PAN
qui n’aurait pas dû occuper un seul instant les esprits, ne tomba que quand un grand nombre de tentatives inutiles eut prouvé que ce n’était non plus qu’une ridicule chimère. Voy. Cendres. La palingénésie philosophique de Bonnet est un système publié au dernier siècle et condamné; il est plus du ressort des théologiens que du nôtre.
PALMOSCOPIE , augure qui s’appelait aussi palmicum, et qui se lirait de la palpitation des parties du corps de la victime, calculées à la main.
PALUD (Madeleine de Mendoz de i.a), fille d’un gentilhomme de Marseille, et sœur du couvent des ursulines, qui fut ensorcelée par Gaufridi, à l’âge de dix-neuf ans. Voy. Gaufridi.
Cette femme, quarante ans après le procès de Gaufridi, ayant voulu se mêler encore de sorcellerie, fut condamnée, par arrêt du parlement de Provence, à la prison perpétuelle, en 1653.
PAM1LIUS. Pamilius de Phères, tué dans un combat, resta dix jours au nombre des morts; on l’enleva ensuite du champ de bataille pour le porter sur le bûcher; mais il revint à la vie et raconta des histoires surprenantes de ce qu’il avait vu pendant que son corps était resté sans sentiment (2).
PAN, l’un des huit grands dieux, ou dieux de la première classe chez les Egyptiens. On le représentait sous les traits d’un homme dans la partie supérieure de son corps, et sous la forme d’un bouc dans la partie inférieure. '
Dans les démonographies, c’est le prince des démons incubes.
PANDÆMON1UM, capitale de l’empire infernal, selon Milton.
PANEN, exorciste protestant. Voy. Guillaume.
PANEROS. Pline cite une pierre précieuse de ce nom qui rendait les femmes fécondes.
PANIERS. Les rabbins racontent une fable assez plaisante sur l’étymologie du mot Eve.
Eve, disent-ils, dérive d’un mot qui signifie causer ; la première femme prit ce nom parce que, lorsque Dieu créa le monde, il tomba du ciel douze paniers remplis de caquets, et qu’elle en ramassa neuf, tandis que son mari n’eut le temps de ramasser que les trois autres.
PANJ AGARTAGUEL. Ce mot, qui chez' les Indions désigne les cinq dieux, exprimait aussi les cinq éléments qui, engendrés par le Créateur, concoururent à la formation de l’univers. Dieu, disent-ils, tira l’air du néant. L’action de l’air forma le vent. Du choc de l’air et du vent naquit lo feu. A sa retraite celui-ci laissa une humidité, d’où l’eau tire son origine. De l’union, de ces puissances résulta une écume; la chaleur du feu en composa une masse qui fut la terre.
PANJANGAM, almanach des bramines, où sont marqués les jours heureux et les jours
(2) Leloyer, Hist. des spectres ou appar. des espriis.
malheureux, et les heures du jour et de la nuit heureuses ou iTKilheureuses.
PANTACLES, espèces de talismans magiques. Toute la science de la clavicule dépend de l’usage des pantacles, qui contiennent les noms ineffables de Dieu. Les pantacles doivent être faits le mercredi, au premier quartier de la lune, à trois heures du matin, dans une chambre aérée, nouvellement blanchie, où l’on habite seul. On y brûle des plantes odoriférantes. On a du parchemin vierge, sur lequel on décrit trois cercles l’un dans l’autre, avec les trois principales couleurs : or , cinabre et vert; la plume et les couleurs doivent être exorcisées. On écrit alors les noms sacrés ; puis on met le tout dans un drap de soie. On prend un pot de terre où l’on allume du charbon neuf, de l’encens mâle et du bois d’aloès, le tout exorcisé et purifié; puis, la face tournée vers l’orient, on parfume encore les pantacles avec les espèces odoriférantes, et on les remet dans le drap de soie consacré, pour s’en servir au besoin.
On ne peut faire aucune opération magique pour exorciser les esprits, sans avoir ce sceau qui contient les noms de Dieu. Le panlacle n’est parfait qu’après qu’on a renfermé un triangle dans les cercles ; on lit dans le triangle ces trois mots : formation reformatio , transformatio. A côté du triangle est le mot agla, qui est très-puissant pour arrêter la malice des esprits. Il faut que la peau sur laquelle on applique le sceau soit exorcisée et bénite ; on exorcise aussi l’encre et la plume dont on se sert pour écrire les noms dont on vient de parler.
PANTARBE, pierre fabuleuse à laquelle quelques docteurs ont attribué la propriété d’attirer l’or, comme l’aimant attire le fer. Philostrate, dans la Vie d'Apollonius , en raconte desmerveilles : L’éclat en est si vif, dit-il, qu’elle ramène le jour au milieu de la nuit. Mais, ce qui est plus étonnant encore, celte lumière est un esprit qui se répand dans la terre et a.ttire insensiblement les pierres précieuses ; plus cette vertu s’étend, plus elle a de force; et toutes ces pierres dont la panlarbe se lait une ceinture ressemblent à un essaim d’abeilles qui environnent leur roi. De peur qu’un si riche trésor ne devînt trop vil, non-seulement la nature l’a caché dans la terre profonde, mais elle lui a donné la faculté de s’échapper des mains do ceux qui voudraient la prendre sans précaution. On la trouve dans cette partie des Indes où s’engendre l’or.
Suivant l’auteur des Amours de Théagène et de Churiclée, elle garantit du feu ceux qui la portent.
PAOUAOUCI, enchantements ou conjurations au moyen desquels les naturels de la Virginie prétendent faire paraître des nuages et tomber de la pluie.
PAPE. Les huguenots ont dit que le pape était i’Anteehrist. L’est ainsi que les filous crient au voleur pour détourner l’attention.
Le conte absurde lie la papesse Jeanne , inventé par les précurseurs de Luther, est maintenant reconnu si évidemment faux, qu’il ne peut nous arrêter un instant (1).
PAPILLON. L’image matérielle de l’âme la plus généralement adoptée est le papillon. Les .artistes anciens donnent à Platon une tête avec des ailes de papillon, parce que c’est le premier philosophe grec qui ait écrit dignement sur l’immortalité de l’âme.
PARACELSE, né dans le canton de Zurich en 1493. Il voyagea, vit les médecins de presque toute l’Europe, et conféra avec eux. Il se donnait pour le réformateur de la médecine; et voulant en arracher le sceptre à Hippocrate et à Galien, il décria leurs principes et leur méthode. On lui doit la découverte de l’opium et du mercure, dont il enseigna l’usage. Paracelse est surtout le héros de ceux qui croient à la pierre philosophale, et qui lui attribuent hautement l’avantage de l’avoir possédée, s’appuyant en cela de sa propre autorité. C’était quelquefois un homme étonnant et un grand charlatan. Quand il était ivre, dit Wetternus, qui a demeuré vingt-sept mois avec lui, il menaçait de faire venir un million de diables, pour montrer quel empire et quelle puissance il avait sur eux. Mais il ne disait pas de si grandes extravagances quand il était à jeun. 11 avait, selon les démonomanes, un démon familier renfermé dans le pommeau de son épée. 11 disait que Dieu lui avait révélé le secret de faire de l’or; et il se vantait de pouvoir, soit par le moyen de la pierre philosophale, soit par la vertu de ses remèdes, conserver la vie aux hommes pendant plusieurs siècles. Néanmoins il mourut à quarante-huit ans, en 1541, à Salzbourg.
Les médecins, ses rivaux, n’ont pas peu contribué à le décrier. « Ce fut le diable (dit le docteur Louis de Fontenettes , dans la préface de son Hippocrate dépaysé), qui suscita Paracelse, auteur de la plus damnable hérésie qui ait jamais été tramée contre le corps humain. »
PARCHEMIN VIERGE. Il est employé dans la magie en plusieurs manières. On appelle parchemin vierge celui qui est fait de peaux de bêtes n’ayant jamais engendré. Pour le faire, on met l’animal qui doit le fournir dans un lieu secret ou personne n’habite, on prend un bâton vierge, ou de la sève de l’année; on le taille en forme de couteau; puis on écorche l’animal avec ce couteau de bois, et avec le sel on sale ladite peau, que l’on met au soleil pendant quinze jours. On prendra alors un pot de terre vernissé, autour duquel on écrira des caractères magiques. Dans ce pot on mettra une grosse pierre de chaux vive, avec de l’eau bénite et ladite peau; on l’y laissera neuf jours entiers. On la tirera enfin, et avec le couteau de bois, on la ratissera pour en ôter le poil; on la mettra sécher pendant huit jours à l’ombre, après l’avoir aspergée ; on la serrera ensuite dans un drap de soie, avec tous
(î) Voyez Bei'gicr, Dia. théologique, au mot Papesse Jeanne.