DAUBENTON. S.E. HOME. GEOFFROY S. H
Sarigue, tom. < Kanguroo,Tr. 1795.| Didelphede Virginie.
Mesa eionen dia (es Vaso dire dre Canal urétro-sexuel.
Canal en anse de panier, communiquantduva-?}Ibhid.............. Vagin. gin à l’utérus.......
Utérus, comme lieu et
pére Ca nent non comme fonction :
tion du canal précé- bidon nas : ï :
à quelques égards,
dent nes AR ae Tube de Fallope (por-{ Corne de matrice (adtion utérine )...... uterum ). | Corne de matrice. .... à D l Tube de Fallope.
tion ovarienne......
Ovaire-....-..:2... Ovaire ss AMAR Ovaire.
3.° Sur Les os marsupiaux. Les tiges osseuses, qui s'élèvent des pubis, qui forment sur le devant comme une seconde paire d’os desiles, et qui sont mobilesà la maniére d’un pivot, ont de tout temps été remarquées. Tyson qui les voitintervenir chez les marsupiaux en même temps que la bourse, les donne à celle-ci quant aux fonctions, et les nomme marsupii Janitores.
L'apparition simultanée de la bourse et de ces os tient à une circonstance d’organisation trés-singuliére et dont je ne sache pas qu’on se soit aperçu. C’est le développement d’une région,
| MAR ee dont on n’a jamais bien compris l’objet, parce que dans l’espèce humaine, elle y est concentrée. Cette région porte, chez la femme, le nom de mont de Vénus. Chez les animaux à bourse, c’est un champ plus espacé, une localité agrandie au profit des organes sexuels; deux très-petits rameaux, partant de l’origine de l’artére épigastrique, nourrissent comme à regret chez la femme ce monticule, dont la dénomination bizarre a jusqu’à présent fait tout l'intérêt. Les follicules et les poils qui abondent en ce lieu sont les derniers efforts d’artères restreintes, rudimentairesla etailleurs rameaux considérables. Ces deux artères auxquelles j'ai déja proposé de donner le nom de marsupiaire profonde et marsupiaire superficielle (Mémoires du Mus.tom.9, pag. 404), sont, chez les animaux à bourse, de forts rameaux. Ils naissent directement de la crurale un peu en avant de l’épigastrique :se bifurquant dés l’origine, ils vont former, développer et nourrir tout le plastron antérieur du bassin, savoir : les os marsupiaux, les muscles pyramidaux (triangulaires sous leur nouvelle forme) , le derme et toutes les dépendances de la bourse.
Le ligament rond chez la femme a ses dernieres racines implantéessur le mont de Vénus; ilse prolonge dansles animaux à bourse tout autant que l’exige l'accroissement de cette région; et, en envoyant ses dernières racines à la glande mammaire, il lui sert à elle-même de ligament : mais, de plus,le ligamentrond se couvre de fibres musculaires qui paroiïssent reproduire en ce lieu le muscle crémaster du cordon spermatique des mâles. M. Duvernoy a proposé (Anciens Bull. de la Société philomathique, n.° 81, frimaire an XIE) d'appeler ce muscle iléo-marsupial : il en a donné une excellente figure , le montrant sortant par un bout de l’anneau inguinal, et allant se perdre de l’autre par trois digitations sur la glande mammaire et sur les segmens de celle-ci. 11 n’a manqué à cette esquisse pour être complète qu’un filet sur sa longueur qui fasse connoître le cours de l’artère épigastrique. Cette artère forme un rameau isolé, et se compose particulièrement de la même subdivision quise porte chez l’homme sur le cordon spermatique, et qui s’en va nourrir les enveloppes du derme et son épanouissement en scrotum. L'analogie se soutient donc du mâle à la femelle, aussi bien en ce point qu’à tous autres égards.
Hes plis du derme dont nous avons dit que la bourse étoit un : produit ne sont pas engendrés uniquement par l’artere épigastrique : elleadmet à y concourir quelques ramuscules latéraux, réservant sa cime pour la glande mammaire. Sur ces ramuscules arrivent avec bien plus d'efficacité des rameaux de la marsupiaire superficielle et de liléo-lombaire : et de l’action concertée et réciproque de ces vaisseaux résulte un développement extraordinaire du derme, lequel fait poche alors, tout aussi bien chez les mâles que chez les femelles; chez lesmäles pour être la poche sortante, ou le scrotum des testicules, et chez les femelles, pour devenir une poche rentrante, ou la poche d’incubation des embryons. .
On s’est beaucoup étendu sur les usages des os marsupiaux : sans doute que la position qu'ils prennent favorise ou eon- trarie les actes propres à la bourse; placés entre des muscles, dont les uns les écartent, et d’autres les rapprochent, retenus et oscillant sur le pubis, ils agissent comme un rayon de cercle. Leur objet, comme celui de leurs muscles, sont de laisser les viscères abdominaux libres de toutes pressions et la bourse abandonnée à la restitution, s'ils sont écartés l’un de l’autre ; et au contraire ils pressent les organes abdominaux d’unepart, comme d'autre part ils serrent la glande mammaire pour la porter en devant , s'ils sont ramenés sur ses bords.
M. Duvernoy leur a cherché un usage pour le moment de la mise-bas : ce seroit, dit-il, de servir de poulie de renvoi à l'égard du muscle iléo-marsupial (notre crémaster); mais il faudroit admettre pour cela que, pendant que dure la ponte, les os marsupiaux s’éloignent l’un de l’autre ; ce qui favoriseroit l'agrandissement de l’arc de renvoi : quand au contraire ils secondent merveilleusement la mise-bas, en se rapprochant; car alors toutes les masses musculaires de l'abdomen entrant en jeu, et serrant fortement le bas-ventre , les organes génitaux, et principalement le canal urétro-sexuel, sont contraints à descendre vers le fond du bassin; cette pression persévérant de plusen plus, le canal urétro-sexuel sort, en se retournant comme un doigt de gant, ets’en vient porter dehors l'entrée même des vagins. L'effet de ces contractions générales et en particulier du muscle pyramidal (nommé triangulaire dans ce cas-ci) , est d’obliger les os marsupiaux à se rapprocher : la
MAR 251 glande mammaire est au milieu d’eux; elle ressent leurs efforts, et n’y échappe qu’en se portant en devant. C’est aussi au même moment qu'agissent les muscles crémasters, tirant la bourse chacun vers son anneau inguinal : ils l'entrainent dans la diagonale de leurs efforts, c’est-à-dire qu'ils l’abaissent et qu'ils la portent sur le vagin, M. Duvernoy a très-bien exposé ce mécanisme. Ainsi s'exécute ce que Barton (1) a raconté d’aprés ses propres observations. Le vagin , qui a la faculté de toucher toutes les surfaces internes de la bourse, a par conséquent, et à plus forte raison, celle d'y déposer les produits accumulés dans l’oviductus. C’est une chose dont j’aurois pu douter, malgré l’assertion formelle de ce célébre médecin , si je ne savois pertinemment aujourd’hui, pour l'avoir bien des fois expérimenté , que c’est le devoir de tout canal urétrosexuel de s'employer à amener dehors, tantôt le méat vaginal, ettantôt le méat urinaire. Le rectum des oiseaux, bien plus reculé dans l'abdomen, agit de même, et réussit également à porter dehors son extrémité.
4° Sur l’évolution des germes. J'ai enfin abordé en 1819 la question tant controversée , si les pelits des animaux à bourse. NalsseNT aux létines de leur mère. Ces petits y sont formés, et ils y naissent, ont dit d'anciens observateurs ; expressions données comme synonymes, et qui n’ont pas cependant la même valeur, Partageant une autre opinion, et voulant s'exprimer différemment, M. Cuvier a dit (Régne Animal, etc.) que« les petits des marsupiaux naissent dans un état peu différent des fœtus ordinaires quelques jours après la conception, qu’ils sont incapables de mouvement, qu’ils montrent à peine des germes d'organes, et qu’en cet état ils s’attachent aux mamnelles de leur mère. ? Le mot naïtre dans ces phrases n’a plus un sens nettement défini. Nous n'avons d'idées faites, et par conséquent de termes qui les expriment, que pour trois modes
EEE EEE
(1) Barton: seroit parvenu depuis la publication de ses Lettres: à observer les pontes des didelphes : il auroit vu le vagin lancer directement dans la bourse les corps gélatineux et pisiformes, visibles plus tard à l'extrémité des tétines. Cette observation m'est communiquée par notre célèbre et profond botaniste, M. Turpin, à qui Barton l’a plusieurs. fois dite et rapportée à Philadelphie.
de génération. Ces idées sont énoncées par les mots ponte, avortement et naissance. Ponte se dit pour un corps organique séparé du tronc qui l’a produit, avant de vivre , mais devant vivre et naître un jour ; avortement, pour un corps organique, qui se développoit au sein de sa mére, et qui quitte violemment et intempestivement ce domicile; et naissance, pourun être qui, s’étant formé dansle sein maternel, et qui, y ayant déjà vécu d’une certaine manière , est produit à la lumière , c’est-à-dire, qui quitte à un moment préfixe cet ancien domicile pour passer dans un autre, dans le monde extérieur ; et encore, ces trois modes de génération se réduisent-ils réellementà deux, puisque l’un, restant improductif, ne sauroit être placé sur la ligne des deux autres. L'idée d’avortement emporte nécessairement celle d'animaux non viables.
On ne sait pas encore bien au juste quel est, aux premières journées de leur apparition aux mamelles, le degré de développement de ces ébauches informes (Barton), de ces bosses claires (Roume), que, par une anticipation fàcheuse sur la connoissance des faits, on déclare être des petits : s'ils ne jouissent encore que d’un état de développement à peine comparable à celui auquel des fœtus ordinaires parviennent quelques jours après la conception , fait consigné dans la science, s’ils ne montrent ni membres ni organes extérieurs , ils ne sont done point formés; ils ne vivent pas : ils ne sauroïent naître dans l’acception vraie de ce mot. Ilsseroient donc dans un état fort rapproché de l’œuf pondu; mais cependant ce n’est pas un corps organique, entièrement détaché comme est l'œuf du corps producteur : qu’est-ce donc, les mots ponte et naissance ne lui allant pas? De ces conséquences on se porte au pressentiment de la possibilité d’un troisième mode de génération. C’est donc uneidée nouvelle à acquérir, et la science auroit dû reconnoître à ce moment qu’elle étoit tout aussi dépourvue autrefois des moyens de l’observation que de ceux du langage, pour rendre ce qu’il lui falloit apprendre.
Cette idée à acquérir est depuis long-temps l'objet de mes recherches : mais au moment que j’essayai de déterminer à quelie époque du développement des mammifères ordinaires pouvoient correspondre les formations apparoiïssant périodiquement dans la bourse des marsupiaux, je m’aperçus d’une
nouvelle lacune dans la science, ces degrés n'y paroissant pointmesurés avec précision. On reconnoît, il est vrai, comme s'appliquant à de premières époques, quatre états successifs, œuf, embryon, fœtus et nouveau- né: mais y a-t-il d’autres degrés intermédiaires ? et, pour ceux-là même , connoit-on des caractères exacts qui en donnent une rigoureuse définitione
Je ne pouvois demander ces documens à uneseule espèce, et encore moins à une espéce de la classe des mammiféres:les développemens et métamorphoses des produits génitaux S'y poursuivent avec trop de rapidité dans les commencemens, pour pouvoir être saisis et suffisamment bien constatés; mais choisissant mes sujets d'observation parmi les animaux, où chacune des premières époques est marquée par des intervalles d’une assez longue durée, par des crises organiques et par la métastase des produits , j’ai pu embrasser tous les faits qui établissent la marche des développemens par périodes graduées et distinctes.
Or, voici ce qu’on observe chez lesovipares. Chaque année l'artère spermatique reprend son service par une domination qui lui soumet de rouveau toutes les forces organiques ; c'est d’abord en reproduisant l’ovaire et en augmentant son tissu slanduleux ou parenchymateux, puis en produisant de petits corps ronds, transparens et incolores, et puis enfin par une slsadation nouvelle, en drmadénabtt ces corps qui, comme s’ils étoientsusceptibles d’une sorte de maturation, deviennent opaques et jaunes. Quelques anatomistes les ont nommés de leur couleur, corpora lutea. Jusques-la ces ovules(c’estle nom que je leur donne à ce moment de leur formation ); jusques-là ces ovules sont renfermés dans lesmembranes propres de l’ovaire, et principalement en dedans de sa dernière enceinte, sac formé par le péritoine. À ce moment de leur maturité, les ovules sont comme un fruit sur le point de se détacher du tronc qui l’a nourri. Cet événement rend une crise nécessaire : le pédicule du fruitrompra, le sac contenant l’ovule se déchirera. Le fruit et l’ovule tombent ; le fruit pour être moissonné, et l’ovule, s’il tombe directement dans le monde extérieur (comme à l’égard des poissons osseux dans le fluide ambiant), pour passer au moment même à l’état de fœtule : ou s’il tombe dans l'abdomen (comme chez les oiseaux , les poissons cartila-
234 MAR gineux , etc.), pour être reçu dans un autre système organique, et d’abord dans le pavillon de l’oviductus.
Maturité, déchirement, déplacement, tels sont sans doute des caractères évidens pour distinguer un premier âge des produits génitaux. L’ovule est un corps fini, car il est tout ce que l'ovaire pouvoit le faire: il est pondu, ou pour le monde extérieur, ou pour l'abdomen, suivant les animaux chez lesquelson observe. L’ovaire continue, non pas d’influencer, mais de produire : car ce n’est plus pour perfectionner ce qui est dans une condition arrêtée, mais pour refaire d’autres ovules.
: Aprés cette première ponte, l'ovule est repris chez les oiseaux et chez les mammiféres par le pavillon, conduit dans le tube de Fallope , et conservé un moment dans l’ad-uterum. Le passage et le séjour momentané de ce corps dans ces par-
ties de l’oviductus, en irritentla membrane séreuse:le résultat de cette irritation est une sécrétion abondante d’albumine, qui se réunit à l’ovule, et qui forme, autour, ces couches concentriques, dites vulgairement le blanc de l'œuf. Cette combinaison de jaune et de blanc, pourvue de ses membranes, constitue un nouveau corps, par conséquent un second àge des produits génitaux. En cet état, c’est un œuf: produit dehors, on dit de lui qu’il est pondu; mais c’est vraiment pour la seconde fois.qu'il quitte la souche originelle. |
Cetœuf s’anime sous de premiers efforts de développement: des vaisseaux paroïssent de toutes parts ; c’est un œuf injecté, ou mieux c’est un réseau placentaire, troisième âge des produits génitaux. Dans les actes irréguliers , tous ces vaisseaux sont divergens ,,et nous avons des produits monstrueux connus sous le nom de végétations animales, de masses charnues et de môles; monstruosités sur lesquelles nous avons présenté quelques nouveaux aperçus dans notre Philosophie anatomique, tom, >, pag. 206 ; ou, au contraire, dans les phénomènes qui se suivent régulièrement, la plupart des vaisseaux viennent converger sur un point, et donnent lieu à des formations d’organes, dont l'assemblage est connu sous le nom d’embryÿon.
Donnons À ce mot une valeur bien déterminée. C’est, jele répète, une réunion de parties où paroissent informes etconfusément des organes qui tendent vers une forme précise, et qui, achevés, procéderont à des actes pour produire de nou-
MAR 255 veaux organes. Dans ce cas, un embryon n'est point encore un être vivant, pas plus quel’œuf dont il provient : si donc quelque chose présente ici l’aspect d'une organisation vivante, ce n’est ni l'œuf avant son animation, ni l'embryon qui est jusques-là un résultat d'organes répandus autour de lui, mais c’est l’ensemble de vaisseaux qui a joui d’une activité assez puissante pour coordonner tant d’élémens assemblés; c’est le réseau placentaire. Plusieurs animaux des derniers rangs de l'échelle, les méduses, nous donnent en réalisation permanente ces combinaisons qui ne sont ici qu'un état intermédiaire. Le réseau placentaire, qui vit pour l'embryon, respire aussi pour lui. Par conséquent le sang qui arrive sur celui-ci est artériel et assimilable en raison de son oxigénation : il profite à l'embryon et pourvoit à son accroissement vers tous les points de son arrivée. S'il en est ainsi, comptons un quatriéme âge pour les produits génitaux; celui que l’existence d’un embryon nous fait connoître.
Mais que, par une révolution subite dont les phénomènes n’ont pas encore été examinés, tous les organes de l'embryon, et principalement son propre organe de la respiration, entrent enjeu, moment qui dépend de l'achèvement de ces organes, et surtout de l'élaboration complète de l’organerespiratoire, l’embryon vit par lui-même ; mais ce n’est plus l'embryon, c’est le fœtus. Les vaisseaux placentaires ont perdu les fonctions respiratoires : ils s’en tiennent à uneseule fonction, quand auparavant ils en remplissoient deux. Ce n’est plus qu'un appareil vasculaire, établissant une bouche de succion entre la mére et le fœtus. Les fonctions respiratoires ont passé aux vaisseaux du derme , comme plus tard et aprés la naissance, elles passeront aux vaisseaux du poumon. Le fœtus ne reçoit plus un sang assimilable , mais du sang veineux, c’est-à-dire une nourriture composée d’élémens hétérogènes, à laquelle il à maintenant les moyens de faire éprouver tous les actes de la digestion , de la nutrition, et finalement ceux de la respiration. Le fœtus, qui jouit d’une vie parfaite, mais particulière à sa situation d’être emprisonné , forme un cinquième état ou âge des produits génitaux.
Un sixième âge est celui de ce même fœtus, lorsqu'il est produit au jour: c’est, pour ainsi dire, une autre ponte qui
Vapporte dans un nouveau monde, et qui l'y apporte cette fois d’une manière bien autrement remarquable ; cet événe-
ment étant caractérisé par des crises plus déchirantes. En effet,
les enveloppes placentaires sont forcées et rompues: la bouche
intestinale de succion est flétrie et périt; le derme se rétracte
sous l'influence de l’air atmosphérique, et de larges vaisseaux
de respiration, atteints par cette rétraction, se changent en
capillaires de la peau ; la nutrition est intervertie aussi bien
dans son mode que dans son mécanisme ; et le sang, comme: les fluides respiratoires de l’air , viennent gonfler et faire jouer les poumons. Le fœtus a perdu ce nom, en se dépouillant de
ses enveloppes fœtales, et prend alors celui de NOUVEAU-NÉ , expression que je remplace à l'égard des mammifères par celle de lactivore.
J’ai depuis long-temps perdu de vue les animaux à bourse, car tout ce qui précède est une histoire de l’évolution des germes, laquelle embrasse l’universalité desanimaux vertébrés; maïs l’on doit sentir que j’avois besoin de substituer aux obscurités de la science à ce sujet, quelque chose de moins vague, et surtout que, sans un dictionnaire composé à l’avance de termes définis avec rigueur, je ne pouvois espérer d’être compris en traitant de ce qui concerne la naïssance des marsupiaux : tandis que présentement, s’il m'arrive de dire qu’aun moment de leur évolution, ils naissent aux tétines de leur mére, je serai entendu dans le sens où j'aurai conçu cette idée.
J’en viens maintenant à ces animaux, et je vais tenter d’exposer comment j'entends la révolution de leurs àges, leurs successives métamorphoses, et leur diverse apparition en certains lieux. J’embrasserai, par la pensée et les observations d'autrui, dont j'ai plus haut donné un précis, mes propres observations, et tousles faits que les considérations anatomiques et les secours de l’analogie ont pu me procurer. Comme rien ne peut suppléer des observations directes, et que plusieurs données de ce genre manquent toujours à ces déductions, j'en préviens pour que mes jugemens soient reçus avec une juste défiance. Je déclare que c’est à titre de devoir que je me suis résigné à publier ce qui suit. Il n’y avoit moyen d’arriversur les faits qu’en faisant paroître un programme qui expo-
MAR | 257 sèt ce qui est acquis et ce qui reste à acquérir. Je me flatte que l’intérêt du sujet excitera le zèle des médecins qui, aux Indes et en Amérique, sont à portée d'examiner des marsupiaux, et qu’ils voudront bien entreprendre d’aussi belles recherches. Cet espoir et la conscience de l'utilité de mon entreprise m'ont fait passer sur la répugnance d’avoir à avancer ici ce qui un jour sera peut-être justement contredit.
Un mode de génération possible à la rigueur , mais non probable, vu la distance des marsupiaux à l'égard des animaux chez lesquels ce mode se rencontre , est la génération gemmipare. Les organes mammaïires, en attirant à eux les principales dérivations des troncs artériels, pouvoient acquérir un degré de développement, de concentration et de puissance expansive, capable de produire un ou plusieurs rameaux prolongés, et par suite un système excentrique d'organes, dont le pédicule, venant enfin à se rompre, laissât en dehors du tronc principal un sujet semblable à sa tige originelle. Voilà ce que plusieurs physiologistes ont cru, mais ce qui n’est ni probable ni admissible d’après les faits. ‘
Les femelles des oiseaux produisent des ovules et des œufs sans l’approche des mâles, celles des mammifères seulement des ovules. Ceci nous apprend que l’artère spermatique, obéissant à une excitation intérieure, s’exalte sans autre provocation pour venir verser ses produits dans l’ovaire; glande qui se forme du groupement de ses branches terminales, de l’anastomose (?) d’une partie de ses vaisseaux capillaires. La fécondation qui ne s'exerce que dans l’ovaire et pour l’ovaire, est un phénomène qui joint son effet à des effets produits. Par conséquent la fécondation ni ne cause, ni ne caractérise l’ovule. Fécondé, l’ovule a acquis une condition de plus, la condition qui en excite et favorise le développement : non fécondé, il est réabsorbé, du moment que l'artère spermatique cesse de produire, et retourne à son premier état d’atrophie.
Chez l'oiseau, l’ovule qui traverse un long et large canal sinueux, irrite par sa présence la membrane séreuse de cet intestin. Plus de sang porté à la membrane séreuse, y produit des bandelettes glanduleuses, et celles-ci sécrétent bientôt dela matière albumineuse ; l’ovule s’en recouvre, et, grossissant à la
258 MAR manière d’une pelote de neige, il devient finalement ün œuf. Il est donc manifeste que ces événemens postérieurs n’ont rien changé à la nature primordiale del’ovule : son unique modification, c’est qu’il est enfermé au dedansde plusieurs couches albumineuses. L'ovule avoit-il été fécondé quand il adhéroit à l'ovaire? Lesmatiéresalbumineuses du tube de Fallope,ontcomme répandu autour de lui un voile léger qui paralyse momentanément l'effet de la fécondation. C’est de la cendre versée sur du feu : la plus petite circonstance fera cesser l’ajournement de ces effets de fécondation. Mais dans tous les cas, le liquide albumineux produit par le tube de Fallope, ainsi que les enveloppes qui le contiennent, sont des conditions propres aux oiseaux. Ce concours d’évéremens peut rester, et, je crois, reste étranger aux mammifères; d’où vient que je puis dire, pour donner toute ma pensée a cet égard, que les mammiféres ne sont point ovipares, maïs bien ovulipares, en dedans de la matrice. ils sautent par-dessus cette formation de l'œuf, dont nous avons plus haut fait le second àge des produits génitaux. Ceux-ci, passant de suite à l’état de réseau vasculaire, trouvent, dans les sécrétions des membranes séreuses contemporaines à l'égard de l’action du développement, assez d'atbumine déja produite pour fournir les élémens des membranes. On ala preuve de tous ces faits dans les gestations extra-utérines de la femme. Un ovule s’est il détourné de sa route, il lui suffit de rencontrer une artère pour se greffer, soit vers les trompes, soit même au-delà sur un point dés surfaces péritonéales. Or ce n’est certainement pas un œuf, mais un ovule qui peut s’égarer de cette manière et prendre ainsi racine. Quant aux marsupiaux, je ne puis voir en eux que des ovulipares : car ils ont encore moins que les mammiferes ordinaires l'organe susceptible d'élever l’ovule par des couches additionnelles à l’état et au volume d’un œuf, les portions fallopiennes de leurs oviductus étant très-courtes. (| dans les kangüroos) ou presque nulles (dans les didelphes). Leurs ovules, qui ne sont point arrêtés par une matrice ramassée sur elle-même et fermée par des cols, sont nécessairement rejetés dehors, au lieu d'entrer dans des travaux d'incubation à l'intérieur. Mais dans quel état et à quelle époque ? Rien ne peut sur ce point suppléer à l'observation, et il est prudent
NAR 259 d'attendre que celle-ci soit donnée. Cependant l'analogie fait entrevoir une circonstance : ce ne sauroit être le produit ovarien sans fécondation; car les femelles vierges le fournissent comme les femelles imprégnées : la différence des unes aux autres, c’est que dans celles-ci ce produit est efficace , et que dans celles-la il est destiné a être, aprés la saison d’amour, repris par la circulation. Les ovules qui s'écouleront ne sauroient être que des ovules fécondés : mais comme la fécondation ne leur donne jusqu'a leur parfaite maturité que des qualités de futur contingent, ce n’est point la fécondation en elle-même, mais les effets de la fécondation qui peuvent entraineries ovul!es. On conçoit que, venant à grossir, leur accumulation dans les portions (ad-uterum? ) de l’oviductus qui les contiennent, amenent un entassement douloureux pour ces portions contenantes, et que l’animal cherche à s’en débarrasser, nous pouvons dire à les pondre. Ainsi ce ne sauroit être des ovules dans l’état de tranquillité et de maturité, tel que lindique leur présence dars l'ovaire, mais des ovules dans un commencement de développement. J'ignore ce qui en est, et je ne fais que donner une supposition; ce seroit l’ovule avec réseau vasculaire, l’ovule du troisième àge des produits génitaux.
L’ovule se greffe à ce moment sur l’un des points de la matrice chez les mammifères ordinaires; il n’y auroit de différence à l'égard des marsupiaux que dans le lieu; la bourse seroit un organe supplémentaire ; un second utérus, et le plus important des deux (Barton). Cette gestation utérine de quaterze jours, suivant d’Aboville, de vingt-deux à vingt-six jours, suivant Barton, se composeroit du temps qu'emploient les ovules pour devenir réseau vasculaire, pour commencer cette premiére existence, dont les méduses nous présentent une image, et, comme je l’ai dit plus haut, dont ces animaux, l’un des derniers chaïinons de l’échelle animale , nous fournissent une réalisation permanente. Ainsi, l’on conçoit l’expression de Blumenbach, appliquée à 4 des êtres apparoissant dans la bourse, lesqueis ne seroient que des avortons. ? Ainsi s'expliquent, 1.° l'ebservation de Roume, reproduite par d’Aboville, que ce sont d’abord des corps ronds, pisiformes où en figue, des bosses claires, où l’on distingue à peine une
foible ébauche d’embryon; 2.° cette autre observation de Barton, que ce sont des corps gélatineux, des ébauches informes. Dans l'hypothèse que c’étoient des fœtus nés, on disoit, sans le comprendre, qu'ils s’attachoient aux mamelles; il est au contraire trés-possible et très-naturel que des corps gélatineux, que des ovules injectés se greffent aux mamelles, qui sont les points de la bourse où les artères sont le plus développées.
Le corps gélatineux déjà ouvragé par un tissu vasculaire, cettesorte de méduse, cet avorton pondu dans la bourse, forme le troisième état des produits génitaux. Je ne lui ai pas appliqué le mot de réseau placentaire, mais celui de réseau vasculaire, parce que je présume que ce réseau s'établit bien différemment et sans doute avec plus de simplicité. La respiration doit de bonne heure s’exécuter dans l’air libre, quand celle des réseaux placentaires puise l'air disséminé dans l’eau. Je me borne à ce simple énoncé pour ne pas anticiper sur les faits, espérant que cet aperçu y appellera l’œil des observateurs.
Ce réseau vasculaire établit l'embryon marsupial sous des conditions bien différentes de celles des embryons utérins; car il s'applique à former, aprésles appareils circulatoires et intestinaux , les poumons, et en même temps les narines, qui sont alors une continuation des canaux aériens. Le développement de l’organe olfactif, et particulierement de ses propres tubercules dans le cerveau, s'ensuit nécessairement; mais de plus, une autre conséquence qui en découle pareillement, c’est que le développement anticipé de celui-ci nuit à la formation de l'organe de la vision , l’un des premiers à paroître, comme l’un des plus considérables systèmes du fœtus chez les oiseaux. Barton dit en effet que les jeunes opossums n’ouvrent les yeux que vers le 5o° ou le 52° jour de leur entrée dans la bourse, et M. Serres, auquel on doit de si belles recherches sur l’encéphale des animaux vertébrés, m'a communiqué une observation correspondante. Il a vu sur un fœtus de marmose les tubercules nommés quadri-jumeaux fort petits; ce qui est exactement le contraire dans les embryons utérins. Un autre fait non moins singulier qu'il a aussi remarqué, c’est l’occlusion ab-ovo des yeux parle derme. On sait que chez les fœtus utérins les yeux existent d’abord ouverts, et que les paupières arrivent
et s'étendent dessus plus tard pour les défendre de la lumiére lors de la naïssance. Il semble que les yeux, avañt de devenir un organe de vision, soient consacrés à d’autres services, ou parce qu’ils recueillent certains fluidessécrétés, ou parce qu'ils établissent une communication de l'embryon avec son réseau vasculaire ambiant.Voyez, pour le développement de ces aperus, la note de ma Philosophie anatomique, tom. 2 , pag. 317.
Après l’état d’embryon arrive l’état fœtal. Le fœtus est tel, du moment que ses membres apparoiïssent, mais principalement dès que le poumon est formé, et que les narines se sont ouvertes et ont donné accés à l'air ambiant.
Quel est le mode de nourriture de ces différens âges? la tétine est-elle un cordon ombilical, se continuant par une liaison non interrompue chez l'embryon jusques dans l’æsophage P et le fluide parvenu dans l’estomac et l'intestin seroitil sécrété par l’œsophage? par l'estomac? par l'intestinr Cet aliment lui-même ne seroit-il autre que le mucus, que ce fluide quintessencié du système artériel? Voyez pour cette théorie qui m'est propre le chapitre du deuxième volume de ma Philosophie anatomique, pag. 288, portant pour titre : De la nutrition intestinale du fœtus et de sa très-grande conformité avec la nutrition intestinale de l'animal adulte. Un passage de Barton doit le faire supposer; c’est quand Barton dit avoir vu dans l’estomac d’un trés-petit embryon, un liquide transparent et sans couleur, observation qu’il oppose à une remarque, faite surunsujetmoinsjeune, pesant quarante-un grains, etchez lequel l’estomac étoit distendu et dilaté par une matière blanche et laiteuse. Cet estomac si distendu, si dilaté, me rappelle la vésicule ombilicale des mamumiféres, la poche du jaune des fœtus d’oiseaux. €
Barton traite, avec détails, du développement de la tétine : elle croît en longueur et en diamètre , dans la même raison que croît l'embryon. Celui-ci y fait naître un appareil de vaisseaux nourriciers analogues à ceux dont se compose le placenta, mais adaptés dans ce nouvel ordre de choses, non plus à une ouverture d’une courte durée, à l’ouverture ventrale, dite l’ombilic, mais à un orifice permanent, celui de la bouche elle-même ; entrée plus naturelle peut-être pour la substance alimentaire, que celle des fœtus, que nous sommes cependant et si journel-
242 MAR lement à portée d'observer. « L’embryon forme son mamelon, a dit Barton :les plus intimes rapports d’accroissement et de développement existent entre l’un et l’autre. Quand la bouche de l'embryon grandit, lemamelon grossit pareillement :etavec le temps on s'aperçoit que le mamelon n’est plus qu’en partie contenu dans la bouche; on en voit dayantage en dehors depuis son insertion à la glande mammaire jusqu'au bord extérieur des lèvres. ? | Ë |
J'ai eu occasion d’étudier les rapports du mamelon avec la bouche, mais dans un jeune sujet libre de tous liens, et revenant téter dans la bourse. C’est un arrangement d’un accord si merveilleux qu’il faut croire qu’une adhérence des deux parties persistantes dans le premier âge en avait ainsi ordonné. Afin que les deux fonctions de la respiration et &e la lactation puissent s’exécuter simultanément, le larynx est terminé par un col évasé dont le pourtour se-prononce en une sorte de petit bourrelet; tout cet ensemble est introduit dans les arrièrenarines : ainsi le larynx est placé sur le voile du palais. Decette maniére, la respiration du jeune didelphe se fait par les narines et le larynx, lorsque Îa succion de la tétine remplit de lait la bouche et le pharynx. Ce liquide glisse le long du larynx dont le collet forme un ressaut qui ménage de chaque côté une très-petite issue pour le trajet de la substance alimentaire. La lactation achevée, le larynx descend sous le voile du palais, les narines deviennent libres; la respiration et la manducation sont comme partout ailleurs des actes nécessairement successifs.
M. d’Aboville a dit du mamelon que, long de deux lignes ,äl se dessèche aprés le sévrage, et tombe comme ie feroit un cordon ombilical. Il est beaucoup plus long, quand ilsert de pédieule pour suspendre le fœtus. C’est à ce moment qu'on peut le regarder comme un véritable cordon ombilical; mais au bout de six semaines la rupture s’en opère; ses vaisseaux, qui se prolongeoient dans le fœtus, s'arrêtent et se terminent dans la glande mammaire. Leur rôle à cette seconde époque,est de nourrir abondamment cette glande , et d’en faire un organe puissant de lactation. Le pédicule de suspension , ainsi réduit à n'être que le vestige d’un riche appareil, prend à ce moment le caractère et la fonction d'une tétine.
Le sang quitte doncune habitude prise pour en contracter une
MAR 243 autre ; mais n'est-ce pas ce qui arrive chez toutes les méres des mammiféres ordinaires, quandelies mettentaujourleurspetits? Ces mêmes effets chez les marsupiaux tiennent à de semblables causes.« Après l’ège de la suspension aux mamelles, a dit Pennant , les jeunes opossums subissent une seconde naïssance. ? La proposition de Pennant est rigoureusement vraie, si l’on admet que leur entrée dans la bourse leur doit être comptée comme une première naissance. Une première fois nés, quand ils ne jouissoient encore que de l’organisation des méduses, ils naissent une seconde fois, le jour que leurs yeux sont ouverts, que leur bouche est fendue latéralement, que le pédicule de suspension a été rompu, et qu'ils n’ont plus avec leur mère
de rapports que comme lactivores. Un instant auparavant, c’étoient encore des fœtus, les voilà nouveau-nés ou lactivores.
A ce moment ils rentrent dans les conditions communes de tous les mammiféres.
Cependant jusqu’à quel point s'en sont-ils écartés ? Ils étoient déjà nés une premiére fois, organisés comme des méduses ; mais tous les mammifères passent par cette existence intermédiaire ; la différence ici, c’est que les marsupiaux naissent méduses dans le second utérus, la bourse, et que"les mammiftres ordinaires naissent avec ce degré d'organisation dans le premier, la véritable matrice.
Telle est ia dernière observation par laquelle je : termine ce long paragraphé. On aura remarqué que voilà un bien long article pour exposer le plus souvent des idées plutôt probables qu'avérées; mais l'intérêt dusujet estsigrandqu'ilfera sans doute excuser la témérité de cette entreprise. Une génération rapprochée de la nôtre, anomale en quelques points, opérant un autre partage des époques de développement, productive par l'emploi d’autres moyens, forme sans doute l’un des plus grands spectacles que les considérationsanatomiques pouvoient fournir à la philosophie. Notre champ habituel d'investigation nous a procuré des théories, des règles, qui nous ont à peu près appris tout ce qu’elles pouvoient nous enseigner. En étudiant au contraire toutes cessortes d'irrégularités, nous nous procurons d’autres sujets de méditation, d’autres bases pour juger différemment ce que nous appelions les cas normaux, des effets
nécessaires. La génération estle plusgrandfait dela physiologie: s’il nous est donné d'en PPDOIPERE les mystères avec plus de bonheur qu’on ne l’a fait jusqu'a ce jour, ce sera, je pense, en suivantpasa pastouteslesobservationspossibles deses phénomènes, et plus particulièrement en donnant la plus sérieuse attention aux métamorphoses etaux métastases des produits génitaux dans les animaux à bourse.
Une derniére considération intéresse la zoologie. Comment tant de familles différentes sous le rapport des organes du mouvement et de la nutrition ? et comment arrive-t-il cependant qu'une chaîne, les maîtrisant impérieusement , les eniace et les réunisse en un seul groupe , dans l’ordre unique des marsupiaux ? Ce ne seroit plus une question problématique, si la modification principale, qui amène à un centre commun tant d'organisations diverses, tient à la seule absence de la mésentérique inférieure; car on sent que cette cause peut agir fortement dans un lieu, sans affecter bien vivement toutes les autres parties de l’être. (Gsorr. Sr.-H.)
MARSUPITE. (Foss. ) On trouve dans les couches de craie, prés de Lewes » à Hurstpoint, prés de Brigthon et de Warminster, et dans d’autres endroits de l'Angleterre, un singulier corps fossile , qui paroît dépendre de la famille des échinides, mais qui est d’un genre particulier, auquel Parkinson avoit donné le nom de tortoiseencrinite (Park., Org. remains, vol. IT, pl. XIIL, fig. 24), etauquel Miiler et Mantell ont donné celuide marsupites ( Miller a natural history of the crinoidea, Mantell’s manuscript on the southdosyn fossile, tab. XVI, fig. 6,10, 14et 15).
Dans l'ouvrage ci-dessus cité, Miller lui assigne les caractères suivans : Corps libre, subglobuleux, et qui a dû renfermer des viscéres, protégés par des pièces calcaires, appuyées sur elles-mêmes. Cet auteur a cru y remarquer des épaules, desquelles ont dû partir des bras, et un espace près de l’épaule qui a dù être couvert par un tégument, protégé par de petites pièces très-nombreuses, dont il donne les figures (pag. 124), ainsi que celle de l'espèce qu’il a décrite, à laquelle il a donné le nom de marsupiles ornalus.
On voit, tant par les morceaux de ce fossile que nous possédons, que parles figures que nous venons de citer, que ce corps
MAR 245 de la grosseur d’un œuf de poule, arrondi par l’un des bouts, et trenqué par l’autre, est composé environ de douze pièces changées en spath calcaire, et qui sont appliquées les unes auprés des autres. Les cinq pièces, qui terminent le bout arrondi, sont pentagones et finement striées ; les autres sont hexagones, et chargées extérieurement de cordons rayonnans, dont le centre part du milieu dé chaque pièce. Dans la figure donnée par Miller, on voit au bout tronqué cinq proéminences qui indiqueroient qu’au bout de chacune d’elles auroient pu se trouver des bras semblables à ceux des ophiures. La figure, donnée par Parkinson, porte des échancrures aux places où ces bras devroient avoir existé.
‘ D'après ce que l’on voit de ce corps, il est difficile de se faire une véritable idée de ce qu’il étoit à l’état vivant. Peut-être que quelque jour, on se procurera des morceaux plus entiers qui nous le feront mieux connoître. (D. F.)
MARSYAS. (Malacoz.) C’est le nom sous lequel M. Ocken, dans son Système général d'Histoire naturelle, 3° partie, p. 302, a établi le même genre que M. de Lamarck avoit proposé depuis long -temps sous le nom d’Avuricure, qui a été généralement adopté. Voyez ce mot. (De B.)
MARSYPOCARPUS. (Bot.) Necker donne ce nom à la bourse à berger , thlaspi bursa pastoris, dont long-tempsavant, Césalpin avoit fait un genresous celui de capsella, adopté récemment par Medicus et Mœnch, et caractérisé par la silicule triangulaire. (J.)
MARTAGON. ( Bot.) Ce nom ser a été donné par Lobel, Clusius et d’autres à diverses espèces de lis ; mais il est resté appliqué plus spécialement au lilium martagon des botanistes, dont les pétales sont réfléchis et courbés en dehors. (J.)
MARTE, Martre (Mamm.), Mustela, Linn. C’est le nom latin Marées , qui appartenoit à une espèce du genre ou plutôt du groupe trés-naturel auquel il est aujourd’hui appliqué comme nom générique.
Ce n’est que dans ces derniers temps qu’on a réuni da»s le genre Marte des animaux dont l’analogie d'organisation est réelle. Raï et Brisson y associèrent les mangoustes, Linnæus y réunit les loutres : ce que Gmelinse garda bien de rectifier. Pennant confondit les martes avec une foule d'animaux hétérogènes
et Erxleben, par un hasard heureux, sinon par une raison solide, associa les gloutonsaux martes. Depuis on a diversement ballotté | ces animaux, et nous avons essayé nous-même de les soumettre à un ordre régulier, et d'établir leurs véritables rapports. Pour cet effet, considérant que la structure des organes de la mastication et de la digestion sont, chez les animaux carnassiers, dans des rapports intimes avec le naturel fondamental, et que les différences que ce naturel présente, suivant les espèces, tiennent aux modifications organiques qui ont pour objet, non de le changer, mais seulement de varier les moyens de le satisfaire, nous avons considéré tous les carnassiers pourvus du même système de dentition que les martes, et non dérivant de ce système, comme appartenant à une même famille, laquelle se subdivise en plusieurs genres ou sous-genres, Suivant les différences de leurs autres systèmes d'organes. /
Envisagée sous ce os de vue, la famille des martes ren-
ferme : 1.° les pulois, 2.° les zorilles, 3.°les martes, 4.° les grisons , et 5.° les gloutons. Nous avons déjà traité des grisons et du glouton sous ce dernier nom. Nous traiterons dans cet article, sous le nom commun de martes, des putois, du zorille, et des martes proprement dites.
Les Purois.
Les espèces de ce groupe, qui se trouvent chez nous, tels que le putois, la belette, le furet; etc., sont trés-propres à donner l’idée de la physionomie et du naturel qui sont communs à toutes. On n’en connoît point encore dont la taille surpasse celle du putois. Ce sont des animaux minces, cylindriques, alongés, bas sur jambes, dont le cou est presque aussi gros que la tête, qui ont une incroyable souplesse, et une rapidité de mouvemens plus incroyable encore; ils s'introduisent par les ouvertures les plus étroites, montent aux arbres a l’aide de leurs ongles acérés, marchent sur l'extrémité des doigts; et lorsqu’ils fuient, c’est uneflèche qui vole. Après les chats, cesontles plus sanguinaires de tous les carnassiers ; c’est même le sang plutôt que la chair qu’ils recherchent pour leur nourriture: ils s’aftachent au cou du lièvre qu’ils ont surpris, percent sa peau de leurs canines aiguës, et malgré sa fuite, s’il est assez grand pour les entraîner avec lui, ils ne le quittent qu'après
MAR 247 s'être repus et l'avoir épuisé. Leur vie est solitaire et nocturne; c’est lorsque les autres animaux reposent qu'ils tentent de surprendre leur proie; et c'est aussi durant la nuit qu’ils cherchent à satisfaire les besoins de l’amour. Les uns vivent près des habitations, les autres dans le voisinage des forêts, quelques uns près des rivières, et ceux que nourrissent les régions septentrionales, couverts d’un pelage fin et épais, fournissent au commerce des fourrures très-recherchées. On a déja trouvé des putois dans toute l’Europe, dans le midi comme dans le nord de l’Asie, dans les provinces du nord de l'Afrique et dans l'Amérique septentrionale.
Leurs caractères organiques sont tout-à-fait en rapport avec leur naturel. Leur systéme de dentition consiste en six incisives, deux canines et huit mâcheliéres à la mâchoire supérieure, et en six incisives, deux canines et dix mâchelières à l’inférieure. Les incisives et les canines n’offrent rien d’important dans leurs détails. Les mâchel ères supérieures se composent de deux fausses molaires normales, d’une carnassière pourvue d’un tubercule interne, petit, mais trés-distinct, et d'uñe tuberculeuse assez étendue. Lesmächelières inférieures sont forméesde trois fausses molaires , les deux premières rudimentaires et la derniére normale, d'une carnassiére dont le talon postérieur est assez étendu, et d’une trés-petite tuberculeuse de forme cirtulaire. Le pelage est ordinairement composé de deux sortes de poils , et les moustaches sont longues et épaisses, l'oreille est petite , arrondie, plus large que haute, peu compliquée dans son intérieur, mais avec un repli en forme de poche à son bord antérieur. L'œil n’a qu’un rudiment de paupière interne, et sa pupille est alongée trarsversalement. Les narines sont ouvertes au milieu d'un mufle composé de fortes glandes, et la langue étroite est couverte de papilles cornées et aiguës, et elle est terminée en arriére par deux lignes parallèles de chacune trois glandes à calice, qui sont entourées de beaucoup d’autres glandes plus petites. Les quatre pieds sont terminés par cinq doigts réunis dans les trois quarts de leur longueur par un membrane assez lâche. Le doigt du milieu et l’'avant-dernier sont égaux, et plus longs que les autres ; le second et le dernier , également égaux entre eux, viennent ensuite, et le premier, ou celui qui répond au pouce, est le
plus couft. Des tubercules nus et oblongs garnissent la base des doigts, et, au milieu de chaque plante, s’en trouve un autre également nu, et en forme de trèfle, dont les divisions sont dirigées du côté des doigts. À chaque pied de devant, se trouve un tubercule qui les termine en arrière. L’intervalle qui sépare ces divers tubercules est couvert de poils chez les uns, etnu chez les autres. Les organes génitaux n’en ont point d'accessoires; et l’on observe de chaque côté de l'anus, l’orifice de glandes qui sécrètent une matière visqueuse plus ou moins odorante. gl ‘Les espèces de ce groupe qui sont assez bien connues pour être caracterisées, sont au nombre de onze.
1. Le Purois : Mustelaputorius, Linn.; Buffon ,tom. VII, pl. 24. Cette espéce a environ quinze à dix-huit pouces de longueur - du bout du museau à l’origine de la queue; celle-ci en a six. C’est peut-être la plus grande espèce de ce groupe. Elle est généralement d’un noir brunâtre quis’éclaircit en prenantune teinte jaunâtre sur les flancs etsur le vernitre , et sa face blanche semble être recouverte en partie d’un masque brun ; mais observée en-détail, on trouve quelesommet dela tête, le front, le dessus du cou et la queue sont d’un beau roux assez clair; que les autres parties de la tête, excepté le museau, le reste du cou, les épaules, les jambes et le bout de la queue sont d’un brun plus foncé ; que le museau est blanc , sauf le masque assez large qui part du front, s'étend sur les yeux, et vient ense rétrécissant jusque sur le bout de la mâchoire inférieure ; que la partie postérieure de la poitrine et le ventre sont d’un fauve clair avec une ligne longitudinale noiràtre qui les partage en deux parties égales ; enfin que le bout des oreilles est blanc. Le putois vit prés de nos habitations, et, surtoutenhiver, établit son gîte dans les greniers, sous les toits et dans les parties les plus reculées des granges; il cherche à se glisser dans les basses-cours, dans les colombiers, et, s’il y pénètre, il met tout à mort, apaise d’abord sa faim, et ensuite emporte pièce à pièce tout ce qui reste. Il est aussi très-dangereux pour les lapins danslesterriers desquelsils’introduitaisément,etoù même il établit quelquefoisson gîte. Les nids de caille, de perdrix, les rats, les mulots deviennent aussi sa proie, lorsque durant la belle saison il s’est établi dans le voisinage ou sur la lisière des bois.
Sa défiance le fait aisément échapper aux piéges qu’on lui tend; aussi est-il à la campagne un voisinage très-inquiétant; mais lorsqu’it s'aperçoit qu’on persiste à le poursuivre, il finit par s'éloigner. On assure qu’il aime le miel et qu'il attaque les ruches. C’est au printemps que ces animaux entrent en amour; les mâles se livrent alors des combats cruels. Après cette époque, les femelles se retirent dans leur retraite, où elles mettent bas quatre ou cinq petits dont ellesseules prennent soin; mais on ne dit ni combien dure la gestation, ni dans quel état de développement ces petits naissent. C’est vers la fin de l'été qu’ils commencent à se conduire seuls, et bientôt aprèsils seséparent entièrement de leur mére. La voix des putoisest assez sourde, ils ne la font entendre que rarement, et surtout dans leurs combats. L’odeur qu'ils répandent est infecte , et c’est de la que leur nom a été tiré.
On trouve cette espèce dans toute l' Europe, etjusqu’en Suède.
2. Le CHorox; Mustela sibirica, Pall., Spiciles. Zoolog., fasc. 14, pl. 4, fig. 2. Les Russes donnent ce nom à une espèce décrite par Pallas sous le nom latin que nous avons joint au premier, mais la description de ce savant naturaliste diffère si peu de celle du putois, que noussommes embarassé de trouver des différences qui les distinguent. Selon cetillustre naturaliste, le chorok auroit des poils plus longs et moins fins que le putois, et, au lieu d’avoir l’extrémité du museau brune, il auroit le tour du nez blanc. Cet animal du reste a toutes les mœurs du
putois. On sent qu’une nouvelle comparaison est nécessaire pour établir qu’il y a une différence spécifique entre ces animaux.
La collection du Muséum paroît posséder un individu de cette espèce qui est uniformément d’un blond roux, excepté le tour du museau qui est blanc au bout et brun jusqu'aux yeux. Cetindividu diffère donc beaucoup du putois, et donneroït des caractères très-précis à son espèce.
3. Le Vison : Mustela vison, Linn.; Buffon, tom. XIII, pl. 45.Sa taille approche beaucoup de celle dela fouine; il a quinze pouces du bout du nez à l’origine de la queue; celle-ci en a douze.
Ilest d’un brun marron, #n peu plus ou un peu moins foncé; le dernier tiers de sa queue est noir; le bout de la mâchoire inférieure est blanc, et cette couleur s'étend en uneligne étroite
jusqu’au milieu du cou. La membrane interdigitale est remarquable par son étendue. Le vison fx de l'Amérique Re bn trionale.
4. Le Mixr; Mustela lutreola , Pall., Spicileg. Zoolog., fase. 14, pl. 31. Cette espèce est d’un tiers plus petite que le vison, et d’un marron presque noir. Le dernier tiers de sa queue est iout-a-fait noir, et le bout de sa mâchoire inférieure est blanc. Ses doigts ne paroissent pas être aussi Der que ceux de l’espéce précédente.
Elle est commune dans le nord de l’Europe, et descend jusqu’à la mer Noire. Elle est également répandue dans l'Asie septentrionale et dans l'Amérique du Nord. On rapporte qu’elle se tient principalement aux bords des rivières, et qu’elle vitde reptileset de poissons. L’odeur qu'elle répand est celle du musc.
5. Le Furer : Mustela furo, Linn.; Buffon, tom. VII, p. 26. Cet animal a de si nombtfeux et de si intimes rapports avec le putois, que quelques naturalistes ont: pensé qu'il ne devoit être considéré que comme une de ses variétés. En effet noûs ne le connoïssons guère qu'a l’état domestique et sous des pelages variés de brun elair ou jaunàtre. Quelques races sont entièrement blanches par Peffet de l’albinisme.
Le furet est généralement un peu moins grand que le putoïs,
et nous l’'employons surtout à la chasse du lapin. Suivant Strabon, il est originaire d'Afrique, d’où il a été apportéen Espagne, et c’est de cette dernière contrée qu’ila passé chez nous. Il a fait le sujet de peu d'observations. Dans l'état de domesticité où nous le tenons, privé de toute liberté, il ne s’éveille guère que pour satisfaire au besoin de manger et de se reproduire. On le nourrit de farine et de pain trempés dans du lait. Il fait communément deux portées par an de six à huit petits que les mères dévorent très-souvent. Il a peu été vu à l’état sauvage. Shaw dit qu’en Barbarie on le nomme nimse.
6. L'Hermine : Mustela erminea, Linn.; Buffon, tom. VIT, pl. 29, fig. 2; et pl. 31, fig. 1. Cette espèce, parmi les putois de uos contrées, vient immédiatement après le furet pourla grandeur, elle a du bout du museau à l’origine de la queue environ neuf pouces, et la queue en a quatre. Elle nous est connue sous deux couleurs et sous deux noms. En hiver elle est toute blanche avec le bout de la queue noir, et porte dans
MAR 291 ‘cetétat le nom d’hermine; pendant l'été, elle est d’unbeau brun en dessus et d’un blanc jaunàtre en dessous, avec le bout de la queue noir; c’est alors un roselet. Elle se trouve surtout dans les partiesseptentrionales de l’ancien et du nouveau continent ; et, sans êlre chez nous aussi commune que la belette, elle n’y est pointrare. Ellérecherche les contrées rocailleuses, et fuitle voisinage des habitations.
Les peaux d’hiverde cette espèce font un se considérable de commerce. ;
M. Choris, peintre de l'expédition de M. Kotzbuë, a déposé au cabinetd Aa la partie antérieure d’une tête, et la màchoire inférieure d’une espèce des Isles aleutiennes quise br proche, par la taille, du roselet, et qui pourroit même n'en pas différer.
7. La Bererte: Mustela vulearis, Linn.; Buffon, tom. VIL pL.27, fg. 1.Sa longueur du bout du museau à l’origine de la queue est d'environ six pouces; la queue a de quinze a dix-huit lignes. Les parties supérieures de la tête, le dessus et Les côtés du cou, le dessus et les côtés du corps, les pattes de devant antérieurement etextérieurement , les cuisses, les fesses, Les pattes de derrière extérieurement et postérieurement, et toute la queue sont d’un beau marron clair. La mâchoire inférieure, le dessous du cou, la pcitrine, le ventre, les pattes de devant et les pattes de derrière aux parties, dont nous n'avons point encore parlé, et les cuisses à leur bord antérieuret à leur face interne, sont blancs, à la seule exception d’une petite tache brune qui se trouve sur la mâchoire inférieure en arrière de la bouche.
Cette espèce établit assez volontiers son gite près de nous, surtout en hiver, et cherche à vivre aux dépens de nos poulaillers et de nos colombiers où elle fait de grands dégâts. En été, on la trouve sur les bords des lieux rue d'arbres, ayant établi sa retraite sous quelque racine ou dans les arbres creusés par le temps. C’est vers la fin de l’hiver que ces animaux ressentent le besoin de l’amour , et c’est au printemps qu’on trouve les jeunes cachés dans un nid de paille ou de foin arrangé par la mère : ces petitsnaissent les yeux fermés. On trouve la belette dansles parties tempérées de l’ancien continent.
Quelques auteurs ont regardé comme une variété de cette espèce le mustela nivalis de Linnæus, qui est blanc avec le bout de
sis MAR la queue noir, comme l’hermine, mais qui est plus petit. D’autres ne l’ont considéré que comme une hermine de petite taille.
8. La Berette D'AFRIQUE; Mustela africana, Desm.M.Desmarest a publié cette espèce d’après une peau bourrée du cabinet du Muséum, qui porte aujourd’hui pour touteindication qu’elle a été tirée du cabinet de Lisbonne : elle a environ dix pouces de longueur, etsa queue ena six.Toutesses partiessupérieuressont d’un beau maron , etses parties inférieures d’un blanc jaunètre. Une bande marron, très-étroite , qui naît à la poitrine ets’étend jusqu’à la partie postérieure de l’abdomen, partage longitudinalement en deux ces parties blanchâtres; et le blanc des bords des lèvres remonte un peu sur les joues. La queue est de cou- Jeur marron dans toute son étendue.
9. Le PEnouasca ; Mustela sarmatica, Pall. , Spicileg. Zoolog., fase. 14, pl. 4, fig. 1. Cette espèce a du bout du museau a l’origine de la queue un pied deux pouces environ, et la queue en a six. fille nous offre quelques particularités qui la distinguent profondément des autres espèces de ce groupe, c’est son pelage tacheté. Elle paroît aussi, suivant Pallas, avoir la tête moins large proportionnellement que les putois. Les couleurs de son pelage consistent dans un fond marron varié de blanc. Toutes les parties inférieures du corps, depuis le cou jusqu'a la base de la queue, c’est-à-dire Le cou, la poitrine, le ventre et les membres sont d’un brun foncé; cette couleur remontesur les épaules en y prenantune teinte plus pâle ; toutle reste est à peu près également mélangé de brun et deblanc, mais trop irréguliérement pour qu’on puisse donner de la distribution de ces couleurs une description fidèle. La mâchoire inférieure et le bord de la lèvre supérieure sont blancs; une bande blanche transversale, étroite, sépare les deux yeux, passe pardessus, et vient en s’élargissant se terminer au bas des oreilles sur les côtés du cou. La nuque est blanche et donne naïssance à deux autres bandes blanches qui descendent obliquement et viennent se terminer au devant de l'épaule. Quelques petites taches isolées garnissent la ligne moyenne jusqu’en arrière des épaules, où naît de chaque côté une longue tache qui se lie à celles qui bordent les flancs et qui forment une chaine jusqu'a la queue ; entre ces deux lignes se voit un espace à peu près également partagé entre de petites taches irrégulières, brunes
et blanches. La queue est uniformément variée de ces deux couleurs, excepté à la pointe qui est toute noire.
Cette description, faite sur l'individu du cabinet, différe assez de celle que Pallas nous a donnée du perouasca, pour qu’on puisse penser que la distribution des taches blanches peut varier dans certaines limites suivant les individus.
10. LaBererreravÉée; Mustela striata, Geoff. Ce joli petitanimal est de la taille de la belette. Son pelage est d'un brun foncé en dessus, partagé longitudinalement par cinq raies blanches, étroites et parallèles, qui garnissent toute l'étendue du dos. Le dessous du corps est d’un blanc grisàtre pâle; la base de la queue est brune, mais le reste, c’est-à-dire la plus grande partie de sa longueur, est blanc.
Cette espèce, qui n’a jamais été représentée et dont il n’a encore été fait mention que par M. Geoffroy Saint-Hilaire, a été trouvée à Madagascar par Sonnesat, qui ena rapporté l'individu que les galeries du Muséum possèdent, et duquel j'ai tiré la description que je viens d’en donner.
11.Le Furet DE JAVA; Mustela nudipes, His. nat. des Mam.., liv.32 Cette espece estun peu plus petite queleputois, Toutson corps, excepté la tête et le bout de la queue, est couvert d’un poil d’un fauve d’or brillant. La tête et l'extrémité de la queue sontblanchesjaunâtres; mais ce qui caractérise particulièrement cette espèce, est la nudité du dessous de ses pieds. Le putois n’a de nu sous la plante des pieds et sous la paume des mains que lextrémité des tubercules qui garnissent ces parties, et quenousavons décrits. Dans le furet de Java les parties quiséparent ces tubercules sont également nues ; et ce n’est cependant . point un animal plantigrade; cette circonstance n’influe donc en rien sur son naturel, d’une manière appréciable pour nous du moins, et c’est pourquoi je ne l’ai considérée que comme un caractère spécifique.
C’est à MM. Duvaucel et Diard que nous devons la conuoissance de cette belle et singulière espèce de putois.
Les ZorILLes.
Les modifications organiques qui caractérisent lezorillen’ont
encore été présentées que par une espèce, la seule parmi les belettes qui soit propre à fouiller la terre et à faire des terriers;
du reste elle ressemble à ces derniers animaux par sa physionomie générale, son système de dentition,sessensetson naturel. Le Zone : Mustela zorilla, Linn. : Buff., t. XIII, pl.41.,a environ seize pouces du bout du museau à l’origine de la queue; celle-ci a dix pouces. Le fond de son pelage est noir avec des‘taches et des lignes blanches distribuées régulièrement. On voit une de ces taches sur le milieu du front, et une autre de chaque côté de ia tête, qui naît derrière l'œil et s'étend jusqu'a la base de l'oreille; celle-ci a son bord supérieur blanc. Au sommet de la tête est une large tache blanche de laquelle naissent quatre bandes de la même couleur qui s’étendent tout le long du corps, et viennent se terminer à la queue. Les bandes latérales sont un peu plus larges que les moyennes, et toutes s'élargissent en s’avançant vers la croupe, ‘où, s’écartant en même temps, elles laissent une tache noire dont la forme est à peu prés celle d’un trapèze. La queue est glacée de noir et de blanc dars un rapport à peu près égal de ces deux couleurs. On trouve le zorille au cap de Bonne-Espé: rance , où il a aussi reçu les noms de blaireau et de putois.
Les Mantes.
Les martes différent des putois et du zoriile par une fausse molaire de plus à chaque màchoire, et par une tête généralement plus alongée, Leurs ongles sont à demi rétractiles, et du reste les unes et les autres se ressembient par toutes les autres parties organiques, ainsi que par le naturel. Cependant quelques unes d’entre elles ont toutes les parties de la plante des pieds couvertes de poils, ce sont de vrais lagopèdes.
On connoit moins de martes que de putois;et celles qu’on a caractérisées jusqu'a présent ne se trouvent qu’en Europe, dans l'Asie septentrionale et dans le Nouveau-Monde.
La Fouine: Mustela foina , Lion: Buffon, t. VII, pl. 18 ,estde la grandeur d’unjeune chat domestique.Sa longueur, de l’occiput à l’origine de la queue, est d’un pied environ; sa têétea quatre pouces et sa queue huit. Toutes les parties supérieures de son corpssontd’un brun jaunâtre; mais la tête, excepté lemuseau, est plus päle que ne le sontle cou et le dos; les pattes et la queue à sa moitié postérieure sont presque noires, le ventre et la poitrine postérieurement sont blonds; la mächoire inférieure, le des-
MAR QE 235 sous du cou et le devant de la poitrine sont du plus beau blanc. Quelques petitestaches irrégulières ethbrunesse remarquentala partieblanche de la naïssançge du cou. La fouire a les dispositions sanguinaires de toutes les autres espèces de martes; cependant le naturel qui la porte à vivre prés de nos habitations, et à se familiariser avec le bruit et le mouvement qui a nape EE toujours les travaux agrico!es, lui donne aussiune beaucoup plus grande facilité qu'aux autres espèces pour s’aprivoiser. Néaninoins elle se trouve aussi dans les forêts. On sait que cet animal estuudes plus dangereuxpour nos basses-cours, que soninstinct le porte à mettre à mort tout ce qui tombe sous sa dent meurtrière, pour emporter ensuite une à une dans son repaire
les victimes de sa sanglante moisson. Il mange aussi les substancessucrées, et surtout le miel. F
C’est vers la fin de l’hiver que les fouines entrent en rut, et l’on dit que la durée de leur gestation est la méme que celle des chats. Au bout d’une année les jeunes fouines ont atteint tout leur déve:oppement. Cette espèce répand une odeur très-désagréable , et paroît être répandue dans toute l'Europe et dans une parte de l'Asie.
La Mante: Mustela martes, Linn.; Buffon, tom. VII, pl. 22, diffère peu pour la taille de la fouine. Sa couleur est d’un brun assez brillant; le bout du museau, la moitié postérieure de la queue et les membressont plus foncés et presque noirs. La partie postérieure du ventre est roussàtre, et la gorge, 15 cou et une partie de la poitrine sont jaunâtres.
. Ces caractères n’établissent cependant pas entre la fouine et la marte des différences si sensibles que plusieurs naturalistes n'aient pensé qu'elles n’étoient que des variétés d'une même espèce; cependant l'opinion contraire a prévalu. En effet ces animaux ont des instincts différens : la marte recherche les lieux les plus solitaires, vit surtout dans le fond des forêts, et ne s'approche jamais des habitations. Elle monte aux arbres pour y surprendre les oiseaux ou les écureuils, et c’est dans les nids des uns ou la bauge desautres, qu’elle dépose souvent ses petits.
La martesé trouve aussi dans toute l’Europe, et, dit-on, même dans l’Amérique septentrionale.
La Zissuine: Martes zibellina, Linn.; Pail., Spicil., 14, tab. 3, fig. 2, diffère aussi trés-peu du putois par la taille, et ressemble
beaucoup a la marte par les couleurs. Son pelage est généralenent d’un brun marron plus ou moins foncé et plus ou moins brillant, et les parties inférieures de la gorge et le cou sont grisàtres; mais le trait le plus caractéristique de cette espèce, c’est que le dessous de ses doigts est entièrement garni de poils.
Elle a le même genre de vie que lamarte, c’est-à-dire qu’elle vit dans le fond des forêts, qu’elle fait sa proïe des oiseaux et des petits quadrupèdes, et qu’elle se reproduit comme elle.
Elle se trouve dans toutes les parties septentrionales de l'Europe et de l'Asie.
On sait que la fourrure de cette espéce fait pour le Nord, et surtout pour la Russie, un objet considérable de commerce.
Le Pexan : Mustela canadensis, Linn.; Schreber, pl. 154.5a taille est encore la même que celle des animaux précédens.
Sa couleur est généralement d’un brun grisàtre, ce qui tient à ce que les poilssoyeux, bruns dans leur plus grande étendue, sont grisâtres à leur extrémité. Le museau, les membres et la queue sont plus foncés que le corps.
On ne connoit rien de positif sur les mœurs de cette espèce; il y a lieu de penser qu’elle vit d’une manière analogue à Le de l’espèce précédente.
MarrTe Des Hurows; Mustela Huro. De la taille de la fouine. Uniformément d’un blond clair, les pattes et la queue plus foncées. Le dessous des doigts entièrement revêtu de poils, comme ceux de la zibeline. Telssont les traits caractéristiques d’une espèce de marie envoyée au Muséum d'Histoire naturelle par M. Milbert sous le nom de marte des Hurons, et comme ayant été prise dans le haut Canada. Cet établissement possède plusieursindividus de cette espèce, qui ne différent point sensiblement l’un de l’autre.
On a encore donné le nom de marte, ou les noms propres à quelques espèces de ce genre, à plusieurs animaux, peu connus ou qui appartiennent à d’autres genres. Nous allons les indiquer successivement.
Marre (grande) DE La GurAxe, Buffon. C’est le glouton taira. (Voyez Grouron.)
Marre cusA, Molina. ( Voyez Cusa.)
Marre quiqur, Molina. (Voyez Quiqur.)
Marre zorra, Humb. Voyez Zonra.(F. C.)
MARTE DOMESTIQUE. (Mamm.) Dénomination abusivement donnée à la fouine, parce qu’elle s'approche des habitatious pour y chercher sa proie, à peu près comme le font les renards et les putois, que l’on n’a pourtant pas été tenté de regarder comme des animaux domestiques. (Desu.)
MARTEAU (Bot.), un des noms ie Gl du narcisse faux narcisse. ( L. D.)
MARTEAU. (Ichthyol.) Voyez Zycëne. (H.C.)
MARTEAU, Malleus. (Conchyl.) Genre de coquilles bivalves, de la famille des submytilacées de M. de Blainville , des malléacées de M. de Lamarck , établi par ce dernier pour un assez petit. nombre d’espèces que Linnæus plaçoit dans son genre Huïtre, et dont Bruguière faisoit des avicules. L'animal de ce genre est a peu près inconnu, Nous savons seulement qu'il est pourvu d'un byssus assez petit, et que son manteau se prolonge en arrière par des lobes ouverts et assez grands. Les caractères génériques tirés de la coquiile peuvent être exprimés ainsi: Coquille irrégulière, subéquivalve, le plus souvent très-auriculée de chaque côté du sommet, et prolongée en arrière dans son corps, de manière à ressembler un peu à un marteau ; le sommet tout-a-fait antérieur et inférieur; entre lui et l’auricule inférieure, une échancrure oblique pour le passage du byssus; charnière sans dents, linéaire ; fort longue, et céphalique ; ligament simple, triangulaire, et inséré dans une fossette conique, oblique, et en partie extérieure. Les espèces assez peu nombreuses de ce genre, qui est pour ainsi dire intermédiaire aux vulselles et aux pernes, n’ont encore été trouvées que dans les mers de l’Inde et de l’Austraiasie ; on n’en connoît pas dans les mers de l'Amérique, et aucune espèce fossile n’a encore été découverte dans notre Europe. M. de Lamarck en distingue six espèces, que l’on peut partager en celles qui sont malléiformes, par le prolongement des oreilles, et celles qui ne le sont pas.
Dans la premiére section sont :
Le Marteau vurGaIRE: Malleus vulgaris, Ostrea malleus, Linn., Gmel.; Encycl. Méth., pl. 177, f. 12. C’est la plus grande et la plus connue du genre. Les deux lobes de la tête du marteau sont étroits, alongés, presque égaux; la couleur est le plus souvent noire, et le sinus du byssus est bien séparé de celui du liga-
258 MAR ment. On la trouve dans tous les points de l'Océan des Grandes- Indes et Austral.
M. de Lamarck regarde comme une simple variété du marteau commun la coquille figurée dans l'Encyel. Méth., 177, f. 12, d’après Chemnitz, Conch., 8, t. 70, f. 656, qui est toujours blanche, et dont les lobes sont plus courts et triangulaires.
Le Manteau BLANC : Malleus albus, Lamck.; List. , Conch., t.219,f. 54? Coquille de la forme à peu près de la précédente, mais constamment de couleur blanche, et dont Le sinus du byssus n’est pas distinct de celui du ligament ou est confondu avec lui.
Cette coquille, qui vient des mers Orientales australes, est fort rare et très-recherchée dass les collections.
Dans la seconde section sont :
Le Marreau normMALz; Malleus normalis, Lamck. Une seule oreille à la partie antérieure de la coquille, qui est de couleur noire en dehors comme en dedans.
Une variété qui vient des Grandes-Indes a le lobe auriculaire assez alongé, tandis qu’un autre de la Nouvelle - Hollande l’a trés-court.
Le Manteau VULSELLÉ : Malleus vulsellatus, Osfrea vulsellata , Linn., Gmel.; Enc. Méth., pl. 177, fig. 15, d'aprés Chemn., 8, t. 70, fig. 657. Coquille alongée , aplatie, à bords presque paralléles, avec un lobe auriculaire fort court et oblique à sa partie antérieure ; couieur d’un violet noirâtre.
Cette espèce quise trouve dans la mer Rouge, à Timor, dans l'Océan austral, est quelquefois courbée.
Le MarTeau RETUS : Malleus anatinus, Ostrea anatina, Linn., Gmel., pl. 1797, fig. 14; vulgairement le Moure-4-Barre. Cette espèce qui ressemble beaucoup à la précédente, et qui est tantôt droite et tantôt courbée comme elle, a sa partie antérieure moins irrégulière, plus droite, et une auricule plus prononcée. Des îles de Nicobar et de Timor.
Le Marreau Raccourci; Malleus decurtatus, Lamck. C’est en core une espèce qui paroît bien voisine du marteau vulsellé, mais qui est plus petite, atténuée vers l’extrémité postérieure , et dont la fossette du ligament est trés-courte, ce quitient peut-être à l’âge. L’Australasie et la Nouvelle-Hollaude. (De B.)
MARTEAU D'EAU. (Crust.) Nom donné par Duchesne au
MAR 259 branchipe stagnal , à cause des mouvemens brusques que fait cet animal en nageant, et qu’il a comparés à des coups de marteau. Voyez l’article Maracosrracés, tome XXVIII, page 416. (Des. )
MARTELA. (Bot. ) Voici comment Adanson définit ce genre qu’il établit dans la familie des champignons : tige cylindrique, élevée, simple, ou ramifiée et terminée par un ou plusieurs faisceaux de piquans, coniques, pleins; substance charnue ou coriace; graines sphériques, distinctes, répandues à la surface des piquans. Adanson cite pour exemple les agaricum fig. 1et2, pl. 64 du Nova Genera de Micheli, lesquels représentent deux espèces d’hydnum, hyd. hystrix et coralloides. -Adanson renvoie encore au corallo-fungus de Vaillant, Bot. Paris., tab. 8, fig. 1, maïs sans doute parerreur, car cette figure représente le byssus parielina, Decand., auquel les caractères assignés par Adanson au martela ne sont pas applicables.
Scopoli, dans son Histoire des champignons de la Hongrie, adopte ce genre Martela, qui ne peutêtre considéré que comme une division de l’hydnum, où viennent se ranger les espèces rameuses, et quelques autres qui font le passage de ce genre au clavaria. (LEm.)
MARTELET (Ornith.), un des noms vulgaires du martinet commun, hirundo apus, Linn. (Cx.D.)
MARTELOT. (Ornith.) On appelle ainsi, aux environsde Langres, letraquet, motacilla rubicola, Linn. (Cu. D.)
MARTEN-HORSE ( Ornith. ), nom anglois du martinet commun, hirundo apus, Linn. (Cu. D.)
MARTES. (Mamm.) Nom latin de la Maure. Voyez ce mot. (Des». ) |
MARTEU. (Ichthyol.) Sur la côte des Alpes maritimes, on appelle ainsi le marteau, poisson que Linnæus avoit rangé parmi les squales. Voyez Zycëne. (H. C.)
MARTICHKI. (Ornith.) Ce nom russe paroît, d’aprés un tableau qui se trouve pag. 505 de la Description du Kamtschatka par Krascheninnikow, désigner des hirondelles de mer ou des cormorans. (Cx. D.)
MARTIN. (Ornith.) Les oiseaux de ce genre, qui fait partie de l’ordre des passereaux, ont pour caractères: un bec en cône alongé , légèrement arqué, comprimé latéralement, dont la
mandibule supérieure est en général un peu échancrée, l’inférieure droite et plus courte, et dont la commissure. forme un angle comme chez les étourneaux; une langue cartilagineuse , fourchue à la pointe ; un espace nu autour des yeux, ou sur ua autre endroit de la tête. et quelquefois des caroncules; des narines latérales, ovales, à moitié fermées par une membrane garnie de plumes étroites ; quatre doigts, un derrière et trois devant, dont l'extérieur. est réuni par sa base à celui du milieu; la premiére rémige fort courte, et les trois suivantes les plus longues.
Les espèces de martin ont été mêlées par Linnæus, Gmelin et Latham, dans les genres Gracula, Sturnus, Turdus, etc., avec d’autres plus ou moins disparates. M. Vieillot a créé, pour celles qui ont été considérées comme de véritables martins, le nom d’acridotheres , lequel désigne les sauterelles qui forment leur principale nourriture; et M. Temminck a tiré de leurs habitudes la dénomination de pastor, pâtre, en y joignant le merle rose , turdus roseus, sous le nom spécifique de roselin, que cet oiseau avoit déjà reçu de M. Levaillant. Enfin M. Cuvier, qui a réduit les mainates au gracula reltgiosa, sous le nom générique d’eulabes, a proposé, pour les espèces de martins conservées, celui de cossyphus, que l’on croit devoir adopter ici, afin de prévenir de nouvellesconfusions , mais en laissant provisoirement avec les merles, et malgré la différence des habitudes, qu’on ne peut prendre pour règles dans les classifications fondées sur les seuls caractères extérieurs, le roselin dont M. Vieillot avoit d'abord formé le genre Psaroide, qu'il a supprimé depuis par les mêmes motifs.
Les martins, qui appartiennent tous à l’ancien continent, ont les mœurs des étourneaux, et vivent, comme eux, en grandes troupes. M. Levaillant observe, pag. 129 du tom. 2 de son Ornithologie d'Afrique, que, dans une grande partie de la France, de l'Allemagne et de la Hollande, le peuple est dans l’usage d’appliquer ce nom aux étourneaux élevés en cage, comme celui de margot aux pies, de jacquotaux perroquets, et il en conclut que si dans l’Inde on appelle généralement martins les oiseaux qui ont les habitudes des étourngaux, C’est vraisemblablement d’aprèsles premiersEuropéens
qui sont venus dans ces contrées. Ces oiseaux se rassemblent sur les fumiers et dans les endroits où ils trouvent , soit des larves d'insectes, soit des insectes parfaits, surtout des sauterelles; ils se posent aussi sur le dos des bestiaux pour se nourrir des pous et des taons attachés à leur peau. Au défaut d'insectes, ilsse jettentsur les fruits et les semences ; leur mue est simple ; leur corps a une forme un peu ramassée ; les vieux se distinguent des jeunes par les ornemens qu’ils portent à la tête, et dont sont privés ceux-ci, qui ont d'ailleurs des différences assez remarquables dans leur plumage.
Marin onniaiRe; Cossyphus tristis, Dum. Cette espèce, qui est le paradisea tristis de Gmelin, le gracula tristis de Latham, l’acridoftheres tristis , ou martin proprement dit de M. Vieillot, a été figurée, sous le nom de merle des Philippines, dans les planches enluminées de Buffon, n.° 219. Elle est de la taille du merle commun, et a neuf pouces et demi de longueur. Le bec et les pieds sont jaunes, et il y a une place nue, triangulaire, de la même couleur, derrière les yeux. Le haut de la tête et le dessus du cou sont d’un noir brun; le dos, le bas de ia poitrine et les couvertures des aïles et de la queue d’un brun marron ; la gorge, le dessous du cou et le haut de la poitrine d’un noir grisâtre ; le ventre est blanc, ainsi que les flancs et les plumes anales ; les rémiges sont de cette dernière couleur à leur origine, et noiràtres dans le reste, comme les rectrices, quisont égales entre elles, et dont l’extrémité èst blanche, excepté chez les deux intermédiaires.
Cette espèce est celle dont on a été le plus à portée d’étudier les mœurs: outre la chasse qu’elle donne aux mouches, aux papillons, aux scarabées, etc., elle cherche la vermine sur le dos des chevaux, des bœufs, des cochons, qui souffrent volontiers leurs libérateurs, à moins qu'ils n'aient le cuir entamé; car alors ces oiseaux carnassiers , qui s’accommodent de tout, leur béqueteroient la chaïir vive.
Les coups de fusil écartent à peine les martins qui se rassemblent à la chute du jour sur les arbres voisins des habitations, et y babillent d’une manière fort incommode, quoiqu’ils aient un ramage naturel trés-varié et assez agréable. Le matin ils se dispersent dans les campagnes par pelotons,
ou par paires , selon la saison. Ils font chaque année deux pontes, composées ordinairement de quatre œufs, dans des nids d’une construction grossière, qu’ils attachent aux aisselles des feuilles du palmier latanier, ou d’autres arbres, et qu’ils placent même dans des greniers lorsqu'ils en trouvent les moyens. Leur attachement pour leurs petits est tel qu’ils poursuivent le ravisseur à coups de bec , et en jetant des cris. S’ils découvrent le lieu où ces petits ont été placés, ils s’y introduisent pour leur apporter à manger.
On apprivoise sans peine les jeunes martins, qui apprennent facilement à parler, et qui, tenus dans une basse-cour, contrefont d'eux-mêmes les cris des poules, des coqs, des oies, des moutons et autres animaux domestiques; ils accom-. pagnent même leur babil d’accens et de gestes remplis de gentillesses, qui contrastent avec l’épithète fristis , qu’on n’a pu néanmoins tirer avec plus de fondement de leur plumage dont les teintes variées n’ont rien de triste ni de sombre.
Ces oiseaux, trés-nombreux dans l’Inde, aux Philippines, et probablement dans les contrées intermédiaires, sont d'un naturel fort glouton, et de grands destructeurs de sauterelles. Cette dernière circonstance les a rendus célébres à l’île de Bourbon , à laquelle ils ont été étrangers pendant long-temps, mais où l’intendant Poivre en a fait transporter plusieurs paires , afin de les opposer aux sauterelles qui désoloient l'ile, dans laquelle leurs œufs avoient été introduits avec des plants apportés de Madagascar. Les vues de l'excellent administrateur avoient d’abord été couronnées d’un plein succés; mais, comme les colons se sont aperçus , aprés quelques années, que les martins fouilloient avec avidité dans les terres nouvellement ensemencées , ils se sont figuré que c’étoit pour se nourrir du grain; et, après un procés dans les formes, on les a tous détruits. Les sauterelles ayant ensuite reparu sans obstacles, et causé de nouveaux dégâts, on regretta les martins dont il fut, huit ans après, apporté deux paires que l’on mit sous la protection des lois. Une nouvelle destruction de ces insectes fut encore le résultat de cette seconde introduction des martins; mais la nourriture de choix étant venue à manquer à ces oiseaux, ils se rejetèrent sur un insecte, dont les larves faisoient une guerre continuelle aux pucerons
<otonneux qui causent tant de dommages aux cafiers, et de là sur les fruits, les grains; ils tuèrent même les jeunes pigeons dans les colombiers, et ils devinrent à leur tour un fléau qui exigea des mesures pour obvier à la trop grande multiplication de leur espèce.
M. Cuvier regarde à peine comme une variété du martin ordinaire le martin huppé de la Chine, pl. enl. 507, et d'Edwards , 19; gracula cristatella, Lath., qui a surle front quelques plumes susceptibles de redressement, et dont tout le plumage est d’un noir bleuûtre , avec la partie supérieure des pennes alaires blanche , et une bordure de la même couleur aux pennes caudales. On prétend que cet oiseau apprend très-bien à siffler des airs, à articuler des paroles, et que les Chinois l’élèvent en cage avec du riz et des insectes.
Daudin a décrit un martin aux ailes noires, gracula melanoptera, qui différoit de l’espèce ci-dessus par la couleur de son plumage , lequel étoit blanc, à l’exception des ailes dont les pennes étoient entiérement noires; mais cet individu n’étoit probablement aussi qu’une variété, comme celui dont parle Latham, chez lequel la peau nue s’étendoit depuis les coins du bec jusque beaucoup au-delà des yeux, et qui avoit le. devant du cou, la gorge et la poitrine cendrés.
Marin PorTE-LamBsAUx : Cossyphus carunculatus, Dum.; Gracula carunculata, Gmel.; Gracula larvata, Shaw; Sturnus gallinaceus , Lath. On trouve dans l’Ornithologie d’Afrique, pl. 93 et 94, la figure du mâle, de la femelle, du jeune et d’une variété de cet oiseau dont M. Vieillot avoit formé le genre Dilophe, qu’il a supprimé depuis, en considérant que les caroncules ne sont que les attributs de l'oiseau avancé en âge. En effet le jeune, pl. 94, n.° 1, a la tête tout-a-fait emplumée , et dans cet état son bec est d’un brun jaunûtre; ses pieds sont bruns ainsi que les premières pennes alaires, et toutes celles de la queue, qui n’ont encore aucun reflet; les moyennes plumes et les couvertures de l'aile sont d’un gris brun, ainsi que les scapulaires, le manteau , le cou, la tête et la poitrine, tandis que le ventre, les jambes et les couvertures supérieures et inférieures de la queue sont blanchâtres.
Le mâle, un peu plus grand que létourneau d'Europe,
pl. 93, n.° 1, a sous le bec un lambeau double qui embrasse toute la gorge, et pend ensuite de la longueur d'un pouce, ense séparant à son extrémité où ilse termine en deux pointes. Une sorte de crête ovalaire , haute de quatre lignes, traverse le front, et une autre plus élevée, arrondie et échancrée par le haut en forme de cœur,-se dresse sur le milieu de la tête. Ces peaux nues sont de couleur noire, ainsi que la face de l'oiseau , qui est aussi dégarnie de plumes. La peau également nue du derrière de la tête est roussâtre ; le bec, les yeux et les pieds sont bruns. Le plumage de cet oiseau est d’un gris roussàtre, plus foncé sur le derrière du cou et sur le manteau que sous le corps; les ailes et la queue sont d’un noir bronzé à reflets. Les ailes pliées atteignent la moitié de la queue, qui est carrée.
La taille de la femelle est un peu inférieure à celle du male ; la face nue et sans plumes est moins noire; les crêtes du dessus de la tête sont peu apparentes, et celle de la gorge ne descend pas au-delà de l’espace où elle y adhère ; son plumage est aussi moins lustré,
Les porte-lambeaux recherchent les troupeaux de buffles, et se nourrissent de baies, d'insectes et de vers, qu’ils ramassent sur laterre dans les lieux humides. Ils arrivent pendant les chaleurs dans les environs du Gamtoos; mais ils ne . font que le traverser, et se dirigent vers les pays des Caffres. On en voit rarement prés de la ville du Cap. M. Levaillant a tué dans leurs bandes le jeune individu qui est figuré pl. 94, n.° 2, et il s’en trouvoit dans la même troupe piusieurs qui, comme lui, avoient le plumage varié de presque autant de plumes blanches que de grises, IL ne paroît pas que ces oiseaux nichent dans le pays, puisque les bandes renfermoient des jeunes; aussi ne connoît-on pas encore leurs œufs.
ManTin-BRAME: Cossyphus pagodarum, Dum.; Turdus pagodarum , Linn. et Lath.; Gracula pagodarum, Daud.; Acridotheres pagodarum, Vieiïll. Les Européens ont donné le nom de brame à cet oiseau, parce qu'il fréquente les tours des pagodes au Coromandel et au Malabar, où Latham dit, pag. 140 de son premier Supplément, qu’on le nomme powee, et qu’on l'élève en cage à cause de son chant. Suivant M. Leschenault, qui a rapporté de Pondichéry un individu déposé au Muséum
MAR 265 royal de Paris, on l'y appelle papara ramanulé. M. Levaillant en a aussi rencontré au midi de l’Afrique , sous le 27° degré de latitude , des bandes. considérables qui paroissoient se rendre dans des parties situées plus à l’Est pour y faire leur ponte; mais, pendant les six jours qu’a duré ce passage, :l n’a pu tuer que deux mâles faisant partie d'une bande qui s’'étoit abattue prés d’une fontaine; et c’est un de ces màles qu'il a fait figurer pl. 95, n.° 1, deson Ornithologie d'Afrique, et dont il a donné une description un peu différente de celle qu’on trouve dans le Voyage aux Indes de Sonnerat, tom. 2, pag. 180. dal
Ce dernier ne présente le martin-brame que comme d’une taillé un peu supérieure à celle du moineau franc, et, suivant M. Levaillant, il est aussi grand que le merle commun, dont il a aussi les proportions. Le bec, noir depuis sa base jusqu’à la moitié, et jaune ensuite, d'après Sonnerat , est entiérement jaune, ainsi que les pieds et les ongles, selon M. Levaillant, qui donne à l’oiseau des yeux d’un brun roussâtre, tandis que l'iris est bleu suivant le premier voyageur, qui, peut-être aussi pour avoir négligé d'étendre les pennes alaires ét caudales, les dit entièrement noires, quoiqu'elles ne le soient qu'en partie. Au reste, les deux individus que s’est procurés M. Levaillant avoient les plumes de la tête longues, étroites et pointues, formant une huppe occipitale d’un noir violet; les joues, la gorge, le cou et la poitrine d'un fauve roussàtre et plus clair sur les parties inférieures; le dos et les autres parties supérieures d’un gris tirent sur le roux; les rémiges noiràtres extérieurement avec lesbarbesintérieures d’un brun clair; les couvertures du dessous de l'aile blanches, et formantsur son bord une bande de cette couleur; la plus latérale desrectrices est blanche avec unelarge tache noire dans le haut des barbes intérieures; enfiñ il y a plus de noir aux autres rectrices jusqu'aux deux du milieu, dont la pointe seule est blanche.
Latham cite des individus dont l'orbite étoit nue, et dont les couleurs présentoient des différences , sans doute à raison de l’âge et du sexe,
Marin eus-pEe-rER : Cossyphus griseus, Dum. ; Gracula grisea, Daud.; Acridotheres griseus, Vieill.; Oiseaux d'Afrique de Levaillant, pl. 95, fig. 2. Cet oiseau, de la taille du précédent,
a la queue courte et arrondie. Sa tête est couverte de plumes noires, pointues et eflilées, qui ne forment point de huppe. On remarque derrière l’œil une peau nue, de couleur orangée, qui s'étend en pointe et relève le noir dont il est entouré; la gorge, la poitrine et les flancs sont d’un gris ferrugineux; une bande assez large, d’un fauve clair, se prolonge du milieu de la poitrine jusqu’au ventre; les couvertures supérieures des ailes sont de la même couleur, qui se retrouve à l’extrémité des quatre premières pennes caudales de chaque côté, lesquelles dans le surplus sont noires, ainsi que les pennesalaires. Le bec est d’un orangé vif, les pieds et les ongles d’un jaune citron, et l’iris d’un brun rouge foncé. La femelle, un peu plus petite, a les couleurs plus ternes.
Ces oiseaux volent par pelotons comme les étourneaux, et M. Levaillant, témoin d’un de leurs passages, effectué au mois d'octobre, au-dessus des hauteurs de Bruyntjes-Hoogte, a tué cinq individus des deux sexes. Comme les plumes de leur queue étoient usées par le frottement, il en a conclu qu'ils nichoient dans des trous, habitude qui lui paroît être celle de la tribu entière.
Quoique plusieurs naturalistes parlent du martin gris-defer comme d’une espèce nouvelle, il paroît être le même que le martin de Gingi, turdus ginginianus, Lath., acridotheres ginpginianus, Vieill. En effet la description que Sonneraten a donnée dans son Voyage aux Indes, tom. 2, pag. 194, présente des rapports frappans avec celle de M. Levaillant. La tête estnoire chez les deux. Les plumes ne paroiïssent pas à ce dernier susceptibles de se relever en huppe, comme le dit Sonnerat ; mais, selon tous deux, elles sont pointues et effilées, et Sonnerat a pu voir vivant l'oiseau que M. Levaillant n’a été a portée d'examiner qu'après sa mort. Sonnerat fait partir la peau nue de l'angle supérieur du bec pour se prolonger derrière l'œil, tandis que M. Levaillant ne l'annonce que comme existant dans cette dernière partie; mais l’accroissement des peaux nues dépend, comme on l’a vu, de l’âge des individus, et d’ailleurs la couleur jaune est la même, ainsi qu’au bec et aux pieds; l'iris est également rouge chez tous deux. Le gris, le roux clair et les autres couleurs occupent aussi les mêmes places
dans le plumage, soit pour les masses, soit pour les simples taches; la taille de l’oiseau est d’ailleurs identique.
Marin -vigircanD: Cossyphus malabaricus , Dum. ; Turdus malabaricus, Linn. et Lath.; Acridotheres malabaricus, Vieill. Cet oiseau, dont parle Sonnerat dans son Voyage aux Indes, tom.2, pag. 195, est long d'environ huit pouces; son bec, noir dans la première partie, est jaunâtre à l'extrémité; l'iris et les pieds sont jaunes. La tête et le cou sont revêtus de plumes longues et déliées, d’un gris cendré, avec une ligne blanche au centre , ce qui lui a fait donner le nom de vieillard ; le dos, le croupion et les couvertures des ailes et de la queue sont d’un gris cendré; les pennes sont noires; le dessous du corps est d’un brun roux. Cet oiseau porte au Malabar le même nom que le martin-brame ; on le trouve aussi à la Chine, au Bengale, et on l'élève également en cage.
Marrin soyEux: Cossyphus sericeus, Dum.; Sturnus sericeus , Gmel.; ErourneAU À REFLETS, Brown, Illustr., pl. 21. Cet oiseau , de la grosseur de l’étourneau ordinaire, a le bec de couleur orange foncé: les pieds jaunes; la tête et la gorge d’un blanc jaunâtre; le dessus et Le dessous du corps d’un gris soyeux; la queue noire et Les pennes alaires de la même couleur dans leur moitié inférieure, et blanches dans leur partie supérieure. :
Brown a donné dans l’ouvrage ci-dessus cité, pl. 22 , sous le nom de grive à tête jaune , la figure d’un oïseau qui a le bec noir ; une peau nue et rougeûtre devant et derrière les yeux ; le haut de la tête d’un jaune pâle, ainsi que les joues, sous lesquelles se remarque une ligne noire; la poitrine et le ventre présentant, sur un fond cendré, des raies blanchâtres qui sont longitudinales sur la premiére , et demi-circulaires sur le second; le dos et les couvertures des ailes également cendrés, ayec des taches en croissant et alternativement brunes et blanchâtres; les pennes alaires et caudales, d’un vert sombre ; les jambes d’un gris bleuûtre.
Cet oiseau , qui ressemble au moqueur par son talent pour limitation des sons, est élevé en cage dans l’île de Java , où on l’appelle stutju crawan. Il paroït se rapporter aux éurdus ochrocephalus et sturnus zeylanicus de Gmelin; et s’il appartient, comme cela est probable, et comme le pense M. Cu-
vier , au genre Martin, ce seroit le cas de le nommer cossy = phusochrocephalus.
ManniN ouve; Cossyphus olivaceus, Dum. Cette espèce , dont il existe au Muséum d'Histoire naturelle de Paris un individu rapporté de Timor par Macé , est l’oiseau dont M. Vieïllot a fait un genre sous le nom de Manorine, et qui a été ci-devant décrit. Cet individu, de la grosseur du Pense est d’un vert plus foncé en dessus ren dessous ; son bec assez fort est jaune, et il a une place nue en avant des yeux et derrière.
On trouve aussi dans les mêmes galeries les espèces nouvelles dont voici la notice, et qui viennent toutes des Indes: elles sont désignées sous le nom de gracula, avec des épithètes données par M. Cuvier, et que l’on va conserver ici.
1.° MARTIN À LONGUE QUEUE ; Cossyphus caudatus , Dum. , lequel à la gorge blanche, quelques raies longitudinales à la poitrine, et le dessus du corps grivelé et roussâtre, comme chez l’alouette commune.
2.° MARTIN A QUEUE sTRIÉE ; Cossyphus striatus , Dum. Il y a plusieurs individus de cette espèce , qui ont été rapportés du Bengale par Macé et M. Dussumier. Leur taille est celle du merle commun ; leur couleur dominante est un gris roussatre ; l’un a des stries brunes, transversales sur la poitrine, et chez d’autres les stries sont longitudinales et plus pâles.
3.” MARTIN PYGMÉE; Cossyphus minutus, Dum. Cette espèce, qui n’est pas plus grosse qu’un troglodyte , a la gorge blanchâtre et la tête rayée longitudinalement de roux La ou moins foncé.
MM. Vieillot et Temminck rangent parmi les martins le goulin, graeula calva, Gmel. et Lath, acridothères calvus , Vieill., qui est figuré dans la 200.° pl. enl. de Buffon, sous le nom de mérle chauve des Philippines. Mais M. Cuvier le place dans la troisième section de ses philédons , et l’on se bornera à exposer ici que les oiseaux vulgairement appelés goulins sont sujets à varier, soit pour la taille , soit pour la couleur du plumage. Le plus grand des deux qu'a décrits Montbeillard, n’est que de la grosseur du merle commun , tandis que celui de Sonnerat a prés d’un pied de longueur, et la peau nue de la tête est tantôt de couleur de chair, tan-
tôt jaune. Ces oiseaux babillards se familiarisent aisément ; ils mangent les fruits du du et nichent dans des trous d'arbres.
Edwards donne le nom de martin de l'Amérique à l'hirondelle bleue femelle. (Cu. D.)
MARTIN ou MARTLET (Mamm.), noms anglois de la marte ordinaire. (Desm.)
NE CHASSEUR. ne ) Voyez MarTiN-PÊCHEUR: