‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 174 sur 222 · VEN · texte numérisé non relu

VEN

Veneov! » A côté de cette anecdote, nous rappellerons seulement l’apparition semblable qui avait frappé de (erreur le roi Charles VI, et qui le priva même de sa raison. »

VENTRILOQUES, gens qui parlent par le ventre, et qu’on a pris autrefois pour des démoniaques ou des magiciens. Voy. Cécile, etc.

Nous citerons à ce propos une des charmantes histoires que M. Henri Berthoud raconte si bien :

HISTOIRE D’UN COCHON BAVARD ET d’uN PRINCE CHARCUTIER.

Par une matinée du mois de mai 1839 , la diligence qui menait, à celte époque, de Paris à Blois, amena et descendit, devant l’auberge principale de cette ville, six voyageurs , parmi lesquels se trouvaient deux femmes, un receveur des contributions indirectes, un fermier, un curé et un jeune homme, la tête enveloppée de bandages qui semblaient cacher des blessures récentes et graves. Les femmes étaient agitées et pâles; leurs compagnons ne paraissaient guère dans un état de câline plus satisfaisant. Tous entrèrent silencieusement dans la salle où le déjeuner se trouvait dressé, mais personne ne prit place à table, quoiqu'il fût temps de manger , surtout pour des voyageurs qui avaient passé la nuit en diligence. Le jeune homme seul demandades côtelettes, des œufs frais, du beurre, du café, et sc mit, suivant l’expression de Rabelais , à faire sauter les miettes et à jouer des mangeoires.

— Eh quoi! demanda-t-il en se tournant avec une feinte surprise vers ses compagnons, vous ne faites point comme moi? Le grand air ne vous a point donné appétit?

— Ce n’est point l’appétit qui nous marque , mais l’argent. Après l’aventure de la nuit, comment voulez-* ous qu’il nous reslo de quoi payer l’aubergisle?

— Nuit vraiment terrible ! reprit le jeune homme. Six voleurs qui entourent la voiture 1.. Arrêtés, la nuit, dans un bois!.... Des menaces de mort!... des cris de la bourse ou la vie!... Tous ceux qui se trouvaient en diligence obligés de vider leurs poches dans un chapeau que présente une main à travers

la portière ! N’importe! je n’ai pas tout

donné, moi ; j’ai volé les voleurs ! 11 me reste de quoi payer le déjeuner de nies compagnons d’infortune, et je les invite à prendre place, près de cette table, et à faire honneur au gros pâlé que l’on apporte!

Eu disant cela, il mettait le couteau dans le pâté. Jugez de la surprise des convives! au lieu de la venaison qu’ils croyaient y trouver, iis virent (Sans les lianes de la croûte dorée, tous les objets que les voleurs avaient exigé qu’on leur donnât. Rien n’y manquait, ni les ceintures pleines d’argent, ni les montres, ni les bijoux, ni les bagues 1 Jamais ou ne vit stupéfaction plus grande. L’étonnement du jeune bomrne surpassait celui du tous les témoins de cette étrange scène.

— Voilà de singuliers voleurs ! disaient les femmes.

— lis auront eu des remords! objecta le

curé# .

— Jamais on n’a vu plus inexplicable

aventure 1 se repelaient les trois voyageurs.

Lejeune homme au bandeau, plus que tous les autres, jetait des exclamations, levait les yeux au ciel et se récriait sur l’inexplicable étrangeté de l’aventure.

On appela l’aubergiste. L aubergiste ne comprenait pas plus que les autres comment ses pigeons, il est vrai transformes par lui en perdreaux, étaient devenus des objets volés et restitués. Les voyageurs , sans deviner le mot de l’énigme, rentrèrent en possession de ce qui leur appartenait, et se disposaient à remonter en voiture , lorsque quelqu’un vint à parler du château de Valençay et de la difficulté , ou plutôt de 1 impossibilité qu’il y avait à pénétrer dans cette prison d’Etat; je dis prison d Etat , car les trois infants d’Espagne s’y trouvaient détenus par ordre de Napoléon. Le jeune homme écouta tous ces discours avec curiosité , et finit par dire :

— Avant deux jours , je serai admis dans le château de Valençay.

On répondit à celte vanterie en riant au nez de celui qui la faisait,

— Avant deux jours , répéta-t-il , je serai admis dans le château de \alencay.

— Mais vous y connaissez donc quelqu’un?

— Personne , je l’atteste sur l’honneur — Mon cher petit monsieur, interrompit le curé, si vous voulez m’en croire, vous ne continuerez pas des laniaronnades qui pourraient éveiller la défiance de la police , et vous valoir des ennuis dont vous ne seriez poiut charmé.

— Après-demain je tiouverai le moyen de pénétrer dans le château de Valençay. J’oflre d'en faire le pari avec quiconque le voudra.

— Si je n’étais plus prudent que vous , continua le vieux prêtre, j’accepterais votre offre étourdie, qui me vaudrait une aumône pour les pauvres de ma paroisse. Mais je vous épargne cette charité qui peut-être vous serait pénible, ajouta-t-il en jetant un regard à la dérobée sur l’habit quelque peu râpé du voyageur.

Celui-ci tira deux louis de sa poche et s’écria :

— Je parie ces deux louis que je serai , avant deux jours, admis dans le château de Valençay.

Colle fois le curé accepta le défi.

Les enjeux furent remis à l’aubergiste, et l’on se sépara en s’ajournant à quatre jours de là, dans 1m salle où l’on devait déjeuner.

Le lendemain matin, il y avait foire aux cochons dans le village de 4 alençay. Une vieille femme tenait i*n de ces animaux, noué par une patte, suivant la coutume du pays, et cherchait à irouver un acheteur pour sa bête. Un jeune homme vêtu d’un habit de paysan , mais qu’il était aisé de reconnaître , malgré ce déguisement , pour le voyageur de la veille, s’avança près de la fermière, regarda le cochon, le tâta, le sou-

leva pour le peser, et en un mot se livra aux divers examens qui constituent l’art d’apprécier l'animal avec lequel on fabrique les saucisses.

— Quel prix voulez-vous de cette bête?

dit-il, quand il en eut fini de ces simagrées.

— Vingt écus.

— Vingt écusl Mais il ne vaut point cela.

— 11 vaut mieux encore. Si je n’avais pas besoin d’argent, je ne vous l’offrirais point pour un prix aussi médiocre.

— Vous me trompez, il est ladre I

— Ladre 1 vous êtes un plaisant connaisseur.

— Je parie qu’il est ladre.

— Je parie que non.

—Eh bien 1 je vais le lui demander , interrompit le jeune homme, qui prit gravement le cochon par les oreilles, le regarda en face etdemandaà l’animal qui semblait l’écouler:

— Or çà, cochon mon ami , parle sérieusement et sans crainte de ta maîtresse? Es-tu ladre, ou ne l’es -tu point?

— Ma maîtresse est une menteuse; je suis ladre , répondit d’une petite voix flûtée le cochon.

Jugez de la stupéfaction des spectateurs et de l’effroi de la paysanne! Elle se sauva , croyant avoir affaire au démon, et son pourceau, levant la tête, lui cria , tandis qu’elle disparaissait à toutes jambes :

— Menteuse ! menteuse 1 menteuse 1

Les témoins de celte scène étrange se regardaient entre eux avec terreur. Le jeune homme restait là , paisiblement , sans s'inquiéter du mot de sorcier qui commençait à circuler dans le groupe qui l’entourait.

- Cependant on se concertait à voix basse, et le garde-champêtre vint à l’étranger le sabre au poing et le visage défait.

— Au nom de la loi, je vous arrête, dit-il.

— Vous m’arrêtez, et pourquoi?

— Parce que vous êtes un sorcier.

— Vous n’en êtes pas un, assu ément, objecta le jeune homme. Quant à moi, je ne nierai point qu’il y a quinze jours, des paysans suisses m’ont brisé la tête, comme vous le voyez, et ont voulu me jeter dans un four à chaux, parce qu’ils prétendaient, comme vous, que j’étais magicien.

— ils auraient bien fait. Vous allez me suivre en prison.

— Imbécile 1 cria le cochon, laisse donc ce jeune homme tranquille.

Cette recommandation du quadrupède ne rendit le digne agent de l’autorité valenceynienne que plus ardent à emmener son prisonnier. Le jeune homme se laissa appréhender au collet, et, comme Régulus, suivit courageusement le Carthaginois champêtre.

Quant au cochon, personne n’osa y toucher, et il resta sur le marché, au milieu des badauds qui accouraient et se pressaient pour l’entendre parler. Il les regarda dédaigneusement, cligna les paupières de ses petits yeux fins, finit par s’étaler paisiblement à terre et s’endormit comme l’eût fait le plus vulgaire des pourceaux.

liiunlôt, il ue fui bruit dans la ville que du

cochon qui parlait et du sorcier qu’on avait fait arrêter. Celte rumeur pénétra jusque dans le château, et l’on ne tarda point à voir paraître don Dameraga , intendant général du château. 11 alla droit au cochon, et donna ordre à quatre valets armés, dont il était suivi, de saisir la pauvre bête, qui s’éveilla en sursaut. Ceux-ci se signèrent, obéirent et don Dameraga reprit le chemin de l’ha>3 bitation princière avec son prisonnier. 11 se montrait presque aussi fier de sa conquête quadrupède que naguère le garde-champêtre de son prisonnier à deux jambes.

Trois jeunes hommes attendaient avec impatience don Dameraga et le cochon doué de la parole. Ils entourèrent l’animal merveilleux, le pressèrent de questions, le caressèrent, le battirent , eurent recours successivement à la violence et à la douceur ; le cochon cria, grogna, s’agita, remplit toutes les fonctions qui caractérisent son espèce, mais ne prononça pas un seul mot.

— Le sorcier seul peut recommencer la merveille qu’il a déjà opérée, objecta un des trois jeunes gens.

— Mais on ne peut laisser pénétrer ainsi dans le château un étranger; ma consigne s’y oppose, objecta le due d’Arberg , qui commandait militairement le château. Peutêtre cet homme est-il un espion?

Un des jeunes hommes insista , malgré celte réponse.

— Don Dameraga , vous ne le quitterez point d’un moment! Qu’il fasse parler le cochon, et puis vous le renverrez ensuite.

Leduc d’Arberg était alors un homme de très-haute taille, long comme un fil de cerfvolant et mince comme une feuille de papier vue de profil. Il fallait qu’il se tînt courbé en deux pour placer son oreille de niveau avec les lèvres du gouverneur qui lui adressait la parole. L’attitude était fatigante, mais indispensable, car le digne intendant se ressentait un peu d’atteintes de surdité. Le duc céda enfin, moitié lassitude , moitié persuasion, aux instances des trois frères, et donna ordre qu’on lui amenât le sorcier.

Ce dernier ne tarda point à paraître, escorté par quatre soldats, qui lui avaient, au préalable, lié les pieds et les poings.

— Ce cochon a parlé ? demanda le gouverneur.

— Oui, monsieur le duc.

— Tu l’as entendu?

— Oui , monsieur le duc.

— Et tu peux le faire parler encore?

— Oui, monsieur le duc, si cela lui convient, toutefois.

— Fais en sorte que cela lui convienne, ou gare à toi.

— Monsieur le cochon, dit le jeune homme, vous entendez que ma sûreté se trouve compromise à cause de vous, et que je vais mécontenter un puissant seigneur, si vous ne me tirez point d'affaire. Veuillez adresser la parole à la société.

Le cochon avait regardé de la façon la plus sérieuse du monde l’orateur qui lui adressait la parole ; il fit un tour sur lui-

même, et se coucha nonchalamment , sans prononcer le moindre mot.

— Au nom de ce que vous avez de plus cher, parlez, monsieur du pourceau.

Même silence.

— Voici que monseigneur le duc se fâche; parlez, je vous en supplie ; rien qu’un mot ; r seul petit mot !

— Et depuis quand les drôles de ton espèce parlent-ils la tête couverte à un pourceau de mon importance? s’écria tout à coup le cochon.

r — J’ai les mains garrottées ; je ne puis ôter mon chapeau et vous rendre les respects que je vous dois.

Le duc d’Arberg restait confondu ; les trois jeunes hommes n’osaient en croire leurs

oreilles ; don Dameraga se signait Oa

coupa les cordes qui nouaient les mains du sorcier; celui-ci ôta son chapeau, s’avança vers le cochon, plaça la tête de l’animal sur ses genoux et commença le dialogue suivant.

— Don pourceau , illustre et savant cochon, voulez-vous bien m’apprendre en présencede quelle brillantesociétéj’ai l’honneur de me trouver ?

— Tu es admis devant messeigneurs les infants d’Espagne. Voici don Antonio. A la droite, près de lui, se tient le prince Ferdinand, et enfin le plus jeune de la famille est don Carlos.

— Et lui , le sorcier, quel est-il? demanda l’un des jeunes princes.

— C’est le signor Louis Comte, célèbre prestidigitateur , ventriloque et physicien ordinaire de leurs altesses royales, si toutefois elles veulent lui en accorder le titre.

— Et elles te l’accordent, reprirent les jaunes hommes en éclatant de rire. Entre immédiatement en fonctions 1 Tu nous aideras à passer le temps d’une façon moins ennuyeuse.

Aussitôt le prince d’Arberg, rassuré sur les méfiances que lui inspirait le soi-disant espion, et don Dameraga , convaincu qu’il n’avait point affaire à un sorcier, se déridèrent, rirent de leur méprise, et autorisèrent M. Comte à passer quelques jours à Valençay. Un théâtre fut érigé; on envoya chercher les bagages du magicien, et le soir même une brillante représentation eut lieu, dans laquelle le célèbre ventriloque déploya toutes les ressources de son talent original. Des applaudissements enthousiastes lui prouvèrent quel succès il avait obtenu. Il eut l’honneur de souper avec les princes , et ces derniers voulurent même qu’il loge-ât dans le château et qu’il y reçût une hospitalité complète.

Le lendemain matin, Louis Comte eut fantaisie d’aller rendre visite au compagnon qui lui avait valu un si bon accueil. Hélas 1 il le trouva grillé, dépecé, en train de devenir côtelette, jambon et chair à saucisses. Un des trois jeunes gens, les bras nus, ses manches retroussées, un couteau de charcutier à la main, coupait et hachait menu menu les parties les plus délicates du cochon. Ses mains destinées à tenir un jour le sceptre

des Espagnes façonnaient des saucisses avec une habileté merveilleuse et un savoir-faire devant lequel se fussent récriés Véro et Dodat, ces deux virtuoses de la charcuterie.

M. Comte se hâta de s’éloigner, car il pensait que le prince Ferdinand ne serait point charmé d’être surpris dans une pareille occupation.

Mais l’héritier futur du trône de Charles- Ouint l’appela , lui demanda s’il trouvait bonne mine aux saucisses, et reçut les compliments du ventriloque avec une satisfaction mêlée de modestie. Il voulut en oulre lui-même griller une saucisse , afin de la faire goûter à Comte, de lui prouver que la saveur répondait à la forme, et que les préparations culinaires de Valençay ne redoutaient point l’analyse gastronomique la plus exercée.

Après une semaine de séjour à Valençay, Comte partit, vint à Paris et ne larda point a s’v conquérir un nom célèbre. Il sut tour à tour dérider le front sévère de Napoléon , et faire oublier à Louis XVIII les douleurs que lui causaient la goutte et les ennuis de la couronne. L’auteur de la charte ne dédaigna point de se faire expliquer par le physicien, de quelle façon il opérait les merveilles de la magie bianche. Ce jour-!à , il faut le dire, Comte s'était surpassé; des bijoux remis au prestidigitateur, en présence duspectateur royal, furent trouvés, peu d’instants après , sur la colonne Vendôme. Ils passèrent ensuite dans la caisse d’un tambour des Suisses, stupéfait de voir sortir, de sa caisse éventrée , les oiseaux, les (leurs et les diamants de la couronne, qu’elle contenait sans qu’il s’en doutât. L’empereur Alexandre, témoin de cette scène divertissante, voulut, lui aussi, se donner la joie d’avoir dans son salon le physicien célèbre, et il le récompensa par le don d’une riche bague chargée de diamants.

Aujourd’hui Napoléon n’est plus! l’empereur Alexandre a disparu de la scène du monde, Louis XVIII repose dans les caveaux de Saint-Denis, cl l’un des trois infants d’Esp igné, don Antonio, gît sous la chapelle de l’Lscurial. Son frère, devenu roi, et mort aussi, a légué à son malheureux pays la discorde et la guerre civile. Don Carlos est prisonnier à Bourges, comme il l’avait été jadis à Valençay. Enfin le duc d’Arberg a suivi dans l’éternité ceux qu’il était chargé de surveiller ici-bas.

Quant à don Dameraga, c’est au haut d’une potence que s’est terminée sa vie.

De tous ceux dont les noms ont comparu dans cette histoire, il ne reste donc que deux personnages, un prince captif et le ventriloque.

VENTS. Les anciens donnaient à Eole plein pouvoir sur les vents; la mylhologie moderne a imité cette fable en donnant une pareille prérogative à certains sorciers. Voy. Finkes, Ekic. etc.

11 y avait dans le royaume de Congo un

H) Cambry, Voyage dans le Finistère, t. III, p. 33.

Q) Idem-iJnU., p. 48.

petit despote qui lirait des vents un paiti plus lucratif. Lorsqu’il voulait imposer un nouveau tribut à son peuple, il sortait dans la campagne par un temps orageux, le bonnet sur l’oreille, et obligeait à payer l 'impôt du vent ceux de ses sujets sur les terres desquels tombait le bonnet.

A Quimper, en Bretagne, les femmes qui ont leur mari en mer vont balayer la chapelle la plus voisine et en jeter la poussière en l’air, dans l’espérance que cette cérémonie procurera un vent favorable à leur relour(l). Dans le même pays, une femme ne souffre pas qu’on lui passe son enfant par-dessus la table ; si clans ce passage un mauvais vent venait à le frapper, il ne pourrait en guérir de la vie (2).

VÉPAR ou SÉPAR, puissant et redoutable duc du sombre < mpire. II se montre sous la forme d’une sirène, conduit les vaisseaux marchands, et afflige les hommes de blessures venimeuses, qu’on ne guérit que par l’exorcisme. Il commande vingt-neuf légions.

VER DU GANGE, Voyez Serpent.

VÉRANDÎ, Voyez Nornes.

VERDELET , démon du second ordre , maître des cérémonies de la cour infernale. Il est chargé du transport des sorcières au sabbat. Verdelet prend aussi le nom de Jolibois, ou de Vert-Joli , ou de Saute-Buisson, ou de Maître Persil, pour allécher les femmes et les faire tomber dans ses pièges, dit Bognet, par ces noms agréables et tout à fait plaisants.

VERDUN (Michel), sorcier de la Franche- Comté, pris en 1521, avec Pierre Burgot et le Gros-Pierre. Wiérus a rapporté les faits qui donnèrent lieu au supplice de ces t rois frénétiques (3). Tous trois confessèrent s’être donnés au diable. Michel Verdun avait mené Burgot près du Château-Charlon, où chacun, ayant à la main une chandelle de cire verte qui faisait la flamme bleue, avait offert des sacrifices et dansé en l'honneur du diable. Après s’êlre frottés de graisse, ils s’étaient vus changés en loups. Dans cet état, ils vivaient absolument corn me les loups, dirent-ils.

Burgot avoua qu’il avait tué un jeune garçon avec ses pattes et dents de loup, el qu’il l’eût mangé, si les paysans ne lui eussent donné la chasse. .Michel Verdun confessa qu’il avait tué une jeune fille occupée à cueillir des pois dans un jardin, el que lui et Burgot avaient tué et mangé quatre auires jeunes Tilles. Us désignaient le temps, le lieu et l’âge des enfants qu’ils avaient dérobé^. Il ajouta qu’ils se servaient d’une poudre qui faisait mourir les personnes. Ces trois loupsgaroux furent condamnés à être brûlés vifs. Les circonstances de ce fait étaient peintes en un tableau qu’on voyait dans une église de Poligny. Chacun de ces loups-garoux avait la patte droite armée d’un couteau (k).

VERGE. On donne quelquefois témérairement le nom de verge de Moïse à la baguette divinatoire. Voy. Baguette.

(3) Liv. vi, cl). 13.

(•i; boguei, p. 5u4.

son

VF, R

Sans doute aussi le lecteur a entendu parler de la verge foudroyante, avec laquelle les sorciers faisaient tant de prodiges. Pour la faire, il faut acheter un chevreau, le premier jour de la lune, l’orner trois jours après d’une guirlande de verveine, le porter dans un carrefour, l’égorger avec un couteau neuf, le brûler dans un feu de bois blanc, en conservant la peau, aller ensuite chercher une baguette fourchue de noisetier sauvage, qui n’ait jamais porté fruit, ne la toucher ce jour-là que des yeux, et la couper le lendemain matin, positivement au lever du soleil, avec la même lame d’acier qui a servi à égorger la victime et dont on n’a pas essuyé le sang. 11 faut que cetie baguette ait dix-neuf pouces et demi de longueur, ancienne mesure du Rhin, qui fait à peu près un demi-mètre. Après qu’on l’a coupée, on l’empoite, on la ferre par les deux extrémités de la fourche avec la lame du couteau ; on l’aimante; on fait un cercle avec la peau du chevreau qu'on cloue à terre au moyen de quatre clous qui aient servi à la bière d’un enfant mort. On trace avec une pierre ématille un triangle au milieu de la peau; on se place dans le friangie, puis on fait les conjurations, tenant la baguette à la main, et ayant soin de n’avoir sur soi d’autre métal que de l’or et de l’argent. Alors les esprits paraissent et on commande Ainsi le di-

sent du moins les grimoires

VERRE D’EAU. On prédit encore l’avenir dans un verre d’eau, et celte divination était surtout en vogue sous la régence du duc d’Orléans. Voic i comment on s’y prend : on se tourne vers l’orient, on prononce Abraxa pir nostrum ; après quoi on voit, dans le vase plein d’eau , tout ce qu’on veut : on cho si t d’ordinaire pour celte opération des enfants qui doivent avoir les cheveux longs.

A côté de la divination par le verre d’eau, par la coupe, qui était usitée en Egypte du temps de Joseph, et qui se praüque encore a\ec diverses cérémonies, par la carafe, comme l’exerçait CagÜostro , on pourrait placer d’autres divinations qui ont pour élément un corps liquide. M. Léon de Laborde donne le détail de scènes produites au Caire (1) par un Algérien réputé sorcier, lequel prenait l’enfant qu’on lui présentait, le magnétisait par des incantations, lui traçait dans la main certaines ligures, plaçait sur <eUe main un pâté d’encre en prononçant de mystérieuses paro'es, puis lui faisait voir dans ce pâlé d’encre tout ce qui pouvait piqu. r la curiosité des assistants. Les vivants et les mor s y paraissaient. Shak-peare y vint et plusieurs aulres. L’auteur d’un vol tout récent fut même découvert ainsi. S il est vrai, comme l'assure M. Léon de Labortle, que ce récit soit sérieux, c'est fort singulier. Votj. Cagliostko, O manuie, Hy-

UROUIANCIE, CiC.

V i’.RRUES. On peut se délivrer des verrues, dit le Petit Albert, en enveloppant dans un linge autant de pois qu’on a de venues, et

(t) Ilevi.e des Deux-Mondes, août 1833..

DiCTiO.NX. DES SCÎENCBS OCCULTES. 11.

VFS - 810

en les jetant dans un chemin, afin que celui qui les ramassera prenne les verrues, et que celui qui les a en soit délivré. Cependant voici un remède plus admirable pour le même objet : c’est de couper la tête d'une anguille vivante, de frotter les verrues et les poireaux du sang qui en découle; puis on enterrera la tête de i’anguille, et, quand elle sera pourrie, toutes les verrues qu’on a disparaîtront.

Les physiognomonistes , Lavalor même, voient dans les verrues du visage une signification et un pronostic. On ne trouve g; ère, dit Lavati-r, au menton d'un homme vraiment sage, d’un caractère noble et calme, une de ces verrues larges et brun s que l’on voit si souvent aux hommes d’une imbécillité décidée. Mais si par hasard vous en trouviez une pareille à un homme d’esprit, vous découvririez bientôt que cet homme a de fréquentes absences, des moments d’une stupidité complète, d’une faiblesse incroyable. Des hommes aimables et de beaucoup d’esprit peuvent avoir, au front ou entre les sourcils, des verrues qui, n’étant ni fort brunes, ni fort grandes, n’ont rien de choquant, n’indiquent rien de fâcheux ; mais si vous trouvez une verrue forte, foncée, velue, à la lèvro supérieure d’un homme, soyez sûr qu’il manquera de quelque qualité très-esseutielle, qu’il se distinguera au moins par quelque défaut capital.

Les Anglais du commun prétendent au contraire que c’est un signe heureux d’avoir une verrue au visage. Us attachent beaucoup d’importance à la conservation des poils qui naissent ordinairement sur ces sortes d’excroissa nces.

VERS.. Oti voit dans le livre des Admirables Secrets d’Albert le Grand que les vers de terre, broyés et appliqués sur des nerfs rompus ou coupés, les rejoignent en peu do tem jîs •

VERT-JOLI. Yoy. Veroelet.

VERVEINE, herbe sacrée dont on se servait pour balayer les au'els de Jupiter. Pour chasser des maisons les malins esprits, on faisait des aspersions d’eau lustrale avec de la verveine. Les druides surtout ne l’employaient qu’avec beaucoup de superstitions : Us la cueillaient à la canicule, à ta pointe du jour, avant que le soleil fût levé. Nos sorciers ont suivi le même usage, et les démonographes croient qu’il faut être couronné de verveine pour évoquer les démons.

VKSPASlEN.On raconte qu’étant en Achaïo avec Néron, il vit en songe un inconnu qui lui prédit que sa bonne fortune ne commencerait que lorsqu’on aurait ôté une dent à Néron. Quand Vespasimi se fut réveille, le premier homme qu’ii rencontra fut un chirurgien, qui lui annonça qu’il venait d’arracher une dent à l’empereur. Peu de temps après, ce tyran mourut; mais Vespasien ne fut pourtant couronné qu’après Galba, Olhou et Viteîiius.

VESTA, déesse du feu chez les païens. Les

cabalistes la font femme de Noé. Voy. Zo-

ROASTRE.

VÊTEMENTS DES MORTS. Ménasseh-ben- Israël dit que Dieu les conserve. 11 assure que Samuel apparut à Saül dans ses habits de prophète; qu’ils n’étaient point gâtés, et que cela ne doit point surprendre, puisque Dieu conserve les vêlements aussi bien que les corps, et qu’autrefois tous ceux qui en avaient les moyens se faisaient ensevelir en robe de*soie, pour être bien vêtus le jour de la résurrection.

VÉTIN. Un moine du neuvième siècle nommé Vétin étant tombé malade, vit entrer dans sa cellule une multitude de démons horribles, poriant des instruments proptes à bâtir un tombeau. Il aperçut ensuite des personnages sérieux et graves, vêtus d’habits religieux, qui firent sortir ces démons. Puis il vit un ange environné de lumière qui vint se présenter au pied de son lit, le prit par la main, et le conduisit par un chemin agréable sur le bord d’un large fleuve où gémissaient un grand nombre d’âmes en peine, livrées à des tourments divers, suivant la quantité et l’énormité de leurs crimes. Il y trouva plusieurs personnes de sa connaissance, entre autres un moine qui avait possédé de l'argent en propre et qui devait expier sa faute dans un cercueil de plomb jusqu’au jour du jugement. Il remarqua des chefs, des princes et même l’empereur Charlemagne, qui se purgeaient par le feu, mais qui devaient être délivrés dans un certain temps. Il visita ensuite le séjour des bienheureux qui sont dans le ciel, chacun à sa place selon ses mérites. Quand Vétin fut éveillé, il raconta au long toute cette vision, qu’on écrivit aussitôt. 11 prédit en meme temps qu’il n’avait plus que deux jours à vivre; il se recommanda aux prières des religieux, et mourut en paix le matin du troisième jour. Cette mort arriva le 31 oe'obre 824-, à Aigue-lu-Riche (1), et la vision de ce bon moine a fourni des matériaux à ceux qui ont décrit les enfers.

VEU-PACHA, enfer des Péruviens.

V1ARAM , espèce d’augure qui était en vogue dans le moyen âge. Lorsqu’on rencontrait en chemin un homme ou un oiseau qui venait par la droite et passait à la gauche, on en concluait mauvais présage; et au sens contraire heureux augure (2)

VIDAL DE LA PORTE, sorcier du seizième siècle, que les juges de Riom condamnèrent à être pendu, étranglé et brûlé, pour ses maléfices, tant sur les hommes que sur les chiens, chats et autres animaux.

V1D-BLA1N, le plus haut ciel des Elfes.

VIEILLE. Bien des gens superstitieux croient encore que dans certaines familles une vieille apparaît et annonce la mort de quelqu’un de la maison. Cardan conte que, dans un palais de Parme appartenant à une famille noble et distinguée, on voyait toujours, quand quelqu’un devait mourir, le fantôme d’une vieille femme assis sous la

(1 1 l.englet-Dufresnoy.

ci» Michel Scou, De physiogn., c. 5G.

cheminée. Voyez Femmes blanches, Mélvsine, etc.

VILLAIN (l’abbé) , auteur de l 'Histoire critique de Nicolas Flamel et de Femelle, sa femme, in-12, Paris, 1761, livre assez recherché.

VILLARS (l’abbé de), littérateur de Limoux, assassiné en 1673 sur la route de Lyon. 11 était, dit-on, de l’ordre secret des Rose- Croix. Il a beaucoup écrit sur la cabale, et de manière qu’on ne sait pas très-bien découvrir s’il y croyait ou s’il s’en moquait. On a de lui : le Comte de Gabalis, ou Entretiens sur les sciences secrètes, in-12, Londres, 1742; les Génies assistants, in- 12, même année, suite du Comte de Gabalis; le Gnome irréconciliable, autre suite du même ouvrage; les Nouveaux Entretiens sur les sciences secrètes, troisième suite du Comte de Gabalis

Nous avons cité souvent ces opuscules, aujourd’hui méprisés. Voy. Cabale, etc.

VILLIERS (Florent de), grand astrologue, qui dit à son père qu’il ne fallait pas qu’il L.i bâtît une maison, parce qu’il saurait habiter en divers lieux et toujours chez autrui. En effet, il alla à Reaugency, de là à Orléans, puis à Paris, en Angleterre, en Ecosse, eu Irlande; il étudia la médec!ne à Montpellier; de là il fut à Rome, à Venise, au Caire, à Alexandrie, et revint auprès du duc Jean de Bourbon. Le roi Louis XI le prit à son service; il suivit ce prince en Savoie, pour étudier les herbes des montagnes et les pierres médicinales. 11 apprit à les tailler et à les graver en talismans; il se retira à Genève, puis à Saint-Maurice en Chablais, à Berne en Suisse, et vint résider à Lyon; il y fit bâtir une élude où il y avait deux cents volumes de livres singuliers, qu’il consacra au public. Il se maria, eut des enfants, tint ouverte une école d’astrologie où le roi Charles VII se rendit pour écouter ses jugements. On l’accusa d’avoir un esprit fainilier, parce qu’il répondait promptement à toutes questions.

V1NE, grand roi et comte de la cour infernale. 11 se montre furieux comme un lion; un cheval noir lui sert de monture. 11 tient une vipère à la main, bâtit des maisons, enfle les rivières et connaît le passé. Dix-neuf légions lui obéissent (3).

VIPÈRES. On trouve sans doute encore en Espagne et en Italie de prétendus parents de saint Paul qui se vantent de charmer les serpents et de guérir les morsures de vipères. V oy. Salive.

VIRGILE. Les hommes qui réfléchissent s’étonnent encore de la légende des faits merveilleux de Virgile, tradition du moyen âge, que tous les vieux chroniqueurs ont ornée à l’envi, et qui nous présente comme un grand magicien eeiui qui ne fut qu’un grand poêle. Est-ce à cause de l’admiration qu’il inspira? Est-ce à cause de sa quatrième égiogue, qui roule sur une prophétie de la naissance de Jésus-Christ? N’est ce pas pour l’a-

(3 j Wierus Ps.udom. Dæm.

vin

venture d’Aristée elles descriptions magiques du sixième livre de l 'Enéide? Des savants l’ont pensé, Mais Gervais de Tilbury, Vincent de Beauvais, le poëte Adenès, Alexandre Neeckam, Gratian du Font, Gauthier de Meiz et cent autres racontent de lui de prodigieuses aventures, qui semblent une page arrachée aux récits surprenants des Mille et une Nuits.

Nous croyons avoir trouvé l’origine de cette légende surnaturelle. De même qu’on a confondu le docleur è'aust, ce grand magicien, avec l’inventeur de l’imprimerie , de même on a pu mêler un contemporain de Pépin le Bref, Virgile, évêque de Salzbourg, avec le poêle de la cour d’Auguste. Ce qui nous paraît de nature à consolider notre assertion,c’est que les légendaires font du beau, de l’élégant Virgile, un petit homme bossu; or, l’évêque Virgile était contrefait; il avait beaucoup d’esprit : né en Irlande, selon les uns, dans les Ardennes, selon les aulres, il parvint par son seul mérite à la haute dignité de l’épiscopat. Ce fut lui qui soutint qu’il y avait des antipodes ; et, comme il s’occupait d'astronomie et de sciences physiques, il laissa un renom de sorcier profondément attaché à sa mémoire. Le savant évêque portait le même nom que le grand poêle; on a pu faire des deux un seul homme; Te temps s’est chargé du reste.

Une raison encore de ce que nous disons, c’est qu’une des légendes de l’auteur de \'Enéide est intitulée : les Faits merveilleux de Virgile, fils d'un chevalier des Ardennes ; cette légende est celle qui . présente le plus de choses extraordinaires.

Nous allons rassembler ici un précis de celte légende bizarre, qui élait de 1 histoire pour nos pères, il y a cinq cents ans. Elle avait encore tant decroyanls au dix-septième siècle, que Gabriel Naudé, dans son Apologie pour les grandspersonnuges accusés de magie , se crut obligé de la réfuter sérieusement. Elle est toujours vivace à Naples, où le peuple eu raconte des lambeaux avec bonne foi

Virgile, suivant les traditions historiques, naquit à Andes, petit village près de Mantoue, l’an de Home (38i, soixante-dix ans avant Jésus-Christ. Suivant les autorités du onzième et du douzième siècle, on ne peut pas fixer exactement le lieu de sa naissance. Mais presque tous les légendaires s’accordent à dire qu’il était fils d’un vaillant chevalier, aussi habile magicien que redoutable homme de guerre.

La naissance de Virgile fut annoncée par un tremblement de terre qui ébranla tout dans Rome; et quelques-uns l’expliquent en disant que le chevalier dont il était (ils n’était autre chose qu’un démon incube; tels furent le père de l’enchanteur Merlin et le père de Robert le Diable.

Comme le petit enfant se montra, dès ses plus tendres années, subtil et ingénieux, si s parents renvoyèrent à l’école, où il apprit toutes les sciences alors connues. Quand il lut devenu grand, un jour qu’il se promenait seul à l’écait, songeant à sa mère devenue

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veuve (car le chevalier de qui il tenait le jour avait disparu, sans que l’on sût où il élait allé), il entra dans une grotte profonde, creusée au pied d’un vieux rocher. Malgré l’ohscurité complète, il s’avança jusqu’au fond. 11 entendit une voix qui l’appelait; il regarda autour de lui ; et, dans les ténèbres qui l’entouraient, il ne vit rien. Mais la voix, se faisant entendre de nouveau, lui dit :

— Ne vois-tu pas devant loi cette pierre qui bouche une étroite ouverture?

Virgile la heurta du pied et répondit :

— Je crois la voir eu effet.

— Ote-la, reprit la voix, et laisse-moi sortir.

— Mais qui es-lu, toi qui me parles ainsi?

— Je suis le diable, qu une main puissante a enfermé ici jusqu’au jugement dernier, à moins qu’un homme vierge ne ine délivre. Si lu me tires d’ici, comme tu le peux, je t’apprendrai la magie; tu seras maître de toutes les richesses de la terre, et nul être ne sera aussi puissant que toi.

— Apprends-moi d’abord la magie et le secret de tous les livres occultes, dit l’écolier; après cela, j’ôterai la pierre.

Le diable s’exécuta de bonne grâce. En moins d’une heure, Virgile devint le plus savant homme du monde et le plus habile magicien.

Quand il sut tout ce qu’il voulait, il poussa la pierre avec son pied; et, par l’ouverture qui n’était pas plus large que les deux mains, il sortit, dans une fumée blanche, un très-gros homme qui à l’instant se mit debout.

Le jeune adep e ne comprit pas d’abord qu’un corps si énorme eût pu passer par une oui erture si étroite.

— 11 n’esl pas possible, dit-il, que lu aies passé par ce L ou.

— Cela est vrai cependant, dit le diable.

— Tu n’y repasserais pas assurément 1

— J’y repasserais le plus aisément du monde.

— Je gage que non 1

Le diab e piqué voulut le convaincre. 11 rentra dans la petite ouverture. Aussitôt Virgile remit la pierre ; et le prisonnier eut beau prier, l’écolier s’en alla, le laissant dans son olscur cachot.

En sortant de la caverne, Virgile se trouva un tout autre homme. 11 apprit par son art magique qu’un courtisan de l’empereur avait d é pou illé sa mère de son château, que l’empereur refusait de le lui laire rendre, et qu’elle gémissait dans la misère. 11 lui envoya aussitôt quatre mulets chargés d’or, et, n’ayant plus besoin d’étudier, il se mit en roule pour Rome. Beaucoup d’écoliers ses amis voulurent le suivre. 11 embrassa sa mère, qu’il n’avait pas vue depuis douze ans. 11 combla de r.chesses tous ceux de ses parents qui avaient aidé la veuie dépouillée; c était, selon l’usage, les plus pauvres. Lorsque vint l’époque où l’empereur distribuait des terres aux citoyens, Virgile se présenta devant lui ; l'ayant salué, il lui redemanda le domaine dont sa mère avait été injustement dépossédée. L'empereur, après avoir entendu ses

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