ARU CERTES
marquée de veines pourpres. Le spadice est pourpre. Sa racine bouillie et mêlée avec du miel est, dit-on, un anti-asthmatique ; macérée dans du vinaigre, elle est antiscorbutique. Les feuilles infusées dans du vin ont la même propriété. Les tranches de la racine encore fraîche, appliquées sur la peau fine et délicate des enfans et des femmes, y font naître des ampoules. Ces tranches et les feuilies pilées peuvent fournir un excellent rubéfiant, applicable dans les fiévres malignes et la petite vérole, lorsqu'il s’agit de ranimer les forces et de ramener les humeurs vers la peau. Les feuilles, appliquées sur les ulcéres des hommes et des chevaux, les modifient en peu de temps. Dans le Poitou, on fait avec toute la plante une pâte qui sert à blanchir le linge. |
La racine desséchée ou bouillie perd son àâcreté, due uniquement au suc laiteux qu'elle contient. On peut en retirer une fécule irés-nutritive, qu’on emploie avec succés dans les maladies qui ont pour principe l’atonie des fibres. En Italie on se sert de cette fécule pour faire disparoître les taches de rousseur de la peau.
L’ARUM SERPENTAIRE, Arum dracunculus, Linn., a les mêmes propriétés que le pied-de-veau. Cette plante s’élève à la hauteur de deux ou trois pieds ; les feuilles sont radicales, portées sur des pétioles longs et grêles , dont le sommet se divise en trois nervures principales. Celle du milieu soutient une foliole longue et lancéolée; les deux autres se jettent sur les côtés en s’arrondissant, et portent, à quelque distance les unes des autres, des folioles semblables à celle du milieu mais qui sont d’autant plus petites qu’elles sont plus éloignées d'elle. Cette feuille est du nombre de celles qu’on nomme pédiaire. "La spathe forme un grand cornet. La hampe est marquée de taches comme la peau d’un serpent : c’est à ce caractère que ce gouet doit son nom spécifique, et c’est aussi ce qui a fait croire qu'ilétoit propre à guérir les morsures des serpens; car c'étoit une doctrine reçue autrefois , que lorsqu'une plante avoit des rapports de forme, d’odeur ou de couleur avec un animal ou une partie d’un animal, il en résultoit des vertus et des propriétés sympathiques.
21 LACUEDEN ARU
LE crano Arum, Arum colocasia, Linn., auquel Lamarck réunit l’arum ombiliqué, arum peltatum , L., et l'arum co-
mestible, arum esculentum, L., est aussi utile aux habitans
du Midi que la calle des marais aux peuples du Nord - { Voyez Carre). Sa racine contient une grande quantité de matière farineuse qui perd son àcreté par la décoction. On la cultive en Portugal et dans les îles de l’Archipel, en Syrie, dans les Indes Orientales et en Amérique. On en mange les racines et les feuilles. Au rapport de Miller, un petit champ de ce gouet suffit pour nourrir une nombreuse famille. Les feuilles sont radicales, pétiolées , tres-grandes ; en bouclier, échancrées à la base, découpées sur les bords en sinus peu marqués. On la multiplie par les œilletons de la racine. Elle croît spontanément en Égypte, en Syrie et dans l'ile de Candie.
Il y a un arum qui présente un phénomène digne de fixer l'attention des physiciens : c’est l’arum ilalicum de Linnæus, qui ne diffère du maculatum qu'en ce qu'il est plus grand dans toutes ses parties; que les oreillettes de ses feuilles sont plus longues et plus divergentes, et que son spadice est jaunâtre. Au moment de la fécondation, ce spadice acquiert un degré de chaleur très- marqué. Quelle
est la cause de ce phénomène ? Dans cet instant où toutes
les forces vitales sont en action, s’opéreroit- il de nouvelles combinaisons, d’où résulteroit le dégagement du calorique ? N'’est-il pas probable que le même phénomène a lieu dans les plantes analogues, et même dans toutes les plantes qui se propagent par le concours des sexes ? Déjà Guiton de Morveau a prouvé que les parties de la floraison du gouet serpeñtaire vicioient l’air dans leur état de vigueur et de santé : il faudroit examiner si ce PRÉ ntne n’a
pas queue liaison avec le premier); ; Mais nu. présent
on n’a fait aucune expérience à ce sujet.
Chez nous le grand arum ou arum colocase, l’ombiliqué, le comestible et le vénéneux, sont des plantes de serre chaude et de tannée. Ces plantes exigent beaucoup de chaleur, de fréquens arrosemens et une bonne terre. Il convient de les dépoter tous les ans avant leur pousse, c'està-dire, en Avril. On les obtient de graines tirées de leur