MEL A
MEISCE. (Bot.) Selon Rauwolf, Avicenne désignoit sous ce nom un haricot , phaseolus max, auquel Sérapion donnoit celui de mes, et Clusius celui de mungo. (4. d5
MEISE ou MEISS. (Ornith.) Nom générique des mésanges ; parus, Linn., en allemand. (Cu.D.)
MEISTERIA. ( Bot.) Scopoli a substitué ce nom a celui de pacourina, donné par Aublet à un de ses genres de la famille des cinarocéphales. Willdenow l’a nommé haynea. (J.)
MEJAHŒSE. ( Bot.) Nom arabe d’une fougère que Forskal nommoit acrostichum dichotomum , que Vahl rapportoit à lacrostichum australe, et que plus récemment Swariz a nommée asplenium radiatum. Forskal dit que dans PF Arabie on applique avec succès sur les brûlures ses feuilles broyées. (J.)
MEJANE. (Ichthyol.) On donne vulgairement. ce nom à la dorade dans son pppeuer âge. Voyez Daurane et SPaRE. (H. C.) | | |
MEJEANS. (Ornith.) Ce mot est cité, dans le Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, comme étant le nom provençal d'un grèbe. (Cx. D.)
MEKALEFAH. (Ornih.) Nom arabe du sxnes ou phène, vultur barbatus, Gmel. (Cu. D.)
MEKARAL, ( Bot.) Hermann cite ce nom pour un haricot de Ceilan, dont il ne donne aucune désignation. (J.)
MEKATKAT. { Bot.) Nom arabe, selon Forskal, de son senecio lyralus, qui est le senecio auriculatus de Vahl. (J.)
MEKATKATA ,; MENECKETE. (Bot.) Noms arabes du phyllanthes niruri, suivant Forskal. (J.)
MEKISEWE PAUPASTAOW. (Ornith.) Suivant M. Vieillot, Hist. nat. des oiseaux de l’Amér. sept., tom. 2, p, 63, les métrinels de, la baie de Hudson nomment ainsi l'épeiche ou pic, varié de la, Caroline , Buffon, picus varius, Linn. (CRD); té
MEL. ( Bot.) En nine des on donne ce nom aux millets. (L. D.)
: MELACRANIS. (Bot.) Voyez Merancranis. ( Porn.)
MELADOS. (Mamm.) On a donné ce nom à des chevaux dont la robe est blanche, dont les yeux sont bleus, et qui ont les lévres et le bout du nez souvent couverts de ladre ou de dartres furfuracées. (Dasw.)
MÉLAGASTRE. (Ichthyol.) Nom spécifique d’un labre que nous avons décrit dans ce Dictionnaire, tome XXV, p. 36. (H::C.) |
MELAGRORYPHOS. (Ornith.) L'oiseau désigné par ce nom dans Aristote a été rapporté à la petite mésange noire, parus ater, Linn. (Cx. D.)
MÉLALEUQUE, Melaleuca. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées, de la famille des -myrtées , de la monadelphie polyandrie de Linnæus; offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions; cinq pétales insérés à l’orifice du calice; des étamines nombreuses, réu- : nies en cinq faisceaux ; les anthères à deux lobes; un ovaire inférieur ; un style ; un stigmate simple ; une capsule faisant corps avec le calice, à trois valves, à trois loges polyspermes.
Ce genre est intéressant par les belles espèces qu’il renferme, presque toutes provenues de la Nouvelle-Hollande. 11 a de grands rapports avec les Metrosideros, dont il diffère par ses étamines réunies en plusieurs paquets. L'affinité qui existe entre ces deux genres et le Lepfospermum, a occasioné le déplacement de plusieurs espèces transportées d’un genre à l’autre. (Voyez LeprosPerME et MErrosiDEros.)
La plupart des espèces de melaleuca sont aujourd’hui cultivées, conime plantes d'ornement, dans un grand nombre de jardins : elles réussissent bien dans du terreau de bruyère mélangé avec de la terre franche. On les multiplie de drageons et de marcottes, quelquefois aussi de boutures, et même de graines ; mais il faut attendre trois ou quatre ans pour qu’elles soient parfaitement mûres, époque indiquée par l'ouverture naturelle des capsules. Il est à remarquer que, d’une autre part, les feuilles sont persistantes; circonstance qui vient à l'appui d’une opinion que j’ai exposée dans les Leçons de Flore, vol. 1, pag. 120, sur la cause de la persistance des feuilles dans les arbres dont les fruits exigent une ou plusieurs années pour leur maturité, et par suite le secours des feuilles. Ces plantes veulent être abritées du froid pendant lhiver. Comme le froid à deux ou trois degrés au-dessous de zéro ne leur est pas nuisible, il est à croire qu’on pourroit les conserver en pleine terre dans les climats plus tempérés que celui de Paris.
Mérareuque «A Bois BLANC; Melaleuca leucadendron, Linn.; Lamk., Ill. gen., tab. 641, fig. 4; Rumph., Amb., 2, p. 72, tab. 16 et tab. 17, fig. 1; Gærtn., De fruct., tab. 35. Arbre de cinquante à soixante pieds, dont le tronc est noirâtre, surtout à sa partie inférieure, revêtu d’une écorce de la nature du liége; les branches blanches, ainsi que les rameaux trés-déliés, garnis de feuilles alternes, presque sessiles, ovales- Jancéolées, entières, aiguës à leurs deux extrémités, glabres, d’un vert pâle, un peu courbhées en faucille, marquées de cinq nervures, longues de quatre à cinq pouces; les fleurs odorantes, éparses autour des rameaux, sessiles, presque agglomérées ; la corolle fort petite ; les pétales blancs, concaves ; les filamens des étamines trés-longs ; les anthères petites, jaunâtres; les capsules de couleur cendrée, urcéolées, de la grosseur d’un grain de coriandre, à trois loges, remplies de semences brunès, fort petites, semblables à des paillettes.
Cet arbre croît dans les Indes orientales : on le cultive au Jardin du Roi. Son bois est employé, dans les Indes, pour la construction des vaisseaux ; il est dur, pesant, et se conserve assez long-temps dans l’eau de mer : il est difficile de l’employer à d’autres usages, ayant le défaut de se fendre trop aisément, et de ne pas se prêter au poli. Son écerce tient de la nature du liége; elle se régénère comme lui, et se gonfle dans l’eau : on s’en sert en guise d’étoupes pour ‘calfater les vaisseaux. On retire de ses feuilles, par le moyen de la distillation, une huile que l’on nomme huile dé cajaput : elle est de couleur verte , d’une odeur approchante de celle de la térébenthine, d’une saveur assez semblable à celle de la menthe poivrée, mais plus forte; eile occasionne une sensation de froid plus sensible. Elle est rare, et presque toujours sophistiquée lorsqu'elle nous arrive en Europe : elle passe pour carminative, emménagogue. M. Bosc assure, d’après sa propre expérience , qu’elle a la propriété de garantir les “animaux empaillés du ravage des insectes.
Il ne faut pas confondre avec cette espèce, comme où l’avoit fait d’abord. le Melaleuca viridiflora, Gærtn., De fruct., tab. 35; Lamk., Ill. gen., tab. 641, fig. 5. Ses feuilles sont plus épaisses, plus roides, non evurbées en faucille , coriaces,
lancéolées, d’un vert plus pâle ; les rameaux et les pétioles pubescens dans leur jeunesse ; les fleurs verdàtres, plus rapprochées, formant, par leur rapprochement sur les rameaux, une sorte de grappe touffue. Cette espéce croît à la Nouvelle- Hollande et dans la Nouveile-Calédonie.
MÉtALEUQUE A FEUILLES DE sTYPHÉLIE; Melaleuca stypheloides , Smith, Act. soc. Linn. Lond., 3, pag. 275. Arbrisseau de la Nouvelle-Holiande, que l’on cultive au Jardin du Roi. Ses rameaux sont velus dans leur jeunesse ; ils deviennent glabres en vieillissant. Les feuilles sont éparses, alternes, sessiles , glabres, petites, ovales, un peu arrondies, trés-aiguës et piquantes à leur sommet, marquées de sept nervures, parsemées de points transparens; les fleurs disposées en forme de grappes sur les jeunes rameaux; les dents du calice striées et mucronées.
MéÉLALEUQUE A FEUILLES DE BRUYÈRE : Melaleuca ericifolia; Vent., Malm., tab. 56; Smith, Bot. exot., tab. 545" Andrx Bot. repos., tab. 175; Melaleuca armillaris, Cavan., Ic. rar., 4, tab. 335. Arbrisseau de cinq à six pieds, dont! les tiges sont droites, d’un gris cendré; les rameaux eflilés; les feuilles éparses, linéaires, ponctuées, un peu courbées a leur sommet, d’une odeur et d’une saveur aromatique; les fleurs sessiles, tres-serrées, rougeàtres avant leur épanouissement, puis d’un blanc sàle, répandant une odeur de miel, réunies sur. les vieux bois autour d'un axe éeailleux , rougeûtre , garni de bractées ovales, pubescentes, rougeàtres; le calice glabre et ponctué ; les pétales ovales, coneaves, obtus; les étamines. réunies en faisceaux deux fois plus longs que iles pétales ; les anthères vacillantes, à quatre sillons ; l'ovaire globuleux, parsemé de poils courts, peu apparens..Gette plante croit à la Nouvelle-Hollande ; on la cultive au Jardin du Roi.
MÉLALEUQUE NOUEUSE : Melaleuca nodosa, Smith, Bot. exot. ) tab. 35; Vent., Malim., v. 2, tab. 112; Metrosideros nodosa, .Cavan., Icon, rar, -4,utab::,334:, Gærtn.,!Deifruck.;ut4154. Ses tiges sont hautes de trois à quatre pieds, divisées en rameaux peu .ouveris, rougeàtres, articulés, un peu pileux, garnis de feuilles nombreuses, alternes,; linéaires, presque sessiies, glabres; mucronées et .piquantes. à leur sommet.
MEL 433 ñédiocreent ponctuées, longues d'environ un pouce ; les fleurs petites, situées vers le sommet des rameaux, rapprochées en une tête globuleuse, sessile, répandant une odeur de cerfeuil ; les bractées brunes, très-caduques ; le calice globuleux, à cinq dents courtes; la corolle blanchätre avec une légère teinte de rose ; les capsules globuleuses, à trois loges, s’ouvrant à leur sommet en trois valves ; les semences nombreuses, cunéiformes.
Cette plante croit au port Jackson, dans la Nouvelle- Hollande.
MÉLALEUQUE À FEUILLES DE MYRTE : Melaleuéa myrtifolia; Vent., Malm., tab. 47; Melaleuca squarrosa, Labill., Nov. Holl., 5, tab. 169. Cette espèce est particulièrement recherchée pour la beauté de son port; de son feuillage, et de ses fleurs d’un rouge vif, disposées en paquets serrés le long des rameaux. Dans nos jardins c’est un arbrisseau de trois ou quatre pieds, dont les rameaux sont opposés, tétragones, d’un brun rougeâtre : c'est dans son pays natal, d’après M. de Labillardière, un arbre de cinquante à soixante pieds; ses feuilles sont presque sessiles, éparses ou opposées, ovales, concaves, aiguës, trés-entières, ponctuées, à cinq ou sept nérvures, un peu pileuses dans leur jeunesse, assez semblables à celles du petit myrte commun. Les fleurs sont disposées en épis: très-serrés, situés dans la partie supérieure des jeunes pousses, réunies trois par trois dans l’aisselle d’une bractée pubescente : elles sont d’un jaune de soufre, et répandent une odeur trèsagréable ; ainsi que les feuilles quand on les froisse, Le calice est glabre, à cinq découpures obtuses ; les pétales concaves, d’un blanc de lait, d’après M. de Labillardière; les filamens d’un jaune pâle; les anthères vacillantes, à quatre sillons ; l'ovaire globuleux, couvert de poils trés-blancs ; les capsules de la grosseur d’un grain de poivre.
Cet arbrisseau est originaire de la Nouvelle -Hollande et des îles de la mer du Sud; on le cultive au Jardin du Roi: il fleurit vers la fin du printemps.
MéLatBuQuE G18B8EUSE : Melaleuca gibbosa; Labill., Nov. Holl., 2, pag. 30, tab. 172. Arbrisseau de huit à neuf pouces de haut et plus, chargé de rameaux nombreux , entrelacés, glabres, cendrés; les feuilles sont sessiles, opposées, presque
imbriquéés, courtes, épaisses, ovales, longues de deux lignes, courbées en faucille, à trois nervures, repliées à leurs bords, glabres, obtuses, parsemées en-dessous de points glanduleux. Les fleurs sont trés-rapprochées, latérales et terminales, presque enfoncées dans une portion renflée des rameaux ; les découpures du calice ohtuses ; les pétales ovales ; le stigmate presque globuleux ; les capsules enfoncéés dans le calice dilaté et fongueux : le pistil avorte dans quelques fleurs.
Cette plante croit au cap Van-Diémen.
MÉiALEUQUE À FEUILLES DE TuyM : Melaleuca thymifolia; Smith, Exot. bot., t. 36; Melaleuca gnidiæfolia, Vent., Malm., t. 4; Melaleuca coronata, Andr., Bot. repos., tab. 278. Arbrisseau aromatique , d’un aspect gracieux, dont les tiges sont hautes de deux ou trois pieds, grêles, trés-rameuses, de couleur cendrée ; les rameaux bruns, opposés, s’élevant en pyramide, garnis de glandes concaves et d’écailles membraneuses. Les feuilles sont opposées, presque sessiles, très-rapprochées, glabres, lancéolées, aiguës, d’un verttendre, à trois nervures, longues de trois à quatre lignes, répandant une odeur aromatique lorsqu'on les froisse entre les doigts ; les fleurs sont peu nombreuses, sessiles, de couleur violette ; les bractées ovales, ponctuées ; le calice glabre , à cinq lobes ovales ; les pétales concaves, ponctués ; les étamines réunies en cinq paquets, chaque paquet formant une petite colonne de couleur violette, opposée aux pétales ; les filamens rameux ; l'ovaire globuleux, enfoncé dans un disque charnu.
Cet arbrisseau croît à la Nouvelle-Hollande.
MÉLALEUQUE A FEUILLES DE MILLEPERTUIS : Melaleuca hypericifolia, Vent., Jard. Cels., t. 10; Andr., Bot. repos., t. 200. Arbrisseau très-élégant, remarquable par la beauté de ses fleurs, dont les tiges sont très-rameuses, lisses, cendrées, hautes de quatre à cinq pieds; les rameaux souples, un peu anguleux, rougeàtres ; les feuilles sessiles, opposées, coriaces, ovales-oblongues, d’une odeur agréable ; les fleurs sessiles, nombreuses, réunies en un épi court, touffu ; les bractées d’un rouge vif, trés-caduques; le calice tubulé; ses découpures ovales, blanches en dedans; les pétales de la longueur du calice ; les étamines réunies presque dans toute
MEL 455 leur longueur en cinq faisceaux alongés, divisés à leur sommet en une petite houpe, soutenant des anthéres vacillantes et noiràtres, .
Cet arbrisseau croît à la Nouvelle - Hollande,
MÉLALEUQUE À FEUILLES ELLIPTIQUES ; Melaleuca élliptica, Lab. Nov. Holl., tab. 173. Arbrisseau de six pieds, dont les rameaux sont glabres, étalés, un peu tuberculés; les feuilles opposées, médiocrement pétiolées, ovales, elliptiques, longues de quatre à six lignes, trés-obtuses, ‘chargées en-dessous de points glanduleux et saillans ; les fleurs réunies en épis alongés; le calice un peu tomenteux, parsemé de points enfoncés ; ses découpures obtuses, persistantes ; les pétales oblongs, un peu onguiculés; le stigmate concave ; les capsules turbinées.
Cette plante croît à la terre Van-Leuwin, à la Nouvelle- Hollande. ( Poir.)
MELAMBO. (Bof.) C’est une écorce qu’on emploie en médecine ; elle est amére ; on l’apporte des contrées méridionales d'Amérique, et elle paroïit produite pan un arbre de la famille des magnoliacées. ( Leu.)
MÉLAMPE, Melampus. (Conchyl.) M. Denys de Montfort ; sous ce nom, est le premier qui ait proposé de faire un genre distinct avec le bulime coniforme de Bruguiëres, espèce si voisine des auricuies que M. de Lamarck, qui pendant quélque temps avoit cru devoir aussi établir ce genre sous la dénomination de Conovule et qui l’a même figuré sous ce nom dans les planches de l'Encyclopédie méthodique, a définitivement inséré cette espèce dans la seconde section des auricules (Anim.sans vert., 2.*éd., tom: VI, 2.*part., p.141). Peut-être eût-elle été encore mieux placée dans son genre Tornatelle ou Piétin d'Adanson : en effet, d'après ce que M. Say dit de l’animal du mélampe, il a le pied partagé en deux talons par un sillon transverse. M. Denys de Montfort caractérisoit ce genre d’après la forme conoïde de la coquille, et parce que l'ouverture entière, étroite, alongée, a sa lèvre externe tranchante, dentée , et l'interne ou columellaire! marquée de ‘trois plis. Le type:dé ce genre est une petite coquille dont Linnæus faisoit une espèce de volute, V. coffea : elle est blanche , fasciée de brun, assez épaisse et rarement d’un
456 MEL pouce de longueur; on la trouve, à ce qü’il paroît, sur toute la côte orientale des deux Amériques. M. Denys de Montfort cite particuliérement le rocher du Connétable, qui est en avant de la rade de Cayenñe. Voyez Prérin et Tonnaterze, ( DE B.) MELAMPELOS et MELAMPELON. (Bot.) Deux noms donnés à la pariétaire chez les anciens Grecs. ( Lem.) MELAMPHYLLON. (Bot.) Voyez HerpacanTHA. (J.) MÉLAMPODE, Melampodium. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones , à fleurs composées, de la famille des corymbifères, de la syngénésie polygamie nécessaire, dont le caractère essentiel consiste dans des fleurs radiées ; le calice commun à cinq folioles égales ; les fleurons du disque mâles, à cinq étamines syngénèses ; les demi-fleurons de la circonférence femelles : un ovaire inférieur; un style simple; le réceptacle conique, couvert de paillettes ; les semences tétragones, enveloppées dans une écaille en capuchon.
Le genre Dysodium a été réuni à ce genre par quelques äyteurs ; d’autres l’en ont séparé. (Voyez Dyson.) MécamPronE D'AMÉRIQUE; Melampodium americanum, Linn., Lamk., Il gen:, tab: 913; ‘Gærtn., de Fruct+,\ tab. 169); Banks, Relig. Houst., 9, tab. 21. Cette plante a des tiges chargées de poils et divisées par nœuds, garnies de feuilles opposées, linéaires-lancéolées, avec deux grandes dents de chaque côté, trés-entières, parsemées de points blancs, blan: ches et tomenteuses en-dessous. Un pédoncule filiforme , terminal et pileux, soutient une fleur jaune ; elle produit des semences bombées sur le dos, légèrement arquées, couronnées par une membrane oblique , jaunâtre, à bords roulés en dedans. | Cette plante croit à la Veéra-Cruz.
… Mérampops soyeux; Melampodium sericeum, Kunth , in Humb. Nov. gen., 4, p. 272. Ses tiges sont ligneuses, droites ou tombantes, hautes d'environ un pied; les rameaux glabres, opposés, pubescens et velus dans leur jeunesse; les feuilles sont sessiles, opposées, linéaires-lancéolées, très-entières, soyeuses, argentées et presque lanugineuses en-dessous, vertes, pubescentes et soyeuses en- dessus. Les fleurs sont réunies presque en corymbe sur de longs pédoncules à l'extrémité
des rameaux, de la grandeur de celles de la eamomille ; le calice commun hémisphéfique, à cinq folioles ovales, aiguës, en coin ; la corolle d’un jaune orangé; le réceptacle conique, garni de paillettes linéaires, en carène, dilatées, ondulées au sommet, un peu velues sur le dos.
Cette plante croît dans la Nouvelle - Espagne, prés de la ville de Tasco.
MérAMPODE A LONGUES FEUILLES ; Melampodium longifolium, Willd., Enum., 2, pag. 934. Cette plante a des tiges droites, annuelles, hautes de deux pieds, légérement pubescentes, dichotomes, garnies de feuilles sessiles, opposées, lancéolées, presque en cœur, entières, spatulées, quelquefois un peu dentées, longues d’un à deux pouces; les supérieures un peu anguleuses; les pédoncules solitaires, uniflores, aïlés à leurs bords ; le calice composé de cinq folioles ; le réceptacle conique, garni de paillettes; les semences surmontées d’une écaille roulée en dedans.
Cette plante croît au Mexique ; on la cultive au Jardin du Roi,
MÉLAMPODE A TIGE BASSE; Melampodium humile, Swartz, M, Ind. occid., 3, p.1370. Plante de la Jamaïque , annuelle, tréscommune, tant aux lieux incultes que cultivés, Au rapport de M, Swartz, elle gêne beaucoup la culture : ses semences sont trés-nuisibles aux oiseaux de basse-cour. Ses racines sont petites et fibreuses; ses tiges droites, rameuses, à peine longues d’un pied, cylindriques, rougeâtres, velues ; les feuilles sessiles , opposées, légérement pubescentes, découpées en lyre ; le lobe terminal très-grand, ovale, presque hasté, inégalement denté ; les fleurs jaunes, solitaires, axillaires, médiocrement pédonculées; les folioles du calice ovales, concaves , pubescentes; quatre à cinq demi-fleurons linéaires ; six à huit fleurons dans le disque; les anthères noires; les semences trigones, un peu comprimées, cunéiformes, hérissées sur leurs angles d’aiguillons crochus, terminées par deux épines; les paillettes petites, lancéolées.
MécamPoDE AUSTRAL; Melampodium australe, Linn., Lœfl., Itin., 268. Ses tiges sont diffuses, couchées, étalées dans tous les sens , longues d’environ sept pouces, un peu pubescentes; les rameaux opposés, ascendans; les feuilles pétiolées, opposées, ovales, obtuses, légèrement dentées à leur partie
supérieure. Les fleurs sont jaunes, terminales, axillaires ou placées dans la bifurcation des rameaux, solitaires, presque sessiles; le disque occupé par quatre à huit fleurons terminés par deux dents ; les demi-fleurons courts, filiformes, au nombre de cinq à huit ; les semences un peu comprimées, sillonnées latente pileuses ; le réceptacle garni de paillettes concaves, oblongues.
Cette plante croît en Amérique, aux environs de Cumana, (Porr.)
MELAMPODIUM. (Bot) Adanson avoit réuni ce genre de composée , ainsi que le chrysogonum, à son genre Cargilla, lequel n’a pas été adopté. (J.)
MELAMPUS, (Ornith.) L'oiseau qui porte ce nom dans Gesner, Aldrovande et Willughby, est la glaréole tachetée, glarcola nœvia, Linn. (Ca D.) °°°
MÉLAMPYRE; Melampyrum, Linn. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones , ie la famille des rhinanthées, Juss., et de la didynamie angicspermie, Linn., dont les principaux caractères sont les suivars : Calice monophylle, tubuleux, à quatre découpures ; corolle monopétale, à tube oblong et à limbe comprimé , partagé en deux lèvres, dont la supérieure en casque et ayant ses bords réfléchis, l’inférieure triide ; quatre étamines didynames; un ovaire supére, ovale, surmonté d’un style filiforme, terminé par un stigmate obtus; une capsule ovale, oblique, acuminée, à deux valves, à deux loges séparées par une cloison opposée aux valves, et contenant chacune deux graines gibbeuses.
Les mélampyres sont des plantes herbacées, annuelles , dont les feuilles sont simples, opposées, et les fleurs situées dans les aisselles des feuilles supérieures, ou disposées en épis terminaux, garnis de bractées. On en connoît une dixaine d'espèces, dont la plus grande partie croît naturellement en Europe. Elles présentent toutes dans leur port des convenances qui ont été senties par tous les botanistes. Ces, plantes prennent communément, en se desséchant, une couleur noirètre, qui leur donne, dans l’herbier, un aspect désagréable; et l’on ne peut guère prévenir en partie cet inconvément, qu'en leur enlevant promptement leur humidité, en es mettant entre des papiers trés-secs, qu’on change plu-
MEL 439 sieurs fois le jour, ou même en hàtant encore plus leur dessiccation à l’aide d’un fer chaud, passé à plusieurs reprises sur les papiers dans lesquels elles sont placées.
Le nom de Melampyrum est formé de deux mots grecs, jeNas noir, et rupoc, blé : il paroît avoir été donné aux plantes de ce genre, parce que leurs graines ont en quelque sorte la forme d’un grain de froment, et qu’eiles sont ordimairement noirâtres, }
Mérampyre À crêtes : Melampyrum cristatum , Linn., Spec., 842; Flor. Dan., tab. 1104. Sa tige est droite, simple , ou le plus souvent divisée en rameaux étalés, et haute de huit à douze pouces. Ses feuilles sont étroites, lancéolées-linéaires, glabres, trés-entiéres. Ses fleurs sont rougeâtres, mêlées de blanc ou de jaunâtre , quelquefois entiérement blanches, disposées au sommet de la tige et des rameaux en épis ovalesoblongs, serrés et imbriqués de bractées d’un vert pâle, dentées, presque ciliées et trés-larges à leur base. Cette plante n’est pas rare dans les bois et les pâturages.
MécamPyre Des cHAMPs; vulgairement BLé-DE-VACHE, QuEUE- DE-RENARD , CornetTE, Rouceoce : Melampyrum arvense, Linn., Spec., 842; Flor. Dan., t. 911; Triticum vaccinum, Dod., Pempt., 541. Sa tige est droite, haute d’un pied ou environ, simple ou divisée en rameaux redressés. Ses feuilles sont lancéolées-linéaires, finement pubescentes. Ses fleurs sont purpurines, mélées de jaune , disposées en épis terminaux, plus longs que dans l'espèce précédente, et accompagnées de bractées rouges, comme les corolles, et ayant leurs bords découpés en lanières sétacées. Cette plante est commune dans les moissons.
Ses graines, mêlées avec celles du froment, donnent au pain une couleur d’un violet noiràtre. Quelques auteurs disent que ce pain a une odeur piquante et une saveur désagréable ; qu’il est mal-sain, et que ceux qui en font usage sont sujets à être attaqués de pesanteurs de tête : mais plusieurs autres assurent au contraire en avoir souvent mangé, et ne lui avoir jamais trouvé de mauvais goût. Rai, qui est de ces derniers, ajoute que, dans certains cantons où le mélampyre des champs est trés-commun dans les moissons, on ne regarde pas ses graines comme nuisibles, et qu'on n€
prend aucun soin pour en purger le blé. Il est même des auteurs qui prétendent qu'il est possible de faire du pain agréable ei sain avec la seule graine de mélampyre. Il n’est guëre possible de concilier ces diverses assertions, comme l’observe l’abbé Rosier, qu’en supposant que les graines trop nouvelles et encore trop pourvues de toute leur eau de végétation possèdent les mauvais effets qu’on leur reproche, tandis qu’elles n’ont plus rien de mal-faisant, lorsqu'une dessiccation parfaite a fait évaporer leur humidité.
Ce mélampyre en herbe est une tres-bonne nourriture pour les bestiaux, qui tous l’aiment beaucoup; les vaches surtout en sont si friandes qu’elles le préférent à toute autre plante, et c’est de la que lui est venu un de ses noms vulgaires. Le lait et le beurre de celles qui en mangent beaucoup dans la saison, est d’une excellente qualité. Cela a fait penser à le cultiver comme fourrage ; mais il résulte des éxpériences de M. Tessier, que cette plante vient mal lorsqu'elle est semée seule, de sorte que le seul moyen d’en retirer quelque utilité est de la faire arracher parmi les moissons, quand elle est en fleur, pour la donner à manger aux bestiaux. Cela a d’ailleurs l'avantage d’en débarrasser les blés, a la végétation desquels elle nuit d’abord, tandis qu’elle est sur pied, ensuite en altérant la paille , si ses tiges ne sont pas bien desséchées au moment d’amonceler les gerbes dans les granges, et enfin en mélant ses graines au froment, ce qui rend celui-ci d’une qualité inférieure.
MÉLramPyrE DES FORÊTS : Melampyrum nemorosum, Linn. , Spec. 843; Flor. Dan., tab. 305. Sa tige est haute de douze à dixhuit pouces, divisée en rameaux étalés, chargés de quelques poils. Ses feuilles sont lancéolées, pétiolées, très-légèrement velues en-dessous. Ses fleurs sont jaunes, briévement pédicellées, pour la plupart tournées du même côté, et placées dans les aisselles des feuilles supérieures, qui sont d’une belle couleur violette, et découpées à leur base en plusieurs dents profondes : ces fleurs sont rapprochées les unes des autres, de maniere à former une sorte de grappe terminale; les dents de leur calice sont étroites, très-aiguës et hérissées: Cette espèce croît dans les bois des montagnes en Dauphiné, en Provence et dans le Midi de l’Europe. Linnæus dit que
MEL \ ui
‘ sa présence égaye tellement les lieux sombres dans les forêts, qu’on prendroit volontiers ces lieux pour le palais de l’Aurore ou de la déesse des fleurs.
MéramPyrEe Des prés : Melampyrum pratense, Linn., Spec., 845; Lam., Illust., tab. 518, fig. 2; Melampyrum vulgatum, Pers., Synops., 2, p.151. Cette espèce a le port de la précédente; elle n’en diffère que parce qu’elle est entièrement glabre et que ses feuilles supérieures ou bractées ne sont pas colorées : ses fleurs sont jaunes, à limbe blanc, peu ouvert. Elle est commune dans les bois et les prairies.
MérampyrE DEs Bois: Melampyrum sylvaticum , Linn., Spec., 843; Flor. Dan,, t. 145. Sa tige est haute de huit à douze pouces, glabre, ainsi que toute la plante. Ses feuilles sont lancéolées-linéaires, toutes trés-entières, même les supérieures, qui accompagnent les fleurs. Celles-ci sont blanchàtres ou jaunâtres, à limbe bleu, ouvert, et moitié plus peiites que dans les deux espèces précédentes, solitaires dans les aisselles des feuilles, et dans une grande partie de la tige et des rameaux, sans être assez rapprochés pour former, comme dans les deux espèces précédentes, une sorte de grappe. Ce mélampyre croît dans les bois et les prés des montagnes de l'Europe. Linnæus dit que les pâturages où il est abendant, ainsi que le précédent , fournissent aux vaches un lait dont on fait du beurre qui est plus jaune et de HN leure qualité. (L. D.)
MELANÆTOS. (Ornith.) Aristote a appliqué ce nom aux deux races d’aigle commun. (Cx. D.)
MELANANTHERA. (Bot.) Voyez MécanrHÈre. ( H.Cass.)
MELANCHIER. (Bot.) Voyez Amuecancmier. (LEm.)
MELANCHLENES. (Eniom.) Nom employé par M. Latreille pour désigner une division d'insectes coléoptères renfermant plusieurs genres nouveaux, tels que HarPare, Licine et SiAGONE, démembrés du genre Carare de Linné. (Desm.)
MELANCHRYSE, Melanchrysum. (Bot.) Ce genre de plantes, que nous avons proposé dans le Bulletin des sciences de Janvier 1817 (pag. 12), appartient à l’ordre des synanthérées, a notre tribu naturelle des arctotidées, et à la section des arctotidées-gortériées. Voici les caractères que nous lui avons assignés (tom. XVIII, pag. 2409).
Calathide radiée : disque multiflore , régulariflore , androgyniflore ; couronne unisériée, liguliflore, neutriflore. Péricline supérieur aux fleurs du disque, cylindracé , plécolépide ; formé de squames bi-trisériées, un peu inégales, imbriquées, entièrement entregreffées, mais surmontées d’un appendice libre, étalé, linéaire ou lancéolé, foliacé. Clinanthe épais, charnu, à face Supérieure conique, alvéolée, à face inférieure creusée d’une cavité où s’insère le pédon-
cule. Ovaires tout couverts de longs poils capillaires, mous,
appliqués, dressés et s’élevant plus haut que l’aigrette ; aigrette composée de squamellules nombreuses, bisériées, un
peu inégales, longues, laminées, membraneuses, linéaires-
subulées, finement denticulées en scie sur les bords. Fleurs de la couronne à faux -ovaire nul, à style nul, à corolle formée d’un long tube et d’une très-grande languette dentée au sommet.
MÉrancHryse RO1DE : Melanchrysum rigens, H. Cass.; Gor- £eria rigens, Linn., Sp. pl., edit. 3,-pag. 1284; Lam., Dict. encycl.; Willd., Sp. pl., tom. 3, part. 3, p. 2267; Non Gorteria rigens 8, Thunb., Act, Hafn., 4, pag. 4, tab. 4, fig. a; Gazania rigens, R. Brown, Hort, Kew., edit. 2, tom. h; An? Gazania rigens , Mœnch, Supplem. ad method.; Lam., Illustr. gen, ; Non Gazania rigens, Gærtn., De fruct. eb sem. plant., tom. 2, pag. 451, tab. 173, fig. 2. Une racine vivace produit plusieurs tiges un peu ligneuses, plus ou moirs longues, couchées sur la terre ; leur partie inférieure ne porte que les vestiges ou les cicatrices des anciennes feuilles tombées; la partie supérieure est garnie de feuilles linéairesspatulées, rétrécies vers la base qui est semi-amplexicaule , glabres et vertes en-dessus, cotonneuses et trés-blanches endessous , sauf la nervure médiaire qui est glabre ; la plupart de ces feuilles sont ordinairement entières, quelques-unes seulement sont pinnatifides; chaque tige porte un pédoncuie scapiforme, terminal, qui sort du milieu des feuilles; il est redressé, long de cinq ou six pouces, nu, glabre, et terminé par une calathide large de trois pouces et quelquefois plus, composée de fleurs d’un beau jaune-souci ; les languettes de la couronne , longues de pres d'un pouce et demi, offrent à leur base deux nervures en-dessous, et une tache noire
en-dessus, avec deux petites lignes blanches, ce qui forme autour du disque un annéau noir moucheté de blanc; le péricline est glabre.
Cette plante, qu’il ne faut pas confondre avec la Gazanie de Gærtner, est indigène au cap de Bonne-Espérance, et cultivée en Europe pour ses calathides, les plus belles peutêtre de tout l’ordre des synanthérées, lorsqu'elles sont bien épanouies, ce qui n’a lieu qu'autant qu’elles sont exposées à la vive ardeur du soleil. Comme ses graines mürissent rarement dans notre climat, le plus sûr moyen de multiplication est d’enterrer les tiges ou les branches au printemps, - pour leur faire produire des racines, et de les séparer de leur souche commune au mois de septembre. La plante doit être mise dans un pot rempli de bonne terre légère et placé au soleil; il-faut l’arroser fréquemment pendant l'été, et la serrer dans l’orangerie durant l'hiver. Elle fleurit en maï, juin et juillet.
MÉLaANCHRYsE spINULÉ ; Melanchrysum spinulosum, H. Cass. Une souche courte, étalée sur la terre, tortueuse, rameuse, diffuse, porte au sommet de chacune de ses branches plusieurs faisceaux de feuilles étalées, longues d'environ trois pouces, inégales et dissemblables; les unes sont simples, subspatulées, pétioliformes inférieurement, elliptiques-oblongues supérieurement; les autres ont la partie supérieure plus large, pinnatifide ou presque pinnée, à pinnules distancées, elliptiques-oblongues ; toutes ces feuilles sont épaisses, roides, coriaces, glabres et vertes en-dessus, tomenteuses et blanches en-dessous , à l'exception de la nervure médiaire ; leurs bords sont garnis de très-petites épines éparses, en forme de cils, qu'on observe aussi sur la côte moyenne de la face inférieure ; les pédoncules naissent au milieu des faisceaux de feuilles ; ils sont longs de cinq pouces, cylindriques, hispidules, terminés par une calathide large de deux pouces, dont le disque et la couronne sont de couleur jauneorangée; chaque languette de la couronne a , sur sa partie HHunse : une HAE tache très-noire , et est bidentée au sommet.
Nous avons fait cette description sur un individu vivant, cultivé au Jardin du Roi, où il fleurit en juin, et où il est
TE MEL étiqueté Gorteria pectinata, ou quelquefois Gorteria pinnata : mais ce n'est assurément ni l’un ni l’autre. La plante en question n'est peut-être qu’une variété du Melanchrysum rigens, et c’est avec doute que nous la présentons comme une espéce distincte. |
Il est bien vraisemblable que les Gorteria pectinata et heterophylla, décrites par Willdenow, la première dans le Species planiarum, la seconde dans l’'Hortus Berolinensis, appartiennent au geure Melanchrysum, qui peut-être revendiqueroit encore légitimement quelques autres espèces attribuées par Willdenow et Persoon aux genres Gorteria et Mussinia.
Comme nous devons éviter, autant qu’il est possible, de répéter dans un article ce que nous avons déjà dit dans un autre, nous renvoyons le lecteur à nos articies GazANIE (tom. XVIII, pag. 245) et Gortérie (tom. XIX, pag. 251), où il trouvera le complément de ce qui manque à celui-ci. En effet, nous avons établi, dans ces deux articles, 1.° que la Gorteria personata étoit le véritable type du genre Gorteria, et peut-être même la seule espèce qu’on pût, jusqu'a présent, attribuer avec assurance 4 ce genre, qui, étant ainsi réduit, doit conserver le nom de Gorteria, auquel on a voulu mal à propos substituer celui de Personaria; 2.° que la Gorteria rigens, qui différe génériquement du vrai Gorteria, ne diffère pas moins du Gazania de Gærtner, qui est le Mussinia de Willdenow ; d’où ii suit que M. R. Brown a eu trés- grand tort de changer les caractères du genre Gazania, en conservant ce nom, pour appliquer le tout a la Gorteria rigens, que Gærtner n’a point prise réellement pour type de ce genre, et qu’il n’a citée que par erreur de synonymie ; laquelle erreur, partagée par M. Brown et par plusieurs autres botanistes, a produit une étrange confusion; 3.° que, le nom générique de Gazania devant être préféré, comme plus ancien , à celui de Mussinia, donné plus récemment par Willdenow au même genre, il faut conserver à ce genre de Gærtner son premier nom, et surtout ne pas s’aviser, comme M. Brown, de l'appliquer à la Gorteria rigens, pour laquelle nous avons dû créer un nouveau nom générique; 4." que le genre Melanchrysum se distingue de tous les genres voisins par des différences que nous avons signalées dans les deux
MEL 44 articles cités, où l’on trouvera plusieurs autres documens relatifs au sujet du présent article.
Le nom de Melanchrysum, composé de deux mots grecs qui signifient noir et or, fait allusion aux couleurs de la calathide.
Quelques observations particulières, faites par nous sur le Melanchrysum rigens, ne seront pas déplacées ici, et pourront intéresser nos lecteurs.
Le style est composé de deux articles, dont le supérieur est plus épais que l’inférieur. En préfleuraison. la base de l’article supérieur forme une saillie annulaire trés-forte et tres-brusque, qui est en outré manifestement hérissée de collecteurs piliformes. À l’époque dont nous parlons, cette saillie se trouve immédiatement au-dessous de la base du tube anthéral. Lorsqu’ensuite ce bourrelet annulaire traverse de bas en haut le tube anthéral, on conçoit aisément qu'il doit enlever tout le pollen, Mais, à l’époque de la fleuraison, lorsque la base de l’article supérieur du style a surmonté le sommet du tube anthéral, la saillie annulaire, cessant d’être utile, s’oblitére et n’est presque plus sensible. En observant le style pendant la préfleuraison, nous avons remarqué qu’à cet âge les deux languettes, c’est-a-dire, les deux branches de l’article supérieur, étoient d’un jaune trés-pur, tandis que la partie indivise de cet article étoit d’un jaune verdâtre ; et ces deux colorations diverses, loin de se fondre l'une dans l’autre par des nuances intermédiaires, formoient une ligne trèes-nette séparant la base des languettes du sommet de la partie indivise, comme s’il existoit entre elles une articulation. Dans les autres arctotidées, la face intérieure des languettes nous a paru glabre, unie, lisse, dénuée de bourrelets et de papilles stigmatiques, comme dans les échinopsées. Mais, dans le Melanchrysum , la face intérieure des languettes est finement poncticulée, sauf le milieu de la moitié inférieure : cette moitié n'étant poncticulée ou stigmatique que sur ses deux marges latérales, son milieu forme une sorte de rainure ou de gouttiére non stigmatique. C’est pourquoi, pendant la fleuraison, tandis que les deux languettes divergent par tous les autres points de leurs faces intérieures, elles demeurent appliquées l’une contre l’autre par cette raiaure non stigmatique.
Les étimines du Melanchrysum différent aussi de celles de beaucoup d’autres arctotidées, et elles ressemblent assez à celles des calendulées. Le filet est glabre , jaunàtre ; eompacte, charnu ; l’article anthérifére est long et grêle, blanc, demi-transparent, aqueux, se flétrissant plus tôt que le filet : l’appendice apicilaire de l’anthère est demi-lancéolé-aigu; les appendices basilaires sont subulés, libres des deux côtés ; longs comme l’article anthérifère.
Les corolles du disque ont leurs nervures comme mar: quetées de petites lignes blanches, longitudinales, interrompues, qui paroiïssent être des vaisseaux propres, contenant ; comme les autres parties de la plante , un suc laiteux tresabondant. Les corolles de la couronne ont le tube plein, sa cavité ayant disparu par la greffe mutuelle des parois internes; et ce tube, qui ressemble à -un pétiole, repose immédiatement sur le clinanthe, avec lequel ÿl est articulé par sa base, sans qu’il y-ait entre eux aucun vestige de faux: ovaire ,, en sorte qu'ici la corolle, trés-analogue à une feuille péticlée, constitue à elle seule toute la fleur.
L'ovaire est cylindracé , ou plutôt obconique, tout hérissé de trés-longs poils mous, soyeux, droits, appliqués, s'élevant beaucoup plus haut que l’aigrette, La partie placentairienne de cet ovaire est amincie et prolongée en un pied, qui forme près de la moitié de la hauteur de l'ovaire. Nous n'avons aperçu aucune nervure distincte à la surface de cet ovaire; qui différeroit par là de la structure ordinaire des ovaires d’arctotidées : mais on altère probablement l’état naturel de la surface, en arrachant les poils qui masquent cet état: I1 y a un bourrelet apicilaire peu saillant, cylindrique, charnu, verdâtre. L’aigrette, aussi longue que l'ovaire , est composée de squamellules irréguliérement bisériées, inégales, longues, étroites, membraneuses, étrécies depuis la base jusqu’au sommet qui est aigu, très-légérement dentées en scie sur les bords, vers le haut seulement.
La cavité qui reçoit le sommet du pédoncule, paroît être formée par la base du péricline, prolongée inférieurement en un appendice annulaire, épais, charnu.
Les squames du péricline sont entregreffées de manière à former par leur réunion nn tube cylindrique, coriace, di-
MEL 447 visé seulemént au sommet; le clinanthe est épais, charnu, conique, nu ; les fruits sont tout couverts de longs poils capillaires, dressés , qui s'élèvent plus haut que l’aigrette. A l’époque de la maturité, le péricline se dessèche et se resserre à tel point que sa capacité diminue de moitié; les fruits se détachent du clinanthe, et les poils dont ils sont hérissés divergent fortement. Il résulte de toutes les circonstances de cette disposition, que les fruits, pressés entre les parois du péricline et la protubérance conique du clinanthe, sont expulsés au dehors, et sortent du péricline, en s’élevant audessus de son orifice, où leur aigrette et surtout leurs longs poils facilitent leur dispersion opérée par le vent. Ce mode de dissémination est assez remarquable, en ce que le rétrécissement du péricline et la forme du clinanthe paroissent être les causes principales de l'expulsion des fruits, et en ce que les longs poils dont ces fruits sont hérissés contribuent plus que l’aigrette à leur dissémination. (Voyéz notre Mémoire sur les différens modes de la dissémination chez les synanthérées, dans le Bulletin des sciences de 1821, p. 92.)
Nous allons maintenant exposer le tableau méthodique des genres composant la tribu des Arctotidées, afin de compléter nos articles Arcrorinées (tom.Il, Suppi., pag. 118), et Gor- TÉRIÉES (tom. XIX, pag: 234), dans l’un desquels ce tableau auroit dû être placé. Le Melanchrysum se trouvant, dans l'ordre alphabétique , le dernier genre de sa tribu, nous n’aurions plus l’occasion d'introduire dans le Dictionnaire ce complément indispensable, si nous négligions de le faire ic,