‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 188 sur 222 · PAR BENJAMIN BINET · texte numérisé non relu

PAR BENJAMIN BINET

PRÉFACE

Quoique ce petit ouvrage que l’on donne au public paraisse un peu tard, à le considérer comme une critique des principes de M. Bekker, il vient assez à temps, à le regarder comme une explication historique de la doctrine des dieux et des démons du paganisme.

En effet, l’on ne s’y est pas tant proposé d’y réfuter cet auteur, que d’y donner une idée générale des sentiments des païens à cet égard. Et si l’on s’écarte de cette discussion historique pour combattre l’erreur, ce n’est que par rapport aux matières que l’on traite, afin de lever toutes les dTûcullés que l’on y pourrait faire naître.

11 n’y a peut-être point de sujet qui ail été traité plus diversement que celui-ci ; parce qu’il n’y en a peut-être point que l’on ait médité avec moins d’attention.

(1) Voyez au Dictionnaire l'article Bekkeh (Baltasar), où se trouve exposé sommairement le système de ce ministre de l’église Evangélique, système qui a donné lieu au Traité historique que nous reproduisons ici d’après l'édiiion publiée à Délit, en 16%. Nos lecteurs nous sauront gré d’avoir corrigé une foule de locutions surannées et de lautes d’impression qui fourmillaient presque à chaque page de celte

Dictionn. des sciences occultes. II.

On ne va pas puiser dans les écrits des païens leur véritable sentiment ; mais ou les fait parler selon ses préjugés. On donne aux dieux et aux démons du paganisme la forme que fou juge la plus propre, pour préoccuper favorablement un lecteur qui s’en rapporte assez souvent à la bonne foi de son auteur.

On a donc cru qu’il était nécessaire d’éclaircir cette matière, et que pour ect effet il fallait consulter les auteurs païens, et ne rien avancer que sur leurs témoignages formels. Si l’on a aussi extrait quelques passages des Pères de l’Eglise, c’est que, bien loin qu’ils puissent être suspects, ou les a trouvés tout à fait convaincants.

Il y a encore une autre raison pourquoi l’on a cru être obligé de rendre ces dissertations publiques, c’est que presque tous ceux qui ont écrit en notre langue sur les démons

édition, la seule qui existât avant la nôtre. Nous avons aussi retranché en partie deux passages, l’un au milieu, l’autre à la tin de cet opuscule, dans lesquels notre auteur protestant, en répondant à la critique assez peu sérieuse de son antagoniste, se livre luimême à des récriminations et à des plaisanteries de mauvais goût contre les prétendues superstitions de la sainte Eglise romaine. (Edit.)

du paganisme, en ayant abusé pour établir leurs hétérodoxies, l’on s’est fait comme un devoir de leur opposer ce petit récit historique, qui est un genre d’écrire qui demande plus que tous les autres la candeur et la bonne foi.

Après y avoir expliqué les sentiments païens, l’on vient à rechercher la source d’où iis ont pu tirer le fond de toutes ces opinions fabuleuses, tant de leurs dieux que de leurs démons, et on le trouve en substance dans l’Ancien Testament, d’où ils ont emprunté diverses vérités, pour servir de matière à leur mythologie.

C’est par là que l’on entre dans l’examen du système de M. Bekker. L’on s’y attache uniquement à l’argument que l’on emprunte de l’existence des démons révélée dans l’Ancien Testament, et avouée de tous les peuples, pour établir leurs opérations. Et en suivant cette voie on résout les difficultés de M. Bekker.

Dans cet examen l’on paraît, par rapport aux oracles et aux faits particuliers que notre auteur allègue des opérations des démons, d’une libéralité que l’on n’approuverait peut-être pas, si l’on n’observait que l’on n’est prodigue qu’affn de resserrer plus étroitement M. Bekker; à peu près, comme un soldat qui, sur le point de combattre, se débarrasse de son bagage. S’il vainc, il le retrouvera au double.

On croit encore être obligé d’averlir que l'on se doit donner bien de garde de prendre pour accordées des choses dont on ne dit rien, ou que l’on passe légèrement. Quand un critique a mis son auteur aux mains avec lui-même, il peut après cela le quitter de bonne grâce.

On ne manquerait pas encore de se répandre en observations sur ce qu’il semble que l’on impose à M. Bekker de certaines choses, particulièrement sur les dieux du paganisme, directement opposées à ses principes. Mais l’on prie d’observer que l’on ne fait que suivre cet auteur, qui a eu le malheur u’écrire presque partout contre ses propres principes.

Au reste l’on n’est nullement théologien dans ce traité, et si l’on y entremêle quelques passages de l’Ecriture sainte , ce n’est qu’en passant et par rapport à d’autres matières.

La raison pourquoi l’on en a usé de cette manière, c’est que cette vérité des opérations du diable est si clairement enseignée dans la parole de Dieu, que les explications que l’on donnerait de ces passages ne sauraient être plus évidentes.

Cependant , quoique l’on se soit borné à examiner la doctrine des païens, el à y faire quelques observations critiques qui ne sont point du ressort des théologiens, l’on a soumis celle Histoire à l’examen de quelques personnes d'une probité exemplaire et o'une capacité consommée, aux conseils de qui l’on défère en toutes choses avec un profond respect. 11 peut échapper aux mieux iiUculioonés quelques expressions que l’on

pourrait critiquer ; et c’est ce que l’on a tâché d’éviter autant qu’il a été possible.

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