur l'excès d’acide, affoiblie par l’action de l’eau, ne s’exerçoit plus avec une intensité suflisante pour s'opposer à ce que l'acide butirique s’emparût de tout l’alcali du tournesol;
je dois ajouter que la liqueur étendue décomposoit avec cHervescence le carbonate de potasse cristallisé. |
e. Influence de la lumière du soleil sur l’altraction moléculaire.
Tous les corps qui sont susceptibles d’absorber la lumiere s'échauffent et se dilatent lorsqu'ils sont exposés aux rayons du soleil. A la vérité, la lumiere directe n’a, pour échauffer, qu'une action irés-bornée; mais tout le monde sait l'énergie qu’elle acquiert lorsqu'elle est concentrée par la réflexion d’un miroir concave, Gu la réfraction d’une lentille; elle est capable alors de fondre, de volatiliser l'argent, l’or, étc., et de produire sur les corps des effets semblables à ceux qu'ils nous présentent lorsque nous les exposons au feu de nos fourneaux; mais ce qu'il y a de plus remarquable, c’est qu’un
‘ rayon du soleil détermine sur la plupart des matières privées
de la vie, soit qu’elles aient appartenu ou non à des corps organisés, les mêmes effets qu’une chaleur de 160 à Goo, ain&i que MM. de Rumford, Gay-Lussac et Thenard l’ont Dee dans de belles suites de ertences.
Voici des exemples de combinaisons et de décompositions que produit l’action de la lumière du soleil, et qui, toutes les autres circonstances restant les mêmes, n’ont pas lieu dans l'obscurité. | |
1°, Les oxides d’or et d’argent sont décomposés en métal et en . oxigène ;
"LE proisSiee de mercure est réduit en mercure et en
éblide:
3°, Le chlore, dissous dans l’eau, décompose ce liquide; il se produit de l'acide hydrochlorique, et un peu d’acide chlorique, qui restent tous les deux en dissolution dans de l’eau non décomposée, et en même tempsilse dégage du gaz oxigène;
4°. Le chlorure d'argent, récemment précipité et submergé ‘dans l’eau ,de blanc qu'il est, passe au violet, par son exposition au soleil. Voyez Supplément, Arçenr, chlorure d'argent. Comme il n’y a que la partie éclairée qui éprouve ce char- ‘gement, on peut se servir de ce chlorure pour démontrer, en général, l'influence quela lumière peutexercer sur l’action chimique. En effet, si lon met le chlorure et l’eau dans un vase cylindrique de verre, et qu’on recouvre la moitié de ce vase, dans le sens parallèle à l'axe, d’un papier noir, il arrivera que la lumière ne fera passer au violet que les seules parties du chlorure qui seront exposéesa son action, tandis que celles qui en seront préservées par le papier noir conserveront leur blancheur ; ; . 5°. L'action delalumiére est encorebiensensible surun grand - nombre de couleurs végétales; presque toutes, lorsqu'elles y sont exposées, se décolorent en se décomposant; mais alors l'oxigène de l’air paroît, dans plusieurs cas au moins, agir con= curremment avec la lumiere.
. Ces exemples, choisis parmi beaucoup d’autres que nous aurions pu citer, suffisent pour mettré en évidencé l’influence de la lumière sur l’action chimique; et il est aisé de voir, en comparant les résultats que nous venons de décæ#re, avec ceux que l’on obtient lorsqu'on en expose les mêmes substances à une chaleur de 150 à 600 deg., combienil y a d’analogie entre les effets produits dans l’un et l’autre cas. On remarque cependant qu’il y a quelques phénomènes prdouits par l’action de la lumière, qui n’ont pu l’être encore par celle de la chaleur. |
Tels sont, entre autres exemples, ce qui arrive : 1°. à un mélange de volumes égaux de chlore et d’oxide de carbone qui se combinent par l’action de la lumière, en se condensant de la moitié du volume total ; 2°. au gaz acide carbonique qui, dans les parties vertes des végétaux exposées aux rayons du soleil, est décomposé en carbone qui reste dans la plante, et en gaz oxigène qui s’en dégage. Ce dernier phénomène
du 4 ATT
explique le changement de couleur, le dépérissement, lesma-
ladies, et même la mort des êtres organisés pour vivre à la
lumiere, lorsqu'ils sont long-temps plongés dans une obsCurité
profonde. = Relativement à l'action des différentes sortes de rayons que
l'on trouve dans un trait de lumière solaire, Voyez Lumière,
f. Influence ä l'électricité sur l'attraction moléculaire.
Lorsque nous avons considéré l'influence de la force expansive de la chaleur sur la cohésion et sur l’afinité, nous n’avons pas parlé des différences qui existent entre les corps relativement à la faculté qu’ils ont de transmettre la chaleur plus ou moins rapidement, parce qu'aucun n’estprivé de cette faculté, et qu’ils exigent tous un temps appréciable pour la conduire ; dés-lors, la plus ou moins grande facilité avec laquelle les corps conduisent la chaleur ne peut avoir d'influence sur la manière
‘dont celle-ci agit à l'égard de la cohésion et de l’affinité, qu
relativement au temps nécessaire pour que cette actior s’exerce. Il n’en est pas de même del’électricité; il est des corps qui la conduisent avec tant de rapidité, que le temps qu’elle
- met à les traverser est inappréciable; dans d’autres, elle se
transmet si lentement, que Desteenr de physiciens les onf considérés comme imperméables à cet agent. Dans ces deux cas, on conçoit aisément que l'électricité ne peut avoir aucune influence sensible sur la cohésion ou l’affinité ; dans le pre. mier, parce qu’elle se répand à l'instant dans toute la masse: dans le second, parce qu’elle ne peut agir sur les corps qu’elle ne pénètre pas. Il semble résulter de cette considération, que les corps qui conduisent l'électricité, mais qui ne la con duisent qu'imparfaitement, sont les seuls sur lesquels elli puisse produire des effets sensibles. Cependant il ne faudroi: pas croire qu'il n’est aucunes circonstances dans lesquelles lei bons conducteurs, les métaux, par exemple, ne puissen
éprouver aucune action de l'électricité. Pour donner lieu &
. cette action, il suffit de les réduire en fils assez déliés pou
que la transmission d’une quantité donnée d'électricité y soi gênée. C’est ce qui arrive lorsqu'on décharge une batteri, électrique ou une pile de Volta avec des fils métalliques ; alor gueur égale, ces fils s'échauffent d'autant plus qu'ils sont plu
ATT : 416 fins ; non-seulement leur température peut être portée à l’incandescence, mais encore lorsqu'ils sont suffisamment déliés, ‘la cohésion de leurs particules est surmontée, et ils sont fondus ou volatilisés. Dans ce dernier cas, si l'expérience est faite dans une atmosphère qui contient du gaz oxigène, le métal s’oxide en même temps, lors même qu'il a peu d’affinité pour l’oxigene; c’est ce qu’on observe en particulier en faisant cette expérience sur l'or, qui ne s’oxide que très-difficilement. Le charbon, qui est moins bon conducteur que les métaux, et dont la cohésion résiste aux températures les plus élevées que nous connoissions, placé dans le vide, et traversé par un courant d'électricité voltaïque, répand une lumière très-éclatante.
Quelques physiciens pensent que les effets dont nous venons de parler n’ont lieu que parce que l'électricité produit de la chaleur par une action mécanique de frottement ou de compression ; d’autres, qui attribuent l'électricité positive etl’électricité négative à deux fluides différens, pensent que la chaleur et la lumière sont produites par la réunion de ces &eux fluides dans le corps conducteur avec lequel on décharge la batterie ou la pile voltaïque. Quoi qu'il en soit de ces opinions, et en nous bornant à la simple exposition des faits, nous conclurons de ceux que nous venons de décrire, que l'électricité, en quantité suffisante, el gênée dans son passage au travers des corps, diminue et surmonte même la cohésion de leurs particules.
L'influence de l'électricité sur l’affinité présente des faits
beaucoup plus multipliés et plus remarquables; c’est une . des causes qui font le plus varier le phénoméne de l’afinité.
Nous distinguerons deux classes de ces phénomènes; ceux qui sont produits par l’étincelle électrique, et ceux qui le sont par l’action continue de la pile. £ Fran
Combinaisons el décompositions produites par l’étincelle électrique.
Il y a des corps que l’étincelle électrique tend à combiner; d’autres, qu’elle tend à séparer lorsqu'ils sont unis: et il yen a qu’elle tend, suivant les circonstances, tantôt à combiner, et Hintôt à séparer. Donnons des exemples de ces différens cas.
Si, après avoir introduit dans une clothe pleine de mercure un mélange de 100 de gaz azote’et de 250 d'oxigène et une certaine quantité de chaüx ou de potasse humide, on fait passer au milieu des gaz, et, au moyen d’un excitateur,
a36 ATT un grand nombre d’étincelles, l’oxigéne et l'azote forment dé l'acide nitrique, qui sature la chaux ou la potasse.
Une seule étincelle électrique que l’on fait passer dans le mélange de 1 volume d’oxigène et 2 d'hydrogène, dans celui de volames égaux de chlore et d'hydrogène, dans celui de 1 volume d’oxigèneet 2 volumes d’oxide de carbone, détermine la combinaïson des gaz de chaque mélange; il ya dtotistions et dégagement d’une vive lumière,
Si l’on tire un grand nombre d’étincelles au milieu du gaz ammoniaque, des gaz hydrogène carboné, phosphoré, sulfuré, on réduit le premier en gaz hydrogène et gaz azote, et les autres en gaz hydrogène pur et en précipité de phosphore de carbone ou de soufre.
Des étincelles électriques qui éclatent dans l’eau entre des fils d’or excessivement déliés, faisant l’office d’excitateur, décomposent ce liquide, Sat l'observation de M. Wollaston. L’oxigène et l'hydrogène présentent donc un exemple de corps que l’on peut, au moyen de l’étincelle électrique, combiner lorsqu'ils sont séparés, ou séparer lorsqu'ils sont unis:
Combinaisons el décompositions produites par la pile voltaïque. .
Tous les phénomènes de combinaisons et de décompositions que présente la pile, peuvent être ramenés à cette loi générale : P’oxigène, les acides et les corps qui leur sont analogues, sont attirés par lepôle positif de la pile, et l'hydrogène, les alcalis et les corps qui leur sont analogues , sont atbirés par le pôle négatif.
Décomposition de l’eau par la pile. De toutes les décompositions que l’on peut produire au moyen de la pile, celle de l’eau est une des plus importantes à bien connoître, parce qu'on en déduit une théorie propre à expliquer en général l’action de l'électricité sur les composés dont elle peut séparer les élémens: Pour observer toutes les circonstances de cette décomposition , il faut employer l’appareil que nous allons déerire.
On introduit dans le bec d’un entonnoir un bouchon de liége; on y pratique deux trous, afin d’y faire passer deux fils de platine, lesquels doivent s'élever dans lintérieur de l’entonnoir, à la moitié de sa hauteur environ; ces fils doivent être assez écartés pour qu’on puisse les placer chacun sous une petite cloche de verre, Le bouchon doit être recouvert à lex:
| ATT 117 vérieur et à l’intérieur de l’appareil, d’une couche de mastie résineux. On remplit l’entonnoir d’eau distillée , ensuite on y enfonce les deux petites cloches pleines d’eau, et renversées de manière que chacune recouvre un des fils Les choses - ainsi disposées, on met en communication avec les pôles de la pile, les extrémités libres des fils de platine; bientôt on aperçoit, sur la partie de ces fils submergés dans l’eau de lentonnoir, de petites bulles de gaz qui s’en détachent dés qu’elles ont une élasticité suflisante pour vaincre la pression du liquide, et qui vont se rassembler au haut des cloches. J1 faut bien observer qu'il ne se dégage point de gaz entre les fils. F
La décomposition de l’eau est singulièrement accélérée, si l’on en augmente le ‘pouvoir conducteur en y ajoutant un acide, un alcali ou un sel ; si l’on arrête l'opération lorsqu'il y a des quantités suffisantes de gaz rassemblées dans les cloches, on trouve que celle qui recouvroit le fil positif, contient de l’oxigène , tandis que celle qui recouvroit le fil négatif contient de l’hydrogène.
Essayons de donner l'explication de cette décomposition, d’après l’ingénieuse théorie de M. Grofthuss.
C’est un fait connu que tous les corps qui s’électrisent par contact, par le frottement, la compression, se constituent dans deux états opposés d'électricité, et qu'alors ils attirent tous les corps qui ont une électricité différente de la leur, et qu’ils repoussent ceux qui ont une électricité semblable ; par conséquent , l’oxigène qui est attiré par le fil positif, est éiectro-négatif ; l'hydrogène qui se porte vers le fil négatif, est électro-positif. Maintenant la décomposition d’une particule d'eau, supposée placée entre les deux pôles de la pile, ne prouve-t-elle pas que l’énergie du pôle positif pour attirer l'oxyg ène, et l'énergie du pôle négatif pour attirer l’hydrogène, l'emporte sur l’affinité mutuelle des élémens de l’eau? Mais l’action que nous venons de considérer comme simple, doit plutôt être considérée comme double, c’est-à-dire que le transport de l’oxigene vers le pôle positif est déterminé et par l'attraction de ce pôle et par la répulsion du pôle négatif, comme le transport de l’hydrogene est dû à l'attraction du pôle négatif et à la répulsion du pôle positif. Dans ce cas, il
+ ATT est évident qu'uné force répulsive agissant dans le même sens que la force attractive, doit augmenter l'effet de celle-ci. Telles sont les idées les plus simples qu’on peut se faire de la décomposition d’une particule d’eau. Mais dans expérience que nous nous proposons d'expliquer, l’électricitén’agit pas sur une seule particule, mais bien sur une série de particules qui commence à l’un des pôles et finit à l’autre, Nommons Ol'oxigène, et H l'hydrogène de la particule d’eau qui est en contact avec le fil positif; O’ et H”, l’oxigène et l'hydrogène de la particule suivante; O” et H” l’oxigéne et l'hydrogène d’une troisième particule, et ainsi de suite. L’oxigéne de toutes les particules tendant à se porter vers le pôle positif, et l'hydrogène de ces mêmes particules du côté du pôle négatif, elles se disposeront de manière à ce que l’ensemble de la série soit représenté par O H, O’ H’, O0” H”, ete., et dès-lors, à mesure que. chaque © tendra à se rapprocher du fil positif, et chaque H du fil négatif, on voit que H quittera O pour se combiner avec ; que W° quittera O’ pour s'unir avec O”, et ainsi de suite, de maniere qu’il n’y aura que l’oxigène de la première particule d’eau et l'hydrogène de la derniére, qui se dégageront à l’état de gaz, les autres molécules d'hydrogène et d’oxigene se réunissant, ainsi que nous venons de le dire, pour former de nouvelles particules d’eau,
. Décomposition des acides par la pile. Si l'on fait DRE les deux fils de la pile dans une solution aqueuse concentrée d’äeide sulfurique ou d’acide phosphorique, du soufre ou du phosphore se rassemblera au fil négatif, et de Foxygène se dégagera au pôle positif; mais il faut remarquer qu’une portion d’eau se décomposera en même temps que lacide. Si les acides étoient trés-étendus d'eau, ce liquide éprouveroit seul la décomposition.
Les acides hydrochlorique et hydriodique sont également décomposés ; le chlore et l’iode vont au pôle positif, et l'hydrogène au pôle négatif, Le chlore et l'iode se conduisent donc comme ut
Décomposition des bases salifiables par la pile. Nous citerons pour exemple la décomposition de la potasse et de l’'ammoniaque. Lorsqu'on place un morceau d’hydrate de potasse, cont la surface est légérement humide, entre deux disques de platine,
ATT i : 119 dont l'un communique au pôle positif de la pile, et l'autre au pôle négatif, la potasse et l’eau se décomposent simultanément, du pose et de l'hydrogène apparoissent au disque négatif, et de l’oxigène au EE positif.
Une solution forte d’ammoniaque est également décomposée, son hydrogéne se dégage au pôle négatif et son azote au pôle positif. L’azote paroît être dans l’ammoniaque relativement à l'hydrogène, ce qu'est , dans la potasse, l’oxigéne au potassium. L’ammoniaque n’est pas décomposée quand sa solution n’est pas concentrée.
Décomposition des sels par la pile. Tous les sels qui sont formés d’une base et d’un acide dont les élémens sont fortement combinés, soumis à l’action de la pile lorsqu'ils sont en dissolution dans l’eau, peuvent être complétement réduits en acide qui va au pôle positif, et en base qui se rassemble au pôle négatif, On fait ces expériences en mettant la solution de sel, par exemple, celle de sulfate de potasse, dans une petite cloche ce verre, plaçant à côté de celle-ci une seconde cloche contenant de Veau, et établissant une communication entre les deux liquides au moyen de fils d'amiante. Lorsque tout est ainsi préparé, on met chaque pôle de la pile en communication avec chacune des cloches; et en essayant, au bout de quelques heures, les deux liqueurs avec des papiers de tournesol rouge et bleu, on voit que le liquide du pôle positif rougit le papier bleu, et que celui du pôle négatif bleuit ie papier rouge.
M. Davy à fait des observations très-curieuses sur le passage des acides ou des alcalis, qui proviennent de la décomposition d’unsel au travers d’un liquide susceptible de neutraliser l'acide ou l’alcali qui est transporté d’un pôle à l'autre. Ainsi, ayant
- mis, 1°. du sulfate d'argent dans une petite cloche de verre qu communiquoit au pôle négatif; 2°. de l’'ammoniaque, ou de la potasse, dans une seconde cloche communiquant à la première au moyen de fils d'amiante; 3°. de l’eau dans une troisième communiquant avec la seconde et avec le pôie positif, 11a vu que l'acide sulfurique se rassembloit à ce dernier pôle, que conséquemment 1l traversoit l’ammoniaque ou la potasse sans s’y combiner. Mais ce résultat n’a lieu qu'autant que le liquide du vase intermédiaire n’est pas susceptible de précipiter à l’état solide je corps transporté. Ainsi, quand on remplace l’ammo-
120 | ATT niaque ou l4 potasse par l’eau de baryte, celie-ci forme du sulfate de baryte avec tout l'acide sulfurique qui s’estséparé de Voxide d’argent en vertu de l’action électrique , et ce sulfate, qui est insoluble, reste dans la cloche intermédiaire où il s'est produit. |
Lorsque les sels ont pour base un oxide dont le métal n’a pas pour l’oxigène une affinité trés-énergique, non-seulement le sel se décompose, mais encore la base; alors on obtient le métal de cette base au pôle négatif. C’est ce qu’on peut démontrer facilement de la maniére suivante : on verse une solution d’acétate de plomb ou d’hydrochlorate de protoxide d’étain dans un siphon de verre; on met les branches du siphon en communication avec les pôles de la pile; le fil négatif se recouvre d’une végétation métallique qui s'accroît progressivement en allant de ce pôle vers le pôle positif, et en même temps on observe que l'acide et l’oxigène vont à ce même pôle. Il paroït que l’eau est décomposée en même temps que le sel, et que c’est son oxigène qui se dégage, tandis que son hydrogène réduit l’oxide métallique au pôle négatif.
Les états opposés d’électricité dans lesquels des corps se trouvent, peuvent favoriser leur combinaison. Ainsi, quand les fils qui communiquent avec les pôles d’une pile sont de nature à pouvoir s'unir avec les corps, qui seront transportés vers ces fils, en raison de la pôlarité électrique, les combinaisons D s effectuer, quoiqu'elles ne fussent pas possibles dans le cas où la matière du fil ne seroit pas électrisée, Ainsi, l’argent ne s’oxide point dans l’eau ni dans l'air; mais il s'oxide si on le met en communication avec de l’eau et le pôle positif d’une pile en activité. Le tellure, mis dans l’eau, ne la décompose pas, quoique susceptible de s'unir aux deux élémens de ce liquide; mais si on le met en contact avec l’eau et le pôle négatif d’une pile, il se convertira en un hydrure brun. C'est encore à la même cause que nous devons rapporter la facilité avec laquelle un fil d'or électrisé, qui communique , d'une part, au pôie positif d’une pile, et qui est plongé de l’autre part dans une dissolution de chiorure ou d’hydrochlorate, est dissous par le chlore qui se porte vers ce même pôle, en raison de sa nature électro-négative.
Les phénomènes dont nous venons de parler feront conce-
ATT 123 voir l'application que l’on peut faire de la pile pour oxigéner ou hydrogéner des corps dont l’affinité pour l’oxigène et l'hydrogène n’est pas considérable.
Dans toutes les expériences de décomposition et de combimaison dont nous venons de parler, nous avons considéré les corps comme étant soumis à l'action d'une électricité développée par un appareil électrique: faisons connoître un phénomêne qui commence par l’action d’une affinité élective, et;, qui se continue par une action électrique.
L'on fait dissoudre 1 partie d’acétate de plomb dans 9 parfies d’eau ; on remplit, avec cette solution, une cloche de verre étroite de om, 1 de longueur; on fixe une des extrémités d’un cylindre de zinc, de où, 065, ou om, 006 de diametre, dans un bouchon ou une petite HUE de manière que ce bouchon ou cette petite planche étant assujetti à la partie supérieure de la cioche de verre, l'extrémité libre du cylindre puisse plonger de om, 03 environ dans l'acétate de plomb. Le zinc ne sera pas plus tôt immergé, qu’ilse recouvrira de plomb, et ce plomb sera bientôt recouvert lui-même de nouvelles molécules qui formeront des ramifications brillantes, ou, comme on le dit, une végétation ou un arbre de Saturne. Il faut bien remarquer que l'arbre croit de haut en bas; que l'addition des nouvelles molécules à celles qui se sont d’abord précipitées se faik toujours à l’ertrémité des ramifications la plus éloignée du zinc; et que, pendant toute la durée de la précipitation, il n’y a aucun déga= gement de gaz. Si l'on examine la liqueur aprés que l’arbre aura tout-à-fait cessé de croître, c’est-à-dire, aprés plusieursjours, on y trouvera del’acétate de zinc en dissolution. La théorie de cette opération a été donnée par M. Grotthuss. Suivant lui, il faut distinguer deux époques dans la précipitation du plomb ; pendant la première, ce métal se précipite, à raison de ce que le zinc a plus d’affinité que lui pour l’oxigène et l’acide acétique : le zinc enlève donc ces deux corps au plomb par affinité élective. Mais lorsque le cylindre de zinc est recouvert en grande partie de plomb, on ne peut plus attribuer à l’affinité la précipitation des nouvelles molécules de plomb, puisque celles-cx se superposentsu ‘es premieres hors du contact du zinc, c'estä-dire hors de la sphère de son affinité; alors commence la seconde époque de la précipitation. Dès que le zinc'est en
122 ATU partie recouvert, il se produit un élément de la pile, dont le “zinc est positif, et le plomb est négatif. Cet élément agit sur l'eau, ainsi que nous l’avons dit plus haut, en parlant de la décomposition de ce liquide par l'électricité voltaique; alors son oxigène, attiré par le zinc, en même temps que lacide du. sel, forme de l’'acétate de zinc qui se dissout; et d'un autre côté, l'hydrogène de l’eau et l'oxide de plomb sont attirés par le plomb, qui est électro-négatif; mais il arrive que l'hydrogène s’unit à l’oxigène de l’oxide plomb, et que ce métal réduit . s'ajoute à l’élément de la pile en vertu de la cohésion.
La théorie de M. Grotthuss s'applique à tous les cas analogues où un métal en précipite un autre de ses dissolutions ; le métal précipitant est toujours électro-positif, et le métal précipité électro-négatif. Les précipitations métalliques Les plus remarquables, avec celle dont nous venons de parier, sont la précipitation de l'argent , opérée par le mercure ou par le cuivre, celle de l’étain opérée par le zinc, enfin celle du cuivre opérée par le fer ou par le zinc.
L'on voit, d’après tout ce qui a été exposé dans la seconde section de ce paragraphe, que l'électricité peut produire, dans beaucoup de circonstances, les mêmes effets que la lumière et la chaleur; son action est si étendue, et souvent si. énergique, soit qu’elle surmonte la cohésion des corps, soît qu’elle détermine des combinaisons, ou qu’elle sépare les élémens qui sont Le plus fortement unis, que plusieurs savansont cherché, dans cet agent, et les causes de l'affinité, et celles de 4a chaleur et de la lumière; maïs tout en reconnoissant l’importance des belles découvertes qui ont immortalisé le génie des physiciens de notre âge, tout en applaudissant aux heureux rapprochemens qu’ils ont faits entre l’action chimique et l'action électrique, on ne peut se dissimuler que les théories électro-chimiques qu’on a imaginées pour expliquer ces grands phénomènes, ne sont pas encore complétement démontrées ; c’est ce qui nous a engagé à traiter séparément de l'influence de la chaleur, de la lumiere et de l'électricité sur l'attraction moléculaire, et à ne présenter que des séries de faits propres à donner une idée de cette influence, indépendamment de toute hypothese sur ia nature de ces agens. (Cu.)
ATUN. (Ichtyol.) Nom d'une espèce de scombre ou de,
ATY | 123 : maquereau des environs du Cap de Bonne-Espérance et des eaux de l'ile de Java. Voyez Scowpre. (H. C.)
ATYA. (Crust.) Genre établi par M. le docteur Leach, pour une espèce de crevette dont les pattes sont disposées d'une manière particulière. (C. D.)
ATYCHIE. (Entom.) C’est le nom donné par M. Latreiïlle à une sorte de sphinx ou de rygene de l’ordre des LÉPIDOPTERES. (C. D.)
ATYLUS. (Crust.) Genre SR par M. Leach, et qui comprend, entre autres espèces de crustacés, le gammarus carinatus. (C. D.)
ATYPE. (Entom.) On trouve sous ce nom, dans le vingtquatrième volume du Dictionnaire d'Histoire Naturelle de Déterville, page 133, l'indication d’ur genre de la famille des araignées, auquel on be l'araignée souterraine de Roëmer. (C. D.)
ATYRION. ( Bot.) Dave) donne ce nom au céférach, d’après ses commentateurs. ( Lem. )
ATYS. (Conch.) C’est le nom d’une espèce de emilie. Pas. Astrolepas. (DE B.)
ATYS. (Conch.) Ce genre de coquilles est établi par M. Denys de Monfort, avec quelques espèces que l’on rangeoit précédemment parmi les bulles, et qui paraissent n’en différer réellement que par de trés-légers caractères; ceux qu’on peut lui assigner sont : Coquille univalve, ovalaire, ventrue, enroulée, la spire non visible, le sommet restrant ; ouverture semicirculaire, trés-évasée, plus longue que la coquille, presque égale aux deux extrémités; lèvre externe ou droite arrondie.
La principale espèce de ce genre est la bulle d'eau ou gondole papyracée de Dargenville, figurée dans Gualtieri, tab. B. g. 8, et que M. Denys de Monfort nomme A. cymbulus, Vatys gondole. C’est une coquille d’un peu plus d’un pouce de long, extrêmement mince, transparente, trés-finement striée transversalement, de couleur blanche ou légèrement grise, assez rare dans les collections, et qui paroît venir des mers de Sicile et de l'Inde. (DE B.) LD 7
ATYS. (Mam.) Nom donné par Audebert à une guenon entièrement blanche, que Seba avoit vraisemblablement déjà décrite sous le nom de grand singe blanc, et qui n’est peut-
124 AUC être autre chose qu'une guenon devenue blanche par l'effet de la maladie albine. |
La longueur de l’atys est de dix-huit pouces environ; son pelage est entiérement blanc, et sa face, l’intérieur de ses mains et la plante de ses pieds sont nus et couleur de chair. (E.C.)
ATZEL. (Ornith.) Nom ne de la pie, corvus pica; Linn. (Ch. D.)
AUBERTIA. Bor.S.-Vinc. Voyage en Afr. 1, p. 356, tab. 18. { Bot.) Arbre de l’île de Bourbon, dont les feuilles sont pétiolées, opposées, ovales, entières, savonneuses lorsqu'on les frotte entre les doigts, répandant une odeur assez semblable à celles du bétel. Lesfleurs sont fort petites, jaunâtres, peu apparentes , axillaires, disposées en petites grappes; des capsules verdâtres qui, en s’ouvrant, offrent l’apparence de fleurs. Ce genre appartient à la féfrandrie tétragynie de Linnæus. Il se rapproche beaucoup de la famille des térébinthacées, et offre des rapports avec les fagara. Chaque fleur est pourvue d’un calice à quatre divisions fort petites, une corolie à quatre pétales, quatre styles auxquels succèdent des capsules oblongues, en carène, dont une, deux ou trois avortent : elles sont uni: loculaires, s'ouvrent longitudinalement, et renferment une à trois semences. Les deux ampacus de Rumphe pourroient entrer dans ce genre, s'ils étoient pourvus de quatre styles et d'autant de capsules. Voyez Ampac et Facarier. (Porr.)
AUBREAU. (Ornith.) Nom vulgaire du hobereau, falco subbuteo, Linn., dans les environs de Parthenay, Deux-Sèvres. (Ch. D. \
AUBUSSEAU. (Ichtyol.) A la Rochelle et le long de la côte de Saintonge, on appelle de ce nom un petit poisson dont la chair est be mais que nous ne connoissons point assez pour le classer. (H. C.).
AUCHENIA. (Mamm.) M. Illiger, dans un ouvrage publié à Berlin en 1811, sous le nom de Prodomus systematis animalium et avium, a eu le projet de réformer la nomenclature dans ces deux branches de l'Histoire Naturelle, et de l’établir sur des principes uniformes. Cette entreprise n'aura malheureusement guére d'autre effet que d'augmenter les difficultés, déjà si grandes, de la synonymie. Un langage ne
AUC ! "35 peut avoir d’exactitude rigoureuse et de fixité, que lorsque les idées qui en font l’objet sont arrivées elles-mêmes à cette exactitude parfaite, hors de laquelle est l'erreur; et l’histoire des mammifères et des oiseaux est encore loin d’avoir atteint ce terme. Le nom d’auchenia (œuznv, collum) en est peutêtre la preuve. M. Illiger le donne à un genre dans lequel il comprend le lama et là vigogne, et il est trés-vraisemblable que s’il eût mieux connu ces animaux, il auroit trouvé ailleurs que dansileur cou, le sujet du nom générique qui leur convenoit. On a d’ailleurs toujours regardé, et avec raison, comme une injustice, de changer un nom lorsqu'il avoit été justement appliqué par son auteur, et qu’on ne change rien a l’idée qu'il renfermoit; on s’approprie par-là, sans peine, un bien qui appartient à un autre, et qui souvent a coûté de longues veilles. Nous ne favoriserons point cette erreur, et nous tacherons de conserver, autant qu’il sera raisonnable. ment possible , aux genres comme aux espèces , les noms qu'ils ont originairement reçus. C’est une explication dans laquelle nous avons dû entrer pour nous justifier d'avance de ne point admettre, autrement que comme synonymes, beaucoup de noms qui nous paroissent avoir été proposés inutilement; ainsi, au lieu d’auchenia, voyez Lama. (F. C.)
AUCHENIUM. (Ornith.) Terme employé par Illiger pour désigner la région cervicale au-dessous de la nuque. (Ch. D.)
AUCHÉNOPTÈRES. (Ichtyol.) Famille de poissons, qui compose à elle seule, dans le système ichtyologique de M. Duméril, le second sous-ordre des holobranches. Elle est disposée d’une manière tout-à-fait artificielle et bien plus commode pour l’étude, que conforme aux caractères naturels et aux habitudes communes : elle contient en effet des poissons de mœurs et de formes tout-a-fait différentes. Cependant presque tous ont la tête grosse, habitent la mer, /et recherchent les rivages et les fonds de sable. |
Le mot ee est grec, et indique la position des catopes sous la gorge, AUXNY cou, et #lepæ, nageoire. Ces catopes ne sont souvent ici composées que de rayons isolés, et quelquefois même formées par un seul; elles semblent n'être là que comme des rudimens, et destinées moins à la natation qu’au maintien de l'équilibre dans l’eau.
Famille des Auchénoptères ou Jugulaires.
sur la nuque; tête plus grosse que le corps. . Cazcionvur,
trés been. À Li 00 Uranoscors.
allongé; vériic.; ri large, aplatie . Barracnoïpe, trous des \bouche{ tête ler PAPER TRICHIONOTE. branchies Ve latéraux; f un seul; fuu, gluant. Mur£noïne. 3 < LE 74 rayons | corps l'écailleux. . Ozrcorone. = des catop. / deux ou quat.au plus. BLenmir. Q h . Tau nomb.} . (dépr.verslaq.Carriomore, : de | se em sim. Vive.
corps nag.an. | dou. Gape.
ovale ,comprimé:mäch. longue que la supérieure. . . CHRYSOSTROME, inférieure plus courte que la supérieure . + . KuRTE.
Dans ces derniers temps, M. Cuvier a isolé quelques batrachoïdes pour en faire le genre Raniceps. Il a également adopté le genre Phycis d’Artédi et de Schneïder. Il a partagé le genre Gade en plusieurs sous-genres qui sont les morues, les merlans, les merluches, les lottes, les mustéles, les brosmes. Le genre Lépidolèpre de Risso) appartiendroit aussi à cette
même famille si sés catopes n’étoient point un peu thora-
ciques. Voyez ces différens mots. (H. C.) AUCHÉNORHINQUES. (Entom.) Dans l’article inséré pag. 304 et 305, al s'est glissé deux fautes typographiques pour le nom de genre FLare, que l’on à imprimé plate et Brate dans le tableau. (C. D.) AUGITE LAMINATRE (Min.), Blatteriger : UE des minéralogistés allemands.
M.Haüy a prouvé par l'observation des caracteres pris du. clivage, dé la dureté, de la pesanteur spécifique, et même de la couleur, que ce minéral, placé par MM. Werner et Karsten parmi les pyroxènes (Augit. WEr.), étoit une variété laminaire d’amphibole. Le |
Cette variété est éomposée, suivant M. Klaproih, de si lice, 25,5; de chaux, 9; de magnésie, 12, 5; d’alumine, 7,25 ; de fer oxidé, 16,25, et de potasse, 0,5; c’est probablement la ressemblance de cette composition avec celle des différentes variétés de pyroxène, qui a engagé les minéralogistes de l’école de Freyberg à regarder ce minéral comme uñe vVariété d’augite ou pyroxène.
AUL ep
Cette variété d’amphibole est d’un noir “ie et a un éclat trés-vif. On la trouve dans le Sau Alpe en Carinthie; elle fait partie d’une roche composée de disthène, de quarz, de grenat et d’épidote vitreux, (B.)
AUKOH. (Ornith.) Nom persan du héron, ardea cinerea, Linn. (Ch. D.)
AULÆUM. (Bot.) Nom poétique sous lequel Linnæus désigne quelquefois la corolle, considérée comme lit nuptial. { Mass.)
AULAGA. (Bot.) Nom castillan d’une espèce de genêt épineux, spartium scorpius, ou d’une de ses variétés. (J. ; |
AULAQUE. (Entom.) M. Jurine a désigné sous ce nom de genre un insecte hyménoptére, dont il n’a vu qu’un seul individu femelle. Il est analogue aux fœnes et aux sféphanes, par la manière dont son abdomen pétiolé est implanté sur le cor- -selet à sa partiesupérieure, et par les stries transversales qu’on remarque sur cette partie. (C. D.)
AULAUD. (Ornith.) Nom de l’alouette commune, alauda arvensis, Linn. en celtique. (Ch. D.)
AULAX. (Bot.) Genre de la famille des protéacées, de la diæcie tétrandrie de Linnæus, établi par Rob. Brown pour quelques espèces de profea qui s’en distingue par ses fleurs diviques; les mâles disposées en grappes , la corolle (périanthe simple, M.) à quatre pétales staminiféres; quatre étamines; dans les fleurs femelles un stigmate oblique, en massue, échancré, un peu hispide. Même fruit que dans les protées.
Ce genre renferme des arbrisseaux trés-glabres, à feuilles entières, les feuilles terminales à une seule bractée, les mâles réunies en grappes nues, fasciculées ; les femelles forment une tête solitaire, entourée de folioles, et munie intérieurement d’un appendice à plusieurs découpures acérées , qui paroissent être une tête de grappes avortées, analogues a celles: des fleurs mâles que Salisbury dit avoir vu fleurir. On rapporte à ce genre le protea pinifolia et le bracteata, faussement distingués comme espèces, le premier étant l'individu mâle, le second, l'individu femelle. Il en est de même du profea aulacea et unhelltg (Porr.)
AULLPIO. (Zooph.) Nom de genre sous lequel Donati réunit les espèces de polypiers articulés composés de deux par-
128 AUR ties, l’une osseuse (ealcaire}, et l’autre cornée, formant des . tiges, et dont les cellules répandues sur toutes les branches sont cylindriques, et s’élévent au-dessus de la surface du polypier. (Dr B.)
AULONJAT. (Bot) Dans le midi de la France, on nomme ainsi l’oronge franche. Voyez AmaniTe et OnonGe. (LEm.)
AULOPE, Aulopus. (Ichtyol.) Le mot 4vAwrec, nom grec d’un poisson que nous ne Connoissons pas, a servi aM. Cuvier pour désigner un nouveau genre de la famille des dermoptères, voisin des serpes et des saures.
bte aulopes réunissent les caractères des gades à ceux des saumons. Leur gueule est bien fendue; leurs os intermaxillaires qui en forment tout le bord supérieur, sont garnis, ainsi que ceux du palais, le bout antérieur du vomer et la “mâchoire inférieure, d’un ruban étroit de dents en carde; la langue est simplement un peu rude. Les os maxillaires sont grands et sans dents. Les catopes sont presque au-dessous des pectorales, et ont leurs rayons externes gros et seulement fourchus. Il y a douze rayons aux branchies. De grandes ‘écailles ciliées couvrent le corps, les joues et les opercules.
1°. L'Avrore, Aulopus filamentosus.
(Salmo filamentosus, BL.)
De la mer Méditerranée. (H. C.)
AURADO. (Ichtyol.) Sur quelques points de la côte d'Italie, on appelle ainsi la daurade ordinaire, (Sparus aurata , Linn.). Voyez Daurane. (4H. C.)
AURANTIACÉES. ( Bot.) Cette famille, auparavant dés: gnée sous le nom d’orangers, renfermoit alors trois sections , . que l’on a depuis séparées pour former des familles distinctes. Celle qui constitue les véritables aurantiacées, présente Îles caractères suivans : un calice monophylle divisé ordinairement en plusieurs lobes; des pétales.en nombre défini, larges à leur base et insérés sous le pistil ; des étamines partant du même point, en nombre défini, ou plus rarement indéfini, à filets aplatis, distincts ou réunis en un tube. Il y a un ovaire libre, un seul style et un stigmate simple ou divisé, Le fruit est une baie recouverte d’une écorce charnue, bsse ou inégale à sa surface , ordinairement à plusieurs loges con-
AUR és &nant quelques graines, dont plusieurs avortent, au point que quelquefois il ne subsiste qu’une loge et une graine. Celle-ci a, comme les pepins, un tégument extérieur cartilagineux qui .en recouvre ün autre mémbraneux dans lequel est renfermé un embryon dicotylédone sans périsperme. Quelquefois plusieurs embryons sont cachés dans le même tégument, ce qui est fort rare dans le règne végétal. Cette f#mille n’est composée que d’arbres ou arbrisseaux dont les feuilles sont alternes et ordinairement criblées de points transparens. Les fleurs viennent à leurs aisselles ou aux sommités des rameaux. Les genres de cet ordre sont le tryphasia , le chalcas, le clausena, le murraya, le bergera, le cookia, ou Wampi, l’atalantia , l’'ægle, le citrus, le feronia, le glycosmis et le Limonia. (J.) |
AURELIA. ( Bof.) {Corymbifères, Juss. ; syngénésie polygamie superflue, Linn.] Ce genre de plantes, de la famille des synanthérées, et de la tribu des astérées , a été établi dans nos Ménoires sur cette famille. L'espèce qui sert de type à ce nouveau genre avoit d’abord été réunie au genre aster par Cavanilles , qui l’a fait connoître sous le nom d’asier glutinosus ; en= suite Willdenow en a fait un doronicum, et MM. Desfontaines et Persoon une inula. Nous avons reconnu, dans notre premier Mémoire lu à l'Institut le 6 avril 1812, que cette plante appartenoitincontestablement à notretribu naturelle des solidages ou astérées, ce quine permettoit plus de la réunir aux inula ni aux doronicum; et nous avons pensé qu’elle différoit assez des aster pour constituer un genre particulier qu’il faudroit placer auprès du grindelia. M. Robert Brown, partageant sans doute notre opinion, a donné au même genre le nom de donia, adopté par Aïton et Sims, ses compatriotes.
Les aurélies (aurelia, H. Cass.; donia, Brown) ont la calathide radiée, les demi-fleurons femelles ; l’involucre subglobuleux, régulièrement imbriqué, formé de bractées inégales, coriaces, dont la partie inférieure est linéaire, écailleuse, apprimée, et la partie supérieure demi-lancéolée, subfoliacée, lâche; le clinanthe plane, nu. Le style et le stigmate, les étamines, la corolle, sont conformés, à peu près comme dans la plupart des plantes de la tribu des astérées. La cypséle est comprimée latéralement, obovale, très-glabre, couronnée
130 AUR d’une aigrette dont les filets peunombrèux, unisériés, distancés, caducs, sont très-forts, laminés, larges et linéaires inférieurement, triangulaires supérieurement , pointus au sommet, munis, sur les deux bords, de longues spinules.
L’aurélie glutineuse (aurelia glutinosa, H.Cass.) est un arbuste toujours vert, originaire du Mexique, qui s'élève à la hauteur d’un pied et demi à trois pieds; les tiges un peu anguleuses, droites, fermes, peu ramifiées, sont garnies d’un bout à l’autre de feuilles alternes, sessiles, oblongues, ovales, coriaces, glabres, bordées de dents aigues, glutineuses, ainsi que les sommités de la plante, et parsemées de petites écailles blanches. Les calathides sont grandes, solitaires aux extrémités des tiges ou des rameaux, et composées de fleurs d’un beau jaune, dont on jouit dans le cours de l'été; avant l’épanouissement de la calathide, elle forme un gros bouton enduit d’un vernis trés-blanc et vies qui rend cette plante remarquable.
Il faut l’abriter dans l Grangene pendant l'hiver; “lle exige une terre substantielle un peu consistante; on la multiplie facilement par les boutures, qui s’enracinent en été.
. Une seconde espèce d’aurélie est signalée dans le Bofanical Magasin, sous le nom de donia squarrosa : c’est une plante vivace que l’on croit originaire de l'Amérique septentrionale, et qui se distingue principalement par l’involucre dont les bractées sont réfléchies. (H. Cass.)
AURELLIA (Arachnod.), Awréue. Genre de là famille des médusaires, établi par MM. Péron et le Sueur, et auquel ils donnent pour caractères : Ombrelle sans pédoncule, à quatre bras et à huit auricules à sa circonférence garnie de tentacules : quatre bouches, quatre estomacs et quatre ovaires.
Voyez, pour l'explication des termes employés dans cette note caractéristique, et pour l’organisation et les mœurs de ces animaux , le mot MépDusaiREs.
Les espèces qu’on rapporte à ce genre sont actuellement au nombreide dix; elles sont toutes caractérisées dans le Mémoire de MM. Péron et le Sueur, Annales du Mus., vol. xv. Nous nous bornerons à faire connoïtre les principales, ou les plus communes sur nos Côtes. A
1°. AurerciA Suriray, Pér. et le Sueur, l’Aurélie suriray,
AUR 137 de 10 à 12 centimètres de diamètre sur 7 à 8 d'épaisseur, sa couleur est hyalino bleuàtre, avec un réseau vasculaire rouge à sa face inférieure; l’'ombrelle esthémisphérique, son rebord est trés-étroit, denticulé, garni de tentacules très-nombreux, très-courts et bléuatres; les auricules sent bleues : les ovaires presque annulaires et blanchàtres. |
Elle est très-commune, ainsi que la suivante, sur les côtes du Hâvre, et dans toute la Manche, où j'ai eu fréquemment l'occasion de l’observer.
2°. AURELLIA CAMPANULA, Pér. etle Sueur, l’Aurélie campanule, de la même couleur que la précédente; elle atteint 15 à 18 centimètres de diamètre, sur 6 à 7 d'épaisseur; l’ombrelle, en forme de petite cloche aplatie à son sommet, à son rebord trés-large, au contraire l’Aurellide suriray, à laquelle, du reste, elle est assez semblable. On la trouve également dans la Manche,
3°. AURELLIA ROSEA, Pér. et le. Sueur, l’Aurélie rose. Med. aurita, Mull., Zool. Dan., tab. 76, fig. 1, 3; de 10 centimètres de diamètre: ombrelle subdéprimée hémisphérique, avec un rebord simple, garni de tentacules trés-nombreux, très-courts et roussâtres; auricules brunes: ovaires semi-lunaires de cou-
leur rose; réseau vasculaire de la même couleur, mais très-pâle. Des mers de Norwége. (DE B.)
AURÉOLES. (Ornith.) M. Vieillot donne ce nom, en latin aureoli, à la 3°. famiile de ses ciseaux sylvains, dont le bec, quadrangulaire, est plus long que la tête, et dont les-doigts antérieurs sont réunis jusqu’au-delà du milieu. Cette famille est formée des jacamars. (Ch. D.)
AURICULA, Avricuze. (Conch.) Genre de coquilles dont les caractères sont d’être ovaies-obiongues; d’avoir la spire saillante, le sommet obtus; l'ouverture entière, oblongue, beaucoup plus étroite postérieurement; les bords désunis, l’externe ou droit rebordé, des plis à la columelle, et d’être sans opercule. ï
Ce genre, tel qu'il avoit d’abord été établi par M. de Lamarck dans la première édition de ses animaux sans vertèbres, renfermoit toutes les espèces de bulimvs de Bruguiére, qui ont un pli à la columelle, et qui avoient déja été séparées du genre voluta de Linnæus; mais comme il contenoit des coquilles flu-
132 AUR viatiles, marines et terrestres, et que l'étude de la géologie demande la séparation des espèces d’après leur habitation, M. de Lamarck ne laisse plus dans ce genre , ainsi circonserit, que les espèces terrestres, les deux autres groupes formant autant de genres distincts. Malheureusement l’animal d’aucune des espèces de ce genre n’est connu, en sorte qu’on ne peut guére le regarder que comme provisoire : les principales espèces qu’on peut y rapporter sont:
1°. Auricuca AURIS Min, Brug., vulg. l’oreille de Midas. Gualt., tab, 55, fig. o.
Caract. Coquille ovale, trés-convexe et lisse dans son milieu; la spire a ses tours plats, peu distincts, garnis de rides grenues qui la font paroître comme treillissée ; l'ouverture est oblongue, avec deux gros plis à la columelle. Elle est, dans l’état frais, couverte d’un épiderme brun ou marron foncé, qui y adhère fortement; elle atteint jusqu’à 5 pouces de ee , et vient des Indes orientales.
2°. AuricuLA AURIS rELIS, Brug., vulg. Poser de chat, Fa-
vann., Conch., tab. 65, fig. H. 7.
Caract. Coquille ovale, épaisse, brune, striée transversale-
ment; la partie moyenne de la lèvre droite rentrée en bour- - relet, et crénelée; trois plis à la columelle.
Cette espèce, quand elle n’a pas été dépouillée, est d’un brun noirâtre, le bourrelet de la lèvre droite, et les dents de la columelle d’un blanc d'ivoire. Favannes dit qu’elle est terrestre, et Chemnitz, au contraire, qu’elle vient de la mer des Indes.
3°. Auricuza auRIS Jupæ, Brug:, vulg. l'oreille de PR List. Synop., tab. 32, fig. 50.
Caract. Coquille subcylindrique, extrêmement énees parsemée, dans toute sa superficie, de stries granuleuses ; ouverture longue, rétrécie au milieu; trois plis à la columelle. D'un pouceet demi de long au plus; elle est blanchâtre ou couleur de chair quand elle a été dépouillée de son épiderme, qui est brun marron; on dit qu’elle est terrestre, et qu'elle vient des grandes Indes.
L'auricula myosotis, de Draparnaud, appartient au geure
AUR 133 éhryehium de Muller. Voyez CaryciIum et AURICULE. (Foss,) (DE B.)
AURICULA. (Bot) Nom donné par Scopoli aux espèces d’elvella qui, parleur forme, ressemblent plus ou moins à une oreille, et établissent ainsi une coupe distincte dans ce genre. C’est encore l’épithète de plusieurs autres champignons qui imitent plus ou moins une creille; par exemple, le peziza auricula, etc. ( LE.)
AURICULARIA. (Conch.) M. de Blainville donne ce nom aux espèces du genre pecten de Linnæus, qui ont une échancrure denticulée à la racine de l'oreille de la valve droite, pour le passage d’un byssus. Voyez Pectex. (DE B.)
AURICULARIA. (Bot.) Ce genre, de Bulliard , estle même que celui nommé fhelephora. Link propose, dans le nouveau Journal de Botanique de Schrader, de le diviser en trois: thelephora, auricularia et stereum. 11 rapporte à l’auriculariæ les espèces plissées en dessous; depuis, ce nom a été donné par lui à la peziza auricula, Linn., rapportée aux tremella par Persoon, et qui, avec toutes les autres espèces de pezizes gélatineuses , constitue un groupe remarquable. L’auricularia est un nom qu’on a donné aussi à l’hedyotis, Linn., genre de plantes phénogames. ( LE.)
AURICULAIRE, Auricularia. (Foss.) En allemand, séeinerne ohren-muschel. Luid. a donné ce nom à une gryphite, dans son Lifh. Brit., n°. 514. Mercatus donne aussi ce nom à une huître quiressemble àune oreille humaine. Mét., p. 342.(D.F.)
AURICULE, oreillette, Auricura, (Bof.) Appendice en forme de lobes arrondis qu’on observe à la base de plusieurs feuilles qui, pour cette raison, sont dites auriculées : telles sont, par exemple, les feuilles de la sauge officinale. Quelques auteurs nomment auricule lappendice foliacé de certains pétioles, tels que ceux de l’oranger. Willdenow désigne aussi, par ce mot, les stipules des jungermannes. (Mass.)
AURICULE. (Foss.) M. Lamarck a établi ce genre sur des coquilles terrestres; mais dans sa Description des Fossiles des environs de Paris, il a reconnu pour être du même genre des espèces qui sont évidemment marines.
1°. L’AURICULE SILLONNÉE, Auricula sulcata. Ann. du Mus.
d'Hist. natur., tom. VIII, pl. 6o, fig. 7 a. b. Cette coquille a