MEL AB
logue à celle de l'encre et d’ûne nature qui n’en est pas trèséloignée. Cette matière se trouve principalement dans les raches schisteuses , noires et pyriteuses, que nous avons désignées ailleurs sous le nom d’ampélite.
Mais il paroît que celle qu'Agricola et Dioscoride indiquent en Cilicie, qui étoit jaune de soufre et qui donnoit dans l’eau une dissolution noire, pourroit être regardée comme un sulfate de fer en partie décomposé par l'air, ef tel qu’on le trouve souvent en efflorescence sur les roches schisteuses que nous venons de mentionner, M. Leonhard paroît avoir adopté cette opinion, en citant le melanteria
comme synonyme du fer sulfaté. (B.)
__ MÉLANTHE, Melanthium. (Bot.) Genre de plantes monocotylédones , à fleurs incomplètes, de la famille des colchicées, de l’herandrie trigynie de Linnæus; offrant pour caractère essentiel : Une corolle à six pétales; point de calice ; six étamines insérées sur les onglets des pétales; les anthères à deux lobes; un”ovaire supérieur, trigone, chargé de trois styles; une ou plutôt trois capsules unies ensemble par leur côté intérieur; les semences nombreuses, comprimées.
MéLanTee DE Vir@inie : Melanthium virginicum, Linn.; Lmk., Ill. gen., tab. 569, fig. 1; Pluken., Phytogr., t. 434, fig. 8. Cette plante s'élève à la hauteur de trois pieds sur une tige simple, herbacée, fistuleuse, un peu velue, garnie de feuilles alternes, vaginales à leur base, linéaires, longues, aiguës. Ses fleurs forment à l'extrémité des tiges une grande et belle panicule pyramidale , velue sur ses ramifications, munie de bractées courtes, pubescentes ; la corolle d’un blanc jaunètre. d’une médiocre grandeur ; les pétales presque hastés, marqués à leur base de deux taches foncées ; les filamens de la longueur dela corolle ; l'ovaire glabre, ovale, à trois lobes; les styles divergens, un peu plus courts que les étamines. Cette plante croît aux lieux humides, dans la Virginie, l& Caroline, etc.
Mécantse pu Car. : Melanthium capense, Linn.; Lamk., JU, gen., tab. 260, fig. 3; Pluk., Phytogr., tab. 195, fig 43 Melanthium punctatum, Mill., Dict. Espèce remarquable par ses feuilles et ses corolles ponctuées, dont la tige est trèssimple, haute de sept à neuf pouces, garnie d'environ quatre 29 31
feuilies ovales, un peu concaves, épaisses, un peu eciliées à& leurs bords, couvertes à leurs deux faces de très-petits points noirs, tuberculeux ; les fleurs sessiles, disposées en un épi simple, terminal, long d'environ trois pouces; la corolle finement piquetée de rouge ; les pétales caducs, lancéolés ; les étamines de moitié plus courtes que la corolle ; l'ovaire trigone, divisé jusqu’à son milieu en trois parties, terminées chacune par une pointe courte, en forme de corne. Cette plante croît au cap de Bonne-Espérance.
MÉLANTHE UNILATÉRAL; Melanthium secundum, Lamk., Enc. et Ill. gen., tab. 269, fig. 2. Cette espece, rapprochée de la précédente, s’en distingue par ses fleurs unilatérales, par ses pétales onguiculés, munis ordinairement de deux petites dents à peu de distance de leur base ; par ses feuilles étroites, à peine larges d’une demi-ligne. La tige est grêle, simple, finement panachée de rouge, haute de huit à neuf pouces; les fleurs sessiles, formant un épi court, un peu lâche, dépourvu de bractées ; les pétales étroits, linéaires-lancéolés ; l'ovaire court, médiocrement turbiné, chargé de trois styles grêles. Cette plante a été découverte au cap de Bonne-Espérance par Sonnerat.
MÉLANTHE À ÉPI DENSE : Melanthium densum, Lamk., Encycl. et Ill. gen., tab. 269, fig. 4 ; Veratrum luteum, Linn. Cette plante s'élève à la hauteur d'un à deux pieds sur une tige simple, garnie de feuilles alternes, sessiles, un peu amplexicaules, linéaires, aiguës, larges d'environ deux hgnes; les inférieures trés-longues; les fleurs petites, nombreuses, éparses, pédicellées, réunies en un épi droit terminal, d’abord ovale ; à la base de chaque pédicelle une petite bractée ovale, aiguë, scarieuse ; les corolles trés-ouvertes; les pétales ovales, sans onglets; les anthéres blanchätres, en cœur; l'ovaire court, trifide au sommet. Cette plante croît dans da Caroline.
MéLaNTHE 30NCIFORME ; Melanthium junceum, Jacq., Ice. rar.) 2, tab. 451. Cette espèce est pouivue d’une bulbe arrondie, de la grosseur d’une noisette : elle produit une feuille radicale, subulée , aiguë ; puis deux autres planes, aiguës, vaginales. Les tiges sont droites, simples, subulées, longues d'un pied et demi, munies vers leur sommet de deux feuilles al-
ternes ; les fleurs sessiles, alternes, disposées en un épi ter: minal, long de deux pouces ; la corolle d’un pourpre violet ou blanchâtre ; les pétales onguiculés, lancéolés, un peu aïgus ; les filamens de couleur purpurine ; les anthères alongées ; les capsules trigones,.noueuses, obtuses, couronnées par les styles. Cette plante croît au cap de Bonne-Espérance,
Méranrae cicré : Melanfhium ciliatum, Linn., Suppl., 213 ; Jacq., Fragm., tab. 3, fig. 3 ; Melanthium uniflorum, Jacq., Coll., 4, pag. 100. Plante herbacée, du cap de Bonne-Espérance, dont les tiges sont simples, longues d’un pied et plus, garnies de feuilles alternes, linéaires-lancéolées, trés-aiguës, finement crénelées et membraneuses à leurs bords, longues d’un demi-pied ; les radicales et inférieures pourvues d’une longue gaine : les fleurs sessiles, alternes, peu nombreuses, rapprochées, terminales; la corolle d’une grandeur médiocre ; les pétales lancéolés, onguiculés, rouges en dehors, : jaunàtres à leur base ; les capsules cendrées, longues d’un pouce. x,
MÉétanNTHE A FEUIILES DE GRAMINÉES ; Melanfhium gramineum, Cavan., Icon. rar., 6, tab. 587. Ses racines sont pourvues de plusieurs bulbes ovales, d’où s’élévent des tiges trescourtes, en partie enfoncées en terre, longues d’un pouce, filhformes ; les feuilles radicales semblables à celles des gra minées, vaginales, canaliculées, tres-aiguës, longues de trois pouces ; les fleurs, au nombre de deux ou trois, sont d’un blanc jaunâtre ; les pétales veinés, lancéolés, longs d’un pouce et plus, larges de deux lignes; les filamerns plus courts que la corolle ; l'ovaire ovale, aigu ; trois styles rougeûtres, divergens. Cette plante a été découverte dans les environs de Mogador par Broussonet. (Pors.)
MÉLANTHÈRE, Melanthera. (Bot) Ce genre de plantes, publié par Von Robr, en 1792, appartient à l’ordre des synanthérées, à notre tribu naturelle des hélianthées, et à la section des hélianthées-prototypes, dans laquelle il est immédiatement voisin des genres Blainvillea et Lipotriche. Voici les caractères génériques du melanthera, tels que nous les avons observés sur des individus vivans de melanthera urticæfolia.
Calathide incouronnée, équaliflore, multiflore, régulari-
flore, androgyniflore. Péricline inférieur aux fleurs, d’abord
convexe où turbiné, puis plan ;: formé de squames irréguliérement bisériées, à peu près égales, appliquées, ovales, foliacées ou subcoriaces. Clinanthe convexe, garni de squamelles inférieures aux fleurs, embrassantes, oblongues-lancéolées , presque spinescentes au sommet. Fruits plus ou moins comprimés bilatéralement, subtétragones, élargis et épaissis de bas en haut, glabres, lisses, tronqués au sommet, à troncature en losange, trés-large, plane, hispide ; aréole apicilaire, petite, orbiculaire, occupant le centre de la troncature; aigrette interrompue, irrégulière, composée d'environ cinq à dix squamellules inégales, filiformes, courtes, épaisses, roides, blanches, barbellulées, se détachant facilement, et paroissant articulées par la base sur un rebord trés-court, épais, charnu, vert, dentelé, qui simule un bourrelet apicilaire ou une très-petite aigrette stéphanoïde. Corolles blanches, à dix nervures, à tube court et glabre, à limbe hérissé de poils, à cinq divisions hérissées de papilles sur leur face supérieure. Anthères à loges noirâtres, à appendice apicilaire blanc. Nectaire tubulé.
Nous distinguons trois espèces de melanthera.
MéLanNTHÈRE A FEUILLES D'ORTIE : Melanthera 'urticæfolia, H. Cass.; Melananthera Linnæi, Kunth, Nov. gen. et sp. pl. t. IV, pag. 199 (édit. in-4.°) ; Melananthera deltoidea, Rich. et Mich., FI. bor. Amer., tom. 2, pag. 107; Pers., Syn. pl., pars 2, pag. 395; Calea aspera, Jacq., Collect. ad bot. spect., vol. 2, pag. 290, n.° 230; Icon. pl. rar., vol. 3, tab. 583; Willd.; Desf. ; Decand. ; Aiton; Lam.; Bidens nivea, Swartz, Obs. bot., pag. 2096 ; Bidenbis niveæ varietas prima, Linn., Sp. pl., édit. 3, pag. 1167; An? Amellus, P. Browne, Hist. of Jam., p. 317; Bidens scabra, flore niveo, folio urticæ, Dill., Hort. eltham., pag. 55, tab. 47, fig. 55, n.° 3. C’est une plante herbacée, dont la tige, haute d’environ trois pieds, est dressée, rameuse, subtétragone, striée, scabre ; ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, acuminées, dentées en scie, triplinervées, scabres, surtout en-dessous, un peu pubescentes, d’un vert cendré; les calathides, larges de six à neuf lignes, sont solitaires au sommet de longs pédoncules nus, ordinairement ternés à l’extrémité de la tige et des rameaux; les
corolles sont blanches. Nous avons fait cette description spécifique, et celle des caractères génériques, sur des individus vivans, cultivés au Jardin du Roi, où ils fleurissoient au mois d'août. Swartz, qui paroît avoir bien observé cette plante, dit qu’elle est vivace par sa racine, et qu’elle habite la Jamaïque australe, où on la trouve prés des bords de la mer, ainsi que sur les terrains élevés, cultivés ou couverts de gazon. Elle seroit annuelle, selon M. Kunth; mais Jacquin a remarqué, sur des individus cultivés en Europe dans la serre chaude, que cette espèce étoit tantôt annuelle et tantôt vivace. M. Link, dans son Enumeratio plantarum horti berolinensis, dit que les fleurs sont jaunes, ce qui est une erreur manifeste.
MÉLANTRÈRE A FEUILLES EN VIOLON : Melanthera panduriformis, H. Cass.; Melanantheræ hastatæ varietas, Rich. et Mich., F1. bor. Amer., tom. 2, p. 107; Pers., Syn. pl., pars 2, p. 305; Bidentis niveæ varietas tertia, Linn., Sp. pl., édit. 3, p.'1167; Bidens scabra, flore niveo, folio panduræformi, Dill., Horé. Eltham., pag. 54, tab. 46, fig. 54. Une racine vivace produit plusieurs tiges droites, simples ; hautes de plus de quatre pieds, roides, scabres, munies de quatre côtes longitudinales; les feuilles sont opposées, étalées, assez grandes, pétiolées, oblongues-lancéolées, ridées, scabres, acuminées au sommet, dentées en scie sur les bords, étrécies des deux côtés vers le milieu de leur longueur, ce qui produit deux lobes vers la base ; chaque tige se divise au sommet en quelques rameaux et pédoncules terminés par de belles calathides assez grandes, subzlobuleuses, imitant celles de certainesscabieuses: les corolles, d’abord un peu rougeàtres, deviennent ensuite trés-blanches ; les anthères sont exsertes et noires; les squames du péricline sont roides et vertes; les squamelles du clinanthe sont cuspidées; les fruits ont une aigrette de deux squamellules. Cette plante, que nous n’avons point vue, et que nous décrivons d'aprés Dillen, a été observée par ce botaniste sur des individus vivans, provenant de graines envoyées de la Caroline, et cultivés en Angleterre, où ils fleurissoient en octobre.
MÉLANTHÈRE A FEUILLES TRILOBÉEs : Melanthera trilobatæ, H. Cass. ; Melanantheræ hastaltæ varietas, Rich. et Mich., FI. bor.
Amer. , tom. 2, pag. 107; Pers., Syn. pl., pars 2, pag. 594; Bidentis niveæ varielas secunda , Linn. , Sp. pl., édit. 3, p. 1167; Bidens scabra, flore niveo, folio trilobato, Dill., Hort. Eltham. , pag. 55, tab. 47, fig. 55. La racine est vivace; les tiges s’élèvent un peu plus haut que celles de l'espèce précédente ; les feuilles sont pétiolées, très-profondément divisées en trois grands lobes dentés en scie, le terminal plus long, lancéolé, les deux latéraux ordinairement ovales: les calathides sont subglobuleuses, belles, assez grandes, composées de fleurs blanches ; les anthères sont noires, mais incluses, et non apparentes extérieurement ; les stigmatophores sont plus grêles que dans la précédente espèce , dont celle-ci ne diffère essentiellement que par la figure des feuilles. Dillen, dont nous empruntons la description, faite sur des individus vivans, cultivés en Angleterre et provenant de graines envoyées de la Caroline , remarque que cette espèce fleurit un mois plus tard que la précédente, et qu’elle paroit être plus sensible au froid. Cu
Ce botaniste est le premier qui ait fait connoître les trois espèces dont se compose aujourd'hui le genre Melanfhera : il a complétement décrit et figuré, en 1732, dans l’Hortus Elthamensis, la seconde et la troisième espèces : quant à la première , il s’est contenté de dire qu’elle ressembloit aux deux autres par sa tige, ses calathides, et l’aspérité de sa surface; mais qu'elle en différoit beaucoup par ses feuilles, semblables à celles de l’ortie commune, et dont il a Fo la figure. Suivant lui, l’aigrette de ces plantes n’est composée que de deux squamellules, et c’est te il les à rapportées au genre Bidens.
Linné a réuni, en 1755, dans la première édition du Species plantarum, sous le nom de bidens nivea, les trois espèces de melanthera, qu’il a considérées comme trois variétés d’une séule et même espèce, et il a cité, comme synonyme de la premiére, le ceratocephalus foliis cordatis seu triangularibus, Jlore albo, de Vaillant. .
Patrice Browne a proposé, en 1756, dans son Histoire civile et naturelle de la Jamaïque, un genre Amellus, ayant pour caracteres : le péricline imbriqué, campanulé, étalé, à squames presque égales ; la calathide incouronnée , régula-
riflore ; les fruits oblongs, anguleux ; le clinanthe squamellifére. L’unique espèce attribuée à ce genre par l’auteur est une plante rameuse , à feuilles ovales, dentées, à calathides terminales, solitaires, portées sur de longs pédoncules divergens. Browne cite, comme synonyme de son Amellus, une plante de Jean Burmann, qui est l’adenostemma viscosa ; et Linné cite la plante de Browne comme synonyme de son calea amellus. Mais M. Robert Brown prétend que le calea amellus de Linné est le salmea scandens de M. De Candalle, et que l’amellus de Patrice Browne est le melanthera urticæ- Jolia, dont il n’a point remarqué l’aigrette, parce qu’elle est caduque. Si cette dernière synonymie, qui est irés-vraisemblable, pouvoit être mise tout-a-fait hors de doute, il s’en suivroit que Browne seroit le premier auteur du genre Melanthera ; maïs il ne l’auroit pas suffisamment caractérisé, et d'ailleurs le nom d'amellus, ayant été consacré par Linné à un autre genre, ne peut plus être restitué à celui-ci.
Adanson, en 1763, dans ses Familles des plantes, a proposé un genre Ucacou, caractérisé ainsi : Feuilles opposées, entières; plusieurs calathides axillaires et solitaires terminales ; péricline de cinq à sept squames unisériées, larges ; clinanthe garni de squamelles larges ; aigrette de deux à trois soies persistantes; calathide radiée, à disque de fleurs hermaphrodites quinquédentées, à couronne de fleurs femelles tridentées. L’auteur rapporte a son genre Ucacou, les bidens nodiflora et nivea de Linné, le genre Ceratocephalus de Vaillant, les figures de l'Hortus Elfhamensis représentant les trois espèces de melanthera, et les noms vulgaires d’Arekepa, de Chatiakelia, d'Herbe aux malingres.
Jacquin a tracé, en 1788 , dans le secand volume de ses Collectanea , la première description exacte et complete de la melanthera urticæfolia, qu’il a nommée calea aspera ; et vers Je même temps il a donné ure bonne figure de cette plante, dans ses Icones plantarum rariorum.
Swartz, en 1791, dans ses Observationes botanicæ, a donné une nouvelle description exacte et complète de la meianthera urticæfolia, à laquelle il a conservé le nom de bidens mivea.
M. Robert Brown nous apprend que, dès 1784, la plante
dont nous venons de parler avoit été décrite par Von Robr, comme genre distinct, sous le nom de melanthera : maïs il paroit qu'il n’a publié ce genre qu’en 1792, dans le second volume des Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Copenhague.
Le genre Melanthera de Von Bike a été reproduit, en 1803, sous le nom de melananthera, par Richard et Michaux, dans la Flora boreali-americana. On y trouve une description trés-complète des caractères du genre, et l'indication de deux espèces, dont la première, nommée par ces botanistes melananthera hastata, correspond à nos melanthera panduriformis et trilobata, et la seconde, nommée par eux melananthera deltoidea, correspond à notre melanthera urticæfolia.
M. Robert Brown, en 1817, dans ses Observations sur les Composées, a décrit de nouveau les caractères du genre Melanthera, et il a présenté quelques remarques intéressantes sur ce gerre, ainsi que la description d’un autre genre voisin de celui-ci et nommé par l’auteur Lipotriche. Dans la traduction que nous avons faite de l’opuscule de M. Brown, nous avons inséré la note suivante sur l’article concernant le melanthera : « M. Brown paroît ignorer que le genre dont « il s’agit, ayant pour type le Bidens nivea de Linné, avoit « été déjà proposé, avant Von Rohr et Richard, par Adanson, « qui le nomme Ucacou. Il est vrai que sa description pré- « sente de faux caractères, ce qui, d'après mes principes, « ne permet pas de lui attribuer la découverte du genre; « mais, d'aprés les principes contraires généralement adop- « tés, et professés surtout par M. Brown, comme on l’a vu « aux articles Craspepra et Trinax, dn devroit préférer au « nom de melananthera , suivant l’ordre chronologique, 1.° celui « d’Amellus, 2.° celui d'Ucacou, 3.° celui de Melanthera. Je « dois faire observer que les caracteres attribués par Adanson « à son ucacou, et qui s'appliquent fort mal au melananthera, « s'appliquent au contraire assez bien au Lipotriche de M. « Brown, décrit dans sa note X. J'ai examiné, dans l’herbier « de Surian, la plante qui y est nommée chatiakelle, et dont « Adanson a fait son genre Ucacou, et je me suis assuré que « la calathide de cette plante étoit radiée. ? (Journal de physique de Juillet 1818, pag. 27.)
Dans l’article Liorrreue de ce Dictionnaire, après avoir rappelé là note précédente, nous ajoutions : « Depuis cette « époque, nousavons reconnu que le genre Ucacou d’Adanson « étoit fort exactement caractérisé, et trés-distinct du me- « lanthera et du lipotriche, comme nous le démontrerons « bientôt dans notre article MécanrHëre. Le genre d’Adanson « doit donc être conservé, maïs en modifiant un peu son « nom, qui est trop barbare; c'est pourquoi nous proposons « de le nommer ucacea. ?
Depuis la rédaction de cet article Liporricne, nous nous sommes livré à de nouvelles recherches sur la synonymie du genre Ucacou, et nous croyons être enfin parvenu à l'éclaircir parfaitement. Il est maintenant bien démontré pour nous que le genre Ucacou ou Ukakou d'Adanson a pour type la verbesina nodiflora de Linné, et que par conséquent il correspond principalement au genre Synedrella de Gærtner; mais qu'Adanson a compris dans ce même genre la cotula spilanthus de Linné, la chylodia sarmentosa de Richard, le bidens nodiflora de Linné, et les trois espèces de melanthera : d’où il suit que le genre Ucacou d’Adanson, étant un mélange confus de cinq genres différens, doit être définitivement rejeté.
Dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de 1720 (p. 527), l'hucacou de l’herbier de Surian est cité par Vaillant comme synonyme de son ceratocephalus nodiflorus, coronæ solis foliis minoribus. Nous avons examiné, dans l’herbier de Surian, la plante indiquée par Vaillant, et nous avons reconnu avec certitude que cette plante étoit la verbesina nodiflora de Linné, ou synedrella nodiflora de Gærtner. Cela est conforme à la synonymie de Dillen, qui, dans l’Hortus Elthamensis (p. 54), cite l’hucacou de Surian, et le ceratocephalus nodiflorus toronæ sols foliis minoribus de Vaillant, comme syÿnonymes de son bidens nodiflora folio telrahit, qui est bien le synedrella de Gærtner.
L'arekepa , indiqué dans la table d’Adanson (t. II, p. 615) comme appartenant à son genre Ukakou, est cité par Vaillant dans la synonymie de son ceratocephalus foliis lanceolatis serratis sapore fervido ; et nous avons vérifié dans l’herbier de Surian que cette plante étoit la cotula spilanthus de Linné, qui est le spilanthes urens de Jacquin.
La chatiakelle, ou l'herbe aux malingres, appartient encore au genre Ukakou, d’après la table d’Adanson, et elle est citée par Vaillant comme synonyme de son ceratocephalus foliis cordatis seu triangularibus flore albo. Dillen avoit indiqué avec doute la plante de Vaillant comme synonyme de la melanthera panduriformis : mais Linné a rapporté la même plante à la melanthera urticæfolia; et cette dernière synonymie est généralement admise, notamment par Richard et M. Robert Brown. Elle est cemient trés-fausse , car le catalogue manuscrit de Vaillant, que nous avons consulté, renvoie au numéro 252 de l’herbier de Surian ; et l'échantillon qui porte ce numéro est la chylodia sarmentosa de Richard, ou werbesina opposiliflora de Poiret, dont les caractères génériques sont fort différens de ceux des melanthera.
La table d’Adanson rapporte, enfin, au genre Ukakou les troisième et septième espèces de bidens de la première édition du Species plantarum de Linné : l’une est le bidens nodiflora, qui, d'aprés la figure de Dillen, appartient bien réellement au genre Bidens; l’autre est le bidens nivea, qui comprend les trois espèces de melanthera. 11 n’est pas douteux que les melanthera étoient compris par Adanson dans son genre Ucacou, puisqu'à la page 131 il cite les planches 46 et 47 de lV’'Hortus Elhamensis : mais il nous paroît vraisemblable que ce botaniste, en indiquant le bidens nodiflora de Linné, qui est le bidens nodiflora brunellæ folio de Dillen, avoit l'intention d'indiquer le bidens nodiflora folio tetrahit de Dillen, qui est l’hucacou de Surian, le verbesina nodiflora de Linné, et le synedrella de Gærtner.
La Chatiakelle de l’herbier de Surian porte, dans cet herbier , le nom de Chylodia sarmentosa, écrit au crayon de la main de Richard. Un échantillon de la même plante, recueilli à la Guiane, et donné par Richard, en 1791, se trouve dans l’herbier de M. de Jussieu, où il porte aussi le nom de Chylodia sarmentosa, avec cette note : Fedelioides ; calyx imbricalus , semina baccata. Enfin, un autre échantillon de la même plante, recueilli à Cayenne par M. Martin, se trouve dans l’herbier de M. Desfontaines, où il porte le nom de Verbesina oppositiflora , sous lequel M. Poiret l’a décrit dans le tom. VIII (p. 460) du Dictionnaire de botanique de l’En-
| MEL AP cyclopédie méthodique. Comme le genre Chylodia de Richard n’a jamais été publié, nous croyons devoir décrire ici ses caracteres, tels que nous les avons observés sur deux échantillons de l'herbier de Surian , numérotés 232 et 604, et sur les échantillons des herbiers de MM. de Jussieu et Desfontaines.
Cayropia ou CHarrAKeLLA. Calathide radiée : disque multiflore, régulariflore, androgyniflore ; couronne unisériée, liguliflore, neutriflore. Péricline inférieur aux fleurs du disque, formé de squames subbisériées, à peu près égales, appliquées, oblongues, ovales ou lancéolées, coriaces-foliacées, à sommet inappliqué, foliacé. Clinanthe planiuscule, garni de squamelles inférieures aux fleurs, embrassantes, oblongues-lancéolées, acuminées et presque spinescentes au sommet. Fleurs du disque : Ovaire court, tétragone, glabre , surmonté d’une aigrette stéphanoïde très-courte, trés-épaisse, a bord presque entier, sinué, ou un peu denticulé. Corolle jaune, à cinq divisions. Anthéres noiràtres. Fleurs de la couronne : Ovaire semblable à celui des fleurs du disque, mais privé de style et par conséquent stérile. Corolle jaune, à tube court, à languette longue , un peu étroite, bidentée au sommet.
Ce genre appartient indubitablement à notre section des hélianthées-rudbeckiées. Son premier nom, dérivé sans doute du mot grec quAce, qui signifie suc, et la petite note caractéristique inscrite dans l’herbier de M. de Jussieu, témoignent que le péricarpe est succulent comme une baie : mais nous avons quelque peine à le croire, parce que l'ovaire observé durant la fleuraison ou peu de temps aprés, ne nous a pas offert le plus léger indice de cet état succulent et bacciforme, qui s'annonce ordinairement par quelque signe reconnoissable avant la maturité. Cependant, comme nous n'avons vu que des échantillons secs et sans fruits mûrs, nous devons suse pendre notre jugement sur ce point. Le Clibadium d’Allamand , et le ulfia de Necker, qui est la Coreopsis baccata de Linné fils, ont aussi des fruits succulens et bacciformes, et ces deux plantes habitent la même contrée qur ie Chylodia: Quant au Clibadium, quoiqu'il soit jusqu’à présent fort peu connu, on ne peut pas supposer qu'il y ait identité entre lui et le Chylodia : mais le Chylodia et le Fulfia pourroient
bien être de la même espèce, ou tout au moins du même genre. Toutefois, ces deux plantes n'étant pas encore suffisamment connues , il nous paroît prudent de conserver provisoirement le Wulfia et le Chylodia, en les considérant comme deux genres immédiatement voisins, jusqu’à ce que des observations exactes et complètes autorisent enfin à les
réunir avec une pleine confiance sous le titre de Wulfiia, qui est le plus ancien. Le genre Gymnolomia de M. Kunth devra peut-être aussi être supprimé, c’est-à-dire, réuni, comme le Chylodia, au Fulfia : mais il seroit téméraire d'opérer cette réunion avant d’avoir observé, sur des individus vivans, les fruits mürs des trois genres dont il s’agit. Remarquez que le nom de Chylodia pourroit subsister, quoique M. Brown ait donné à un autre genre le nom de Chilodia, dérivé sans doute du mot grec eos, qui signifie lèvre. Ces deux noms, qui semblent se confondre, comme ceux d'Hedera et d'Œdera, sont réellement bien distincts, comme eux, parleur étymologie, par leur orthographe, et même par leur prononciation chez d’autres peuples que nous. Si cependant on jugeoit que les deux noms se ressemblent trop, nous proposerions celui de Chatiakella pour le genre de Richard. On doit s'étonner que le Chylodia, ayant les fleurs jaunes et l’aigrette stéphanoïde, très-courte, presque entière, soit le Ceratocephalus folüis cordatis seu triangularibus, flore albo , de Vaillant : mais ce botaniste a pu se tromper sur la couleur des fleurs, en observant un échantillon sec, et la plante en question peut être une de celles qu'il a rapportées à ses genres, sans vérifier les caractères génériques, et en ne consultant que les apparences extérieures. Il est évident que la phrase de Vaillant s'accorde infiniment mieux avec les caracteres de la Melanthera urticæfolia qu'avec ceux de la Chylodia sarmentosa ; et cependant la synonymie que nous substituons à celle qui étoit précédemment admise, ne peut guère être considérée comme douteuse, puisqu'elle est fondée sur une indication manuscrite et non équivoque, donnée par Vaillant lui-même. Avant d’avoir suffisamment étudié la plante de Surian, nous avions déja remarqué que sa calathide étoit radiée, et que ses corolles étoient jaunes : c’est pourquoi, dans nos notes sur les observations de M. Brown, nous avons
dit que le genre Lipofriche de ce botaniste nous sembloit correspondre assez bien à l'Ucacou d’'Adansor, en supposant que celui-ci eût pour type la C’hatiakelle de Surian.
: Quelque temps aprés, nous observàmes une plante trésvoisine des Melanthera et Lipotriche, et dont les caractères génériques se trouvèrent exactement conformes à ceux qui sont attribués par Adanson à son Ucacou. Imaginant, en conséquence, que notre plante avoit servi de type au genre d'Adanson, nous avons dit dans l’article Taporricue, que l’'Ucacou étoit un genre fort exactement caractérisé, très-distinct de tout autre, et qui devoit être conservé en le nommant Ucacea. Mais aujourd'hui qu’il est démontré que c’est la Verbesina nodiflora de Linné, ou Synedrella de Gærtner, qui est le vrai type de l’Ucacou, il s'ensuit que la conformité des caractères génériques de notre plante avec ceux de l'Ucacou n’est qu’apparente et fortuite, car assurément notre plante n’est point congénère du Synedrella : elle constitue un genre, que le célébre naturaliste, M. de Blainville, nous à permis de lui dédier, et que nous décrivons de la manière suivante.
Brainvirzea. Calathide subcylindracée, discoïde ; disque multifiore, régulariflore, androgyriflore ; couronne unisériée, interrompue, pauciflore, ambiguiïflore, féminiflore. Péricline égal aux fleurs, subcylindracé, irrégulier ; formé de squames uni-bisériées : les extérieures, ordinairement au nombre de cinq ou six, plus grandes, égales, larges, ovales-oblongues, obtuses, subfoliacées, plurinervées, appliquées, à sommet foliacé, inappliqué ; les intérieures plus courtes, squamelliformes. Clinanthe petit, planiuscule, garni de squamelies un peu inférieures aux fleurs, embrassantes, concaves, larges, plurinervées, saubmembraneuses , à sommet tronqué, irréguliérement denté. Fruits extérieurs oblongs, épaissis de bas en haut, triquètres, glabriuscules, hispidules sur les angles, tronqués au sommet ; le milieu de là troncature portant un col trés-court, très-gros, dont l’aréole apicilaire est entourée d’une aigrette de trois squamellules égales, persistantes, trèsadhérentes, continues au col, épaisses, roides, fortes, subtriquètres, subulées, vertes, hérissées de longues barbellules piliformes. Fruits intérieurs trés-comprimés bilatéralement ,
obovales-oblongs, élargis de bas en haut, ayant un cot court, épais, né du milieu de la troncature, et une aigrette composée ordinairement de deux squamellules, quelquefois de trois ou de quatre. Anthéres noires. Corolles blanches : celles du disque, au nombre d'environ dix-huit ou vingt, à cinq divisions courtes; celles de la couronne , au nombre de deux à six, égales à celles du disque, privées de fausses-étamines, à tube surmonté d’un limbe court, large, non radiant, liguliforme, élargi de bas en haut, trilobé au sommet, fendu profondément sur la face intérieure.
Blainvillea rhomboidea, H. Cass. Plante herbacée, haute d’environ trois pieds et demi; tige dressée, rameuse, épaisse, Cylindrique, striée, velue ; feuilles supérieures alternes ; les autres opposées, inégales, grandes, pétiolées, d’un vert cendré, velues sur les deux faces, à limbe triplinervé, réticulé en-dessous, rhomboïdal, sublancéolé, décurrent sur la partie supérieure du péticle, inégalement et grossièrement denté en scie, presque entier sur les bords de la partie inférieure ; calathides longues de trois lignes et demie, portées sur des pédoncules grêles, longs de huit à neuf lignes, axillaires et terminaux, rapprochés, ordinairement ternés au sommet de la tige, des branches et des rameaux.
Nous avons fait cette description spécifique, et celle des caractères génériques, sur des individus vivans, cultivés an Jardin du Roi, où ils fleurissent vers le milieu du mois de septembre, et où ils sont faussement nommés Bidens nivea. La plante que Dumont Courset a décrite dans le Botaniste cultivateur (tom. IV, p. 240, 2° édit.), sous ce même non de Bidens nivea, et qu'il a cru être la Melananthera hastata de Michaux et de Persoon, est probablement notre Blainvillea rhomboidea, quoiqu'il lui ait attribué des feuilles presque hastées et des calathides globuleuses.
Notre genre Blainvillea paroit être voisin du Verbesina, et il est intermédiaire entre les deux genres Melanthera et Lipotriche. T1 diffère du Melanthera par la forme subcylindracée de la calathide , par la présence d’une couronne féminiflore, par le péricline égal aux fleurs et subcylindracé , par le clinanthe planiuscule , garni de squamelles larges, submembraneuses, tronquées au sommet, par les fruits surmontés d'un
MEL 495 col, par l'aigrette persistante , fortement adhérente et même parfaitement continue avec le col du fruit, dont elle est inséparable, et par la briéveté des divisions de là corolle. Le genre Blainvillea ne diffère pas moins du Lipotriche, dont. la calathide est longuement radiée, le péricline court, le clinanthe convexe, garni de squamelles aiguës, les fruits privés de col, l’aigrette caduque, les corolles jaunes.
Von Robr doit certainement être considéré comme le véritable auteur du genre Melanfhera. C’est donc fort injustement que les botanistes ont coutume de préférer le nom générique employé par Richard. Vainement prétendroit-on, pour excuser cette injustice, que le nom de Melananthera est plus régulier que celui de Melanthera. Dioscoride et Pline, qui apparemment connoissoient la langue grecque aussi bien que les botanistes modernes, n’étoient pas si scrupuleux; car ils disoient Melanthium, Melanthemon. Melampelon, au lieu de Melananthium, Melananthemon et Melanampelon.
Dillen étant le fondateur des trois espèces qui composent le genre Melanthera, et deux de ces trois espèces ayant été, selon nous, mal à propos réunies en une seule par Richard, il nous a paru convenable de donner aux trois plantes des noms spécifiques, calqués sur les phrases caractéristiques, fort ‘ exactes, de l’ancien auteur. Le nom d’hastata, sous lequel Richard avoit confondu la seconde et la troisième espèces, ne pouvoit guère être conservé en les distinguant. Quant à la premiére espèce, M. Kunth a déjà pris la même licence que nous, en se permettant de changer le nom de delfoidea que Richard avoit imposé à cette plante; car il est hors de doute que la Melananthera Linnæi de M. Kunth est absolument identique avec la Melananthera delioidea de Richard, quoique celui-ci lui ait attribué des squamelles obtuses (paleis receptaculi obtusis), ce qui est une erreur manifeste, uu lapsus calami, ou peut-être même une simple faute d'impression, puisque Richard cite Swartz et Jacquin, qui disent positivement le contraire. Au reste, Linné ayant confondu, sous le nom de Bidens nivea, les trois espèces anciennement établies par Dillen, on ne voit pas pourquoi l’une d’elles mériteroit de porter le nom de Melananthera Linnæi, qui ne convient pas plus à ceile-la qu'aux deux autres. |
M. Brown remarque que Von Rohr, dans sa description des caractères du Melanthera, parle du nectaire engainant la base du style: et que c’est la plus ancienne mention qui ait été faite, à sa connoiïssance, de cet organe dans les synanthérées, sauf que Batsch , dans son Analysis florum, publiée en 1790, a décrit et figuré ce même organe dans le Coreopsis tripteris. « Néanmoins, ajoute M. Brown, c'est à « M. Cassini qu'appartient le mérite d’avoir reconnu l’exis- « tence presque universelle de l'organe dont il s’agit dans Les « fleurettes hermaphrodites de cette grande classe. ? {Voyez le Journal de physique, de Juillet 1818, pag. 12.) Cet aveu d’un botaniste peu disposé à favoriser nos prétentions est d'autant plus précieux pour nous, que feu M. Richard, qui sans doute, n’avoit pas pris la peine de lire tous nos écrits sur les synanthérées, et notamment notre premier Mémoire (Journ. de phys., tom. LXXVI, pag..107, 257, 269), wa pas craint d’aflirmer, dans son Mémoire sur les calycérées, que nous n'avions aperçu le nectaire que dans un bien petit nombre de synanthérées.
Suivant Dillen , les anthères sont exsertes dans la Melanth era panduriformis, et ones dans la Melanthera trilobata ; et,selon Jacquin, elles sont d’abord exsertes, puis incluses, chez la Melanthera urticæfolia : mais Von Rokhr et Richard semblent assigner au genre Melanthera des anthères constamment incluses. M. Brown admet l'observation de Jacquin et la rend commune à tout le genre Melanthera, ainsi qu'a d'autres synanthérées, et notamment aux hélianthées; et: il attribue l'effet dont il s’agit à une contraction considérable et graduelle des filets, laquelle résulteroit d’un acte vital analogue aux mouvemens d’irritabilité. Nous proposons une autre explication, qui paroitra peut-être plus vraisemblable.
Si l’on observe une fleur de Melanthera non encore épanouie, mais tout prés de s'épanouir, on remarque que le sommet du tube anthéral atteint le sommet de la corelle, et que le sommet des stigmatophores atteint le sommet du tube anthéral. Dés l'instant où la coroile s’épanouïit, ses cing iris ns s'étalent en s’arquant en dehors, tandis que le tube anthédàl reste dans le même état que ci-devant, c’est-à-dire, dressé, d’où il suit qu’il paroît s'élever au-dessus de Ja co-
rolle. Dans ce premier moment de la fleuraison , le tube anthéral, loin de pouvoir s’abaisser, est nécessairement aussi élevé qu'il peut l'être; car ses cinq appendices apicilaires convergens, rapprochés et presque collés par les bords, couvrent le sommet des stigmatophores, et sont poussés par eux de bas en haut, parce que le style tend à s’alonger. Mais aprés que les appendices apicilaires du tube anthéral ont été écartés par les stigmatophores qui les traversent pour s'élever au-dessus d’eux, le tube anthéral doit commencer à descendre, parce que les deux stigmatophores divergent en s'arquant en dehors, et repoussent par conséquent vers le bas le tube dans lequel ils étoient engaïinés. Ainsi, les anthères des Melanthera et de beaucoup d’autres synanthérées doivent nécessairement être d’abord exsertes, puis incluses ; et il n’est pas besoin, pour expliquer ce fait, de recourir à la contraction des filets, ni de supposer des mouvemens d’irritabilité. Cependant, deux circonstances que nous avons observées, et qui sont exposées dans le Journal de physique de Juillet 1818 (pag. 15 et 27), peuvent contribuer à l’inclusion des anthères, qui succède à leur exsertion : l’une est que la partie supérieure libre du filet de l’étamine paroit avoir en général, chez les synanthérées, une tendance plus ou moins forte à s’arquer en dedans, non par irritabilité, mais par élasticité; l’autre est que, dans beaucoup de synanthérées, notamment chez les hélianthées, la partie ne rieure libre du filet de l’étamine se flétrit aussitôt aprés la fécondation, et avant l’article anthérifére.
Le genre Melanthera se rapporte à la syngénésie polygamie égale de Linné, et aux corymbifères de M. de Jussieu. Dans notre classification , il fait partie des Hélianthées-Prototypes, ce qui l’éloigne des Bidens et des Calea, avec lesquels on l’avoit confondu; car les Bidens sont . es Han hee-Coréepsidées, et les vrais Calea sont des Hélianthées-Héléniées.
Le nom de Melanthera, composé de deux mots grecs qui signifient anfthères noires, pourroit s'appliquer assez bien à beaucoup d'Hélianthées et même à. plusieurs autres synanthérées; mais il convient particuliérement au genre dont il s’agit, parce que la blancheur de la corolle rend plus remarquable la couleur noiràtre des anthères. (H. Cass.) .
MÉLANTHÉRIN. (Ichfhyol.) Oppien paroït, sous le nom de meraævbepivoc ; avoir parlé du Trox. Voyez ce mot. (H.C.)
MÉLANTHÉRITE. (Min.) De la Métherie a donné ce nom au schiste noir à dessiner, nigrica de Wallerius, pierre que nous avons décrite sous la dénomination d’ampélite graphique. (B.)
MELANTHIACÉES. (Bot.) M. R. Brown désigne sous ce nom la nouvelle famille des colchicées, qui formoit auparavant une des sections de celle des pme et dans laquelle sont compris le melanthium et le colchique. (J.)
MELANTHIUM. (Bot.) Ce nom, donné anciennement par Matthiole et d’autres à différentes espèces de nigelle, nigella, a été transporté par Linnæus à un genre de la famille des colchicées dans sa grande division des monocotylédones. Voyez * Méranrxe. (J.)
MELANTOUN. (Ichthyol.) A Nice, suivant M. Risso, on donne ce nom au squale-nez de M. de Lacépède. Voyez Lame. (H. C.)
MÉLANURE. (Entom.) Mot composé, tiré du grec, et signifiant queue noire : on l’a donné souvent comme nom trivial à des espèces d'insectes très-différens , qui ont l'extrémité des élytres ou de l’abdomen noirs. (C. D.)
MÉLANURE. (Ichfhyol.) Ce nom, tiré du grec et qui signifie à queue noire, a été donné à deux espèces de poissons, dont l’une a été rapportée par Bloch au genre Salmone, et est probablement un piabuque, tandis que l’autre est l’oblade, sparus melanurus de Linnæus. Voyez Bocue, dans le supplément du cinquième volume de ce Dictionnaire, PLABUQUE et Sarmowe. (H. C.)
MELANZANE. ( Bot.) Belon, dans son Voyage au Levant, parle d’un fruit de ce nom, iitiésé en Égypte, qu’il nomme aussi pomme d'amour, et Ath il indique des variétés blanches et rouges, longues et rondes. Il est évident que c’est la melongène, solanum melongena, dont il est ici question. Il ajoute que c’est probablement la même que Théophraste indique dans les mêmes lieux, près du Nil, sous le nom de malinatala; mais ce nom, suivant C. Bauhin, doit être plutôt appliqué au souchet comestible. Voyez MariNAtHALLA. (J.)
MELAPELON. (Bot.) Voyez Herxine. (J.)
MÉLAPHYRE. (Min.) C’est une roche ayant la structure
MEL 495 | qu'on nomme porphyrique, c’est-a-dire, composée d’une
pâte homogène dans laquelle des cristaux de felspath sont
disséminés.
La roche à laquelle nous donnons ce nom n’est autre chose que le frappporphyr des minéralogistes allemands. C’est la même que celle qu’on nomme porphyre noir ; mais, afin d’être conséquent aux principes que j'ai cru devoir poser pour la classification des roches mélangées, j'ai dû placer dans une autre espèce cette roche, dont la base est différente de celle du porphyre, et par conséquent lui donner un autre nom.
Le Mérarayre est une roche composée, ayant pour base une pâte noire et dure, d'amphibole ? pétrosiliceux, qui enveloppe des cristaux de felspath blancs ou grisâtres.
La pâte est fusible en émail noir ou grisâtre.
Les parties constituantes accessoires sont l’amphibole schorlique , le mica et le quarz : tous ces minéraux, et surtout les deux derniers , y sont ordinairement en petite quantité.
Sa texture est compacte, à parties fines et tres-serrées ; la cassure de la pâte est droite ou imparfaitement CORRE MES un peu écailleuse.
Les parties disséminées dans la pâte sont toujours cristallisées.
La roche, considérée dans son entier, est assez facile à casser : la cassure est le plus souvent unie, quelquefois Ta= boteuse.
Le mélaphyre est dur et même en susceptible de recevoir un poli brillant et égal, ce qui indique que ses parties composantes jouissent d’une dureté à peu près égale.
Sa couleur est généralement le noïr et même le noir foncé; mais elle passe au grisätre et au brun rougeûtre.
Les cristaux de felspath disséminés sont tantôt blancs, tantôt rougetres, et quelquefois d’un assez beau vert.
La pâte est quelquefois complétement opaque ; mais plus souvent elle est un peu translucide.
Dans le premier cas elle fond en émail noir, et dans le second en émail gris.
Le mélaphyre paroît peu susceptible de s’altérer par Vaction des météores atmosphériques.
Il passe par des nuances rougeàtres au porphyre ; par
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Vopacité et la grosseur des parties, au basanite ; par la translucidité et la finesse des parties, à l’eurite, et par l'aspect vitreux et la texture quelquefois celluleuse, aux stigmites. VARIÉTÉS. es 1. Melaphyre demi - deuil,
Noir foncé, à cristaux de felspath blanchätres; point de quarz.
De Suède : la plupart des roches de porphyre de Suëde appartiennent à cette variété et à la suivante.
De Venaison dans les Vosges.
De Tabago.
Du Morne malheureux à la Martinique : sa pâte un peu celluleuse et ses cristaux de felspath subvitreux le Ke chent des stigmites. Une autre variété de la Martinique, à pâte noire terne, fusible en émail noir, passe au basanite ; elle renferme des parties de vrai RS quelques porphyres noirs antiques, tels par exemple qu’une colonne qui est à la porte de la chapelle de la Colonne, dans l’église de Sainte-Praxéde à Rome (Bozoner ).
Je suis porté à réunir à cette variété la he dite roche noire, qui forme un banc au-dessous d’une couche de houille à Lite département du Calvados.