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VAL

Il en mourut; mais avant d’expirer, il me maudit, moi et tout mon équipage. Le soir, nous jetâmes son corps dans les flots, et la nuit suivante, sa malédiction se réalisa. Mon équipage se mit en révolte contre moi. Un combat horrible s’engagea, et je fus cloué au mât comme vous avez vu. Tous mes hommes, dans cette lutte épouvantable, avaient été cruellement frappés ; tous moururent de leurs blessures. Depuis ce jour, toutes les nuits, à l'heure où nous jelâmes dans les flols le corps du derviche, je me suis réveillé avec mes compagnons, et la même lutte a recommencé jusqu’au matin. Ainsi nous avons vogué quinze ans sans pouvoir ni vivre ni mourir. Maintenant que nous avons touché la terre, la mort nous est possible. Donc, merci encore une fois, brave étranger, qui m’avez sauvé d’un supplice qui aurait pu durer des siècles. Et si des trésors peuvent te récompenser, prends ce navire comme une marque de ma reconnaissance.

Le capitaine, après avoir dit ces paroles, laissa choir sa tête sur sa poitrine et rendit le dernier soupir. Puis il tomba en poussière de même que ses compagnons. Ses cendres furent enterrées auprès de celles des autres hommes de l’équipage.

Les marchandises qui élaientà bord, je les vendis avec grands bénéfices. J’en achetai d’autres, engageai des matelots, récompensai dignement le sage Muley et m’embarquai pour ma patrie. Mais je lis un immense détour, et, chemin faisant, je vendis ma cargaison. Le prophète bénit mon entreprise; après trois quarts d’annce, j’entrai à Baisera, riche de tous les trésors que le capitaine m’avait donnés. Mes compatriotes crurent que, dans mes voyages, j’avais découvert la Vallée des Diamants du célèbre Sindbad. Je les laissai dans cette croyance. El voilà pourquoi tous les jeunes gens -de Balsora doivent, quand ils oui atteint leur dix-huitième année, quitter leur ville natale pour aller à la recherche de la Vallée des Diamants. Moi j’ai toujours vécu heureux depuis. Je lis le Coran tous les jours, et vais tous les cinq ans visiter la Mecque, la ville sainte : je fume ie tabac de Laodicée, et bois du café de Moka. Aussi, Allah soit béni, Allah et son prophète 1

VALAFAR oc MALAFAR, grand et puissant due de l’empire inlernal. 11 paraît sous la lorme d’un ange, quelquefois sous celle d’un lion avec la léte et les pattes d’une oie et une queue de lièvre. Il connaît le passé et l’avenir, donne du génie et de l’audace aux hommes, et commande trente-six légions (1).

VALENS, empereur arien. « Curieux de savoir le nom de son successeur, il eut recours aux voies extraordinaires et défendues; et comme le démon l’eut informé (2) qu’il ie connaîtrait aux lettres théod, il fit mourir Théodore, Théodule, sans penser à Théodose, qui lui succéda. Cette histoire, ajoute Chevreau, est peut-être plus connue que la suivante. Pierre-Louis, duc de Parme,

(2) Par l’alectryomancie. Voyez ce mei

étant avorli par Lucas fiauric d’une conspiration contre lui, se mil en tête de savoir le nom des conjurés par l’évocation des esprits. Le démon lui répondit, se voyant pressé, que s’il prenait garde à sa monnaie, il trouverait ce qu’il demandait. Comme la réponse était obscure, et que pour l’entendre il fallait être aussi diable que le diable même, il s’en moqua , quoiqu’elle fût trouvée véritable par l’événement, puisque la légende de la vieille monnaie de Farr.èse était P. Alois. Pahm. et Plac. nux. Par ces quatre lettres Plac., qui signifient Placentiæ, il lui découvrait le lieu et ie nom des conjurés. Chaque lettre des quatre marquait la première du nom des quatre familles qui exécutèrent leur entreprise : P, Pdlnvicini ; L, Lundi; A, Anguiscioli; C, Confalonieri. »

VALENTIN, hérésiarque, originaire d’Egyp'e,qui enseigna sa doctrine peu de temps apîès la mort du dernier des apôtres. 11 admettait un séjour éternel de lumière, qu’il nommait pléroma ou plénitude, dans lequel habitait la Divinité. 11 y plaçait des Bons ou intelligences immortelles , au nombre de trente, les uns mâles, les autres femelles ; il les distribuait en trois ordres, les supposait nés les uns des autres , leur donnait des noms et faisait leur généalogie. Le premier était Bythos, la profondeur, qu’il appelait aussi le premier père, propator. Il lui donnait pour femme Enno'iu , l’intelligence, qu’il appelait encore le silence, Sigd. Jésus-Christ cl le Saint-Esprit étaient les derniers nés de ces Eons.

On a peine à concevoir que Valentin ait eu de nombreux disciples, et que plusieurs sectes soient nées de sa doctrine; mais l’esprit humain lourvoyé a aussi ses prodiges.

VALENTIN ( Basile). Voyez Basile-Valentin.

VALKIPiIES, fées des Scandinaves. Votiez Vade.

VAMPIRES. Ce qu’il y a de plus remarquable dans l’histoire des vampires, c’est qu'ils ont partagé avec les philosophes, ces autres démons, l’honneur d’étonner et de troubler le xvine siècle ; c’est qu’ils ont épouvanté la Lorraine, la Prusse, la Silésie, la Pologne, la Moravie, l’Autriche, la Russie, ta Bohême et tout le nord de l’Europe, pendant que les démolisseurs de l’Angleterre et de la France renversaient les croyances, en se donnant le tou de n’attaquer que les erreurs populaires.

Chaque siècle, il est vrai, a eu ses modes, chaque pays, comme l’observe D. Calmet, a eu ses préventions et ses maladies. Mais les vampires n’ont point paru avec tout leur éclat dans les siècles barbares et chez des peuples sauvages : iis se sont montrés au siècle des Diderot et des Voltaire, dans l’Europe, qui se disait déjà civilisée.

On a donné le nom Papiers oupires, et plus généralement vampires , en Occident, de or o u co laques (vroucolacas) en Morée, de katakhunès à Ceylan, — à des hommes morts et

enterrés depuis plusieurs années, ou du moins depuis plusieurs jours , qui revenaient en corps ci en âme , parlaient, marchaient, infestaient les villages, maltraitaient les hommes et les animaux, et surtout qui suçaient le sang de leurs proches, 1rs épuisaient, leur causaient la mort (l).On ne se délivrait de leurs dangereuses visites et de leurs infestations qu’eu les exhumant, les empalant, seur coupant la tête, leur arrachant le cœur, ou les brûlant.

Ceux qui mouraient sucés devenaient habituellement vampires à leur tour. Les journaux publics de la France et de la Hollande parlent, en 1693 et 1694, des vampires qui se montraient en Pologne et surtout en Russie. On voit, dans le Mercure galant de ces deux années, que c’était alors une opinion répandue chez ces peuples, que les vampires apparaissaient depuis midi jusqu’à minuit; qu’ils suçaient le sang des hommes et des animaux vivants avec tant d’avidité, que souvent ce sang leur sortait par la bouche, par les narines, par les oreilles. Quelquefois, ce qui est plus fort encore, leurs cadavrts nageaient dans le sang, au fond de leurs cercueils.

On disait que ces vampires, ayant continuellement grand appétit, mangeaient aussi les linges qui se trouvaient autour d’eux. On ajoutait que, sortant de leurs tombeaux, ils allaient la nuit embrasser violemment leurs parents ou leurs amis, à qui ils suçaient le sang en leur pressant la gorge, pour les empêcher de crier. Ceux qui étaient sucés s’affaiblissaient tellement, qu’ils mouraient presque aussitôt. Ces persécutions ne s’arrêtaient pas à une personne seulement : elles s’étendaient jusqu’au dernier de la famille ou du village (car le vampirisme ne s’est guère exercé dans les villes), à moins qu’on n’en interrompit le cours en coupant la tête ou en perçant ie cœur du vampire, dont on trouvait le cadavre mou, flexible, mais frais , quoique mort depuis très-longtemps. Comme il sortait de ces corps une grande quantité de sang, quelques-uns le mêlaient avec de la farine pour en faire du pain : ils prétendaient qu’en mangeant ce pain ils se garantissaient des atteintes du vampire.

Voici quelques histoires de vampires.

M. de Vassimonl, envoyé en Moravie par le due de Lorraine Léopold Ier, assurait, dit D. Calmet, que ces sortes de spectres apparaissaient fréquemment et depuis longtemps chez les Moraves, et qu’il était assez ordinaire dans ce pays là de voir des hommes morts depuis quelques semaines se présenter dans les compagnies, se mettre à table, sans rien dire, avec les gens de leur connaissance, et faire un signe de tête à quelqu’un des assistants, lequel mourait infailliblement quelques jours après.

Lu vieux curé confirma ce tait à M. de Vassimont et lui en cita même plusieurs

il) C'est ia définition que donne le II. P. D. Calmet.

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