Mélaphyre taches-vertes
Pâte d’un brun rougeàtre : cristaux de felspath verdatres et même d’un beau vert. PE
C’est le porphyre noir antique.
On se borne à ces exemples; ils suffisent pour faire voir que cette roche remplit les conditions que nous exigeons pour qu'un mélange de minéraux soit considéré de même
MEL 301 et décrit comme roche, puisqu'elle se trouve avec des caractères fondamentaux dans plusieurs lieux de la terre tréséloignés les uns des autres, dans des terrains très-différens, et qu’elle s’y présente dans une étendue assez considérable. (B.)
MELAR. (Conchyl.) Adanson, Senegal, pag. 90, pl. 6, décrit et figure sous ce nom l'espèce de cône que Linnæus a nommée conus striatus. (DE B.)
MELAROSA. (Bot) Nom d’une variété de citronnier dent le fruit à une odeur analogue à celle de la rose. (L. D.) : MÉLAS. (Conchyl.) C'est le nom que M. Denys de Montfort a proposé de substituer, on ne sait trop pourquoi, à celui de mélanie, employé par M. de Lamarck pour le genre dont l’helix amarula de Linnæus est le Fi Voyez
Méranre. ( DE B.)
MÉLAS. (Mamm.) Nom donné par Péron à une ne espèce de chat dont le pelage est Le or noir. Voyez Cuar. (FE. C.)
MÉLASIS, Melasis. (Entom.) Ce nom, tiré du grec peAaoie, noir, a été employé par Olivier, et conservé pour indiquer un genre d'insectes térédyles ou perce-bois. Ce sont des coléoptères pentamérés, voisins des vrillettes et des lime-bois, dont le corps est arrondi, les antennes pectinées, et le corselet terminé en arrière par deux pointes, comme dans les taupins. La forme des antennes, qui sont dentelées, en les rapprochant des panaches ou ptilins dont le corselet n’est pas terminé en pointes, éloigne les mélasis des quatre autres genres de la même famille, tels que ceux des tilles qui ont les antennes plus grosses à l’extrémité, et des lymexylons, des ptines et des vrillettes, qui ont les antennes en fil simples.
Fabricius n’a rapporté que deux espèces à ce genre, dont une seule est d'Europe; c’est
Le MÉLasis FLABELLICORNE Où à antennes en éventail, dont nous avons fait figurer un individu à la planche 8, sous le n. 4 bis; c’est l’elater buprestoides de Linnæus : il est d’un noir bleuâtre, avec les élytres striés ; il a quatre lignes de longueur eaviron. On le trouve dans les bois sous les écorces des chênes. (C. D.)
MELASMA. { Bot.) Genre établi par Bergius, conservé par Gærtner, que Linnæus avoit nommé nigrina, qui a été placé
parmi les gerardia. (Voyez Gerarpe.) Le Ni igrina est un autre genre de Thunberg. ( Porn.)
MÉLASOMES. (Entom.) M. Latreille a PLAT ce nom pour désigner une famille d'insectes coléoptères hétéromérés, correspondante à celles que nous avons établies sous les noms de photophyges et de lygophiles. (C. D.)
MELASPHÆRULA. (Bot.) Ce genre, fait par M. Gawler, est le même que le Diasia de M. De Candolle, placé parmi les iridées. (J.)
MÉLASSE. (Chim.) Liquide sirupeux, plus ou moins coloré, qu’on obtient lorsqu'on purifie le sucre cristallisable. La mélasse est principalement formée de sucre incristallisable et de matiere colorante. Voyez Sucre. (Cx.)
MÉLASTOME, Melastoma. ( Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées, de la famille des mélastomées , de la décandrie monogynie de Linnæus; offrant pour caractère essentiel: Un calice campanulé, à quatre ou cinq dents; quatre ou cinq pétales attachés sur le calice, ainsi que les huit ou dix étamines ; un ovaire adhérent ou enveloppé par le calice, un style; une baie recouverte par le calice, à quatre ou cinq loges polyspermes.
Ce genre renferme de tres-beiles plantes à tige ligneuse, remarquables, la plupart, par l’élégance de leurs feuilles simples, opposées, marquées de plusieurs nervures longitudinales, d’autres transversales et paralléles, formant de jolis réseaux ; les fleurs sont latérales ou terminales. Le caractère de ce genre, comparé à celui des Rhexia et de quelques autres genres voisins, est tres-difficile a déterminer. Si l’on fait attention à la variété du nombre des étamines dans les différentes espèces qui le composent, on se convaincra facilement qu’elles ne peuvent fournir qu’un caractère variable, ainsi que le nombre des divisions du calice, des pétales, et celui des loges dans le fruit ; l’ovaire est adhérent ou a demi adhérent avec le calice, ou seulement enveloppé par lui. Dans les rheria, le fruit est une capsule enveloppée par le calice et non adhérente ; mais on a des espèces intermédiaires, dont le fruit est une baie sèche, presque capsulaire : d’où résultent de grandes difficultés pour la détermination de ces deux genres, et de quelques autres, tantôt séparés, tantôt
MEL 5o3 réunis, selon la manière de voir de chaque auteur; d’une autre part, les espèces sont si nombreuses, qu’elles nécessitent des subdivisions. On compte aujourd’hui prés de deux . cents espèces pour les seuls mélastomes. Nous nous bornerons à en citer quelques espèces des plus remarquables: on en cultive trés-peu dans les jardins de l’Europe.
* Æleurs lalérales.
MéLcastTomME succurenr ; Melastoma succosa, Aubl., Guian., 1, pag. 418, tab. 162. Arbrisseau de dix à douze pieds, dont les jeunes rameaux sont tétragones, couverts de poils roussàtres, et de feuilles à peine pétiolées, ovales, mucronées, entières, de cinq à sept pouces de long, chargées dans leur jeunesse de poils mous et rougeûtres, traversées par quatre nervures avec des veines transverses et parallèles. Les fleurs sont presque sessiles, agglomérées sur les branches, au-dessous des feuilles. Leur calice est charnu, arrondi, muni de poils couchés et blanchàtres, à cinq larges découpures ; cinq pétales blancs, concaves, frangés à leurs bords; l’ovaire se convertit en une baie velue, rougeûtre, de la grosseur de celle du groseillier épineux, couronnée par les découpures du calice, partagée par des membranes très-fines en cinq loges remplies de semences fort menues, enveloppées d’une substance douce, molle , fondante, rougeàtre. Ces fruits sont d’un bon goût, et généralement recherchés par les différens peuples qui habitent la Guiane, où croît cet arbrisseau, que les Créoles nomment Caca Henriette. Ses feuilles sont employées en décoction pour laver les plaies et les ulcères.
MéLasTOME ARBORESCENT ; Melastoma arborescens, Aubl., Guian., 1, p. 420, t. 163. Cette espèce est, d'aprés Aublet, un trés-grand arbre, d'environ soixante pieds de hauteur sur un pied et demi de diamètre, divisé a sa base en plusieurs portions aplaties, séparées les unes des autres, enracinées dans la terre, et connues à Cayenne sous le nom d’arcaba. Le bois de cet arbre est blanchätre, compact; il devient roussàtre quelque temps aprés avoir été coupé : l'écorce est cendrée. Les rameaux sont nombreux, étalés, noueux ; les plus jeunes tétragones ; les feuilles opposées, pétiolées, glabres, ovales, aiguës, longues de sept pouces, munies de
cinq nervures; les fleurs disposées par petits bouquets opposés et latéraux, soutenus par un pédoncule commun, muni, ainsi que les ramifications, de petites bractées. Le calice est d’un blanc verdàtre, charnu , campanulé, muni de dix pettes dents de couleur rouge ; la corolle blanche ; les pétales élargis et ondulés au sommet, divisés à la base en deux lanières en onglet. Le fruit est une baie jaune, grosse comme une petite nèfle, couronnée par les bords du calice, divisée en cinq loges remplies de semences très-menues, enveloppées d’une substance molle et fondante. Ces baies sont bonnes à manger, d'une saveur douceûtre : elles sont connues sous le nom de méle par les habitans. Cette plante croît à la Guiane.
MÉLASTOME JAUNATRE : Melasioma flavescens, Aubl., Guian., . vol. 1, pag. 423, tab. 164. Par ses fleurs et ses fruits cette espéce ressemble en tout à la précédente; ces derniers sont également bons à manger : mais ce n’est qu'un arbrisseau de huit à dix pieds, dont le bois est blanc, trés-dur; l'écorce lisse et grisètre ; les feuilles pétiolées, ovoïdes, rétrécies à leur base, terminées en pointe, lisses, minces, entières, longues de huit à neuf pouces, jaunèâtres en-dessus, d’un blanc cendré en-dessous, marquées de cing nervures longitudinales. Cette espèce croît dans les forêts de Sinémari.
MéLastome crÉPU : Melastoma crispata, Linn.; Rumph., 4mb., 5, p. 66,t. 35. Cette plante a des tiges ligneuses, divisées en rameaux cendrés, fragiles, pleins de moelle, tétragones, munis à chacun de leurs augles d’une membrane crépue; les feuilles sont quatre par quatre, entières, elliptiques, aïguës, presque sessiles, de couleur glauque, marquées de - cinq nervures; les fleurs latérales, portées sur des pédoncules
rameux, au nombre de cinq à six; le calice de couleur purpurine ; la corolle blanche ; les pétales épais, concaves, ré- Héchis ; les fruits orbiculaires, succulens, rouges en dehors, verdâtres en dedans : ils acquièrent, en mûrissant, une saveur douce ; celle des feuilles est légèrement acide et astringente. Cette espèce croît dans les iles Moluques.
#% Fleurs lerminales.
MécrasromE a Épr simpze ; Melastoma aplostachya, Bonpl., Monogr. melast., tab. 1. Arbrisseau élégant, haut de huit à
MEL bo
dix pieds, remarquable par ses fleurs sessiles et comme verticillées, sur un axe simple et terminal, formant une sorte d’épi simple. Ses tiges se divisent en rameaux opposés, étalés, lisses, comprimés, un peu pulvérulens et cendrés; les feuilles sont coriaces, médiocrement pétiolées, entières, lancéolées, d’un beau vert, aiguës à leurs deux extrémités, roussètres et pubescentes en-dessous, à trois nervures; les fleurs dépourvues de bractées ; le calice court, un peu globuleux, à cinq petites dents ; la corolle petite ; les pétales blancs, en ovale renversé ; les étamines plus courtes que les pétales; la corolle blanche; une petite baie à trois loges, couronnée par les dents du calice. Cette plante croît sur les bords de l'Orénoque, où elle forme des bois entiers.
MéLrasrome À QuEuE ; Melastoma caudata, Bonpl., Monogr., tab. 7. Arbrisseau fort élégant, distingué par le prolongement de ses feuilles en une longue queue, et par ses fleurs d’une belle couleur de rose. Ses tiges sont hautes de huit a neuf pieds; ses rameaux glabres, tétragones, pulvérulens dans leur jeunesse ; les feuilles longuement pétiolées, glabres, ovales, un peu sinuées à leurs bords, d’un beau vert endessus, roussätres et pulvérulentes en-dessous, longues d’environ cinq pouces, à cinq nervures; les fleurs nombreuses, fasciculées, réunies en une panicule terminale ; le calice campanulé, à cinq dents ovales, obtuses, parsemé de poils blancs très-courts ; les pétales ovales ; l'ovaire presque libre ; une baie à trois loges polyspermes, de la grosseur d’un petit pois, couronnée par les dents du calice. Cette espèce croît a la Nouvelle-Grenade. à
MérasromE-THé; Melastoma theezans, Bonpl., L. c., p. 17, t. 9. Arbrisseau de douze à quinze pieds, glabre dans toutes ses parties; chargé de rameaux étalés, cylindriques, garnis de feuilles médiocrement pétiolées, ovales, longues de trois ou quatre pouces, d’un beau vert en-dessus, plus pâles endessous, légérement dentées, à cinq nervures. Les fleurs sont blanches ; elles exhalent, pendant la nuit, une odeur fort douce ; elles sont disposées en une panicule terminale ; ces fleurs sont petites, sessiles, nombreuses, réunies par petits bouquets opposés ; le limbe du calice membraneux, à cinq petites dents courtes; les pétales de la longueur du ca-
lice; les filamens articulés dans leur milieu, comprimés et membraneux à leur partie inférieure, chargés, vers leur sommet, d’un fort petit tubercule ; les anthères cunéiformes; l'ovaire presque libre; le stigmate en plateau ; une baie sphérique, bleue à sa maturité, couronnée par les dents du calice, à trois loges polyspermes. Cette plante croît aux environs de la ville de Popayan, dans l'Amérique méridionale.
« Les habitans de la ville de Popayan, dit M. Bonpland, &« font, avec les feuilles de cette plante, une infusion qui « à toutes les propriétés du thé, et qui est employée aux e mêmes usages. M. Guijano père, habitant distingué de cette « même ville, est l’auteur de cette découverte : trouvant « une grande analogie entre les feuilles de ce mélastome « et celles du thé ordinaire, il pensa que son pays possédoit « le vrai thé de la Chine. Il s'empressa de recueillir, un « grand nombre de feuilles de cette plante, les prépara de « la même manière que les Chinois préparent celles du fhea « bohea, et en fit une infusion : celle-ci lui prouva bientôt « que la plante de son pays étoit différente de celle des « Chinois ; mais elle lui apprit en même temps qu’elle pou- « voit être employée aux mêmes usages, et y suppléer dans « bien des circonstances. Nous avons souvent bu avec plaisir « l’infusion du melastoma theezans : elle a la couleur du thé, « est bien moins astringente, mais plus aromatique. Plusieurs « personnes, sans doute, préféreroient cette boisson à celle « du thé; et je la crois aussi plus utile dans beaucoup. de «-cas. Le mélastome-thé viendroit très-bien à Toulon, à « Hyères, et autres pays en qui jouissent d’une « douce température. ?
MérasromE MALABATañoÏDE : Melastoma malabathroides, Linn. ; Eamk., Ill. gen., tab. 361, fig. 1; Rumph., Amb,, 4,t. 72; Burm., Zeyl., t. 93; Gæritn., De fruct., t. 126. Arbrisseau des Indes orientales, d’une médiocre grandeur, distingué par ses grandes et belles fleurs. Ses tiges sont très-rameuses ; les rameaux quadrangulaires dans leur jeunesse, hérissés de poils courts et roides: les feuilles ovales-lancéolées, à peine pétiolées, marquées de trois à cinq nervures un peu rudes; les fleurs sessiles, disposées en une panicule lâche, feuillée. Ces fleurs sont grandes, purpurines; le calice couvert d’écailles
luisantes, d'un blanc argenté; les pétales ovoïdes, longs d’environ un pouce; les fruitssphériques, à cinq loges ;lessemences blanchâtres, enveloppées d’une pulpe d’un rouge foncé.
Les feuilles ont une saveur astringente, qui les rend utiles dans la dyssenterie et dans les pertes blanches des femmes. Les fruits servent à teindre des étoffes de coton; leur pulpe molle est assez agréable à manger, et fort recherchée des enfans : elle noircit les lèvres et la bouche de ceux qui sen nourrissent, d’où vient le nom de melastoma, que Burman a imposé à ce genre, composé de deux mots grecs, melas et éoma, qui signifient bouche noire.
MérasromE soyeux : Melastoma holosericea, Linn ; Pluken., -Phyt., tab. 5o, fig. 2; Breyn., Cené., 1, tab. 3. Cet arbrisseau, de médiocre grandeur, est remarquable par la couleur blanchâtre , presque argentée, du dessous de ses feuilles, qui contraste agréablement avec le vert de la surface supérieure. Les jeunes pousses sont tomenteuses, un peu tétragones ; les feuilles ovales-oblongues, à cinq nervures; les fleurs petites, unilatérales, disposées en grappes sessiles, paniculées, munies de bractées ; les calices tomenteux, un peu roussâtres. Cette plante croît au Brésil, à la Guiane et dans les Antilles : elle varie à feuilles ferrugineuses en-dessous. (Porr.)
MÉLASTOMÉES. (Bot.) Famille de plantes dont le Melastoma est le genre principal, et qui est placée dans la classe des péripétalées ou dicotylédones polypétales, à étamines insérées au calice. Ses caractères uniformes sont : Un calice monosépale tubulé, entourant l'ovaire libre, ou plus souvent faisant corps avec lui; il est nu, ou plus rarement entouré d’écailles, découpé ordinairement à son limbe en plusieurs lobes. Des pétales en nombre égal, insérés au sommet du calice , sont alternes avec ses lobes ; plusieurs étamines partant du même point, en nombre égal ou double; les antheres des pétales, longues, arquées, s’ouvrant au sommet en deux pores et prolongées en-dessus en un bec, sont implantées par le bas sur des filets garnis en ce point de deux soies ou deux oreillettes. Ces anthères, d’abord pendantes du sommet des filets, sont réfléchies en dedans, puis redressées avec les filets. Un ovaire simple, adhérent au calice ou plus rarement libre et seulement couvert; un style et un stigmate simples; fruit ad-
héreni ou libre, charnu ou capsulaire , à plusieurs loges polyspermes ; graines insérées à l’angle intérieur des loges ; embryon sans périsperme, à radicule droite dirigée vers le point d'attache de la graine.
Les plantes de cette famille sont des arbres ou des arbrisseaux, rarement des herbes. Les feuilles sont toujours opposées, simples, marquées de plusieurs nervures longitudinales et dépourvues de stipules; les fleurs, également opposées, sont axillaires ou terminales, portées sur des pédoncules uniou multiflores.
On peut établir dans la famille deux sections : celle des fruits adhérens présente les genres Waldesia, de la Flore du Pérou; Blakea, Melastoma (dont quelques espèces ont peutêtre le fruit libre); Miconia et Arinea, de la Flore du Pérou : Tristemma.
À la section des ovaires libres ou supères se rattachent les genres Meriania de Swartz, Topobæa, Tibouchina , Mayeta, Tococa, Osbeckia, Rherxia.
Cette famille est très-naturelle. Ses feuilles, opposées et marquées de nervures longitudinales, la font aisément reconnoître , ainsi que la forme de ses anthères, qui est trésremarquable. Elle se place très-naturellement entre les myrtées et les lythraires. (J.)
MELBA. (Ornith.) Linnæus a désigné par ce mot deux espèces d'oiseaux, un martinet et un chardonneret. (Cu. D.)
MELBŒJN , NOOMANIE. ( Bot.) Noms arabes d’un tithymale, euphorbia retusa de Forskal, différant, selon lui, de celui de Linnæus. (J.)
MELCKER. (Ornith.) Nom allemand du chat-huant, sérix aluco et stridula, Linn. (Cx. D.)
MÉLÉAGRE , Meleagris. (Conchyl.) M. Denys de Mont-
fort, conséquent dans le principe de distinguer les coquilles
ombiliquées de celles qui ne le sont pas, a distingué sous ce nom les espèces de turbo qui ont un ombilic. L’espèce qui lui sert de type, est le turbo pica de Linnæus, vulgairement la Veuve, la PIE, à cause de sa coloration en noir et en blanc. Voyez Tunso et Sasor. (DE B.)
MELEAGRIS. (Ornith.) Ce nom grec de la peintade a été :
mal à propos appliqué par Linnæus au dindon, qui est un
MEL 5og ciseau d'Amérique. Le meleagris guianensis de Barrére est le vautour urubu. (C«. D.)
MELEAGRIS. ( Bot.) Dodoens, Daléchamps et Reneaulme donnoiïent ce nom à une fritillaire qui est le frifillaria meleagris de Linnæus. (J.)
MÉLECTE, Melecta. (Entom.) M. Latreille et Fabricius emploient ce nom pour indiquer un genre d'insectes hyménoptères voisin des nomades, qui comprend parmi les espèces de ce dernier genre celles que l’on a désignées sous les noms d’histrio, scutellaris, punctata, etc. (C. D.)
MELEGATA , MELEGUETA. (Bot.) Espèce de cardamome, suivant C. Bauhin. (J.)
MELES. (Mamm.) Nom latin donné par Gesner au blai-reau et tiré de Meus. Voyez ce mot. (F. C.)
MELET, MELETO. (Ichthyol.) Voyez Mérerre. (H. C.)
MÉLETTE. (Ichthyol.) Sur le littoral de la Méditerranée on donne généralement ce nom à tous les petits poissons qui ont sur les côtés une bande argentée. Mais on l’applique plus particulièrement aux diverses espèces du genre Scopéle, et au Stoléphore commersonien de Lacépède, dont nous avons parlé en même temps que de l’anchois. Voyez ENGRAULE et ScoPèLe. (H. @s)
MÉLEZE; Larix, Tournef. ( Bot.) Grand arbre de la famille des comfères, dont Tournefort et plusieurs autres ont fait un genre particulier, mais que nous ne regardons que comme une espèce du genre Sapin. Cependant, à cause de l'importance des usages auxquels son bois est consacré et de ses autres produits, nous croyons re lui consacrer un ‘article particulier.
Mérëze D'EuroPe ou SariN mécëze : Larir europæa, Decand., FL fr. , n° 2064; Larix folio deciduo, conifera, Tournef., Ftr 586 ; bis lors am, USE, ;t; Te ; Lois. in Nov. Duham., 5} pag "20m 1470, Be 1 ; Pinus larix, Linn., Spec., 1420. Le mélèze est un des plus grands arbres de l’Europe: lorsqu'il atteint à toute l'élévation dont il est susceptible, il a souvent plus de cent pieds de hauteur. Son tronc, parfaitement droit, produit des branches nombreuses, horizontales. disposées par étages irréguliers, et dont l’ensemble forme une vaste pyramide. Ses feuilles sont étroites, linéaires, ai-
guës, d’un vert gai, caduques, éparsessur les jeunes rameaux, et disposées, sur ceux d’un à deux ans, en rosèttes, du milieu desquelles naissent les fleurs, qui sont de deux sortes, les unes mâles et les autres femelles. Les premières sont composées d’étamines nombreuses, presque sessiles, imbriquées sur un axe commun, formant des chatons ovalesarrondis, sessiles et presque entiéremént enfoncés au milieu d’un grand nombre de petites écailles qui leur ont servi d’enveloppes. Les chatons femelles, un peu moins nombreux que les mâles, et épars sans ordre sur les mêmes rameaux, sortent de même d’un groupe de petites écailles roussâtres ; ils sont portés sur de courts pédoncules et toujours redressés vers le ciel. Lors de la floraison ils sont d’une couleur rou- geâtre, composés d’écailles imbriquées, portant chacune deux ovaires à leur base interne. Les fruits qui succèdent aux fleurs, sont des cônes redressés, ovoides, longs d’un pouce ou peu plus, formés d’écailles imbriquées, assez làches, ayant chacune à leur base interne deux graines surmontées d’une aile membraneuse. Le méléze fleurit en avril ou mai, et même en juin, selon qu'il habité des pays plus ou moins élevés. 11 croit sur les Alpes de la France et de la Suisse, sur l’Apennin en Italie, sur les montagnes de l'Allemagne, de la Russie, de la Sibérie, et dans la plus grande partie de toutes les régions septentrionales de lancien continent. Ii n’existe pas en Angleterre ni dans les Pyrénées.
Il ne paroît pas que les Grecs aient connu le mélèze ; Théophraste n’en fait aucune mention. La description que Pline nous a laissée de cet arbre est trés-incomplète et même si peu exacte (lib. 16, cap. 10) qu’il seroit bien difficile de l'y reconnoître, si les. propriétés qu’il lui attribue, et qui sont absolument les mêmes que celles qu’on lui reconnoît encore aujourd'hui, ne nous donnoient pas lieu de croire que le larix des Latins doit être le même arbre que notre méléze.
Aucun autre arbre indigène ne surpasse la hauteur du mélèze, ne s'élève plus droit, et n’a un bois d’une aussi grande durée. Ce bois est rougeàtre, avec des veines plus foncées, et, plus les mélèzes sont âgés, plus il est foncé en couleur ; il n’y a que celui des jeunes pieds qui soit blanchâtre : il est d’ailleurs plus serré que celui du sapin et a
moins de nœuds. Lorsqu'il est sec, sa pesanteur spécifique est de cinquante-deux livres huit onces par pied cube. Le : bois de mélèze est propre aux constructions civiles et navales ; nul autre ne résiste aussi long-temps à l’action de l’air et de l’eau. Les charpentes qui en sont faites, durent des siécles sans s’altérer ; elles ont l'avantage de moins charger les murs que le chêne, et les poutres ne sont point sujettes à plier. Lorsqu'on l’emploie en planches, il faut avoir la précaution de ne le mettre en œuvre que lorsqu'il est parfaitement sec, car autrement il est sujet à se déjeter. Dans les cantons où le méléze est commun, comme en Savoie , en Suisse, on construit des maisons entiéres en bois de méléze, en en plaçant des piéces d’un pied d’équarrissage les unes sur les autres ; et au lieu de tuiles on couvre leurs toits avec des planchettes du même bois. Ces maisons sont blanchätres dans leur nouveauté; mais elles deviennent brunâtres et même noirâtres en vieillissant ; et, la chaleur du soleil faisant suinter la résine à travers les pores du bois, les interstices entre les différentes pieces s’en remplissent, et cette résine, en se durcissant à l'air, forme une sorte de vernis qui lie et enduit parfaitement entre elles toutes les piéces de ces maisons et les rend impénétrables à l’eau et à l’air. Le bois dont elles sont bâties devient avec le temps tellement dur, qu'il est souvent difficile de l’éntamer avec un instrument tranchant. Malesherbes a vu dans le Valais, en 1778, une de ces maisons qui avoit deux cent. quarante ans, et dont le bois étoit encore parfaitement sain.
Le méléze peut avoir dans l’eau une durée presque infnie, et il y acquiert avec le temps une dureté qui ne peut être comparée qu’a celle de la pierre. Miller fait à ce sujet mention d’un vaisseau qui étoit de mélèze et de cyprès, trouvé a douze brasses de profondeur dans les mers du Nord, après avoir été submergé pendant plus de mille ans, et dont les bois étoient devenus si durs qu’ils résistoient aux outils les plus tranchans. Cette propriété du mélèze, de ne pas s’altérer dans les lieux humides, le rend propre à faire des tuyaux pour la conduite des eaux, et on l’'emploie à cet usage dans plusieurs pays. Dans ceux où il est commun, il sert aussi à toutes sortes de menuiseries, et à faire des futailles pour
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le vin ou les liqueurs spiritueuses. Il n’est pas propre pour les ouvrages de tour, parce qu’il a l'inconvénient de graisser les outils. Dans le Valais, les échalas faits avec des branches ou avec du bois de méléze refendu sont pour ainsi dire éternels, quoiqu’on ne les retire jamais de la terre, où ils restent fichés sans s’altérer un grand nombre d’années, pendant lesquelles on voit les ceps de vigne mourir et se renouveler plusieurs fois à leur pied; au lieu que les èchalas de sapin n’y durent que dix ans ou environ. Jusqu’a présent on n’emploie pas le mélèze dans les grandes constructions navales ; mais l’usage dont il est pour les mâts et les bordages des barques qui servent pour la navigation du lac de Geneve, donne lieu de croire qu’il auroit les mêmes avantages s’il étoit mis en œuvre plus en grand; car les bordages de ces barques, faits avec ce bois, durent généralement deux fois autant que ceux faits en chêne.
La grande durée du bois de mélèze, la finesse de son grain et l'avantage qu’il a de n'être pas sujet à se fendre, faisoient que les anciens peintres et mêmes ceux du moyen âge, avant qu’on se servît généralement de toiles, l’employoient pour leurs tableaux. Plusieurs de ceux de Raphaël passent pour être peints sur ce bois.
Le méléze, comme nous l’avons dit dans le commencement de cet article, peut s'élever à une grande hauteur, et son tronc a avec les années une grosseur colossale. Pline (lib. 16, cap. 4o) parle d'une poutre de méléze qui avoit cent Hi pieds de long sur deux d’équarrissage : l’empereur Tibère la fit transporter à Rome, et Néron l’employa dans la construction de son amphithéätre. De nos jours il existe, sur la montagne d’Endzon, dans les Alpes du Valais, un mélèze célèbre dans le pays à cause de sa taille gigantesque. Son tronc est tel, par le bas, que sept hommes suffisent à peine pour l’embrasser, et ce n’est qu'à la hauteur de cinquante pieds qu’il donne ses premières branches.
Les anciens croyoient que le bois de mélèze étoit incombustible ; mais il est reconnu aujourd’hui qu'il brûle bien, qu’il donne plus de chaleur que le sapin, et qu’il fournit aussi plus de braise. Son charbon est très-bon pour les forges et la fonte du fer. L’écorce des jeunes mélezes est astrin-
gente, et on l’emploie dans les Alpes pour le tannage des cuirs.
Non-seulement l’arbre qui nous occupe est précieux par son bois, dont les usages sont nombreux; mais il fournit encore, tandis qu'il est sur pied, plusieurs produits qui sont employés dans les arts et en médecine. Le principal de ces produits est la résine ou térébenthine qui suinte des fentes de son écorce, et que l’on retire en plus grande quantité, soit en pratiquant des entailles sur le corps des arbres, soit en faisant des trous dans leur substance même.
Le premier procédé est peu usité : le second l’est beaucoup davantage , particulièrement dans les Alpes suisses et pays voisins. Dans ces montagnes , les paysans percent en différens endroits, avec des tarières qui ont jusqu’à un pouce de diamètre, le tronc des mélézes vigoureux, en commençant à trois ou quatre pieds de terre, et en remontant jusqu’à dix ou douze. Ils choisissent de préférence, pour faire leurs trous, qui doivent être en pente, les places d'anciennes branches rompues et exposées au midi. De petites gouttieres, faites avec des branches de mélèzes creusées à cet effet, sont adaptées à l’orifice de chaque trou, et vont aboutir dans des auges disposées au pied des arbres. Une fois par jour, ou au plus tard tous les deux à trois jours, la térébenthine qui a coulé par les gouttières dans les auges, est recueillie dans des baquets de bois et transportée à la maison, où on la passe à travers un tamis pour en séparer les corps étrangers qui pourroient y être mêlés. On bouche avec des chevilles de bois les trous qui n’ont point donné de résine ou qui cessent d’en fournir, et on les rouvre douze à quinze jours aprés : assez ordinairement ils donnent alors plus de térébenthine que ceux qu’on perce pour la première fois. On commence la récolte de la térébenthine à la fin de mai, et on la continue jusqu’au milieu ou à la fin de septembre. La quantité qui coule est toujours proportionnée à la chaleur du jour et à l'exposition plus ou moins au midi.
Un mélèze vigoureux peut fournir, pendant quarante à cinquante ans, sept à huit livres de térébenthine chaque année ; mais le bois des arbres qui ont donné ce produit particulier n’est plus aussi bon pour les constructions de toute
espéce. Les mélézes trop jeunes ou trop vieux ne rapportent que peu de térébenthine; aussi choisit-on de préférence ceux qui sont dans toute leur vigueur.
La résine de mélèze reste toujours liquide et de la consistance d’un sirop épais; elle est claire, transparente, de couleur jaunâtre , d’une saveur un peu amére et d’une odeur aromatique assez agréable. Elle est connue dans le commerce sous le nom de térébenthine de Venise. |
Quelques médecins ont recommandé cette substance dans la phthisie pulmonaire; mais le plus grand nombre aujourd’'hui regarde non-seulement ce reméde comme insuflisant, mais encore comme nuisible et comme pouvant accélérer la marche de la maladie. La térébenthine réussit mieux dans le catarrhe des membranes muqueuses des voies urinaires ; elle donne une odeur de violette à l’urine des personnes qui en font usage.
Cette résine entre dans la composition d’un grand nombre de préparations pharmaceutiques, comme baumes, onguens, emplatres.
En la distillant avec de l’eau, on obtient une huile essentielle qui est connue sous le nom d'essence de térébenthine, et dont on fait principalement usage dans la peinture à l'huile : elle sert à rendre les couleurs plus coulantes et plus siccatives ; elle entre dans la composition des vernis.
L’essence de térébenthine étoit peu employée en médecine autrefois, et seulement à petite dose, comme à un gros ou deux; mais depuis une vingtaine d'années elle a été donnée en Angleterre en bien plus grande quantité comme purgatif vermifuge, et tout semble prouver maintenant, d’après les nombreuses observations qui ont été publiées par les journaux anglois, que cette substance, administrée depuis une demi-once jusqu’à quatre onces par jour, en une seule ou plusieurs fois, constitue un purgatif très-efficace contre le tænia ou ver solitaire. Dans le même pays, le docteur Percival a également employé avec avantage l'essence de térébenthine à la dose de deux gros à une once dans l'épilepsie.
La colophone ou colophane est une matière résineuse qui reste au fond des vaisseaux aprés la distillation de la térébenthine; elle est sèche, dure, luisante et friable. On ne
l’'emploie point à l'intérieur, mais elle entre dans la composition de plusiers onguens et emplâtres. Les/chirurgiens en font usage, afin d'arrêter les homorrbagies, pour saupoudrer les premiers plumasseaux ou bourdonnets qu’ils appliquent aprés les amputations des membres. Les joueurs de violon s’en servent pour frotter leurs archets.
Le matin, pendant les mois de juin et de juillet, avant d’être frappés des rayons du soleil, les jeunes mélèzes ont souvent leurs feuilles toutes couvertes de petits grains blancs et gluans, qui ne tardent pas à disparoître si on ne se presse de les ramasser. Cette substance est connue sous le nom de manne de Briançon. Elle est légèrement purgative, mais elle n’est en usage que parmi les gens de la campagne dans les pays où il y a beaucoup de mélèzes. Villars assure d’ailleurs que cette manne est fort difficile à recueillir, et il ne croît pas qu’on pût jamais en récolter de grandes quantités.
C’est sur le tronc des vieux mélèzes que croît une espèce de champignon connu vulgairement sous le nom d’agaric des boutiques, et que Linnæus a désigné sous celui de boletus Laricis. C'est un purgatif qu'on employoit fréquemment autrefois; on lui attribuoit des propriétés particuliéres pour purger les humeurs de la tête. Il n’est presque plus usité maintenant.
Le mélèze n’est pas délicat sur la nature du sol; les plus mauvais terrains lui conviennent , à l'exception de ceux qui sont marécageux et argileux. On en trouve sur les montagnes les plus stériles : il prospère dans les lieux froids, pierreux et maigres ; il réussit aussi dans les fonds secs et sablonneux; enfin il vient bien sur les collines séches et arides. L'exposition qui lui est la plus favorable , est celle du nord ; il craint, au contraire, la grande chaleur, et les pays trop méridionaux ne peuvent lui convenir.
De tous les pins et sapins d'Europe le mélèze est le seul qui perde ses feuilles en hiver. 11 est d'observation fort ancienne parmi les montagnards suisses, que, lorsqu'il commence à tomber de la neige en automne, cette neige n’est durable que lorsque le méléze a perdu ses feuilles ; car on n’a jamais vu, disent les vieillards les plus âgés , la neige rester sur les feuilles des mélézes, et celle qui tombe avant que ces arbres soient dépouillés ne tarde pas à être suivie d’un dégel.
Le mélèze ne se multiplie en général que de semences, parce qu'il ne reprend pas de boutures, et parce qu’on n'obtient par ies marcottes que des arbres peu vigoureux et jamais d’une aussi belle venue. Pour se procurer de la graine de mélèze, il faut recuillir les cônes qui les renferment à la fin de l'automne, et les conserver dans un endroit qui ne soit ni trop sec ni trop humide, jusqu'a la fin de l'hiver. A cette époque , lorsque les gelées ne sont plus guëre à craindre, on expose les cônes à la chaleur du soleil ou du feu pour faire ouvrir leurs écailles et faciliter la sortie des graines qu’elles recouvrent.
Les méleèzes que les jardiniers élèvent pour le commerce, se sèément en pépinière, à la fin de mars ou au commencement d’avrii, dans une terre légère, à l’exposition du nord ou du norü-est ,'et dans le courant du printemps et de l’été on les débarrasse des mauvaises herbes et on les arrose quand ils en ont besoin. Au printemps de l’année suivante, on repique le jeune plant à six pouces de distance et toujours à l’exposition du nord , en prenant pour cette opération le moment où il commence à entrer en séve. Deux ans après, ou au commencement de la troisième année, on le relève de nouveau pour le placer n'importe à quelle exposition, et en mettant les jeunes arbres à deux pieds l’un de l’autre ou environ. Aprés leur seconde transplantation, les mélézes ne doivent plus rester que deux à trois ans dans la pépinière ; ils sont alors bons à planter à demeure : car, si l’on tardoit plus long-temps à les mettre en place, on risqueroit de les perdre, ou au moins une grande partie ne reprendroit pas. La meilleure saison pour cette transplantation est la fin de mars ou le commencement d'avril, peu de temps avant que ces arbres ne poussent; lorsqu'on les transplante plus tôt, il est rare qu'ils réussissent aussi bien. |
De même que les pins et les sapins, le mélèze prend son accroissement en hauteur par le développement d’un bourgeon unique qui termine sa fléche, et si cette flèche ou ce bourgeon vient à être rompu ou endommagé par quelque accident, l’arbre cesse de s'élever. Par une admirable prévoyance de la nature, ce bourgeon terminal ne s'ouvre que bien long-temps après que le reste dé l'arbre est garni
dé feuilles; car, comme le méléze croît souvent au milieu des neiges et des glaces qui couronnent les plus hautes montagnes, si le bourgeon terminal s’ouvroit trop tôt, la tendre pousse qui en sortiroit, pourroit être saisie par les gelées qui surviennent souvent jusqu'a la moitié du printemps, dans les lieux où croissent ces arbres, et par sa perte ils cesseroient de croître en hauteur et resteroient toujours plus ou moins rabougris. ;
Le méleze supporte bien, comme l’if, la taille aux ciseaux; on peut de même lui faire prendre différentes formes, l’élever en pyramide, le réduire en boule, etc., et l’employer ainsi à l’ornement des grands parterres ; mais ce genre de décoration dans les jardins n’est plus guère d’usage aujourd’hui.
Outre le mélèze d'Europe, on connoît encore deux autres espèces, qui sont exotiques et dont nous n’aurons que peude chose à dire.
MéLèze À BRANCHES PENDANTES ; Larix pendula ; Pinus pendula, Lamb., Descript. of pin, pag. 56, t. 36. Cette espèce paroît être intermédiaire entre le méléze d'Europe et celui à petits fruits; les caractères qui la distinguent sont même si peu prononcés qu’on pourroit croire qu’elle n’est qu’une variété de l’un ou de l’autre. Nous l'indiquons, d’après sir Lambert, qui la dit indigène de l'Amérique septentrionale.
Mécèëèze À petits FRUITS; Larix microcarpa ; Abies microcarpa, Lois., in Nov. Duham., 5, pag. 289, t. 79, fig. 2. Cet arbre a de grands rapports avec notre méléze d'Europe ; maïs il en diffère par ses feuilles trés-menues, moitié plus courtes et moitié plus étroites ; par la petitesse de ses cônes, qui n’ont que six lignes de long au plus, et qui ne sont composés que d’un trés-petit nombre d’écailles. Cette espèce est originaire de l’Amérique septentrionale, et on la cultive depuis quelques années en Angleterre et en France, où elle est encore rare. Le plus grand individu que nous ayons vu, avoit une vingtaine de pieds de hauteur; il étoit très-vigoureux, donnoit tous les ans beaucoup de fruits, et paroissoit n’avoir encore acquis que lamoindre partie de son élévation naturelle.
Le méléze à rameaux pendans n’est pas encore cultivé en France ; quant à celui a petits fruits, on le multiplie de graines, comme l'espèce commune. Quelques cultivateurs prétendent
l'avoir propagé de marcottes faites en juillet, et qui étoient bien enracinées au troisième automne. D'autres ont essayé de le multiplier en le greffant par approche sur le méleze d'Europe ; mais, quand ce moyen pourroit réussir, il ne don- neroit jamais que des arbres peu vigoureux et qui, pour la plupart, seroient privés Ce la faculté de s'élever sur une tige bien droite, par la raison qu'il est fort rare que dans les pins et les sapins la nature donne jamais à des bourgeons ‘latéraux la même vigueur qu’au bourgeon terminal qui forme leur fléche. (L. D.) |
MELHANIA. ( Bot.) Voyez Domrey verouré. (Porr.)
MELIA. (Bot.) Nom grec du frêne. Voyez Azébaracx. (LEM.)
MÉLIACÉES. ( Bot.) L’azédarach, melia, donne son nom à cette famille, qui est dans la classe des hypopétalées ou dicotylédones polypétales à étamines insérées sous l'ovaire. Elles sont placées entre les théacées et les viniferes.
Elles ont pour caractères généraux un calice monosépale, divisé plus ou moins profondément; quatre ou cinq pétales à onglet large, rapprochés par leur base; des étamines en nombre défini, égal à celui des pétales, ou double; les filets insérés sous l'ovaire et réunis par le bas en un tube, ou seulement en un godet denté à son sommet, et dont les dents portent les étamines a leur pointe ou sur leur surface intérieure ; un ovaire simple et libre, surmonté d’un style simple et d’un stigmate simple ou plus rarement divisé; un fruit en baie ou plus souvent capsulaire , à plusieurs loges mono- ou dispermes, s’ouvrant en autant de valves qui portent une cloison dans leur milieu. L’embryon, à lobes droits, est ordinairement entouré d’un périsperme, qui manque dans quelques genres.
Les genres de cette famille sont des arbres ou des arbrisseaux à rameaux alternes, ainsi que les feuilles, qui sont stipulées, simples dans les uns, composées dans d’autres. Les fleurs n’ont pas de disposition uniforme.
On distingue ici deux sections, caractérisées par les feuilles. Dans celle des feuilles simples sont rapportés les genres Canella, Symphonia, Pentaloba, de Loureiro; Geruma; Strigiha, de Cavanilles ; Lauradia de Vandelli; Alsodeia de M. du Petit- Thouars, Ceranthera de Beauvois; Aitonia, Quivisia, Turræa.