‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 23 sur 222 · MUR · texte numérisé non relu

MUR

1er avec le choral. Les larmes me roulaient des yeux en abondance, quand toute la niasse de voix prononça, en s’affaiblissant par degrés, ce vers dont les dernières syllabes moururent comme un soupir :

Et in unum Dominjum Jesum Christum.

« A ces paroles, les saints de pierre euxmémes se courbèrent jusqu’à terre, et je sentis descendre sur moi la rosée de la vie éternelle. Voilà que la vierge Marie nous apparut : et plus douce encore que la voix du rossignolqui chante au printemps, parmi les fleurs des acacias et dans les rayons du soleil, la mère du Sauveur nous chanta sa sainte vocation, jusqu’à ce que le déchirant Crucifix us vînt frapper d’angoisse toute l’assistance, et que les mots seyultus est mourussent comme un écho funèbre dans la multitude.

« Tout était morne. Les morts étaient redevenus des morts. Le silence le plus terrible avait succédé à ces mots terribles; mais, presque au même moment, l’horloge de l’église sonna une heure du malin. Aussitôt les statues des saints se relevèrent et se mirent à chanter ces paroles :

Et resurrexit terlja die.

« Un son de trompette éclata et les mille voix de la foule entonnèrent en chœur le même vers , avec une joie infinie. Mais, quand elles furent parvenues à ces mots:

El iterum venturus est,

tous ces crânes sans yeux se tournèrent vers le ciel, où un long tonnerre annonça le Seigneur assistant dans sa gloire à la résurrection des morts. Puis une fugue, sur un mode éclatant et joyeux, annonça la vie éternelle promise aux élus, et répandit les trésors de l’espérance sur celte vaste multitude qui, avec le dernier qmen, s’effaça et s’évanouit par degrés, jusqu'à ce qu’enfin tout eût disparu comme un rêve. Les saints et les anges de pierre avaient repris leur place et étaient redevenus immobiles dans leurs poses inspirées, tandis qu’Allegri et Palestrina se mirent à gravir les marches de l’autel qui se prolongeaient sans fin, comme l’échelle mystérieuse de Jacob, et montaient aux demeures rayonnantes delà gloire éternelle. Je les suivis des yeux jusqu’à ce qu’ils eussent entièrement disparu dans les nuages. Alors je quittai aussi ma stalle , et je montai les marches de l’autel jusqu’au ciel ; et c’est là maintenant que j’habite parmi les élus, et que ma main a retracé cette musique profonde et merveilleuse. »

Telles étaient les lignes bizarres que maître Anatole lut en tète de la partition.

— Voilà un sujet de ballade singulièrement trouvé, dit Pamphile, en vidant de nouveau un verre de Johannisberg.

— En vérité, répliqua le maître de cha-

(t) La Renaissance, chronique desarls. Bruxelles, 1810.

(2) Leloyer, Histoire el discours des spectres.

(3) Les Aciiatiques étaient des fêtes qui se célébraient tous les trois ans en l’honneur d’Apollon. Elles avaient pris leur nom du promontoire d’Actium. Ces fêtes consistaient «n jeux et danses ; on y tuait un bœuf qu’on abandonnait

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