‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 6 sur 160 · CHAPITRE JE · texte numérisé non relu

CHAPITRE JE

Nature, propriétés ét usages des argiles.

|. On peut dire que les chimistes modernes ont contribué aux progrès de la chimie, autant par leurs découvertes que par le soin qu’ils ont mis à distinguer ce que l’expérience a fait connoître et ce qui n’est qu'hypothétique. D’aprés es principes de cette sage réserve, 1is n’ont proposé aucune hypothèse sur la ‘nèture et la formation des argïles ; ils-ont prouvé que les‘argiles de Îa nature n’étoient jamais pures, qu’elles étoient formées de plusieurs terres non décomposées, et que l’une w’elles, l’alumine , étoit celle qui leur donnoit les caräctères que nous lui avons reconnus au com- : mencemeñt de cet article. Les hypothèses sur la nature des argiles n’ont donc plus pour nous aucun intérêt, surtout quand elles sont fondées sur des ‘expériences évidemment fausses, et lorsqu'elles sont présentées sans les prestiges du style et dugénie. ;

Nous n’exposerons ici ni l'opinion de Buffon qui regar- . doit l'argile comme le verre primitif ou la terre vitrifiable extrêmement divisée, ni celle de quelques chimistes qui considérent cette terre comme essentiellement composée d'acide sulfurique, ni même celle de plusieurs géologues qui la regardent comme un produit des végétaux. Cependant, si l’on veut ne point appliquer cette dernière hypothèse à la formation de toute l'argile du globe’, elle devient moins vague que les premières ; elle peut-même, dans certains cas, être étayée par quelques observations , auxquelles on pourroit néanmoins reprocher de n'être pas assez pré-

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&ises : mais il est plus important d'étudier les propriétés des argiles , l’action de l’air, des terres et des autres ageñs sur elles, èt d’appliquer ces connoissances aux arts qui emploient cette terre, que de discuter no la plus vraisemblable.

Plusieurs des propriétés des argiles ont été examinées au commencement de cet article; mais elles n’ont été considérées que comme caracteres distinctifs. On y a traité plutôt des propriétés extérieures des argiles que de leur influence sur les différens corps de la nature avec lesquels on les met en contact.

Humbolt a observé que les terres argiléuses, privées des matiéres animales qui y sont souvent mélangées, avoient la propriété d’absorber l’oxigène de l'air atmosphérique, et de le séparer de l’azote. Il attribue cette propriété singulière à l'alumine. Il a remarqué que l'air des galeries des mines de sel gemme, dans lesquelles la pierre argileuse étoit à nu, se vicioit trés-promptement, sans qu’on pût attribuer cette altération de l’air au boisage *, puisque ces galeries n’en avoient pas. Si l'observation de Humbolt se confirme par d’autres expériences, car on a jeté quelques doutes sur l'exactitude des premières, cette propriété de l’alumine .jettera un nouveau jour sur l'utilité des labours : on verra, dans ces premiers travaux de la culture, la nécessité de renouveler les surfaces des terres cultivées, pour y combiner plus d’oxigene , de ce fluide qui paroît si utile à la germination et à la végétation. |

L’argile employée dans les arts agit de deux maniéres, soit par l’alumine qu’elle contient, soit comme argile, c’esta-dire comme mélange terreux.

L’argile agit par son alumine seule dans la fabrication de l'alun. C’est peut-être le seul cas où l’action des autres terres, mêlées à l’alumine, soit à peu prés nulle.

L’alumine ne se trouvant point isolée dans la nature, ses caracteres et ses propriétés sont du domaine de la chimie, et nous n’en parlerons qu'autant qu'il sera nécessaire pour

. On nomme aïnsi les pièces de bois et les RReErS qui retieñnent les terres dans Les galeries dés mines.

parvenir plus complétement : a la connoissance des propriétés des diverses espèces d’argiles.

L'alumine pure est RARE x infusible ; mais exposée au feu de porcelaine, elle prend une retraite considérable, qui est au moins de la moitié dans toutes ses dimensions. T1 faut la chauffer, comme le dit Macquer, avec beaucoup de précaution, car elle décrépite avec la plus grande facilité. Cette décrépitation est due à l’eau qu’elle renferme, et qu’elle retient avec force. Elle n’a presque pas de liant, et donne par conséquent une pète trés-courte , c’est-a- dire; qui ne peut s'étendre sans se gercer.

‘Non-seulement elle est infusible isolément, mais elle ne se dissout point dans les verres ir elle leur communique de l’opacité.

Si on y ajoute de la chaux ou de la silice séparément, quelles que soient les proportions de l’une ou de l’autre de ces terres, l’alumine n’acquiert point la faculté de se fondre au feu le plus violent ; maïs si on fait un mélange d’alumine, de chaux et de silice, le tout se fond d’autant plus aisément que le mélange s’approche davantage des proportions suivantes : une partie d’alumine, une partie de chaux, et trois parties de sable.

Si on ajoute le sable dans la proportion de cinq pour un, te mélange perd sa fusibilité.

- Ces faits, intéressans et vrais, font one l’action réciproque des terres mêlées le plus ordinairement avec lalumine. Ils ont été observés par Macquer, et ont plus avancé l’histoire naturelle ét économique des argiles, que toutes les hypothèses qu’on à publiées sur leur nature. Ces faits et les suivans sont la base de l’art de fabriquer tous ‘les ouvrages de terre cuite et de poterie.

Le fer, en trés- petite quantité et dans un état qui n’est pas encore exactement déterminé, ne colore point les argiles, tant que ces terres n’éprouvent point l’action d’un feu violent. On connoît des argiles trés-blanches, celles ‘de Montereau, par exemple, qui ne deviennent rougeàtres qu’au feu de porcelaine : l’oxide de fer qui y est contenu et qui les colore apres cette épreuve, n'étoit donc point sensible avant leur exposition à une haute température. Il

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résulte de cette propriété que les argiles propres à faire de belles faïences blanches sont très-rares , ainsi que les kaolins susceptibles d’être employés à la fabrication de la porcelaine.

Le fer, en quantité plus cn le ae colore ordinairement les argiles en vert ou en bleu d’ardoise, tant qu’elles n’ont point été chauffées. Ces mêmes argiles, exposées à l’action du feu, deviennent jaunes, ou même rouges, selon la quantité de fer qu’elles contiennent. Lorsque 1e fer y est trés-abondant, il rend les argiles fusibles , mais il faut qu’elles renferment d’ailleurs un peu de chaux et de silice. Les poteries que l’on fait avec ces argiles ferrugineuses ne peuvent recevoir qu’un foible degré de cuisson; elles soné épaisses , poreuses, et n’ont souvent d'autre qualité que

celle d’être d’un prix modique, et de résister assez bien, sans se casser, au passage du chaud au froid.

L’alumine, ou l'argile très-alumineuse, c’est-à-dire, celle qui a le plus de liant, se fend trés - facilement, ou se déforme en se séchant. On évite en partie cet inconvénient très - -grave dans l’art de la poterie , en ajoutant à cette terre une certaine quantité de sable ou de silice. Les ouyriers appellent cette opération dégraisser l'argile : en effet, on lui enlève par ce moyen son excés de ténacité, et on diminue probablement la tendance de cette terre pour l’eau, en

séparant ses molécules et en favorisant une dessiceation

plus égale.

Les terres Frélenses quoique Le de de beaucoup d’autres terres, n’en sont pas moins susceptibles de se fendre, lorsqu'elles se desséchent en grandes masses. Elles affectent quelquefois, en se fendant, des formes régulières et remarquables, dont il est difficile de rendre raison. Voyez,aux mots CHAUX CARBONATÉE, te les exemples de cette dessiccation régulière.

L’alumine est une des principales causes de la retraite que prennent les terres argileuses en se séchant, et surtout en cuisant. Cette retraite, en imprimant un mouvement inégal aux pièces que l’on fait avec ces terres, tend nécessairement à les déformer. Ce mouvement est produit par des causes si variges et si peu sensibles, qu’il n'est pas pos-

sible de les apprécier toutes. Les principales sont l'inégalité. dans l'épaisseur et la dessiceation plus prompte sur un côté.

Lorsque les pieces d’argile, même les plus délicates, ont. pris toute leur retraite, on peut les exposer de nouveau

au feu sans craindre qu’elles s’y déforment sensiblement ;

cé qui prouve que c’est bien au mouvement de la retraite que la déformation est due particutiérement.

On s’oppose en partie à la retraite des pièces d’argile, et. par conséquent à la plupart des inconvéniens qui en résultent, en mêlant à l'argile des terres qui ne soient pas susceptibles de cette diminution de volume. C’est le sable que l’on emploie pour cet objet, et mieux encore de largile trèscuite; pulvérisée grossièrement. Cette derniére matière porte le nom de ciment. Son introduction, en quantité convenable, dans les pâtes argileuses, donne aux vases que Von en fait une plus grande solidité ; ils résistent plus long-. temps au choc et aux changemens fréquens de température. Les grains de ciment, interposés dans la pâte, peuvent être considérés comme autant de solutions de continuité qui arrêtent les petites fissures.

Les observations précédentes établissent les principes sur Jesquels sont fondés les différens arts qui emploient l’argile pour la façonner et la cuire. Ces arts sont nombreux ; les apphcations des principes que nous venons d’énoncer. y sont très-variées. Nous allons les décrire briévement, en commençant par les plus simples, par ceux qui se servent de presque toutes les argiles, et qui les emploient à peu près éelles qu’on les trouve dans la nature.

$. 127 Des terres cuiles non lavées.

Des briques.

ji y a peu de pays qui ne puissent fournir de l’argile propre à faire des briques. Les pays d’attérissement, dans lesquels on ne trouve point de pierres, sont précisément ceux qui offrent le plus constamment cette argile.

En Hollande on ramasse, avec des filets en forme de poche, le limon qui se dépose au fond et sur les bords de la rivière d’Yssel; on le fait entrer dans la composition des briques que l’on fabrique à Gouda.

L'argile plastique ne peut être employée seule pour faire des briques; elles se déformeroient par la dessiccation ou la cuisson : d’ailleurs il n’est pas toujours nécessaire de

choisir pour cette opération une argile aussi infusible.

= Lorsque l'argile est trop ténace, il faut la dégraisser par une addition assez forte de sable. Si l'argile que l’on emploie n’est ni calcaire ni trop ferrugineuse, et que le sable que l’on y ajoute ne soit point calcaire, on fait des briques qui peuvent être cuites à une haute température sans se fondre. Elles acquierent une telle dureté qu’elles font feu avec les instrumens d’acier; elles sont d’une longue durée, et sont les seules qu’on puisse employer dans la construction des fourneaux qui doivent éprouver une violente action du feu : telles sont les briques dites de Bourgogne, faites avec une argile plastique, celles de Perpignan, etc.

La terre franche, c’est-à-dire , la terre végétale jaunâtre la plus commune, qui est composée de sable, de craie et d'argile, peut servir dans beaucoup de lieux à faire des briques, mais ces briques sont friables, poreuses, durent très-peu, et ne pourroient supporter une haute température sans se fondre. F

Les briques qui sont employées à la construction de presque toutes les maisons de Londres, sont faites avec la terre du lieu même sur lequel on bâtit. On l'extrait en faisant les fondations de la maison. Cette terre peu argileuse le paroît encore trop, puisqu'on y ajoute des cendres de houiïlle passées au tamis.

L'art de faire les briques et de les cuire est trés - simple. Nous décrirons les procédés les plus généraux, avant de parler de ceux qui sont particuliers à certains pays.

Nous avons dit que toutes les terres argileuses étoiené bonnes pour faire de la brique, quand on ne cherche pas a en fabriquer de premiére qualité, et lorsqu'on y fait les additions de sable convenables ; il faut aussi avoir soin d’en extraire les fragmens de, craie qui pourroient s’y trouver , et surtout les morceaux de sulfure de. fer qui se rencontrent fréquemment dans les argiles.

Lorsque la terre est extraite, on la laisse ordinairement pendant plusieurs mois à l’air; elle y est exposée à la ge-

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lée, au soleil et à l'influence des autres météores. Quand on veut l’employer, on la détrempe légèrement et peu à peu ; on la place sur un sol uni : un ouvrier la pétrit en marchant dessus pieds nus. Cette opération, qu'il fait à deux ou trois reprises, s’appelle marcher la terre; elle se répète, comme nous lé verrons, dans tous les arts qui emploient l'argile. , |

L'auteur de l’article Briques du Dictionnaire de Chambers dit que, pour faire de bonnes briques , bien compactes, il faut mêler l’eau peu à peu à la pâte, et bien battre la terre. F

L’argile à brique est alors en état d’être moulée,

Les moules sont des rectangles de bois, composés seulement de quatre côtés perpendiculaires : ils sont quelquefois assez longs pour qu'on puisse y mouler deux briques à la fois; une traverse de bois sépare les deux briques. Le mouleur sable les moules et les place sur une table dont la surface est également couverte de sable, afin que l'argile ne s’y attache pas. IL remplit chaque moule d’une masse d'argile, qu'il y comprime; il enlève l’excédant avec la main, et unit la surface supérieure avec une espèce de couteau de bois qu’on nomme plane. Quand la brique ou les deux briques sont faites,un apprenti, nommé porteur, les transporte avec le moule sur le sol trés-uni de la briqueterie; il tient le moule de champ, afin que les briques n’en glissent pas ; il les fait sortir du moule en le retournant par un mouvement qui doit être assez régulier pour ne point faire gauchir les briques; il les dépose en rangs, pour les faire sécher, sur une place unie et sablée.

L'opération du moulage est trés-prompte. Un bon mouleur peut faire neuf à dix milliers de briques dans sa journée. Il ne faut pas que, pour aller plus vîte, il emploie la terre trop molle; la brique perdroit de sa qualité : pour être bonne , elle doit être moulée le plus ferme possible,

- Aussitôt que les briques ont assez de consistance pour se laisser prendre sans être déformées, on les pare, c’est-àdire qu’on enlève avec un couteau les bavures du moule ; on les place ensuite les unes sur les autres, et on en forme une espèce de muraille à claire voie, pour qu’elles finissent

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de se sécher entiérement : cette opération s'appelle les mettre en haie.

On évite par ce moyen l'avance de fonds den qu’on seroit obligé de faire si on vouloïit les laisser sécher complétement sur le terrain, qui, dans ce cas, devroit être immense.

Une dessiccation trop prompte nuit aux ne l’eau de la pluie leur nuit encore plus : il faut les mettre à l'abri de ces deux accidens. On He au second en les couvrant

avec des paillassons.

- Les briques sont cuites par des associations d’ouvriers RAR RE Re indépendans de ceux qui les font.

I1 y a deux manitres de cuire les briques, à la houille ou au bois. Les principes d’après lesquels les fourneaux sont construits, sont trés - différens , et tiennent à la maniére de brûler des deux combustibles.

La houille ou charbon de terre ne peut brûler qu’a l’aide d’un courant d’air rapide. Pour remplir cette condition, il faut faire venir l’air par - dessous le combustible, au travers d’une espèce de grille. Comme la construction d’un pareil four seroit trés-dispendieuse et embarrassante, à cause de son étendue, on dispose les briques à cuire de manière à les faire servir elles-mêmes de grille : on les couvre d’une couche de houille, et on place ainsi successivement des couches de houille et des assises de briques, qui laissent du jour entre elles; ce sont autant de foyers de combustion répandus au milieu de la masse de briques. A l’aide de cette ingénieuse disposition, on les cuit assez également et avec économie. 3

- Le fourneau pour cuire les briques au charbon de terre se construit donc avec les briques mêmes qui sont à cuire; le pied du fourneau, ou la base, est la seule partie faite avec des briques cuites. Elle est formée de sept assises. On pratique dans cette base des canaux voüûtés, longitudinaux et parallèles, où se place le bois qui doit allumer le charbon de terre. Toutes les briques sont posées de champ: celles de chaque nouvelle assise croisent à angle droit celles de l’assise inférieure ; au-dessus du pied du fourneau, fait de briques cuites, se placent les briques crues. On

répand entre la sixième et la septiéme assises une couche de houille. On met le feu au bois placé dans les canaux - ou foyers, et on allume le fourneau dés ce moment même.

L’enfourneur continue d’élever le fourneau en y plaçant de nouvelles assises de briques, et de nouvelles couches de charbon, qu’il répand également de trois en trois assises. Il-a soin de construire les parois ou les paremens du fourneau avec une grande régularité, pour qu’ils ne s’écroulent pas à mesure qu’il les élève; il les revêt extérieurement d’un placage d’argile mêlée avec beaucoup de sable, afin qu’il ne se fende pas trop. Voyez dans les planches le dessin de ce fourneau.

Les briques des assises inférieures cuisent donc pendant . que l’enfourneur place celles des assises supérieures. Cette

pratique rend son tiavail et celui de ses aides tellement. fatigant qu'il est obligé de se reposer très - souvent; mais on doit remarquer qu'il est diflicile d'employer le combustible avec plus d'économie, puisque la chaleur s’en dégage au milieu même de la masse qui est à cuire.

Ce fourneau étant construit en plein air, est assez dificile à conduire; les coups de vent lui nuisent : on l’abrite autant qu'il est possible en l’entourant d’une haute muraille de paillassons portés sur des perches, en ouvrant ou fermant,selon le besoin, les canaux ou foyers inférieurs dans lesquels on a placé le bois qui a servi à allumer le charbon, etc.

Les briques de l'intérieur étant toujours plus cuites que celles des bords ou paremens, et prenant plus de retraite, le fourneau s’affaisse davantage dans son milieu que sur ses bords : lenfourneur, pour rétablir l'équilibre , élève les bords moins que le milieu; ce qu’il fait en inclinant ou en mettant à plat les briques voisines du parement, tandis qu’il met de champ celles du milieu. | ;

Une fournée est composée d'environ quatre cents milliers de briques ; il faut vingt à vingt-cinq jours pour la cuire. :

La cuisson des briques au moyen du bois se fait d’une maniere tout-a-fait différente. Ce combustible brûle trésbien-par un courant d'air latéral ; il donne peu de cendre, mais il a besoin d'être renouvelé sauvent pour donner la

ÀARG& 45 même chaleur que la hoüille : il doit denc se placer dans des foyers particuliers, et au - dessous de la masse à cuire.

Ce fourneau peut être divisé, comme la plupart des fourneaux, en deux parties, celle où l’on place le combustible

et celle qui reçoit la matière soumise à son action. Les foyers sont inférieurs et même enfoncés dans le sol; ils consistent en deux ou trois canaux, selon la grandeur du fourneau, voûtés et paralléles. La voûte de ces canaux, au lieu d’être pleine, est composée de neuf a douze arceaux transversaux , qui laissent entre eux une fente assez large. C’est par ces fentes que la flamme du combustible mis dans les foyers doit pénétrer dans le corps du fourneau.

Le corps du fourneau, placé' directement au- dessus des foyers, est un prisme à quatre pans. Ces pans ou murailles sont construits solidement en briques cuites. Il y a quelquefois une double muraille extérieure , et l’espace entre les deux murailles est rempli de matériaux divers. Cette disposition concentre la chaleur. Le corps de ce fourneau est rempli des briques à cuire ; elles y sont placées de champ, et laissent entre elles un peu d’espace : les briques de chaque assise croisent celles de l’assise inférieure. On élève ordinairement la masse des briques à cuire d’un mètre ( 3 pieds) environ au-dessus des murs qui forment les parois du fourneau. Voyez dans les planches la figure de ce fourneau. |

On commence par faire très-peu de feu dans les foyers : on l’augmente ensuite jusqu’a faire devenir blanches les ouvertures de ces foyers. Le feu dure en tout environ trois ou quatre jours.

Le rédacteur de l’article Briquetier de l'Encyclopédie méthodique dit avoir appris de Schreber, savant suédois, qu’on peut construire des fourneaux semblables au précédent, en terre à brique mélée de paille, pétrie en grande masse et le plus ferme possible. On les bâtit à la maniere des maisons faites en pisé. Les fourneaux construits d’après cette méthode coûtent moins et sont plus durables que ceux bâtis en briques, qui ont besoin de fréquentes répazations. |

On cuit aussi en Hollande des briques avec de la tourbe.

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Le fourneau dans lequel on les place n’a ni foyer, ni toit, ni cheminée; c'est un bâtiment à peu prés carré, de

cinq mètres (15 pieds ) environ, formé de quatre murailles

perpendiculaires, qui ont deux mètres (6 pieds) d’épaisseur, et qui sont faites en briques. Une porte est ouverte dans l'un de ces murs; les deux murs placés à droite et à | evene de la porte sont percés, vers leur base, de six à huit ou même douze ouvertures os asles situées exacte-ment en face l’une de l’autre.

On place sur le sol du fourneau quelques assises de briques cuites ; elles y sont posées de champ. On laisse vis-àvis des ouvertures un canal qui va de l’une à l’autre, qui se rétrécit vers le haut, et qui est transformé à la derniere assise en une voûte en ogive trés-étroite; ces voûtes sont les foyers destinés à recevoir la tourbe. Lorsque le .fourneau est chargé complétement, on muraille la porte, .et om ferme toutes les ouvertures des foyers du même côté; on y introduit alors la tourbe, qui est celle de Frise, a gros brins: elle donne une flamme plus longue et plus claire, et produit moins de cendre que les autres qualités de tourbe.

Lorsque le côté du fourneau par lequel on jette la tourbe, est suffisamment chauffé, on ferme les ouvertures de ce côté, et on ouvre celles du côté opposé, par lequel on introduit alors le combustible. Le fourneau est en feu pendant trois ou quatre semaines ; on le laisse refroidir trois autres semaines, et on défourne les briques.

Les briques perdent de. leur poids en se séchant et en euisant. Cette perte doit être très- différente selon les diverses qualités. On peut évaluer la perte qu’éprouvent certaines briques en passant du moulage à une dessiccation complète, à 0,23, et à 0,05, en passant de cette dessiccation à une cuisson parfaite.

Les bonnes briques sont sonores , sans boursouflures ni vides ; elles doivent être assez dures pour faire feu avec les instrumens d’acier. È

Les usages des briques sont extrêmement multipliés. Elles tiennent lieu de pierres dans tous les lieux où ces matériaux manquent. On en fait une consommation prodigieuse a Londres, dans une grande partie de l'Angleterre et em

Hollande. Dans ce dérnier pays on, les emploie a tout, même: à paver les chemins. Ces briques à paver poñtent le

nom de klinker. : elles sont plus petites que les autres, plus jaunes et plus dures ; on les place de champ. On a calculé qu’on faisoit aux environs de Gouda au moins quatre-vingthuit millions de briques par an. Le Gouvernement hollandois a fait des ordonnances sur la fabrication de ces matériaux pour en assurer la bonne qualité. On ne peut en

mouler que pendant vingt semaines, qui finissent au huït Septembre, parce que l’on a remarqué que les gelées qui peuvent survenir alors, nuisent à la bonté des briques.

Il paroît que les briques ont été les premiers matériaux

employés par les hommes, lorsqu'ils ont commencé à bâtir. Elles entrent dans la construction de la plupart des bâtimens les plus anciens, surtout de ceux que l’on trouve dans les HSE de l'Asie, aux environs du Tigre et de l’Euphrate, où l’on suppose que se sont formées les premières SOCIÉLÉS. ;.

Plusieurs de ces anciennes briques sont trés - - grosses, en comparaison des nôtres, et ne paroissent point avoir été cuites au feu ; elles ont été simplement séchées au soleil : pour leur donner plus de solidité, on ajoutoit à l'argile sablonneuse dont elles étoient composées, de la paille hachée et même des fragmens de jones, et d’autres plantes de marais,

Telles sont les. ne der Égypte et de l’ancienne Baby- Jonie. On avoit aussi employé, dans la construction de Babylone, des briques cuites, et même vernissées, ou émaillées- de couleurs assez vives; elles étoient faites avec la

terre retirée des fossés de la ville : il paroît qu'elles étoient

employées dans le revêtement des quais et dans celui des murailles intérieures.

- Les briques des édifices romains qui nous restent sont d’üne grande solidité. On remarque qu’eiles portent 1a marque du fabricant ; et lorsqu'elles étoient faites par les légions, elles en portcient le, numéro. Ces briques ‘étoient souvent triangulaires. Les Romains ont aussi em-

ployé des briques crues ; mais on n’en voit dans aucun des,

“bâtimens qui subsistent encore.

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Pline, Vitruve et d’autres écrivains de l'antiquité; onif parlé de briques assez légères pour surnager ; on les fabriquoit en Espagne et dans une île de la mer de Toscane. Fabroni a cherché à en faire de semblables avec une espèce de terre du territoire de Sienne, que nous avons nommée argile légère. Faujas a trouvé, comme nous l'avons dit, une argile semblable dans le département de l’Ardéche. Les briques que l’on fait avec cette argile peu liante se moulent difficilement; il faut y ajouter un peu d’argile plastique ou figuline. Elles ont en effet une grande légereté: leur pesanteur est à celle des briques ordinaires comme 57:359, c’est-à-dire , environ comme un est à six. Celles de Faujas sont infusibles au feu de porcelaine, mais elles y prennent une retraite considérable , qui égale presque 0,23 de leur volume; elles deviennent alors compactes , pesantes et ires-dures.

Tant que ces briques sont peu cuites, elles sont légères. Cette qualité les rend trés-propres à entrer dans la construction des voûtes qui doivent avoir peu de poussée ; elles sont aussi un très-mauvais conducteur du calorique. Elles peuvent être utilement employées pour enfermer des objets que l’on veut garantir de l’action du feu, tels que des archives, et surtout pour envelopper la soute aux poudres des navires : l'expérience a prouvé qu’un vaisseau pouvoit brûler et couler bas avant que la chaleur les ait traver- : sées, et ait mis le feu aux poudres qu’elles renfermoient.

Des tuiles, des carreaux et autres terres cuites.

La fabrication et la cuisson de la tuile ont de grandes ressemblances avec celles de la brique. Les principales opérations sont les mêmes.

La terre préparée pour la brique peut également servir pour la tuile : elle a seulement besoin d’être plus fine; il n’est jamais nécessaire qu'elle soit infusible.

Dans quelques parties de la Hoilande on emploie la terre des prairies ; on la broiïe dans un moulin semblable à celui où se prépare la pâte de la En à et que nous décrirons plus bas.

Cette préparation ne suffit pas. Eversmann rapporte qu’on

met cette pâte dans une boîte carrée faite en bois; sept couteaux, placés horizontalement et dans une hauteur d’un mètre (3 pieds) sur un axe perpendiculaire qui traverse la boîte, sont mus par un cheval, et coupent en morceaux l'argile qui y est enfermée. On fait sortir ces morceaux par une porte latérale de la boîte ; ils sont pétris par des femmes, ‘et réduits en plaques qui sont portées aux mouleurs.

Quand le mouleur veut former une tuile plate et rectangulaire , il place sa terre, préparée, dans un moule de bois formé de quatre régles : celle d’une des extrémités a une échancrure carrée. La tuile, moulée comme on l’a décrit pour la brique, est glissée sur une palette de bois que: présente un ouvrier : la saillie produite à l’un de ses bouts par l’échancrure du moule est relevée avec le doigt par l’apprenti; elle devient le crochet que l’on remarque à toutes les tuiles, et qui sert à les attacher aux lattes des couvertures.

On porte ces tuiles sur l’aire de l’atelier Du leur faire prendre un commencement de dessiccation. Lorsqu'elles “ont acquis la consistance nécessaire, un ouvrier placé à cheval sur un banc les bat l’une aprés l’autre sur le plat <et sur le tranchant, et les dispose en haie de la même. maniere que les briques. :

On fait subir aux carreaux les mêmes ‘opérations : mais | pour rendre leurs côtés égaux et leurs arêtes vives, on les applique, lorsqu'ils ont été moulés et qu’ils sont presque secs , contre un modéle ou forme en bois, dont les bords sont revêtus d’une lame de fer; on enlève avec un instrument tranchant tout ce qui excède ces bords.

Les tuiles et les carreaux se cuisent au bois, et se disposent dans le fourneau de la même manière que les briques, et toujours de champ. Les premières assises, qui sont les plus voisines des foyers, sont faites avec des rs crues, qui cuisent en même temps.

Le four dans lequel on les fait cuire, en Hollande, avec de la tourbe, ressemble entiérement au four pour cuire es briques au bois; il n’en différe que parce qu’il est fermé par une voûte percée de trous carrés qui correspondent aux euvertures des arceaux transversaux des foyers. Ces four-

neaux contiennent, d’après Jars, quinze à seize milliers de tuiles. Il faut quarante heures pour les cuire , et trois jours pour laisser refroidir le fourneau.

Quand on veut donner aux tuiles ou aux carreaux eette couleur gris-de-fer qu’on leur trouve en Hollande, on les enfume. Lorsqu'elles sont suffisamment cuites, mais pendant qu’elles sont encore rouges, on jette dans le foyer de petits fagots de bois vert de verne ou d’aune, munis de leurs feuilles ; on muraille aussitôt les ouvertures du foyer, et on ferme toutes les ouvertures supérieures avec des car-. reaux; on recouvre le tout d’une couche épaisse de sable mouillé; on ne défourne qu’au bout de ‘dix jours : les tuiles ont pris alors la teinte gris-de-fer qu’on veut leur donner.

La forme ordinaire des tuiles est presque un carré; cependant cette forme varie dans quelques circonstances. On en fait de trapézoïdales pour couvrir les toits circulaires des tours et des colombiers ; on les nomme tuiles gironnées. On en fait en forme de gouttieres , que l’on nomme faîtières et qui sont mises sur l’arête des toits.

Enfin, on en fait aussi qui ont une double courbure inverse en forme d'S ; elles se mettent à recouvrement l’une sur l’autre, de manière à se servir mutuellement de gouttiére. La façon de celles-ci est plus compliquée; après les avoir moulées planes dans un moule carré primaires on les transporte sur un moule qûi a la forme qu’on veuf leur donner.

La porosité est pour les tuilès un double ns les météores atmosphériques les détruisent plus promptement, et les mousses y croissent avec facilité : pour s’opposer à cette double cause de destruction, on les vernisse.

C’est surtout en Hollande qu’on leur donne cette façon. On prend vingt parties de litharge broyée et trois de manganèse ; on y ajoute de l'argile délayée dans l’eau, de manière à faire du tout une bouillie assez épaisse pour qu’une petite balle d’argile ne s’y enfonce point. On verse de eette composition sur une des faces de la tuile crue et bien sèche; mais on à soin de n’en point mettre dans les endroits où les tuiles doivent se toucher dans le four: on les ‘place dans la partie du four où il y a le plus de chaleur,

- Les tuiles se placent ordinairement sur les toits, de manière que leurs bords soient horizontaux et perpendiculaires; le recouvrement est tel qu’il n’y a qu’un tiers de la tuile d’apparent. Un architecte, M. Cathala, les à fait faire carrées et les a fait poser diagonalement : le crochet doit être alors à un des angles, qui devient le supérieur. On gagne par ce procédé près de moitié de la tuile; et comme le bâtiment est moins chargé, la charpente peut être beaucoup plus légère.

Les Romains faisoient en terre cuite beaucoup d’autres matériaux de construction, tels que des corniches, des bas-reliefs , etc. Ils empleyoient aussi cette matière pour dessécher les terrains humides sur lesquels ils vouloient bâtir. lis formoient avec leurs mains de petites masses d’argile, de toutes sortes de formes; ils les faisoient cuire, et les entassoient pêle - mêle dans les terrains sur lesquels ils vouloient bâtir. Ce massif porte le nom de briquetage. C’est sur un massif semblable que la ville de Marsal a été fondée.

+ t Des fourneaux, réchauds, ete.

La qualité essentielle aux fourneaux de terre dont on se sert dans quelques arts, notamment dans les pharmacies .-et dans les laboratoires de chimie, est de résister au feu sans se fendre; la pâte doit donc être poreuse et trés grossiére. He

On se sert, pour les faire, de la glaïse la plus commune ; pourvu qu’elle ne contienne ni chaux ni sulfure de fer, la couleur n’y fait rien. On y ajoute du gros ciment de grès ou d’auire poterie dure, et quelquefois des escarbilles où scories de verrerie ; ôn pétrit le tout ensemble. Les fourneaux, réchauds, etc., sont façonnés à la main par le fournaliste : il ne se sert point de tour.

Lorsque le fourneau a pris une certaine consistance, l’ouvrier tasse la terre en la battant avec une palette de bois, et ensuite il l’unit.

Les fourneaux, ne recevant qu'une demi- cuisson, se cuisent dans un four particulier. C’est un rectangle voûté et ouvert-seulement par un bout; à quelque distance du so est une forte grille de fer sur laquelle on place les four-

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neaux : lorsque le au à est rempli, on le ferme en élevant

une muraille de briques , qui part de dessus la première é

barre de la grille et ne va pas tout-a-fait jusqu’à la voûte; on met le bois dessous la grille, la flamme circule entre les fourneaux, et sort par l’ouverture antérieure laissée entre le bord supérieur de la cloison et la voûte.

$. IT. Des poteries.

Nous appliquerons cetie dénomination à tous les vases faits de terre argileuse cuite, quels que soient d’ailleurs leurs usages, la finesse et la beauté de leur pâte, leur couleur, et la nature des vernis ou couvertes q«' les enduisent.

On sent que nous réunissons sous ce titre des arts bien différens, mais qui sont presque tous fondés sur les mêmes principes : ce sont ces principes de fabrication, communs à toutes les poteries, que nous devons exposer avant de parler de chaque espèce de poterie en particulier.

Les poteries sont toutes essentiellement composées de terre argileuse et de silice; il entre quelquefois de la chaux et du fer dans leur composition. Les proportions trés-variées de ces quatre substances sont cependant renfermées dans de certaines limites, au-delà desquelles il ne seroit plus possible de faire de poterie : on peut facilement juger de l'influence qu’exerce chacune de ces substances dans Ia composition des poteries, d’après ce que nous avons dit plus haut de jeurs propriétés et de leur action les unes sur les autres.

La premiere préparation que l’on fait subir à presque toutes les terres à poterie, est de les laver pour en séparer les parties grossières, et surtout l'excès de silice ; la seconde est de former la pâte par le mélange convenable des diverses espèces de terres ou de cimens ; la troisième est de laisser macérer la pâte, de la broyer, de la corroyer *, pour lui donner du liantet de l'homogénéité ; la quatrième, de former les piéces; la cinquième, de les cuire.

La cuisson, en faisant prendre de la retraite aux pièces » les rend aussi plus compactes et plus denses. Cette densité

1. Corroyer la pâte, c’est l’étendre en la comprimant, et la replier sur elle-même plusieurs fois.

ABC. Si

est d'autant plus grande que la pâte est plus fine et la cuisson plus forte. Les piéces deviennent alors plus dures, plus solides; on peut leur donner plus de légéreté et d’élégance; les contours en sont plus purs et les arêtes plus vives : mais elles sont aussi plus susceptibles de se casser -par l’action alternative du froid et du chaud.

Quelles que soient d’ailleurs la finesse de la pâte et sa dureté, si les poteries que l’on en fait sont destinées aux usages domestiques , elles se salissent promptement ; s’emprégnent de graisse et deviennent d’un usage désagréable, quand on ne les recouvre ie d’un vernis Daticrhier que l’on nomme couverte. |

On appelle ordinairement terre cuite, grés ou biscuit, les poteries d'ornement ou même d’usage, qui n’ont point reçu ce vernis; elles sont les moins nombreuses. Comme toutes les poteries sont susceptibles de rester dans cet état, nous n’en ferons point un ordre à part dans la division que nous allons établir. HE

Les vernis ou couvertes que l’on met sur les poteries pour les rendre imperméables, sont des verres métalliques où terreux; leur composition, très-variable, est appropriée aux poteries sur lesquelles on doit les placer. Ils doivent être trés-fusibles, pour s'étendre également, et sans se fendiller, sur les poteries, dont la pâte ne peut éprouver un haut degré de chaleur : le plomb oxidé (la litharge ou le minium) est le corps qui leur donne généralement cette faculté ; mais il les rend en même temps susceptibles d’une altération désagréable et souvent dangereuse.

Tantôt ces vernis sont transparens, tantôt ils sont colorés en brun, en vert, en blanc opaque, etc.

La difficulté de la fabrication des couvertes consiste à y réunir des qualités qui sont rarement compatibles : telles sont l'économie, la beauté, la dureté, la salubrité, et une fusibilité propre à l’espèce de poterie qui doit les recevoir; il faut surtout qu’elles soient en rapport de dilatation et de contraction avec ces poteries, afin de ne pointse fendiller,

Presque tous les vernis ou couvertes se mettent par immersion : les pièces, rendues plus solides et plus absorbantes par une demi-cuisson préliminaire, sont plongées dans une

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eau qui tient la couverteen suspension; l’eau, en les péné-

trant, les couvre d’une couche égale de couverte. Quelques-uns se mettent aussi par l’aspersion du vernis

‘réduit en poudre. Enfin il en est d’autres ,en petit nombre, qui se mettent au pinceau : toutes les retouches de vernis, avant ou aprés la cuisson, se donnent par ce dernier moyen.

Il y a encore une espèce de couverte commune à beau- -coup de poteries, dont l’application est entièrement diffé- -rente de celle des précédentes : c’est le sel marin. On veranisse avec ce sel plusieurs espèces de faïences peu fusibles, et notamment les grès. Nous décrirons, à la fin de l’article de la FAience FINE, le procédé que l’on emploie pour ap-

pliquer ce vernis.

La connoissance des propriétés des terres argileuses et

de leur mélange-avec les autres terres; celle des opérations communes à la fabrication de toutes les espèces de poteries -et de-couvertes, forment, comme nous l’avons vu, la base de l’art du potier. Nous devons maintenant faire l’appli- “cation des principes que nous venons d'établir à la fabrication des diverses espèces de poteries : mais ces espèces étant trés-nombreuses, il faut chercher à les classer, afin -de généraliser autant. qu il est possible les régles de Fart du -potier, et de parvenir à en établir la théorie.

Toutes les poteries peuvent être placées dans deux classes ‘qui nous semblent tres-distinctes, 1 faïences et les porcelaines.

Les faïences, qui comprennent les poteries proprement dites, les terres cuites, les grès, etc., ont pour caractere distinctif d’avoir une pâte toujours opaque, et de se cuire convenablement sans:éprouver de ramollissement.

Les porcelaines ont des caractères presque opposés ; leur pâte se ramollit en cuisant et acquiert, une certaine demiransparence.

Chacun de .ces ee de poteries renferme des espèces différentes, dont nous traiterons successivement.

PREMIER GENRE. Des fuiences.

\ (l Nous venons de donner les caractères distinctifs de ce genre de poteries; ses espèces sont très-nombreuses.

AR G res

Les unes ont la pâte grossière, poreuse et colorée :

D'autres ont une pâte bianche et fine:

Une troisième espèce a la pâte compacte, trés-dure, assez fine ; ce sont les grès , trés-voisins des porcelaines.

Chacune a des qualités et des inconvéniens différens.

Les premières sont poreuses, fusibles, et ont besoin d’être recouvertes d’un vernis de plomb également très-fusible et souvent malsain , ou d’un émail blanc grossier, sujet à se fendiller dans tous les sens : mais aussi cette porosité leur. donne la faculté de résister assez bien au passage subit du. chaud au froid. Leur prix est d’ailleurs trés-modique.

Les secondes sont plus légères, plus agréables à l’œil par: leur blancheur; mais la conservation de cette couleur est souvent accompagnée de difficultés qui entraînent, comme nous le verrons, de grands inconvéniens.

La troisième espèce de faïence, d’une couleur sombre, peu agréable, est beaucoup plus compacte que les précédentes , et se brise dans les passages un peu brusques d'une température à une autre. L

Un grand nombre de procédés de fabrication sont. communs aux diverses espèces de faïence. Pour ne point tomber dans des répétitions trop fréquentes, nous prendrons une de ces espèces pour exemple; nous choisirons la faïence fine, parce que les procédés de sa fabrication, qui n’ont point encore été décrits complétement, sont intéressans à connoître :.nous les décrirons donc d’abord avec détail ; nous reprendrons ensuite la description des autres.espéèces, dans l’ordre que nous avons adopté, c’est-à-dire, en allant des plus grossières aux plus fines, et il nous suñira alors

d'indiquer pour ces espèces en quoi leur fabrication diffère de celle-ci.

Faience fine à couverte transparente.

Cette poterie est blanche, fine et légère; elle est également connue sous les noms de poterie fine, de terre angloise, terre blanche, terre de pipe. Lorsqu'elle est bien faite, elle remplit presque toutes les conditions exigées dans

une bonne poterie.

Elle est légère et assez solide ; elle va assez bien au feu; F.

elle est susceptible du fini le plus parfait et des formes les plus élégantes ; elle flatte l'œil par sa couleur et peut être décorée de quelques ornemens en peinture, Quoique sa couverte renferme beaucoup de plomb, elle n’a pas, quand elle est bien faite, les inconvéniens qu’on lui a attribués et qu’on a même exagérés. Enfin, elle peut être d’un prix à la portée de la plupart des consommateurs. Ces raisons nous ont engagés à choisir cette espèce pour exemple, quoique ses procédés de fabrication soient assez différens des autres.

Cette faïence est essentiellement composée d’une argile plastique blanche et de silex broyé.

Le choix de cette argile est d’une grande importance, puisque c’est d’elle que dépend presque entièrement le succés d’une fabrique.

Elle doit être liante, infusible, et ne point contenir une grande proportion de sable; mais il faut surtout qu’elle soit exempte de fer : il faut aussi qu’elle puisse éprouver une chaleur de prés de cent degrés du pyromètre de Wedgwood, sans se colorer sensiblement. Les argiles les plus blanches, en sortant de la carriére, ne sont pas toujours les meilleures : souvent elles rougissent au feu, tandis que des argiles très-grises y blanchissent ; telle est l'argile grise de Devonshire, employée dans les faïences angloises.

L’argile est exploitée en grosses briques. On les laisse sécher, ensuite on les concasse et on les épluche avec soin, pour en enlever les cailloux et les fragmens d’argile colorée qui pourroient y être mélangés.

On la porte alors dans une grande cuve ncmmée gâchoir. Un arbre tournant, placé perpendiculairement au milieu de la cuve et armé de bras de bois horizontaux, y gâche en effet la terre. On y mêle une quantité d’eau suffisante pour l’amener à l’état d’une bouillie cjaire.

Un réservoir est pratiqué au-dessous du gàchoir ; l’aroile, réduite en bouillie, y tombe, en passant au travers d'un tamis qui retient les parties grossiéres , et surtout le gros sable et les cailloux qui ont échappé a l’épluchement.

Le réservoir est percé, cinq centimètres (2 pouces) audessus de son fond, d’un trou par lequel l’eau qui tient l’ar-

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