‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 5 sur 55 · AE MAN · texte numérisé non relu

AE MAN

Tat a décrit cet oiseau dans son Voyage à la Nouvellé:Guinée, pag. 181, etilen a donné une figure, pl. 115. C’est, Comme on en a déjà fait l'observation , la seule espèce du genre Apténodyte de M. Vieillot; ellese trouve à la Nouvelle-Guinée et aux îles Falkland et des Papous; sa longueur excéde deux pieds; sa tête et son cou sont d’un gris tirant sur le noir ; elle a sur chaque côté de la tête, au-dessus de l'œil, une grande marque blanche, et les deux sont réunies à l’occiput par une raie étroite de la même couleur : le cou, le dos et la queue sont d’un noïrtirantsur le bleu; lesailesle sont aussi dans le milieu, mais le bord extérieur est gris et l’intérieur blanc, ainsi que la poitrine, le ventre et les cuisses; l'iris est jaune; le bec et les piedssont roussàtres.

Maxcnor racneté; Apienodytes demersa , Lath. et Gmel. Cet oiseau porte sur la PI. enl. de Buffon, n.° 382, le nom de manchot du cap de Bonne-Espérance; mais il se trouve en beaucoup d’autres contrées, et Latham regarde comme appartenant à la même espèce le manchot à bec tronqué de Buffon, le manchot tachelé de Brisson , le pingouin à lunettes de Pernetty, de sorte qu’enle décrivant, il seroit difficile d’éviter des confusions. La longueur de ce manchot est de près de vingt pouces. Son bec, noirâtre, alamandibuleinférieure tronquée à l’extrémité, etune bandelette d’un blancjaunâtrelestravérse perpendiculairement toutes deux vers la pointe. Le mâle a de plus un sourcil blanc : le dessus du corps, les côtés de la tête et la gorge sont noirs; une sorte de scapulaire de la même couleur part du baut dela poitrine, qui est blanche ainsi que les parties inférieures, et s'étend sur les flancs; mais cette particularité ne se rencontrepascheztouslesindividus, etlaplanche:005 de Buffon en représente un qui en est dépourvu et a tout le dessous du corps blanchätre. Buffon pense que celui-ci est une femelle, ct l’on seroiïit peut-être mieux fondé à le considérer comme un jeune. Les pieds et les ongles sont noirs. |

Ce sont probablement des manchots de cette espèce qui ont donné lieu à la petite scène dont parle Forster dans le seeond Voyage du capitaine Cook. Le docteur Sparrman étant sur la terre des Etats, rencontra des manchots endormis, et tenta d’en réveiller un en le roulant à une certaine distance, mais on n’y parvint qu'en le secouant à différentes reprises. La bande

MAN . 5 se leva ensuite tout entière, et se précipita avec violence sur ceux qui l’entouroient en mordant leurs jambes et leurs habits. Pour s’en débarrasser on fut obligé d’en laisser un grand nombre sur le champ de bataille ; maïs, tandis qu’on poursuivoit les autres, on fut surpris de voir les premiers se relever et reprendre gravement leur marche.

MM. Gaimard et Quoy, médecins naturalistes de l’expédition de découvertes autour du monde , commandée par le capitaine Freycinet, ont bien voulu communiquer à l’auteur de cet article des notes intéressantes sur cette espèce de manchots dont ils ont été à portée d’observer les mœurs aprés le naufrage de l’Uranie; en voici l’extrait:

On trouve aux iles Malouines le grand manchot et le manchot huppé; mais ces oiseaux, qui s’avancent trés-loin dans la mer où ils se reposent vraisemblablement sur les îlots de glaces flottantes, sont fortraresaux Malouines, tandisque l’aplenodytes demersa, la même espèce que celle du cap de Bonne-Espérance, n’est nulle part aussi nombreux que dans les petites îles qui y sont enclavées, et surtout dans celle àlaqueile on a mala propos donné le nom d'ile aux Pingouins, ces derniers oiseaux, qui ont des rapports avec les manchots, habitant exclusivement comme on l’a déjà dit, l'hémisphère arctique.

Les manchots dont il s'agit pèsent de dix a douze livres. Ils ont un tube digestif d'environ vingt-cinq pieds, et souvent ils prennent tant de nourriture à la fois, qu'ils sont obligés d’en dégorger. Lorsqu'ils nagent, on ne voit que leur tête hors de l’eau, etils atteignent les poissons avec d'autant plus de facilité, qu'outre la rapidité de cette chasse , ils sautent aussi à la maniére des bonites. Ils restent six mois en mer, mais pendant l'été et l'automne, ils passentla plus grande partie dela journée au milieu des grandes herbes dont les bords de l'ile sont entourés, et où ils pratiquent en tous sens des sentiers dans lesquels les hommes peuvent circuler librement en écartant le hautdes feuilles avec la main. Ils y creusent avec leur bec des trous en forme de four, de deux à trois pieds de profondeur, et dont l'entrée esttrès-basse etassez large. C’est là qu'ils demeurent, et que les femelles pondent deux ou trois œufs d’un jaune sale et de la grosseur de ceux des dindons. De grand matin et le soir tous les manchots sortent de leurs trous pour aller pêcher; à

leur retôur, ils se forment en troupes sur le rivage, où ils font entendre tous à la fois des cris semblables au braïiment de l’âne, et presque aussi forts. Quand ils marchent dans leurs sentiers, on croit entendre le trot d’un petit cheval; les jeunes ont d’ailleurs un cri particulier et propre à faire reconnoître la présence de ces animaux, qui échappent rarement à une vive poursuite, et qu’on peut tuer avec des bâtons courts, en ayant soin d'éviter les coups de bec qu’ils portent aux jambes et qui pincent jusqu’au sang. Ceux qui parviennent à se réfugier dans les trous, en sont retirés à l’aide d’un fer pointu, terminé par un tire-bouchon. Quand on arrive sur l’ile avant que les manchots y soient rentrés, on se cache jusqu’à ce qu'ils se trouvent engagés sur les pierres dont la plage est recouverte, et où le foible secours de leurs pieds arrondis et de leurs courtes nageoires est insuffisant pour lessoustraire aux attaques des chasseurs. <

Lorsque les petits sont en état de gagner la haute mer, a troupe entière abandonne l’île dans la même journée, jusqu'a l’époque où elle devra s'occuper des soins de la propagation.

Mancuor A cocier ; Aplenodytes torquata, Gmel. et Lath. Cet oiseau, qui ne paroît pas à M. Cuvier être beaucoup différent de l'espèce précédente , et que Buffon rapporte à son manchot moyen, mais dont Latham fait une espèce particulière, a été trouvé a la Nouvelle-Guinée par Sonnerat, qui l’a figuré pl. 114 de son Voyage en cette contrée, et Forster l’a vu aussi à la Nouvelle-Géorgie et à la terre de Kerguelen. Il a 15 à 16 poucesde longueur; la tête, la gorge et tout le dessus du corps sont noirs, et les parties inférieures sont blanches; il a aussi un demi-collier de la même couleur qui coupe par le milieu le fond noir du dessus et des côtés du cou; les yeux sont entourés d’une membrane nue, ridée, et teinte de rouge de sang; le bec, les pieds et l'iris sont noirs.

Penir Mancxor; Aptenodytes minor, Lath. et Gmel. Cette espèce, qui a environ 14 pouces de longueur et n'est pas plus grande qu'une sarcelle, est figurée au tom. 3 du Synopsis de Latham, pl. 103, pag. 5792. La mandibule supérieure de son bec est noirâtre, et l'inférieure, un peu tronquée, est bleue à la base. Les plumes qui couvrent le dessus du corps sont en général d’un bleu cendré, et celles des partiesinférieures sont blanches;

mais leur taille et leur couleur sont sujettes à de grandes variations. Les pieds, d’un rouge terne, ont les membranes noirâtres et les ongles noirs. On trouve cet oiseau à la Nouvelle-Zélande, où il est connu sous le nom de korora ; il creuse, dans les rochers, des trous profonds où la femelle pond ses œufs, et ces trous sont si nombreux qu’on ne peut faire quelques pas sans s’exposer à s’y enfoncer jusqu'aux genoux. Les habitans du détroit de la Reine Charlotte, qui les tuent à coups de bâton, les mangent après leur avoir enlevé la peau; etregardent leur chair comme une bonne nourriture.

On compte encore dans la famille des manchots l’aptenodytes catarracles, qui est le Gorfou de Brisson, pl. 49 de Histoire des Oiseaux d'Edwards, et que Gmélin et M. Cuvier présentent comme une espèce distincte, mais qui, selon M. Temminck, est un manchot sauteur dans son jeune âge. D’une autre part, le nom de cet oiseau, qui habite l'Océan austral, est cité par Sonnini, à l’article Manchot à bec tronqué, parmi les synonymes de cette espèce, dont il rapproche également l’'aptenodytes magellanica. Quoi qu'il en soit, l'aptenodytes catarractes est , suivant Latham, de la longueur d’une oie, et il a la mandibule supérieure un peu crochue, l’inférieure arrondie, le devant de la tête brun, l’occiput et tout le dessus du corps rougeûtres, les parties inférieures blanches; et l'aptenodytes magellanica , qui, suivant le même auteur, a du rapport avec l’aptenodytes demersa, dont il se distingue toutefois par son collier noir, a le bec noir avec une tache rougeàtre, l'iris d’un rouge brun, les pieds rouges avec des taches noires.

On trouve aussi parmi les espèces que Gmelin et Latham ont décrites, le manchot antarctique, aptenodytes antarctica, dont M. Cuvier ni M. Temminck ne font aucune mention, et qui, suivant Forster , est très-nombreux à l'ile de la Désolation et près des montagnes et desiles de glaces. L'auteur allemand à qui est due la première description, dit qu'il a le becun peu conique, plus court que la tête, et les pieds rouges; qu’une bande noire va des oreilles à la gorge; que le dessus de son corpsest noir, et le dessous d’un blanc soyeux.

Molina a Fees pag. 217 etsuiv. deson Histoire naturelle du Chili, sous les noms de diomedea chiloensis et de diomedea chilensis, qu’il ne faut pas confondre, deux manchots que Latham

et Gmelin ont admis comme espèces, mais dont M. Cuvier ne parle pas, et dont la premiére seulement est citée par M. Temminck.

Le Mancuor pu Cuir, Aptenodytes chilensis, Gmel., Aptenodytes Molinæ, Lath., est décrit par Molina comme n'ayant que trois doigts réunis dans la même membrane, ce qui constitueroit un pingouin plutôt qu’un manchot, et comme étant de la grosseur du canard avec un cou beaucoup plus long, et ayant le dessus du corps d’un gris bleu pr et ie dessous blanc. -

Le Maxcnor p5 Cuiroé, Aptenodytes chiloensis, Gmel. et Lath., que les habitans de cet archipel nomment quéchu, est de a même taille que le précédent, dont il se distingue par son plumage touffu, irés-long, de couleur cendrée, un peu crépu et si doux qu'on le file dot en FT des couvertures de lit. (Cr. D.)

MANCHOTTE (Bot.), un des noms vulgaires du fordylium nodosum. (LEM.)

MANCIENNE, MANSIENNE,, ou MANTIENNE (Bot.),noms vulgaires de la viorne commune, viburnum lantana. (L. D.)

MANCIVIÈNE. ( Ornith. ) Le corlieu, scolopar phæopus, Linn., porte ce nom et celui d’ancibine à la terre des Papous. (Cu. D.)

MANDAHOUAËÈNE. (Ornith.) A l'ile de Guébé, dans les Moluques, et à la terre des Papous, on appelle ainsi le calao de waigiou , buceros ruficollis, Vieill. (Cu. D.)

MANDA ou LAMANDA. (Erpétol.) Ces noms sont, dit-on, donnés à Java, à un trés-srand serpent sans doute des genres Boa ou Pithon. (Dssm.)

MANDA-POLEOE ( Bos.), nom indien d’une plante graminée, citée par Burmann, qui est l’apluda aristata de Linnæus. (J.)

MANDAR. (Mamm.) Ce nom est celui que Boddaert et Vicqd’'Azyr donnent à l’oryctérope , sans en indiquer M Con (Des. )

MANDARU. (Bot.) Nom indien, cité par Plukenet, du bauhinia tomentosa de-£innæus; c'est le canschena-pou des Malabares , le mandaare de la côte de Coromandel. Le bauhinia scandens est nommé mandaru-yalli au Malabar. (J.)

MANDATIA. ( Bot.) On nomme ainsi au Brésil, suivant Marcgrave , le lablab, espèce de haricot. (J.)

MANDELINE (Bot.), nom vulgaire de l'erinus alpinus: (E::B.)

MANDELKRÆHE (Ornith.), nom allemand du rollier d'Europe, coracias garrula, Linn. (Cu. D.)

MANDHATYA , MANGILLI, MARA (Bot.), noms de l’adenanthera à Ceilan, suivant Hermann. (J.)

MANDIBULES , Mandibulæ. (Entom.) On nomme ainsi, ne les insectes qui màchent ou qui broient leurs alimens, la paire de mâchoires plus fortes qui occupent le devant de la bouche immédiatement après la lèvre supérieure; on les a appelées aussi mazillæ superiores : nous avons dit à l’article Macnorres en quoi celles-ci diffèrent des mandibules, Ces dernières sont évidemment modifiées par l’usage auquel elles sont destinées suivant la nature de l'aliment solide qu’attaque l’insecte parfait: d’ailleurs dans quelques espèces elles se développent peutêtre daus un autre but. Ellessont, par exemple, excessivement prolongées dans les mâles des lucanes ou cerfs-volans. Dans les abeilles, au contraire, les mandibules sont bien moins développées que les mâchoires:; dans les cicindèles, dans les manticores. elles sont très-saillantes, dentelées en scie; dans les araignées, les mygales, les scolopendres, elles forment des crochets très-acérés. Voyez pour plus de détails les articles Boucus dans les insectes, et le mot Ixsecres en particulier, tom. XXIII, pag. 435. (C. D.)

MANDIBULES. (Ornith.) Ce nom est donné aux deux parties qui forment le bec des oiseaux, et dont, à l'exception des perroquets et des gros-becs, l'inférieure est ordinaire-. ment la seule mobile comine la mâchoire des mammifères. On les appeile indistinctement mandibuleæ ; le mot maxilla, qui est employé pour désigner l'organe correspondant , ou les màchoires chez les mammifères, etc., n’est pas en usage dans l’ornithologie, quoique quelques naturalistes en fassent l’application à la mandibule supérieure. On a déja exposé au mot Bec plusieurs considérations sur les mandibules, sous le rapport de leur longueur; de leurs bords, tantôt échancrés, tantôt dentelés, eic. On ajoutera ici qu’elles sont courbées en haut dans l’avocette , et en bas dans le toucan; que leur extré-

mité est arrondie dans la spatule; que la mandibule supérieure est crochue, et l’inférieure tronquée dans les oiseaux de proie, les perroquets; que la supérieure seulement est armée d’une dent de chaque côté prés de la pointe, dans quelques oiseaux de proie, dans les pies-grièches ; que la supérieure est convexe, et l'inférieure aplatie dans le coliou: que celle-ci est plus courte , et l’autre plus longue dans la bécasse, tandis que la supérieure est bien plus courte, et l’inférieure beaucoup plus longue dans le rhynchope; que la supérieure est recourbée en croc, et l'inférieure creusée en gouttière dans les pétrels, etc. Il y a aussi beaucoup de variations dans la couleur des mandibules, qui souvent n’est pas la même dans les deux, ni dans toute l'étendue de chacune d’elles. (Cr. D.)

MANDIBULITES. (F'oss.) Ce nom a été donné par quelques oryctographes, à des palais de poissons pétrifiés, aussi nommés Buronires. (DEsm.)

MANDICEK. ( Ornith.) L'oiseau qu’on nomme aivsi en Bohème est rapporté par Rzaczynski auremiz, parus pendulinus, Linn. (Cu. D.)

MANDIIBA , MANTIIBU. (Bot.) Noms brésiliens, suivant Marcgrave, du manihot ou manioc, jatropha manihot, dont la racine tubéreuse est employée comme nourriture, après avoir subi diverses préparations qui la débarrassent de son suc regardé comme très-pernicieux. Dans cet état de dépuration elle devient le manioc proprement dit , ou mandioca des Brésiliens. (J.)

MANDIOCA. ( Bot.) Voyez Manpr8a. (J.)

MANDOBI. ( Bot.) Voyez Manousr. ( Lem.)

MANDOR. (Mamm.) Boddaert, et, après lui, Vicq-d'Azyr, ont donné ce nom à l’oryctérope. (FE. C.)

MANDOUAVATTE. ( Bot.) Arbre de Madagascar, mentionné par Flaccourt. Il a une écorce lisse, dure et verte, un bois dont on fait des manches de sagaïe , et un fruit qui ressemble à une aveline. (J.)

MANDRAGORE ( Bot.), Mandragora,Tournef., Juss. Genre de plantes dicotylédones, de la famille des solanées, Juss. , et de la pentandrie monogynie du système sexuel, qui présente les caracteres suivans : Calice monophylle, turbiné, à cinq divi-

sions; corolle monopétale, campanulée, près de moitié plus longue que le calice, à limbe partagé en cinq lobes presque égaux ; cinq étamines à filamens dilatés et connivens à leur base, filiformes et divariqués dans leur partie supérieure, terminés par des anthères un peu épaisses; un ovaire supère , muni de deux glandes à sa base, surmonté d’un style terminé par un stigmate en tête; une baïe giobuleuse entourée à sa base par le calice persistant, à une seule loge contenant plusieurs graines réniformes , plongées dans la substance spongieuse de l’intérieur du fruit et près de sa superficie,

Le genre Mandragore, établi par Tournefort, ensuite réuni aux atropa-ou belladones par Linnæus, a de nouveau été séparé par Gærtner et M. de Jussieu, des espèces de ce dernier genre, dont il diffère prmcipalement par ses étamines élargies et rapprochées à leur base, et surtout par son fruit à une seule loge, contenant les graines éparses dans la pulpe et près de lasurface, tandis que, dans les belladones, la baïe est à deux loges, et que les graines sont portées dans chaque loge sur un placenta convexe. Ce genre ne renferme que l'espèce suivante :

MaAnDRAGORE OFFICINALE: Vulsgairement MANDRAGORE MALE et ManDrAGORE FEMELLE; Mandragora officinalis , Mill., Dict. , n° 1 ; Atropa mandragora , Linn., Spec., 259; Bull., Herb., tab. 145 et 146. Sa racine est épaisse, vivace , longue, fusiforme , blanchätre en dehors , souvent simple, quelquefois partagée én deux ou trois parties, et garnie de fibres menues; elle donne naissance à plusieurs feuilles ovales oblongues, rétrécies à leur base, grandes, ondulées en leurs bords, et étalées en rond sur la terre. Ses fleurs sont blanchitres , légèrement teintes de pourpre, solitaires sur des hampes beaucoup plus courtes que les feuilles , et qui naissent immédiatement de la racine. Le fruit est une baie de ia grosseur d’une très-petite pomme, charnue , molle, jaunâtre dans sa maturité, ayant une odeur fétide, comme tout le reste de la plante, et contenant des graines blanchâtres , disposées sur un seul rang. Cette plante croît naturellement dans les bois à l’ombre, et sur les bords des rivières en Italie, en Espagne et dans le Levant; on la cultive dans les jardins de botanique.

Souvent des plantes qui possèdent des vertus efficaces, des qualités précieuses, restent dans l'oubli, tandis que d’autres

Ze

qui méritent fort peu d'attirer l'attention, jouissent d’une grande réputation, sans qu'on sache trop pourquoi. C’est ce qu’on pourroit sans injustice appliquer à la mandragore : elle doit sa renommée à des contes bizarres et invraisemblables , et qui, comme tels, se sont accrédités facilement parmi la classe d'hommes toujours la plus nombreuse dans tous les pays, celle designorans et des sots, tristes victimes des charlatans, et qui saisissent avec avidité tout ce qui leur paroît extraordinaire.

L'esprit humain, par une manie singulière, se Au» à chercher des ressemblances entre les objets, et il parvient à en découvrir même entre les objets qui en ont le moins. La grosse racine napiforme et comme velue de la mandragore , a paru présenter quelque rapport avec le tronc et les extrémités inférieures d’un corps humain. On a saisi avec empressement ce rapprochement forcé, et on a bâti là-dessus toutes les fables dont cette plante a été l’objet. Que cette opinion bizarre fût celle du vulgaire, rien d’extraordinaire ; maisque des hommes remarquables par leurs connoissances l’aient adoptée, certes cela ne fait pas honneur à leur jugement. Pythagore et Columelle n’ont pourtant pas craint de prepager cette fable, et de donnér à la plante l’épithète d’avbporouopgor et de semihomo.

Persuadés de la ressembiance exacte de la mandragore avec une figure humaine, des dessinateurs ignorans qui ont figuré. cette plante, ont jugé à propos, pour mieux distinguer la plante mâle de la plante femelle , de tracer, sans oublier aucun attribut, une figure d'homme et une figure de femme, en les surmontant des feuilles et des fleurs. On peut en voir la preuve dans l’ouvrage imprimé en caractères gothiques , intitulé: Le grand FE en françois.

On ne s’est pas contenté d'avoir trouvé dans Ja mandragore une ressemblance qui n’existoit pas, ou qui du moins n’étoit que fort peu remarquable, on a voulu la rendre encore plus intéressante, et pour cela on lui a accordé de la sensibilité. On a prétendu quela mandragore poussoit des gé-. missemens quänd on l’arrachoit de terre; et celui qui étoit assez courageux pour l’entreprendre, devoit, pour ne pas se laisser attendrir, se boucher exactement les oreilles.

En pensant à cette fable bizarre, notre esprit se reporte à ces fictions ingénieuses , fruit de l'imagination brillante des poëtes; il nous semble entendre Polydore transformé en myre se plaindre à Enée de ses souffrances, et le paladin Astolphe changé en laurier par les enchantemens de la fée Alcine, faire au brave Roger le récit de ses malheurs.

Les charlatans. contribuèrent beaucoup sans doute à rendre la mandragore célèbre; ils savoient tailler cette racine et lui donner la ressemblance qui la rendoiït précieuse, sans qu’on pût s’'apercevoir de leur fraude; ils faïisoient mieux encore avec d’autres racines , telles que celle de bryone : ils fabriquoient de fausses mandrägores qu'ils vendoient effrontément comme véritables , et qu'ils mettoient à un prix fort élevé, vu les qualités précieuses qu’ils leur attribuoient. La mandragore, disoient-ils, avoit le pouvoir de doubler chaque jour l'argent avec lequel on l’enfermoit après quelques cérémonies mystérieuses. On doit bien penser qu’une telle propriété devoit être d’un grand prix auprès des sots avides qui, semblables au chien qui laisse tomber sa proie pour l'ombre , s'empressoient d'aller porter leur argent pour recevoir en échange des espérances de fortune.

Mais c'étoit surtout lorsque la mandragore avoit été “che lie sous un gibet, qu’elle jouissoit de précieuses et puissantes vertus. L’homme crédule la conservoit avec soin dans un morceau de linceul , et croyoiït que le bonheur de sa vie y étoit attaché. Une plante qui possédoit des vertus si merveilleuses ne pouvoit pas être arrachée comme une plante vulgaire : des cérémonies étoient indispensables, et les anciens, à qui les pratiques superstitieuses ne coûtoient rien, ont eu soin d’y pourvoir. Il faut, dit Théophraste ( 1.1X, c. IX), tracer trois fois un cercle avec la pointe d’une épée autour de la mandragore ; il faut ensuite qu’un des assistans arrache la plante en se tournant vers l’orient, et qu’un autre danse à l’entour en prononçant des paroles obscènes. Pline (1. XXV, c. XIII) nous à transmis également ces extravagances, qu’on regardoit comme nécessaires, si bien qu'on auroil cru s’exposer aux plus grands dangers, si l’on y avoit manqué. Heureusement que , pour les éviter, on prescrit un moyen bien simple et bien facile à exécuter, c’est de faire arracher la plante par

un chien, moyen déjà indiqué par l'historien Josèphe (de Bello Judaico, lib. VIT, c. XXV) pour la plante baaras, qui avoit la propriété de chasser les esprits malfaisans, et bien d’autres vertus tout aussi dignes de foi.

La mandragore étoit aussi célèbre chez les Germains : ils faisoient avec ses racines des idoles appelées alrunes, pour lesquelles ils avoient la plus grande vénération, et qu’ils avaient soin de consulter dans leurs situations critiques.

Dans les contrées orientales, telles que l'Arabie , la Perse, où l'imagination brillante ne se nourrit que de fictions et de chimèrés , la mandragore ne devoit pas manquer d'acquérir une grande renommée : aussi les récits les plus extraordinaires furent-ils prodigués à l’envi au sujet de cette plante.

La mandragore avoit chez les anciens la réputation d’influer sur la génération; on lemployoit pour composer desphiltres. Cette opinion a passé depuis chez les modernes, et elle étoit encore en grande faveur au quinzième siècle, ainsi que nous le voyons par la comédie de Machiavel, intitulée la Mandragord. |

L'odeur et la saveur de la mandragore sont également désagréables : aussi les mandragores (dudaim) dont il est question dans l’Ecriture comme d’un aliment agréable; ces mandragores que Rachel ( Genèse, c. XXX, v.14) achète à sa sœur Lia au prix des caresses de son époux, ne peuvent être ni les fruits ni les racines de celle qui nous est connue. La

«plupart des interprètes ont avancé l'opinion contraire , mais elle n’est point fondée.

On a cru successivement voir le dudaim dans la banane , dans le citron, dans la truffe , dans la figue, dans le fruit du ziziphus lotus. Linnæus pense que c’étoit une espèce de concombre commun dans l'Orient, et qu’il nomme cucumis dudaim. Cette opinion est assez conforme à l’Ecriture, car,dans un passage le dudaïm est cité. pour son parfum, et les fruits de ce cucumis exhalent une odeur fort agréable.

M. Virey (des medicam. aphrod. Bull. pharm., mai 1813) pense que les mandragores dudaïm ne sontautre chose qu’une espèce d’orchis, probablement celle dont on retire le salep. 11 appuie son opinion sur l’étymologie du mot hébreu dudaim, qui semble indiquer la forme tuberculeuse des orchis, et sur

la propriété aphrodisiaque qu’on leur attribue. Nous ne chercherons pas à décider entre l'opinion de Linnæus et celle de M. Virey. Ce qu'il y a de certain, c’est que la mandragore de Rachel n’est point notre mandragore.

La mandragore possède des propriétés vénéneuses trés-énergiques ; elle agit principalement comme narcotique. Frontin, dans ses stratagèmes militaires, nous offre un exemple de ses effets sous ce rapport: Annibal, envoyé par les Carthaginois contre des Africains révoltés, feignit de se retirer aprés un léger combat , et il laissa derrière lui quelques tonneaux de vin dans lesquels il avoit fait infuser des racines de mandragore. Les Barbares burent sans défiance la liqueur perfide qui les plongea dans un état d'ivresse et de stupeur si complet, qu'Annibal qui revint les attaquer, obtint sans peine une victoire qui lui auroit coûté plus cher s’il n’avoit pas emplové cet artifice. Cette ruse du général carthaginois a plus d’une fois été renouvelée, et l’on en trouve d’autres exemples dans Phistoire. 1 -

Cette propriété narcotique et stupéfiante de la mandragore étoit connue dès le temps d'Hippocrate, et l’on savoit aussi dès lors qu’à forte dose elle pouvoit produire un délire furieux. Les médecins de l’antiquité s’en servoient particulièrement, enn’en donnant qu'une quantitémodérée, pourapaiser les douleurs et procurer du sommeil. On avoit la coutume d’en faire prendre aux malades qui devoient subir quelque opération chirurgicale douloureuse. On l’employoit aussi dans les maladies convulsives, dans les affections mélancoliques, et contre la goutte, les tumeurs scrophuleuses, cancéreuses, etc. Le suc de la partie corticale de la racine passoit pour un fort émétiique et un purgatif trés-énergique; il demandoit à être employé avec beaucoup de prudence, pour ne pas cau-

ser de graves accidens. La mandragore étoit encore regardée

comme un puissant emménagogue ; elle pouvoit rappeler le flux menstruel et faciliter l'accouchement; enfin elle étoit en grande réputation contre la morsure des animaüx venimeux.

Aujourd’hui la mandragore n’est plus, ou presque plus employée en médecine ; c’est seulement en Allemagne et dans quelques autres pays du Nord qu'on la trouve encore con-

seillée par quelques médecins, comme utile à l’intérieur, dans l’hystérie et l’épilepsie, et à l’extérieur contre les engorgemens glanduleux, le cancer, la goutte. La dose intérieurement doit être trés-foible, et ce n’est guère que d’un à six grains qu’on peut prescrire la racine, ou les feuilles sèches et réduites en poudre. A l'extérieur, la pulpe de la racine , ou les feuilles cuites dans l’eau ou le lait peuvent servir à faire des cataplasmes calmans et résolutifs. Ces mêmes feuilles sont au nombre des substances qui entrent dans la composition du baume tranquille et de l’onguent populeum. L’huile de mandragore, qui se préparoit jadis dans les pharmacies , est maintenant tombée en désuétude. (I. D.)

MANDRAGORE et MANDEGLOIRE DE CHINE. (Bot. ) Voyez Ginsenc. (Lem.)

MANDREL (Bot.), nom cité dans la Flore Équinénle, du freziera, genre de la nouvelle famille des ternstromiées. (J).

MANDRILL. (Mamm.) Espèce de singe qui appartient au genre Cynocérxare. Voyez ce mot. (Dpsm.)

-MANDRISE. ( Bot.) Bois marbré de Madagascar, dont le cœur est violet, cité par Flaccourt. ( J.) ;

MANDRO (Mamm.), l'un des noms vulgaires du renard dans le Midi de la France. ( Des.)

MANDSIADI (Bot.), nom malabare de l'édensnipen de Linnæus. Les Portugais de l’Inde le nomment mangalins. (J.)

MANDUBA. (Bot.) Synonyme de ManDriBa (rapes ce mot), dans quelques auteurs. (Lem.)

MANDUBI ( Bot.), nom brésilien de la pistache de terre, arachis, nommée aussi ailleurs manobi. (J.)

MANDUBID’ANGOLA ! Bot.) , nom qu’on donne en Afrique au fruit du glycine subterranea, ou pois d’Angole. (Lem.)

MANDURRIA. ( Ornith.) Les oiseaux désignés au Paraguay par ce nom et par celui de curucau, appartiennent au genre Courlis, tantalus, Linn. (Cs. D.)

MANÉBI (Ornith.), nom du pigeon couronné de Banda, columba coronata, Linn., à File de Guébé et à la terre des Papous. (Cu. D.)

MANEQUE ( Bot.), nom d’une variété de muscade chez Les Hollandoïs, suivant M. Bosc. (J.)

MANERÈTE. ( Bot.) Belon , dans son Voyage au Levant,

parlant des productions et cultures de la campagne voisine à'Alexandrie dans l'Egypte, dit que parmi ces productions, on remarque l’espèce de pois que les Vénitiens nomment manerète, les Romains cicerchie, et les François cerrès. Il paroît évident qu’il vouloit parler du ciche ou pois ciche, cicer arietinum, qui, d’après le rapport de Shaw, est cultivé sur les côtes méridionales de la Méditerranée , et dont les graines rôties donnent une infusion substituée au café. (3.)

MANERICK (Bot.), nom hollandois de l’Arram du Malabar. Voyez ce mot. (J.) ;

MANÉ SOUBA. (Ornith.) L'oiseau ainsi nommé à la terre des Papous et à l’ile de Timor, est le psittacus moluccanus, var. du psittacus hæmatopus, Linn., ou perruche des Moluques, de Buffon, pl. enl. 743. (Cu. D.)

MANESTIER. (Mamm. ) Voyez Munisrien. ( Des.)

MANET. ( Ornith.) Les habitans des iles Sandwich nomment ainsi la poule. ( Ca. D.)

MANETOU. (Conchyl.) Quelques auteurs écrivent ainsi le nom sous lequel les Sauvages de l'Amérique méridionale désignent une espèce de coquille du Bee ARE , l'ampullaire idole. ( De B.)

MANETTIA. ( Bot.) Voyez Nacire. (Porr.)

MANFOUTI. (Bot. ) Dans un herbier de Cayenne, on trouve sous ce nom le mafourea guianensis d'Aublet, genre de la famille des personnées ou scrophularinées, (J.)

MANG. ( Bot.) Rochon cite à Madagascar un arbre de ce nom, qui a dés feuilles de mauve et des fleurs roses semblables à celles d’une ketmie; ce qui fait présumer qu’il appartient à quelque genre de malvacées. (J.).

MANGA. (Bot.) Nomindien de l'arbre nommé pour cette raison manguier, mangifera indica. C’est le mao, mau » mangifera des Malabares, mangeira des Portugais de l’Inde, mango à Sumatra. (J.)

MANGABEY. (Mamm.) Nom propre donné par Buffon à une espèce de Guenox, qu'il croyoit à tort originaire de Madagascar. Voyez ce mot. (F. C.)

MANGABEY A COLLIER (Mamm.) ,autre nom propre d'une espèce de Guenon. Voyez ce mot. (F. C.)

MANGA BRAVA. {( Bot.) Voyez Caru-Sussu. (J.)

MANGADILAO. ( Bot.) Voyez Caramanzav. (3.

MANGAIBA. ( Bot.) Nom brésilien que l’on applique au mamé, mamei de Plumier, mamay de Nicolson, mammea americana de Linnæus , qui est aussi l’abricotier des Antilles , et dont le fruit, ayant le goût d’abricot, est très-estimé dans ces îles. La figure donnée par Pison ne paroît pas conforme, mais sa description convient mieux au mamé. Il peut cependant rester un doutesur l'identité de ces faits, s’il est vrai que la fleur du mangaba cité dans le recueil des voyages, ressemble à celle du jasmin, et que son fruit est petit, renfermant quelques noyaux ou pepins qui se mangent avec l'écorce. Cette description ne peut convenir au mamé dont la fleur est polypétale , et le fruit très-gros. (J.)

MANGAIO (Bot.), nom brésilien d’un haricot ou dolic, dolicos lablab , cité par Vandelli. (J.) .

MANGANARTI. ( Bot.) Voyez Amsurr. (J.)

MANGANESE. ( Chim.) Corps simple compris na la troisième section des métaux.

Le ee est très-diffieile à fondre, c "est pour cette raisou qu’en le chauffant à un feu de forge , on l’obtient presque toujours à l’état d’une masse poreuse , formée de petits grains agglutinés; rarement il est en masse compacte. On FRS que 14 température nécessaire pour le liquéfier est de 160° du pyromètre de Wedgwood.

On lui attribue une densité de 6,85.

Il est dur, cassant , SES d’être pulvérisé. Sa cassure estgrenue.

11 à une couleur grise , moins foncée que la cit de la fonte de fer. Ilest éclatant.

Il conduit bien la chaleur et l'électricité.

ILest trés-probable quele manganèses’unit à l’oxigéneen cinq proportions; les quatre premières proportions constituent des oxides, et la cinquième paroît constituer un véritable acide qu’on a nommé manganésique.

A froid l'air et l’oxigène sec n’ont pas d'action sur le mansanèse; à chaud le manganèse pulvérisé est susceptible de brûler à la manière d’un pyrophore; il produit alors un oxide rouge , si l’exigène est en excés.

La vapeur d’eau que l’on fait passer sur du manganèse rouge

de feu est décomposée ; son oxigèrre se fixe au métal, tandis que son hydrogène se dégage. Il est probable que l’oxide produit est un oxide vert.

Le manganèse passe généralement pour Vue REA a froid.

Quand on le conserve dans un flacon fermé avec du Du il se change en une poudre grise, qui contient beaucoup d’oxide , si elle n’en est pas entièrement formée. En même temps il se manifeste une odeur d'hydrogène fétide, qui sembleroit annoncer que de l’eau a été décomposée. Le chlore s’'unit au manganèse chaud, en dégageant de la chaleur et de la lumiére.

On ne connoît passes combinaisons avec l’iode, le selenium : l'azote , le bore et l'hydrogène.

Il s’unit au soufre avec dégagement de feu; le sulfure produit est solide et vert. | Il s’unit au phosphore.

Le carbone est susceptible de s’y combiner suivant M. John. Le manganése peut s’allier à un assez grand nombre de métaux ; mais les propriétés de ces alliages sont encore peu connues, ‘ On n’a fait qu’un petit nombre d'expériences pour constater l’action des acides sur le manganése pur; ce qu’on sait porte à croire que les résultats de cette action doivent être fort analogues à ceux qu’on obtient en mettant les acides en contact avec le fer.

Combinaisons du manganèse avec l’oxigène.

Protoxide de mansAReses Oxide vert.

Arfwedson.

DETTE AMENER ARE RARES RULES 28,105 PErnsamese Jin. 00 LP Ce OR ao 00e

Je l'ai préparé à l’état de puretéen prenant du tetroxide ou du tritoxide de manganëése pur, l’introduisant dans un tube de porcelaine, où je le chauffois au rouge blanc, et où je dirigeois ensuite un courant d’hwirogéne ou de gaz ammoniaque.

Ce protoxide est vert.

Il s’unit à la plupart des acides sans éprouver d’altération ; l'acide hydrochlorique le dissout sans qu’il y ait dégagement de chlore; il est la base de tous les sels de manganése dont les solutions sont incolorées. Cessolutions précipitent en blanc par le prussiate de potasse, et ne se colorent pas par la noix de galle ; elles ne précipitent point par l'acide hydrosulfurique; elles précipitent en blanc par les hydrosulfates solubles. On. a regardé ce précipité comme un hydrosulfate ; maisil ne seroit pas impossible qu’il fût un sulfure hydraté.

On obtient un hydrate d’oxide vert de manganèse en mettant de l’eau de potasse privée d’air par l’ébullition dans une solution de manganése incolore, également privée d'air. Il se précipite un hydrate blanc qui absorbe l’oxigène avéc rapidité , et qui passe alors à l’état de tritoxide , suivant M. Arfwedson; c'est encore du tritoxide qui se fée lorsqu'on ajoute du chlore à de l’eau où l’on a délayé de l’hydrate d’oxide vert.

Le protoxide de manganèse n’éprouve pas de changement à la température ordinaire par son exposition à l’air, lorsque préalablement il a été fortement chauffé ; dans le cas contraire il s’oxide lentement.

Lorsqu'on le calcine fortement avec le Contact de l'air, àl s'oxide davantage en dégageant de la lumière. Il HER: rouge, c’est du deutoxide.

L'oxide vert de manganése est indécomposable parle feu.

Il est réduit à l’état métallique, lorsqu'on le chauffe fortement dans un creuset brasqué de charbon.

Un courant d'hydrogène ne le décompose pas à une chaleur rouge.

Le soufre lui enlève son oxigène à chaud, il se forme du gaz sulfureux et du sulfure de manganèse.

Cet oxide est produitlorsque le manganèse, en se dissolvant dans un acide, s’oxide aux dépens de l’eau de l'acide.

Deutoxide de manganèse. Oxide rouge.

Arfwedson.

(ixisene... 2 2 pen 37,47 Nanpanese.; 0. Teese ce 100

On obtient cet oxide en calcinant fortement au milieu de

l'air le sous-carbonate de manganèse dans un creuset de platine, où bien encore en chauffant les oxides supérieurs, jusqu’à ce qu'ils ne dégagent plus d'oxigénc.

Il est d’un rouge plus ou moins brun , suivant la division plus ou moins grande de ses parties.

Plusieurs acides, et particuliérement l'acide sulfurique étendu , réduisent cet oxide en protoxide qui est dissous, et en tritoxide qui se sépare a l’état d’une poudre noire.

Suivant M. Gay-Lussac et M. Berthier, l’acide nitrique, . concentré , entretenu bouillant pendant un temps suffisant sur l’oxide rouge de manganëése , le convertit en protoxide qui est dissous, et en péroxide qui ne l’est pas.

Traité par l'acide hydrochlorique, il est réduit en hydrochlorate de protoxide , parce qu’une portion d’oxigène s’empare de l'hydrogène, d’une portion de l'acide hydrochlorique. De la le dégagement de chlore qui se manifeste dans la réaction des corps.

Au rouge brun il absorbe l’oxigène , et se convertit en tritoxide.

L’acide sulfureux forme avec lui du sulfate de protoxide ; à chaud, l'hydrogène le ramène à l’état de protoxide; tous les combustibles qui agissent sur le protoxide , agissent sur lui. M. Berthier, en chauffant pendant quatre heures à une excellente forge 19° de cet oxide dans un creuset DIRES de charbon, a obtenu 7°,34 de métal.

M. BeMtfier préfère considérer l’oxide :ouge comme un composé de deux atomes de protoxide , et un atome de péroxide , plutôt que de le considérer comme un composé d’un atome de protoxide, et de deux atomes de tritoxide.

Tritoxide de manganèse.

Arfwedson.

Chem PR TT RU es ve . eee 42,10 DÉHPAHERE NES Sn see ueme eee 100

Onl’obtient en chauffant le nitrate de manganèse au rouge brun.

Il est d’un brun noir.

‘acide nitrique concentré l'attaque assez facilement; sui-

$o MAN

vant M. Berthier, il le change en protoxide qu'il dissout, et en peroxide qu’il ne dissout pas.

On trouve dans la nature l’hydrate de tritoxide de manganèse éristallisé en longues aiguilles. Cet hydrate analysé par M. Arfwedson a donné pour 100 : io d’eau pure, et 3,07 d’oxigène ; le résidu étoit de l’oxide rouge. A nn contient donc une quantité d’eau dont l’oxigène est ; de l'oxi- . gène de l’oxide. On doit remarquer quesi on sjtrullé l'oxigène de l'eau au tritoxide, on a du péroxide.

Péroxide de manganèse.

Arfwedson.

Oxigéne, .scoreseossssosnesse à 56,215 Manganése....s...ssssssesssee +090

Onle prépare en chanffant doucement presque au rouge le nitrate de manganèse. Comme le péroxide est très-disposé à abandonner de l’oxigène par la chaleur, il faut laver à chaud le nitrate de manganèse calciné, par l'acide mére concentré, puis exposer de nouveau la matière lavée à l’action de la chaleur.

Exposé au rouge. brun, cet oxide est réduit en tritoxide.

M. Berthier a vu qu'en Faut bouillir pendant une heure le péroxide de manganése avec l'acide nitrique ,il y en a les 0,06 qui sont dissous à l'état de protoxide , avec dégagement d’oxigène. Le résidu indissous est un hydrate de Me dans lequel l’oxigène de l’eau est le tiers de celui de loxigène de l’oxide qui estsusceptible de se dégager par la chaleur.

A chaud l'acide sufurique en sépare de l’oxigène, et dis-

sout du protoxide.

L’acide sulfureux est converti par cet oxide délayé dans l’eau en sulfate et en hyposulfate de manganèse.

L’acide nitreux est converti en acide nitrique , qui s’unit à l’oxide ramené au minimum.

L'acide hydrochlorique le dissout en dégageant du chlore ; dans cette réaction il se produit de l’eau et de l'hydrochlorate de protoxide.

- Le péroxige de manganèse, par la chaleur rouge sombre,

MAN 51 est ramené à l’état de tritoxide ; et, parune chaleur rouge cerise , il est ramené à l’état de deutoxide.

- D'aprés les expériences-de M. Berthier, il ni euspopE ble de former deux hydrates : celui dont nous avons parlé plus haut, etun autre qui contient trois fois plus d’eau. Celui-ci se forme quand on fait passer du chlore en excès dans de l’eau où l’on à délayé du carbonate de manganèse.

Du caméléon minéral.

Schéele, ayant chauffé au rouge dans un creuset du péroxide de manganèse avec du nitrate de potasse, ou de la potasse , a obtenu une masse verte qui, délayée dans l’eau, à formé une dissolution verte; cette dissolution abandonnée à elle-même dans un vase fermé, est devenue bleue, en déposant une poudre jaune. Il a vu encore que l’eau, ajoutée à cette dissolution, la fait passer successivement au violet et au rouge; que les acides saturés d’oxigène la font passer aussi à cette dernière couleur, tandis que l'acide nitreux et l'acide arsénieux la décolorent ; qu’il en est de même lorsqu'on chauffe la masse verte he avec le charbon.

Ces changemens de couleur ont fait nommer la combinaison du manganèse oxigéné avec la potasse , caméléon minéral. Schéeleles a expliqués de la maniéresuivante:« La manganèse déphlogistiquée (péroxide de manganèse) forme avec la potasse une combinaison soluble dans l’eau qui est bleue ; si on l’obtient verte, cette couleur est due au mélange du bleu de la combinaison précédente avec la couleur jaune du safran de mars ( péroxide de fer). Enfin le caméléon devient rouge au moment où la manganèse déphlogistiquée se sépare de son alcali, par la raison que les particules de cette manganèse, étant naturellement d’un rouge obscur, paroissent diaphanes lorsqu'elles sont écartées les unes des autres. ?

En 1817 je publiai une note sur le caméléon minéral, J’établis les faits suivans: |

1.” Le caméléon peut être obtenu vert avec l’oxide de manganèse le plus pur ; conséquemment la couleur verte n’est pas le résultat d’un mélange de péroxide de fer et d’un caméléon qui seroit bleu à l’état de pureté, comme Schéele l’a dit.

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