‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 39 sur 55 · ME D · texte numérisé non relu

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qui leur a valu le nom d’ortie de mer. Jusqu'ici, quoique j'aie touché un assez grand nombre de méduses, je n'ai pas encore éprouvé cet effet; mais Dicquemare, qui a fait des expériences à Ce sujet sur lui-même avec la cyanée bleue, en rapporte les effets en ces termes : « La douleur est à peu

prés semblable à celle qu’on ressent en heurtant une plante

d’ortie; mais elle est plus forte, et dure environ une demi- .

heure. Ce sont dans les derniers momens comme des piqûres réitérées et plus foibles. Il paroît une rougeur considérable dans toute la partie de la peau qui a été touchée, et des élévations de même couleur, qui ont un point blanc dans le milieu. Au bout de quelques jours, apres que la douleur est passée, la chaleur du lit fait reparoître les élevures de la peau.> Cet effet paroît être dû à une humeur caustique qui sort de la peau de la méduse. Est-elle différente de celle que produit la phosphorescence ? cela est probable, puisque, comme nous l'avons dit plus haut, l’espèce observée par Spallanzani , qui étoit éminemment phosphorescente , ne produisoit aucun effet d’urtication. Les espèces qui. jouissent de cette propriété à l’état vivant, l’ont aussi dans l’état de mort. Certaines autres ont un effet d’urtication si peu intense, qu'il ne devient sensible que sur les parties de la peau tres-molles, comme la conjonctive, ou attendries par un long séjour dans l’eau, et surtout dénudées.

Quoique les médusaires paroissent n'être composées que d’une grande quantité d’eau de mer, elles se putréfient avec une très-grande facilité et exhalent alors une odeur trèsdésagréable. Pendant la vie même elles en répandent une qui tient un peu de celle du poisson : elle est forte, pénétrante, et devient insupportable dans un lieu fermé, surtout quand elles meurent et se dissolvent.

On a essayé de voir si les méduses étoient susceptibles de reproduire les portions qu’on leur avoit enlevées ; mais ül paroît que non. On en irouve souvent qui continuent de vivre, quoiqu’elles aient été plus ou moins mutilées; et M. Gaëde, qui a fait des expériences à ce sujet, dit que l’animal ne paroïît pas être affecté par la perte de plusieurs des grandes parties de son corps, et, bien plus, que si l’on coupe une méduse en plusieurs morceaux, ceux qui n’ont qu'un seul estomac continuent de vivre. ;

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Aucune médusaire, comme nous l'avons dit plus haut, ne paroît servir à la nourriture de l’homme. Il paroit qu’il n’en est pas de même pour plusieurs animaux : ainsi les actinies les saisissent au passage et les entraînent peu à peu dans leur estomac. Les baleines en détruisent aussi une immense quantité ; mais il paroit que ce sont des espèces ou des individus d’une extrême petitesse, dont sont remplies les eaux de la mer qu’'habitent ces grands animaux, et qu’elles y sont avec beaucoup d’autres animaux de types différens , mais également presque microscopiques.

Le nombre des espèces de ce groupe est assez considérable pour au’on ait eu besoin d’une méthode propre à les faire reconnoître aisément. Avant le travail de MM. Péron et Lesueur elles étoient réparties presque sans ordre sous le nom de méduse. La classification des médusaires, donnée dans ce travail, est la plus complète qui ait paru jusqu'ici; nous avons cru devoir la suivre dans ce Dictionnaire, quoique nous doutions beaucoup, comme nous lavons dit plus haut, qu'il y ait des méduses sans estomac et des espèces avec plusieurs bouches. M. Ocken l’a égalemént suivie ; M. de Lamarck a fait de même, mais il a réduit le nombre des genres a moitié. M. G. Cuvier a aussi pris pour base de sa subdivision des méduses le travail de Péron ; maïs ii l’a un peu modifié. Enfin, MM. Schbweïger, Goldfuss, Eysenhardt ont fait à peu près la même chose.

Nous passerons sous silence les deux premières divisions que MM. Péron et Lesueur établissent dans leur famille des méduses; savoir: les méduses en parties membraneuses, ou les porpites, les physales, et même les méduses entiérement gélatineuses avec des côtes ciliées, c’est-a-dire , les béroës, qui ne sont ni les unes ni les autres de véritables médusaires pour nous; et nous ne parlerons que de celles-ci. En considérant l’existence évidente ou l’absence apparente de l’estomac , il en résulte la première division en Méduses agastriques et Méduses gastriques, qui sont de beaucoup plus nombreuses, et qui, à cause de cela, sont divisées en monos/omes et en polystomes, suivant que l'ouverture inférieure de l’ombrelle est simple, inédiane ou divisée en plusieurs parties latérales par les racines du pédoncule. Les espèces de ces

différentes sections peuvent être pourvues de ce pédoncule ou ne l'être pas, cé qui les divisera en médusaires pédonculées et en médusaires non pédonculées. Le pédoncule, à son tour, peut être partagé ou non en lanières ou bras, d’où résulte une autre division des médusaires brachidées et des médusaires non brachidées. Enfin, en considérant que les bords de l’ombrelle peuvent être pourvues ou non de tentacules, on obtient une division dichotomique, en médusaires tentaculées et en médusaires non tentaculées. Pour être plus court et pour en faciliter l'intelligence, nous allons donner cette distribution Systématique sous forme de tableau, en

renvoyant pour les genres et pour les espèces aux noms de ceux - la.

A ç non non tentaculées. Eurore.

| pédonculées ; |tentaculées..:.. Bérénice.

: OryTutres.

ACASTRIQUES. « « » ; non tentaculées.

pédonculées ; Favonre.

k LYymNoRÉE.

| tentaculées..... Ë GÉRYoNIE.

| CarYzDÉE.

non ten- P taculées. ROCHE non L non te he EuLiIMÈNE.

édon- PAR Da ee P GA dées ; LÉ EQUORÉE.

culées; acu ù ee Fovéozte.

. Pécasie.

nn Moxo- DAT : Ù HA ue brachidées; tentacul. Carr1RnoË, [se +: HE FT non ten- |! MÉLITÉE.

ms ke s iaculées. | Évacore.

= pédonculées ; bra- L j RA OcÉANTrE.

A chidées ; À F -E tentacu- | PÉLaGiE.

= GASTRI- | lées. AGLAURE.

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