‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 53 sur 55 · MER · texte numérisé non relu

MER

On range dans la section des feuilles composées les genres Camunium de Rumph, ou Aglaia de Loureiro ; Ticorea, Cusparia, de MM. de Humboldt et Kunth; Sandoricum, Trichilia, auquel on réunit le Portesia et le Elcaja, Quarea, qui manque de périsperme , ainsi que le précédent; Ekebergia, Melia, Aquilicia. Quelques genres sont placés à la suite, comme ayant seulement de l’affinité avec les méliacées, tels que le Carapa d’Aublet, ou Xylocarpus de Kœnig, le Swietenia , le Cedrela, et le Pautsowia ou Stylidium de Loureiro. HA) MELIANTHE, Melianthus. ( Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées, voisin de la famille des rutacées, de la didynamie angiospermie de Linnæus ; offrant pour caractere essentiel : Un calice persistant à cinq divisions profondes, inégales, colorées ; l’inférieure gibbeuse ; quatre pétales onguiculés, entre lesquels se trouve une glande mellifère ; quatre étamines didynames; un ovaire supérieur; un style ; une capsule vésiculeuse, à quatre loges monospermes. FÉLIANTHE A LARGES FEUILLES : Melianthus major, Linn.; Lamk., Ill. gen., tab. 552; Herm., Lugdb., tab. 415 ; Mill., Tllust., tab. 53 ; vulgairement FLEUR MIELLÉE, PIMPRENELLE p'A- FRIQUE. Cette belle plante à des racines traçantes ; des tiges glabres, presque ligneuses, un peu tuberculeuses, hautes de six à sept pieds; les jeunes pousses herbacées, d’un vert glauque ; les feuilles grandes, toujours vertes, pétiolées, alternes, ailées avec une impaire; les folioles opposées, au nombre de cinq à sept, ovales, oblongues, dentées en scie, glauques, longues de deux à trois pouces, un peu courantes sur le pétiole commun, à la base duquel existe une grande stipule membraneuse, amplexicaule, ovale, mucronée , longue d'environ un pouce et demi, chargée, comme les feuilles, d’une poussière glauque. Les fleurs sont grandes, pédicellées, disposées en une grappe simple, presque pyramidale, munie de bractées ovales, aiguës: le calice ample ; les deux divisions supérieures droites, oblongues ; les deux moyennes plus intérieures, opposées, lancéolées ; l’inférieure plus courte, concave, gibbeuse a sa base; les pétales linéaireslancéolés, onguiculés, un peu ouverts, situés à la partie gibbeuse du calice;'autour d’une grosse glande utriculaire ; aux fleurs succèdent de gros fruits vésiculeux, tétragones,

partagés presque jusqu’à la moitié en quatre lobes; chaque loge renfermant une semence noire, ovale, luisante. Cette plante croit aux lieux humides et marécageux du cap de Bonne-Espérance.

Les feuilles ont une odeur fétide, comme narcotique, analogue à celle du stramonium. Il suinte de la grosse glande placée entre les pétales, pendant tout le temps de la floraison, une liqueur noirâtre, mielleuse, dont la saveur est un peu vineuse : elle est tellement abondante, qu’elle se répand sur les feuilles, et que le sol en est quelquefois coloré ; elle est très-recherchée par les Hottentots et les Hollandois qui habitent le cap de Bonne-Fspérance; elle passe pour cordiale, stomachique et nourrissante, d’où vient que ce genre a reçu le nom de Mélianthe, composé de deux mots grecs, qui signifient fleur à miel. Sa découverte est due a Herman, qui l’envoya en Europe à Thomas Bartholin, en 1672. On la cultive au Jardin du Roi, ainsi que les deux espèces suivantes. Elles craignent peu le froid; il suffit de leur faire passer l'hiver dans l’orangerie. Leur multiplication a lieu par rejetons, par marcottes, par boutures.

MÉLIANTHE A FEUILLES ÉTROITES ; Melianthus minor, Linn. Cette espèce a des tiges ligaeuses, cylindriques, hautes de cinq à six pieds ; les rameaux légerement cotonneux ; les feuilles ailées avec une impaire; les folioles, de sept à neuf, opposées, ovales-alongées, étroites, profondément dentées en scie, molles, douces au toucher, un peu velues, longues de deux a quatre pouces, blanchâtres en-dessous ; les stipules linéaires, trés-étroites ; les fleurs alternes, rapprochées, disposées en grappes axillaires ; le calice ample, légérement tomenteux, coloré de rouge ; la corolle purpurine ou d’un jaune rougeûtre ; les pétales étroits, onguiculés, pendans hors du calice; les étamines ascendantes ; le style un peu pileux ; la capsule vésiculeuse , de la grosseur d’une petite noix, couverte d’un duvet cotonneux. Cette plante a une odeur fétide : elle croît au cap de Bonne-Espérance ; on la cultive au Jardin du Roi.

MécranreE vecu : Melianthus comosus, Vahl, Symb., 3, p.86; Commel., Rar., 4,t. 4. Cette plante, originaire du cap de Bonne-Espérance, se distingue de la précédente par ses grappes

MEL Sat

situées un peu au-dessous de l'insertion des feuilles, et non axillaires, excepté quelquefois aux feuilles supérieures: elles sont inclinées, longues de trois pouces ; lesfeuillesvelues a leur face supérieure; les fleurs pendantes, verticillées, disposées en grappes peu garnies. On la cultive au Jardin duRoi. (Poir.)

MÉLIBÉE. (Entom.) Nom d’une espèce de papillon voisin du céphale. (C. D.)

MELICA. ( Bot.) Ce nom, donné par Dodoens au sorgho, holcus sorghum, de Linnæus, a été appliqué par ce dernier à un autre genre de graminée. Voyez Mérique. (J.)

MELICERTA. (Polyp.) M. Ocken, Système gén. d'hist. nat., part. IL, p. 49, distingue sous cette dénomination un petit genre voisin des vorticelles, qu’il caractérise ainsi : quatre lobes autour de la bouche, le corps fusiforme , contenu dans un tube corné opaque; et il y range la Sabella ringens, qu’il nomme M. ringens. Voyez Vorriceze et Saserre. (DE B.)

MÉLICERTE, Melicerta. (Arachnod.) MM. Péron et Lesueur, dans leur distribution systématique des Mépusaires (voyez ce mot), ont désigné, sous ce nom, un genre de méduses gastriques, monostomes, pédonculées, brachidées, tentaculées, et dont les bras très-nombreux, filiformes, chevelus, forment une espèce de houppe à l'extrémité du pédoncule. Parmi les cinq espèces que MM. Péron et Lesueur placent dans ce genre, deux seules ont été observées par eux; ce sont :

La M. rascicuzée; M. fasciculata. De la mer de Nice, dont l’ombrelle subsphéroïdale hyaline a 15— 20 millimètres de diamètre, un estomac quadrangulaire à sa base, avec quatre vaisseaux prolongés à chaque angle jusqu’au rebord, quatre ovaires feuilletés et brun-roux; les bras en forme de petite houppe violette et huit faisceaux de tentacules.

La M. PxEuRosrToME, M. pleurostoma , vient de la Terre de Witt, et est beaucoup plus grande (2,3, 4 centimètres ) : son ombrelle est semi-ovalaire, avec vingt-cinq à trente tentacules; son estomac est subconique et comme suspendu par huit ligamens ; le pédoncule, environné de huit ovaires réniformes, a des bras trés-longs, très-nombreux, très-chevelus, distribués autour de son ouverture. Couleur générale hyaline; les ovaires couleur de terre d'ombre.

Des trois autres, la M. nicirare, M. digitalis, Mull., Prodr. Zool. Dan., p. 253, vient des rivages du Groënland : sen ombrelle, qui a un centimètre de diamètre, est conique et garnie de tentacules crochus; l’estomac, libre et pendant, se prolonge en un pédoncule pistilliforme , garni d’une multitude de bras formant une sorte de pinceau ; la couleur est hyaline , les tentacules jaunes. La M. camranuLe, M. campanula, Mull., loc. cit., est des mêmes mers : son ombrelle, de deux ou trois pouces de diamètre, est en forme de petite cloche , avec un petit nombre de tentacules jaunes; l’estomac, dessiné à sa base par un carré, a chacun de ses angles prolongé.par une ligne revêtue de bras trés-longs et trés-fins ; couleur hyaline. Enfin, la M. PERLE, M. perla, Slabber, Phys.

Belust., p.58, tab. XIII, fig. 1, 2, de 10 à 12 milliméetres de diamètre, a son ombrelle subhémisphérique couverte de tubercules perliformes, et garnie dans sa circonférence de huit tentacules courts et terminés par un bouton; l'estomac est libre, pendant et terminé par un faisceau de bras chevelus; la couleur est perlée, le rebord d’un brun doré. Des mers de Hollande. (DE B.)

MÉLICERTE. (Crust.) Ce nom a été donné à différens crustacés : 1.° par M. Risso, à un genre voisin des palémons, qu'il appelle maintenant Lysmate ; 2.° par M. Rafinesque, à un genre voisin des Penées. Voyez l’article MaracosTRAGÉs, tome XXVIII, pag. 311, 326 et 356. (Desm.)

MELICHNUS. ( Bot.) Voyez VenTENATIA. (Poir.)

MÉLICITE, Melicytus. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, de la dioécie pentandrie de Linnæus, dont on ne connoît encore que les parties de la fructification, et dont le caractère essentiel est d’avoir : Des fleurs dioïques; un calice d’une seule pièce, à cinq dents; une corolle à cinq pétales ovales, évasés, plus longs que le calice. Dans les fleurs mâles, cinq étamines courtes, dont les filamens ( nommés nectaires par Forster), turbinés, cyathiformes, creux au sommet, portent à leur côté interne des anthéres ovales, élargies, plus longues que les filamens, marquées de quatre sillons. Dans les fleurs femelles, cinq écailles ovales, un peu plus courtes que le calice, situées entre les pétales, relevées etappliquées . contre les parois de l'ovaire ; celui-ci est supérieur, ovale-

arrondi, chargé d’un style court, terminé par un stigmate à quatre ou cinq lobes arrondis, ouverts en étoile.

Le fruit est une capsule en forme de baie, glabre, coriace, globuleuse, à une loge, contenant quelques semences dans une pulpe rare, peu succulente. Ces semences sont brunes, convexes d’un côté, anguleuses de l’autre.

Forster cite de ce geure deux espèces, mais sans description, savoir : 1° Melicytus umbellatus, Forst., Nov. gen., t. 62; Lamk., Ill. gen., tab. 812, fig. 2; Gærtn., De fruct., t. 44; 2° Melicytus ramiflorus , Forst., loc. cif.; Lamk., loc. cit., fig. 1. ( Por. ) :

MELICOCCA. (Bot.) Voyez Kwéprier. (Porr.)

MELICOCCUS. ( Bot.) Ce genre de plantes, établi par P. Browne et adopté par Jacquin, a été postérieurement nommé melicocca par Linnæus. C’est la casimiria de Scopoli. Nous en avons donné la monographie dans les Mémoires du Muséum d'histoire natureile, vol. 3, p. 179. (J.)

MÉLICOPE, Entagonum. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées, de l’octandrie monogynie de Linnæus; offrant pour carctére essentiel : Un alice à quatre divisions ; quatre pétales ; quatre glandes situées autour de l'ovaire; huit étamines; quatre ovaires; un style ; un fruit composé de quatre capsules uniloculaires, monospermes.

Méricore 1isse : Entagonum lævigatum, Gærtn., De fruct., tab. 68 ; Lamk., Il]. gen., tab. 294 ; Melicope ternata, Forst., Nov. gen., tab. 28. Nous ne connoissons de cette plante que les caracteres de sa fleur. Son calice est persistant, a quatre divisions ; la corolle plus longue que le calice, tétragone, urcéolée à sa base, évasée en son limbe , composée de quatre pétales ovales-oblongs, aigus; de plus, quatre grandes glandes à deux lobes, situées entre les étamines et le pistil; huit étamines attachées au réceptacle ; les filamens droits, subulés, plus courts que les pétales; les anthères droites, sagittées; quatre ovaires supérieurs, ovaies, d’entre lesquels s'élève un style filiforme, caduc, plus long que les étamines, terminé par un stigmate tétragone, évasé, concave à son centre. Le fruit consiste en quatre capsules coriaces, membraneuses, elliptiques, rétrécies en pointe à la base, un peu aplaties laté-

ralement, divergentes ;, uniloculaires, monospermes, s'ouvrant par le bord interne ; les semences glabres, elliptiques, lenticulaires. Cette plante croît à la Nouvelle-Zélande. (Porr.)

MÉLIER. (Bot.) Voyez Brarea. Les fruits de cette plante portent le nom de mueles ou cormes. ( Pots.)

MÉLIER ou MESLIER. (Bot.) Ancien nom françois du néflier , et sous lequel cet arbre est encore connu dans quelques cantons. (L. D.)

MELIEHÆMI, HOMÆSCH. (Bot.) Noms arabes du solanum bahamense, suivant Forskal. (J.) ù

MÉLILITE. (Min.) Ce minéral ne s'est encore présenté qu’en cristaux cubiques ou parallélipipédiques , trés-petits, mais trés-nets, qui paroissent passer à l’octaëédre ou en dériver. Ils sont d'un jaune de miel, souvent recouvert d’un enduit jaune pulvérulent, qui paroït être du fer oxidé. Ils sont assez durs pour rayer l’acier. Au chalumeau ils se fondent sans bouillonnement en un verre transparent verdâtre. Ils forment gelée dans l’acide nitrique.

C'est un minéral presque microscopique, découvert et décrit pour la première fois par M. Fleuriau de Bellevue. Ii l’a trouvé implanté sur les parois des fissures de la lave compacte ou téphrine noire de Capo di Bove prés de Rome. Ils y sont associés avec de la népheline et des cristaux capillaires encore inconnus.

Leur petitesse et leur mélange avec d’autres substances a rendu trés-diflicile à déterminer exactement leur nature par l'analyse. Cependant M. Carpi, savant chimiste de Rome, en donne la composition ainsi qu'il suit:

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On a aussi reconnu le mélilite dans les laves de Tivoli. (B.)

MÉLILITES. (Min.) Nom donné par les anciens lithologistes à une espèce d’argile compacte , d’un blanc jaunûtre, semblable par sa couleur au miel : ellé s'employoit en médecine et étoit regardée comme soporifique. (B.)

MEL 525 MELILOBUS. (Bot.) Michéli désignoit sous ce nom le gleditsia triacanthos. (J.)

MÉLILOT; Melilotus, Tournef., Juss. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, de la famille des papilionacées, Juss., et de la diadelphie décandrie du système sexuel, qui offre pour caractères : Un calice monophylle, persistant, à cinq dents; une corolle papilionacée, dont la carène est plus courte que les ailes qui sont ovales-oblongues, conniventes et à peu prés égales à l’étendard ; dix étamines, dont neuf ont leurs filamens réunis en un seul corps ; un ovaire supére, ovale, chargé d’un style subulé et filiforme, ascendant, terminé par un stigmate simple ; une capsule caduque, uniloculaire, s’ouvrant à peine, saillante hors du calice, et renfermant une à trois graines arrondies ou ovoides.

Les mélilots sont des plantes herbacées, à feuilles munies de stipules à leur base, et composées de trois folioles, dont les deux latérales sont insérées sur le pétiole comimun à quelque distance de la foliole terminale: leurs fleurs sont disposées en grappes plus ou moins alongées et placées dans les aïsselles des feuilles supérieures. On en connoît vingtquatre espèces, dont la plus grande partie croît naturellement en Europe. ;

Mézicor pe Messie : Melilofus messanensis, Lam., Dict. enc., 4, pag. 66; Trifolium melilotus messanensis, Linn., Mant., 275. Sa racine est annuelle; elle produit une tige haute de huit à douze pouces, glabre, comme toute la plante, divisée le plus souvent dès sa base en plusieurs rameaux redressés , garnis de feuilles longuement pétiolées, dont les stipules sont élargies à leur base, et les folioles cunéiformes, presque ironquées au sommet , légérement dentées en leurs bords. Les fleurs sont d’un jaune pâle, petites, peu nombreuses sur des grappes plus courtes que les pétioles. Les légumes sont plus gros que dans la plupart des autres espèces, ovales, comprimés, relevés de nervures nombreuses, régulières, et contenant chacun deux graines. Cette plante croit dans les moissons en Provence, en Italie, en Sicile.

Mérriior sicconné : Melilotus sulcata, Desf., FI. atlant., >, pag. 193 ; Trifolium melilotus indica, Linn., Spec., 1077. Sa racine, qui est annuelle, produit une ou plusieurs tiges

LU 526 MEL grêles, redressées, longues de six pouces à un pied, garnies de feuilles à stipules dentées à leur base, et à folioles ovales-oblongues, dentées en scie. Ses fleurs sont petites, nombreuses, d'un jaune pâle, disposées en grappes’ prés de moitié plus longues que les feuilles, et garnies dans presque toute leur longueur. Les légumes sont presque globuleux, monospermes, marqués de nervures nombreuses, régulières, Cette espèce croit dans les champs, aux environs de Toulon, en Italie, en Barbarie.

Mériror GRêce ; Melilotus gracilis, Decand., Flor. franç., 5, p. 565. Cette espèce ressemble assez à la précédente: mais ses feuilles sont généralement plus larges, moins alongées et peu dentées; les fleurs sont disposées en grappes plus lâches, et les légumes sont presque globuleux, dispermes, relevés seulement de quelques nervures en réseau et non en arcs rapprochés et presque concentriques. Elle croît en Provence.

MÉcicor PARVIFLORE : Melilotus parviflora, Desf., F1. atl., 2, 192; Trifolium melilotus indica, d', Linn., Spec., 1077. Sa racine est annuelle ; elle donne naissance à une tige rameuse, haute d’un pied ou environ, garnie de feuilles dont les stipules sont le plus souvent entiéres, et les folioles ovalesoblongues ou cunéiformes, dentées en scie. Les fleurs sont d’un jaune pâle, très-nombreuses, plus petites que dans les espèces précédentes et les suivantes, disposées en grappes grêles, au moins une fois aussi longues que les feuilles. Les légumes, également trés-petits, sont ovoïdes ou presque globuleux, monospermes, relevés de quelques rides et finement pubescens. Ce mélilot croît dans les prairies sèches et sur les collines en Provence et en Italie; il se trouve aussi en Afrique et dans l’Inde.

Méuziot p’Iraute : Melilotus italica, Lam., Dict. enc., 4, pag. 67; Trifolium melilotus ikalica, Linn., Spec., 1078. Sa racine est annuelle, comme celle des précédentes; elle produit une tige droite, rameuse, haute d’un pied ou un peu plus, garnie de feuilles dont les folioles sont ovoïdes-renversées, grandes, le plus souvent trés-entières. Ses fleurs sont d’un jaune clair, disposées au sommet des tiges ou dans les aisselles des feuilles supérieures en plusieurs grappes là-

MEL 529 ches, rapprochées en une sorte de panicule. Ses légumes sont ovoides ou presque globuleux, relevés de grosses rides. Cette plante croît en Italie et en Barbarie.

Méuior orricinar : Melilotus officinalis, Lam., Dict. enc., 4, pag. 62; Trifolium melilotus officinalis, Linn., Spec., 1078 ; Bull., Herb., tab. 255. Sa racine est pivotante, bisannuelle; elle donne naïssance à une ou plusieurs tiges hautes d’un à deux pieds, ordinairement un peu étalées à leur base, ensuite redressées, garnies de feuilles à trois folioles ovales, dentées en scie. Ses fleurs sont petites, d’un jaune pâle, nombreuses, pendantes, et disposées en longues grappes dans les aisselles des feuilles supérieures ; il leur succède des lé- gumes ovoides, ridés, glabres, ne contenant le plus souvent qu’une seule graine. Cette plante est commune dans les champs cultivés, en France et en Europe.

Le mélilot n’a qu’une trés-légére odeur à l’état frais; mais il acquiert par la dessiccation une odeur plus forte et assez agréable , qui le rend trés-propre à aromatiser le foin auquel il se trouve mêlé et à le rendre plus agréable au goût des bestiaux , qui, en général , aiment cette plante, principalement les moutons et les chevaux , et surtout avant sa floraison. Toute espèce de terrain convient au mélilot, pourvu qu'il ne soit pas aquatique ; mais, en général, il ne fait point l’objet d’une culture particuliere : il se trouve seulement épars dans les prairies, où le plus souvent il n’a été semé que naturellement.

On fait usage en médecine des sommités fleuries du mélilot, qui acquierent par la dessiccation une odeur plus agréable que les autres parties de la plante. On les emploie comme émollientes, adoucissantes, résolutives, et principalement à l'extérieur, en lotions, fomentations et cataplasmes. Leur infusion aqueuse est trés-usitée dans les ophthalmies inflammatoires. On prescrit aussi leur décoction dans les lavemens émolliens. Le mélilot a donné son nom, dans les pharmacies, à un emplâtre. qui n’est plus guëre employé aujourd’hui.

Mériror ÉLevé : Melilotus alfissima , Thuil., Fior. Par., 372 ; Melilotus vulgaris altissima, frutescens, flore luteo, Tournef., Inst., 4o7. Cette espèce différe de la précédente par ses tiges beaucoup plus élevées, ayant trois à six pieds,de hau-

teur ; par les folioles de ses feuilles, qui sont plus alongées, plus étroites; et par ses légumes, qui deviennent noirs en mûrissant, et qui sont rétrécis à leur base et à leur sommet, à peine ridés et légérement pubescens. Elle paroît en différer aussi par sa durée ; Thuilier la dit vivace. Cette plante croît dans les bois et les prés humides et marécageux. Nous croyons que sa culture pourroit, dans les localités convenables, présenter les mêmes avantages que celle de l'espèce suivante.

Mériror BLanc, vulgairement Mécrcor pe Sreérie : Mehlotus alba, Lam., Dict. encycl., 4, pag. 63; Melilotus leucantha, Decand., FI. franc., 5, pag. 564 ; Melilotus vulgaris altissima , frutescens, flore albo, Tournef., Inst. , 407. Sa racine » qui est bisannuelle, produit une ou plusieurs tiges hautes de trois à six pieds, et même de huit à neuf dans un terrain favorable. Ses feuilles, munies à leur base de stipules subulées, très-entières, sont composées de trois folioles ovalesoblongues, bordées, dans leurs deux tiers supérieurs, de dents en scie. Ses fleurs sont blanches, plus petites que dans les deux espèces précédentes, presque inodores , disposées en grappes grêles; leur calice est en cloche; les aiïles sont plus courtes que l’étendard et à peine plus longues que la carène. Les légumes sont globuleux ou ovoïdes, non rétrécis à leur base, ridés, non pubescens, monospermes. Cette espèce croît naturellement dans les champs cultivés et les lieux sablonneux, aux environs de Montpellier, de Paris, en Provence et dans plusieurs autres parties de l'Europe : elle croît aussi en Sibérie. |

M. Thouin, dans les Mémoires de la Société royale d’agriculture, année 1788, présente ce mélilot comme un fourrage intéressant, dont il seroit à désirer qu’on introduisit la culture en France. Cette plante, tant verte que séche, est propre, selon ce savant agronome, à la nourriture des bestiaux; on peut en former des prairies artificielles dans les terres qu’on laisseroit en jachère. Sa culture est à peu pres la même que celle de la luzerne : on doit le semer ‘avec de l'orge ou de l’avoine, même avec du seigle ou du froment, afin de s’épargner par là les frais de culture, et de ne pas perdre une année de la rente de la terre , parce que le mé- Hlot ne rapporte rien la première année du semis, On peut

ensuite en faire trois et même quatre récoltes par an; c'est même une nécessité de le faire, parce qu’en. laissant cette plante s'élever trop haut, ses tiges deviennent ligneuses avec l’âge, et cessent alors d’être mangeables. Par ces coupes fréquemment renouvelées on change sa durée, et, de bisannuelle qu’elle est naturellement, on parvient a la conserver et à la, faire produire pendant trois à six ans. Lorsqu'on la laisse monter en graine, elle en fournit une grande quantité, dont on peut donner le superflu aux volailles et aux cochons. Les tiges qui ont porté graine, peuvent encore servir pour chauffer le four. Les terrains légers et humides sont ceux dans lesquels elle réussit le mieux; cependant elle peut venir dans tous ceux qui ne sont pas décidément marécageux, et dans ceuxci, comme nous l’avons dit plus haut, le mélilot élevé pourroit probablement la remplacer et donner les mêmes produits.

Le mélilot blanc, cultivé seul, est, selon M. Thouiïin, plus productif que les différentes espèces de trèfle ; mais il devient encore d’un rapport bien plus considérable, lorsqu'on le cultive avec la vesce de Sibérie, ces deux plantes ayant toutes les qualités qui peuvent en faire désirer la réunion. En effet, leur durée est la même; elles poussent en même temps, fleurissent et grènent dans la même saison : les racines, pivotantes dans la premiére et traçantes dans la seconde, ne se nuisent l’une à l’autre en aucune façon. Enfin, le mélilot blanc fournit aux animaux une nourriture substantielle, solide, échauffante , qui trouve un correctif suffisant dans le fourrage délié, tendre et aqueux, produit par la vesce de Sibérie.

Méuicor DenTÉ : Melilotus dentata; Trifolium dentatum , Waldst. et Kitaibl., PL. rar. Hung., 1, pag. 41, t. 42; Willd., Spec., 5 , pag 12355. Cette espèce a beaucoup de rapports avec les deux espèces précédentes : mais elle en diffère par ses feuilles plus alongées, bordées tout autour de dents plus fines, plus nombreuses et plus aiguës; par ses stipules incisées à leur base en deux grandes dents, et par ses légumes ovales et constamment dispermes. Ses fleurs sont jaunes, comme dans le’ mélilot élevé, dont elle paroît avoir la hauteur. Cette plante croît dans les prés humides en Hongrie, et en Allemagne aux environs de Mayence. Il est probable qu’elle offriroit pour | 29. 34

la culture les mêmes avantages que l'espèce précédente “elke ÉSÉrvivace. "7"

Mérrror BLEU : Melilotus cærulea, Lam., Dict. encycl., 4, pag. 62; Trifolium melilotus cærulea, Linn., Spec., 1077. Sa racine est pivotante , annuelle ; elle produit une tige droite, haute d’un pied et demi à trois pieds, rameuse, garnie de feuilles munies à leur base de larges stipules dentées, et composées de trois folioles ovales, finement dentées en scie. Ses fleurs sont d’un bleu pâle, disposées en grappes resserrées en épis ovales, portés sur de longs pédoncules axillaires. Les calices sont pubescens, presque aussi grands que les lévcumes, longuement acuminés par le style. Ce mélilot croît naturellement en Bohème et en Libye ; on le cultive dans plusieurs jardins.

Toutes les parties de cette plante, mais particuliérement ses sommités chargées de fleurs ou de fruits, exhalent une odeur fort agréable, comme balsamique, qui a valu à cette espèce les noms vulgaires de baumier, faux-baume du Pérou, lotier odorant , trèfle musqué. Cette odeur se développe davantage et devient plus intense par la dessiccation, et elle est susceptible de se conserver tres-longtemps. On a d’ailleurs remarqué que cette odeur se répandoit en plus grande abondance dans les temps pluvieux et disposés à l'orage. Les abeiïlles paroïissent rechercher encore plus les fleurs de ce mélilot que celles des autres espèces, qu’elles aiment cependant beaucoup, et sous ce rapport il ne peut qu'être avantageux d'en semer aux environs de leurs ruches. Quelques personnes sont dans l’usage d’en mettre les sommités fleuries dans les armoires parmi le linge et les habits, soit pour leur communiquer une bonne odeur, soit pour les préserver des vers. Dans quelques cantons de la Suisse on en mêle les fleurs dans certains fromages, pour leur donner une saveur et une odeur plus agréables. Ces fleurs passent en médecine pour avoir les mêmes propriétés que celles du mélilot officinal, ét on les emploie quelquefois de la même manière. On les a aussi recommandées comme sudorifiques, emménagogues et diurétiques ; on les a même vantées comme alexipharmaques, vulnéraires, et comme pouvant être utiles dans la phthisie pulmonaire ; mais, en définitive, les médecins n’en

MEL 531 font en général que peu ou point d’usage aujourd’hui. En Silésie on prend assez communément leur infusion aqueuse en guise de thé. (L. D.)

* MÉLILOT ANGLOIS ou MÉLILOT CORNICULEÉ. (Bof.) C’est une espèce de trigonelle, frigonella corniculata, L. (L. D.)

MÉLILOT D'ALLEMAGNE. (Bot.) Un des noms vulgaires du lotier corniculé. (L. D.)

MÉLILOT [PETIT| DES CHAMPS. (Bot.) Deux plantes portent vulgairement ce nom, la luzerne lupuline, medicago lupujina, Linn., ét le trèfle des champs, frifolium LAS Linn.'(L.D.)!

MÉLILOT D'ÉGYPTE. ( Bot.) C'est une autre espèce de trigonelle, Trigonella hamosa, Linn. (L. D.)

MÉLILOT FAUX. (Bot.) Nom vulgaire du lotier corniculé. (Ep)

MÉLILOT DE MONTAGNE ou DES SABLES. ( Bot.) C’est une éspèce de bugrane, ononis pinguis, Linn. (L. D.)

* MÉLILOT VRAI. (Bot.) C’est le mélilot bleu. (L. D.)

MÉLILOTOÏDES. (Bot.) Nom donné par Heister au mé- - lilot de Crête, différent des autres espèces par sa gousse beaucoup plus grande, comprimée, orbiculaire et membraneuse. Medicus et Mœnch en ont fait aussi un genre sous le nom de melissitus. (J.)

MELILOTUM. (Bot.) Fes de melilotus chez les anciens botanistes. (LEm.)

MELILOTUS. {Bot.) Voyez Mériror. Law.)

MELIMELA. (Bot.) Nom de la pomme d’api, chez les Latins. (Lem.)

MÉLINE, Melinis. ( Bot.) Genre de plantes monocotylédones, à fleurs glumacées, de la famille des graminées, de la triandrie digynie de Linnæus; offrant pour caractère essentiel : Des fleurs polygames; un calice bivalve, à deux fleurs; la valve calicinale inférieure entière, fort petite ; la supérieure trois et quatre fois plus grande, échancrée en cœur à son sommet, mucronée ; une fleur inférieure, à une seule valve herbacée , à deux découpures aiguës au sommet, du milieu duquel s'élève une arête très-longue, sétacée ; une fleur hermäphrodite, à deux valves dures, coriaces ; l’inférieure mutique, presque à deux dents ; trois étamines ;

552 MEL un ovaire médiocrement échancré ; le style bifide; les stig=

mates en pinceau. | MÉLINE A PETITES FLEURS : Melinis minufiflora, Pal. Beauv.,

Agrostogr., pag- 54, tab. 11, fig. 4. M. de Beauvois, auteur de ce genre, n’ena near qu’une seule espèce, observée dans Et de M. de Jussieu. C’est une plante fort élégante, qui.a le port des canches (aira, Linn.), dont les fleurs sont trés-petites, disposées en une panicule terminale, presque pyramidale, dont les ramifications sont presque simples, capillaires, comme verticillées, garnies d’épillets fort petits, pédicellés, qui paroissent polygames. Cette plante croît à Rio-Janeiro. ( Pour.)

. MÉLINE et MELINUM. (Min.) Il paroît que les anciens et les auteurs qui les ont commentés, ont appliqué ces noms à deux substances assez différentes.

L'une, le melinum de Pline , étoit sans aucun doute une terre argileuse blanche, dont les peintres se servoient pour peindre en blanc. Elle étoit légère, douce au toucher, friable ; elle happoit à la langue, se délayoit facilement dars l’eau, et se trouvoit dans l’île de Melos, d'ou elle avoit pris son nom.

L'autre, mentionnée par Celse, Vitruve, Servius, Dioscoride , étoit de couleur jaune, ou même fauve. et pourroit bien avoir été une sorte d’ocre jaune. (B.)

MÉLINET ; Cerinthe, Linn. ( Bot.) Genre de plantes dicotylédones, de la famille des borraginées, Juss., et de la pentandrie monogynie, Linn., qui a pour caractères: Un calice monophylle, persistant, partagé jusqu’à sa base en cinq divisions ; une corolle monopétale, tubuleuse, ayant l'entrée du tube nue, s’élargissant graduellement dans sa partie supérieure qui se termine en cinq dents; cinq étamines à filamens larges et courts , attachés à la corolle et portant des anthères hastées; deux ovaires supérieurs, entre lesquels s'élève un style filiforme, terminé par un stigmate simple ou légérement échancré ; deux coques dures, luisantes, ovales, à deux loges monospeTmMEs : il n’y a le plus souvent qu’une seule coque qui mürisse, l’autre avorte.

Les mélinets Su des plantes herbacées, à feuilles, simples et alternes, dont les fleurs sont disposées en grappes terminales, garnies de feuilles. On en compte six espèces.

MEL 55 Les suivantes croisserit dans le Midi de la France ow de l’Europe.

Méuner ruDE: Cerinthe aspera, WWilld., Spec., 1, pag. 772 ; Cerinthe major, R, Linn.; Spec., 106; Certnthe quorumdam major versicolore flore, Clus., Hist. CLXVII Sa racine est annuelle ; elle produit uñe tige droite, glabre, haute d’un pied ou un peu plus, rameuse dans sa partie supérieure, ‘garnie de feuilles oblongues, en cœur à leur base, amplexicaules, bordées de cils, chargées en-dessus de petits tuber- <ules nombreux, qui les rendent rudes au toucher et qui se prolongent quelquefois en poils. Ses fleurs sont axillaires, pédonculées, disposées, au sommet des rameaux, en grappe simple ; leur calice est foliacé, moitié plus court que la corolle, qui est jaune, marquée de pourpre ou dé violet dans sa partie moyenne ,-et términée par cinq dents courtes. Cette espéce croît dans les champs du Midi de la France, en Italie, en Espagne, dans le Levant.

- Méuinet évasrE : Cérinthe glabra, Müll., Dict., n° 2, Icon., tab. 91; Cerinthe major, #, Linn., Spec. 196. Cette espéce differe de la précédente par ses feuilles glabres, dont les tubercules ne sont visibles qu’a la loupe et ne les reñdént point rudes au toucher, et parce qu'elles ne sont pas bôrdées de cils ; par ses fleurs moitié plus petites, dont le calice est presque aussi grand que la corolle, et énfin parce que sa racine paroît être vivace. Elle croit en PAT OUE et en Sibérie, dans les montagnes sous-alpines.

MÉLiNET À PETITES FLEURS: Cerinthe minor, Linn., Spee,, 1, pag. 137; Jacq., Flor. Austr., tab. 124. Cette espèce est glabre , comme la précédente, avec laquelle elle a les plus grands rapports; mais elle en diffère par ses fleurs entiérement jaunes et dont les corolles sont à cinq dents profondes, dans l’interstice desquelles on aperçoit les anthères, qui, dans les äutres espèces, sont tout-à-fait cachées dans la coroile. Cette plante croît dans les prés secs ét montueux, et sur les bords des champs, en Dauphiné, en Provence, en Italie, en Allemagne : sa racine est bisannuelle ou même vivace.

MÉLiNèr TAcH£TÉ : Cerinthe maculata, Linn. , Spec., 1, p. 137; Allion., Flor. Ped., n.° 178. Ce mélinet différe, selon Allioni, de celui à petites fleurs, par ses feuilles plus grandes, ovales,

échancrées, d’un vert plus glauque et constamment tachetées ; par ses fleurs jaunes, dont les dents sont purpurines. Il croît dans les pâturages des montagnes du Piémont et du mont Caucase. Sa racine est vivace. ( L. D.) |

MELINIS. (Bot.) Ce genre, fait par Beauvois sur une plante graminée du Brésil, paroît devoir être réuni à la division du panicum à fleurs paniculées , dont il ne diffère que par la paillette de la fleur neutre, fendue à son sommet et laiïssant échapper de cette fente une soie trés-longue. (J.)

MELINOS et MELINE. ( Bot.) Nom du millet en épi (panicum.italicum, Linn.) chez les anciens Grecs. (Lem.)

MELINUM. ( Bot.) Césalpin désigne par ce nom la sauge glutineuse ; et il appelle melinum alter la germandrée des bois, Leucrium-scorodonia. (LEm.)

MELION, MELIUM. (Bot.) Calepin, dans son Dictionnaire, Cite sous ce nom une herbe aquatique, ou croissant dans des lieux humides, réputée aphrodisiaque, qui est la même que le salyrium erythronium de Dioscoride. C. Bauhin cite ce dernier nom comme synonyme de son hyacinthus stellaris trifolius; et il joint comme autre synonyme le hyacinthus cœæruleusimas minor de Fuchsius, qui est le scilla bifolia de Linnæwus, bien figuré par Daléchamps sous le nom donné par Fuchsius, mais avec trois feuilles au lieu de deux : d’où il sembleroit résulter que ce scilla seroit. le melion des anciens, le salyrium erythronium de Dioscoride, quoiqu'il ne croisse pas dans l’eau. (J.)

MELIPHYLLON. (Bot.) Un des noms grecs anciens de la mélisse. ( Lew.)

ÉSrronee Melipona. nt ) Illiger et M. Latéealle se sont servis de cette dénomination pour un genre d'insectes hyménoptères, correspondant à celui des trigones de Jurine, et qui comprend en particulier l’abeille amalthée et, quelques autres abeilles à miel de l'Amérique méridionale, dont, la forme, des tarses est différente de celle de nos-abeïlles ouvrières.(C..D.) ts

MÉLIQUE; Melica, PE (Bot.) Genre de plantes monocotylédones, de la famille des graminées , Juss., et de la friandrie digynie du système sexuel, dont les principaux caractères -sont d’avoir : Un calice anis à deux valves membra-

neuses, presque égales, contenant deux à quatre fleurs, ayant chacune une balle à deux valves ventrues et mutiques; trois étamines à anthéres fourchues, et un ovaire supére, ‘surmonté de deux styles à stigmates velus; une graine ovale, sillonnée d’un côté et renfermée dans la balle persistante. Le nombre des fleurs n’est pas constant dans ce genre ; plusieurs espèces n’ont qu’une fleur parfaitement développée, avec le rudiment d’une ou deux autres fleurs avortées.

Les méliques sont des plantes herbacées, presque toutes vivaces, à fleurs disposées en panicule. On en connoît une trentaine d’espèces, dont un tiers croît naturellement en Europe. Nous ne parlerons ici que des suivantes.

À HAE Loutes glabres.

Méuique 81euE : Melica cærulea, Linn., Mané., 524 ; Aira cærulea, Linn., Spec., 95; Flor. Dan., t. 259. Sa tige est un chaume droit, haut de deux à quatre pieds, un peu renflé a sa base, et n’ayant le plus souvent qu’un seul nœud, placé un peu au-dessus de celle-ci. Ses feuilles sont linéaires, alongées. Ses fleurs sont d’un vert pourpre ou violet, disposées en panicule plus ou moins resserrée. La glume, à deux valves inégales, contient trois ou quatre fleurs, ou seulement deux avec le rudiment d’une troisième. Cette plante croît en France et en Europe dans les prés et les pâturages humides et dans les forêts. Les bestiaux la mangent tandis que ses pousses sont encore jeunes, mais ils n’en veulent plus lorsqu’elle monte en fleur. Dans les landes de Bordeaux, de la Pologne, de la Westphalie, etc., où elle est très-multipliée, on en tire parti pour divers usages économiques: on en fait des paniers; on en tresse des nattes, des cordes ; on s’en sert a couvrir les maisons au lieu de chaume; on l’emploie pour litière. On l’a recommandée comme propre à fixer les sables, mais elle ne peut servir sous ce rapport que dans les terrains humides; car, d’après l’observation de M. Bosc, elle ne peut subsister qu’un ou deux ans dans les lieux qui ne sont pas couverts d'eau une partie de l’année. Mérique PENcHÉE : Melica nutans, Linn., Spec., 98 ; FL. Dan., t. 962. Son chaume est grêle, redressé, haut de douze à dixhuit pouces, garni de quelques feuilles linéaires, aiguës,

556 MEL planes. Ses titurs sont écartées les unes des autres, penchéés, disposées en une grappe simple, ou trés-peu rameuse, ordinairement tournée d’un même côté. Ses valves calicinales sont rougeàtres, obtuses, membraneuses en leurs bords, presque égales entte ellés, un peu plus courtes que les balies, contenant deux fleurs et le rudiment d’une troisième. Cette espèce croît dans les montagnes de l'Alsace, des Vosges, du Dauphiné, de la Provencé, etc. Elle est du goût de tous les bestiaux ; les bœufs et les chevaux surtout en sont trésfriands, et il est des pays où elle est, pendant les chaleurs de l'été, la base de la nourriture des bêtes à cornes, qu’on met alors dans les bois, où elle offre l’avantage de croître à l’ombre des grands arbres, là où peu d’autres graminées peuvent venir. Comme elle forme d’ailleurs un trés-maigre fourrage, parcé que ses racines portent rarement plus de deux à trois tiges peu garnies de feuilles, on ne le cultive point exprès. Mésique uniriorEe: Melica uniflora, Willd., Spet} F4 ;'F608

Melica Lobélii, Wäll., Dauph., >, p. 89, t. 3. Cette bé a presque le même port que la précédente ; maïs elle en est bien distincte par ses fleurs plus petites, disposées en une grappe ordinairement plus rameuse, et surtout par ses calices un peu aigus, peu où point du tout membraneux en leurs bords, ne contenänt qu’une sèule fleur hermaphrodite et une autre imparfaite. Cette plante est commune dans les bois et les lieux ombragés. Les bestiaux en sont aussi friands que de la précédente, et ellé offre les mêmes avantages pour leur nourriture pendant les chaleurs de l'été.

ei Ë

** Valve externe des balles garnie de chaque côté de deux rangées de cils. |

Mérique ue : Melica ciliata, Linn., Spec., 97; Host., Gram. , 2, pag. 10, t. 12. Ses chaumes sont droits, hauts de quinze à vingt pouces, garnis de feuilles étroites, d’un vert päle, et souvent roulées en leurs bords. Ses fleurs sont d’un vert blanchâtre, disposées en panicule à rameaux ordinairement peu nombreux, quelquefois simples, d’autres fois composés , redréssés et serrés contre l'axe, de manière à avoir l'apparence d’un épi; les valves de leur glumeé sont aiguës, Yintérieure lancéolée, sensiblement plus étroite et plus

MEL | 537 longue ; elles contiennent une fleur hermaphrodite et Îles rudimens d’une ou de deux fleurs avortées. Cette plante croit sur les collines et dans les lieux stériles, pierreux et découverts, en France, dans une grande partie de l'Europe et au mont Caucase.

Mérique pe Bawmin ; Melica Bauhini, Al, Auct. F1. Ped., 43. Cette espèce se distingue de. la précédente par sa panicule moins garnie, dont les rameaux inférieurs sont ordinairement étalés; parce que les cils de la valve externe de sa balle sont plus rares et plus courts; et enfin parce que les valves de sa glume sont presque d’une largeur égale, et trèssouvent plus ou moins colorées de rouge. Elle croît sur les collines, dans les lieux pierreux et stériles de la Provence, du Languedoc; dans le Midi de “See et le Nord de lAfrique. (L. D.)

MELIS. (Mamm.) Nom du blaireau dans Pline. (EF. C.)

MELISSA. ( Bot.) Indépendamment des mélisses vraies et des calaments, réunis par Linnæus sous ce nom générique, on voit encore que le même nom a été donné à d’autres plantes labiées, à la molucelle{molucella), au satureia montana, à deux hyptis, à un dracocephalum , au mélissot (melitis), au prasium majus, au cunila pulegioides et à l'agripaume. (T.)

MÉLISSE; Melissa, Linn. ( Bot.) Génre de plantes dicotylédones, de la famille des labiées, Juss., et de la didynamie gymnospermie , Linn.; dont les principaux caractères sont d’avoir : Un calice monophylle , presque campanulé, à cinq dents, dont trois supérieures et deux inférieures; une Corolle 006 | à tube cylindrique, évasé au sommet et partagé en deux lèvres; la Supérieure courte, échancrée et presque en voûte ; l’inférieure à trois lobes, doit le moyen plus grand et échancré; quatre étamines didynames, à anthéres oblongues didymes; un ovaire supère, à quatre lobes, du milieu desquels s'élève un style filiforme , à peu près de là longüeutf des étamines, terminé par un stigmate bifide : quatre graines nues au fond du calice persistant,

Les mélisses sont des plantes le plus souvent herbacées, quelquefois des arbustes, à feuilles simples, opposées, et à fleurs axillairés, portées sur des pédoncules ordinairement rameux €t disposés presque en grappe au sommet des tiges

ou des rameaux. On en connoit dix-sept à dix-huit espèces, pour la plupart indigènes de l'Europe. Les suivantes se trouvent en France.

MéLissE oFriciNALE : Melissa officinalis, Linn., Spec., 827; Blackw., Herb. , t. 27. Sa racine est vivace, horizontale ; elle produit une tige droite, tétragone, rameuse, presque glabre, haute d’un pied et demi ou un peu plus, garnie de feuilles ovales, pétiolées, légèrement échancrées en cœur à leur base, et crénelées en leurs bords. Ses fleurs sont d’un blanc jaunâtre , portées, plusieurs ensemble, dans les aisselles des feuilles, sur des pédoncules rameux. Cette plante croît naturellement le long des haies et dans les bois, dans le Midi de la France et de l’Europe ; elle fleurit en juin et juillet. Nous en avons recu de Corse une variété remarquable, en ce qu’elle s'élève moitié plus; en ce que ses tiges et ses feuilles sont velues, et en ce que ses fleurs sont plus grandes, avec la lévre supérieure de la corolle violette.

L'odeur agréable et assez analogue à celle du citron de toutes les parties de cette plante, la font cultiver dans beaucoup de jardins, et lui ont fait donner les noms de citro-. nelle, mélisse citronée, citronade, herbe de citron. On la connoît aussi sous ceux de poncirade et de piment des ruches ou des mouches à miel.

La mélisse est aromatique et un peu amére. Ses propriétés sont d’être légerement excitante et fortifiante; c’est principalement sur le systéme nerveux qu’elle porte son action. Elle convient dans les affections spasmodiques, surtout dans celles qui ont pour, cause un état de débilité et de langueur de l’estomac et des voies digestives. Les palpitations, les vertiges, les syncopes qui ont la même cause, sont encore des cas où son usage peut être avantageux; mais on ne doit en attendre qu’un effet bien secondaire dans lapoplexie, la paralysie et l'asphyxie, pour lesquelles on l’a aussi recommandée.

Les parties de la plante dont on fait usage, sont Les feuilles recueillies avant la floraison, parce qu’elles ont alors une odeur plus agréable et plus pénétrante. Elles se préparent par infusion théiforme, à la dose d’une à quatre pincées pour une pinte d’eau bouillante. Elles servent dans les pharmacies

à faire une eau de mélisse simple et une eau de mélisse spiritueuse. Cette dernière, qui est beaucoup plus énergique, se donne depuis un gros jusqu’à une demi-once, pure ou mélée à un peu d’eau sucrée, dans les défaillances, les syncopes, les affections spasmodiques, l’asphyxie. L’extrait, la conserve et le sirop de mélisse sont d'anciennes préparations pharmaceutiques très-peu employées aujourd’hui.

Mécisse GraNDiFLoRE : Melissa grandiflora, Linn., Spec., 527 ; Thymus grandiflorus, Scop., Carn., éd. 2, n.° 732. Ses tiges sont légèrement pubescentes, tétragones, hautes d’un à deux pieds, garnies de feuilles ovales, aiguës, dentées en scie, presque glabres. Ses fleurs sont grandes, purpurines, portées trois à quatre ensemble sur des pédoncules assez longs, et disposées en grappe terminale. Leur calice est presque glabre, à dents ciliées. Cette espèce croît dans les bois et les buissons des lieux montagneux du Midi de la France et de l'Europe. |

Méuisse : cALAMENT, vulgairement CALAMENT DE MONTAGNE: Melissa calamintha, Linn., Spec., 825; Bull., Herb., t. 251. Sestiges sont redressées, pubescentes, ainsi que toute la plante, a peine tétragones, hautes de dix à vingt pouces, garnies de feuilles ovales, presque en cœur à leur base, bordées de dents égales, presque obtuses. Ses fleurs sont purpurines ou blanchâtres, etsouvent tachetées de violet, deux fois plus petites que dans l'espèce précédente, portées, au nombre de dix à douze, sur des pédoncules plusieurs fois divisés, et disposées. en grappe alongée et un peu paniculée ; leur calice est velu. Cette plante est commune dans les bois, sur les collines et aux bords des champs.

La mélisse grandiflore et le calament de montagne ont des propriétés analogues à celles de la mélisse officinale ; mais on les emploie fort peu, et on leur préfère généralement cette derniére, qu’on regarde comme plus eflicace et comme ayant une iddué plus réntul

Mérrsse NépérA : Melissa nepeta, Linn., Spec., 828 ; ; Thymus nepela, Smith, Flora Brit., 2, pag. 642. Cette espèce, qu’on nomme vulgairement petit calament, ressemble beaucoup à la précédente ; mais ses tiges sont un peu plus basses, plus roides, et ses feuilles sont plus courtes, presque arrondies,

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bordées seulement de chaque côté de deux à trois dents inégales. Les fleurs sont de même disposées en grappe, et leur corolle est blanche, tachetée de pourpre, avec des anthères violettes. Toute la Dlétité a une forte odeur; ses tiges et ses feuilles sont plus ou moins velues, quelquefois couvertes de poils si rapprochés qu’elles sont comme cotonneuses et blanchâtres. Elle croît sur les collines et sur les bords des champs dans les lieux secs et pierreux.

Méuisse de Crère : Melissa cretica , Linn., Spec., 828; Thymus crelicus, Decand., F1. fr., 3, pag. 564; Calaminthé secunda incana, Lob., ru SA Ses tiges sont droites, eflilées, rameuses, hautes de huit à douze pouces, couvertes, ainsi que toute la plante, d’un duvet court, serré et blanchâtre. Ses feuilles sont petites, ovales, presque entières. Ses fleurs sont blanchâtres ou légèrement purpurescentes, disposées, au nombre de huit à douze, sur des pédoncules rameux, formant par leur rapprochement une longue grappé terminale ; les dents de leur calice sont courtes, presque égales. Cette espèce croit naturellement dans le Midi de! 12 France, en Espagne , en Italie, etc. k

Mécisse nes Pyrénées : Melissa pyrenaica, Jacq., Hort. Vind., 2, t. 183; Willd., Spec., 3, p. 148; Horminum pyrenaicum, Linn., Spec., 831. La plupart des botanistes modernes ont réuni aux mélisses cette plante, dont Linnæus avoit fait un genre particulier. Elle diffère en effet beaucoup par le port de toutes les espèces dont nous avons parlé jusqu’à présent : ses feuilles, presque toutes radicales et étalées en rosette . sont ovales, crénelées, portées sur des pétioles velus; sa tige est simple, haute de six à huit pouces, garnié, dans sa partie inférieure, de deux paires de petites feuilles sessiles, et chargée dans le reste de sa longueur de fleurs d’un pourpre bleuâtre, disposées, sur des pédoncules simples; sixà huit par verticilles assez rapprochés ; leur calice est à cinq dents trés-aiguës et presque égales. Cette plante croît dans les Pyrénées et dans les Alpes du Tyrol et de la Carniole. (L. D.)

MÉLISSE BATARDE ou MÉLISSE DES BOIS. (Bot.) Noms vulgaires du melitis melissophyllum. (L. D.)

MÉLISSE DES CANARIES. (Bot. ) C’est le dracocéphale des Canaries, (L. D.)

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