‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 26 sur 222 · MUR L · texte numérisé non relu

MUR L

que le sang en dégoutta sur le toit de plusieurs maisons ?

« L’auteur que je suis est trop sage pour garantir ces tristes merveilles , et je me borne comme lui à les donner pour ce qu’elles valent. Il en est une cependant qui mérite plus d’attention, parce que l’liLtorien assure qu’il en fut témoin , prœsente me, dit-il. La fille d’un tailleur, nommé Tomberg, âgée de quinze à seize ans , timide et parlant difficilement, fut tout à coup saisie d’un enthousiasme terrible, parla trois heures de suite avec une sorte de fureur, annonçant à la ville les malheurs dont elle était menacée. Sa prédiction finie , elle tomba morte. Ce Irait ressemble assez au juif du siège de Jérusalem (3). »

MURAILLE DU DIABLE. C’est cette fameuse muraille qui séparait autrefois l’Angleterre de l’Ecosse, et dont il subsiste encore diverses parties que le temps n’a pas trop altérées. La force du ciment et la dureté des pierres ont persuadé aux habitants des lieux voisins qu’elle a été faite de la main du diable; et les plus superstitieux ont grand soin d’en recueillir ju>qu’aux moindres débris, qu’ils mêlent dans les fondements de leurs maisons, pour leur communiquer la même solidité. Elle a é» é bâtie par l’empereur Adrien. Un jardinier écossais, ouvrant la terre dans son jardin, trouva une pierre d’une grosseur considérable , sur laquelle on lisait, en caractères du pays, qu’elle était là pour la sûreté des murs du château et du jardin, et qu’elle y avait été apportée de la grande muraille dont elle avait fait autrefois partie; mais qu’il serait aussi dangereux de la remuer qu’il y aurait d’avantage à la laisser à sa place. Le seigneur de la maison, moins crédule que ses ancêtres , voulut la faire transporter dans un autre endroit, pour l’exposer à la vue, comme un ancien monument. On entreprit de la faire sortir de terre à force de machines, et on en vint à bout, comme on l’aurait fait d’une pierre ordinaire. Elle demeura sur le bord du trou, pendant que la curiosité y fit descendre le jardinier, plusieurs domestiques, les deux fils du gentilhomme, qui s’amusèrent quelques moments à creuser encore le fond. La pierre fatale, qu’on avait négligé apparemment de placer dans un juste équilibre, prit ce temps pour retomber au fond du trou, et écrasa tous ceux qui s’y trouvaient. Ce n’était là que le prélude des malheurs que devait causer cette pierre. La jeune épouse de l’aîné des deux frères apprit ce qui venait d’arriver. Elle courut au jardin ; elle y arriva dans le temps que les ouvriers s’empressaient de lever la pierre, avec quelque espérance de trouver un reste de vie aux infortunés qu’elle couvrait. Ils l’avaient levée à demi, et l’on s’aperçut en effet qu’ils respiraient encore, lorsque l’imprudente épouse, perdant tout soin d’ellemême, se jeta si rapidement sur le corps de

(3) M. Baston, Jean Bnckelson, Fragment historique tiré d’un manuscrit contemporain (de la prévôté de Variant).

son mari, que les ouvriers, saisis de son aciimi, lâchèrent malheureusement les machines qui soutenaient la pierre et l’ensevelirent ainsi avec les autres. Cet accident confirma plus que jamais la superstitieuse opinion des Ecossais : on ne manqua pas de l’attribuer à quelque pouvoir établi pour la conservation du mur d’Ecosse et de toutes les pierres qui en sont détachées.

MURMUR, grand-duc et comte de l’empire infernal, démon de la musique. 11 paraît sous la forme d’un soldat monté sur un vautour et accompagné d’une multitude de trompettes ; sa tête est ceinte d’une couronne ducale; il marche précédé du bruit des clairons. !1 est de l’ordre des anges et de celui des trônes (1).

MUSIQUE CÉLESTE. Entre plusieurs découvertes surprenantes que fit Pythagorej on admire surtout cette musique céleste que lui seul entendait. 11 trouvait les sept tons de la musique dans la distance qui est entre les planètes: de la terre à la lune, un ton ; de la lune à Mercure, un demi-ton ; de Mercure à Vénus, un demi-ton ; de Vénus au soleil, un ton et demi ; du soleil à Mars, un ton; de Mars à Jupiter, un demi-'on;de Jupiter à Saturne, un demi-ton, et de Salurne au zodiaque, un ton et demi. C’est à celte musique des corps célestes qu’est attachée l’harmonie de toutes les parties qui composent l’univers. Nous autres, dit Léon l’Hébreu, nous ne pouvons entendre cette musique, parce que nous en sommes trop éloignés, ou bien parce que l’habitude continuelle de l’entendre fait que nous ne nous en apercevons point, comme ceux qui habitent près de la mer ne s’aperçoivent plus du bruit des vagues, parce qu’ils y sont accoutumés.

MUSPELHEIM. Les Scandinaves nomment ainsi un monde lumineux, ardent, inhabitable aux étrangers. Surtur le Noir y tient son empire ; dans ses mains brille une épée flamboyante. 11 viendra à la fin du monde, vaincra tous les dieux et livrera l’univers aux flammes.

MUSUCCA, nom du diable chez quelques peuples de l’Afrique. Ils en ont une trèsgrande peur et le regardent comme l’ennemi du genre humain ; mais ils ne lui rendent aiuun hommage. C’est le même que Moozouko.

MYCALE, magicienne, qui faisait descendre la lune par la force de ses charmes. Elle

fut mère de deux célèbres Lapithes, Broléas et Orion.

MYIAGORUS, génie imaginaire auquel on attribuait la vertu de chasser les mouches pendant les sacrifices. Les Arcadiens avaient des jours d’assemblée, et commençaient par invoquer ce dieu et le prier de les préserver des mouches. Les Elée-us encensaient avec constance les autels de Myiagorus, persuadés qu’autrement des essaims de mouches viendraient infecter leur pays sur la fin de l’été et y porter la peste. Voy. Achor, Bslzébuth.

MYOAM, génie invoqué par les basilidiens.

MYOMANC1E, divination parles rats ou les souris ; on lirait des présages malheureux ou de leur cri, ou de leur voracité. Elien raconte que le cri aigu d’une souris suffit à Fabius Maximus pour l’engager à se démettre de la dictature , et, selon Varron, Cassius Flaminius, sur un pareil présage, quitta la charge de général de cavalerie. Plutarque dit qu’on augura mal de la dernière campagne deMarcelius, paice que des rais avaient rongé quelques dorures du temple de Jupiter. Un Romain vint un jour, fort effrayé, consulter Calon, parce que les rats avaient rongé un de ses souliers. C ;ton lui répondit que c’eût été un tout autre prodige si le soulier avait rongé un rat.

MYlllCÆUS, surnom donné à Apollon , comme présidant à la divination par les branches de bruyère, à laquelle on donnait l’épithète de prophétique. O.i lui mettait alors à la main une branche de cette plante.

MYSTÈRES. Nonnus dit que, chez les Romains, il fallait passer par quatre-vingts épreuves différentes, pour être initié dans les mystères de Milhras ou du Soleil. D’abord on faisait baigner le candidat, puis on l’obligeait à se jeter dans le feu; ensuite on le reléguait dans un désert, où il était soumis à un jeûne rigoureux de cinquante jours ; après quoi on le fusfigeait durant deux jours ; on le mettait vingt autres jours dans la neige. Ce n’était qu’après ces épreuves, sur l’observation rigoureuse desquelles veillait un prêtre, et dans lesquelles le récipiendaire succombait souvent, qu’on était admis aux mystères. 11 y avait d’autres cérémonies très- bizarres aux mystères d’Eleusis, de Trophonius, de la grande déesse, etc.

NÂBÀM, démon que l’on conjure le samedi, Voy. Conjurations.

N A BERUS, autrement Cerrère, appelé aussi Nébiros, marquis du sombre empire, maréchal de camp et inspecteur général des armées. 11 se montre sous la figure d’un corbeau ; sa voix est rauque; il donne l’éloquence, l’amabilité, et enseigne les arts libéraux. 11 fait trouver la main de gloire; il

indique les qualités des métaux, des végétaux et de tous les animaux purs et impurs ; l’un des chefs des nécromanciens, il prédit l’avenir. Il commande à dix-neuf légions (2).

NABUCHODONOSOR , roi de Babylone , qui crut pouvoir exiger des peuples le culle et les hommages qui ne sont dus qu’à Dieu, cl qui fut pendant sept ans changé en bœuf. Les paradistes croient faire une grande plai-

(l) Wierus, in Pseuiloinonarcliia d.em.

(2) Wierus, in Pseudnmon. dæinonum.

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