Les divers méconium examinés , ainsi que celui provenant
des agneaux, sont mélés de poils.
4% Celui d'enfant contient 0,02 d’une matière analogue au mucus nasal, 0,70 d’eau el 0,28 d’une substance que lon peut regarder comme le méconium pur.
5° Il se rapproche beaucoup plus des substances végétales que des mafières animales.
6° Cette substance ne contient pas de bile, comme on l'avoit pensé; aussi le peu d’amertume qu’elle peut présenter , paroït plutôt se rapporter à Vamer des végétaux.
7. Le méconium des agneaux, desséché, a une odeur de muse, et dans sa composition il présente quelques caractères analogues au méconium d’enfant.
8° La matière colorée, mélée aux excrémens que rendent les enfans à la suite des tranchées, est purement végétale et combinée à une substance colorante verte et à de la graisse. (Cx.)
MECONOPSIS. ( Bot.) M. Viguier, dans son Histoire des pavots, p. 48, a établi, sous ce nom, un genre particulier pour le papaver cambricum, Linn., distingué des pavots par les valves de ses capsules, qui le rapprochent des argemone, et surtout par le stigmate pourvu d’un style court et non sessile. Cette plante a déjà été mentionnée dans ce Dictionnaire sous le nom d’'ARGÉMONE CAMBRIQUE, VOL. Il, pag. 481. (Porr.)
MÉDAILLE. (Bot.) Nom vulgaire de la lunaire, cité dans le Dictionnaire des drogues de Lemery. (J.)
MEDAN. (Bot.) Nom arabe de deux ocimum de Forskal, que Vahl nomme plectranthus Forskalei et P. crassifolius. Ce
384 MED dernier, qui étoit l’ocimum zatarhendi de Forskal, est cité par M. Delile sous le nom arabe zatar. (J.)
MEDDAD. (Bot.) Voyez Sruenr. (J.)
MEDE-CANNI. (Bot.) Nom brame de l’Irrr-cawnr du Ma= labar. Voyez ce mot. (J.)
MÉDÉE. (Entom.) Nom donné par Fabricius à un lépidoptére d'Afrique du genre Sphinx. (C. D.)
MÉDÉOLE, Medeola. (Bot.) Genre de plantes monocotylédones, à fleurs incomplètes, de la famille des asparaginées, de l’herandrie trigynie de Linnæus ; offrant pour caractère essentiel : Une corolle à six divisions égales et renversées en dehors; point de calice ; un ovaire supérieur, à trois sillons, chargé de trois styles; une baie trifide, à trois loges; une ou deux semences dans chaque loge.
Si lon admet les réformes établies pour les trois especes qui composent ce genre, on le verra presque disparoïître en totalité. Nuttal a présenté, pour le medeola virginica, le genre Gyromia. Le medeola angustifolia d’Aiton est rapporté, mais avec doute, au dracæna volubilis de Linnæus fils. Willdenow a établi le genre Myrsiphyllum pour le medeola asparagoides. Je vais faire connoître ces deux dernieres espèces, la première ayant été mentionnée à l’article GyromrA.
Mépéore sARMENTEUSE : Medeola asparagoides, Linn.; Mant., Lamk., Ill. gen., tab. 266 ; Till., Pis., tab. 12, fig. 1; Myrsiphyllum , Willd., Enum., 1, pag. 4oo ; Dracæna medeoloides, Linn. fils, Suppl.; Asparagus medeoloides, Thunb. , Prodr. La racine de cette plante est composée de plusieurs tubercules alongées, presque fasciculées ; il s’en élève quelques tiges grêles, sarmenteuses, anguleuses, hautes de quatre à cinq ‘pieds, garnies de feuilles presque sessiles, ovales, aiguës, vertes, longues d’environ un pouce, à nervures fines, nombidaiée: dont la ressemblance avec celles du ruscus racemosa y a fait rapporter le laurus alerandrira, etc., Herm., Lugdb., pag. 679, tab. 681, également cité, par un double emploi, pour ces deux plantes. Une petite écaille ovale, scarieuse,; est au-dessous de chaque feuille. Les fleurs sont petites, pendantes, solitaires ou géminées, situées dans Paisselle des écailles stipulaires, portées chacune sur un pédoncule grêle, long de trois à quatre lignes ; la corolle est d’un blanc sale,
verdatre en dehors; les étamines ont la longueur de la corolle ; les styles sont roides et rapprochés; l'ovaire est pédicellé la baie a trois loges et deux semencés dans chaque loge ? selon Willdenow. Cette plante croît au cap de Bonne-Espérance; on la cultive au Jardin du Roi.
MÉpéote À FEUILLES ÉrRoItEs ; Medeola angushfolia, Aït. , Hort. Kew.; Till., Pis., 17, tab. 12, fig. 2. Cette plante n’est trèsprobablement qu’une variété de l’espèce précédente, dont les tiges sont plus longues, moins grosses et moins rameuses ; les feuilles plus alongées, plus étroites, de couleur grisâtre ; les fleurs, d’un blanc herbacé, naissant deux ou trois en- semble. Cette espèce croît au cap de Bonne-Espérance. (Poïz.)
MEDESUSIUM. ( Bof.) Cordus cite sôus ce nom la reine des prés, spiræa ulmaria. (J.)
MEDHÆSAA. (Bot.) Nom arabe, cité par Forskal, d’une carmantine, Jusficia bicalyculata de Willdenow. (J.)
MÉDIAIRE [Emeryow]. ( Bot.) Lorsque l’embryon est renfermé dans le périsperme, il en occupe tantôt le milieu (frêne, etc.), tantôt le côte (cyclamen, etc.). Lorsqu'il en occupe le milieu, tantôt, sous la forme d’un axe, il se porte en ligne droite d’un point du périsperme au point diamétralement opposé ( conifères, etc.); tantôt, large et étendu, il partage le périsperme en deux portions à peu prés égales (cassia fistula, ricin) : dans ce dernier cas M. Mirbel dit que l’embryon est médiaire: ( Mass.)
MÉDIANE |Czoison}. (Bot.) Les cloisons d’un fruit sont souvent produites par les valves. Cela a lieu de deux maniéres ; tantôt le bord des valves se prolonge et rentre dans intérieur du fruit (antirrhinum, etc.), tantôt le milieu des valves se prolonge en saillie (lilium, hibiscus, etc.) : dans le premier cas, les cloisons valvéennes sont marginaires; dans le second, elles sont médianes. (Muss.)
MÉDIASTINE. ( Bot.) Dodart a décrit sous ce nom et sous celui de Plante nouvelle, dans les anciens Mémoires de l’Académie des sciences, tom. 10, pl. 4, fig. 3, une cryptogame, décrite et figurée ensuite par Michéli (Nov. gen., pl. 66, fig. 35), nommée par Roth Rhizomorpha fragilis, et par Persoon , suivi par Acharius, Rhiz. subcorticahis. Paulet la place dans sa famille des clayaires truffans. Son nom de.
médiastine rappelle qu’elle croît entre l'écorce et le bois des vieux arbres. Sa forme réticulaire lui a valu le nom générique de reticula, que lui avoit donné Adanson. Haller en avoit fait une espèce du genre des Sphæria. Voyez Rarzomonrxa. (Lem.)
: MÉDIATE [Insenriox]. ( Bot.) L'insertion d’un organe est médiate, lorsque cet organe adhère par sa base à un autre organe, qui, dans ce cas, semble le supporter. Telle,est, par exemple, l'insertion des étamines, lorsque ces dernières adhérent à la corolle. Voyez Inseartion. (Mass.)
MEDICA. ( Bot.) Plusieurs espèces de luzernes étoient ainsi nommées par Lobel, Daléchamps, Dodoens et d’autres. Tournefort et Vaillant avoient aussi adopté ce nom; mais Linnæus, le trouvant trop adjectif, a généralisé pour ce genre le nom medicago, donné par Morison à une de ses espèces. (J.)
. MEDICA-TALI. ( Bot.) Nom brame, cité par Rhéede, du cassytha, genre qui a le port de la cuscute et la fructification presque la même que celle du laurier. (J.)
MÉDICINIER. ( Bot.) Voyez Jarropma. (Poir.)
MEDICUSIA. (Bot. ) Sous ce nom Mœnch fait un genre du crepis rhagadioloides , dont les feuilles du calicule sont cymbiformes ou creusées en nacelle, et les gaines non amincies à léurs bords. Cette plante doit être reportée au genre Hedypnois de Tournefort. (J.) |
MÉDICUSIE, Medicusia. (Bot.) Ce genre de plantes, proposé en 1794 par Mœnch, dans sa Methodus plantas describendi, appartient à l’ordre des synanthérées, à la tribu naturelle des lactucées, et à notre section des lactucées-crépidées, dans laquelle nous l’avons placé auprés du genre Picris (voyez notre article Lacrucées, tom. XXV, pag. 63). Le Medicusia offre les caractères génériques suivans, que nous n’avon» point observés, mais que nous empruntons à Mœnch.
Calathide incouronnée , radiatiforme, multiflore, fissiflore , androgyniflore. Péricline ovoide , formé de squames unisériées, égales, trés-appliquées, mais non enveloppantes, lancéolées-linéaires, toruleuses, carenées, cymbiformes ; et accompagné de squamules surnuméraires inappliquées, inégales, linéaires, infléchies au sommet. Clinanthe nu. Fruits arqués en dedans, amincis au sommet, sillonnés longitudina-
MED 587 lement et transversalement, libres, c’est-à-dire, non enveloppés par les squames du péricline; aigrette composée de squamellules filiformes, barbées.
On ne connoît qu’une espèce de ce genre.
Mépicuste APRE : Medicusia aspera, Mœnch, Methodus, pag. 537 ; Crepis rhagadioloides, Linn., Mant., p. 108; Picris rhagadiolus, Pers., Syn. pl., pars 2, p. 370 ; Crepis rhagadiolus, Jacq., Hort. Schænbr., vol. 2, pag. 9, tab. 144. C’est une plante herbacée, annuelle, hérissée sur toutes ses parties de petits aiguillons fourchus, a divisions recourbées en crochet ; sa tige est haute de trois pieds, rameuse, fragile ; les feuilles inférieures sont oblongues, sinuées, dentées; les supérieures sont sessiles, lancéolées ; les corolles sont Jaunes, rougeàtres extérieurement; les fruits sont de couleur cannelle. Nous n'avons point vu cette plante, que nous décrivons d’après Mœnch ; elle se trouve en Espagne, auprés de Malaga. |
Le Crepis rhagadioloides de Linné, dont Mæœnch a fait le genre ci-dessus décrit, dédié au botaniste Medicus, étoit attribué par M. de Jussieu, ainsi que le Lapsana zacintha de Linné, au genre Hedypnois. M. De Candolle (Flor. fr., tom. IV, pag. 58) a pensé que le Medicusia de Mœnch pourroit être réuni au genre Zacintha. Il est probable que MM. de Jussieu et De Candolle n’avoient point remarqué que la plante en question a l’aigrette plumeuse, comme les Picris, et qu’ils avoient confondu cette plante avec celle qui sert de type à notre genre Nemauchenes. L’aigrette plumeuse du Medicusia suffit assurément pour distinguer ce genre des Zacintha, Nemauchenes , Gatyona, qui ont l’aigrette simple : mais il nous paroît trés- douteux que le genre Medicusia soit distinct du genre Picris, et néanmoins nous l'avons conservé provisoirement, parce que, ne l'ayant point observé nousmême, il est prudent de suspendre notre jugement à son égard.
Nous avons supposé jusqu'ici que le Medicusia de Mœnch est, comme le déclare cet auteur, le Crepis rhagadioloïides de Linné : mais il faut avouer que cette synonymie n'est rier moins que certaine; car, s'il faut en croire Jacquin et Willdenow, la plante de Linné n’a pas l’aigrette plumeuse, et
les poils de cette plante sont simples, à l'exception de ceux du péricline ; tandis que Mœnch range le Medicusia avec le Picris, dans une division caractérisée par l’aigrette plumeuse, et qu’en décrivant sa plante, il dit : planta tota aspera acwleolis glochidibus. (H. Cass.)
MÉDIFIXE [Anraëre]. (Bot.) Les anthères sont fixées à leur support, tantôt dans toute leur longueur (podophyllum, renoncule), tantôt par la base (iris, etc.), tantôt par leur milicu (lis, etc.); et d'aprés ces divers points d’attache, on les dit adnées, basifixes, médifixes. (Mass. )
MEDIUM. (Bot.) La plante ainsi nommée par Dioscoride est, suivant Rauwolf, une campanule, campanula laciniata de Linnæus. Son campanula medium est le medium de Matthiole et de Gesner. (J.) |
MÉDIVALVE [Pracexraire|. ( Bot.) Le placentaire, partie du fruit où les graines sont attachées, ne tient quelquefois à rien aprés la déhiscence du péricarpe (Plantain, etc.). Lorsqu’il est adhérent, il est fixé tantôt à la base du péricarpe (primevère, silene, etc.), tantôt à l’axe central du fruit (ixia chinensis), tantôt aux cloisons (pavot, etc.), tantôt contre les sutures des valves (asclepias), tantôt contre les valves, et dans ce dernier cas, s’il est placé le long de la ligne médiane des valves (parnassia, orchis, etc.), onle dit médivalve.(Mass.)
MEDRONHEIRO. (Bot.) Nom portugais de 'AFPOURIES cité par Vandelli. (J.)
MÉDULLAIRE. (Bot.) On nomme rayons nr les lames verticales de tissu cellulaire qui, partant de la moelle et se dirigeant vers l'écorce, paroissent sur la coupe transversale du tronc sous la forme de rayons. On nomme CaANaz MÉDULLAIRE (voyez ce mot), la cavité que remplit la moelle au centre de la tige; et étui médullaire, la rangée de vaisseaux , ( trachées, fausses trachées, etc.) qui tapisse intérieurement la couche la plus centrale du boïs et entoure immédiatement la moelle. Les trachées qui se déroulent quand on brise une jeune branche, appartiennent à l’étui médullaire ; ces vaisseaux ne se rencontrent dans aucune autre partie de la tige des dicotylédones. ( Mass.)
MEDUSA. (Bot.) Ce genre de Loureiro est po medusula par M. Persoon, et ce léger changement paroît conve-
MED 568 nable pour éviter le double emploi d’un nom dans deux régnes différens. (J.) |
MÉDUSAIRES, Medusdriæ. (Actin.) Nous avons adopté, avec M. de Lamarck, cette dénomination, pour indiquer une famille de la classe des arachnodermaires, qui renferme la plus grande partie des animaux que Linnæus avoit compris davs son genre Medusa, en en retranchant les espèces qui ont des côtes ciliées, celles dont le corps est soutenu par un disque cartilagineux, et enfin celles qui sont flottantes dans l’eau à l’aide de vésicules aérifères ; c’est-a-dire, les beroës , les porpites, les velelles, ete. Cette famille correspond à celle que Péron et Lesueur nomment les méduses gélatineuses sans côtes ciliées; ce sont les méduses proprement dites de M. Goldfuss. M. G. Cuvier paroît encore, sous le même nom, confondre les béroës, etc., dans son ordre des acaléphes libres.
Cesanimaux, extrêmement nombreux dans toutes les mers et surtout dans celles des pays chauds, ont été remarqués de tout temps par les peuples qui habitent les bords de la mer, et par tous les auteurs d'histoire naturelle, depuis Aristote jusqu’à nos jours, quoiqu'ils ne soient à peu prés d'aucune utilité à l'espèce humaine ; mais la singulière propriété dont plusieurs jouissent, d’être lumineux à un haut degré dans l’obseurité, et surtout celle de produire une sensation douloureuse, semblable à celle de l’urtication , quand on vient à en toucher quelques-uns, ont dû les faire cbserver de bonne heure : aussi tous les peuples maritimes ont-ils des dénominations particulières pour les désigner. Elles indiquent cependant presque toujours l’une de ces deux propriétés, comme les mots knide, acaléphé, chez les Grecs ; urtica marina, chez les Latins, que nous avons traduits dans notre langue par ceux d’ortie marine. Quelques nations les appellent des chandelles de mer ; et enfin, en faisant l’observation que ces animaux ont dans leur forme, ou mieux peutêtre dans leurs mouvemens continuels de dilatation et de resserrement, quelque analogie avec les poumons, les médusaires sont aussi désignées par des dénominations qui signifient poumons marins. Leur structure apparente leur a fait quelquefois donner le nom de gelée de mer,
Un trés-grand nombre d’auteurs, comme nous venons de le dire tout à l'heure, se sont occupés de cette famille d’animaux soui le rapport de leur distribution systématique, de leur organisation, ou de leur histoire naturelle proprement dite. Parmi les premiers il faut compter, outre Aristote et Pline, qui en ont dit assez peu de chose : chez les Italiens, Imperato, Columna, Spallanzani, Macri; parmi les Allemands, Suédois et Danois, Martens, O. Fabricius, Modeer, Forskal, Muller, Pallas, Linnæus, Gmelin, etc., et dans ces derniers temps, MM. de Chamisso, Eysenhardt; parmi les Anglois, Sloane, Browne, Borlaze; et enfin parmi les Français, MM. Bosc, de Lamarck, G. Cuvier, et surtout MM. Péron et Lesueur, qui avoient entrepris une monographie complète de toutes les véritables méduses, accompagnée d’excellentes figures coloriées ; mais, quoique celles-ei soient en grande partie terminées, il n’a été publié de l’ouvrage qu’un prodrome de la classification, inséré dans les Annales du Muséum d'histoire naturelle, et quelques généralités, malheureusement bien vagues, sur les espèces du genre Équorée.
Les personnes qui se sont occupées de l’organisation des médusaires sont beaucoup moins nombreuses. De Heyde est le premier: Muller, M. G. Cuvier ont ajouté quelque chose à ce que l’on savoit d'après cet auteur; mais les travaux de M. Gaëde , et ceux de M. Eysenhardt y ont ajouté davantage. J'ai aussi plusieurs fois fait l'anatomie de plusieurs méduses, mais sans en être complétement satisfait,
Les auteurs qui ont parlé des mœurs des médusaires d’aprés leurs propres observations, sont réellement aussi en petit nombre. Ce sont Réaumur, l'abbé Dicquemare, et surtout Macri et Spallanzani.
Les médusaires ont une forme régulière , bien circulaire, hémisphérique, plus ou moins convexe en-dessus et concave en-dessous, avec un orifice simple, arrondi, médian, ordinairement fort grand, entouré ou non d’appendices de forme variable; la réunion, dans une plus ou moins grande partie de leur bord, de ces appendices buccaux, constitue un pédoncule commun, dont l’attache en croix divise l’orifice en quatre parties.
On donne à la partie hémisphérique et principale du corps
des médusaires la dénomination de chapeau ou d’ombrelle, à cause de sa ressemblance avec la partie qui porte ce nom dans les champignons. Les appendices buccaux qui entourent souvent la bouche, se nomment des bras. La partie composée par la réunion de ces bras a été désignée sous le nom de pédoncule.
L’ombrelle, comme nous venons de le dire, toujours réguliérement circulaire, est quelquefois très- déprimée endessus comme en-dessous ; d’autres fois elle est subcylindrique par sà grande élévation; rarement elle est globuleuse ; enfin, le plus souvent, elle est à peu près hémisphérique. Ses bords, ou la ligne de jonction de la partie convexe avec la partie concave, sont quelquefois entiérement lisses, rarement relevés en angles peu saillans, ou sublobés ou tuberculeux; le plus souvent ils sont garnis de filamens tentaculaires plus ou moins alongés, auxquels on donne le nom de fentacules, On remarque aussi dans un certain nombre d'espèces, dans différens points de la circonférence de l’ombrelle, des organes similaires, bien régulièrement espacés, dont on ignore l'usage et dont nous parlerons tout à l'heure ; on les désigne par la dénomination d’auricules. L’ouverture du milieu de la face concave est quelquefois trés-grande , ronde ou carrée ; elle est sessile ou bien à l'extrémité d’une espèce de prolongement labial, en forme de trompe ou d’entonnoir plus ou moins alongé. Dans la circonférence de cette ouverture, sessile ou non, se rémarquent souvent des appendices ou bras assez souvent fort longs, en nombre fixe, et qui se divisent et se ramifient dans toute leur étendue ou à leur extrémité seulement : entre ces divisions se voient quelquefois des organes que Pallas et Péron ont comparés aux cotylédons des végétaux, ce qui leur fait nommer ces bras cotiliféres. Ces appendices sont souvent attachés à la circonférence de la bouche sessile, et quelquefois plus ou moins haut sur la trompe, qui la prolonge ; mais il arrive aussi qu’ils se réunissent dans une partie plus ou moins considérable de leur étendue : il en résulte alors un pédoncule, quelquefois fort gros, qui semble partager la bouche en quatre parties. C’est la-dessus qu’est établie la division, proposée par Péron et Lesueur, adoptée par M. de Lamarck, des médusaires en mo-
nostomes et en polysiomes.: Le fait est qu'il n’y a toujours qu'une bouche , dans les unes comme dans les autres.
Les médusaires, qui varient considérablement en grosseur, puisque , s’il en est de véritablement microscopiques, il en est aussi qui atteignent jusqu'a plusieurs pieds de diamètre! et qui pésent cinquante livres, sont les animaux qui offrent le moins de substance solide : ce n’est, pour ainsi dire, qu’une gelée plus ou moins consistante , parfaitement transparénte, qui, par suite de la perte de la vie, se résout com-
plétement en une eau limpide salée, én ne laissant pour ré-
sidu que quelques grains de pariies membraneuses également transparentes. Spallanzani, qui a fait cette expérience sur un individu pesant cinquante onces, n’a retiré que cinq à six ‘grains de pellicules ; tout le reste s’est fondu en eau. Cette ‘eau est aussi salée que celle de la mer, et en effet le même naturaliste a extrait par l’évaporation autant de sel marin de l’une que de l’autre. Aussi, en coupant l’animal vivant et en touchant la plaie avec la langue, éprouve-t-on la ‘même sensation qu’en goûtant de l’eau de mer. En faisant bouillir un de ces animaux dans l’eau ordinaire, il ne s’est pas dissous, comme il l’eût fait dans l’eau froide; il s’est con- ‘tracté en conservant exactement sa forme, et il est devenu “plus ferme, plus résistant. J’ai réussi aussi à faire durcir une méduse par l'alcool, au point qu’elle ressembloit à de la corne d'un brun noir; mais elle étoit devenue beaucoup plus petite. D’après cela, l’eau qui constitue la pius grande partie de ces animaux, doit être contenue dans un tissu cellulaire d'une finesse et d’une mollesse extrêmes.
Le tissu des médusaires n’est donc pas réellement homogène, quoiqu'il le paroisse. Leur peau ou enveloppe est cependant d’une minceur extraordinaire , non distincte; ce n’est pour ainsi dire que la limite de leur tissu un peu condensé. Observée au microscope, M. Gaëde a vu qu’elle est ‘garnie de petits grains dont chacun paroît lui-même formé de grains plus petits. Seroit-ce la source de la matière visqueuse qui transsude de toutes les parties du corps, et que Péron dit avoir observée sur des individus mis dans de l’eau de
1 Dicquemare en cite une de quatre pieds de diamètre.
ét s: “> D Poe Te DE ze <ù
MED 5 mer assez fréquemment renouvelée pour qu'ils conservassent toute leur activité vitale, qui est tellement abondante, ditil, que la trentième portion d’eau est aussi altérée que la première ? Cela n’est pas probable. On pourroit peut-être croire plutôt que c’est l’origine de la substance éminemment phosphorescente que Spallanzani a remarquée dans certains endroits du corps des médusaires lumineuses, et qui jouit de propriétés différentes de celles de la liqueur qui sort d’une plaie. Celle-ci a le goût d’eau salée, et autre fait éprouver une sensation douloureuse , au point qu’en ayant touché avec la langue, Spallanzani ressentit une impression brûlante qui dura plus d’un jour. Une goutte lui étant par hasard tombée sur l’œil, la douleur fut encore plus cuisante. La qualité caustique de cette humeur n’est cependant pas toujours concordante avec la propriété phosphorescente, puisqu'il est des espèces qui ne sont pas lumineuses et qui cependant produisent les effets de l’urtication.
Ordinairement les médusaires sont parfaitement incolores, et ressemblent au cristal de roche le plus pur et le plus transparent : il y en a cependant qui offrent des parties colorées en roussâtre, en beau bleu d'outre-mer, en verdâtre, et même à l’intérieur en très-beau violet ou pourpre.
L'appareil des sensations des médusaires paroïît être borné à la peau. Le nom de tentacules qu’on a donné aux filamens plus ou moins alongés qui bordent Yombrelle, l’usage qu'on leur assigne, ainsi qu'aux appendices brachiaux dans certaines espèces, pourroient faire soupçonner que ces organes jouissent d’un toucher plus exquis; mais je ne trouve rien dans l’organisation de ces parties qui puisse confirmer cesoupçon, et je ne vois même pas qu'il soit certain que ces organes servent aux usages qu’on leur attribue.
L'appareil de la locomotion se compose seulement d’une couche de très-petits muscles paralléles et disposés transversalement dans toute la circonférence de l’ombrelle, dans l'étendue d’un demi-pouce environ de sa face supérieure. Spallanzani les indique très-bien, et je les ai vus moi-même. Je ne suis pas aussi certain des bandes, également musculaires, qu’il décrit comme provenant des bords de l'ouverture inférieure, en se prolongeant le long des appen-
dices buccaux qu’elles composent, quoique cela soit probable. 5
L'appareil de la digestion paroît consister, du moins dans le plus grand nombre des espèces de médusaires, et peut-être mieux chez toutes celles qui ont été suffisamment observées !, dans une cavité plus ou moins considérable , située à la face concave de l’ombrelle et creusée dans le tissu même de l'animal, sans qu’on puisse y distinguer de membrane, pas plus qu’on ne distingue de derme à l'extérieur. Cette cavité a le plus souvent une ouverture centrale, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, quelquefois à l'extrémité d’une sorte de trompe alongée , et quelquefois bordée seulement d’une lèvre circulaire saillante. Nous avons déja dit comment il est possible que cet orifice soit partagé en quatre et même en un plus grand nombre de parties de forme sigmoïde, s’il étoit rond, par les racines du pédoncule, quand il existe; en sorte qu’il n’est pas juste de considérer chacune de ces parties comme autant de bouches, en suivant l’exemple de MM. Péron et Lesueur. Quelquefois cette loge centrale ou espèce d’estomac est indivise ; d’autres fois des cloisons plus ou moins incomplètes la partagent en quatre loges distinctes. Enfin, dans plusieurs espèces de médusaires on trouve que ces loges communiquent, par une ouverture supérieure, avec d’autres, sur un plan plus élevé ou supérieur, en nombre égal à celui des premières, et séparées par une cloison. C’est des premiers sacs que naissent des espèces de vaisseaux creusés, comme eux, dans le tissu même de l’animal, et qui, aprés s'être divisés, vont se réunir dans un canal circulaire
1 MM. Péron et Lesueur, dans leur division systématique des médusaires, foni une division des espèces qu'ils nomment agastriques, parce qu’elles n’ont pas, suivant eux, d’estomac; et cependant ils décrivent un siaus où se rendent des ramifications vasculariformes, comme toutes les médusaires bien observées en montrent. N'est-ce pas là L’analogue de l'estomac des médusaires gastriques? Observons d’ailleurs que les différens genres de ceite section n’ont été établis que sur des dessins et non sur les animaux eux-mêmes , et par conséquent ne méritent peut-être pas la même confiance que tous ceux que ces naturalistes ont faits depuis sur les médusaires qu’ils ont observées dans la Manche et dans la Méditerranée, et qui toutes sont gastriques.
qui occupe le bord de l’ombrelle, et dans lequel s’ouvrent des canaux semblables, qui règnent dans toute la longueur des tentacules. Dans certaines espèces, comme dans la medusa capillata, Linn., espèce de cyanée pour Péron et Lesueur , il y a même plus de complication ; dans la cavité buccale s'ouvrent largement quatre premiers sacs communiquant l’un avec l’autre. Chacun d’eux donne naissance à quatre appendices, deux oblongs et deux cordiformes, qui sont séparés entre eux par des cloisons. C’est dans l’intérieur de ceux-ci que s’ouvrent, sur trois rangées, les orifices des canaux qui régnent dans toute la longueur de ces tentacules fins et nombreux qui ont valu à cette espèce le nom de chevelue. Dans les espèces qui ont des bras ou un pédoncule central plus ou moins ramifié, l’intérieur de ces organes est également creux et leur canal communique avec la cavité centrale, Réaumur avoit même vu depuis longtemps que, dans le rhizostome de M. G. Cuvier, l'origine He. ramifications de ces canaux est percée d’un pore à l’extérieur, ce qui à fait supposer à ce dernier que ces animaux n’ont pas une bouche unique, mais un trés-grand nombre de suçoirs à l’extrémité des ramifications du pédoncule qui puisent le fluide nourricier dans l’eau, comme les racines des plantes le font dans la terre.
. Les ramifications vasculaires de l’estomac des médusaires, qui forment souvent un réseau trés-fin dans les bords de l’ombrelle, et la place de ces animaux dans la série, ne permettent pas de penser qu’ils possédent aucun organe spécial de respiration et de circulation. Quelques auteurs ont cependant regardé, mais à tort, comme des espèces de branchies des organes plissés, qu’il nous reste à décrire, parce qu'ils appartiennent à l'appareil de la génération.
Surla eloison qui sépare les premiers sacs stomachiques des seconds dans la M. aurita, et dans les premiers de ces sacs dans la M. capillata, M. Gaëde a remarqué une membrane plissée, à laquelle est attaché un cordon de vaisseaux courts en forme de cœcum, et qui se meuvent comme les tentacules, même quand ils ont été détachés du corps. Ce sont indubitablement les ovaires, que l’on voit former une croix au milieu du dos de l’ombrelle, à cause de leur coloration
souvent différente du reste, puisqie M. Gaëde y a parfaitement vu des œufs ou mieux des gemmules nageant dans un fluide. Quand ils s’en sont détachés, il paroit qu'ils tombent dans les canaux dés bras, qui servent alors d'organes de dépôt; car on n’en voit jamais à la fois dans les ovaires et dans ces organes.
Muller, qui cependant a aussi étudié l’organisation des médusaires, regardoit comme produisant des excrémens ces petits organes que nous avons désignés plus haut sous le nom d’auricules, et qui se trouvent dans le bord de l’ombrelle d’un assez grand nombre d’espéces : à l'œil nu ces organes, dans la M. aurita, ont paru à M. Gaëde comme de petits points blanchâtres; mais, sous le microscope, il a vu que chacun d’eux est formé par un petit corps creux qui porte à son extrémité libre une foule de corpuscules tous plus ou moins hexagones. 11 avoue n’en pas connoître l'usage.
On n’a jamais vu de traces de système nerveux dans les animaux de cet ordre, et il n’est pas probable qu'il ÿ en existe. (
Si, aprés l’organisation des médusaires, nous en étudions les fonctions, nous allons encore trouver plusieurs choses assez remarquables. |
Leur sensibilité générale paroît être bien obtuse ; et peutêtre en est-il de même de la sensibilité spéciale des tentacules marginaux et buccaux, dont la force de contractilité paroit cependant être très-grande : aussi les médusaires ne semblent pas sentir la main qui les saisit.
Leur locomotion, qui est fort lente et qui dénote un assez foible degré d'énergie musculaire, paroît, au contraire, m’avoir pas de cesse, puisque, étant d’une pesanteur spécifique plus considérable que l’eau dans laquelle ils sont immergés, ces animaux, si mous qu'il n’est pas probable qu'ils puissent se reposer sur un sol solide , ont besoin d’agir constamment pour se soutenir dans le fluide qu'ils habitent : aussi sont-ils dans un mouvement continuel de systole et de diastole. Spallanzani, qui les a observés avec soin dans leurs mouvemens, dit que ceux de translation sont exécutés par le rapprochement des bords de l’ombrelle, de maniere à ce que son diamètre diminue d’une maniére sensible : par la,
MED |. 397 une certaine quantité d'eau contenue dans les estomacs et dans la cavité ombrellaire est chassée avec plus ou moins de force, et le corps est projeté en sens inverse; revenu par la cessation de la force musculaire à son premier état de développement, il se contracte de nouveau, et fait un nouveau pas. Si le corps est perpendiculaire à l'horizon, cette succession de contraction et de dilatation le fait monter; s’il est plus ou moins oblique, il avance plus ou moins horizontalement. Pour descendre, il suffit à l’animal de cesser ses mouvemens ; sa pesanteur seule l’entraine : jamais il ne se retourne, la convexité de l’ombrelle en bas. Les
tentacules ni les bras ne paroiïssent pas servir dans ces mou-
vemens de translation; du moins ceux-ci, d’aprés Spallanzani, sont toujours étendus en suivant le corps. Des expériences ingénieuses, rapportées par cet observateur, prouvent que ce sont les seuls muscles de la zone marginale de l’ombrelle qui la font contracter en totalité, puisqu’en les enlevant le reste de l’ombrelle n'éprouve aucun changement, tandis que la zone enlevée continue ses mouvemens de systole et de diastole. Malgré cette action presque continuelle de la faculté locomotrice, les médusaires m'ont paru ne pouvoir vaincre le plus petit courant et être entraînées avec lui.
D'apres tous les observateurs, les médusaires se nourrissent de petits animaux, de mollusques, de vers, de crustacés et même de poissons, qu’elles attirent vers leur bouche à l’aide des appendices dont elle est armée. Spallanzani l’a supposé, parce qu'il a vu un petit poisson qui étoit collé à l’un des appendices d’un individu qu’il venoit de saisir. M. Gaëde dit positivement avoir trouvé, dans l’estomac des méduses qu’il a disséquées, de petits poissons et des néréïdes. MM. de Chamisso et Eysenhardt , dans leurs Mémoires sur ces animaux, insérés dans le tome 9 des actes de la Société des curieux de la nature, disent encore plus, puisqu'ils assurent avoir trouvé plusieurs fois dans les ventricules des têtes et des restes de poissons comme digérés. M. Bosc, qui a vu un grand nombre de ces animaux, MM. Péron et Lesueur, qui ont pu en observer encore bien davantage, sont de cette opinion, ainsi que Dicquemare et Othon Fabricius.
J'ai moi-même aussi trouvé quelquefois dé petits poissons dans des équorées et même dans des rhizostomes. Mais ces petits animaux avoient-ils été saisis par ces méduses pour ‘ leur servir de nourriture, ou ne s’y trouvoient-ils que par accident? Cette derniére opinion est celle de M. Cuvier, du moins pour les rhizostomes, qui lui paroissent puiser leur nourriture par des espèces de suçoirs, comme nous l'avons dit plus haut.
On ignore jusqu'ici et probablement l'on ignorera toujours la durée de la vie des médusaires, ainsi que l’histoire de leur développement. IL est probable qu’elles sont rejetées par teur mère à l’état parfait et ne différant d’elle qu’en grosseur. On sait qu’elles sont plus grosses au printemps et dans l'été, c’est-a-dire, à l’époque où leurs ovaires sont gonflés par les œufs qu’ils contiennent, et que dans les autres parties de l’année elles sont plus petites; on sait aussi que les appendices acquièrent avec l’âge un développement et une complication qu'ils n’avoient pas d’abord.
On trouve des espèces de cette famille d'animaux dans toutes les mers des pays froids, comme dans celles des pays chauds, et surtout dans la haute mer. Chacune, d'apres les observations de MM. Péron et Lesueur, paroît être confinée a des parties déterminées du globe, où les individus sont réunis en troupe innombrable et forment quelquefois plusieurs lieues carrées d’étendue. Si elles paroissent et disparoissent parfois dans le même pays à des époques déterminées, cela dépend sans doute des vents et des courans réglés qui les emportent et les raménent. Elles sont quelquefois jetées en grande quantité sur les bords de nos côtes, où on a cherché à en tirer parti. On a essayé, mais sans beaucoup de succés, à eu extraire de l’ammoniaque. On s’en sert plus ue UE 7 ment comme amendement sur les terres arables.
Toutes les médusaires, à l’état de mort et de putréfaction, paroissent être phosphorescentes; mais 1l n’y en à qu'un petit nombre qui le soit à l’état vivant. Nous devons à Spal-
lanzani un grand nombre d'expériences curieuses sur ce
sujet. Il a d’abord cherché quelles sont les parties qui jouissent le plus de cette singuliére propriété, et il a vu que é’étoient, 1.° les grands tentacules ou bras, 2.° la zone muscu-
MED 799 laire de l’ombrelle, et 3.° la cavité stomachale : le reste de lombrelle ne brille que par la lumiére transmise. IL s’est ensuite occupé de voir à quoi est due la phosphorescence, et il s’est assuré que c’est à une humeur gluante particulière qui sort de la surface des trois parties que je viens de citer. Cette humeur, comme nous l’avons dit plus haut, est toutà-fait différente de celle qui sort du corps, et même de ces parties quand on les coupe : elle est trés-corrosive, et son application sur la peau et surtout sur la langue, la conjonctive, occasionne une vive douleur; exprimée dans différens liquides, comme dans l’eau salée, mais surtout dans l’eau douce, l'urine et le lait, elle leur communique une lumière phosphorique. Une seule méduse, exprimée dans vingt-sept onces de lait de vache, le rendit si resplendissant, qu’on pouvoit lire les caractères d’une lettre à trois pieds de distance ; au bout d’onze heures il conservoit encore quelque lumiére. Quand il l’eut perdue tout-à-fait, on la lui rendit en l’agitant, et enfin, lorsque ce moyen ne produisit plus d'effet, l’on en obtint encore par la chaleur, en ayant soin qu’elle ne fût pas trop forte. La méduse morte jouit aussi encore assez long-temps de la propriété phosphorescente, surtout si on vient à verser dessus de l’eau douce, même quelque temps aprés qu’elle ne luit plus. Sur l'animal vivant elle est plus forte dans le mouvement de contraction que dans celui de dilatation , ce qui se conçoit, puisque c’est la partie éminemment contractile qui exhale l’humeur phosphorique. La lumière peut être suspendue pendant plus d’une demi-heure, ce qui dépend de la cessation des oscillations, et cependant la phosphorescence persiste, quoiqu’àa un degré beaucoup moins intense, dans l'animal mort, jusqu’à la putréfaction. On accroît la phosphorescence, en donnant une commotion aux parties de l’animal, ou même en lui faisant sentir le frottement de la main. Quand il est vivant, il communique au fluide dans lequel il est plongé, sa propriété phosphorique, mais moitié plus si c’est de l’eau douce que si c’est de l’eau - salée.
Un certain nombre de ces animaux jouissent d’une autre propriété plus nuisible, c’est celle de produire une douleur très - vive quand ils touchent une partie de notre peau, ce