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ARSENIQUE. (Chim.) Ce mot ne s'applique qu'a l’état de forte ou de complète acidification que conträctent l’arsenic et l'acide arsenieux par l’action de l'acide nitrique ou de l'acide muriatique oxigéné. Voyez l’article Acine ARSENIQUE. (F.)
ARSENIQUÉE. (Chim.) On emploie quelquefois cette expression pour désigner la présence de l’arsenic dans quelques composés, ou sa dissolution dans quelques fluides : ainsi l’on a dit étain arseniqué , gaz hydrogène arseniqué. (F.)
ARSENITES. ( Chim.) Les arsenites sont des sels formés par l'acide arsenieux uni aux bases salifiables. On nommoit autrefois quelques-uns d’entr’eux foies d’arsenie, et Macquer les comparoit aux foies de soufre; mais il ne savoit pas que l’oxide d’arsenic fût un véritable acide. Les arsenites différent beaucoup des arseniates : ils sont bien plus décomposables ; le feu en chasse seul l'acide ; tous les ‘acides en séparent les principes ; ils ne cristallisent point, et prennent la forme visqueuse ou gélatineuse. On ne les emploie que très-peu, et en chimie et dans les arts. L’arsenite de cuivre forme le vert de Schéele. (F.)
ARSIS. ( Bot.) Loureiro (PI. de la Cochin., p.409) donne ce nom à un arbrisseau de la Cochinchine, haut de cinq pieds, chargé de nombreux rameaux garnis de feuilles alternes, ovales, lancéolées, ridées et terminées par des grappes de fleurs blanches. Chaque fleur offre, 1° un calice à cinq feuilles; 2.° une corolle à cinq pétales; 3.° un ovaire libre, élevé sur un long support et surmonté d’un style et d’un stigmate ; 4° environ cinquante étamines attachées au support de l’ovaire; 5.° un fruit charnu et n’ayant qu'une graine. La famille de cet arbrisseau, dont Loureiro fait un genre, n'est pas encore déterminée. ( Mas.)
ARTÉDIE ÉCAILLEUSE (Bot.) ; Artedia squammata , Eine. ; Camer. Hort. t. 16. C’est une très-belle plante , ia seule espèce de son genre, de la famille des ombellifères. Elle est particuliérement remarquable par ses fruits orbiculaires, aplatis, composés de deux semences planes, entourées d’une membrane scarieuse, transparente, divisée en huit ou dix lobes arrondis. Ses feuilles sont finement découpées, portées sur des pétioles membraneux et concaves. Les fleurs sont
blanches, irréguliéres, ayant les pétales extérieurs beaucoup plus grands que les autres. Les fleurs du centre sont stériles et portées sur des pédoncules plus courts. Les folioles de la collerette. sont assez semblables aux feuilles de la tige. Cette plante croît en Syrie sur le mont Liban. (P.)'
ARTEMISE. ( Bot.) Voyez Armoisr.
ARTENNA. (Ornmith.) L'oiseau qu’Aldrovande désigne sous ce nom est le pétrel-pufin, procellaria puffinus, L. (0h::D:)
ARTÈRE (Phys. anim.), vaisseau sanguin, qui distribue le sang aux parties, et dans lequel le fluide marche des troncs vers les branches; tandis que dans les veines, qui ramenent Le sang des parties, il marche des lwanches vers les troncs.
Dans tous les animaux à sang chaud, on peut considérer : les artères comme formant deux grands arbres, dont l’un part du ventricule gaucie du cœur, pour se distribuer à toutes les parties; l’autre du ventricule droit, pour aller au poumon. On pourroit y ajouter la veine-porte hépatique, dans laquelle le sang suit la même marche que dans les ärtéres, mais où il ne vient pas immédiatemeut du cœur. Voyez VEINE PORTE.
Les autres animaux présentent des différences dont nous parlons ailleurs. Voyez Aonrte et CIRCULATION. : di
Les artéres différent en outre des veines, par la structure , par la direction, par la position et par les phénoméênes, pendant la vie et après la mort.
Quant à la structure, on remarque dans les artères trois tuniques : une fibreuse, qui en fait la partie principale et qui leur donne la solidité et l’élasticité qui les caractérise ; une membraneuse, qui tapisse la fibreuse par dedans, et qui donne aux parois intérieures le poli nécessaire à la liberté de la circulation; et une cellulaire, qui recouvre la fibreuse par dehors et l'attache aux parties environnantes. Celle-ci est moïns une tunique particuliére qu'une expansion de cette cellulosité générale qui fait la base matérielle du corps.
La tunique fibreuse participe presque en tout à la nature des muscles, et jouit en particulier d’une irritabilité trés-
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approchante de la leur. C’est elle qui, par ses contractions, continue l’action du cœur et achève de pousser le sang jusqu'aux plus petits rameaux du système artériel.
Les intervalles des tuniques sont remplis d’une cellulosité fine, et il'y rampe une multitude d’artérieles et de vénules, qui y forment des réseaux déliés. On y voit aussi des “vaisseaux lymphatiques et des nerfs, qui y deviennent d’autant plus nombreux que les artères sont plus petites : c’est même aux, artères que la plupart des nerfs du corps se distribuent ; et il n’est pas douteux qu'ils ne jouent un tres-prand rôle dans toutes les fonctions de ces vaisseaux. Les artères n’ont point de valvules, si ce n’est à leur sortie même du cœur, tandis que les veines en ont dans presque tout leur cours. |
Quant à la direction et à la position, on remarque que les artères suivent assez les veines, mais qu’elles sont situées plus profondément, comme si la nature avoit prévu que leurs blessures étoient plus dangereuses. Elles se distribuent plus réguliérement, avec moins d'anastomoses : lorsqu'elles ne se divisent point, elles demeurent cylindriques, et les bouches des rameaux, prises ensemble, forment une aire plus grande que celle du tronc dont ils sont nés,
Le phénomène le plus remarquable qui soit propre aux artères pendant la vie, est le pouls, ou cette pulsation que l’on éprouve quand on touche une artére. Le pouls est produit par le sang chassé du cœur. Le pouls et la contraction du cœur sont donc simultanés ; et comme c'est lors de cette contraction que le cœur frappe les côtes, les pulsations du cœur et des ariéres arrivent à la fois. Voyez Pours et Cœur. ;
Cette violence de contraction, jointe à l’action du cœur encore dans sa force, fait que le sang sort d’une artere ouverte avec beaucoup plus d'impétuosité que d’une veine, et qu'il est souvent presque impossible d'arrêter ces sortes d'hémorragies.
Dans ie pouls l'artère est non seulement dilatée en tous sens ; il paroît qu’elle est aussi déplacée, et qu’elle tend à se redresser autant que le permettent les liens qui la retiennent en place.
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Après la mort, Îes artères se souliennent par léur élasticité, et ne s’affaissent point comme les veines ; elles se vident de sang, parce que, dans les derniers momens de la vie, leur action chasse tout le sang dans le systéme veineux, qui, étant d’un tissu plus foible, oppose moins de résistance. Les anciens croyoient d’après cela que les artères ne contenoient que de l'air, et c’est de là que vient leur nom. |
Les dernières petites branches des artères se terminent, ou dans les veines, ou dans les vaisseaux sécrétoires, ou dans les vaisseaux lactés, ou dans les parties qu’elles nourrissent. Les deux premières terminaisons sont certaines, mais non
les deux autres; car il seroit possible que les molécules qui
vont s’intercaler entre celles qui composent les parties et
‘ceHes qui entrent dans les radieules des vaisseaux lympha-
tiques , eussent transsudé au travers des pores mécaniques des artéres. |
Il est probable que la manière dont les artérioles communiquent avec les vaisseaux sécrétoires est moins directe que leur terminaison dans les veines. (C.) |
ARTHANITA (Bot.), nom ancien du, cyclame, cyclamen europæum , L. (J.) |
ARTHETIQUE. ( Bot.) On trouve dans Dalechamps, sous ce nom ancien, l’ivette musquée, espèce de germandrée, teucrium iva, L., qui est employée à l’intérieur dans les douleurs de goutte et de sciatique. (J.)
ARTICHAUT (Bot.), Cinara, Linn. ,Juss., genre de plantes herbacées, vivaces, à fleurs flosculeuses, qui fait partie de la famille des cinarocéphales, à laquelle il a donné son nom. Il est composé de six espèces, originaires d'Afrique et de l’Europe méridionale.
Les feuilles des artichauts sont grandes, ordinairement épineuses et pinnatifides : leurs fleurs sont composées d’un grand nombre de fleurons quinquéfides, tous hermaphrodites ; leur calice commun est trés-grand , ventru, formé d’écailles nonibreuses, imbriquées, charnues à leur b4se, terminées par une pointe épineuse. Le réceptacle est charnu, garni de soies. Les graines sont couronnées d’une aigrette sessile, simple ou plumeuse,
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AnTicHauT comMMun, Cinara scolymus, Linn., Blakw. Herb., tab. 458. Cette plante croît naturellement dans les régions méridionales de l’Europe; on l'élève dans nos jardins potagers pour l’usage de la cuisine. Sa racine est longue, épaisse, en forme de fuseau ; elle pousse une tige droite , cannelée, cotonneuse, garnie de quelques rameaux, et haute de deux à trois pieds : ses feuilles sont trés-grandes, armées d’épines qui disparoissent par la culture, profondément découpées, presque pinnées, à découpures dentées ou pinnatifides ; leur surface supérieure est d’un vert cendré, l’inférieure est blanchätre et un péu cotonneuse : sa fleur est pourpre bleuâtre, souvent solitaire; les fleurons sont irritables. | . Ce sont les fleurs non épanouies de cette plante que l’on sert sur nos tables sous le nom d’artichaut; les seules parties que l’on en mange sont la substance charnue qui forme la base des écailles du calice, et le réceptacle, appelé communément cul d’artichaut ou porte-feuille. Ce réceptacle ne sert de nourriture qu’aprés que l’on a enlevé le foin, c'est-à-dire, les soies et les fleurons naissans qui le couvrent. Les artichauts encore jeunes et tendres se mangent crus à la poivrade; lorsqu'ils sont plus gros, on les fait cuire et on les sert préparés de diverses façons.
La racine de lartichaut commun est diurétique et apéritive ; ses tiges ont une saveur amère, très-désagréable. Le fruit nourrit médiocrement et se digére avec facilité ; il est stomachique, augmente le cours des urines, et passe pour aphrodisiaque. L’infusion des fleurs dans l’eau froide, à laquelle on ajoute un peu de sel, coagule le lait, sans donner de mauvaises qualités au petit-lait.
L’artichaut transplanté dans nos jardins a, comme toutes les plantes potagères, produit un grand nombre de variétés, dont l’existence et la conservation ne sont dues qu’à la culture et même au climat. Les principales variétés sont :
1.° L’Artichaut vert ou commun, Cinara scolymus viridis. On le cultive de préférence dans les climats du Nord. Lorsqu’il est dans une bonne terre, son fruit devient trés-gros ; il y en a dont la base a jusqu’à cinq pouces et même plus de diamètre : ses écailles sont ouvertes, pointues et trés-
vertes. Ila deux sous-variétés. L'une dont les écailles sont plus courtes, terminées par une pointe aiguë et un peu moins ouvertes ; sa chair est jaunâtre , tendre et excellente. L'autre a ses écailles raccourcies, obtuses, presque arrondies et trés-peu ouvertes ; il est plus charnu, inaïs moins tendre : on le nomme artichaut de Laon, artichaut camus.
2° L’Artichaut violet, Cinara scolymus wiolacea. Son fruit est d’une médiocre grosseur et plus allongé que celui du précédent; ses écailles, dont le fond de la couleur est vert, sont lavées de violet à leur pointe, qui se termine par une petite épine : il est aussi bon et aussi tendre que Vartichaut vert, mais bien moins productif.
3° L'Artichaut rouge, Cinara scolymus rubra. Il est moins gros que le précédent, en forme de pomme; ses écailles extérieures sont d’un rouge pourpre; le cœur est jaune, sa chair est délicate. On le mange cru; mais iln’est bon que lorsqu'il est jeune : quand on le laisse un peu grossir , il devient dur et indigeste.
4° L’Artichaut blanc, Cinara scolymus albida. Le fruit est tres-petit ; ses écailles sont blanchâtres, términées ordinairement par une épine. C’est le plus tendre et le plus hâtif; mais il est très-délicat à élever, et ce n’est qu'avec de grands soins qu’on peut le conserver l’hiver : c’est PRE quoi on le cultive peu. >
5° L'Artichaut sucré de Gênes , Cynara scolymus italica, ainsi nommé parce qu’il a effectivement un goût fn et sucré; il est trés-délicat, et n’est bon à manger que cru. Son fruit est petit, d’un vert pâle ; sa chair est fort jaune. On tire les œilletons de Gênes : il est sujet à dégénérer dés la seconde année, et il faudroit en faire venir tous les ans pour le manger dans sa perfection. |
Une sixième variété, qu'on cultive dans le département des Landes et près de Perpignan, mérite d'être. connue : son fruit est rougeâtre foncé, d’un diamètre de trois pouces environ, aplati par le haut et par le bas; ses écailles sont courtes, très-serrées; sa chair est blanche, son goût fort et relevé. Toutes ces variétés se cultivent de la même maniére : on peut les élever de graines, ou les multiplier par Îe moyen des œilletons ou filleules,
1 y a deux maniéres de semer les graines, ou en place, ou sur une couche. Lorsque l’on seme en place, la terre doit auparavant avoir été bien préparée, bien défoncée et fumée. En Avril on ouvre, de trois pieds en trois pieds, de petits creux disposés en échiquier et garnis de terreau : on met dans chaque creux trois ou quatre graines, séparées entre elles de quelques pouces, que l’on recouvre de plusieurs pouces de terreau. Quand les graines auront germé et poussé quelques feuilles, on ne laissera qu’un seul pied, et on arrachera les autres. Si l’on veut jouir plus promptement, il faut semer sur couche et repiquer les plantes un mois ou six semaines après ; néanmoins la première méthode est préférable, parce qu’elle épargne une opération, et parce que le plant souffre toujours un peu de la transplantation, s’il n’a pas été levé en motte et avec toutes ses racines. L’artichaut élevé sur couche donne du fruit dès l'automne ; quand on le sème à demeure, il n’en produit ordinairement que le printemps suivant. La graine conserve la faculté de germer pendant trois ou quatre ans: on préfère la vieille à la nouvelle : un jardinier prudent
doit en recueillir avec soin chaque année, parce que la gelée détruit quelquefois presque tous les plants, comme il est arrivé dans les hivers de 1740, 1742, 1776 et 1789 ; il est très-diflicile alors de se procurer des œilletons. On laisse sécher en place les têtes d’artichauts que l’on réserve pour la graine ; et pour éviter qu’elle ne pourrisse en müûrissant, on pique un échalas à un pied environ de la plante vers le nord, et on y attache chaque tête dans un sens incliné, afin que les pluies, qui viennent ordinairement en été du côté du midi, ne puissent y pénétrer.
Si l’on multiplie par les œiiletons, cette opération doit avoir lieu à la fin de l'hiver, lorsqu'on découvre les artichauts, ou au commencement d'Octobre; on peut même œilletonner pendant toute l’année, excepté pendant la saison froide. On déchausse les vieux pieds iusqu’aux racines; on éclate ensuite avec le pouce , ou mieux l’on sépare avec un couteau les œilletons qui se trouvent autour de la souche principale. IL faut choisir les plus beaux, les plus sains
et les mieux enracinés ; couper à trois ou quatre pouces 3 211
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les feuilles extérieures, et ne conserver que les jeunes. S'ils ont été détachés sans racines, il faut, 1.° retrancher là partie ligneuse du talon et ne pas les enterrer trop profondément, car, si le cœur est couvert, il pourrit; 2.° appliqter fortement la terre contre leur talon, afin que leur poids ou les arrosemens qui doivent succéder aprés la plantation, ne les renvefsent pas.
Le terrain que l’on destine pour planter les œilletons, doit être défoncé à la profondeur d’un pied et demi ou deux pieds; si la terre est bonne, il est inutile d'y ajouter du fumier. Toutes les plantes fumées sont plus belles, il est vrai, mais le goût de leur fruit est moins délicat: aussi l’artichaut cultivé dans les terres légères est plus tendre et a plus de goût que dans les terres fortes, où il est ordinaire ment chancreux. Li
On ‘dresse ensuite les planches, qui doivent avoir six pieds, compris le sentier, et on marque la place des œilletons en échiquier, à trois pieds de distance en tous sens; on met-une poignée de terreau à chaque place, et on plante deux æilietons à six pouces l’un de l’autre, pour être plus sûr d’en avoir un qui reprenne : si tous deux viennent à bien , on enlève de plus foible trois semaines ou un mois après. Dés que le plant est mis en terre, il faut l’arroser et continuer pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’il ait repris. 11 est ben de mettre autour de chaque pied une poignée de menu fumier, pour empêcher que les arrosemens ne battent la terre et pour conserver sa fraîcheur. Il est aussi trés-utile, si l’on veut faciliter et même accélérer la reprise du plant, de le garantir de la trop forte impression du soleil, en le couvrant légérement avec de la paille ou des . feuilles que l’on enléve chaque soir, afin de le faire jouir de la fraîcheur de la nuit. Les œilletons, plantés de bonne heure et arrosés fréquemment pendant l'été, donnent du fruit en automne, ou la seconde année quand ils ont été plantés tard. .
L’artichaut a le double avantage de se cultiver aisément dans sa naissance et de donner promptement son fruit : mais l'hiver est une saison redoutable pour lui; il résiste dificilement aux gelées, et plus dificilement encore à une
humidité surabondante, surtout quand elle est occasionée par une succession de faux dégels. En effet, on a vu des carrés d’artichauts, abandonnés aux rigueurs de l'hiver, ne point en souffrir, tandis que d’autres, protégés par de la litiére ou des feuilles, ont péri à la suite d’hivers mous. Nous allons indiquer les moyens qu’on doit employer pour garantir cette plante du double inconvénient des gelées et de l'humidité.
Dans le courant de Novembre ou de Décembre, plus tôt * ou plus tard, suivant la force des gelées, il faut d’abord retrancher les feuilles mortes des artichauts, rapprocher les autres avec un lien de jonc ou d’osier, sans trop les resserrer, ou les couper à sept ou huit pouces au-dessus du terrain ; ensuite les butter, c’est-à-dire, élever autour de chaque pied sept à huit pouces de terre, que l’on prend entre les rangs et le plus loin qu'il est possible, afin de ne : pas découvrir les racines. Mais si la saison devient pluvieuse et douce après les premiers froids, il est à craindre que les pieds ne pourrissent, surtout quand ils sont plantés dans une terre forte. « Ne vaudroit-il pas mieux, dit Ro- « zier, dont le nom sera toujours cher à tous les agronomes , employer , au lieu de terre, la balle (gluma) du blé, que dans quelques pays on nomme bourrier? L'eau ne la pénètre point lorsqu'elle est à une certaine épaisseur: la partie supérieure seule est humectée; elle forme une croûte qui garantit la partie inférieure, la terre et le pied de la plante. ?
Lorsque l'intensité du froid augmente, l’usage le plus commun est de recouvrir les artichauts, les buttes et tout le terrain , de litiére sèche, de fumier ou de feuilles d’arbres. Les maraîchers de Paris emploient le fumier court qui sort des couches et qui n’est pas bien consommé : ils s’en servent pour envelopper chaque pied; et quand les grandes gelées surviennent, ils les couvrent tout-à-fait avec de la litière sèche, dont ils augmentent la charge suivant la rigueur du froid. Si l'hiver est sec, la plante résiste ; mais s’il est humide, la litière, le fumier ou les feuilles, pénétrés d’eau, pourrissent ordinairement l’artichaut.
Pour parer à cet inconvénient, le meilleur moyen con-
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siste à couvrir chaque pied, aprés l'avoir légérement butté, d'une cloche de paille ou d’une vieille ruche, que l’on charge de litière dans les hivers rigoureux. Cet abri favorise l'écoulement de l’eau dans l'intervalle qui se trouve entre les artichauts, et les préserve de l’humidité. Lorsque le temps est doux et sec, on éléve les cloches, afin de donner de l’air aux plantes et les empêcher de blanchir, et on les remet exactement dés que le froid reprend.
Il.est bon aussi d'enlever en automne quelques pieds, et de les enterrer dans une câve sèche ou dans une serre, afin d’avoir une provision de réserve si les autres plantes sont détruites dans la terre.
Vers la fin de Février ou dans le courant de Mars, suivant la température de la saison, on découvre les artichauts: on détache les liens qui resserrcient les feuilles ; on enlève celles qui sont pourries, et on détruit les buttes. Dix ou douze jours aprés, lorsque les plantes ont reverdi, on les déchausse ; on coupe ou on éclate les œilletons jusqu'a, leur naissance : on ne conserve que deux ou trois des plus beaux ; ceux qui naissent trop près du collet de la plante, c’est-à-dire, à fleur de terre, doivent être retranchés, parce que le fruit qu'ils produisent n’est jamais aussi beau. On nettoie la souche et on coupe en même temps le pied des vieilles tiges de l’année précédente; on la regarnit de bonne terre, qu’on presse contre les œilletons conservés ; on laboure et on dresse le terrain ; on arrose au besoin.
Un carré d’artichauts dure plus ou moins long-temps, suivant la nature du terrain : en général, il se maintient en bon état pendant trois ou quatre ans; passé ce temps, il faut le renouveler et le transporter dans un terrain différent.
Il est facile de tirer parti du carré d’artichauts qu’on se propose de détruire. Dans les départemens méridionaux, on enterre les pieds, comme les cardons, dans de petites fosses creusées exprès et qu'on recouvre de terre. La, le tronc et les côtés des grandes feuilles blanchissent, comme les cardons, et servent aux mêmes usages ; ils sont même plus délicats. Dans les départemens du Nord, on ne laisse eu été qu’un seul œilleton sur chaque pied; au commen-