‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 48 sur 222 · CI · texte numérisé non relu

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les instruments de l'art. Qu'aucune fernme ne voie ce parchemin, parce qu’il perdrait sa vertu. C’est sur ce parchemin qu’on écrit ensuite les panlacles, talismans, tigures magiques, pactes et autres pièces.

PAKDALO, cheval-fée. Voy. Haro.

PARFUMS. On dit que si l’on se parfume avec de la semence de lin et de psellium, ou avec les racines de violette et d’ache, on connaîtra les choses futures, et que pour chasser les mauvais esprits et fantômes nuisibles, il faut faire un parfum avec calament, pivoine, menthe et palma-christi. On peut assembler les serpents par le parfum des os de l’extrémité du gosier de cerf, et, au contraire, on les peut chasser et mettre en fuite si on allume la corne du même cerf. La corne du pied droit d’un cheval ou d’une mule, allumée dans une ma>son, chasse les souris, et celle du pied gauche, les mouches. Si on fait un parfum avec le fiel de seiche, du thymiamas, des roses et du bois d’aloès, et qu’on jette sur ce parfum allumé de l’eau ou du sang, la maison semblera pleine d’eau ou de sang; et si on jette dessus de la terre labourée, il semblera que le sol tremble (1).

PARIS. Une prédiction avait annoncé que Paris serait dé ruit par une pluie de feu le 6 janvier 184-0. Mais la catastrophe a été re* mise au cinquième mois de l’année 1900.

PARLEMENTS. Le clergé n’a jamais demandé la mort des sorciers. Ce sont les parlements qui les ont toujours poursuivis avec chaleur. A la fin du xvir siècle, le clergé réclamait contre l’exécution de plusieurs sorcières convaincues d’avoir fait le sabbat avec maître V erdelet ; le parlement de Rouen pria très-humblement le roi de permettre qu’on brûlât incontinent lesdiles sorcières. On citerait mille exemples pareils.

PAROLES MAGIQUES. On peut charmer les dés ou les cartes de manière à gagner continuellement au jeu, en les bénissant en même temps que l’on récite ces paroles : Contra me ad incarte cia, a filii a Eniol, Lieber, Broya, Brayuesca. On n’est point mordu des puces si l’on dit en se couchant : O ch och. On fait tomber les verrues des mains en les saïuaul d’un bonsoir le matin et d’un bonjour le soir. On fait li 1er le diable avec ces mots : Per ipsum, et cum ipso, et in i/tso. Qu’on dise : Sisla, pista, risla , xista , pour «’avor plus mal à la cuisse. Qu’on prononce trois fois : Onasaqes, pour guérir le mal de dents. On prévient les suites funestes de la morsure des chiens enragés en disant : Hax, pax, max. Voy. Leurre, Charmes, Sabbat , Èléazar , Ananisapta , Amulettes, etc.

PARQUES, divinités que les anciens croyaient présider a la vie et à la mort ; maîtresses du sort des hommes, elles en réglaient les destinée'. La vie était un fil qu’elles filaient: l’une tenait la quenouille, l’autre le fuseau, la troisième avec ses grands

(1) Nynauld, p. 72 de la Lycanthropie.

ciseaux coupait le fil. On les nomme Clotho, Lacbésis et Atropos. On les fait naître de la Nuit, sans le secours d’aucun dieu ; Orphée, dans l’hymne qu’il leur adresse, les appelle les filles de 1 Erèbe.

PARTHÉNOMANCIE , d ivination rid cule pour connaître la présence ou l’absence de la virginité. On mesurait le cou d’une fille avec un fil, et en répétant l’épreuve avec le même fil, on tirait mauvais présage du grossissement du cou.

PASÉTÈS, magicien qui achetait les choses sans les marchander; mais l’a' gent qu’il avait donné n’enrichissait que les yeux, car il retournait toujours dans sa bourse. Voy.

PlSTOLE VOL4INTE.

PASSALORYNCKITES, hérétiques des premiers siècles, ainsi nommés de deux mots grecs qui veulent dire pieu dans le nez. Us croy aientqu'on ne pouvait prier convenablement qu’en se mettant deux doigts, comme deux pieux, dans les deux narines.

PATALA, nom de l’enfer des Indiens.

PAT1NI AC , superstition particulière aux Indiens des îles Philippines. C’est un sortilège qu’ils prétendent attaché au Iruit d’une f . mme, dont l’effet est de prolonger les douleurs de l’enfantement et même de l’empêcher. Pour lever le charme, le mari ferme bien la porte de la case , fait un grand feu tout à l’entour, quitte le peu de vêtements dont il est ordinairement couvert, prend une lance ou un sabre , et s’en escrime avec fureur contre les esprits invisibles jusqu’à ce que sa femme soit délivrée.

PA IRIS (Pierre], poêle, né à Caen en 1583. 11 fut premier maréchal des logis do Gaslon de France, duc d’Orléans. L’esprit de plaisanterie lui valut sa fortune et la confiance dont il jouissait auprès du prince. Il mourut à Paris en 1671. On raconte qu’étant au château d’Egmond, dans une chambre où un esprit venait de se montrer, il ouvrit la porte de celte chambre qui donnait sur une longue galerie, au bout de laquelle se trouvait une grande chaise de bois si pesante, que deux hommes avaient peine à la soulever. 11 vit cette chaise matérielle se remuer, quitter sa place et venir à lui comme soutenue en l’air. 11 s’écria :

— Monsieur le diable, les intérêts de Dieu à part, je suis bien votre serviteur; mais je vous prie de ne me pas faire peur davantage.

La chaise s’en retourna à sa place comme elle était venue. Cette vision, dit-on, fit une forte impression sur l’esprit de Patris, et ne contribua pas peu à le faire rentrer dans son devoir.

Cet homme a fait une petite pièce de veta, qui est restée célèbre et que voici :

Je rêvais l'autre jour que, de mal consumé,

Côte a côte d’un gueux on m’avaii inhumé.

Moi, ne pouvant sonlfrir un pareil voisinage,

En mort de qualité je lui tins ce langage :

— Retire-toi, coquin; va pourrir loin d’ici.

11 ne t’appartient pas de m'approcher ainsi.

— Coquin! (ce me dit-il, d’une arrogance extrême) Va chercher tes coquins, ailleurs, coquin loi-même! Ici tous sont égaux, je ne te dois plus rien ;

Je suis sur mon fumier, comme toi sur le tien.

PATROUS. Jupiter avait, sous le nom de Palroüs, à Argos, une statue de bois, qui le représentait avec trois yeux, pour marquer qu’il voyait ce qui se passait dans le ciel, sur la terre et dans les enfers. Les Argiens disaient que c'était le Jupiter Pairoiis, qui était dans le palais de Priam, et que ce fut au pied de son autel que ce prince lut tué par Pyrrhus.

PAUL (Arnold), paysan deMédroïga, village de Hongrie, qui fut écrasé par la chute d’un chariot chargé de foin, vers l’an 1728. Trente jours après sa mort, quatre personnes moururent subitement et de la même manière que meurent ceux qui sont molestés des vampires. On se ressouvint alors qu’Arnold avait souvent raconté qu’aux environs de Cassova, sur les frontières de la Turquie, il avait été tourmenté longtemps par un vampire turc ; mais que, sachant que ceux qui étaient victimes d’un vampire le devenaient après leur mort, il avait trouvé le moyen de se guérir en mangeant de la terre du tombeau du défunt et en se frottant de son sang. On présuma que si ce remède avait guéri Arnold (Paul), il ne l’avait pas empêché de devenir vampire à son tour ; en conséquence on le déterra pour s’en assurer, et, quoiqu’il fût inhumé depuis quarante jours, on lui trouva le corps vermeil; on s’aperçut que ses cheveux , ses ongles , sa barbe, s’étaient renouvelés, et que ses veines étaient remplies d’un sang fluide. Le bailli du lieu, en présence de qui se fil l’exhumation, et qui était un homme expert, ordonna d’enfoncer dans le cœur de ce cadavre un pieu fort aigu et de le percer de part en part; ce qui fut exécuté sur-le-champ. Le corps du vampire jeta un cri et fit des mouvements ; après quoi on lui coupa la tête et on le brûla dans un grand bûcher. On fit subir ensuite le même traitement aux quatre nioris qu’Arnold (Paul) avait tués, de peur qu’ils ne devinssent vampires à leur tour, et il y eut un peu de calme. Voy. Vampires.

PAULE. Il y avait, au couvent des cordefiers de Toulouse, un caveau qui servait de catacombes ; les morts s’y conservaient.

Dans ce caveau était enterrée , depuis la fin du xvi' siècle , une femme célèbre dans le pays, sous le nom de la belle Paule. Il était d’usage de visiter son tombeau le jour anniversaire de sa mort. Un jeune cordelier , la tête un peu échauffée, s’était un jour engagé à descendre dans ces catacombes sans lumière et sans témoin , et à enfoncer un clou sur le cercueil de Paule. Il y descendit en effet ; mais il attacha par mégarde au cercueil un pan de sa robe. Lorsqu’il voulut remonter, il se crut retenu par la défunte ; ce qui lui causa une telle frayeur qu’il tomba mort sur la place.

PAUSANIAS. Quelques écrivains ont prétendu que les Lacédémoniens n’avaient point de sorciers, parce que, quand ils voulurent apaiser les mânes de Pausanias, qu’on avait laissé mourir de faim dans un temple, et qui

(') W.erus, in Pseudomon. dæm.

s’était montré depuis à certaines personnes, on fut obligé de faire venir des sorciers d’Italie pour chasser le spectre du défunt. Mais ce trait ne prouve rien, sinon que les sorciers de Lacédémone n’étaient pas aussi habiles que ceux de l’Italie.

PAYMQN, l’un des rois de l’enfer. S’il se montre aux exorcistes, c’est sous la forme d’un homme à cheval sur un dromadaire, couronné d’un diadème étincelant de pierreries, avec un visage de femme. Deux cents légions, partie de l’ordre des anges, partie de l’ordre des puissances, lui obéissent. Si Paymon est évoqué par quelque sacrifice ou libation, il paraît accompagné des deux grands princes Bébal et Abalam (1).

PÉANITE, pierre fabuleuse, que les anciens croyaient douée du privilège de faciliter les accouchements.

PEAU. Pour guérir les taches de la peau et les verrues, il suffit, selon certaines croyances populaires, de toucher un cadavre ou de se frotter les mains au clair de la lune. Voy. Verrues (2).

PÉCHÉ, chemin de l’enfer.

PÉCHÉ ORIGINEL. « Un enfant , ditesvous, ne peut naître responsable de la faute d’un père. En êtes-vous bien sûr? Au sein de l’humanité un sentiment universel se manifesta ; la vie de tous les peuples exprime par les faits les plus significatifs l’existence d’une loi terrible et mystérieuse , de la loi d’hérédité et de solidarilé pour le crime et la peine entre les hommes. Interrogez les nations qui furent les plus voisines des traditions primitives. Eu Chine, le fils est puni pour le père ; une famille et même une ville entière répondent pour le crime d’un seul. Dans l’Inde, les parents , l’instituteur, l’ami du coupable, doivent être pun:s. Tout l’Orient jugeait ainsi. Il en est de même encore parmi les peuplades sauvages. De là aussi ces chants lugubres des poètes qui , voyant Rome désolée par les guerres civiles, en donnent instinctivement pour raison qu’elle expiait les parjures de Laomédon, les parjures des Troyens, le parricide deRomulus, c’està-dire les crimes commis par ses aïeux.

« Alexandre meurt au milieu de ses plus belles années ; après lui de sanglantes divi sions se déclarent ; des maux sans nombre accablent les parents du conquérant; les historiens païens attribuent sans hésiter tous ces malheurs à la vengeance divine, qui punissait les impiétés et les parjures du père d’Alexandre sur sa famille. Thésée, dans Euripide, troublé de l’attentat dont il croit son fils coupable, s’écrie : « Quel est donc celui de nos pères qui a commis un crime digne de m’attirer un tel opprobre?» J’omets à de-sein une foule d’autres monuments, et je m’abstiens même de citer les livres de l’Ancien Testament, fort explicites sur ce point. Mais parmi ces témoignages et ces faits, une loi est écrite évidemment ; elle est écrite en caractères de sang dans les annales de tous les peuples ; c’est la loi de l’hérédité du crime

(2) Brown, Erreurs populaires, t. U .

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