‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 109 sur 222 · SAM · texte numérisé non relu

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qu’Adam a été créé hermaphrodite, c*est-â dire, avec Eve attachée à ses épaules, fondés sur ces mots du psaume cxxxix : Vous m'nvez formé derrière el devant; etMenassé-ben- Israël, savant homme pour un visionnaire de profession, témoigne assez, dans son Conciliateur, qu’il est dans le même sentiment. Si on les en croit, Adam fut créé d’une poussière de quatre couleurs, qui était sur la montagne de Moriah, où le temple de Salomon fut depuis bâti: de la rouge pour faire le sang ; de la noire, dont les entrailles furent formées; de la blanche pour les os et pour les nerfs ; et de la verte pour tout le corps. Comme il s’endormit après avoir été fait de ces quatre poussières colorées, Dieu ménagea cette occasion, selon quelques autres, pour en former Eve, qui, dans le besoin, devait lui être de quelque secours; à son réveil, il ne manqua pas de s’écrier, en la regardant : Voici la chair de ma chair, les os de mes os. Les anges célébrèrent cette fêle au bruit des trompettes et au son des flûtes, et Dieu, qui frisa les cheveux de cette femme pour la mieux parer, tailla d’une pierre précieuse leurs vêtements, et leur donna une éclatante nuée de gloire pour couvrirleurs têtes. Il fit, ajoutent-ils, six commandements à Adam ; de l'adorer, d’observer la justice dans la dernière exactitude; d’éviter l’idolâtrie, l’homicide, le vol et tout ce qui aurait l’air d’impureté. Samaël , le prince des anges, et quelques autres de son parti, étonnés que Dieu prît tant de soin de ce premier homme, lui demandèrent de quel usage ce soin pourrait être, et quelle en serait l’utilité? Il leur répondit que l’excellence d’Adam surpassait la leur. Puis, ayant fait venir quelques bêles et quelques oiseaux, pour voir s’ils pourraient les nommer distinctement, ils avouèrent leur ignorance. Adam ne fut pas plutôt interrogé sur leurs noms, qu’il répondit : Celui-ci est un bœuf, ceux-là un âne, un lion, un chameau, un cerf; cet autre, un corbeau, un rossignol, un pigeon, un aigle; et ainsi du reste.

Le prince desanges et les autres de sa compagnie, jaloux de l'avantage qu’Adam avait sur eux, ne cherchèrent plus que les moyens de le ruiner. Comme Samaël savait bien que le serpent, qui avait alors la figure d’un chameau, était le plus propre el le plus rusé de tous les animaux pour l’exécution de sou entreprise, il monta dessus afin de lui inspirer de près ce qu’il devait dire. II jugea d’abord qu’il ne devait pas commencer par l’homme, trop sage pour être sa dupe, mais par la femme, qui n’était pas faite à l’image et à la ressemblance de Dieu , el qui, n’ayant été tirée que de la côte d’Adam, ne pouvait avoir toutes ses lumières. Le serpent, inspiré par Samaël son guide et son truchement, s’approcha d’elle, s’enquit pourquoi Dieu lui avait défendu de goûter du fruit qui était au milieu du jardin d’Eden, et lui fit croire que cette defense n était qu un effet de la jalousie du Créateur; que s'ils en goû-

(1) r.hevræana, t. t, p. 13.

(aient, leurs yenx s’ouvriraient; qu’ils ne mourraient point, qu’ils connaîtraient le bien et le mal comme Dieu même. J^a femme, aussi crédule que curieuse, tenta l’homme, qui n’eut pas la force de lui ré ister, et ils connurent leur nudité dont ils eurent honte, parce que la pierre précieuse qui couvrait leur corps s’évanouit. Samaël et les autres anges ses complices furent ensuite précipités du ciel dans l’abîme ; le serpent, maudit entre tou es les bêtes de la campagne, rampa sur son ventre, après avoir eu tes pieds coupés, et n’eut plus que la poussière de la terre pour se nourrir. Eve fut condamnée aux incommodités de la grossesse, aux grandes douleurs de l’enfantement, à la honte de ne pouvoir être appelée en témoignage, et eut 1 oreille percée pour une marque perpétuelle de l’obéissance que la femme devait rendre à son mari. Dieu diminua la taille d’Adam; lui dit que la terre ne produirait p us que par le soin qu’il en pourrait prendre; qu’il en arracherait les méchantes herbes et les épines; que le pain qu’il devait manger lui coûterait beaucoup de sueurs, et qu’il retournerait en poussière comme il en avait été formé. Ils furent chassés dans le même temps du jardin d’Eden, où ils avaient demeuré vingtans, selon quelque -uns,quarantejours, douze heures, sjx ou huit, si l’on s’en rapporte àquelques autres. Après cetriste et honteux bannissement,- ils ne s'arrêtèrent en aucun lieu fixe, si ce n’est peut-être pur la montagne de Moriah ; et comme ils ne vécurent pas toujours ensemble, ils eurent un affreux commerce avec les esprits, dont il vint des spectres; car quoique Mosès-Maimonidcs n’ait pas cru que les esprits fussent corporels, les autres veulent qu’ils aient cela de commun avec les hommes, de croître, de manger, de boire, de multiplier, de mourir. Quelques rabbins ont même assuré que Caïn ne fut pas un fruit du mariage d’Adam et d'Eve, mais d’un égarement avec un esprit mauvais.

Je ne puis oublier, à la fin de cet article, que les Sahbéens, qui croyaient l’éternité du inonde, étaient persuadés par cette raison qu’Adam avait été engendré comme le reste des autres hommes ; que Jambuschar, Zaarit et Roane, étaient avant lui; que ce Jambusehar avait été précepteur d’Adam. On peut vo r le Moreh Nebochim de Mosès-Maimonides, de la traduction de Buxtorf, à la page 422; le Cosri de la version du même, à la page 27, et l’Histoire Orientale de Hollinger, page 283.

SAMBETHE. Voy. Sibylles.

SAMUEL. Une nécromancienne, la pythonisse d'Endor , fit voir au roi Saül l’ombre du prophète Samuel, qui lui prédit ses désastres. Menassé-ben-Israël , dans son second livre de la Résurrection des morts, dit que la pythonisse ne pouvait pas forcer l’âme de Samuel à rentrer dans son corps, et que le fantôme qu’elle évoqua était un démon

( 1 ) Voyez Bergier, Dict. de théologie, au mot Pig/ionisse.

revêtu de la forme du prophète. Cependant Samuel dit au roi : Pourquoi troublez-vous mon repos , en me forçant à remonter sur la terre? Les uns pensent que l’âme du prophète pouvait seule prononcer ces paroles; d’autres soutiennent que ces mots remonter sur la terre s’appliquent au corps seulement, que le diable avait pu emprunter. Le rabbin Meyer-Gabaï, qui est du sent-menl des premiers, ajoute que Samuel seul pouvait dire à S iüI, devantla sorcière qui le faisait venir: Demain, loi et tes fils, vous viendrez me rejoindre. Cras tu et filii tui mec,um erunt. C’est aussi l’avis de la plupart des ihéologiens (1). Voyez cependant Pythonisse.

SANAVES. Amulettes que les femmes madécasses portent au cou et aux poignets; co sont des morceaux d’un bois odorant, enveloppés dans une toile; ils préservent de l'atteinte des sorciers.

SANCHE, serviteur de Pierre d’Engelberl, qui l’avait envoyé à scs frais au secours d’Alphonse, roi d’Aragon, alors en guerre avec la Castille. Le serviteur revint sain et sauf, quand la guerre fut finie; mais bientôt il tomba malade et mourut. Quatre mois après sa mort, Pierre, son maître, couché dans sa cha nbre, vit entrer au clair de la lune un spectre à demi nu, qui s’approcha de la cheminée, découvrit le feu et se chauffa. Pierre lui demanda qui il était. — Je suis, répondit le fanlôme d’une voix cassée, Sanche, votre serviteur. — Hé 1 que viens-iu faire ici? — Je vais en Castille, avec quelques autres, expier le mal que nous y avons fait. Moi en particulier, j’ai pillé les ornements d’une égl se ; je suis condamné pour cela à faire ce voyage. Vous pouvez me soulager par vos bonnes œuvres ; et votre femme, qui me doit huit sous, m’obligera de les donner aux pauvres en mon nom. Pierre lui demanda alors des nouvelles de quelques-uns de ses amis morts depuis pou ; Sanche le satisfit là-dessus.— Et, où est maintenant le roi Alphonse? demanda Pierre. Alors un autre spectre, qu’il n’avait pas vu d’abord, et qu’il aperçut dans l’embrasure de la fenêtre, lui dit : — Sanchq ne peut rien vous apprendre touchant le roi d’Aragon; il n’y a pas assez longtemps qu’il est dans notre bande, pour en savoir des nouvelles; moi, qui suis mort il y a cinq ans, je puis vous en dire quoique chose. Alphonse, après son trépas, a été quelque temps avec nous; mais les prières des bénédictins de Cluny l’en ont tiré, et je ne sais où il est à résent. Alors les deux revenants sortirent, ierre éveilla sa femme et lui demanda si elle ne devait rien à Sanrhe. — Je lui dois encore huit sous, répondit-elle. Pierre ne douta plus, fit des prières et distribua des aumônes pour l’âme du défunt (2).

SANG Les anciens regardaient le sang de taureau comme un poison; Plutarque rapporte que Thémislocle s’empoisonna avec ce sang; Pline conte que les prêtres d’Égine ne manquaient jamais d’en avaler avant de des-

(2) Dora Calmct, Dissertation sur les apparitions.

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