‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 3 sur 160 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Caractères, division et gisement des aroriles.

L’argile n’est point, comme la chaux carbonatée, comme le spinelle, etc., une pierre d’une nature particuliére et qu’on puisse déterminer par des caractères essentiels et constans ; c'est un mélange naturel de différentes terres dans des proportions variables : les mélanges terreux qu’elle forme ont quelques caractères communs, pris plutôt dans leurs propriétés extérieures, dans celles qui leur assignent dans les arts des usages particuliers, que dans leur nature même. L’argile, comme l’observe Haüy, ne peut être une espèce minéralogique : elle n’a réellement aucune partie essentielle, quoique toujours composée à peu près des mémes substances, et l’alumine qu’elle renferme constamment y est quelquefois en si petite proportion que, dans une méthode fondée sur l'analyse chimique, la pl:part des pierres nommées argiles ne pourroient être placées parmi les pierres A

2 AR G à He

On est donc réduit, pour écrire l’histoire de cette impor: tante substance, à prendre ce nom dans l’acception qu’on lui donne vulgairement et surtout dans les arts nombreux qui l’emploient : il faut rassembler sous cette dénomination , et les variétés que les artisans y ont placées, et les mélanges terreux qui, par des propriétés analogues, peuvent y être rangés. Il faut tàcher enfin de trouver à ces variétés nombreuses et si différentes, d’abord quelques caractères communs qui les réunissent, et ensuite quelques caracteres distinctifs tirés de leurs propriétés les plus importantes, au moyen desquels on puisse les diviser et généraliser un peu leur histoire. .: è |

La considération et l'étude détaillée des variétés des argiles est en effet plus utile pour les arts que pour les progrès de la science minéralogique ; car ces variétés, ne pouvant être déterminées avec précision, ne pourront jamais faire nombre dans le tableau des corps qui constituent eette science : en second lieu, les différences qui les distinguent, importantes pour les arts, n’influent presque point sur le rôle qu’elles jouent dans la nature.

À la dificulté de déterminer avec quelque précision ef l'argile et.ses variétés, se joint l'embarras qui résulte du nombre prodigieux de ces variétés et de leurs sous-variétés. On peut dire qu’il n’existe pas deux couches d'argile qui se ressemblent parfaitement : quelquefois même les diverses parties d’une couche présentent des différences qui influent beaucoup sur l'emploi qu’on peut en faire.

IL est presque impossible de décrire les diverses argiles de maniere à les faire reconnoître : leurs caractères sont vagues, ou ne se manifestent que par des moyens qu’on ne peut pas toujours facilement employer.

On ne peut donc faire connoître par des descriptions générales les argiles et leurs variétés, comme on l’a fait pour les autres pierres. Il est même souvent impossible de désigner ces variétés par des noms généraux ; on est forcé de leur donner les noms des lieux où on les trouve : ce sont plutôt dis exemples que l’on choisit dans quelques localités, que des variétés réelles.

Ces difficultés expliquent pourquoi les minéralogistes mo-

ARG 4 dernes n’ont pu établir dans l’histoire naturelle éés argiles, tette méthode et cette précision qui rendent leurs travaux si supérieurs à ceux des minéralogistes du dernier siécle. Cependant le travail de Macquer sur les argiles, les variétés décrites par Wallerius, et même les caractères donnés par Linnæus, pourront nous être utiles, et nous le prouverons pir l’usage que nous en ferons. j

Les argiles touchent, par la nature et la proportion des matières qui les constituent par leur mélange, à d’autres mélanges terreux, qu'on ne peut cependant considérer comme des argiles , car ils n’en ont pas toutes les propriétés ; ils manquent surtout de celles que les artisans recherchent dans les argiles proprement dites. Quoiqu'il ne soit pas toujours facile d’assigner à ces deux sortes de mélanges terreux des caractères qui les distinguent , il faut cependant chercher à le faire. Il est essentiel de ne point augmenter davantage la série des argiles : car ce seroit ajouter à l'embarras de leur détermination en plaçant parmi elles des terres mélangées que l’usige en a constamment séparées, et qui en différent en effet par des propriétés assez nombreuses. à

Ÿ. 1.” Caractères des arailes.

Les argiles ayant peu de caractères importans et trèsdistinctifs, il faut accumuler le plus qu'il est possible de caractères accessoires pour aider à les reconnoître.

1. Elles se délaient dans l’eau avec assez de facilité, et s’y réduisent en une bouillie qui, ramenée à une certaine consistance, a de l’onctuosité , une sorte de ténacité, se laisse allonger dans diverses directions sans se briser. Cette propriété existe avec plus ou moins d'intensité dans toutes les argiles connues.

° Cette pâte argileuse, desséchée, conserve de la solidité; exposée à un feu suffisant, elle en acquiert encore plus, et devient même tellement dure qu’elle peut étinceler par le choc de l'acier : alors elle a perdu la propriété de se délayer dans l'eau et de faire pâte avec elle.

Ces deux caractères conviennent à toutes les argiles, et les distinguent de toutes les pierres connues, simples ou mé-

gt À RG

langées. Il est vrai qu'ils ne sont pas portés dans toutes les variétés d’argiles au même degré d’intensité, mais ils s’y manifestent toujours plus ou moins.

Ce sont ces propriétés qui serviront à distinguer fée, argiles, même celles qui sont feuilletées, des schistes, qui, dans aucune circonstance, ne se délaient et ne font pâte avec l’eau : ce sont elles qui les distingueront des cornéennes, des trapps, des serpentines et autres pierres à assure terne et terreuse, qui-ne font en aucune manière pâte avec l’eau; ce sont enfin ces caractères qui sépareront les marnes ou argiles effervescentes, des craies qui se délaient dans l’eau, mais qui n'y acquièrent point de ténacité et ne prennent aucune dureté par l’action du feu.

Les argiles sont infusibles par elles - mêmes , et on en trouve beaucoup dans la nature qui, sans être pures, résistent à l'action d’un feu violent sans se fondre. On sait que de mélange de quelques terres, et notamment celui de la chaux, lorsque ces terres y sont en quantité ur rend les argiles fusibles.

Non-seulement l'action .du feu durcit les argiles et tous les mélanges terreux dans lesquels cette terre domine par ses propriétés, mais elle leur fait éprouver une diminution de volume nommée retraite, qui varie selon les circonstances : en diminuant de volume elles perdent une partie de leur poids, ce que l’on doit attribuer en partie à l’eau qu’elles retiennent avec ure grande foree, et qu’elles n’abandonnent totalement que par un feu violent. ;

Les argiles doivent à cette affinité pour l'eau une autre propriété qu'on remarque dans la plupart de leurs variétés : c’est la faculté d’absorber ce liquide avec vivacité et même avec sifflement, et de s’attacher à la langue en s’emparant promptement de l'humidité qui est constamment répandue à sa surface. On dit des argiles et de quelques autres pierres qui ont cette faculté. qu'elles happent à la langue.

On a donné encore eoinme caractère des argiles la propriété qu'ont quelques-unes de ces pierres de répandre une odeur particulière par l'insufflation de l’haleine: mais il est reconnu actuellement que ce caractère n'appartient

AR G | to

qu'aux argiles impures et ferrugineuses |; que c’est au fer oxidé qu’elles contiennent qu'on doit l’attribuer en grande partie, et que des pierres qui ne contiennent pas du tout d’alumine, le possèdent également ; telle est la calcédoine pulvérisée.

Enfin la plupart des argiles sont douces au toucher, se laissent couper au couteau et même polir par le frottement du doigt.

Nous venons d’exposer les caractères des argiles à peu prés dans l’ordre de leur importance. Il y a quelques variétés de ces substances qui en présentent d’autres, mais ils sont étrangers à l'argile; ils tiennent aux matières qui les souillent, et serviront à distinguer ces variétés entre elles : ces caractères sont les couleurs , l’effervescence po “ii acides, la grande fusibilité.

Les matieéres qui altérent la pureté des argiles sont la silice, le fer oxidé, la chaux carbonatée, la magnésie, le fer sulfuré, les combustibles nt en partie décomposés.

La silice leur donne de l’apreté, et EE enlève quelquefois leur liant, leur ténacité.

Le fer les colore, tant à froid qu'à chaud, et leur donne de la fusibilité lorsque les argiles sont impures et qu il est en quantité suflisante.

Les sulfures de fer, en se décomposant, y introduisent l’oxide de fer, matière colorante et fondante des argiles.

La chaux carbonatée, en quantité suffisante , leur donne la propriété de faire effervescence avec les acides, et leur communique une grande fusibilité.

Enfin , la magnésie leur imprime quelquefois un caractere particulier d’onctuosité, mais ne les rend pas fusibles, comme on l’a cru. C’est la substance Le s’y trouve le plus rarement.

$. 2. Division des aroiles ; leurs variétés.

Nous essaierons de classer les exemples que nous allons choisir parmi les nombreuses variétés des argiles; nous les disposerons d’après les propriétés différentes que lear don-

nent les matières étrangères qui les altérent, et nous les LAURE en quatre divisions.

* ÂArgiles apyres.

“* Argiles fusibles.

#* Argiles effervescentes.

“* Agiles ocreuses.

* Argiles apyres.

Ces arziies peuvent résisier sans se fondre à la chaleur des fours de porcelaine, dont le maximum est environ 140° du pyromètre de Wedgwood, instrument imparfait, mais le seul dont on fasse un usage un peu nt de Le chalumeau peut trées-bien remplacer ce moyen, qu’ on n’a | pe toujours en son pouvoir. |

Ces argiles ne font point effervescence avec les acides ; elles prennent une retraite assez considérable par la cuisson ; quelques - unes sont peu liantes. >

Elles donnent à l’analyse, ou beaucoup d’alumine sans ÿerres étrangères, ou beaucoup de silice, toujours très-peu de chaux et de fer; aussi se colorent-elles au feu béaucoup moins que les autres. Quelques-unes y conservent leur couleur blanche, ou même acquiérent cette couleur lorsqu'elles pe l’avoient pas: on doit alors juger qu’elles devoient la teinte grise qu'elles ont perdue à des corps combustibles que le feu a détruits.

Ces argiles sont employées dans la fabrication des porcelaines dures, des poteries nommées grès, des faïences blanches à couverte transparente , nommées faïences fines, enfin dans celle de tous”les vases qui doivent subir une ? vioiente action du feu sans se colorer ou sans se fondre. Nous prendrons pour exemple, dans cette division, les variéies suivantes. Ls - ARGILE NATIVE, Kirw. L'existence réelle de cetté argile

Du la nature a été mise en doute. On l’a trouvée à Halle en Saxe, en petites masses mamelonées et disséminées dans la première couche de terre. On ne l’y trouve plus actuellement que très-rarement. Cette circonstance et le voisinage d’une grande pharmacie avoient fait soupçonner qu’elle étoit un produit de l’art : mais Bünich, qui en a donné à

ARG Ne

Fourcroy , fait observer que cette pharmacie est à plus d’un kilomètre (513 toises) du lieu où on a trouvé cette argile, et qu’elle en est SÉparée, par une muraille trés-élevée. On dit l'avoir aussi trouvée à Magdebourg dans la basse Saxe, en Silésie, à Polinier, prés de Vérone et en Angleterre. :

Cette argile est d’un blanc pur. Elle est maigre, quoique douce au toucher : examinée au microscope, elle paroîfé composée, dit Schreiber, d’une multitude de petits cristaux prismatiques et transparens; caractère qu'on ne retrouve pas dans l’alumine artificielle : elle happe fortement à la langue, mais ne fait point pâte avec l’eau : elle répand l'odeur argileuse et fait quelquefois effervescence avec les acides. Kirwan ne pense pas que cet effet soit dû à une terre étrangère, mais il l’attribue à la combinaison propre de l’alumine avec l’acide carbonique ; il pense aussi que c’est à cette combinaison qu'il faut attribuer le toucher maigre de cette argile.CependantThéodore deSaussure assure, d'aprés des expériences directes, que cette argile ne contient point d’acide carbonique, et même que l'alumine n’est point susceptible de former de carbonate solide.

Schreiber a trouvé dans cette argile quelques particules de chaux carbonatée, de fer et de chaux sulfatée.

2. ÂRGILE COLLYRITE. C’est une argile blanche, assez ténace, laissant suinter Peau par la pression ; elle retient ce . liquide avec une si grande force qu'il lui faut plus d'un mois pour se sécher , quoique réduite à une petite masse : elle se sépare par la dessiccation en prismes basaltiques , comme de l’'amidon ; elle à perdu alors la moitié de son poids et est devenue trés- -légère.

Elle est absolument infusible, et se dissout sans effervescence dans Facide nitrique.

Elle absorbe l’eau avec sifflement et devient transparente à la manière des opales, en tout on en partie, selon les variétés que l’on’essaie.

Friesleben l’a trouvée à Weissenfels en Thuringe, dans un filon de grés de onze centimètres , qu’elle remplissoit entierement. Le docteur Townson l’a observée dans les mines de Schemnitz en Hongrie.

Cette argile présente la plupart des caractères extérieurs

8 à ARG

de Palumine pure, et on l’avoit même prise pour cette terre. L'analyse de Klaproth a fait connoître sa véritable nee celle de Schemnitz est composée de

A5 parties d’alumine,

14 de silice, et

42 d’eau:

3. ARGILE KAOLIN , terre ou ‘argile à porcelaine , Wall. , Werner dans Brochant, Kirw. : ; Feld-spath argiliforme , Haüy.

Les kaolins sont remarquables par des caractères assez distinctifs, pris dans leur nature même. Ils sont friables et maigres au toucher, et font difficilement pâte avec l’eau. Séparés des parties grossières et évidemment étrangères à leur mélange ordinaire, ils sont absolument infusibles au feu des fours de porcelaine, et n’y acquiérent point de couleur : ils s’y durcissent comme les autres argiles et peutêtre encore plus qu’elles ; mais ils n’y acquièrent point de : solidité, du moins lorsqu'ils sont à peu près purs.

IlLest utile d'analyser beaucoup de kaolins pour déterminer les principes constituans de cette argile : mais ces analyses absolues ne peuvent être prises comme caracteres ; elles sont trop différentes l’une de l’autre. Il paroît qu’en général les kaolins sont essentiellement composés de silice et d’élumine dans des proportions presque égales. Les vrais kaolins sont presque tous d’un beau blanc : quelques - uns tirent sur le jaune ou le rouge de chair; plusieurs de ces derniers acquièrent par le feu une teinte grise, qui ne permet pas de les employer dans la fabrication de la belle porcelaine : la plupart présentent des ‘RpF EEE de mica, qui décélent leur origine.

Cette origine peut encore être regardée comme un de leurs œaractères distinctifs les plus remarquables. Presque toutes ces argiles sont évidemment dues à la décomposition des feld-spaths, des granits, et principalement des roches composées de feld-spath et de quartz, nommées roches ou granits graphiques. La plupart des kaolins que j'ai vus étoient dus à la décomposition de cette roche. Aussi ne les trouvet-on que dans les montagnes primitives, au milieu des

banes de granits, etformant des couches interposées entre ces bancs. On retrouve encore dans ces couches le quartz et le nrica, parties constituantes des granits; on y remarque surtout quelques morceaux de gl Le conservent encore la forme des feld-spaths.

Plusieurs kaolins sont précédés par des couches d’une roche micaçée de la texture du gneiss, mais rouge et trés-friable. Cette disposition assez remarquable a été observée dans les carriéres de kaolin de la Chine, dans celle d'Alençon, par Guettard , et dans celle de Saint-Yriex pres Limoges.

Les kaolins les plus connus se trouvent :

A la Chine et au Japon. D'après les échantillons que l’on a reçus de ces pays, il paroît qu’ils sont assez blancs, plus onctueux au toucher que ceux employés en France, et plus micacés.

En Saxe. Le kaolin employé dans la fabrication de la por- celaine de ce pays, a une légère teinte de jaune ou d’incarnat, qui disparoît au feu ; ce qui prouve, comme l’observe Wal- . lerius, que cette AE n’est point due à une matière métallique.

En France, à Saint-Yriex-la-Perche, à environ quatre myriamètres (10 lieues) de Limoges. Le kaolin y est en couche ou même en filon, au milieu de bancs de granit, ou plutôt, de cette roche feld -spathique que l’on: nomme pe-tun-zé. On y voit cette roche dans toutes les nuances de décomposition. Le kaolin y est généralement blanc, quelquefois cependant un peu jaunâtre, à peine micacé. Il est âpre au toucher, et quelques bancs renferment encore de gros grains de quartz : les manufacturiers le nomment alors terre caillouteuse ; cette variété étant broyée peut donner, sans addition d'aucun fondant, une porcelaine trés-transparente. Quand il ne renferme que du sable quartzeux on le nomme terre argileuse ; il faut pour le convertir en porcelaine y ajouter un fondant. Voyez les détails de cette fabrication à la suite du mot Areize, chapitre II, @. 2, second genre, des Porcelaines. -

Dans les environs d'Alençon, à Maupertuis et à Chauviguy : il a été découvert par Guettard , et il paroît que c’est le premier qui a été connu en France. Il n’est pas aussi

NS ARG a

beau que celui de Saint-Yriex. J’ai ramassé dans les environs de cette ville une autre sorte de kaolin , mais tellement mêlé de mica, de quartz et d’oxide de fer, qu’on ne pourroit l’employer à la fabrication de la porcelaine. On en fait de fort bonnes briques.

Près de Bayonne. Ce kaolin , nouvellement découvert, est un de ceux qui prouvent le De clairement que cette argile tire son origine du feld-spath ; il conserve souvent la struc> ture lamelleuse de cette pierre. La roche qui le donne est composée uniquement de quartz et de feld-spath; c’est un granit graphique : on le trouve dans tous les degrés de déconmbé tons | . Prés de Cherbourg, aux environs du bourg des pus

À Niederschæffolsheim dans le département du Bas-Rhin.

On a encore trouvé des kaolins dans les Cévennes, pres de Saint-Jean de Gardonnenque- Chaptal en a fait quelques piéces de porcelaine.

À Saint-Bonnet, département de la Loire. On croit que e’est celui dont on se servoit dans la manufacture de porcelaine de Lyon. ;

En Angleterre, dans le comté de Cornouaille. Ce kaolin est trés-blanc, plus onctueux au toucher que ceux du continent d'Europe qui viennent d’être mentionnés. Il est également dû à la décomposition des feld-spaths, des granits, et se trouve au milieu de ces roches. Wedgwood y a trouvé soixante pour cent d’alumine.

. ARGILE CIMOLITHE. La nature de cette terre, dont Le a parlé, est encore peu connue : ce n’est que depuis peu de temps que les minéralogistes modernes s’en sont occupés. Elle paroît, d’après ses caractères chimiques et son gisement, avoir de grands rapports avec les kaolins ; , et c'est ce qui nous engage à la placer ici.

Eile est d’un blanc gris de perle; elle rougit un peu par le contact de l’air; sa texture est un peu feuilletée. Elle est assez tendre, quelquefois douce au toucher, et a même dans quelques points l'aspect gras. Elle happe assez fortement à la langue et n’est pas facile à casser. Sa pesanteur spécifique, d'aprés Klaproth, est de 2, l’eau étant 1. Elle blanchit au chalumeau, mais ne fond pas. Elle est souvent

mélangée de grains de quartz très sensibles , qu'il faut en séparer par le lavage.

Les anciens tiroient cette ve de l’île de Cimolis, aujourd’hui l’Argentière, prés ceile de Milo; c’est de la que lui est venu le nomde cimolithe : ils l’'employoient à dégraisser les étoffes. Les habitans s’en servent encore aujourd’hui pour cet usage, et elle leur tient lieu de savon pour laver lé linge : cela fait, comme l’observe Tournefort, une lessive d'autant plus mauvaise que les grains de sable qu'elle contient usent et percent le linge.

: Hawkins en a rapporté de cette île ; il a constaté rue blanchissoit les étoffes aussi bien que la meilleure terre à foulon. Klaproth a analysé les échantillons que lui a remis ce voyageur ; il y a trouvé :

DAICE ne serie 02,00 Alumine ..... 23,00 Oxide de fer... 1,25

JET AAA 2 La A 12,00

a 99:25 Olivier a rapporté du même lieu une roche qu’il regarde comme de la terre cimolée; il l’a ramassée au sud ét à Poe de l’Argentière : elle diffère cependant beaucoup de la précédente, en ce qu’elle est friable, assez douce au tou- ‘cher. C’est une véritable roche en décomposition , dont la pète est rose avec des fragmens anguleux blanes. Elle ressemble, comme le dit Olivier, à un porphyre rouge en décomposition ; elle répand une odeur argileuse trés-forte, et c’est presque le seul caractère argileux qu’elle présente. Vauquelin en a analysé des échantillons , et y a trouvé : SILICE c..soscosmen ee. 79300 Alumine, 38.0 D 00 Chant 0, 00 on Muriate de soude... 2,00 HU. des on 0.00 20 2002 TO DO

100,00 La grande différence qui existe entre cette analyse et celle de Klaproth, nous confirme dans l'opinion qu'il en existe aussi beaucoup dans les matières analysées.

an à AE

L’argile cimolithe ne peut d’ailleurs être placée parmi les terres a foulon, elle n’en a ni l’onctuosité ni les autres caractères.

Les anciens attribuoient à cette terre des propriétés médicinales qui n’ont aucune réalité.

5. ARGILE PLASTIQUE. Les argiles dont nous allons donner l’'énumération et que nous réunissons sous ce nom commun, ont toutes les qualités suivantes.

Elles sont compactes, douces et presque ‘onctueuses au toucher; elles se laissent même polir par le doigt: lorsqu’elles sont sèches elles prennent beaucoup de liant avec l’eau, et donnent une pâte tenace:, que les ouvriers nomment longue ; quelques-unes même acquièrent dans l’eau un peu de translucidité. | |

Elles sont toutes infusibles au Dire “2 porcelaine et ÿ prennent une grande solidité; cette propriété, qui tient à leur nature , les distingue des argiles fusibles, servant comme celles-ci à la fabrication des poteries et faïences grossières.

On les nomme aussi argile ou glaise à potier; mais comme on comprend encore sous cette dénomination des argiles qui, par leur grande fusibilité, indiquent une composition différente , nous avons préféré leur donner un nom plus caractéristique.

Werner les nomme argile à pipe. Celles qu’il a envoyées sous ce nom au Conseil des mines ont tous les caracteres que nous venons d’énoncer.

Parmi ces. argiles les unes restent blanches, ou même acquierent cette couleur au feu de porcelaine ; les autres deviennent d’un rouge quelquefois assez foncé. Nous commencerons par celles qui restent ou deviennent presque blanches au feu. |

Argile plastique d'Abondant, près la forét de Dreux. On trouve, aux environs de cette ville et dans la forêt même, des couches irrégulières d’une argile d’un blanc grisàtre, trés-onctueuse au toucher, compacte, se desséchant en grosses masses non friables, faisant fort bien pâte avec l'eau et y acquérant quelquefois une demi-transparence remarquable. Cette argile est souvent mêlée de rognons d’une autre argile d’un beau blanc, qui conserve parfaite-

à | À RG, 14 ment sa couleur au grand feu, en y prenant une grande solidité, L’argile grise, qui est la plus abondante, cuite dans des étuis, us de la flamme, ne prend que peu de couleur ; elle contient, d'aprés l’analyse de Vauquelin :

SH Vas AS I6O

Alumine. ... 33,20

Gants a 3350

ù Her: ss 1,00 Eau sé tm 00 99,20

L’argile des environs d'Houdan est à peu prés de même nature. Elle prend un peu plus de couleur.

L’une et l’autre sont employées , en raison de leur infusibilité, à faire des étuis ou gazettes pour cuire les porcelaines. Ces étuis ont l’avantage de résister assez long-temps à l’action du feu sans se fondre, de ne point s’affaisser, et de jeter peu de grains pierreux sur les pièces qu’on y enferme.

. Argile plastique du Devonshire en Angleterre. C'est de cette province que viennent presque toutes les argiles employées à la fabrication des poteries que l’on fait dans le Staffordshire et aux environs de en Northumberland.

Elle «st grise, moins onctueuse que celle de Dreux, et par conséquent plus friable ; elle ne fait point effervescence dans l'acide nitrique , mais elle s’y délite promptement et y prend plus de couleur ;,elle devient blanche au feu de poterie, et conserve sa blancheur sans se fondre au feu de

‘ porcelaine. Cette propriété permet d’appliquer sur cette

argile une couverte vitreuse moins fusible, et qui contient par conséquent moins de plomb ; on ne craint pas que la chaleur employée pour la vitrifier colore la pâte. La plupart des argiles de France employées au même usage ont l'inconvénient de rougir par un feu un peu fort : on est obligé, pour leur faire conserver leur blancheur, d'employer une couverte dans laquelle on met beaucoup de plomb pour la rendre plus fusible. Nous reviendrons sur cet objet en traitant des poteries.

Argile plastique noire de Colebrookdale, dans Le Shropshire en Angleterre. Cette argile est remarquable par ses propriétés :.

14 | ARG on y voit des débris de végétaux; elle est d’un brun foncé presque noir. Elle offre un exemple frappant de ce que nous avons dit, que cette couleur étoit souvent due à la décomposition des corps organisés, car elle perd sa couleur au feu de couverte ce porcelaine dure. Elle résiste très-bien à cefeu, sans même se ramollir..

Cette argile est dure , maïs friable; elle n’éprouve aucune altération de la part de l'acide nitrique ; elle ne se délaie point d’elle-même dans l’eau. Il faut, pour la pétrir, la réduire en une poussiere très - ténue et la battre fortement. On fait avec la pâte obtenue par ce moyen des étuis ou | gpettes qui sont d’une très-bonne qualité

Cette argile s’éloigne un peu, par ses caractères apptiens: des etes de cette division ; mais elle y appartient par ses caractères essentiels et ses propriétés.

Argile plastique des environs de Maubeuge. Elle est d’un gris blanc et trés-liante : elle ne change point de couleur au grand feu; elle y est trés- done et y acquiert une grande dureté. C’est avec cette argile que se font les poteries de grès de la Flandre, qui sont ordinairement ornées de peintures grossieres en bleu.

Argile de Montereau sur Yonne. Cette argile est grise, -assez friable, moins tenace que les précédentes, quoique très-liante: La meilleure se tire d’une carrière située sur le chemin et à la montagne de Moret. Elle est assez brune lorsqu'elle est humide, elle devient grise en séchant, et blanchit par un feu médiocre ; mais au grand feu elle reprend de la couleur et devient d’un fauve sale.

Cette argile est employée, tant à Montereau qu’à Paris, pour faire ces faïences fines et blanches, qu’on appelle ferre blanche , Lerre à pipe ou terre angloise.

Argile plastique de Gournay. Elle se trouve aux environs de Gournay , de Doudeauville et de Gisors. Elle est d’un brun tirant sur l’ardoise. Elle devient blanche à un feu modéré, mais elle rougit au grand feu. Comme elle résiste très- bien à la plus forte action du feu, on en fait des pots ou creusets de verrerie. |

Argile plastique de Savigny près Beauvais. C’est une des plus anciennement connues en France par sa bonne qualité.

Bernard Palissy la cite comme propre à faire des vaisseaux Aégers, trés-compactes et portant avec eux un vernis naturel; en effet, c’est avec cette argile que l’on fait cette espéce de faïence trés-cuite, que l’on nomme grés. |

Argile plastique de Forges-les-eaur. On extrait celte argile non-seulement aux environs de Forges , mais depuis Savigny jusques auprés de Neufchätel en Bray. On en fait dans le pays, et notamment à Beauvais, des poteries de grès. On l’emploie aussi pour les pots des verreries. La manufacture des glaces de Saint - Gobin tire son argile de la commune de Fossé prés Forges.

Vauquelin y a trouvé:

Alumine....+. 16,00

Silice. ..s...e0 63,00 :

Chaux... .1,00 Fer etes 78:00 Eau évaporée.. 10,00 98,00 PETER es ee es 2300 100,00

et Hassenfratz, 57 d’alumine et 63 de silice.

Cette argile , tres-réfractaire, prend au feu de ia couleur, à cause du fer qu’elle contient.

On exploite des argiles semblables à Montcenis, départemeut de Saône-et-Loire, composées , d’aprés l'analyse de Has: senfratz, de 45 d’alumine et 55 de silice :

A Villentrand prés Montmirail : pe

A Déèvres, département du Pas-de-Calais :

Dans les environs de Port-Louis, Ra du Morbihan : -

À Audunes prés de Namur :

- À Autroche près de Saint-Guillain:

Dans les environs de Tournay; elle contient, d’après Hassenfratz, 78 d’alumine et 22 de silice P

6. ARGILE LITHOMARGE, quelquefois MOELLE DE PIERRE, Cette variété est difficile à distinguer des argiles smectiques et de l'argile endurcie de Werner et de Kirwan. Nous sommes obligés de copier exactement les caractères que leur ont donnés ces minéralogistes,

Cette argile varie du blanc au jaunâtre, au rouge et au brun, et elle présente toutes les nuances intermédiaires. On … peut dire qu’il y en à de toutes les couleurs. Sa cassure est terreuse et à grain fin; elle est très-tendre, douce, prenant de l’éclat par la raclure ; elle est onctueuse au toucher, happe à la langue ; elle est assez légère et facile à casser.

Elle se délite dans l’eau sans former pâte avec elle. Ce caractere la distingue des argiles plastiques et figulinés ; celui de happer à la langue la distingue des argiles smectiques. On ne connoît point encore sa composition. Napione dit y avoir trouvé beaucoup de magnésie. Enfin elle est infusible au chalumeau, d’après Widenmann et Emmerling. Cronstedt, et Kirwan, d’après Cronstedt, disent cependant qu’elle est fusible en masse spongieuse. Ehrmann dit aussi qu'elle est fusible, mais avec le chalumeau à air vital.

Le gisement de la lithomarge est un de ses meilleurs caracteres. Cette argile paroît appartenir aux terrains primitifs : on la trouve en rognons dans les basaltes, dans les roches amygdaloïdes ; elle remplit des filons dans les porphyres , les gneiss, les serpentines ; on la rencontre avec étain, avec les topases, etc.

On en trouve en France ;

En Bohême, a Luschitz ;

En Saxe, à Planitz près de Zwickau. Celle: ci est remarquable, et connue sous le nom de terre miraculeuse de Saxe. Elle est nuancée des plus belles couleurs, parmi ‘lesquelles domine le bleu violet. Elle repose sur des couches de houille.

Werner cite la Lthomerté dans les brèches qu’il nomme grauwakke, à Zellerfeld au Hartz.

Trebra a trouvé au Hartz une ARORERCE phosphorescente par le frottement.

#**# Aroiles Jusibles.

7. ARGILE SAPONIFORME, Arg. saponiformis, Savon de montagne ; Wern. Broch. Nous n'avons point vu ce minéral, qui est extrêmement rare ; peut-être doit-il être placé parmi les pierres que nous nommerons sééalile ou balc.

ARG pa RAT.

Les minéralogistes allemands qui l'ont décrit disent que sa cassure est terreuse, à grain fin. Il est trés-tendre, gras au toucher comme du savon, et prenant par la raclure un éclat gras ; il happe trés-fortement à la langue ; il a ce que Werner appelle la propriété écrivantes 5

On a irouvé cette pierre à Olkutsck en Pologne et en Angleterre. É

8. ArGILE sMECTIQUE, Argilla smectis, Wall.; Talcum fullonum, Wern. ; Terre à foulon. Cette variété, qui formera peut-être une espèce lorsque les parties essentielles en seront déterminées avec plus de précision, a deux caractères distinctifs assez bons : 1.° elle est grasse au toucher, et se laisse polir avec l’ongie; 2.° elle se délite promptement dans l’eau, y forme une espèce de bouillie, mais n’y acquiert pas une grande ductilité. 3.° Elle contient souvent de la magnésie; quelques-uns de ses caractères extérieurs paroissent être même une suite de la présence de cette terre, qui communique ordinairement une sorte d’onctuosité aux pierres dans lesquelles elle entre en certaine quantité.

Les couleurs de cette argile sont très-variables. La plus. ordinaire est le gris jaunâtre et le vert olive; il y en a aussi de brune, de rouge de chair. Sa cassure, toujours facile, est aussi trés-variable, tantôt raboteuse, tantôt schisteuse, quelquefois conchoïde. ;

Elle est assez compacte et happe très - peu à la langue. Plusieurs variétés d’argile smectique noircissent par un premier feu et deviennent blanches par un feu plus violent ; ce qui indique la présence d’une matière combustible : enfin, elles se fondent à un feu plus violent.

: La terre à foulon jaune de Woburn en Angleterre se fond à 120° du pyrométre de Wedgwood, en une masse päteuse d’un brun rouge; elle ne fait aucune effervescence avec l'acide nitrique, mais elle s’y réduit sur-le-champ en poudre.

La terre à foulon n’a encore été analysée que par Bergmann ; cette analyse a été faite sur celle du Hampshire en Angleterre : elle donne de silice 51, d’argile 25, un peu de chaux et de magnésie carbonatée. Cette terre ne fait point effervescence avec les acides; Bergmann pense que

la chaüx et la magnésie n’y sont pas simplement mélangées;

mais intimement combinées. Quelques terres à foulon font cependant une légère effervescence ; mais, comme l'observe Kirwan, ce ne sont pas les meilleures.

La.terre à foulon est employée, comme d’on sait, pour enlever aux étoffes de laine la graisse qui appartient à la laine. Cette opération se fait en foulant ces étoffes, avec l’eau et l'argile smectique, dans des espèces de mortiers de bois ; de lourds pilons de bois, mus par l’eau, refoulent | perpétuellement l’étoffe, en tombant béta cat dessus. Ce n’est ni à la chaux, ni même à la magnésie, que les terres à foulon doivent la propriété qu’elles possèdent d’enlever la graisse des étoffes de laine ; l'argile suffit pour cela mais toutes les argiles ne sont cependant pas propres à cet usage. Il faut qu’elles aient la propriété de se laisser diviser facilement et promptement par l'eau, propriété qu’elles perdent lorsqu'elles sont trop onctueuses. 11 faut aussi que la silice qui y est mélangée soit extrêmement fine : sans cette condition elle useroit ou perceroit même les étoffes. Ces qualités et surtout la finesse se reconnoissent au poli assez vif qu’elles acquierent par le frottement de l’ongle. Une trop grande ÉRntE de fer et surtout de pr nuit beaucoup. +

Les terres à foulon les plus célébres se trouvent :

En Angleterre, en Staffordshire prés Brick-hill, en Bedfordshire près de Woburn, en Surrey près de Riegate ; dans le comté de Kent, près de Maidstone, de Nulley et de Petworth; dans l’ile de Skye en Écosse. Elles sont situées sur des bancs de grés ou de sable. Ces terres contribuent tellement à la beauté des draps, rh en a défendu l’exportation sous les peines les plus sévéres.

Celle de Saxe se rencontre presque à la surface de la terre, a Rosswein, à Schomberg près Gorlitz en mn ce à Johann- Georgenstadt

En France, à Rittenau en Alsace.

En Suéde, à Osmundberg, etc.

9. ARGILE rIcuLiNeA Ces argiles ont presque toutes les propriétés extérieurès des argiles plastiques; beaucoup sont, comme elles, douces au toucher, et font avec l’eau une pâte

assez tenace : maïs elles sont en général moins compactes, ‘plus friables ; elles se délaient plus facilement dans l’eau. Je n’en ai point vu qui possédassent la propriété d'acquérir dans Veau ce commencement de translucidité que présentent plusieurs des précédentes. Plusieurs aussi sont trés - colorées, et loin de perdre cette couleur par la cuisson , elles deviennent souvent d’un rouge très-vif; enfin elles ont une cassure irréguliére, raboteuse et nullement lamelleuse. Quoique douces au toucher, elles n’ont pas ordinairement l’onc- ‘tuosité des argiles à foulon. Quelques-unes font une effer- * vescence légère avec les acides, et ces dernières se rapprochent tellement des marnes hr est difficile de les distinguer. :

C’est la chaux et le fer que ces argiles contiennent qui les rendent fusibles à une chaleur souvent fort inférieure à celle que les sn précédentes peuvent supporter sans - altération.

I1 paroît que c’est à ces argiles que Werner a appliqué particulièrement le nom d'argile à potier. Les échantillons qu'il a envoyés sous ce non: au Conseil des mines ont tous . la fusibilité des argiles que nous nommons figulines.

Ces argiles sont employées dans la fabrication des faïences et poteries grossières , à pâte poreuse et rougeûtre; étant pe répandues que les précédentes, et moins recherchées, il n’y a presque poar de localité He que l'on puisse citer.

Argile figuline brune d’ Arcueil. Cette argile est d'un brun bleuâtre, mêlée de veines et de taches rouges. Elle fait Âvec l’eau une pâte très-tenace, ne fait aucune effervescence avee les acides. Elle devient d’un rouge assez vif par la cuisson et ne se fond qu'a une haute température ; celle des fours de porcelaine la fait un peu boursoufler quand celle contient beaucoup de fer, mais ne la fait point fondre.

Elle se trouvé au midi de Paris, nn les environs de Vaugirard, de Vanvres, d’Arcueil, etc. Elle est souvent mêlée de sulfure de fer : ce ire augmente sa fusibilité, surtout dans les parties où se trouve ce sulfure. Elle est placée au- dessous d’un premier lit de chaux carbonatée

grossiére. D’aprés l'analyse de Gazeran, elle contient 32 d’alumine, 63 de silice et prés de 4 de fer: |

Elle est employée par les sculpteurs pour modeler, et par les fabricans de fourneaux; elle entre dans la composition des faïences grossières que l’on fabrique dans les faubourgs de Paris. Elle sert à glaiser les bassins pour y retenir l'eau, et porte même ordinairement le nom de terre glaise.

Argile figuline de Sare, Argile à potier, Werner. Cette variété, placée sous le n.° 168 dans la collection envoyée par Werner au Conseil des mines, a le grain grossier, la texture caverneuse ; elle est jaunâtre et très-micacée ; elle renferme des fragmens d'amphibole. Elle ne fait point effervescence avec l'acide nitrique, et fond, au feu de porcelaine , en une masse vitreuse d’un brun rougeàtre.

10. ARGILE FEUILLETÉE. Ses couleurs varient comme celles de toutes les argiles, mais sa texture remarquable est son caractere distinctif. Elle est composée de feuillets qui se séparent avec la plus grande facilité par l’action alternative de la sécheresse et de l’humidité. Cette texture feuilletée n’est pas cependant toujours aussi tranchée : ses feuillets sont quelquefois ondulés et comme noduleux ; ce qui paroît dû aux rognons siliceux qu’elle renferme.

s Elle a d’ailleurs tous les caracteres des argiles. Elle se délaie dans l’eau et fait pâte avec elle; c’est ce qui la distingue des schistes proprement dits.

On la trouve à Montmartre prés Paris, entre les bancs de chaux sulfatée impure, en grands feuillets trés-droits , semblables à des feuilles de carton. us

On la trouve aussi à Menil - montant, renfermant la variété de silex nommée menilite. Cette argile est seule rapportée comme exemple du Polersdhisions de Werner. Sa pesanteur spécifique, d’après Klaproth, est de 2,080. Elle renferme, suivant ce chimiste,

Silice. 5... 15224060 Alumine.......e 7:00 Magnésie....e.e. 1350 Ghaux. Her JUN 20 Oxide de fer... 2,50 Eau.e.essoseseseoe 19,00

nt ÀÂRG | 21.

* Les deux sous-variétés d'argile feuilletée que nous venons de rapporter font à peine effervescence avec l'acide nitrique ; elles se ramollissent au feu de porcelaine , y fondent presque et s’y colorent en brun marbré. Les échantillons de schiste à polir, Polierschiefer , envoyés par Werner au Conseil des mines, sont äpres au toucher , ne font aucune effervescence avec les acides, n’éprouvent aucune altération de la part du feu de porcelaine. Ils y restent friables et âpres au toucher, et n’y durcissent pas à la maniere des argiles.

Ces différences assez importantes me font soupçonner que c'est à tort que l’on a donné l'argile feuilletée de Menilmontant comme exemple du schiste à polir de Werner: non-seulement cette argile n’a jamais été employée pour polir, mais elle ne paroît pas même susceptible de cet usage ; tandis que le Polierschiefer de Werner paroît pouvoir y être employé, en raison de la finesse et de la dureté de ses molécules. Il se rapproche beaucoup des tripolis, auprés desquels ce savant minéralogiste le place actuellement. :

11. ARGILE LÉGÈRE. Dans une classification fondée sur. les principes constituans , cette pierre ne pourroit pas rester parmi les argiles; elle ne contient que douze parties d’alumine sur cent: mais elle a quelques-uns des caractères ar- gileux Jes plus importans pour les arts; elle en a même les usages.

Elle est remarquable par sa légèreté. Sa pesanteur spécifique , d’après Fabroni, est 1,372: quelquefois elle est encore plus foible, 0,362. Elle surnage l’eau tant qu’elle n’est pas imbibée de ce liquide. Elle est sèche au toucher; sa poussière trés-fine est cependant fort dure et trés-propre à polir l'argent. Elle a les qualités de la terre pourrie des ouvriers ; il paroît qu’elle les doit à la grande quantité de silex extrêmement divisé qu’elle contient. Eile se délaie difficilement dans l’eau et n’a presque pas de liant: mais elle résiste parfaitement au feu ; elle y perd un huitième de son poids. Elle né se fond point au feu de porcelaine, elle y acquiert une grande dureté et y prend 0,23 de retraite, sans cependant acquérir une grande densité ; elle ne fait aucune effervescence avec les acides.

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On connoît plusieurs variétés de cette argile. Une a été trouvée prés Santa-Fiora dans le Siennois , entre Arcidorso et Castel-del-piano : elle est en mässe, peu fissile, d'un bianc cendré, avec quelques nuages jaunûtres; on y voit des impressions de plantes. Fabroni en a fait des briques qui flottent sur l’eau. Je ne sais pourquoi on a nommé cette terre, farine fossile et agaric minéral : les substances décrites sous ces noms, plus propres à tromper qu’a éclairer, sont des variétés pulvérulentes et spongieuses de chaux carbonatée ; elles peuvent contenir quelquefois de la magnésie, mais celle-ci n’y est point essentielle : leurs caractères sont d’ailleurs absolument différens de ceux de l’argile légère,

Fabroni à publié l’analyse suivante de cette pierre:

SILICE- esse 0,09 Magnésie ... 0,15 audit Note Alumine..e. 0,12 Chaus: 0.0.0 DÉRs ces 3 ei OO

1,00 | Faujas a trouvé dans les monts ÇCoirons, département de l'Ardèche, sur la route de Loriol au château de Roche- Sauve , des argiles que l’on peut regarder comme des sousvariétés de l’argile légère. Elles sont au moins aussi légères que la premiere, également âpres au toucher, et ne font avec l’eau qu’une pâte trés-courte : elles peuvent servir à polir l'argent. Il y en a deux sortes assez différentes. L'une est d’un gris cendré; sa texture est tres-feuilletée et elle renferme entre ses feuillets des feuilles de plantes d’ espéces extrêmement nombreuses et trés - semblables aux végétaux et surtout aux arbres de notre climat; elle est fusible au feu de porcelaine en un émail brun roussâtre, et cependant ne fait aucune effervescence avec Las nitrique. 1e L'autre est moins feuilletée , plus blanche, plus siliceusé, | ne renferme que peu D ecintee de végétaux ; elle fait une violente effervescence avec l'acide nitrique, et cependant ne fond point au plus grand feu.

Ces argiles s’éloignent beaucoup des véritables argiles ; elles se rapprochent des tripolis. Nous n’en parlons ici qu’à cause des usages auxquels on les a employées.

. On a fait aussi avec cette argile des briques légères, dont nous parlerons à la fin de cet article, au chapitre I, DES USAGES DE L'ARGILE, . 1.

##% Aroiles Aone Ervéscentes , vulgairement marnes argileuses.

On désigne , sous le nom de marne , des mélanges naturels d'argile et de chaux carbonatée dans diverses proportions. Ces proportions très-variables donnent à ces mélanges des caractères et des propriétés si différentes, que nous placerons les marnes, dans deux espèces, parmi les argiles et à la suite de la chaux carbonatée. Nous imiterons en cela Kirwan et les auteurs qui ont traité des marnes particulierement, tels que le docteur Withering et Andréas. Ces deux sortes de marnes font effervescence avec les acides : mais les premières font assez bien pâte avec l’eau; les secondes s’y délitent quelquefois, mais ne font jamais pâte avec elie. Nous ne parlerons ici que des premieres.

12. ARGILE MARNE , Marne terréuse , Calcareus Marga friabilis, Werner, Argile calcarifère , Haüy. Cette marne varie en consistance, mais elle n’est jamais assez dure pour ne pouvoir point se déläyer dans l’eau ; elle est au contraire plus ordinairement tres - friable et même quelquefois pulvérulente. Le passage de l’humidité à la sécheresse suflit souvent pour en désunir les parties; elle tombe en poussiére dans l’eau , et forme avec elle une pâte qui n’a point de liant.

Elle fait une violente effervescence avec l’acide sitrique, et souvent cet acide dissout, plus de la moitié du mélange. Elle se fond facilement au chalumeau.

Sa cassure est toujours terreuse, sa texture est souvent feuilletée, et dans ce cas elle ne se distingue de l'argile feuilletée que par Paction de Facide nitrique et par sa Ne bilité facile.

Argile marne de Viroflay. Elle est en masse friable, d’un jaune sale tirant sur le vert pâle; elle devient d'un jaune

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