‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 6 sur 55 · Il existe un caméléon vert et un caméléon rouge, qui · texte numérisé non relu

Il existe un caméléon vert et un caméléon rouge, qui

par leur mélange, produisent toutes les nuances successives que présente le caméléon dissous dans l’eau. Aïnsi un peu de caméléon rouge, ajouté au caméléon vert, produit le caméléon bleu, un peu plus de caméléon rouge produit le caméléon violet; enfin un peu plus encore un caméléon pourpre. Toutes cesnuances se succèdent dans l’ordre des couleurs des anneaux colorés.

Non seulement l'eau froide produit ces changemens de couleur dans le caméléon vert, mais encore l’eau chaude, l'acide carbonique, le carbonate de potasse et le sous-carbonate d'ammoniaque.

4° En mettant dans la solution du caméléon rouge, saturée de gaz acide carbonique , de la potasse sèche, on la fait passer . au vert; on obtient le même résultat avec l’eau de gli dé ; qui précipite de l'acide carbonique.

5° Le caméléon rouge est décomposé par la baryte en excès, qui forme, avec le manganèse oxigéné, un caméléon insoluble de couleur rose-lilas. j

6° En filtrant les dissolutions mixtes de caméléon vert et

de caméléon rouge dans du papier, le caméléon rouge se décompose d’abord par l'influence du papier, et il passe au caméléon vert. |

Telssontles faits que je découvris:je ne fisque desrecherches insuffisantes pour reconnoître la cause des différences des deux caméléons; j’étois porté à les regarder comme des composés d’un même oxide de manganèse et de potasse , et j'étois disposé à admettre que cet oxide étoit l’oxide rouge de manganèse. |

Une explication précise de la différence des deux caméléons n’a point encore été donnée; mais, quant à l'opinion que j'étois disposé à adopter , que l’oxide de manganése du caméléon est le deutoxide, elle est fausse, ainsi que cela résulte d’un travail fort intéressant, qui a été publié après le mien par MM. Chevillot et Edwards. Ces chimistes ont découvert les faits suivans : | : 1. Le caméléon vert et le caméléon rouge ne peuvent être produits qu’autant que le mélange de péroxide de manganèse et de potasse est dans des circonstances où il peutabsorber du gazoxigène. L’absorption est au maximum, lorsque le mélange

est faita parties égales; 3 grammes de ce mélange absorbent13a 14 centilitres d'oxigène; 1,5 de pose pure HE sonle n’absorbe que 2 centilitrés d’oxigéne.

2° Le mélange précédent, saturé d’oxigène, misavecl’eau, la colore en rouge. Si on fait évaporer rapidement la solution jusqu’à ce qu’il se produise de petites aiguilles, et qu’on expose ensuite la liqueur à une chaleur inférieure à celle de l’eau bouillante, on obtient des cristaux pourpres de deux à huit lignes de longueur. C’est le caméléon rouge-concret; ila les propriétés suivantes.

Lescristaux de caméléon rouge ontungoûtd’abord sucré, puis amer et astringent. Ils n’ont pas d’action sur le papier de curcuma : ils sont inaltérables à l’air.

Ils colorent l’eau en pourpre, ou en rouge-ponceau, suivant la proportion du liquide.

Ils colorent l'acide sulfurique concentré en vert-olive ; cette solution, étendue successivement de petites quantités d’eau, devient jaune, orangée, rouge, puis écarlate.

L’acide nitrique concentré les décompose ; il y a dégagement d’oxigène et précipitation d’un oxide brun.

Le phosphore , l’arsenic et le lycopode forment avec la poudre des cristaux de caméléon rouge, des mélanges qui s’enflamment quand on les chauffe. Le mélange de phosphore détonne par la percussion.

Ces cristaux , chauffés au rouge dans le gaz azote, perdent de loxigène, et se transforment en Li de manganése et en caméléons vert et rouge.

3. Toutes les fois que l’on chauffe moins de péroxide de manganèse que le poids de la potasse qu’on y a mêlée , l’absorption d’oxigène est plus foible , et le caméléon produit ne colore plus l’eau en rouge; il la colore en vert, si la proportion de l’alcali chauffé avec le péroxide a été suffisamment forte. Il suit donc de là que le caméléon vert contient plus de potasse et moins d’oxigène que le caméléon rouge.

D'après les expériences de MM. Chevillot et Edwards, Jes chimistes sont assez généralement disposés à admettre au moins dans le caméléon rouge un acide manganésique.

QI

34 MAN Chlorure de manganèse.

On le prépare en chauffant jusqu’à la fusion l'hydrochlorate de manganèse dans un creuset de platine.

Ce chlorure est fixe et légèrement rose: quand il est en fusion , ilest verdâtre.

Il paroît se réduire en hydrochlorate de protoxide dorée il est dissous par l’eau.

Phtorure de manganèse. Voyez tom. XXII, pag. 267. Todure de manganèse.

Cette combinaison n’a pas été UE d’une manière spéciale.

Sulfure de manganèse.

Vauquelin.

Siret PIN EN es sors 341,29 Manganése........essessense.es 100

On l’obtient en chauffant dans une cornue un mélange de manganèse oxidé et de soufre en excés; il se dégage du gaz sulfureux , et on obtient un sulfure de manganèse fixe.

Ce composé est presque toujours pulvérulent, d’une couleur verte-terne.

Il est inseluble dans l’eau, il FE de l'acide hydrosulfurique avec l'acide sulfurique foible, l'acide bydrochlorique , et, ce qui est remarquable, avec l'acide nitrique foible.

Il absorbe l’oxigène lorsqu'on le chauffe doucement, et se convertit en sulfate; si la température est trés-élevée, il se convertit en gaz sulfureux et en oxide.

Phosphure de manganèse.

On peut le préparer en chauffant au rouge 1 p. d'acide phosphorique vitreux, 1 p. de manganèse oxidé , et ; de charbon.

Ce phosphure est brillant, cassant ; chauffé aveë le contact de l’air, ilse change en phosphate.

Carbure de manganèse.

On n’a pas encore obtenu le manganèse saturé de carbone;

tout ce qu'on sait, c’est que l’oxide de manganèse réduit avec un excès de charbon, donné un métal carburé.

Usages. Le manganèse, à l’état métallique , ne sert à aucun usage ; le péroxide et le deutoxide sont employés, dans les laboratoires, pour préparer l’oxigene:; dans les ateliers, pour préparer le chlore. Ces mêmes oxides sont aussi employés pour colorer les verres et les émaux en rouge d’hyacinthe, Enfin , lorsque le verre en fusion s’est coloré par du charbon, l'addition du péroxide de manganèse est utile pour décolorer le verre; si l’oxide ajouté est en quantité convenable, le verre devient incolore; si l’oxide étoit en excès, le verre seroit coloré en violet. C’est cet usage qui à fait donner à l’oxide natif de manganèse le nom de savon des verriers. ( Cu.)

MANGANESE. ( Min.) Les minérais de manganése sont assez répandus dans la nature, ils s’y trouvent quelquefois même en masses ou amas fort étendus; mais ils sont tellement variés dans leur aspect, qu'il devient assez diflicile de leur assigner des caractères généraux, quand bien même ils appartiendroient à la même espèce. La seule propriété peut-être qui leur soit commune, c’est qu’ils ont tous la faculté dé colorer le verre de borax en violet par l'addition d’une trés-petite quantité de nitre. Quant aux substances qui contiennent ce métal à l’état d’oxide, elles changent ordinairement de couleur ou de teinte par un long séjour à l’air ou par l’action du feu. C’est ainsi, par exemple, que la chaux carbonatée manganésifère qui, dans l’état naturel, présente une couleur d’un blanc nacré ou d'un rose tendre, devient d’un jaune sale à Pair et d’un brun foncé au feu.

A l’égard du manganèse métal, quelques chimistes seule» ment, et Fourcroy entre autres, sont parvenus à l’extraire et a le réduire; mais l’avidité avec laqueile il attire l’oxigène de l’air pour repasser à l’état d’oxide, n’a pas permis de l’étudier avec tout le soin possible; on sait seulement qu’il est blanc dans le premier instant, mais qu’il se colore bientôt en violet, qu’il est difficile à étendre sous le marteau, que sa pesanteur spécifique est de 6,85 ,et qu’il est presque infusible,

L°® espèce. MANGANESE NATIF P

On ne cite encore qu’un seulexemple de ce métal à l’état

natif, c'est celui que Picot Lapeyrouse prétendit avoir trouvé en 1782 dans les mines de fer de Sem près Vic-Dessos, département de l’Ariége. Il est encore permis de douter de cette découverte à cause de Ja grande affinité de ce métal pour l’oxigène et de la facilité avec laquelle il passe dans nos laboratoires de l’état de métal à l’état d’oxide, d’abord violet, ‘et ensuite d’un bleu noirâtre assez intense. Le prétendu manganèse natif de l’Ariége s’est présenté en boutons un peu aplatis, recouverts d'un enduit terne. Je ne l’ai point retrouvé dans la collection de feu Lapeyrouse que M. son fils a bien voulu me permettre d'examiner.

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