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les damnés, qui sont sans cesse coupés par morceaux, sciés, brisés sous des meules de moulin , puis rendus à la vie pour subir le même supplice. Les bêtes de somme y expient leurs fautes sous les plus pesants fardeaux, les animaux féroces se déchirent entre eux sans cesse, etc.

TANAQU1L, femme de Tarquin l’Ancien.

Elle était habile dans la science des augures ; on conservait à Borne sa ceinture, à laquelle on attribuait de grandes vertus.

TANCHELM ou TANCHELIN. De 1105 à 1123, cet hérétique dissolu fut en si grande vénération à Anvers et dans les contrées voisines, qu’on recherchait ses excréments comme des préservatifs, charmes et phylactères (2).

TAN1WOA, le Neptune des naturels de la Nouvelle-Zélande.

TANNER. Le cardinal Sfondrate raconte que le P. Tanner, pieux et savant jésuite, allant de Pragae à Inspruck pour rétablir sa santé à l’air natal, mourut en chemin dans un village dont on ne dit pas le nom. Comme la justice du lieu faisait l’inventaire de son bagage, on y trouva une petite boîte que sa structure extraordinaire fit d’abord regarder comme suspecte, car elle était noire et composée de bois et de verre. Mais on fut bien plus surpris lorsque le premier qui regarda par le verre d’en haut se recula en disant qu’il y avait vu le diable. Tous ceux qui regardèrent après lui en firent autant. Effectivement ils voyaient dans celle boîte un être animé, de grande taille, noir, affieux, armé de cornes. Un jeune homme qui achevait son cours de philosophie fit observer à l’assemblée que la bêle renfermée dans la boîte, étant infiniment plus grosse que la boîte elle-même, ne pouvait être un être matériel, mais bien un esprit comprimé sous la forme d’un animal. On concluait que celui qui portait la boîte avec lui ne pouvait être qu’un sorcier et un magicien. Un événement si diabolique fit grand bruit. Le juge qui présidait à l’inventaire condamna le mort à être privé de la sépulture ecclésiastique, et enjoignit au curé d’exorciser la boîte pour en faire sortir le démon. La multitude, sachant que le défunt était jésuite, décida de plus que tout jésuite commerçait avec le diable ; ce qui est la manière de juger des masses ignorantes. Pendant qu’on procédait en conséquence, un philosophe prussien , passant par ce village, entendit parler d’un jésuite sorcier et du diable enfermé dans une boîte. Il en rit beaucoup, alla voir le phénomène et reconnut que c’était un microscope, que les villageois ne connaissaient pas. U ôia la lentille, elen fit •sortir un cerf-volant qui se promena sur la table, et ruina ainsi tout le prodige. Cela n'empêcha pas que beaucoup de gens par la suite, parlant du P. Tanner, ne faisaient mention que de l’impression produite d’a bord, et s’obstinaient â soutenirqu’iis avaient

(2) Voye z sa légende dans les légendes des sept péchés capitaux.

vu le diable, el qu’un jésuite est un sorcier (1).

TAP ou GAAP, grand près dent et grand prince aux enfers. 11 se montre à midi lorsqu’il prend la forme humaine. 11 commande à quatre des principaux rois de l’empire infernal. 11 est aussi puissant que Bylelh. 11 y eut autrefois des nécromanciens qui lui offrirent des libations et des holocaustes; ils l’évoquaient au moyen d’arlifices magiques qu’ils disaient composés par le tressage roi Salomon ; ce qui est faux, car ce fut Chaitn , fils de Noé, qui le premier commença à évoquer les esprits malins. Il se fit servir par Bylelh et composa un art en son nom, et un livre qui est apprécié de beaucoup de mathématiciens. On cite un autre livre attribué aux prophètes Elie et Elisée, par lequel on conjure Gaap en vertu des saints noms de Dieu renfermés dans les Clavicules de Salomon.

Si quelque exorciste connaît l’art de Bylelh, Gaap eu Tap ne pourra supporter la présence dudit exorciste. Gaap ou Tap excite à l’amour, à la haine. Il a l’empire sur les démons soumis à la puissance d’Àmaymon.

11 transporte très-promptement les hommes dans les différentes contrées qu’ils veulent parcourir. Il commande àsoixante légions (2).

TARENTULE. On prétend qu’une seule piqûre de la tarentule suffit pour faire danser. Un coq et une guêpe piqués de cette sorte d’araignée ont dansé, dit-on, au son du violon et ont battu la mesure. Si l’on en croit certains naturalistes, non-seulement la tarentule fait danser, mais elle danse elle-même assez élégamment. Le docteur Saint-André certifie qu’il a traité un soldat napolitain qui dansait tous les ans quatre ou cinq jours de suite, parce qu’une tarentule l’avait piqué. Ces merveilles ne sont pas encore bien expliquées.

TARM, formules d’exorcisme usitées chez les Kalmouks. Ecrites sur du parchemin et suspendues au cou d’un malade, elles passent pour avoir la vertu de lui rendre la santé.

TAROTS ou CARTES TAROTÉES. C’est le nom qu’on donne aux caries égyptiennes, italiennes et allemandes ; le jeu se compose de soixante-dix-huit cartes, avec lesquelles on dit la bonne aventure d’une manière plus étendue que par nos cartes ordinaires. U y a dans ce jeu vingt-deux tarots proprement dits. Dans les cartes italiennes, les tarots sont les quatre éléments (vieux style), l’Evangile, la mort, le jugement dernier, la prison, le feu, Judas Iscariote, etc.; dans les caries allemandes, les tarots sont le fou, le magicien, 1 ours, le loup, le renard, la licorne, etc. 11 y a ensuitccinquante-six cartes, savoir : quatre rois, quatre dames, quatre cavaliers, quatre valets, dix cartes depuis l’as jusqu’au dix pour les bâtons (ou trèfles), dix pour les épées (ou piques), dix pour les coupes (ou carreaux) , dix pour les pièces d’argent (ou cœurs).

Il serait trop long de détailler ici l’expli—

(1) Le P. Bonaventure Giraudeuu.

cation de toutes ces cartes. Elle ressemble beaucoup à la cartomancie ordinaire. Cependant elle donne infiniment plus d’oracles.

TARTARE, enfer des anciens. Ils le plaçaient sous la terre, qu’ils croyaient plate, à une telle profondeur, dit Homère, qu’il e-t aussi éloigné de la terre que la terre l’est du ciel. Virgile le dépeint vaste, fortifié de trois enceintes de murailles, et entouré du Phlégéton. Une haute tour en défend l’entrée. Les portes en sont aussi dures que le diamant; tous les efforts des mortels et toute la puissance des dieux ne pourraient les briser. Tisiphone veille toujours à leur garde, et empêche que personne ne sorte, tandis que Rhadamanlhe livre les criminels aux furies. L’opinion commune était qu’il n’y avait plus de retour pour ceux qui se trouvaient une fois précipités dans le Tarlare. Platon est d’un autre avis : selon lui, après qu’ils y ont passé une année, un flot les en retire et les ramène dans un lieu moins douloureux.

TARTINE Le célèbre musicien Tartini se couche ayant la tête échauffée d’idées musicales. Dans son sommeil lui apparaît le diable jouant une sonate sur le violon. 11 lui dit : — Tartini, joues-tucomme moi? Le musicien, enchanté de cette délicieuse harmonie, se réveille, court à son piano et compose sa plus belle sonate, celle du diable.

TASSO (Torquato). Il croyait à l’astrologie judiciaire. « J’ai fait considérer ma naissance par trois astrologues, dit-il dans une de ses lettres; et, sans savoir qui j’étais, ils m’ont représenté d’une seule voix comme un grand homme dans les lettres, me promettant liès-longue vie et très-haute fortune; et ils ont si bien deviné les qualités et les défauts que je me connais à moi-même, soit dans ma complexion, soit dans mes habitudes, que je commence à tenir pour certain que je deviendrai un grand homme. » il écrivait cela en 1576. On sait quelle fut sa haute fortune et sa très-longue vie I

TAT1EN, hérétique du deuxième siècle, chef des encratites, qui attribuaient au démon la plantation de la vigne et l’institution du mariage.

TAUPE. Elle jouait autrefois un rôle important dans la divination. Pline a dit que ses entrailles étaient consultées avec plus de confiance que celles d'aucun autre animal. Le vulgaire attribue encore à la taupe certaines vertus. Les plus merveilleuses sont celles de la main taupée , c’est-à-dire qui a serré une taupe vivante jusqu’à ce qu’elle soit étouffée. Le simple attouchement de celte main encore chaude guérit les douleurs de dents et même la colique. Si on enveloppe un des pieds de la taupe dans une feuille de laurier, el qu’on la mette dans la bouche d’un cheval, il prendra aussitôt la fuite, saisi de peur. Si on la met dans le nid de quelque oiseau, les œufs deviendront stériles.

De plus, si on frotte un cheval noir avec de

(2) Wicrus, Pseudom. dæra., p. 823.

f» li T EM

Peau où aura cuit une taupe, il deviendra blanc (1)

TAV1DES, caractères que les insulaires des Maldives regardent comme propres à les garantir des maladies. Ils s’en servent aussi comme des philtres, et prétendent, par leur moyen, inspirer de l’amour.

T A YM UH AL, roi de Perse qui relégua les génies dans les Ginnistan. Voy. Génies.

TÉE, génie protecteur, que chaque famille otaïtiennc adore, el qui passe pour un des aïeux ou des parents défunts. On attribue à ces esprits le pouvoir de donner et de guérir les maladies.

TEHUPTEHUH, génie auquel les Boutaniens attribuent la construction d’un pont de chaînes de fer qui se trouve dans les montagnes du Boulan. Voy. Pont du diable.

TELL. Dans une des montagnes sauvages de la Suisse, auprès du lac de Waldslœtten, il y a une grotte où les habitants croient que reposent les trois sauveurs de la Suisse, qu’ils appellent les trois Tell. Ils portent encore leurs anciens vêtements, et reviendront une seconde fois au secours de leur pays quand il en sera temps. L’entrée de leur grotte est très * difficile a trouver. Un jeune berger racontait à un voyageur qu’un jour son père, en cherchant à travers les rochers une chèvre qu’il avait perdue, était descendu par hasard dans cette grotte, el avait vu là dormir les trois hommes qu’il savait être les trois Tel). L’un d’eux, se levant tout à coup pendant qu’il le regardait, lui demanda :

— A quelle époque en êtes-vous dans le monde? — Le berger tout effrayé lui répondit, sans savoir ce qu’il disait : — Il est midi.

— Eh bien 1 s’écria Tell, il n’est pas temps encore que nous reparaissions; — et il se rendormit.

Plus lard, lorsque la Suisse se trouva engagée dans des guerres assez périlleuses, le vieux berger voulut aller réveiller les trois Tell; mais il ne put jamais retrouver la grotte.

TELLEZ (Gabriel), plus connu sous le nom de Tirso de Molina, auteur du Diable prédicateur, drame dans le génie espagnol. A cinquante ans, ce poète dramatique renonça au théâtre el se fit religieux de l’ordre de la Merci. Nous faisons cette remarque parce qu’à propos de quelques plaisanteries un peu libres semées dans ses pièces, les critiques philosophes l’ont traité de moine licencieux, oubliant qu’il n’était pas moine quand il écrivait pour la scène.

TEMPÉHATUHE. Les Grecs avaient des prêtres appelés Calazophylaces , dont les fonctions consistaient à observer les grêles et les orages, pour les détourner par le sacrifice d’un agneau ou d’un poulet. Au défaut de ces animaux, ou s’ils n’en liraient pas un augure

',1) Les admirables secrets d’Albert le Grand, p. 114.

(2) Cette règle consistait en soixante-douze articles, qui disaient en substance que ces religieux militaires porteraient l'habit blanc; qu’ils entendraient tous les jours l’office divin ; que lorsque le service ni lilaire les eu empêcherait, ils seraient tenus d’y suppléer par d'autres prières spécifiées dans les constitutions; qu'ils feraient maigre quatre jours de la semaine, et que l’excrcire de

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favorable, Us so découpaienit le doigt avec un canif ou un poinçon, et croyaient ainsi apaiser les dieux par l’effusion de leur propre sang. Les Ethiopiens ont, dit-on, de semblables charlatans, qui se déchiquètent le corps à coups de couteau ou de rasoir pour obtenir la pluie ou le beau temps. Nous avons des almanachs qui prédisent la température pour tous les jours de l’année; prenez toutefois un manteau quand Matthieu Laensberg annonce plein soieil.

TEMPÊTES. On croit, sur les bords de la Baltique, qu’il y a des sorci rs qui, parla force de leurs enchantements, attirent la tempête, soulèvent les Ilots et font chavirer la barque du pêcheur. Voy. Eric, Finnes, eic.

TEMPL1KHS. Vers l’an 1118, quelques pieux chevaliers se réunirent à Jérusalem pour la défense du saint sépulcre et pour la protection des pèlerins. Le roi Baudouin II leur donna une maison, bâtie aux lieux que l’on croyait avoir été occupés par le temple de Salomon; ils prirent de là le nom de templiers et appelèrent temple toute maison de leur ordre.

Dans l’origine ils ne vivaient que d’aumônes, et on les nommait aussi les pauvres de la sainte cilé. Mais ils rendaient tant de services, que les rois et les grands s’empressèrent de leurdonner des biens considérables. Us firent les trois vœux de religion. En 1128, au concile de Troyes, saint Bernard leur donna une règle (2). En 1 14-6, le pape Eugène III détermina leur habit, sur lequel ils portaient une croix.

Cet ordre se multiplia rapidement, fit de très-grandes choses el s’enrichit à tel point, qu’en 1312 , après moins de deux siècles d’existence , il possédait en Europe neuf mille maisons ou seigneuries. Une si grande opulence amena la corruption parmi les templiers. Us finirent par mépriser leur règle; ils se rendirent indépendants des puissances dont ils devaient être les soutiens; ils exer-« cèrent des brigandages et se montrèrent presque partout insolents et séditieux. On les accusait sourdement de former entre eux une société secrète pleine de mystères, qui se proposait l’envahissement de l’Europe. On disait que dans leur intimité ils abjuraient la religion chrétienne et praiiquaienl un culte souillé de superstitions abominables. La magie, la sorcellerie, l’adoration du diar ble (3) leur étaient reprochées.

Philippe le Bel, qui voyait en eux des ennemis de la société et de l’Eglise, fil rechercher leur conduite. Sur les révélations de deux criminels détenus dans les prisons, et dont l’un était un templier apostat, Philippe fit arrêter et interroger à Paris plusieurs templiers; ils avouèrent les abominations dont on accusait l’ordre. C’était dans l’année

la citasse leur serait absolument interdit.

(S) Des aveux établirent que, dans un des chapitres de l’ordre tenu à Montpellier, el de nuit, su, vaut l’usage, on avait exposé une tête {Voy. Ti.te de Lîopho.metJ ; qu’aussitôl le diable avait paru sous la ligure d'un chat; que ce chat, tandis qu’on l’adorait, avait parlé et répondu avec bonté aux uns et aux autres; qu’easuite plusieurs démons étaient venus, etc.

1307. Ce commencement d’enquête-jota quelque alarme parmi les templiers. Au mois d’août, le grand maître et plusieurs des principaux chevaliers s’en plaignirent au pape, et, forts de leur puissance partout assise, ils demandèrent hardiment que, si on avait un procès à leur faire, on le fit régulièrement. Ils comptaient imposer silence aux clameurs par un ton si tranchant. Mais Philippe le Bel les prit au mot ; et le 13 octobre il fit arrêter dans ses Etats tous les templiers. Le 15, il assembla le clergé de Paris, fit convoquer le peuple et ordonna que l’on rendit compte publiquement des accusations portées contre les chevaliers du Temple. On ne pouvait procéder plus loyalement.

Les templiers étaient accusés : 1° de renier Jésus-Chi ist à leur réception dans l’ordre, et de cracher sur la croix; 2° de commettre entre eux des impuretés abominables ; 3° d’adorer dans leurs chapitres généraux une idole à tête dorée et qui avait quatre pieds ; k° de pratiquer la magie; 5° de s’obliger à un secret impénétrable par les serments les plus affreux (1 ).

Les deux premiers articles furent avoués par cent quarante des accusés ; trois seulement nièrent tout. Le pape ClémentV s’opposa d’abord aux poursuitescommencées contre ces religieux militaires. Il n’autorisa leur continuation qu’après avoir interrogé luimême, à Poitiers, soixante-douze chevaliers, et s’être convaincu par leurs aveux de la vérité des faits.

11 y eut dès lors des commissaires nommés ; des informations se firent dans toutes les grandes villes. Les bulles du pape furent envoyées à tous les souverains, pour les exhorter à faire chez eux ce qui se faisait en France. Quoique les templiers tinssent à tout ce qu’il y avait de plus grand dans les divers Etats, partout les accusations élevées contre eux devinrent si évidentes, que partout ils furent abandonnés. Jacques de Molai, leur grand maître, qui du reste était très-ignorant, avoua à Chinon, le 20 août 1308, les crimes déclarés, et les désavoua à Paris, le 26 décembre 1309. Mais le désaveu ne prouve rien. Les confessions avaient été faites librement et sans tortures.

Par toute 1 Europe la vérité était reconnue de tous. Une bulle, publiée le 3 avril 1312, au concile de Vienne en Dauphiné, déclara l’ordre des templiers aboli et proscrit. Les chevaliers furent dispersés; les principaux chefs condamnés à une prison perpétuelle, après qu’ils auraient fait leur confession publique. Un échafaud fut donc dressé à Paris devant les portes de Notre-Dame. C’est là que Jacques de Molai et un autre des hauts chevaliers devaient faire amende honorable. Jacques de Molai avait de nouveau confessé la vérité. Au lieu de réitérer l’aveu qu’ou attendait en public, dès qu’il fut sur l’échafaud, il^ rétracta une seconde fois sa confession; l’autre chevalier l imita; et c’est alors que Philippe le Bel indigné assembla son

(l) Bergier, Dictioun. de théologie.

conseil, qui condamna ces deux grands coupables à être brûlés. Leur supplice eut lieu ce même jour 18 mars 131à. On voit que leur procès avait duré sept ans. Si la passion s’en fût mêlée, comme on l’a tant écrit, il eût marché plus vite.

Il n'est pas vrai que Jacques de Molai ait ajourné le roi et le pape, comme on l’a dit aussi pour produire un effet de théâtre. Lui et ses compagnons infortunés se bornèrent à invoquer vainement une vengeance mystérieuse contre leurs juges.

Telle est la vérité sur les templiers. Ajoutons que ni le roi de France, ni le pape , ni les autres souverains ne profitèrent de leurs dépouilles.

Il reste dans la maçonnerie symbolique un ordre des templiers, qui prétendent remonter à l’ordre condamné. C’est une origine dont il est permis de n’être pas fier.

A propos des templiers modernes , que nous avons vus si singulièrement fonctionner à la Cour des Miracles à Paris, dans un magasin de bouleilles, en 1831, VUnion catholique , feuille réunie aujourd’hui à YUnivers, a donné des éclaircissements remarquables sur le procès des templiers au xive siècle. Nous reproduisons ici ce fragment, signé des initiales E. F.

« Nous avions annoncé que le général Van Der Meer, un des chefs présumés de la conspiration récemment éventée par le gouvernement belge, s’occupait, vers l’époque de son arrestation, à constituer en Belgique une société secrète de Templiers à l'instar de celle de Paris.

« Cette nouvelle, dont nous indiquions d’ailleurs la source, était empruntée par nous au Journal de Bruxelles, et nos lecteurs concevront de reste que le caractère de YUnion catholique lui commandait de répandre, sous la responsabilité d’une feuille rédigée sur les lieux mêmes, un renseignement qui dénonçait l’usurpatioo du nom de templiers, si longtemps glorieux dans l histoire du monde, surtout lorsque des opinions de parti semblaient avoir voulu s’eniourer de ce vénérable prestige pour renverser l’ordre établi dans un Elat catholique, reconnu par les cabinets, et de plus allié de la France.

« Aujourd’hui , les informations ultérieures que nous avons obtenues, tant de nos correspondants de Belgique que par nos propres recherches, nous engagent à corriger la version du Journal de Bruxelles. Sans préju dice des mystères concentrés dans ses rangs supérieurs, comme cela se pratique parmi les francs-maçons, la sociéié qui prend le nom de l’ordre du Temple dans les deux capital* s n’est point une société secrète, si l’on veut réduire celle expression au sens convenu dans le langage politique. Elle n’est secrète qu’en dépit u’elle-mème, et ne demanderait certes pas mieux que de conquérir une vaste notoriété. Nous lui rendons, à cet égard, pleine justice. Publications emportées parle torrent de la librairie; assemblées

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