‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 27 sur 222 · NA G · texte numérisé non relu

NA G

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sauterie en annonçant qu’on verra chez eux l’ongledeNabuchodonosor (1), parmi d’autres bagatelles ; mais l’ongle de Nabucbodonosor est dans le cabinet de curiosités du roi de Danemark.

« Entre les Pères de l'Eglise, les uns, dit Chevreau, ont cru certaine la réprobation de Nebuchadnetzar , les autres n’ont douté nullement de son salut. On a fait encore des questions assez inutiles sur le texte de Daniel, où il est dit que « Nabuchodonosor fut banni sept ans de la compagnie des hommes; qu’il demeurait avec les bêtes des champs; qu’il mangeait l’herbe comme les bœufs; que son poil devint long comme les plumes des aigles, et ses ongles comme ceux des oiseaux. » Saint Cyrille de Jérusalem, Cédren, etc., ont été persuadés qu’il avait été changé en bœuf ; et notre Bodin y aurait souscrit, lui qui acru laLycanthropie. Je ne pousserai point cette question, et je me contente de dire ici, après beaucoup d’autres, qu’il perdit l’usage de la raison ; qu’il fut tellement changé par les injures de l’air, par la longueur de son poil et de ses ongles, et par sa manière de vivre avec les bêtes, qu’il s’imagina qu’il en était une. Tertullien dit qu’en cet état il fut frénétique; saint Thomas, qu’il eut l’imagination blessée ; et les paroles de saint Jérôme sont remarquables :

Qunndo autem dixit sensurn sibi redditum, ostendit non formant se amisisse, sed mentent (2). »

NACHTMANNETJE , ou petit homme de nuit, nom que les Flamands donnent aux incubes.

NACHTVROUWTJE, ou petite femme de nuit, nom que les Flamands donnent aux succubes.

NAGATES, astrologues de Ceylan. Des voyageurs crédules vantent beaucoup le savoir de ces devins, qui, disent-ils, font souvent des prédictions que l’événement accomplit. Ils décident du sort des enfants. S’ils déclarent qu’un astre malin a présidé à leur naissance, les pères, en qui la superstition étouffe la nature, leur ôtent une vie qui doit être malheureuse. Cependant, si l’enfant qui voit le jour sous l’aspect d’une planète contraire est un premier-né, le père le garde, en dépit des prédictions ; ce qui prouve que l’astrologie n’est qu’un prétexte dont les pères trop chargés d’enfants se servent pour en débarrasser leur maison. Ces nagates se vantent encore de prédire, par l’inspection des astres, si un mariage sera heureux, si une maladie est mortelle, etc.

NAGLEFARE, vaisseau fatal chez les Celtes. 11 est fait des ongles des hommes morts; il ne doit être achevé qu’à la fin du monde, et son apparition fera trembler les hommes et les dieux. C’est sur ce vaisseau que l’armée des mauvais génies doit arriver d’Orient.

(1) Et plus exactement Nebuchadnetzar, nom qui sigriilie Nebo le dieu prince, et Nebo serait Le nom chaidéeu de la planète de Mercure (M. Eugène Boré, De la Chaldée ei des Cnaldéens).

(2) Cherræana, tome I", p. 249.

(ô) Delancre, Tabl. de l’inconstance des démons, elc.,

Dictionn.ues sciences occultes. II.

NAixUILLE (Catherine) , petite sorcière âgée de onze ans, qui fut accusée d’aller au sabbat en plein midi (3).

NAGUILLE (Marie), jeune sorcière, sœur de la précédente. Arrêtée à seize ans, elle avoua que sa mère l’avait conduite au sabbat. Lorsqu’elles devaient y aller ensemble, le diable venait ouvrir la fenêtre de leur chambre et les attendait à la porte. La mère tirait un peu de graisse d’un pot, s’en oignait la tête, excepté la figure, prenait sa fille sous le bras, et elles s’en allaient en l’air au sabbat. Four revenir à la maison, le diable leur servait de porteur. Elle avoua encore que le sabbat se tenait à Pagole, près d’un petit bois (4).

NAHAMA, sœur de Tubalcain. On lit dans le Talmud que c’est une des quatre mères des diables. Elle est devenue elle-même, selon les démonomanes, uu démon succube.

NAINS. Aux noces d’un certain roi de Bavière, on vit un nain si petit, qu’on l’enferma dans un pâté, armé d’une lance et d’une épée. Il en sortit au milieu du repas, sauta sur la table, la lance en arrêt, et excita l’admiration de tout le monde (5). La fable dit que les pygmées n’avaient que deux pieds de haut et qu’ils étaient toujours en guerre avec les grues. Les Grecs, qui reconnaissaient des géants, pour faire le contraste parfait , imaginèrent ces petits hommes , qu’ils appelèrent pygmées. L’idée leur en vint peut-être de certains peuples d’Ethiopie, appelés Pécliinies , qui étaient d’uue petite taille. Et comme les grues se retiraient tous les hivers dans leur pays, ils s’assemblaient pour leur faire peur et les empêcher de s’arrêter dans leurs champs : voilà le combat des pygmées contre les grues. Swift fait trouver à son Gulliver des hommes hauts d’un demi-pied dans l’île de Lilliput. Avant lui, Cyrano de Bergerac, dans sou Voyage dans la lune, avait vu des nains pas plus hauts que le pouce. Les Celtes pensaient que les nains étaient des espèces de créatures formées du corps du géant Ime, c’est-à-dire de la poudre de la terre. Ils n’étaient d’abord que des vers; mais, par l’ordre des dieux, ils participèrent à la raison et à la figure humaine, habitant toujours cependant entre la terre et les rorhers. « On a découvert sur les bords de la rivière Merrimak, à vingt milles de l’île Saint-Louis, dans les Etats-Unis, des tombeaux en pierres, construits avec une sorte d’art et rangés en ordre symétrique, mais dont aucun n’avait plus de quatre pieds de long. Les squelettes humains n’excèdent pas trois pieds en longueur. Cependant les dents prouvent que c’étaient des individus d’un âge mûr. Les crânes sont hors de proportion avec le reste du corps. » Voilà donc les pygmées retrouvés (6). Voy. Pygmée.

Laissons passer une anecdote de nain liv. h, p. 66.

(4) Delancre, Tabl. de l'inconstance des démons, etc., liv. n, p. 118.

(5) Johnston, Thaumatographia naturalis.

(6) Journal des Débats du 23 janvier 1819.

On montre dans le château d’Umbres, à une lieue d’inspruck, ie tombeau d’Haymon, géant né dans le Tyrol au xve siècle. 11 avait seize pieds de haut et assez de force, dit-on, pour porter un bœuf d’une main. A côté du squelette d’Haymon est celui d’un nain qui fut cause de sa mort. Ce nain ayant délié le cordon du soulier du géant , celui-ci se baissa pour le renouer; le nain proûta de ce moment pour Ini donner un soufflet. Cette scène se passa devant l’archiduc Ferdinand et sa cour; on en rit : ce qui fit tant de peine au géant, que peu de jours après il en mourut de chagrin.

NAIRANCIE. Espèce de divination usitée parmi les Arabes, et fondée sur plusieurs phénomènes du soleil et de la lune.

NAKARONKIR, esprit que Mahomet envoie dans leur sommeil aux musulmans coupables, pour les pousser au repentir.

NAMBROTH, démon que l’on conjure le mardi. Voy. Conjurations.

NAN, mouches assez communes en Lapouie. Les Lapons les regardent comme des esprits et les portent avec eux dans des sacs de cuir, bien persuadés que par ce moyen ils seront préservés de toute espèce de maladies.

NAPOLÉON, empereur des Français. On a prétendu qu’il avait un génie familier, comme Socrate et tous les grands hommes dont les actions ont excité l’admiration de leurs contemporains. On l’a fait visiter par un petit homme rouge, espèce de génie mystérieux. On a vu aussi dans Napoléon un des terribles précurseurs de l’Antéchrist. Qui sait?

NARAC , enfer des Indiens ; on y sera tourmenté par des serpents.

NASTRANDE, partie de l’enfer des Scandinaves. Là sera un bâtiment vaste et infâme; la porte, tournée vers le nord, ne sera construite que de cadavres, de serpents, dont toutes les têtes, tendues à l’imérieur, vomiront des flots de venin. 11 s’en formera un fleuve empoisonné, dans les ondes rapides duquel flotteront les parjures, les assassins et les adultères. Dans une autre région, la condition des damnés sera pire encore; car un loup dévorant y déchirera sans cesse les corps qui y seront envoyés.

NATHAN. Voy. Bouer, à la fin.

NAUDÉ (Gabriel), l’un des savants distingués de son temps, né à Paris en 1600. Il fut d’abord bibliothécaire du cardinal Mazarin, ensuite de la reine Christine, et mourut à Abbeville en 1653. îl a laissé une Instruction à la France sur la vérité de l’histoire des frères de la Rose-Croix, 1623, in-4° et in 8°; rare. Naudé y prouve que les prétendus frères de la Rose-Croix n’étaient que des fourbes qui cherchaient à trouver des dupes, en se vantant d’enseigner l’art de faire de l’or, et d’autres secrets non moins merveilleux. Ce curieux opuscule est ordinairement réuni à une autre brochure intitulée : Avertissement au sujet des frères de la Rose-Croix. On a encore de lui : Apologie pour les grands

hommes faussement soupçonnés de magie , 1625, in-8u. Cet ouvrage, peut-être un peu trop systématique, a eu plusieurs éditions. 1! y prend la défense des sages anciens et modernes accusés d’avoir eu des génies familiers, tels que Socrate, Aristote, Plotin, etc., ou d’avoir acquis par la magie des connaissances au-dessus du vulgaire.

NAURAUSE (Pierres de), Voy. Fw do

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