MOU
pelle. Mais peut-être celte histoire est-elle la clef de l’admirable composition qui nous a si étrangement émus.
Trois jours après , le vieux Anatole, en remettant le cahier au Régens de Saint- Etienne, lui demanda quel était ce P. Anselme.
— C’était un excellent musicien, répondit le révérendissime à la queue poudrée. Mais il mourut fou, il y a quinze ans (1).
MORTEMART. Un seigneur de cette famillecélèbrc perdit sa femme, qu’il chérissait. Tandis qu’il se livrait à son désespoir, le diable lui apparut et lui offrit de ranimer la défunte, s’il voulait se donnerà lui. Le mari, dit-on, y consentit ; la femme revécut. Mais un jour qu’on prononça devant elle le nom de Jésus, elle retomba morte, et ce fut tout de bon.
MOST-MAST1 TE. Voy. Mariage.
MOTELU, démon que l’on trou ve cité dans le procès intenté à Denise de Lacaille.
MOUCHE. Le diable apparaît quelquefois en forme de mouche ou de papillon. On le vit sortir sous cette forme de la bouche d’un démoniaque de Laon (2). Les démonomanes appellent Belzébuth seigneur des mouches : les habitants de Ceylan appellent le diable Achor, qui signifie en leur langue dieu des mouches ou chasse-mouches ; ils lui offrent des sacrifices pour être délivrés de ces insectes, qui causent quelquefois dans leur pays des maladies contagieuses; ils disent qu’elles meurent aussitôt qu’on a sacrifié à Achor (3). M. Eméric David, à propos de Jupiter, dit que les ailes de mouches qui, dans quelques monuments , forment (à ce qu’on prétend) la barbe de Jupiter, sont un hommage au feu générateur, les mouches étant produites par la canicule... Voy. Granson, Myiagorus, etc.
MOULT (Thomas-Joseph), astrologue napolitain, inférieur à Matthieu Laensberg, qui a laissé des prédictions populaires.
MOUNI, esprits que reconuaissent les Indiens, quoique aucun de leurs livres sacrés n’en fasse mention ; ils leur attribuent les qualités que les Européens accordent aux esprits follets. Ces .esprits n’ont point de corps, mais ils prennent la forme qui leur plaît; ils rôdent la nuit pour faire mal aux hommes, tâchent de conduire les voyageurs égarés dans des précipices, des puits ou des rivières, se transformant en lumière et cachant le péril où ils les entraînent. C’est pour se les rendre propices que les Indiens élèvent on leur honneur de grossières statues colossales, auxquelles ils vont adresser des prières.
MOUTON. Le diable s’est montré plusieurs fois sous la forme d’un mouton. Le sorcier Aupetit, qui fut condamné à être brûlé vif,
aux mouches, dans la persuasion où l’on était que, rassasiées de son sang, elles s’envolaient et ne revenaient plus. Auguste, vainqueur de Marc-Antoine, renouvela les jeux aciiatiques; on ne les célébra d’abord qu’à Aclium, et tous les trois ans; mais ce prince en transporta la célébration à Home, el en fixa le retour tous les cina ans.
avoua qu’il s’était présenté à lui sous la figure d’un mouton plus noir que blanc, et qu'il lui avait dit que toules les fois qu’il verrait dans les nuages un mouton, ce serait le signal du sabbat (1). Quand vous rencontrez dans un voyage des moulons qui viennent à vous, c’est un signe que vous serez bien reçu ; s’ils fuient devant vous, ils présagent un triste accueil, Voy. Morts.
MOUZOUKO, nom que les habitants du Monomotapa donnent au diable, qu’ils représentent comme fort méchant (2). 11 n’est bon nulle part.
MOZART. Un jour queMozart était plongé dans ses rêveries mélancoliques, devenues habituelles par l’idée de sa mort prochaine, dont il était frappé, il entendit un carrosse s’arrêter à sa porte; on lui annonce un inconnu qui demande à lui parler.
— Un grand personnage m’a chargé de venir vous trouver, dit l’inconnu.
— Quel est cet homme? interrompt Mozart.
— Il ne veut pas être nommé.
— Que désire-t-il ?
— Il vous demande un Requiem pour un service solennel.
Mozart se sentit ému de ces paroles, du ton dont elles étaient prononcées, de l’air mystérieux qui semblait répandu sur celte aventure. La disposition de son âme fortifiait encore ces impressions. 11 promit de faire le Requiem.
— Mettez à cet ouvrage tout votre génie ; vous travaillez pour un connaisseur.
— Tant mieux.
' — Combien de temps demandez-vous ?
— Quatre semaines.
— Eh bien, je reviendrai dans quatre semaines. Quel prix mettez-\ ous à votre travail?
— Cent ducats.
L’inconnu les compta sur la table et disparut. Mozart reste plongé quelques moments dans de profondes réflexions ; puis tout à coup il se met à écrire. Celte fougue de travail continua pendant plusieurs jours. 11 travailla jour et nuit avec une ardeur qui semblait augmenter en avançant; mais son corps ne put résister à celte fatigue. Il tomba un jour sans connaissance. Peu de temps après, sa femme cherchant à le distraire des sombres pensées qui l’assiégeaient, Mozart lui dit brusquement :
— Cela est certain ; ce sera pour moi qne je ferai ce Requiem, il servira à mes funérailles.
Rien ne put le détourner de cette idée. II continua de travailler à son Requiem , comme Raphaël travaillait à son tableau de la Transfiguration, frappé aussi de l’idée de sa morl. Mozart sentait ses forces diminuer chaque jour, et son travail avançait lentement. Les quatre semaines qu’il avait demandées s’étant écoulées, il vit entrer l’inconnu.
— II m’a été impossible, dit Mozart, de tenir ma par-ole.
(1) Delancre, Tableau de l'incousiance des dénions, etc., p. S03.
— Ne vous gênez pas, répondit l’étranger ; quel temps vous faut-il encore?
— Quatre semaines ; l’ouvrage m’a inspiré plus d’intérêt que je ne croyais, et je l’ai étendu au delà de ce que je voulais'd’abord.
— En ce cas, dit l’inconnu, il est juste d’augmenter les honoraires. Voici cinquante ducats de plus.
— Monsieur, reprit Mozart, toujours plus étonné, qui êtes-vous donc?
— Cela ne fait rien à la chose. Je reviendrai dans quatre semaines.
Mozart envoya sur-le-champ sa servante à la suite de cet homme extraordinaire, pour savoir où il s’arrêterait ; mais la servante vint rapporter qu’elle n’avait pu retrouver sa trace.
L’artiste se mit dans la tête que cet inconnu n’était pas un être ordinaire; qu’il avait sûrement des relations avec l’autre monde ; qu’il lui était envoyé pour lui annoncer sa fin prochaine. Il n’en travailla qu’avec plus d’ardeur à son Requiem , qu’il regarda commele monument le plus durable de son talent. Pendant ce travail, il tomba plusieurs fois dans des évanouissements alarmants. Enfin l’ouvrage fut achevé avant les quatre semaines. L’inconnu revint au terme convenu... Mozart n’était plus. Saliéri, en mourant, avoua que c’était lui qui avait joué le personnage de l’inconnu, et s’accusa de la mort de Mozart, dont il était envieux.
MUHAZIM1M, nom que les Africains donnent à leurs possédés. Us font des cercles, impriment des caractères sur le front de ces muhazimim, et le diable qui les possède déloge aussitôt (3).
MULLER (Jean), astronome et astrologue, plus connu sous le nom de Regiomontanus, né en 1A36, en Franconie, mort à Rome en 1476. 11 paraît qu’il prophétisait aussi, puisqu’on dit qu’il annonça la fin du monde en même temps que Stoffler. Ces deux hommes firent tant de bruit, que les esprits faibles crurent que le monde finirait infailliblement en 1588. On dit qu’il construisit deux automates merveilleux: 1° un aigle qui volait et qui alla au-devant de l’empereur, lors de son entrée à Ratisbonne ; 2° une mouche de fer, qui faisait le tour d’une table en bourdonnant à l’oreille de chaque convive, et revenait se poser sur sa main. Ses contemporains voyaient dans ces deux objets, dont on exagère la perfection, des œuvres de magie.
MULLIN, démon d’un ordre inférieur, premier valet de chambre de Belzébuth. JI y a aussi dans quelques procès de sorciers un certain maître Jean Mul/in, qui est le lieutenant du grand maître des sabbats
MUMMOL. En 578, Frédégonde perdit un de ses fils, qui mourut de la dyssenierie. On accusa le général Mummol, qu’elle haïssait, de l’avoir fait périr par des charmes et des maléfices. Il avait eu l’imprudence de dire à quelques personnes qu’il connaissait une herbe d’une efficacité absolue contre la dys-
(2) Abrégé des Voyages, par La Harpe .
(5) lîodsii, Démoaonianie, p. 396.