‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 7 sur 160 · À ARG · texte numérisé non relu

À ARG

sile en suspension s'échappe doucement, tandis que le sable, plus lourd, reste äu fond du réservoir.

L'eau charg‘e d’argile tombe dans un secend réservoir placé au-dessous du premier, en träversant un second tamis plus fin que le premier. RL

Elle séjourne. assez dans le second réservoir pour y déposer encore une partie du sable qu’elle contient.

Enfin, l’eau, toujours chargée d’argile plus pure, passe dans un troisième et dernier réservoir, en traversant encore un tamis plus fin que les précédens.

L’argile est préparée par ces lavages ; il faut alors y ajouter le silex , qui doit la dégraisser.

Dans telques fabriques on mêle tout de suite le silex à l'argile gächée : on ne la lave pas ; on se contente de faire passer la masse au travers de tamis trés -fins.

Le silex employé est le silex noir des crayères, le silex pyromaque d'Haüy, silex igniarius, Wall. On le fait caleïner ;il devient beaucoup plus friable, d’un blanc opaque: alors on le pile sous le boccard ‘ , et on le réduit en une poudre très-fine, dans des moulins particuliers qui servent

dans la fabrication de presque toutes les espèces de poteries.

Ces moulins sont composés de deux meules horizontales de grés dur. L'inférieure est immobile et sert de fond à un baquét qui est percé , sur un de ses côtés, d’un trou que l’on ouvre à volonté. La meule supérieure est tantôt ronde et profondément échancrée, tantôt ovale ; elle est mue par différens moyens, selon les circonstances.

C’est dans ce moulin que se met le silex avec une quantité d’eau suffisante. On peut le broyer, aussi bien et plus économiquement, à sec dans un moulin à farine ordinaire.

On compose alors la masse ou pâte de la faïence , en ajoutant le silex broyé à l'argile lavée , à peu prés dans la proportion d’un cinquième de silex. On mélange exactement ces deux parties constituantes de la pâte; mais cette pâte, trop liquide, a besoin d’être affermie par l’évaporation de

1. Voyez au mot Mine, article Préparation du minerai » E descripion de cette machine.

sé. | ARC

l'eau. On ne peut s’en fier au temps pour cette évapora-

tion , elle seroit souvent trop longue; on l’accélère par

deux moyens.

On coule la masse ou pâte dans une Dune fosse chauffée par dessous, et on met le toüt en ébullition, ayant soin de remuer cette masse, afin que le silex ne se sépare pas par sa pesanteur; ce premier moyen est assez dispendieux, a cause du combustible qu’il exige. Dans le second procédé on place la masse dans des espèces de moules ou caisses de plâtre bien sec, d'environ vingt centimètres (7 pouces } de diamètre ; le plâtre absorbe l'humidité excédante de la pâte, et elle prend promptement la consistance nécessaire : on la retire des moules, qu’il faut faire sécher au grard air ou au soleil, sous des hangars. Ce procédé n’a d’autre inconvénient que d’exiger une grande quantité de moules ) et de vastes hangars.

La pâte, amenée au degré de consistance nécessaire, doit être fortement pétrie avant d’être façonnée. On la bat avec des masses; on l’étend sur un parquet et on la marche, c’est-à-dire qu’un ouvrier marche dessus les pieds nus à plusieurs reprises, en décrivant une spirale du centre-à la circonférence et de la circonférence au centre. En Suede on la fait marcher par des bœufs ; il paroît qu'on suit la même méthode en Chine, à en juger d’après les dessins chinois qui représentent la manière de faire la porcelaine dans ce pays. On la pétrit ensuite à la maniere de la pâte de farine.,

Enfin, pour lui donner plus de liant, on la réunit en masse et on l’abandonne pendant plüsieurs mois dans des caves humides : elle y éprouve une espèce de fermentation; elle noircit et répand une odeur fétide. On a remarqué que les pièces faites avéc de la pâte ainsi fermentée se fendoient et se déformoient moins fréquemment que celles faites avec de la pâte neuve.

Aprés toutes ces PÉPArA TER la pâte est bonne a être employée.

Les procédés pour faire les pièces de faïence différent en raison de la forme de ces piéces, et peuvent être divisées en quatre classes:

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1. Les pièces rondes ou ovales, plates, telles qu’assiettes, plats, etc. "4

2.° Les piéces rondes, creuses , telles que tasses, sucriers, théières, saladiers, jattes, etc.

3.° Les pièces creuses de diverses formes, hors la ronde, telles que saladiers soupiéres à pans, etc. <

4.° Les pièces de garnissage, telles que becs, anses, ornemens , eic.

Le procédé de fabrication Mae à chacune de ces classes est absolument le même, quelque différentes que soient les pièces.

1.° Pour faire les pièces trés-plates, telles que les assiettes, tous les plats ronds ou ovales, les plateaux, etc., l’ouvrier prend une masse de pâte à pew près de la grosseur nécessaire pour former, par exemple, une assiette ; il la bat sur une table de pierre ou de plâtre avec une masse de même substance, plate en dessous; il en forme une plaque de pâte mince et ronde, qu’il nomme croûte : la pâte très-moelleuse s'étend facilement.

I1 a un moule en plâtre qui doit former le dedans de l'assiette; il le place sur la tête de son tour.

Ce tour est ce qu’il y a de plus simple; c’est une masse de plâtre, ronde et horizontale, portée sur un axe de fer vertical : l’ouvrier lui imprime avec la main un mouvement de rotation, qu’il conserve assez long-temps en raison de sa masse.

Il place sur le moule de plâtre la croûte de pâte; il lap- - plique exactement sur toutes les parties du moule, en pres- * sant d’abord le cul de l'assiette avec une plaque de fer très-unie , et ensuite les bords avec un instrument de faïence qui présente exactement le profil des berds de l'assiette: il coupe les bavures du bord avec un fil de fer tendu.

Toutes ces opérations se font avec une grande rapidité. L’ouvrier laisse prendre aux assiettes moulées une certaine consistance, sans les ôter de dessus le moule ; il les replace sur le tour, les unit complétement en dessous, les ôte de dessus le moule et les polit en dedans avec un morceau de corne. JL’assiette est finie.

Les plats ronds, et même les plats ovales, se font de cette

‘ maniere : on sent que le moule ovale du plat ne pere pas à cette pièce de se déformer par la Reese qu’exerce sur LE la main de l’ouvrier.

° Les pièces creuses et rondes se font par un procédé trés-différent. Lis

Le tour de l’ouvrier consiste en une tête ou girelle en plâtre, portée, comme dans le précédent, sur l’extrémité d’un axe; mais vers le bas de cet axe il y à une roue en bois, pleine et assez épaisse. L'ouvrier , assis en face de son tour, pousse fortement cette roue avec le pied droit, etim= prime au tour un mouvement de rotation tres-fort. L

Il place alors sur la girelle une masse de pâte d’une grosseur proportionnée à la grandeur de la pièce qu'il veut. faire ; nous supposerons une tasse. Il ébauche cette tasse, c’est-à-dire qu’il lui donne avec ses mains à peu près la forme qu’elle doit avoir; il la finit même en dedans avec un instrument de bois que l’on nomme estèque : mais en. dehors elle est informe, et son épaisseur est considérable. 11 lui laisse prendre une certaine solidité avant de la finir, et pendant ce temps il en ébauche d’autres.

Lorsqu'elle a pris assez de consistance, il la replace sur le tour pour la finir en dehors; maïs auparavant il a donné à peu près la forme de la tasse à une masse de pâte solide qu’il a fixée sur la girelle : c’est une sorte de moule ou de support, nommé mandrin; il est employé dans l’art du tourneur , quelle que soit la substance 4 laquelle ils’applique. 11 place la tasse renversée sur le mandrin qui en remplit la cavité, et avec un outil tranchant nommé tournassin, il la tournasse, c’est-a-dire la réduit a l’épaisseur convenable, et la finit en dehors en y faisant les moulures qui doivent l'orner.

Quelquefois l’axe du tour sur lequel on place la tasse ébauchée, est horizontal au lieu d’être vertical, et la gi-

relle est verticale : un enfant fait mouvoir ce tour au moyen d’une roue ou d'une pédale. Cet instrument porte le nom de tour anglois. On prétend qu'il est plus expéditif que le tour horizontal.

Les soucoupes , les pots de toutes espèces, les es: les saladiers, les bols, les soupiéres rondes , etc., se font par

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le second procédé, c’est - à - dire que toutes ces pièces sont, en termes d'art, d’abord ébauchées, ensuite tournassées. :

s°wÉEeS pièces creuses qui ne sont pas rondes, telles que cuvettes, saucières, sucriers de table, etc., se font comme les assiettes. On applique la croûte sur le moule de plâtre, et on Îles finit avec soin extérieurement.

Les pièces à jour, telles que les corbeilles, se moulent de même, mais elles sortent pleines du moule : les baguettes et osiers y sont seulement indiqués en saillies ; il faut en évider tous les jours en coupant’ à la main la pâte qui les remplit. F

4° Les pièces de garnissage, telles que les anses, les becs, les divers ornemens qui sont en saillie sur les pièces tournées , et même la plupart de celles qui sont sur les pièces moulées, se moulent elles-mêmes dans un moule de plâtre creux, à deux ou à plusieurs parties ; elles sont réparées avec soin en sortant du moule, et collées sur la piéce principale, encore fraîche, avec de pâte délayée dans de l’eau.

Les anses simples ou simplement Dee de beaucoup de poteries ordinaires se font par un procédé plus expéditif et plus économique. On fait passer la pâte, au moyen d’une presse , au travers d’une espèce de filiére profilée de diverses maniéres; elle sort sous forme de lanière cannelée selon le profil de la filière : cette lanière est coupée par morceaux de grandeur convenable; chaque morceau est courbé en forme d’anse sur un profil de plâtre, qui assure Ja main de l’ouvrier et donne à l’anse toujours la même courbure.

Les cannelures ou guillochages de la plupart des pièces tournées ne se font point au moule, mais avec le tour à guillocher.

Les petits ornemens qui ressemblent per leur finesse à des gravures , se gravent en effet, avec une grande promptitude, au moyen de roulettes ou molettes de cuivre qui portent un dessin-sur leur circonférence.

Nous venons de décrire, avec tous les développemens que cet ouvrage peut admettre, les méthodes de fabrication ap-

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