DU MENTON
Pour être en belle proportion , dit Herder, le menton ne doit être ni pointu , ni creux , mais uni. Un menton avancé annonce toujours quelque chose de positif, au lieu que la signification du menton reculé est toujours négative. Souvent le caractère de l’énergie ou de la non-énergie de l’individu se manifeste uniquement par le menton. 11 y a trois principales sortes de mentons : les mentons «lui reculent, ceux qui, dans le profil, sont en pèrpendicularité avec la lèvre inférieure, et ceux qui débordent la lèvre d’en bas, ou, en d’autres termes, les mentons pointus. Le menton reculé, qu’on pourrait appeler hardiment le menton féminin , puisqu’on le retrouve presque à toutes les personnes de l’autre sexe, fait toujours soupçonner quelque côté faible. Les mentons de la seconde classe inspirent la confiance. Ceux de la troisième dénotent un espritactif et délié, pourvu qu’ils ne fassent pas anse , car cette forme exagérée conduit ordinairement à la pusillanimité et à l’avarice. Une forte incision au milieu du menton semble indiquer un homme judicieux, rassis et résolu, à moins que ce trait ne soit démenti par d’autres traits contradictoires. Un menton pointu passe ordinairement pour le signe de la ruse. Cependant on trouve celte forme chez les personnes les plus honnêtes ; la ruse n’est alors qu’une bonté raffinée.
du cou.
Cet entre-deux de la tête et de la poitrine, qui tient de l’une et de l’autre, est significatif comme tout ce qui a rapport à l’homme. Nous connaissons certaines espèces de goitres qui sont le signe infaillible de la stupidité, tandis qu’un cou bien proportionné est une recommandation irrécusable pour la solidité du caractère. Le cou long et la tête haute sont quelquefois le signe de l’orgueil et de la vanité. Un cou raisonnablement épais
PlïY
et un peu court ne s’associe guère à la tète d’un fat ou d’un sot. Ceux qui ont le cou mince, délicat et allongé, sont timides comme le cerf, au sentiment d’Aristote, et ceux qui ont le cou épais et court ont de l’analogie avec le taureau irrité. Mais les analogies sont fausses pour la plupart , dit Lavater, et jetées sur le papier sans que l’esprit d’observation les ait dictées.