‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 3 sur 55 · DES · texte numérisé non relu

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ManBéaAER. (Ornith.) Les habitans de la terre des Papous appellent ainsi un kakatoës blanc. (Cr. D.)

MANBOBEK. (Ornith.) Ce nom désigne le Hi er a la terre des Papous. (Cr. D.)

MANBOETOBANNA ( Bot.), nom caraïbe du béilèné bipinnata, cité dans l’Herbier de Surian. (J.)

MANBOULOU ( Bot. ), nom caraïbe cité par Surian, d’une plante Tor dont Plumier fait un milium, et qui paroît appartenir à un poa. (J.)

MANBROUK. (Ornifh.) L'oiseau ainsi nommé par les Papous est le pigeon couronné de Banda ou goura, columba coronala, Linn. (Cu. D.)

MANCANILLA. (Bot.) Nom caraïbe adopté par Plumier, de l'arbre des Antilles nommé par cette raison en françois mancénillier. Il a été rejeté peut-être à tort par Linnæus, qui en à fait son hippomane. Le nom de mancanilla est encore donné, suivant Clusius, dans les environs de Murcie en Espagne, à la cämomille, et peut-être aussi à quelques gnaphales. (J.)

MANCAPAQUI. ( Bot.) Nom péruvien des deux espèces du genre Virgularia de la Flore du Pérou, genre voisin du capraria parmi les personnées. On le donne aussi au calceolaria pinnata de la même famille. Feuillée cite encore dans le Chili,

sous le nom de mangapaki, une plante qu’il regarde comme une conyse. (J.)

MANCÉNILLIER, Hippomane. ( Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs monoïques, de la famille des euphorbiacées, de la monoécie monadelphie, dont le caractère essentiel est d’avoir des fleurs monoïques : dans les mâles, un calice bifide, point de corolle; quatre étamines, à filamens soudés en un seul, et à anthères arrondies et disposées en croix; dans les fleurs femelles, un calice à trois divisions, un ovaire, un style court; plusieurs stigmates , un drupe charnu, laiteux, renfermant une noix ligneuse , à plusieurs loges monospermes, presque indéhiscentes.

MancÉNILLIER VÉNÉNEUX : Hippomane mancenilla , Linn.; Lamck., Ill, gen., tab. 793; Commel., Hort., 1, tab. 68; Sloar., Jam., 129, hist. 2, tab. 159. Arbre trés-renommé par la qualité vénéneuse attribuée au suc laiteux qui découle de toutes ses parties. Ses rameaux sont glabres, nombreux, souvent ternés, revêtus d’une écorce grisàtre ; les feuilles pétiolées, alternes , éparses, ovales, aiguës, un peu en cœur à leur base, vertes, luisantes, médiocrement dentées en scie, longues de trois à quatre pouces; les stipules courtes, ovales, caduques; les fleurs petites, monoïques, réunies sur des épis droits, peu garnis : les mâles agglomérées par paquets dans des écailles concaves , éparses et distantes dans presque toute la longueur des épis, avec deux grosses glandes latérales, orbiculaires, à la base des écailles : les fleurs femelles solitaires et sessiles ; quelquefois une ou deux dans le bas des épis mâles, les autres sur de jeunes rameaux qui ne portent point d’épis. Les fruits ont la forme, la couleur et l’odeur d’une petite pomme : leur écorce est luisante , d’un vert jaunâtre; la pulpe blanche et laiteuse; la noix de la grosseur d’un marron, profondément sillonnée, ordinairement à sept valves, à sept loges monospermes, armée d’apophyses aiguës, tranchantes, irrégulières. Cette plante croît aux lieux sablonneux, sur les bords de la mer, dansles Antilles etautres contrées de l'Amérique méridionale.

La plupart des auteurs disent que le mancénillier fournissoit un bois dur, compacte , d’un beau grain, de très-longue durée, prenant aisément le poli; qu’il est d’un gris cendré, veiné

de brun, avee des nuances de jaune, tres-fréquemment employé en Amérique pour des meubles élégans, des boiseries etautres usages domestiques. M. de Tussat prétend quele bois, dont il est ici question, n’est point celui d’un mancénillier, mais d'un sumac qui porte quelquefois Le nom de mancénillier des montagnes. Selon le même auteur, le bois du véritable -mancénillier est mou, et ne peut servir à faire des meubles. Son exploitation est, dit-on, trés-diffcile, par le danger auquel s’exposent ceux qui abattent ces arbres : les ouvriers qui les scient et les mettent en œuvre, sont sujets à être incommodés par la poussière qui s’en dégage. Quand on veut abattre un de ces arbres, on commence par environner le pied d’un grand feu de bois sec, afin de priver la base du tronc de son suc laiteux; ce n’est que lorsque l’on juge qu’il est suffisamment évaporé, qu’on se permet de se servir de la hache; de plus, les ouvriers ont la précaution d’entourer leurs yeux d’une gaze , de crainte que des molécules ou quelques gouttes de liqueur ne s’y introduisent, et n’y excitent des inflammations dangereuses. Les habitans de la Martinique ont autrefois consumé par le feu des forêts entières de mancénilliers, afin de purger leurs habitations de cet arbre malfaisant.

Le suc laiteux, qui découle de toutes les parties du mancénillier, est trés-blanc, trés-abondant, très-caustique, et trés-vénéneux. Une goutte de ce suc, reçue sur le dos de la main, y produit bientôt une ampoule pleine de sérosité, comme feroit un charbon ardent, ce qui peut faire juger des ravages qu’il causeroit, si on le prenoït à l’intérieur. Les Indiens trempent dars ce sue le bout de leurs flêches qu'ils veulent empoisonner; elles conservent très-long-temps leur qualité vénéneuse. On a dit que le mancénillier étoit dangereux jusque dans son ombre, et même dans la pluie qui avoit été en contact avec son feuillage ; mais ces récits paroissent exagérés. Plusieurs voyageurs, Jacquin en particulier, se sont souvent reposés sous cet arbre, durant l’espace de trois heures, sans éprouver le moindre RES etJacquin a reçu sans Hohitodité sur les parties nues de son corps la pluie qui tomboit à travers la cime du mancénillier. Nous croyons cependant qu'il n’est pas sage de rester exposé aux vapeurs de cet arbre, surtout lorsque les chaleurs sont ex-

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