‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 28 sur 55 · AcuicreA. = Millefolium et Pfarmica. Tourn.— Achillea · texte numérisé non relu

AcuicreA. = Millefolium et Pfarmica. Tourn.— Achillea

-Vaill. (1720. benè.) — Lin. — Müillefolium. Adans.— Achillea et Ptarmica. Neck. \

32. * Osmrrorsis. —= Osmitis sp. Lin. — Osmitis posterior sp. Gærtn. (1991)— Osmitopsis. H. Cass. Bull. oct. 1817. p. 154.

$$$. Aigrette composée de squamellules.

33. + Osmires. — Osmitis et Anthemidis sp. Lin. — Osmitis prior sp. Gærtn. (1791) —Osmites. H. Cass. Bull. oct. 1817. p. 154.

34. +2? Lerinopaorum. = Chrysanthemi sp. Tourn.— Anthemis repanda. Lin. Sp. pl. edit. 3. p. 1262 — Lepidophorum. Neck. (1791).

35. * Srxenocyns. — Chamæmeli Asteris et Chrysanthemi sp. J. Burm.— Arctotidis sp. Lin.— Wiild.— Pers. — Ursiniæ ? sp. Gærtn. (1791)— Sphenogyne. R. Brown (1813) — Aiton — Oligærion. H. Cass. Dict. v. 2. suppl. p. 75.

36. + Unrsinra. = Arclotidis sp. Lin. — Pers. — Ursinia. Gærtn. (1791). |

L'histoire assez compliquée de la tribu des ambrosiées se trouve indiquée, sous la forme d’une synonymie, au commencement du tableau de cette tribu; et elle a été développée, sous une autre forme, dans notre article Lampourpe (t. XXV, pag. 200). Bornons-nous donc ici à rappeler qu'Adanson est le véritable fondateur de ce petit groupe naturel si controversé, mais que nos propres observations ont considérable. ment changé ses caractères, sa composition, et sa situation dans la série générale des synanthérées.

Notre première section, celle des ivées, a la plus grande affinité avec les hélianthées-millériées, qui la précédent immédiatement. Il est même assez vraisemblable que le clibadium, lorsqu'il sera mieux connu , pourra être attribué préférablement aux millériées.

La section des ambrosiées-prototypes, qui rl exactement aux ambrosies d'Adanson, s'allie fort bien, surtout par l'intermédiaire du genre Ambrosia, avec les anthémidées qui la suivent.

M. de Jussieu n'ayant jamais indiqué les caractères ni la composition du groupe proposé par lui sous le titre de matricaires ou d’achillées, il est impossible de savoirsi ce groupe, entrevu seulement avec doute par l’illustre botaniste, correspond plus ou moinsexactement à notre tribu desanthémidées. Cependant, puisque M. Kunth n’a pas voulu convenir que nous étions l’auteur de la tribu des eupatoriées, on pourroit s'étonner qu'il ait semblé reconnoître nos droits sur celle des anthémidées; mais cette différence s'explique parce que ce botaniste croit la tribu des eupatoriées beaucoup meilleure que celle des anthémidées, qui, selon lui, est fort douteuse et à peine distincte des hélianthées. Cette opinion de M. Kunth sur les anthémidées doit être attribuée, comme plusieurs autres idées de ce botaniste, à ce qu’il n’a soigneusement étudié que les synanthérées de l'Amérique équinoxiale : s’il avoit examiné avec le même soin celles d'Europe, d'Asie et d'Afrique, il auroit reconnu que la tribu en question étoit fort solidement établie, et peutêtre qu’alorsil se seroit dispensé de nous citer comme auteur de ce groupe naturel. (Voyez Nova Genera et Species plantarum, tom. IV, pag. 299, edit. in-4° ; et Journal de Physique de juillet 1819, pag. 22.)

Notre tribu des anthémidées nous a paru pouvoir se diviser assez naturellement en deux sections, distinguées par l'absence ou la présence des squamelles sur le clinanthe. Quoique ce caractère étranger à la fleur proprement dite, ait par conséquent peu d'importance dans la classification naturelle, il peut néanmoins être employé quelquefois pour des divisions secondaires, surtout dans un groupe tel que celui des anthémidées, où tous les genres sont liés entre eux par une affinité si étroite, qu'il faudroit, s'il étoit possible, les agglomérer

tous autour d’un seul point, que leur disposition en série : pourroit, sans beaucoup d’inconvéniens, être faite presque au hasard, et que toutes les coupes qu’on peut y établir sont plus ou moins arbitraires. Nous avouons franchement que la commodité de la distinction dont il s’agit est le principal motif qui nous l’a fait préférer. Remarquons cependant que ie caractère surlequel elle est fondée n’est point aussi infaillible que le croient les botanistes systématiques. L’anthemis grandiflora de Ramatuelle n’est peut-être qu’une variété du chrysanthemum indicum de Linnæus, et les squamelles qui existent sur son clinanthe sont une monstruosité produite par la culture. M. Persoon avoit énoncé cette opinion , dans son Synopsis plantarum (pars 2, pag. 461); et nous l’avons professé d’après lui, dans ce Dictionnaire (tom. IX, pag. 152), en nous fondant sur ce que nous avions observé cette sorte de monstruosité chez un grand nombre de synanthérées de tout genre. Le pyrethrum grandiflorum de Willdenow, par exemple, cultivé au Jardin du Roi, nous avoit offert son clinanthe quelquefois irrégulièrement squamellé en certaines parties. Nous avions souvent trouvé quelques squamelles éparses entre le péricline et les fleurs extérieures du disque, chez les chrysanthemum myconis et matricaria parthenium. Nous avons remarqué que, d'ans l’artemisia violacea, Desf., quelques fleurs femelles sont interposées entre les deux rangs de squames formant le péricline, en sorte que les squames intérieures pourroient être considérées comme des squamelles. L’hymenolepis a le clinanthe tantôt nu, tantôt squamellifère. Le clinanthe du maruta est nu sur une partie et squamellé sur l’autre. L’eriocephalus africanus , que nous avons observé, a, sans aucun doute, le clinanthe garni de squamelles ; et pourtant, si l'observation de Gærtner est exacte, l'eriocephalus racemosus ne porteroit que des fimbrilles. Il est vrai que cette seconde espèce doit probabiement former un genre distinct; mais, dans la classitication naturelle, il faudroit nécessairement laïsser ce nouveau genre immédiatement auprès de l’eriocephalus, malgré la différence des appendices du clinanthe. Gardez-vous de croire qu’il seroit plus commode et plus naturel de séparer les clinanthes fimbrillés des clinanthes nus, et de les réunir aux clinanthes squamellés. Pour repousser cette idée, il nous

sufhit de dire que l’on trouve des fimbrilles sur les clinanthes de lPabsinthium, du solivæa, du pentzia , du lidbeckia, et que ces genres ont évidemment trop d’aflinité avec des genres à clinanthe nu , pour qu'il soit possible de les en éloigner sans violer Les rapports naturels les mieux établis. Les botanistes devroient bien enfin renoncer à la prétention chimérique de trouver des caracteres infaillibles ou exempts d’exceptions. Nous osons affirmer qu’il n’en existe point , et que ceux qu’on croit posséder perdront, comme les autres, leur infaillibilité, lorsqu’au lieu de jeter sur eux un coup d’œil général et superficiel, on les observera scrupuleusement, minutieusement, dans tous les cas particuliers. Ne cessons pas de répéter jusqu'a satiété que tous les groupes naturels, de quelque degré qu’ils soient, ne peuvent être réellement fondés que sur l’ensemble des affinités, et qu’il est impossible d’exprimer exactement cet ensemble par ce qu’on appelle des caractères. IL est pourtant indispensable d’attribuer des caractères à chaque groupe : mais, dans l’énonciation de ces caracteres, le mot ordinairement doit toujours être exprimé ou sous-entendu. Les caractères d’un groupe naturel ne sont donc que des caractères ordinaires, des caractères centraux, des caractéres Lypiques , c'est-a-dire, des caractères qui existent dans le plus grand nombre des plantes composant ce groupe, et surtout dans celles qui occupent le centre du groupe ou qui en offrent le véritable type. ù

Les subdivisions que nous avons admises dans les deux sections de la tribu des anthémidées, sont caractérisées 1.° par la calathide non radiée ou radiée, 2.° par l'absence ou la présence de lPaigrette, 3.° par la forme du fruit. Ces trois sortes de caractères sont encore moins exacts, moins infaillibles, plus sujets a exceptions que l'absence ou la présence des squamelles, qui caractérise nos deux sections : mais on vient de voir que nous attachons peu d'importance à ces exceptions, et qu'elles ne nous font jamais rejeter le caractère qui les subit, lorsque ce caractère nous paroïit exprimer un trait de la constitution propre au type du groupe que nous voulons caractériser.

Les artémisiées sont placées au commencement de la série, a cause de leur grande affinité avec les ambrosiées; et notre

genre Oligosporus est en première ligne, parce qu'il n’a, comme les ambrosiées, que des fleurs unisexuelles. Il est suivi de l’artemisia, qui n’en diffère que par le disque androgyniflore, et de l’absinthium qui diffère de l’artemisia par le clinanthe fimbrillé. L’humea, distinct des trois précédens par sa calathide incouronnée, termine ce petit groupe de quatre genres.

Les cotulées ont de l’affinité avec les ambrosiées, et elles suivent les artémisiées, dontelles différent principalement par la forme du fruit. Les genres Solivæa (1), Hippia, Leptinella ont le disque masculiflore , comme l’oligosporus. Le solivæa a ses fleurs femelles privées de corolle, comme les ambrosiéesprototypes, et le clinanthe fimbrillé, comme l’absinthium. L’hippia, dontlesfleurs femelles ont une corolle tubuleuse confondue par sa base avec le sommet de l’ovaire, tient ainsi le milieu entre le solivæa et le leptinella. Celui-ci a la corolle des fleurs femelles articulée sur l'ovaire et ligulée; il paroït qu’une espèce de ce genre a les calathides unisexelles, commeles ambrosiéesprototypes, et qu’une autre a les corolles femelles biligulées, comme le cenia. Le cenia et le cotula ont le disque androgyniflore : le premier de ces deux genres confine au leptinella par sa couronne biliguliflore courtement radiante ; le second, qui ressemble au solivæa par ses fleurs femelles à corolle nulle ou

presque nulle, se rapproche des tanacétées par la forme des

fruits du disque. M. Kunth a écrit que les genres Hippia et Soliyæa seroient peut-être mieux placés dans la tribu des hélianthées que dans celie des anthémidées (Nov. Gen. et Spee. pl., t. IV, pag. 301, edit. in-4.°). Nous croyons inutile de réfuter cette opinion, qui trouvera sans doute peu de partisans.

Les tanacétées se composent seulement de trois genres, à calathide incouronnée dans les deux premiers, discoïde dans le troisième. Le balsamita, dont l’aigrette est courte ou dimidiée,

rarement nulle, a les calathides tantôt solitaires comme le co- .

tula, tantôt corymbées comme les penézia et fanacelum. Le pentzia ne se distingue du balsamita que par son aigrette fort

(1) Soziva étant un nom d'homme, nepeut régulièrement devenir un nom de plante, sans que sa terminaison soit modifiée : c’est pourquoi nous nonymons Soxivæa le genre nommé Soziva par les autres botanistes.

‘haute et en forme d’étui. Le fanacetum diffère de l’un et de l’autre par la présence d’une couronne féminiflore.

Les chrysanthémées vraies, caractérisées par la calathide radiée, comprennent d’abord le gymnoline et le pyrethrum qui ont une aigrette comme les tanacétées, et qui se distinguent l’un de l’autre par a radiation, courte dans le premier, longue dans le second. Les trois autres genres, qui n’ont point d’aigrétte, sont le chrysanthemum à clinanthe nu, convexe, Île matricaria à clinanthe nu, cylindracé-conique, et le lidbeckia à clinanthe fimbrillifére, |

Notre seconde section, intitulée Anthémidées-Prototypes et caractérisée par le clinanthe garni de squamelles, se divise en deux groupes, selon que la calathide n’est point radiée ou qu’elle est radiée.

Le groupe des santolinées offre d’abord l’hymenolepis, qui a de l’affinité avec la première section, puisque son clinanthe est quelquefois nu ; sa calathide est incouronnée, comme dans les quatre genres suivans, dontil se distingue par son aigrette composée de squamellules paléiformes. L’aigrette de l’athanasia est composée de squamellules ostéomorphes; celle du lonas est stéphanoïde. Le diotis et le santolina sont privés d’aigrette , et ne se distinguent l’un de l’autre que parce que la base de la corolle du diotis se prolonge inférieurement, en formant d’abord un anneau qui emboîte le sommet de l'ovaire, puis deux queues qui rampentsur ses deux côtés opposés jusqu’au milieu de sa hauteur, et qui contractent quelque adhérence avec lui. Le lasiospermum et l’anacyclus ont la calathide discoïde ; mais le premier se distingue par ses fruits hérissés de poils; le second, dont la calathide est quelquefois radiée, se trouve ainsi

convenablement placé tout auprès du groupe suivant.

Les anthémidées-prototypes vraies, c’est-a-dire a calathide radiée, présentent douze genres, distribués en trois subdivisions. La première, caractérisée par l’aigrette stéphanoïde, comprend le seul genre Anthemis, qui doit nécessairement suivre l’anacyclus. La seconde, caractérisée par l’aigrette nulle, est composée de sept genres. Le chamæmelum ne differe de l’anfhemis que par l’absence de l’aigrette. Le maruba diffère du chamæmelum par sacouronne quiestneutriflore,et parsonclinanthe dont la partie inférieure est privée de squamelles. L'ormentis

diffère des précédens par ses squamelles enveloppant complétement les ovaires, par la base des corolles du disque prolongée en un appendice sur ces mêmes ovaires, par les corolles de la couronne continues à l’ovaire qui les porte. Le cladanthus, ayant la base de sa corolle prolongée en un appendice sur l'ovaire, et le clinanthe garni de squamelles et de fimbrilles, semble assez bien rangé entre l’ormenis et l’eriocephalus, Ce dernier genre seroit peut-être mieux placé entre l’hippia et le cenia, parmi les cotulées, avec lesquelles il a des rapports incontestables; et nous n’hésiterions point à préférer cet arrangement, s’il nous étoit bien démontré que le clinanthe de leriocephalus racemosus ne porte point de squamelles, comme celui de l’eriocephalus africanus , maïs seulement des fimbrilles : quant à présent, nous croyons devoir placer avec doute le genre en question entre le cladanthus, dont le clinanthe porte tout à la fois des squamelles et des fimbrilles, et l’achillea, qui a de l’analogie avec l’eriocephalus par la forme de ses fruits, ainsi que par la forme et le petit nombre des corolles de sa couronne. L’osmitopsis termine cette seconde subdivision, afin de se trouver auprés de l’osmites qui commence la troisième. Celle-ci, caractérisée par l’aigrette composée de squamellules, offre en premier lieu l’osmites, dont l’aigrette est formée de plusieurs squamelluies paléiformes, trés-courtes. Vient ensuite le lepidophorum , à aigrette de quatre squameltules paléiformes, dont deux se terminent en soies; mais ce genre, que Necker, son auteur, n'a probablement jamais vu, et qu'il n’auroit fondé que sur une note de Linnæus, est problématique pour nous , qui ne le connoissons que par cette note, et il nappartient peut-être pas à la tribu des anthémidées, dans laquelle pourtant nous l’admettons provisoirement et avec doute. Le sphenogyne a l’aigrette composée de cinq squamellules paléiformes trés-grandes; et celle de l’ursinia présente en outre cinq squamellules filiformes , plus courtes, situées en dedans des squamellules paléiformes. Ce dernier genre termine trésconvenablement la série des anthémidées , parce qu'il a une affinité manifeste avec les leysera et relhania, placés au commencement de la série des inulées. Les ursinia et sphenogyne, attribués par la plupart des botanistes au genre Arctolis, qui n’est pas de la même tribu naturelle, offrent ainsi un exemple

notable des erreurs graves auxquelles on s'expose lorsque, négligeant l'étude des organes floraux des synanthérées, et surtout celle du style, on se borne à considérer les caractères techniques communément employés. Le genre Sphenogynese trouve inscrit, sousle nom d'oligærion , dans la liste qui termine notre article AntTrémipées (tom. II, Suppl., pag. 75), parce que, à l’époque où nous avons rédigé cet article , nous ignorions que M. Brown avoit fait et publié avant nous ce même genre, sous le nom de sphenogyne. Mais, presque aus$itôt aprés la publication de l’article dont il s’agit, nous avons appris que M. Brown nous avoit devancé; et c'est pourquoi nous n’avons point décrit, dans le Bulletin des Sciences, les caractères de ce genre Oligærion, dont nous avions soigneusement étudié plusieurs espèces. Nous le décrirons, dans ce Dictionnaire, sous le titre de sphenogyne.

Depuis l'oligosporus, qui commence la série des anthémidées, jusqu’à l’ursinia, qui la termine, on peut remarquer une progression croissante, presque continue et assez bien graduée, dans le nombre , la grandeur et la coloration des parties de la fleur et de la calathide. La sérié suivant laquelle nous avons disposé les genres de la tribu des lactucées, présente une progression à peu prés analogue à celle-ci. (Voyez tom. XXV; pag. 85.)

Le lecteur trouvera tousles éclaircissemens qu'il peut désirer sur nos tableaux méthodiques des genres. à la suite du tableau des inulées (tom. XXIII, pag. 560), de celui des lactucées (tom. XXV, pag. 59), et de ceux des adénostylées et des eupatoriées, insérés dans notre article Liarrinées. (H..Cass.)

MARQUETTE. (Malacoz.) M. Bose (Dict. de Déterv.) dit que l’on donne ce nom aux sèches HÉROS a faire des amorces. (DEB)

MARQUIAAS. (Bot.) A Surinam , au rapport de Sibylle Merian, on nomme ainsi une grenadille, passiflora laurifolia. (J.)

MARQUISE. (Bot.) Variété de poire pyramidale, assez grosse, d’un vert jaunâtre, tachetée de gris, à chair fondante et sucrée, mürissant en novembre et décembre. (L. D.)

MARRON (Ichthyol.), un des noms vulgaires du petit castagueau , poisson que nous avons décrit dans ce Dictionnaire " tom.IX , pag. 147. (H. C.)

MARRON. (Mamm.) Ce nom est donné dans les colonies aux animaux domestiques qui se sont échappés des habitations, et qui sont redevenus sauvages. (Desu.)

MARRON D'INDE (Conchyl.), nom marchand de la chame arcinelle, chama arcinella. Linn. et Gmel. (DeB.)

MARRON ÉPINEUX. (Conchyl.) Espèce de chame , chame arcinella, Linn. et Gmel. (DE B.)

MARRON NOIR (Bot), Paul., Trait., 2, pag. 202, pl. 92, üg. 5,6. Espèce d’agüric de la famille des calottins de terre ou des bois de Paulet, qui a le port du champignon de couche. Il est de couleur de marron foncé en dessus : ses feuillets, d’abord roux, deviennent ensuite noirs; ils sont entremélés de demi-feuillets; son chapeau se fend communément sur les bords. Sa chair est blanche et ferme.

Ce champignon peut être mangé sans risque, Il a l'odeur et la saveur d’un champignon ordinaire.

Le MARRON A TIGE TIGRÉE, A FEUILLETS BLANCS, de Paulet, est un grand agarie mentionné par Rai et par Dillenius, due le chapeau est de couleur de marron, muni en dessous de feuillets blancs, et porté sur un ee tacheté de ces deux couleurs. (LEm.)

MARRON POURPRE (Conch1.), nom sous lequel les marchands de coquilles désignent le murex ricinus de Linnæus, Gmel., type du genre Ricinule de M. de Lamarck.(De B.)

MARRON ROTI (Conchyl.), nom vulgaire d’une espèce de sabot. ( Drsm. )

MARRONIER. ( Bot.) Synonyme de chàtaignier. (LEm.)

MARRONIER (Bot.), Æseulus, Linn. Genre de plantes dicotylédones, de la famille des acéridées, Juss., et de l’heptandrie monogynie, Linn., qui présente les caractères suivans : Calice monophylle, à cinq dents; corolle de cinq pétales inégaux, ondulés et ciliés en leurs bords, rétrécis en onglet à leurs bases; sept étamines à filamens subulés, inégaux, attachés sous l’ovaire, terminés par des antheres ovales; un ovaire supère, arrondi, placé sur un disque, et surmonté d’un style subulé, terminé par un stigmate simple; une capsule coriace, 2lobuleuse, hérissée de pointes, s'ouvrant en trois valves, et divisée eu trois loges devant contenir chacune deux graines; mais une partie d’entre elles avortent le plus souvent, et, au

MAR 169 lieu de six par fruit, ilnes’en développe ordinairement qu'une à deux, où au plus trois: ces graines sont grosses, glabres, luisaates, arrondies ou diversement anguleuses selon l’espace qu’elles occupent dans la capsule

Les marroniers sont des arbres à feuilles opposées, digitées, et à fleurs disposées en grappes pyramidales et terminales, d'un bel aspect. On en connoïit trois espèces.

Marnonier D'INDE: Æseulus hippocastanum, Linn., Spec., 488; Hipposcatanum, Linn.Spec., 488; Hipposcatanum vulgare,Tourn., Inst. , 612 ;Duham.,nouv. éd., vol.2,p.54,t.13et14.C'estun très-grand arbre qui s'élève à soixante et quatre-vingts pieds de hauteur, sur un tronc de huit à douze pieds de circonférence, revêtu d’une écorce brunäâtre crevassée. Ses feuilles sont trésgrandes, longuement pétiolées, composées de cinq àsept folioles ovales, oblongues, inégales, dentées, disposées comme les rayons d’un parasol. Ses fleurs sont blanches, panachées de rouge, assez grandes, nombreuses, disposées sur des pédicules rameux, en une grappe pyramidale redressée et d’un superbe aspect. Le fruit est une grosse capsule globuleuse, hérissée de poinies, et ne contenant le plus souvent qu'une à deux grosses graines du volume et de la forme d’une belle chàfaigne, mais d'une saveur amère et désagréable. Cette espèce fleurit à la fin d'avril ou au commencement de mai,

Ce bel arbre, qui n'a pas été connu des anciens, est originaire des pays tempérés de l’Asie, d’où il a passé d’abord à Constantinople, on ne sait à quelle époque, ensuite en Allemagne vers 1576, en France au commencement du siécle suivant, en 1615, et seulement en 1635 en Angleterre. Peu difficie sur la nature du sol, susceptible de supporter des froids rigoureux sans en souffrir, le marronier fut bientôt acclimaté partout où l’on voulut le planter; aussi, dès qu’il fut connu de tous les amateurs, il se répandit promptement dans tous les jardins, dans tous les parcs; on lui donna la préférence pour en faire des avenues, pour en orner les places publiques. Effectivement aucun des arbres alors connusen Europe ne pouvoit être comparé au marronier pour la beauté de sesfleurs, et il le disputoit à plusieurs par l’élégance de son feuillage.

Non seulement le marronier a eu une grande vogue comme arbre d’ornement; mais encore on s’est efforcé de le faire

valoir davantage en cherchant en lui des propriétés utiles. Un apothicaire vénitien, nommé Zanichelli, crut avoir trouvé dans son écorce un puissant fébrifuge, égal au quinquina, et le premier ille préconisa sous ce rapport. Depuis Zanichelli, beaucoup de personnes ont aussi fait l’éloge de l'écorce du marronier pour la guérison des fièvres intermittentes, et ils ont publié les succès qu'ils disoient en avoir obtenus; mais les partisans de cette écorce indigène ont souvent été cite par d’autres praticiens qui ont prétendu que dans les essais qu’ils ävoient faits de ce nouveau médicament, ils étoient loin d’avoir constamment obtenu les résultats avantageux annoncés par les premiers. Enfin il ÿ a quelquesannées, lorsque. la guerre maritime avoit élevé si haut le prix des médicamens exotiques, les expériences sur l’écorce du marronier furent reprises dans plusieurs hôpitaux de Paris et de France, et même dans la pratique particulière de beaucoup de médecins ; il est résuité de ces expériences nombreuses faites avec soin que l'écorce de marronier ne possède pas comme fébrifuge des propriétés supérieures à celles de plusieurs autres amères indigènes, telles que la petite centaurée, la gentiane, la camomille.

Les succès que quelques auteurs ont prétendu avoir obtenus de l’écorce de marronier dans plusieurs autres maladies, telles que la fièvre lente, la pleurésie, la péripneumonie, la. blénorrhée, l’épilepsie, sont encore bien moins constatés que son efficacité dansles fièvres intermittentes. Cette écorce peut d’ailleurs se donner en substance et en poudre, depuis un à deux gros jusqu’à une once; en décoction, on en fait entrer une à deux onces par pinte d’eau; on en a aussi préparé un extrait et un vin. C’est avec l’écorce des jeunes rameaux qu’on doit faire toutes ces préparations.

Les bêtes fauves, les vaches, les chèvres et les moutons mangent les marrons d’ Inde et paroissent les rechercher. Cependant on ne doit les donner aux animaux domestiques qu’en petite quantité, coupés par morceaux et mélangés aux fourrages ordinaires. On assure qu’ils empêchent de pondre les poules qu’on en nourrit.

Par le moyen de préparations convenables , on enlève à ces fruits la grande amertume qui leur est propre, et on en re-

MAR so

tire une fécule dont on peut faire du pain ; mais les procédés diMieiles et compliqués que cela exige ne sont pas de nature a être jamais adoptés dans l’économie domestique; les frais excédent le produit.

On a essayé de faire avec les marrons d'Inde une sorte de savon; mais sa mauvaise qualité y a fait renoncer. Une autre préparation qui fut très-vantée dans le temps où elle parut, fut celle des bougies de marrons d'Inde, mais Parmentier a prouvé qu’elles n’étoient autre chose que du suif de mouton bien épuré, et rendu solide par l’action de la substance amère et astrictive de ce fruit qui, loin d’en augmenter la masse, opéroit sur elle un déchet de plus de moitié, et le prix auquel ces prétendues bougies de marrons revenoient, les a bientôt fait abandonner.

On a ercore fait d’autres spéculationssur les marrons d'Inde; on a cru qu'en les faisant fermenter , et en les distillant ensuite, on pourroit en retirer de l’alcoo!; mais les essais faits pour retirer ce nouveau produit ont été encore plus infructueux que tous les autres.

Le bois du marronier est blanc, tendre, filandreux et de mauvaise qualité. Débité en planches, il se tourmente beaucoup et ne peut servir qu’à faire des tablettes et autres objets de peu de valeur; cependantiln’est pas susceptible d’être attaqué par les vers, ce qui mérite quelque considération, Il prend bien d’ailleurs la couleur noire, et peut recevoir en cet état un assez beau poli, ce qui le fait employer pour de petits objets qui paroiïssent imiter l’ébène et qui se vendent à bon marché au peuple. Comme bois de chauffage, il donne peu de flamme, peu de chaleur et peu de charbon. Sous tous les rapports où le marronier peut être envisagé, c’est done moins par son utilité que par sa beauté que cet arbre peut être recommandable.

On multiplie facilement le marronier par ses graines qu’on sème enpépiniére, à la distance de huit ou dix pouces, et qu’on transplante à la fin de la première ou de la deuxième année, en plaçant chaque pied à vingt-quatre ou trente pouces les uns des autres. Pendant que ces jeunes arbres sont en pépinière, ils n’ont besoin que de quelques binages,et d'être débarrasés des mauvaises herbes. Quand ils auront acquis six à

sept pieds de hauteur, ils n'exigeront plus aucun soin. C'est alors et jusqu'a ce qu’ils aient douze à quinze pieds de hauteur qu'ils sont bons à mettre en place. En les transplantant on peut raccourcir les branches de la tête si elles sont trop nombreuses; mais si on le destine à faire des avenues, ou qu'on désire le voir s'élever le plus haut possible, il ne faut jamais couper le bourgeon terminal, d’où dépendent la beauté et le prompt accroissement de cet arbre. On peut d’ailleurs en faire des palissades, dès rideaux de verdure, des berceaux, qu’on taille tous les hivers. Cet arbre réussit dans tous les terrains, et dans toutes les situations, pourvu qu’il y trouve une humidité suflisante.

MarRONIER BUBICON ; Æsculus rubicunda, Lois., Herb. Amat., n.ett. 357. Cette espèce différe de la précédente, parce que les folioles de ses feuilles sont nues à leur base et non chargées d’un duvet roussätre; parce que le calice est plus grand, à dents moins inégales; parce que les pétales sont d’un rouge clair; parce que les filamens des étamines sont rapprochées en faisceau contre le style ou très-peu divergens; enfin parce les fleurs ne sont portées que trois à quatre les unes prés des autres sur le même pédoncule, etnon pas six à neuf ensemble. Cette espèce ,ou au moins cette variété remarquable, fleurit quinze jours plus tard que le marronier ordinaire. Nous l’avons vue chez M. Cels et chez M. Noisette quila cultivent depuis six ans, et qui l'ont reçue d’Aliemagne. Elle forme un arbre qui pousse avec beaucoup de vigueur, et qui paroît devoir s'élever autant que l'espèce commune; jusqu'à présent on ne la multiplie qu’en la greffantsur cette dernière. Entremélée avec elle, dans les avenues, ses belles fleurs rouges trancheront agréablement avec la couleur blanche de celle-ci.

MarRoNIER DE L'Om0; Æseulus ohiensis, Mich., Arb. Amer., 3, p. 242. Cet arbre ne s’éléve ordinairement qu'à dix ou vingt pieds ; mais quelquefois il peut atteindre jusqu’à trente et irenté-cinq pieds. Ses feuilles sont digitées, composées de cinq folioles inégales, ovales, acuminées, et irréguliérement dentées en leurs bords; ses fleurs sont blanches, très-nombreuses et réunies en grappes ; ses fruits sont trois à quatre fois plus petits que ceux du marronier ordinaire; cette espèce croît natugellement dans les Etats-Unis d'Amérique, et parti-

MAR 195 culiérement sur les bords de l'Ohio. On la cultive en France depuis quelques années. Son bois est blanc, tendre, et n’offre aucun degré d'utilité. Ce n'est que par la beauté de ses fleurs que cet arbre peut nous offrir de l'intérêt, en contribuant à l’embellissement de nos jardins. Comme il est encore rare, on ne le multiplie jusqu’à présent qu’en le greffant sur le marronier ordinaire. (L. D.)

MARRONIERS A FLEURS ROUGES. ( Bot.) Voyez PaviA. {Lew.)

MARRONS. (Bot.) On donne communément ce nom aux fruits du châtaignier cultivé. (L. D.)

MARRUBE (Bot.),Marrubium. Linn. Genre de plantes dicotylédones, de la famille des labiées, Juss. et de la didynamie gymnospermie, Linn., dont les caractères essentiels sont d’avoir un calice monophylle, cylindrique, à dix stries et à cinq ou dix dents ; une corolle monopétale, à limbe partagé en deux lèvres, dont la supérieure étroite, bifide, et l’inférieure à trois lobes ; dont le moyen plus grand et échancré; quatre étamines didynames, plus courtes que la corolle et placées sous la lèvre supérieure: un ovaire supère, à quatre lobes, surmonté d’unstyle filiforme, de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate bifide; fruit composé de quatre graines nues, situées au fond du calice persistant, dont l’entrée est alors presque fermée par des poils.

Les marrubes sont des plantes herbacées , vivaces, à feuilles simples, opposées, et à fleurs disposées par verticilles axillaires, accompagnés de bractées. On en connoît aujourd’hui une trentaine d’espèces, dont le tiers se trouve en Europe. Leurs tiges et leurs feuilles répandent une odeur aromatique, quelquefois trés-forte et presque fétide.

* Calices à cinq dents.

MarrUSE ALYSsE : Marrubium alysson , Linn., Spec., 815; Marrubium album, foliis profundè incisis, flore cœruleo, Moris., Hist., 3, p. 397, s. 11,1. 10, f. 12. Ses tiges sont droites, quadrangulaires, rameuses inférieurement, hautes de huit pouces à un pied , revêtues, ainsi que les feuilles et les calices , d’un duvet blanchâtre. Ses feuilles sont cunéiformes ou arrondies, ridées, crénelées en leurs bords et rétrécies en pétiole

à leur base. Les fleurs sont petites, purpurines, sessiles, disposées par verticilles peu garnis et non accompagnés de bractées. Cette plante croît naturellement en Espagne.

Marauge DE CRÈTE; Marrubium creticum, Lamcek., Dict.Enc., 3, p- 716. Ses tiges sont droites, quadrangulaires, très-branchues dans leur partie supérieure, hautes de deux pieds à deux pieds et demi, couvertes, ainsi que toute la plante; d’un duvet court et blanchâtre. Ses feuilles inférieures sont ovales, assez grandes, pétiolées, dentées; les supérieures sont lancéolées et presque sessiles. Ses fleurs sont blanches, disposées par verticilles axillaires, peu garnis et munis de quelques bractées subulées, trés-courtes. Cette plante croît naturellement dans l’île de Candie et en Orient; on la cultive au Jardin du Roi.

Marauee coucaé: Marrubium supinum, Linn., Spec., 816; Marrubium album hispanicum majus, Barrel., Icon., 686, et Marrubium album sericeo parvo el rotundo f6lio, Barrel., L. e., 685. Ses tiges sont rameuses , couchées, cotonneuses, longues de douze à dix-huit pouces. Ses feuilles sont arrondies, presque en cœur à leur base, pétiolées, trés-ridées. Ses fleurs sont blanchâtres, sessiles, nombreuses à chaque verticille, accompagnées de bractées subulées, velues, de la longueur des calices. Cette plante croît naturellement en Espagne, en Italie et dans le midi de la France.

*#*+ Calices à dix dents.

MAñRUBE FAUX-DICTAMNE: Marrubium pseudo-dictamnus, Linn., Spec., 817; Pseudo-dictamnum, Dod., Pempt., 281.Sestiges sont à demi frutescentes, à peine quadrangulaires, hautes d’un pied et demi à deux pieds, branchues, toutes couvertes, ainsi que les feuilles et les calices, d’un duvet blanchâtre , trèés-abondant, et garnies de feuilles en cœur, presque arrondies, pétiolées, crénelées, très-ridées. Les fleurs sont d’un pourpre clair, disposées par verticilles rapprochés, accompagnés de bractées spatulées et velues, plus courtes que les calices qui s'évasent dans leur partie supérieure en un grand limbe ouvert. Cette plante est originaire de l'île de Candie; on la cultive dans les jardins de botanique.

Marruse D'Espaene: Marrubium hispanicum, Linn., Spec., 816;

Marrubium hispanicum rotundifolium, Barrel., Icon., 767. Ses tiges sont droites, rameuses, hautes de quinze à vingt pouces, très-velues ainsi que les feuilles et lesautres parties de la plante. Ses feuilles sont cordiformes, crénelées, pétiolées. Les fleurs sont blanches, tachées de pourpre, sessiles, nombreuses à chaque verticille, et accompagnées de bractées étroites lan- * céolées; les bords de leur calice sont terminés par dix dents ouvertes en étoile. Cette espèce croît naturellement en Espagne; elle a aussi été trouvée aux environs de Marseille par M. Poiret.

Marruge commun: vulgairement Marruss pLanc; Marrubium vulgare , Linn., Spec., 816 ; Bull., Herb., t. 165. Sa racine est presque ligneuse, un peu épaisse, divisée en fibres plus menues; elle produit une ou plusieurs tiges droites, cotonneuses, rameuses, hautes de douze à dix-huit pouces, et garnies de feuilles ovales arrondies, pétiolées, crénelées, molles au toucher, ridées en dessus, cotonneuses et blanchâtres en dessous. Ses fleurs sont blanches, petites, sessiles, ramassées en grand nombre par verticilles disposés dans les aïsselles des feuilles supérieures; leur calice est à dix dents subulées et crochues. Cette espèce est commune sur les bords des chemins, dans les lieux incultes et dans les décombres.

Le marrube blanc a une saveur amère, un peu âcre; son odeur est assez forte, comme légèrement musquée. Il est éminemment tonique et excitant. On l’emploie en médecine dans l’asthme humide, les catarrhes chroniques, la chlorose, la suppression des règles, les maladies hystériques, la jaunisse, les engorgemens du foie; on l’a aussi recommandé contre les vers, les scrophules et les fiévres intermittentes. Les parties de la plante dont on fait usage sont les sommités fleuries en infusion théiforme. La conserve, l'extrait et le sirop de marrube sont aujourd’hui des préparations tombées en désuétude. Dans l’ancien Codex, le marrube blanc est au nombre des substances qui doivent entrer dans la thériaque. (L. D.)

MARRUBE. ( Bot.) Ce nom appartenant au marrubium des botanistes, a été aussi donné à des plantes d’autres genres. Le lycopus europæus est nommé vulgairement marrube aquatique. Le ballota nigra est un marrube noir; un autre marrube noir est le stachys hirta; un troisième est [le phlomis herba venti ;

Led

lagripaume , leonurus , est le marrubium cardiaca de Théophraste, suivant C. Bauhin. Lee sideritis montana est nommé faux marrube. (J.)

MARRUBE AQUATIQUE (Boë.), nom vulgaire du lycope des marais. (L. D.)

MARRUBIASTRUM. (Bot.) Tournefort avoit fait, sous ce nom, un genre de plantes labiées que Linnæus a détruit, et dont il a reporté les espèces dans les genres Siderilis , Stachys et Leonurus. (J.)

MARRUBIUM. (Bot.) Voyez Marnuge. (LEm.)

MARS (Entom.), nom donné par Geoffroy à un papillon

de jour, qui fait partie maintenant du genre NymPHALE. (Dssm.)

MARS {Chim.), nom que les alchimistes ont donné au fer. (Cx)

MARSANA. (Bot.) Ce nom étoit donné par Sonnerat à l’arbrisseau, connu dans l’île de Traku sous celui de buis de Chine, etnommé maintenant murraya par Linnæus. C’est aussi le chalcas japonensis de Loureiro. (J.)

MARSDÈNE, Marsdenia. ( Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées, de la famille des apocynées, de la pentandrie DE po de Linnæus, offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions; une corolle urcéolée, à cinq découpures; cinq écailles simples, trés-entiéres; point de dent pendante à leur base; cinq étamines; les anthères surmontées d’une membrane; un ovaire supérieur, à deux lobes ; deux styles; deux follicules lisses ; les semences aigrettées.

Marspène OpORANTE : Marsdenia suaveolens , Rob. Brown, Nov. Holl., 1, pag. 460, etin Wern. Trans., 1, pag. 30; Transact. Linn., vol. 10, pag. 299, tab. 21, fig. 1 ; Poir., Ill. gen. Suppl., tab. 933. Arbrisseau de la Nouvelle-Hollande, dont les tiges sont redressées, ramifiées; les rameaux garnis de feuilles opposées, presque sessiles, glabres, ovales lancéolées, obtuses, entières, sans nervures apparentes ; les fleurs rassemblées, dans l’aisselle des feuilles, en petites cimes beaucoup plus courtes que les feuilles; le calice est fort petit; la corolle ventrue à sa base, barbue à son orifice , à divisions sinuées à leurs bords, lancéolées, un peu obtuses; Ves stigmates sont mutiques. Dans le marsdenia cinerascens, Brown, L. c., la tige

| MAR 197 est droite; les feuilles sont ovales, un peu obtuses, veinées, parsemées d’un duvet rare, soutenues par des pétioles longs d’un demi-pouce ; la corolle est presque en roue.

ManspÈNE VSLOUTÉS : Marsdenia velutina , Rob. Brown, L. e., etin Wern. Trans., 1, pag. 29. Cette espèce a des tigesgrimpantes, garnies de feuilles ovales, élargies, échancrées en cœur à leur base,acuminées à leur sommet, molles, tomenteuses; des fleurs disposées en cime, presque en ombelle ; l’orifice de la corolle nu. Dans le marsdenia wiridiflora, Brown, L. e., les tiges sont également grimpantes; les feuilles oblongues, lancéolées, presque glabres, obtuses à leur base; le tube de la corolle un peu velu en dedans. Ces plantes croissent à la Nouvelle-Hollande.

Mansoène EN Bec : Marsdenia rostrata, Rob. Brown, L. c.,etin WV'ern. Trans., 1, pag. 31. Cette espèce a des tiges grimpantes, garnies de feuilles glabres, opposées, ovales acuminées, légèrement échancrées en cœur à leur base. Les fleurs sont nombreuses, disposées en ombelles ; le limbe de la corolle est barbu. Cette plante croitsur les côtes de la Nouvelle-Hollande. {Porn.)

MARSEA. (Bot.) Adanson nomme ainsi le genre Baccharis, Linn. (Lem.)

MARSEAU ou MARSAULT. (Bot.) C’est le saule marceau. (L. D.)

MARSEICHE. ( Bot.) C’est l'orge à deux rangs. (I. D.)

MARSEILLOISE (Bot.), nom que l'on donne à une variété de figue. (L. D.)

MARSELLE. (Bot.) Dans quelques cantons, on donne ce nom à la viorne commune. (I. D.)

MARSETTE {Bot.), nom vulgaire de la fléole des prés. (L. D.)

MARSHALLIA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs composées, de la famille des corymbifères, de la syngénésie polygamie égale de Linnæus, offrant pour caractére essentiel : Des fleurons tous hermaphrodites et fertiles; un calice composé d’écailles lancéolées, disposées presque sur deux rangs; des fleurons plus longs que le calice, à cinq découpures linéaires; cinq étamines syngénèses ; les ovaires alongés ; un style ; deux stigmates réfléchis; les semences ovales, striées ,

surmontées de cinq paillettes membraneuses; le réceptacle garni de paillettes de la longueur du calice.

MARSHALLIA A FEUILLES LANCÉOLÉES : Marshallia lanceolata, Parsh, Amer., 2, pag. 519; Persoonia lanceolata, Mich., Amer., 2, pag. 105; Trafttenikia lanceolata, Pers., Synops., 2, pag. 403; Phyteumopsis lanceolata, Poir., Encycl. Suppl. Plante de la Caroline, dont la tige estsimple, droite, cylindrique, nue à sa partie supérieure , garnie inférieurement de feuilles alternes, glabres, oblongues lancéolées; elle porte une seule fleur droite, terminale : le calice est composé de folioles lancéolées, obtuses, presque égales, comme disposées sur deux rangs, couchées les unes sur les autres; la corolle formée de fleurons hermaphrodites; le réceptacle chargé de paillettes spatulées ; les semences sont surmontées d’une aigrette composée de cinq poils mermbraneux, acuminés. Cette plante croît sur lés montagnes.

MARSHALLIA A LARGES FEUILLES : Marshallia latifolia, Pursh, : Flor. Amer., 2, pag. 519; Persoonia latifolia, Mich., Amer., 3, pag. 505, tab. 43; Trattenikia latifolia, Pers., Synops., 2, pag. 403; Phyteumopsis latifolia, Poir., Encycl. Suppl. Cette plante a des tiges droites, glabres, simples, garnies, seulement à leur partie inférieure, de feuilles sessilés, alternes, ovales lancéolées, acuminées, trés-entières, marquées de trois nervures longitudinales; les feuilles inférieuressont presque en forme de gaîne;il y a une seule fleur assez grosse et terminale à folioles du calice étroites, inégales, lancéolées, aiguës; à fleurons presque une fois plus longs que le calice; à paillettes du réceptacle étroites, linéaires, celles quicouronnent les semences, fines, acuminées. Cette plante croît sur les montagnes, à la Caroline. |

MARSHALLIA A FBUILLES ÉTROITES : Marshallia angustifolia, Pursh, Amer., 2, pag. 520; Persoonia angustifolia, Mich., Amer.., 2, pag. 106 ; Phyteumopsis angustifolia, Poir., Encycl. Suppl. Cette plante a des tiges rameuses, uniflores à leur extrémité, ainsi qu'à celle des rameaux. Les feuilles inférieures sont étroites, lancéolées; les autres et celles des rameaux linéaires, très-étroites, les folioles du calice roides, très-aiguës, sont rétrécies à leur partie inférieure; les paillettes du réceptacle séta-

cées. Cette plante croît dans l'Amérique septentrionale. (Porn.) MARSHALLIA. ( Bot.) Gmelin, dans son édition du Sys-

tema de Linnæus, désigne sous ce nom le laguneziade Scopoli, qui est le même que le racoubea d'Aublet. Ce dernier genre, étant réuni à l’homalium de Jacquin, entraîne nécessairement la suppression des deux autres. Schreber s’est emparé du même nom marshallia pour le substituer au phyteumopsis de Michaux, genre de composées ou de synanthérées, voisin du bidens. Voyez plus haut. (J.)

MARSILEA. ( Bot.) Ce genre, consacré par Micheli à la mémoire du célèbre Marsigli, n’a pas été adopté par les naturalistes qui ont préféré donner, avec Linnæus, ce même nom

à un autre genre décrit ci-après.

Le marsilea de Micheli, reproduit par P. Beauvois sous le nom de rhizophyllum , comprend les Jungermannia à expansion, ou fronde foliacée, à capsules s’ouvrant par le bas en quatre divisions en étoile, et portée par un pédicelle qui s'inserre dans une petite gaine ou cornet marginal, épiphylle, ou hypophylle. Raddi a trouvé dans le marsilea , ainsi caractérisé, les élémens de ses trois genres, Melzegeria , Roemeria et Pellia.

Adanson a essayé, sans succés, de faire renaître le marsilea de Micheli. Selon lui, ce genre est pourvu , indépendamment des capsules dont nous avons parlé, et qui sont pour lui des anthères, des fleurs femelles situées à la surface de l’expansion sur les mêmes pieds, ou sur des pieds différens , produisant des capsules sphériques à une loge et à une graine sphérique. Ces capsules sont précisément ce que d’autres botanistes prennent pour des fleurs mâles. (Voyez HéPariQuE et Juncrr- MANNIA.

Micheli figure cinq espèces de marsilea, pl. 4 de son nouveau Genera; savoir : jungermannia epiphylla, fig. 1 ; Jungermannia pinguis, fig. 2 ; Jungermannmia mullifida , fig. 3; jungermannia furcata, fig. 4.

La figure 5 représente une plante inconnue à Micheli, indiquée aux environs de Florence, et qu’il n’introduit que sur l’autorité etsur un dessin de Petiver. C’est une petite plante terrestre à fronde étroite, noirâtre, dichotome, qui porte des pédicelles fins, terminés par une capsule bivalve. Cette plante rappelle par sa fronde le riccia fluitans , Linnæus, figuré également par Micheli sous le n.° 6, de la pl. 4 ; mais ces deux plantes habitent dans des circonstances trop différentes, pour

200 MAR qu’on puisse soupçonner que la première ne soit que la seconde en fructification: ce qui, pour le dire en passant, eût été aussi une nouveauté. On peut ajouter que, depuis Micheli, les botanistes n’ont pas été plus heureux que lui dans la recherche de cette plante demeurée toujours inconnue. Rai, dans son Synopsis, édit. 3, pag. 109 , n.° 1 , décrit un lichenas- {rum qui paroît être la plante de Petiver. Enfin , dans ces derniers temps, on a cru que ce marsilea de Micheli pourroit fort bien être une espèce du nouveau genre Blandowia de Willdenow, ce qui paroît assez fondé; mais ce rapprochement ve pourra être établi que lorsqu'on aura prouvé que cette plante existe, ce qui paroît très-douteux , d’après lesrecherches qu’on a faites. Il est peut-être possible aussi que Petiver ait figuré

une variété du jungermannia furcata, sur laquelle étoient en-

core fixés les œufs éclos et pédicellés de quelques insectes du genre Hémerobe, sorte d’erreur dont il y a plusieurs exemples, dont un est fourni par le genre Ascophora, et le second par le Subularia de Dillenius; le premier fondé sur des œufs mêmes d’hémerobe; et le second qui représente le littorella lacustris avec des vorticelles.

Le genre Blandowia n'ayant été qu’indiqué dans ce Dictionnaire, nous allons le faire connoître.

Le genre Blandowia de Willdenow ( Voyez Magaz. des Cur. de la Nat. de Berlin , vol. 2, 1809, p. 100), est caractérisé par ses capsules bivalves, biloculaires, à séminules attachées sur les bords d’une cloison ou réceptacle central, transversal, oblong. Il se rapproche ainsi du genre Anthoceros. La seule espèce qui le compose, le blandowia striata, Willd. (L.e., pl.4, fig.2), estune petite plane qui croît sur les arbres au Pérou et au Chili. Sa fronde très- petite ressemble en quelque sorte à l'expansion d’un collema, genre de la famille des lichens. Elle est plane,

‘ déprimée, lobée, lisse, à lobes ascendans et obtus. Chaque

capsule est portée par un pédicelle filiforme, trés-long, qui naît du fond d’une gaîne ou périchèzetubuleux, court et déchiqueté en son limbe; les pédicelles sont nombreux, et, d’après la figure qu’en donne Wilidenow, semblent partir du milieu de la rosette que forment les frondes. Les capsules sont elliptiques, striées longitudinalement, ets’ouvrent, de haut en bas, en deux valves qui mettent en évidenee un réceptacle ou

columelle en forme de cloison, placée en travers des valves qui le recouvroient , en se couchant sur ses arêtes. Ce réceptacle tombe après l’ouverture de la capsule. Les séminules sont oblongues, un peu pédicellées, et fixées sur les bords du réceptacle.

La figure de Micheli diffère par la forme dichotome de la fronde, l'insertion des pédicelles et l’absence de périchèze. (Le. )

MARSILEA. ( Bot.) Ce genre appartient à la famille des rhizospermes ou marsiléacées. Il a été créé par Linnæus qui y rapportoit le salvinia, Mich., et l’isoetes qu’il en retira bientôt. M. de Jussieu en sépara ensuite Le salvinia, en conservant le marsilea sous le nom de lemma que lui avoit donné Bernard de Jussieu; et , de toutes ces pl#ätes unies au pilularia et à l’equisetum , il composa les deux sections qui terminent sa famille des fougères, sections qui font actuellement deux ou trois familles, les pilulaires qu’on réunit ou qu’on sépare des rhizospermes, et les équisétacées. Necker, ayantreconnu aussi la nécessité de séparer le marsilea du salvinia, a nommé le premier zaluzianskia, et le second marsilea. Il ne sera question icique du lemma de Jussieu et d’Adanson , ou marsilea, Linn., modifié et adopté sous cette dernière dénomination par les botanistes,

Ce genre est caractérisé parses involucres ou globules, ou coques constituant des espèces de capsules ou de péricarpes, divisés intérieurement par une cloison membraneuse, longitu dinale, en deux loges , chacune divisée transversalement par sept ou-huit petites cloisons, en autant de petites loges qui renferment pêle-mêle deux organes différens : les premiers (anthères?) très-nombreux, très-petits, indéhiscens , à une loge remplie de grains (pollen?) globuleux, opaques; les seconds (pistils? }, au nombre de trois à huit, formés de deux . membranes, surmontés d’un filet (styler), et contenantune matière granuleuse transparente.

Rien ne prouve que ces organes, considérés comme des anthères et des pistils, en exercent les fonctions ; mais on ne peut douter, d'aprés les observations de M. Vaucher, sur le développement du salvinia natans, que les involucres ne renferment les graines ou les corps reproducteurs. (Voyez Ruatzo- SPERMES €t SALVINIA.)

Les marsilea sont des plantes dont la tige est filiforme, rampante ,rameuse, poussant de distance en distance des faisceaux de racines, et, dans les mêmes points, des faisceaux de feuilles longuement pétiolées, composées de quatre folioles terminales, s'étalant en croix, entières ou dentées, ou lobées, Les involucres, c’est-à-dire , les globules fructifères naissent à la base des pétioles, et aussi dessous; ils sont pédonculés, et les pédoncules ou pédicelles simples ou divisés en deux ou trois branches portent chacun un globule. Ces plantes croissent dans les lieux aquatiques , les lacs, les étangs, etc. Leurs feuilles viennent nager à la surface de l’eau, tandis que la tige rampe dans la vase. On ne connoît que six espèces de marsilea.

Le MarsILEA A QUATRE FEUILLES: Marsilea quadrifolia, Linn. ; - Lamck., Ill. gen. , tab. 863; Schkuhr, Crypt., tab. 173 ; Lemma, Juss., Act. Par., 1740, tab. 15; Filicula, Pluk., Amalt., tab. 4o1, fig. 5 ; Lenticula, Mappi, Als., pag. 166 , Icon. ; Lens palustris, C. B., Camer. Epit., 853; Moris., Hist., 3, pag. 619, sect. 15, tab. 14, fig. 5. Folioles quaternées, entières, arrondies ou en coin ; involucres obtus, velus, solitaires, ou communément deux ou trois ensemble sur le même pédoncule.

Cette espèce se rencontre dans les lacs, les marais, les eaux stagnantes , les fossés aquatiques : elle flotte à la surface de l’eau ; elle est trés-répandue par toute l’Europe. On l’a observée encore en Barbarie, en Egypte, aux îles de France et de Maurice jusqu’au Japon, et à la Nouvelle Hollande. Elle croît encore dans lJ’Amérique septentrionale. Il y en a deux variétés , une à larges feuilles, et une à petites feuilles; ses fruits involucrés sont durs et du volume d’un petit pois; les feuilles, d’un beau vert ,sont plissées et, ainsi que les pétioles, trés-velues dans leur jeunesse.

Cette plante, trés-anciennement connue, n'a été bien examinée pour la première fois que par Bernard de Jussieu.

Le Mansicea pu Coromanner: Marsilea coromandelina, Willd. ; Sp. pl., 5539; Burm., Ind., tab. 62, fig. 3. Folioles quaternées, obovales, presque entières, glabres ; involucres velus, pédonculés, solitaires, munis de deux dents à la base. Cette plante, confondue long-temps avec la précédente, croit au Coromandel: elle est rampante, et se fait remarquer par la pe titesse de ses involucres qui n’ont guère que la grosseur d’un

grain de moutarde. Les folioles sont aussi trés-petites , ayant environ une ligne de longueur.

Mansirea D'Ecyrre: Marsilea ægyptiaca, Willd., Sp. pl. ,5, pag. 540; Delile, Ægypt., tab. 5o, fig. 4. Folioles quaternées, rudes, poilues, divisées en deux, trois et quatre lobes obtus ou tronqués ; involucre velu. Cette plante croît en Egypte dans “les liéux aquatiques ; elle n’a été connue que dans ces derniers temps ; sa tige est filiforme , rampante, couverte de poils blanchâtres , un peu écaiïlleux. Ses feuilles, également poilues, ont un pétiole long d’un pouce et demi, et quatre folioles dont les découpures sont assez profondes. Les involucres, portés sur des pédoncules, sont trés-ve!us.

11 y a encore les marsilea sfrigosa, erosa et, biloba, Willd. Cette dernière a été trouvée à Musselbay au cap fe Bonne- Espérance ; la seconde à Tranquebar. ( Leu.)

MARSILÉACÉES. (Bot.) Voyez RuizosPerMes. (LEM.)

MARSIO (Ichthyol.), un des noms du gobie aphye. Voyez Gonté. (H. C.)

MARSIONE. (Ichfhyol.) Sur plusieurs des côtes de la mer Adriatique, on donne ce nom au gobie aphye. Voyez GoBie. (H:C.)

MARSIPPOSPERME, Marsippospermum. (Bot.) Genre établi par M. Desvaux pour le juncus grandiflorus , qui doit être séparé des jones principalement par le caractère de ses capsules à une seule loge, d’aprés l'observation de M. Desvaux; cependant M. de Hhtek, dans l'Encyclopédie, l'indique avec des capsules à trois loges; je crois, dans ce cas, que cette plante ne devroitpas être rétranchée desjoncs, quoi foule s’en écarte un peu par son port et par les trois folioles externes et trèslongues de son calice.

Voici d’ailleurs la description delaseule espèce qui compose ce genre.

MaARSIPPOSPERME CALICULÉ : Marsippospermum calyculatum , Desv., Journ. Bot., vol. 1, pag. 328; tab. 12, fig. 1: Juncus grandiflorus, Linn. fils, Suppl., pag. 209; Lamck., Il. gen., tab. 250, fig. 4. Cette plante a uue racine rampante, couverte d’écailles d’un brun roux : elle produit plusieurs tiges droites, nues, cylindriques , hautes d'environ un pied, garnies a leur base de quelques écailles vaginales, et souvent d’une feuille

cylindrique, aiguë, enveloppant le bas de la tige par sa gaine, la surpassant souvent par sa longueur ; quelquefois paroissent d’autres feuilles isolées, écailleuses à leur base, qui pourroient bien être des tiges stériles. La fleur est grande, solitaire, terminale. Son calice est composé de trois longues folioles, roides, aiguës, de moitié plus longues que la corolle; celle-ci est grande , à trois pélales aigus, scarieux , ondulés suz les bords; elle renferme six étamines persistantes, à filamens trèscouris, soutenant des anthéres droites, linéaires; un ovaire supérieur, oblong, aigu, surmonté d’un long style, et d'un stigmate à trois divisions aiguës.

D’après M. Desvaux, la capsule est ovoïde, acuminée, ne s’ouvrant qu’à son sommet, à une seule loge, renfermant des graines nombreuses, disposées sur trois placenta pariétaux : ces semences ressemblent à une navette de tisserand, à raison du développementtrès-remarquable de l’épiderme du périsperme ou le tégument propre de la graine, quise détache, reste transparent, et contient, malgré cela, la semence vers son milieu : la direction de ces semences est de bas en haut, le cordon ombilical est loug, placé à l’extrémité inférieure.

Cette plante a été découverte par Commerson au détroit de Magellan, dans les marais et sur la pente des montagnes. Les naturels du pays en font de petites cordes, des paniers, des corbeilles et autres ouvrages de vannerie. ( Porn.)

MARSOLEAUX. ( Ornith.) Salerne dit, pag. 280 de son Ornithologie, qu’en Aujou l’on nomme ainsi les linottes à gorge rouge, parce qu’elles naissent au mois de mars. (Cr. D.)

MARSOPA (Mamm.), l’un des noms espagnols du marsouin. (Desm.)

MARSOT. ( Bot.) Voyez Marceau. (L. D.)

MARSOUIN (Mamm.),nom propre d’une espèce du genre Dauphin. Voyez Céracés et Msenscawein. (F. C.)

MARSOUIN BLANC. ( Mamm.) Le péluga cétacé du Nord, dont M. de Lacépède a formé son genre DELPHINAPTÈRE, a reçu ce nom. (Desm.)

MARSOUIN JACOBITE. (Mamm.) Espèce de dauphin appelé aussi Daurnix DE Commerson. ( Desm. )

MARSPITT. ({ Ornith.) L'huîtrier, hæmalopus ostralegus , Linn, , se nomme ainsi en Gottland. (Cu. D.)

MAR. 205 MARSUPIAUX. (Mamm. jOn nomme animaur marsupiaux (1) un ordre entier de mammifères liés entre eux par des modifications analogues des lombes et du train de derrière, dont la principale différence, ou du moins la plus remarquée, est l’existence d’une bourse sous le ventre des femelles. Marsupium est le nom latin de cette bourse, d’où on a fait ens marsupialium, animalia marsupialia. Les François se servent aussi souvent , et dans le même sens, de la périphrase, animaux à bourse.

Art. I. Zoocoere. On ne connut d’abord d'animaux à bourse qu’en Amérique; et, comme toutes les espèces de cette contrée s'accordent merveilleusement entre elles par des modifications, se correspondant tout aussi bien dans les systèmes dentaire, digestif, locomoteur et sensitif, que par celles plus importantes de l’appareil génital, Linnæus trouva dans cette réunion de semblables rapports, les élémens d’un seul genre, qu’il nomma didelphis, êtres à deux matrices.

On vit dans la suite arriver des Indes orientales, et plus tard des régions australasiques, des animaux également caractérisés par l'existence d’une bourse abdominale. Ce renseignement , le seul qui fût connu d’abord, n’entraïnoit dans aucune hésitation, et l’on fut dés lors persuadé que l’ancien monde nourrissoit des animaux en tous points semblables à ceux du nouveau, de véritables didelphes. Gmelin donña ces nouvelles espèces sous lesnoms de didelphis orientalis, didelphis Brunii, didelphis gigantea ; et comme il étoit de plus embarrassé de l'animal aux longs tarses, du tarsier de Daubenton, lequel ne se rapportoit aux marsupiaux tout au plus que par un caractère commun d'étrangeté, il l’inscrivit de même parmi les didelphes sous le nom de didelphis macrotarsus.

Cependant aucun de ces animaux ne répondoiït à la défnition donnée par Linnæus : tous avoient moins de dix incisives en haut, et moins de huit en bas, etc.; mais comme, pour établir ce fait, des savans du premier ordre, Pallas, Camper, Zimmermann se servoient néanmoins des dénominations de Gmelin, ou de correspondantes , didelphis asiatica , didelphis molucca , en en consacrant, par leurs appellations

(1) Jai le premier, dans mes cours et dans mes écrits, employé cette expression que l’usage a consacrée.

et l'autorité de leur nom, les ciassifications fautives, ils er prolongèrent l’abus.

Sur ces entrefaites, des Anglois visitent la Nouvelle-Hollande, et en décrivent les animaux. Après les célebres naturalistes Banks et Solander, ce sont le capitaine Phillips et le chirurgien de la marine, John Withe. Les animaux qu'on découvre dans cette vaste et nouvelle partie du globe, présentent pour la plupart les formes des prétendus didelphes asiatiques. Le nom de didelphis est traduit chez les Anglois par le mot d’opossum. Ce sont donc de nouveaux opossums , ou d’autres didelphes que ces hardis navigateurs et les naturalistes qui les accompagnent nous font connoître.

Les voyageurs enrichissoient l'histoire naturelle par leurs travaux: mais plus lés êtresse multiplicient , plus grande aussi étoit la confusion résultante d’associations si incohérentes. On découvrit des carnassiérs, des rongeurs, des insectivores qui s’'appartenoient , il est vrai, par la considération de la bourse, mais qui différoient essentiellement à d’autres égards.

Une réforme étoit nécessaire, et j’osai l’entreprendre par une révision des travaux précédens : ce: fut l’objet de la dissertation sur les animaux à bourse, que je publiai en 1796; elle parut dans le Magasin Encyclopédique , tom. 3, pag. 446.

Mon premier soin fut de rendre le genre Didelphis de Linnæus à sa première essence, c’est-à-dire de le composer uniquement d'espèces caractérisées , ainsi qu'il suit : |

1. Divercrne. Dents incisives ; canines ?; molaires 7=;; queue nue ek prenante; doigts À; aux pieds de derrière, um Mippure sans ongle; les autres doigts libres.

Il ne restoit en espèces certaines que les didelphis marsupialis, didelphis opossum , didelphis murina, didelphis cayopollin et didelphis brachyura; car les didelphis philander, molucca, dorsigera, cancrivora, étoient des doubles emplois des précédentes,

Linnæus avoit tracé ce caractère d’après la considération d’un seul individu : il convenoit aux cinq espèces qu'il avoit bien pu connoître : et il vaut toujours, appliqué à tous les animaux à bourse d'Amérique, dont je compte aujourd’hui jusqu’à dix-neuf espèces.

Ce qui, après la séparation des vrais didelphis, restoit dis-

ponible, donnoit les matériaux de trois autres familles que, dans la dissertation déja <itée, j’établis et déterminai ainsi qu’il suit : i

2. Dasvure. Dents incisives ?; canines ?, molaires 32: ; la queue lâche et fournie de longs poils; doigts +; le pouce de derrière irès-court eb sans ongle; les autres doigts libres.

3.° Prnarancer. Dents incisives 35 canines o—%; molaires 8% ; la queue nue et prenante; doigts ?. Aur pieds de derrière, Le pouce renversé en arrière; les doigts medius et indicateur réunis.

4.” Kancuroo. Dents incisives $, canines ?; molaires È—ÿ; la queue forte, longue, velue et non prenante; doigts £. Aux . pieds de derrière, point de pouce; les doigts medius et indicateur grêéles et réunis.

L'espèce didelphis macrotarsus fut reportée parmi les quadrumanes, et devint le type du genre T'arsius.

Ce nouvel arrangement fit apercevoir la liaison des deux ordres, les carnassiers et les rongeurs : car le genre Dasyure tient à celui des civettes; et, comme, par les didelphes, les phalangers et les kanguroos, ces derniers conduisant sur les gerboises et les lièvres,une liaison avec les rongeurs devenoit manifeste , c’'étoit pour les rapports naturels un résultat curieux que cette réunion de deux grandes familles dont les extrêmes offroient des différences si considérables.

D'autres faits, d’autres conclusions:ce quisembloit en 1796 appuyer le système d’une seule échelle organique, fut infirmé en 1804 par l'apport de nouvelles richesses. Cette époque mérite d’être remarquée : il nous arriva de l'expédition Baudin à la Nouvelle-Hollande, et par les soins des infatigables naturalistes Péron et Lesueur, un nombre considérable d’animaux à bourse, mais surtout pee nouveaux systèmes organiques, ou, comme cela s'exprime parmi les AD plusieurs types de genres nouveaux.

Je donnai une nouvelle autorité au genre Dasyure, pour lequel je n’avois eu que des élémens un peu vagues, en le décrivantdenouveau, et en le montrant composédecinq espèces, et plus tard de sept.

Enfin j'établis les nouveaux genres suivans :

PéramÈèLe. Dents incisives “=; canines +; molaires 77; queue forte, velue et non prenante; doigts €. Sur le devant, les

208 MAR deux doigts erternes très-courts; elen arrière, un pouce frès-court, sans ongle; les doigts medius et indicateur réunis.

Prascoroms. Dents incisives ?; canines 2; molaires 3—3; queue très-courte, cachée dans les poils; doigts À; sur le devant à grands ongles , el en arrière un pouce court el sans ongle, et les trois doigts intermédiaires engagés dans des membranes commRunes+

Ces publications parurent dans les Annales du Muséum

d'Histoire naturelle, tomes 2, 3, 4 et 15.

On imprima des tableaux d'espèces en France, soit dans des dictionnaires d'histoire naturelle, soit dans des écrits particuliers; et les divisions de la plupart de ces genres que j’avois indiquées dans mes cours et dans un catalogue peu répandu, reçurent des noms,ce qui se soutint dans cet état jusqu’en 1811,que parut le Prodromus d'Illiger. Plus occupé de grammaire que des rapports naturels, des dissensions intestines del’Europe , que de l'observation des faits, Illiger copia etaltérales travaux des François. Il n’inventa rien, et cependant il se porta pour le réformateur de la plupart des dénominations reçues. Les animaux à bourse furent par lui distribués en deux familles : les uns, sous le nom de marsupialia , furent réunis aux singes et aux makis à cause de leur pouce des pieds de derrière, quand les autres formérent un ordre à part, salientia, sur la considération de leurs pieds plus longs derriere que devant.

Voici les genres d'animaux à bourse déterminés par Illiger. Didelphis (didelphis, Linn.); Chironectes, établi d’après un didelphe à pied de derrière palmé, l’yapock ou la petite loutre de la Guiane , de Buffon; Thylacis , nom substitué à celui de perameles ; Desnaus (Drerieute Geoff, S. H.); Amblotis, au lieu de vombatus , pour un genre que je proposai d'établir en 1803 (Bull. des Sc. , an. XI, n.° 72), sur les indications du célèbre navigateur Bass. Les caractères de ce wombat, donnés par Bass et Flinders, et reproduits par moi, sont six incisives à chaque mâchoire, deux canines el seize molaires; pieds de devant, cinq doigts; de derrière, quatre. Sur l'avis donné par les naturalistes de l'expédition Baudin, que le nom de wombat s’appliquoit au phascolome, on a proposé, etj’ai conseillé moi-même de supprimer ce genre; cependant ne se

MAR re.

pourroit-il pas que ce nom des naturels du pays fût la dénomination de tout un groupe d’animaux à poche? balantia, pour une division de mes phalangers, les coescoes des Moluques à queue prenante; phalangista pour une autre section des phalangers à membrane étendue sur les flancs ; phascolomys (phascolomys, Geoff.S.H.); hypsiprymnus pour le kanguroo a dents canines, et halmaturus pour les kanguroos sans Canines , tous jusqu'alors nommés kangurus.

La famille des marsupiaux fut reproduite en 1817 sans divisions ni report d'aucun de ses genres dans d’autres ordres, par M. le baron Cuvier. Voyez le Règne animal distribué d’après son organisation. Je dirai plus bas quels nouveaux motifs j'aperçois de persévérer dans cette manière d’envisager les marsupiaux. Aux genres précédemment décrits, M. Cuvier ajoute celui du koala que M. de Blainville (Prodrome , Nouv. Bull. des Sciences) a aussi nommé Les dents du

koala sont incisives $ ; canines 5 —0 ; molaires 4—i ; ; pieds à Cinq doigts , séparés en deux groupes inégalement en devant et en arrière.

M. Desmarest donna plus tard dans son grand ouvragesur les mammiféres, destiné à compléter quant à cette classe, l’'Encyclopédie par ordre de matières; donna, dis-je, troisans plus tard le tableau complet des genres et des espèces. Les phalangers s’y appellent, l’un PHALANGER, phalangista, et l’autre Perau- RISTE, petaurista, et les kanguroos, 1.° avec dents canines, Pororoo , potorous ; et 2.° sans dents canines, Kaneuroo, kan- SguTrus.

De nouveaux phalangers que MM. Quoy et Gaimard vont publier dans la zoologie de leur Voyage autour du monde, expédition du capitaine Freycinet, ont reçu le nom de phalangista, qui paroiît prévaloir.

Enfin M. Frédéric Cuvier a encore modifié ces travaux dans son ouvrage intitulé : Dents des mammifères; il sépare les kanguroos sans dents canines, distinguant des kanguroos proprement dits, ayant cinq dents molaires de chaque côté et à chaque màchoire, une espèce nouvelle récemment apportée par MM.Quoy et Gaimard, leur kangurus lepturus, qui n’a que quatre dentsmolaires. Shaw avoit employé les noms de macropus et petaurus, le premier de cesnoms pour désignér le potoroo, et le second pour

unassemblage bizarre formé par des écureuils et des phalangers volans. M. F. Cuvier reprend ces noms définis d’une certaine façon, mais qu’il croit abandonnés: savoir le nom de macropus qu’il applique à son nouveau genre des kanguroossans canines, et celui de petaurus, pour remplacer la dénomination de petaurista. Qu’on veuille bien faire attention au sens nouveau attaché à ces termes, pour qu'il ne résulte pas dans la suite de leur double emploi et de leur définition différente de la confusion et des erreurs dans la synonymie : ne point seservir de ces noms eût sans doute été préférable. (Voyez Peraunus.)

Art. II. Anaromis. Les femelles des marsupiaux ont une bourse sous le ventre , au fond de laquelle est distinctement tout l'appareil mammaire. Les petits y sont nourris. Linnæus les y voit reçus et entretenus comme dans une seconde matrice; mais on a été plus loin, puisqu'on a ajouté qu'ils y : prennent naissance. Ainsi cette bourse ne seroït plus seulement dans ce système une représentation fidèle de la matrice, ce seroit la matrice elle-même.

Que de questions dans cet énoncé! Mais, pour les traiter, que de préventions il faudra écarter! ce qui du système sexuel a été observé par rapport à l’homme , a rendu lascience dogmatique. Onsait que la reproduction des êtres s'opère de bien des manières; cependant l'attention ne se fixa pas sur le grand nombre de ces moyens, tout bizarres que la plupart devoient et pouvoient paroître. On n’avoit encore rencontré que chezles animaux d'en bas ces modes si variés, cenomb re si grand de combinaisons insolites. On regardoit que cela étoit inhérent à la dégradation des constitutions organiques, et l’on se croyoit si assuré de la même uniformité de moyens chez tous les êtres conformés comme l’homme, chez tous les animaux à mamelles, que l’on repoussa comme inexact tout ce qui du pays des animaux à bourse nous parvenoit de contraire aux

doctrines reçues. On n’admit comme vrais que les faits qui paroissoient d'accord avec l’analogie, avec cette règle detoute bonne philosophie, mais qui n’estcependant un guide sûr pour nos raisonnemens, que si l'application en est aussi réservée que judicieuse. ’

Ainsi c’est, dès l’origine de nos connoissances sur les didelphes, une opinion fondée sur l’observation que les animaux

à bourse naissent aux tétines de leur mère. Il y a presque deux siècles que Marcgrawe, pag. 223, avoit écrit : 4 La bourse « est proprement la matrice du carigueya ( didelphis opossum) : « je n’en ai point trouvé d'autre, et je m’en suis assuré par « la dissection. La semence y est élaborée, et les petits y sont « formés. ? Pison confirme les mêmes faits pour avoir aussi, ajouta-t-il, disséqué plusieurs de ces carigueyas. Valentÿn , placé dans les Indes, qui y est occupé de fonctions ecclésiastiques, et qui, sansse douter qu’il y ait en Amérique des animaux à bourse, donne à la fois l’histoire civile , l’histoire religieuse et l’histoire naturelle des Moluques, témoigne des mêmes faits. La poche des filandres (marsupiaux du genre Phalanger) est une matrice dans laquelle sont conçus les pe tits : ou si cette poche, continue-t-il, n’est pas ce que nous en pensons , les mamelles sont à l'égard des petits de ces animaux, ce que les pédicules sont à leurs fruits: ces petits restent attachés aux mamelles jusqu’a ce qu’ils aient atteint leur maturité, pour s’en séparer dans la suite de la même manière que le fruit quitte son pédicule. ?

Ces idées sont aussi répandues en Virginie, même parmi les médecins. Le marquis de Chastellux en fait la remarque dans son Voyage à l'Amérique septentrionale, tom. 2 > P. 330. « Les jeunes opossums existent dans le faux ventre, sans ja mais entrer dans le véritable (dit Béverley dans son Histoire de Virginie, Londres, 1722), et ilsse développent sur les tétines de leur mére. ? Pennant( Arct. Zool., tom. 1, pag. 84) dit de ces animaux que, « suspendus aux mamelles des méres, ils y sont d’abord sans mouvement; ce qui dure jusqu’à ce qu'ayant acquis quelque développement, ils jouissent de plus de force : maïs alors ils subissent une seconde naissance. »

Un des frères d’armes de notre illustre La Fayette, qui devint le prisonnier, et plus tard l’un des chefs d’uné nation sauvage, les Créeks, et que les combinaisons de la politique ramenerent en France, m’a souvent affirmé qu’il avoit élevé beaucoup d’opossums, et toujours vu que les petits näïssoient sur les tétines dans la bourse.

Un si grand nombre de témoignages en imposa à l’Europe. Les naturalistes se procurèrent des animaux à bourse - leur esprit n’avoit conçu et ils n’avoient admis qu’une seule hy-

pe MAR

pothèse : s'étant convaincus que l'inspection anatomique n’y étoit pas favorable, ils repoussèrent unanimement de prétendus faits, dont ils déclarérent ne concevoir aucunement la possibilité. C’étoient les savans les plus/recommandables de l’époque, les Daubenton, les Pallas, les Vicq-d’Azyr, les Blumeubach , Reimarus, Flandrin , Home, Duvernoy, etc. etc., qui avoient cherché et qui n’avoient point trouvé de route intérieure et directe de la matrice à la bourse. On revint aux opinions qui avoient régné précédemment : les marsupiaux passèrent pour des êtres dont la naissance prématurée étoit compensée par une sorte d'incubation dans la bourse. & ‘Il est à désirer, a dit Buffon, qu’on observe des sarigues vivans (didelphis opossum ) : que leur exclusion précoce de l'utérus. soit surtout examinée; car cette observation nous vaudra sans

doute quelques indications pour conserver à la vie desenfans venusavantterme. La gestation de ces êtres ayant proportion-

nellement moins de durée, leur lactation en devient pluslongue. ? D’uneaussi extrême petitesse en naissant, a dit Blumenbach

dans son Manuel d'Histoire naturelle , ce sont pour ainsi dire des

avorions. Tout en persévérant dans le système d’une naissance

parfaite , bien que prématurée, quelques naturalistes crurent apercevoir qu’une seconde matrice ( c’est ainsi qu’à l'exemple

de Linnæus, on attribuoit de l’activité à la bourse) , qu'une. seconde matrice protégeoit le développement d'animaux nés

dans un état de si grande débilité.

Comme cette théorie expliquoit les faits d’ure maniere assez spécieuse, et par conséquent satisfaisante , parurent en 1786 de nouvelles observations qui ramenoient aux idées proscrites. La qualité de l'observateur ( c'étoit un officier d’artillerie , alors le chevalier, devenu depuis le sénateur comte d’Aboville), et le livre où l’observation étoit rapportée {le Voyage précédemment cité du marquis de Chastellux ), devinrent autant de circonstances qui, jointes aux présomptions dominantes, ne prévinrent pas d’abord les naturalistes. Voici cette observation que son intérêt me paroiît devoir au contraire recommander fortement, etque je donne en l’abrégeant beaucoup. |

« Deux opossums ( didelphis virginiana), mâle et femelle, et apprivoisés , alloient et venoient librement dans une mai-

son que M. d'Aboville occupoit aux Etats-Unis en 1783. Ces animaux, qu’il retiroit ke soir dans sa propre chambre, sy accouplèrent. M. d’Aboville en suivitattentivementles effets, ce qui donua lieu aux observations ci-après. j

« Le bord del’orifice de la poche fut trouvé dix jours après un peu épaissi, cela parut de plus en plus sensible les jours suivans. Comme la poche s’agrandissoit en même temps, l’ouverture en devenoit bien plus évasée. Le treizième jour, la femelle ne quitte sa retraite que pour boire, manger et se vider; le quatorzième, elle ne sort point. M. d’Aboville se décide enfin à la saisir et à l’observer. La poche dont précédemment l’ouverture s’évasoit, étoit presque fermée : une sécrétion glaireuse humectoit les poils du pourtour. Le quinzième jour, un doigt est introduit dans la bourse, et un corps rond de la grosseur d’un pois y est au fond sensible au toucher. L'exploration en est faite difficilement à raison de l’impatience de cette mère, douce au contraire et tranquille précédemment. Le seizième jour, elle sort de sa boîte un moment pour manger. Le dix-septième, elle se laisse visiter : M. d’Aboville sent deux corps gros comme un pois, et conformés comme seroit une figue dont la queue occuperoit le centre d’un segment de sphère : il est toutefois un plus grand nombre de ces petits naissans. Le vingt-cinquième jour, ils cèdent et remuent sous le doigt. Au quarantième, la bourse est assez entr'ouverte pour qu'on puisse les distinguer; et au soixantième , quand la mére est couchée, on les voit suspendus aux tétines, les uns en dehors de la bourse, et les autres en dedans. Quant au mamelon, il est après le sévrage long de deux lignes; mais il se dessèche bientôt, et il finit par tomber, comme feroit un cordon ombilical. ? Extrait de la note terminant le deuxième et dernier volume du Voyage dans l Amérique septentrionale du marquis de Chastellux. Paris, chez Prault, 1786.

Cependant cette observation devient le fond d’une consultation que le professeur Reimarus adresse de Hambourg en Amérique au docteur Barton. Roume de Saint-Laurent, qui avoit déjà communiqué à Buffon que les mamelons des didelphes femelles apparoissoient à un certain moment sous la forme de petites bosses claires dans lesquelles étoit l'embryon ébauché, avoit

aussi de son côté déjà excité le zèle du docteur Barton, et provoqué ses recherches. Ce savant médecin répondit à ces appels, et dans deux lettres imprimées à un petit nombre d'exemplaires pour ses amis, l’une adressée à M. Roume de Paris (1806,14 pages), et l’autre à M. Reïimarus de Hambourg (1815, 24 pages), Barton exposeses faits, ses observations et ses conjectures touchant la génération de l’opossum, c’est-àdire du didelphe de Virginie.-

Les observations de ce savant sont d’un grand poids, et elles paroïtront en effet d'autant plus précieuses, qu’attachant du prix à faire savoir qu'il ne s’écartera point des saines idées de la physiologie, des seules vues avouées par la science, l’auteur est à tout moment enlacé par ses faits, et amené à donner, sans s’en douter, des preuves contraires à la thèse qu’il se propose d'établir. Tout ce qu’il rapporte seroit bon à citer: cependant, pour être concis, je m’en tiendrai à ce qu’il y a de plus important dans son récit.

« Les didelphes mettent bas, non des fœtus, mais des corps gélatineux, des ébauches informes, des embryons sans yeux ni oreilles ; la bouche de ces embryons n’est point fendue. Nés de parens gros comme des chats, ils pèsent , à leur première apparition, un grain, d’autres. quelque chose de plus, et sept ensemble, dix grains au total. Barton a détaché un de ces embryons pesant neuf grains, sans que cela eût donné lieu à une plaie, et d’abord à du sang répandu: il contredit en ce point un fait avancé par Pennant, et d’autres Anglois : quinze jours de développement dans le nouveau domicile, expression imaginée par Barton pour donner la vraie valeur de la bourse ; quinze jours de développement suffisent pour amener les petits au volume d’une souris. Ils ne quittent les mamelles qu'arrivés à la taille du rat : puis ils les reprennent à volonté, étant alors nourris des deux manières , et par le lait deleur mère, et par ce qu'ilstrouventetpeuventdéjà manger. Pour que cetteébauche naïssante et vivante puisse fournir aux actes de son développement, il faut, et il arrive que les organes de la digestion et de la respiration soient dans une harmonie parfaite ; aussi les narines sont-elles dès l’origine largement ouvertes, et elles deviennent par conséquent les premiéres voies que suit l'air qui se rend aux poumons. L’es-

tomac d’un jeune pesant quarante-un grains. étolt considérablement distendu et dilaté par une matière blanche et laiteuse ; celui d’un plus jeune contenoit au contraire un liquide para et sans couleur. ?

« Lesyeux se montrent ouvertsapréscinquante ou cinquantedeux jours d’existence dans la bourse ; les tétines sont alors quittées et reprises successivement; le poids d’un petit est, aprés soixante jours, de 531 grains. Ce qui surprit beaucoup Barton et lui causa une grande joie, fut de rencontrer une femelle qui suffisoit à la fois à deux portées, l’une tirant a sa fin et l’autre venant à commencer. Ceite mère nourrissoitsept petits déjà gros comme des rats. Assez forts pour vivre d’alimens solides, ceux-ci recouroient encore aux tétines pour y puiser du lait; mais touta eoup la boursese ferme, parce qu’elle étoit devenue le nouveau domicile de sept autres petits, du poids chacun d’un à deux grains. Cependant la premiére portée n’est point privée dessoins de cette mére constammentaffectionnée, attentive pour tous. Sasurveillances’étend toujourssursa famille déja élevée. Elle lui continue son cri de rappel : elle la rassemble sur son dos, et la dérobe au danger en l’emportant sur la cime des arbres. ?

« De tousces faits et danssa premiére lettre, Bartor conclut qu'on peut distinguer deux sortes de gestation, l’une qu’il appelle uférine et qu’il estime être de vingt-deux à vingt-six jours, etl’autre, la gestation marsupiale, quicommence depuis l’entrée de l'embryon dans la bourse. Celle-ci seroit la plus importante physiologiquement parlant; car la bourse, ajoute-t-il, est vraiment un second utérus et le plus important des deux. ?

Dans l'intervalle de la publication de sesdeux lettres, Barton est informé que sir Everard Home avoit anciennement donné un mémoire sur la génération des kanguroos, et qu’entre autres considérations curieuses, ce savant avoit publié, dans la deuxième partie des Transactions Philosophiques, pour l’année 1795, ce fait remarquable : les fœtus des animaux à bourse ne laissent apercevoir aucune trace dé cordon ombilical. |

« Bartonse met en devoirde vérifier, sur de petits opossums dans la bourse, ce point de fait qu’il trouve exact. Il suppose qu’il découvrira ce cordon ombilical sur des individus de la gestation utérine ; mais ses recherches ne lui procurent point

l’occasion de voir un fœtus dans l’utérus , et se livrant à des conjectures théoriques, il propose de rapporter le mode de génération propre aux didelphes, à celui des reptiles et des poissons qu’il croit aussi dépourvus de cordon ombilical. ? Enfin il fournit un dernier renseignement pour l’opposer à cette assertion de Camper, que l’homme seul est capable de se coucher sur le dos : « Cela arrive fortsouvent à la femelle de l’opossum , dit Barton, surtout quand elle a des petits. Couchée sur le dos, elle touche, quand il lui plaît , tous les points des parois intérieures de sa bourse, avec l'extrémité de son vagin, et elle peut ainsi au moment de la mise bas y verser ses petits sans recourir ou à un ongle, ou à l’un de ses doigts. ?

M. Cuvier qui, pour son ouvrage classique, le Règne Animal, etc., a rédigé en 1817 les généralités de la famille des marsupiaux sous l'influence des idées physiologiques admises jusqu’alors, s’autorise , comme l’ayant porté à ne rien changer à cesystème, des observations précédentes de Barton et de celle-ci en particulier : la gestation dans l'utérus est de vingt-six jours. Cependant Barton n’auroit, je crois, énoncé cette proposition, que dans un sens restreintret limité aux termes d’une théorie propre, gestation utérine et gestation marsupiale; et de plus cette expression de gestation qui emporte avecelle uneidée très-complexe et étendue à un si grand nombre de phénoménes distincts, dont l’acception est fixée par les considérations de l’anatomie humaine , pourroit-elle être justement appliquée à des êtres dont ilest dit, qu’ils naissent dans un état de développement à peine comparable à celui auquel des fœtus ordinaires parviennent quelques jours après la conception? Règn. Anim. ,tom. 1,p. 169.

M. de Blainville revient l’année suivante sur ces considérations. Voyez son article génération et fætus des didelphes , dans le Bulletin des Sciences, 18:18, p. 24. Des fœtus sans trace de cordon ombilical , qui ont déja les narines largement ouvertes, et les poumons très-développés, portent à la conjecture qu’ils sont distingués par un autresystème d'organisation. M. de Blainville vérifie les faits de Barton, et les trouve exacts. Les considérations anatomiquessuivantes lui en paroissentle complément: « Quelques soins qu’il y ait apportés, M. de Blainville n’a observé.ni veine, niartéres ombilicales,ni ouraque ; pas même de ligament suspenseur du foie; la glande du thymus manquait

aussi et les surénales étoient d’une petitesse extrême. Eu thèse générale, ajoute l’auteur, on ne trouve presque aucune des dispositions du fœtus des autres mammifères, c’est-à-dire celles d’où dépendent la circulation et la respiration. ?

De ces faits, M. de Blainville conclut à peu près comme Bar- - ton :« Il y a deux sortes de gestation , l’une utérine et l’autre mammaire, ces deux sortes de gestation agissant différemment, etse suppléant l’une par l’autre. Chez Barton le mot de gestation étoit clair; il s’appliquoit à l'existence simultanée de Putérus et dela bourse, à l’idée de ces deux domiciles, en dedansdesquels quelques phénomènes qui n’étoient pas entiérement pro: duits dansl’un trouvoient à s'achever dans l’autre. Chez M. de Blainville, et il s’en explique d’ailleurs positivement, son idée de gestation utérine et de gestation mammairenes’étend qu’à l’action différeute des modes de nourriture. « Dansles mammifères , dit-il , le fœtus ,avant d'arriver à se nourrir d’une maniére indépendante , est susceptible de tirer de sa mère sa nourriture dans deux endroits distincts et de deux manières différentes, c’est-à-dire d’une part, d:nsl’utérus, du sang, au moyen du système vasculaire ; et de l’autre, aux mamelles, du lait, au moyen du canal intestina! : et de plus les deux nutritionssont quant à leur durée respective dans un rapport inverse chez les divers animaux. « M. de Blainville applique l’esprit de cette généralité aux animaux à bourse. Il conçoit qu'une des deux nutritions puisse être entièrement supprimée :4 Sic’est, dit-il, la nutrition utérine, il se peut que cette essentielle modification donne les animaux à bourse, et que, si c’estau contraire lanutrition mammaire ,il en résulte des mammifères sans mamelies, quiseroient les monotrèmes. Qu'un animal puisse naitre,par uñe nutrition mammaire, organisé comme un sujet à terme, cela forme une conjecture hardie , ou du moins bien difficile à concevoir; et aussi M. de Blainville ne s’y arrête pas absolument, bien qu’il donne encore à cette idée une nouvelle consistance, en admettant à la fin de son article que le fœtus passe peut-être directement de l’utérus dans la poche, observant que le ligament rond, dont on ne connoit pas l’usage dans les mammifères ordinaires, pourroit en être le moyen. ?

Frappé aussi pour mon propre compte de tout le vague qui régnoit dans la science au sujet des animaux marsupiaux,; je

216 MAR publiai en mars 1819 (Voyez Journal complémentaire du Dic- Lionnaire des Sciences médicales, tom. 18, p. 1) un mémoire sous ce titre : Si les animaux à bourse naissent aux tétines de leur mère? Mon but avoit été de porter les personnes éclairées qui, placées dansles Indes ou en Amérique, s'intéressentaux progrès dela physiologie, et qui setrouveroient à portéed’entreprendre quelques recherches, de revoir, sous de nouveaux rapports, ce qui avoit été vu si infructueusement jusqu'ici. Je me rappelai les instances que fit si souvent auprès de moi le respectable comte d’Aboville, pour que je l’écoutassesans prévention, etles chagrins que je lui causai en lui opposant des idées scientifiques toutes faites, mais qu’avec une bonté parfaite, il m'observoit n’avoir pourtant été généralisées que sur des animaux de conditions bien différentes, et qui ne répondoient pas ases données.J’ai enfin portéuneatteutionsérieusesurla marche des esprits. Des observations nouvelles avoient déjà rectifié d’assez graves erreurs. On avoit cru d’abord que la bourse étoit un véritable utérus; maisles anatomistes n’avoient renversé ces témoignages de visu que sur une seule remarque improbatise. Les anatomistes revenoient à la charge, et dans ces derniers temps c’étoit pour déclarer que décidément de grandes diversités plaçoient les marsupiaux hors des règles communes. Cependant, ces anciens témoignages de wisa, nous ne les avions rejetés que parce que nous les avions jugés contraires à l’analogie. En sera-t-il aujourd’hui comme au jour des premières insinuations relatives à la chute des aérolithesP et pour croire à cessinguliers phénomènes , ne faut-il aussi que les concevoir? Je ne voulois dans mon mémoire de 1819 qu’éveiller l’attention; car enfin il falloit sortir du cercle des impossibilités où l’on se trouvoit renfermé. Je descendis sur les animaux des classes inférieures; et des vues plus étendues sur la génération, qu'ils me procurérent, en devenant de plus en plus applicables aux marsupiaux, ont eu pour résultat d'éclairer un champ d'observation plus limité. Sans préjugés présentement, j'ai multiplié les faits par des recherches, et ces recherches m'ont à leur tour convaincu que tant d'observations et d’opinionsen apparence inconciliables, n’attendoient , afin d’êétreappréciées à leur vraie valeur et d’être liées par des rapports inaperçus, qu'une de ces idées fondamentales qu’il ne faut souvent qu'é-

noncer, pour qu’autour d’ellearrivent comme d’eu7-mêmes se ranger tant de travaux incomplets, dont l’incohérence avoit ne tous les esprits.

Je n’ai, dans ce qui précède, cité des faits que sur 1e témoignage d'autrui. Je vais dire présentement comment ces faits me sont devenus propres, tant par l'attention que j’aiapportée à les revoir et à les multiplier, que par l’intime conviction qu’ils m'ont procurée.

1.° Sur la bourse. Ce n’est point à l’égard d’une femelle adulte une cellule d’une capacité donnée à toujours. M. d’Aboville l’a vue s’accroître sous l'influence des phénomènes de la génération : j'ai de plus moi-même observé ses grandeurs respectives dans des femelles d’une même espèce. Elle est petite dans les vierges , grande à l’excés quand les petits vont cesser d’adhérer aux tétines, et d’une étendue moyenne dans l’'époquesuivante . celle de l'allaitement. Ainsi la bourse n’est pas seulement un second domicile sans ressort, ni activité; c’est une vraie poche d’incubation s'étendant peu à peu et acquérant de plus en plus du volume, comme il arrive de faire à tout autre domicile à fœtus. On a donc bien pu dire d’elle, pour donner l’idée et la mesure desa fonction, c’est un second utérus et le plus important des deux,

Cependant la bourse est extérieure, et entiérement formée par la peau et son panicule charnu. Sa composition est des plus simples ; car ce sont ou des rides longitudinales de chaque côté , ne donnant lieu qu’à une bourse foiblement esquissée, dans un état tout-a-fait rudimentaire , comme chez les didelphis du sous-genre Micouré, tels que les marmoses, les cayopollins, les brachyura, etc., ou ce sont des replis amples et bridés autour d’un point central; point fixe qui oblige lesreplisas’étendre circulairement et à se confondre en un large rideau. La glande mammaire, placée au centre de la région du bas-ventre, devient par ses adhérences avec la peau et son immutabilité, le point qui commande tout le reste. Tout autour, la peau se fronce ,se repliesur elle-même etse prolonge en bord saïllant, peu par devant, considérablement en arrière et moyennement sur-les côtés.

Cependant pourquoicette extensioninaccoutumée duderme ? qui Le porte àse plisser ? qui produit cenouvel ordre de choses?

Toute la auestion des marsupiaux est la; mais d’une autre part c’est la reporter sur la considération des artères, qui sont les agens de toute production organique. On sait qu’ainsi qu’existent les vaisseaux nourriciers, sont nécessairement les organes qu'ils forment et qu’ils entretiennent. Comme il n’est qu’une somme de nourriture artérielle à dépenser , s’il y a plus

proportionnellement dans un lieu, il y a moins à distribuer ailleurs. Notre loi du balancement des organes est fondée sur ce principe. | /

. Or, par rapport à la distribution des artères, il est divers arrangemens dont quelquesuns donnent aux marsupiaux d’assez grands rapports avec les oiseaux. La principale modification est qu’on ne trouve point de mésentérique inférieure à l'aorte “abdominale (1). Chez les oiseaux, cette principale artère est reportée en arrière desiliaques; mais chez les marsupiaux, elle manque entièrement. j i

Les conséquences d’une pareille combinaison sont que, depuis la région des reins jusqu'au rectum , il n’est aucun rameau de l'aorte abdominale qui, sans que rien nel’en détourne, ne soit employé à concourir à l’œuvre de la génération. Dans les mammifères, autres que les marsupiaux, la mésentérique inférieure (2), puisant au milieu de ces sources de vie, d’autres et de derniers élémens à reporter sur le canal intestinal, est une cause, sinon de trouble, du moins d’affoiblissement pour les produits de la génération. Chez les marsupiaux, au contraire, et chez les oiseaux , où tous les dérivés de l’aorte abdominale sont similaires et s'emploient sans interruption à produire le même résultat, ces branches, que n’affectent ni distraction, ni contrariétés, s’en ressentent par plus de facilité dans leur jeu ; d’où il arrive encore que ce n’est pas seulement

(1) C’est aussi un autre arrangement pour la mésentérique supérieure, qui ne naïît pas directement de l’aorte. Un tronc unique fournit quatre rameaux : la cæliaque, la mésentérique supérieure, l’hépatique et un fort petit rameau, celui de la diaphragmatique.

(2) Si les conditions marsupiales tiennent en effet à la seule absence de cette artère, il suffira d’en lier le principal tronc sur une jeune femelle de chien ou de chat, pour faire, avec ces carnassiers, de nouveaux genres.

- d'animaux à bourse.

l'énergie de leurs fonctions qui est accrue, mais que chaque parlie cède à une sorte de réactien, dont l'effet est de déterminer à son profit plus d'activité dans le développement et plus d'augmentation dans le volume.

Un autre arrangement d’une influence tout aussi grande, est la région élevée du point de partage de l'aorte abdominale. On sait que l'aorte se divise toujours à la hauteur de la crête des os des îles. Comme le bassin a plus de longueur chez les marsupiaux, cette circonstance place effectivement plus haut la terminaison de l’aorte:les branches iliaques, en descendant, font un angle sensiblement plus aigu , etle sang est, pour cette raison, plus entraîné dans la mère-branche, c'est-à-dire dans l’iliaque , se prolongeant en artère crurale. Un troisième rameau, d'un calibre également considérable, est celui de la sacrée moyenne : la queue forte et prenante des didelphes en est le résultat.

Chez l'homme, l'iliaque primitive se partage en deux troncs qu’une presque égalité de volume a fait juger de mêmerang,eta fait appeler du même nom, iliaquessecondaires, savoir :iliaque externe et iliaque interne ; l’iliaque interne devient l’hypogastrique, après avoir fourni un assez fort rameau , l’iléo-lombaire. Son volume en est peu diminué, de sorte que l'hypogasirique reste un tronc puissant, à gros calibre , et dans lequel s'engage une grande masse de fluides nourriciers.

C’esttrès-différent chezles marsupiaux; et,eneffet, de ce que lesiliaques primitives y naissent de plus haut ,ilsuitquel'artère crurale a partir de l’iliaque primitive forme une mére-branche qui n’a plus que de fort petits rameaux sur les côtés : Les premiers qui se présentent et qui naissent exactement du même point, l’un à droite et l’autre à gauche; c’est en dehors l’iléolombaire , et en dedans l’hypogastrique. Ces deux artères forment le pendant l’une de l’autre parla distribution de leurs principaux rameaux, mais surtout par l'égalité de leur volume. Ainsi, l’hypogastrique si grosse chez l'homme, qu’elle est l’une des deux bifurcations de l’iliaque primitive et qu’elle est ainsi la congénère de la crurale , est donc infiniment restreinte chez les marsupiaux. Orc’est, comme on lesait, de l’hypogastrique que proviennent les artères utérines et vaginales,

Les utérines et les vaginales, qui ne sont que des ramuscules

de l'hypogastrique, fournissent des cimes capillaires à leurs organes : diminuées sensiblement de calibre, elles suflisent à les nourrir, mais elles ne sont plus capables de détourner à leur profit les principaux afflux du sang. Dans ce cas, et n’est-il plus d'activité vers les artères utérines? l'organe sexuel est tout à coup privé de cette action dérivative et consommatrice d’une nourriture en excès, laquelle tourmenteles voies génitales durantles périodes de l'amour. Le sang en excès ne trouvant plus praticables ces voies d'écoulement, s’ouvre un autre passage. Mais qu’on ne croie pas à un désordre infini. Il n’est la rien donné au hasard. L’artère crurale est gênée au pliant dela cuisse sur le tronc : c’est alors sur les rameaux qui se trouvent en ce lieu que cette surabondance des fluides nourriciers se porte. Ainsi, le choix de l'artère est déterminé à l’avance: c’est done un ordre nouveau; c’est un système toujours et également régulier ; ce sont les élémens d’une nouvelle famille que nous avons à faire connoître.

Quand, dans les mammifères ordinaires, l’artère utérine cesse de nourrir, une autre (l’épigastrique) continue a le faire. Celle-là passe donc sa fonction à celle-ci. Dans le premier cas, la surabondance du sang se porte de liliaque primitive à son rameau intérieur, de la à l'hypogastrique, et de l’hypogastrique à l’utérine ; et, dans le second cas, à son rameau extérieur, et subséquemment à l’épigastrique. Aïnsi, Vépigastrique termine, chez les mammifères ordinaires, par une alimentation lactée, ce que l’utérine avoit déja fait par une alimentation sanguine; l’épigastrique étant, comme chacun sait, l'artère qui nourrit les mamelles abdominales. C'est donc par une sorte de nécessité mathématique , l’utérine étant privée deses fonctions génératrices, que le sang fera, en employant tout d’abord l’épigastrique, produire à cette artère chezles marsupiaux ce quela marche progressive de l’organisation lui eût fait produire plus tard.

Une action de certains fluides impondérés, émanés du monde extérieur, et la fécondation, portent l’inflammation dans les organes sexuels. L’organe que la premiére de ces causes met d’abord en jeu est l'ovaire, d’où cette excitation se propage de proche en proche. L’ovaire ayant satisfait à sa destination, c’est dans les cas ordinaires à l’utérus, par Les

THAR 223 travaux de l'artère utérine, à pourvoir au développement du produit ovarien. Je n’embrasse dans cet article que les faits qui se rapportent à la bourse, et j’admets pour le moment, sauf à en donner la preuve dans la suite, que c’est un ovule qui traverse un véritable oviductus, qui arrive dans la bourse et qui parvient àse greffer aux mamelles. L’inflammation propagée, si l'artère utérine est sans puissance, devient impossibleet nulle à l'utérus: elle est denc toute dévolue 2 l'artère épigastrique. Cependant l’ovule n’en sauroït absorber les effets ; car il ne contient encore qu'un germe imperceptible pour nosseus. Il faut bien alors que cette inflammation profite a tous les points oùse termine l’épigastrique, c’est-à-dire, àla glande mammaire et au derme qui l’environne. Le derme n’en sauroit profiter qu'il ne se développe au-delà de ce qui est nécessaire à sa condition d’organe tégumentaire. L’iléo-lombaire, artère considérable chez les marsupiaux, ajoute à ces résultats, d’une manière que je ne puis dire en ce moment. Ainsi s’expliquent les plis dont la bourse se trouve formée; ainsi s'explique encore l’accroissement de son volume sous l’influence des phéncmènes de la génération, observation qui fait ie plus grand honneur à la sagacité de M.le comte d’Aboville.

2.° Sur l'utérus. La bourse est un second utérus et Le plus impor-" tant des deux, avons-nous répété après Barton. Mais quoi! sans leressort d’une artère utérine, un utérus P ya-t-il véritablement une partie qu’on puisse désignersous cenom ? cette poche existeroit-elle au moins dans une condition rudimentairer Cela ne fait point question dans les ouvrages des anatomistes. Loin qu’on y méconnoisse cet organe , on y parle, dans plusieurs, de deux utérus : ce sont deux poches amples , longues et recourbées sur elles-mêmes. « Les animaux à bourse, a dit M. Cuvier, (Lec. d’Anat. comp., tom. 5, pag. 146), nous fournissent des exemples d’une matrice triple ou quadruple, et à la fois compliquée. ? Cette même proposition est reproduite dans le Règne Animal, etc., tom. 1, pag. 170,ainrsi qu'ilsuit : « La matrice des mammifères marsupiaux n’est point ouverte par un seul orifice dansle fond du vagin ; mais elle communique avec ce canal par deux tubes latéraux en forme d’anse. > Ces tubes avoient plus anciennement été considérés comme les deux cornes de la matrice par Tyson, le premier des anatomistes qui

ait écrit sur les parties sexuelles des marsupiaux : mais cescornes seroient donc placées en deça de l'utérus? Daubenton rejeta cette détermination, et prit pour ces appendices, plus justement, je pense, deux autres prolongemens situés au-dela. Cependant il ne s’expliqua sur les tubes latéraux qu’en les désignant par la phrase suivante : Canaux qui communiquent du vagin à l’utérus. Sir Everard Home, dans sa description du Kanguroo, observa la même réserve. Aïnsi dans ce système, qui à généralement prévalu, sont d’abord, un indétermiué à l'égard des canaux en anse de panier, puis deux compartimens qu’on suppose parfaitement reconnus, le vagin et l'utérus. Les marsupiaux auroient donc tout au moins une matrice.

Cette conclusion ne me paroît point à ce moment assez rigoureuse. Dans les travaux d'anatomie comparée, on a passé de l’homme aux animaux, d’une famille à une autre, sans changer de marche , quand les formes devenoient tres-dissemblables. Si l’on apercevoit des parties à provoquer le doute, on agissoit plus par discrétion et crainte d'innovation que par conviction; et, parce qu’on trouvoit les moyens d'employer à peu près convenablement les dénominations usitées, on continuoit à s’en servir, sans se douter que la crainte d’une innovation erronée exposoit a d’autres erreurs. Mais evfinilarrive un moment quede plusgrandes difficultésarrêtent, que deslacunes dans les déterminations avertissent, et que les dissentimens des auteurs doivent être appréciés. L’utilité d’un travail ex-professo est alors généralementsentie. Or, cetterévision en ce qui concerne les parties sexuelles des marsupiaux, je l'ai entreprise : c’est en partie l’objet d’un Mémoireimprimé parmi ceux du Muséum d'Histoire naturelle, tom. 9, pag. 438, portantpourtitre : Considérations générales sur les organes sexuels des animaux à grandes respiration et circulation.

Un des premiers résultats de ce travail est la détermination de ce qu’on avoit pris jusqu'ici pour le vagin. Il n’est point d'animaux où ne soit entre cet organe et le clitoris un compartiment distinct. Les canaux urinaires et les canaux sexuels, c’est-à-dire dans ce cas particulier , le méat urinaire et le vagin , y aboutissent : chez la femme, c’est un emplacement fort étroit, qu’on a cependant remarqué et appelé fosse naviculaire; les marsupiaux, aussi bien que les oiseaux, ont trés-

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considérable cette partie , que j'ai appelée canal uréfro-sexuel : sa grandeur et sa situation l’avoient fait confondre avec le vagin. | |

Ce point reconnu, on marche sans hésitation sur la détermination des deux tubes en anse de panier. Leurs connexions et leurs fonctions nous disent que ce sont deux vagins, l’un à droite, l’autre à gauche. Leur duplicité ne doit pas plus nous surprendre que celle du clitoris et d’une partie du pénis des mâles : chaque vagin reçoit dans l’accouplement sa portion correspondante des pénis; ajoutez à ces considérations que les oiseaux ont également un vagin à droite, et un à gauche.

La portion, où ces vagins, en remontant vers l'ovaire, se réunissent l’un avec l’autre, forme-t-elle une véritable matrice? C’est l'opinion générale ; car c’est bien cela que chacun entend, s’il ne parle que d’un seul utérus.

Avant de nous expliquer à cet égard, reprenons les choses de plus haut. Chez les animaux qui ont le bassin alongé , la matrice est très-visiblement faite de troïs parties, le corps que j'appelle proprement uterus , et de deux longues cornes, que je nomme ad-uterum. À l'égard de la femme où les ad-uterum sont dans un état minime et rudimentaire, beaucoup moins chez les très-jeunes filles, on n’a pas fait nettement cette distinclion; maisles anatomistes vétérinaires l’ont nécessairement admise. Ce sont, pour moi, des organes indépendans: chacun est nourri par une artère propre, les ad-uterum parune branche de la spermatique , et l'utérus par une branche de l’hypogastrique, par l’utérine. Le flux artériel tend à développer lutérus ; mais celui-ci est entouré et bridé par des membranes. Les lames dont il est formé venant à s’accroîtrese froncent et se plissent : c’est le même événement que chez les marsupiaux , à l'égard de la bourse. Ces plis circonscrivent des espaces et amènent des resserremens. On dit à ce sujet que la matricea un ou plusieurs cols; un chez la femme, deux chez les femelles des ruminans.

L’usage de ces cols est un sujetimportant de considérations. N’obéissant que plus tard au déplissement du sac utérin occasionné par le grossissement du fœtus, ils forment l’obstacle qui arrête l’ovule dans l’ad-uterum , et qui force cette partie et l’utérus, au fur et à mesure deleur extension, à devenir une poche

d’iscubation. L'artére utérine prolonge sa cime terminale du côté de l’ad-uterum, l'artère spermatique efférente la sienne du côté de l'utérus; et du travail réciproque et concerté de ces deux artères résulte la nutrition du fœtus dans le séin de sa mère. Voila ce qui concerne les mammifères ordinaires.

Les marsupiaux sont dans une condition différente, en vertu des deux considérations suivantes: 1.” l'emplacement où siégent les organes sexuels est proportionnellement beaucoup plus grand : nous traiterons plus bas de ce point. Mais pour le moment la conséquence de ce fait est que rien ne s'oppose aux accroissemens qué pourroit prendre la portion du couduit génital, destiné à acquérir le caractère d’un utérus; 2." si lartère utérine est dans un état rudimentaire, il n'y a donc point pour cette partie de gros troncs nourriciers qui la soumettent à des développemens extraordinaires, rien par conséquent qui l’oblige à se plisser; il n’est donc point de col d’utérus. Voiià ce que donne l’observation directe. Les portions coudées et rentrantes font un sac membraneux, évasé, vide, déja fort étendu dansles vierges, et qui acquiert chez lesmères une capacité portée au triple. Des deux portions dont est formée l’anse, l’une qui naît du canal urétro-sexuel doit être rapportée au vagin, l’autre qui se réfléchit en dedans, à l'utérus ; elles sont assez différentes pour être ainsi distinguées; car le tissu de l’utérus paroît plus plissé intérieurement et plus fourni de follicules glanduleux. La portion qui nait du canal urétrosexuel est aussi la seule qui puisse être pratiquée par les pénis ; mais cependant il faut convenir que ces deux portionsse continuentsiexactementl’une dans l’autre qu’on peut dire qu’elles forment un seul etmême canal. C’est de même chez les oiseaux et de même aussi chez les lapins. Le corps de l’utérus, en s’étendant en longueur, s’y confond avec le vagin.

Jusqu'à ce moment j'ai évité de parler d’un seul utérus, pour placer ici la remarque suivante. Daubenton a vu les parties utérines à droite et à gauche confondues sur la ligne médiane ; mais, en y apportantson exactitude ordinaire, ila eu le soin d'indiquer chez le sarigue (Hist. nat. g.etp.t.10,pl 49, lett.S)unraphéqui forme uncommencementde diaphragmesur le milieu des deux parties. C’est ainsi dans des femellesquiont mis bas ; mais c’est tout autrement dans les femelles vierges. Ce

MAR | 227 Le est prolongé de part en part et d'avant en arrière, c’esta-dire que c’est un diaphragme séparant les portions utérines. Ce sont donc deux organes distincts qui se sont sEele en ce point, mais que plus tard les développemens propres à la génération accroissent et amincissent au point qu’une perforation vient a s’y pratiquer.

Daubenton décrit le surplus des conduits génitaux se rendant aux ovaires, La détermination qu’il en donne me paroît précise. Il voit là des cornes de la matrice : le tube de Fallope, qui est fort court, se confond avec elles, pour ne former aussi en ce point qu'un seul et même organe.

Cependant ce qui est réuni chezles didelphes est séparé chez les kanguroos : ce n’est plus maintenant d’après mes propres observations, mais d'aprés celles de sir Everard Home, insérées dans les Transactions Philosophiques, que je rapporte ce qui suit. L’utérus forme un canal unique et alongé entre les deux vagins en anse de panier; au-delà sont les autres parties qui se rendent aux ovaires. Ces conduits sont manifestement partageables et parfaitement distincts en un tube de Fallope, et en un ad-uterum ou corne d’utérus: il est là peu de différence de ce que j'ai vu sur l’ornithorinque et sur l’oiseau.

Un résultat, intéressant par sa généralité autant que par sa simplicité, formant la conséquence de ce qui précéde, c’est que les appareils sexuels des diäelphes seulement, si ce n’est même ainsi chez les kanguroos , forment deux longsintestins génitaux entièrement semblables aux oviductus des oiseaux; à ces différences prés, 1.” qu'ilssont réunis et greffés sur un point de leur longueur, à la région utérine , et ».° que, partagés en compartimens antérieurs et postérieurs, ceux-là sont de beaucoup plus courts que ceux-ci,

Enfin, une dernière conséquence, c’est que les poches utérines sont des canaux seulement : elles ne sont point établies sur le modéle d’un utérus de mammifere:illeur manque pour cela d’être concentrées , ramassées et en partie plissées. L’organe n’éxiste que poursatisfaire a la théorie desanalogues, il manque souslerapportd’une partie deses fonctions. Point d’obstacle à la sortie du produit ovarien; celui-ci échappe, ils'écoule nécessairement. On exprime ce fait chez les mammifères, en le déclarant un fait d'avortement ; l’ovule est expulsé avant que

le phénomène desa transformation en embryon ait commencé; mais chez les oiseaux on se eontente de dire : un œuf est pondu.

Nota Pour que les lecteurs qui s'intéresseroient à ces déterminations d'organes puissent les suivre sans fatigue, j'en place ci-aprésletableau comparatif, en mettantenregardlesnomsque nous leur avons donnés, MM. Daubenton, Home etmoi. Dauberton a publié son anatomie du sarigue dans l'ouvrage qui lui est commun avec Buffon, tom. 10, et sir Everard Home dans les Transactions Philosophiques pour l’année 1795.J’engage à consulterles figures dont ces maîtres de la science ontenrichileurs

mémoires.

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