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souvent même les corps morts produisent des sons sans qu’on les touche.
Voici encore une anecdote qui peut expliquer quelques-uns des traits du vampirisme, que nous ne prétendons pourtant [tas nier ou expliquer sans réserve. Le lecteur en tirera les conséquences qui en dérivent naturellement. Cette anecdote a été rapportée dans plusieurs journaux anglais, et particulièrement dans le Sun du 22 mai 1802.
Au commencement d’avril de la même année , le nommé Alexandre Anderson , se rendant d’Elgin à Glascow, éprouva un certain malaise, et entra dans une ferme qui se trouvait sur sa route, pour y prendre un peu de repos. Soit qu’il fût ivre , soit qu’il craignît de se rendre importun, il alla se coucher sous une remise, où il se couvrit de paille, de manière à n’être pas aperçu. Malheureusement, après qu’il fut endormi, les gens de la ferme eurent occasion d’ajouter une grande quantité de paille à celle où cet homme s’était enseveli. Ce ne fut qu’au bout de cinq semaines qu’on le découvrit dans cette singulière situation. Son corps n’était plus qu'un squelette hideux et décharné; son esprit était si fort aliéné , qu’il ne donnait plus aucun signe d’entendement : il ne pouvait plus faire usage de ses jambes. La paille qui avait environné son corps était réduite en poussière, et celle qui avait avoisiné sa tête paraissait avoir été mâchée. Lorsqu’on le relira dé celte espèce de tombeau , il avait le pouls presque éteint, quoique ses battements fussent très-rapides, la peau moite et froide, les yeux immobiles , très-ouverts, et le regard étonné. — Après qu’on lui eut fait avaler un peu de vin, il recouvra suffisamment l’usage de ses facultés physiques et intellectuelles pour dire à une des personnes qui l’interrogeaient que la dernière circonstance qu’il se rappelait était celle où il avait senti qu’on lui jeiait de la paille sur le corps ; mais il paraît que, depuis cette époque, il n’avait eu aucune connaissance de sa situation. On supposa qu’il était constamment resté dans un étal de délire, occasionné par l’interceplion de l’air et par l’odeur de la paille, pendant les cinq semaines qu’il avait ainsi passées, sinon sans respirer , du moins en respirant difficilement, et sans prendre de nourriture que le peu de substance qu’il put extraire de la paille qui l’envh-onnait et qu’il eut l’instinct de mâcher.
Cet homme vit peut-être encore. Si sa résurrection eût eu lieu chez des peuples infectés d’idées de vampirisme, en considérant ses grands yeux, son air égaré et toutes les circonstances de sa position, on l’eût brûlé avant de lui donner le temps de se reconnaître; et ce serait un vampire de plus. Voy. Paul, Harppe, Plogojowits, Polycrite, Katakhanès, etc.
VANLUND. Voy. Vadk.
VAPEURS, Les Evnistenaux, peuplade sauvage du Canada, croient que les vapeurs qui s’élèvent et restent suspendues au-dessus des marais sontles*âmes des personnes uou-
tellement mortes (1). Les vapeurs sont prises chez nous, lorsqu’elles s’enflamment, pour des esprits follets.
YAPULA, grand et puissant duc de l’enfer; il paraît sous la forme d’un lion, avec des ailes de griffon. Il rend l’homme trèsadroit dans la mécanique et la philosophie, et donne l’intelligence aux savants. Trentesix légions lui obéissent (2).
VAUCANSON. Voy. Mécanique.
VAUDOIS, hérétiques, sectateurs de Pierre Valdo, qui, égarés par une fausse humilité, se séparèrent de l’Eglise et allèrent bien vite très-loin. Ils niaient le purgatoire et l’efficacité des prières pour les morts. Puis ils rejetèrent la messe , saccagèrent les églises et les couvents, troublèrent la société par le fanatisme en se mêlant aux Albigeois, et sont comptés parmi les précurseurs de la prétendue réforme.
VAUVERT. Saint Louis, ayant fait venir des chartreux à Paris, leur donna une habitation au faubourg Saint-Jacques , dans le voisinage du château de Vauvert, vieux manoir bâti par le roi Robert, mais depuis longtemps inhabité , parce qu’il était infesté de démons ( qui étaient peut-être des faux monnayeurs). On y entendait des hurlements aiïreux;ony voyait des spectres traînant des chaînes , et entre autres un monstre vert , avec une grande barbe blanche, moitié homme et moitié serpent, armé d’une grosse massue , et qui semblait toujours prêt à s’élancer, la nuit, sur les passants. Il parcourait même, disait-on, la rue où se trouvait le château, sur un chariot enflammé, et tordait le cou aux téméraires qui se trouvaient sur son passage. Le peuple l’appelait le diable de Vauvert. Les chartreux nes'en effrayèrent point et demandèrent le manoir à saint Louis; il le leur donna avec toutes ses appartenances et dépendances , et les revenants ni le diable de Vauvert n’y revinrent plus. Le nom d Enfer resta seulement à la rue, en mémoire de tout le tapage que les diables y avaient fait (3).
VEAU D’OR. Le rabbin Salomon prétend que le veau d’or des Israélites était vivant et animé. Le Coran dit qu’il mugissait. Plusieurs rabbins pensent qu’il fut fabriqué par des magiciens qui s’étaient mêlés aux Israélites a la sortie d’Egypte. Uur avait refusé de le taire; et on voit dans les vieilles légendes que les Hébreux, irrités de ce refus, crachèrent si fort contre lui qu’ils l’elouffèrent sous ce singulier projectile (4).
VEAU MARIN. Si 1 ou prend du sang de ce poisson avec un peu de sou cœur, et qu’on le mette dans de l’eau , ou verra à l’entour une multitude de poissons; et celui qui prendra un morceau de sou cœur et le placera sous ses aisselles , surpassera tout le monde en jugement et en esprit. Enfin , le criminel
(I ) Mackensio, Voyage dans l’Amérique septentrionale, •02.
(2) Wicrus, in Pseudom. d.-vm.
CD Saiul-Foix, Kssais sur Paris.
(I) Bayle, Dict. critique ; Aaruu, note A
qui l'aura rendra son juge doux et favorable (5). Voy. Mérovée.
VE LAND LE FORGERON. Voy. Vade.
VELLEDÀ, druidesse qui vivait du temps de Yespasien, chez les Germains, au rapport de Tacite, et qui, moitié fée, moitié prophélesse, du haut d’une tour où elie vivait, exerçait au loin une puissance égale ou supérieure à celle des rois. Les plus illustres guerriers n’enlreprenaientriensans son aveu et lui consacraient une partie du butin.
VENDREDI. Ce jour, comme celui du mercredi, est consacré, par les sorcières du- sabbat , à la représentation de leurs mystères. Il est regardé par les superstitieux comme funeste, quoique l’esprit de la religion chrétienne nous apprenne le contraire (6). Ils oublient tous les malheurs qui leur arrivent les autres jours, pour se frapper l’imagination de ceux qu’ils éprouvent le vendredi. Néanmoins, ce jour tant calomnié a eu d’illustres partisans. François 1er assurait que tout lui réussissait le vendredi. Henri IV aimait ce jour-là de préférence. Sixte-Quint préférait aussi le vendredi à tous les autres jours de la semaine, parce que c’était le jour de sa naissance, le jour de sa promotion au cardinalat, de son élection à la papauté, et de son couronnement.
Le peuple est persuadé que le vendredi est un jour sinistre, parce que rien ne réussit ce jour-là. Mais si un homme fait une perte, un autre fait un gain ; et si le vendredi est malheureux pour l’un, il est heureux pour un autre , comme tous les autres jours.
Cette superstition est très-enracinée aux Etats-Unis. A New-York, on voulut la combattre il y a quelques années; on commanda un navire qui fut commencé un vendredi;on en posa la première pièce un vendredi ; on le nomma un vendredi ; on le lança à la mer un vendredi; on le fit partir un vendredi, avec un équipage qu’on avait éclairé. Il ne revint jamais... Et Sa crainte du vendredi est à New-York plus forte que jamais.
Les chemises qu’on fait le vendredi atlirent les poux (7) dans certaines provinces.
VENEUR. L’historien Mathieu raconte que le roi Henri IV, chassant dans la forêt de Fontainebleau, entendit, à une demi-lieue de lui , des jappements de chiens, des cris et des cors de chasseurs; et qu’en un instant tout ce bruit, qui semblait fort éloigné, s’approcha à vingt pas de ses oreilles, tellement que, tout étonné, il commanda au comte de Soissons de voir ce que c’était. Le comte s’avance; un homme noir se présente dans l’épaisseur des broussailles, et disparait en criant d'une voix terrible : M'entendez-vous ?
Les paysans et les bergers des environs dirent que c’était un démon, qu’ils appelaient le grand veneur de la forêt de F ontainebleau, et qui chassait souvenldans cette forêt. D’au-
to) Admirables secrets d’Albert le Grand, p. HO,
(6) La morLde Notre-Seigneur, la rédemption du genre humain, la chute du pouvoir internai, doivent au contraire sanclilier le vendredi.
Thicrs, Traité des superstitions